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Trafic clandestin.

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Lithium Elfensen
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MessageSujet: Trafic clandestin. Mar 29 Jan 2013 - 17:03
"Prise d'otages ?"



Si un jour elle avait pensé à se retrouver ici.
De la beuh, de l’herbe, du haschisch, du cannabis..
C’était le paradis des fumeurs de joins et de drogues.
L’horreur pour Lithium qui ne supportait déjà pas en temps normal, la simple odeur de la cigarette. Elle venait à peine de s’y endormir, et déjà les effluves nauséabondes de ces substances lui enfumait la tête. Malgré ses difficultés à réfléchir, elle se souvint que son commanditaire lui avait imposé de démanteler un trafic important de Dead Weed, l’élément le plus puissant de tout le Royaume des Champis. Aux dernières nouvelles, une cargaison s’apprêtait à être livrée à la tête pensante du réseau. Et c’était son travail en tant que « mercenaire » de s’en charger.
Elle aurait bien voulu refuser, mais se serait sentie coupable de les laisser dans leur bouse. Elle ne pouvait s'empêcher de leur apporter ce service. Et puis, au contraire du mercenaire de base, la récompense ne l'intéressait pas plus que ça. La modeste somme qu'elle allait percevoir, elle risquait sûrement de la redistribuer. Puis elle se souvint de son épopée au cimetière avec Meg. Elle venait de penser à toute cette fumée qui justement la rendait nauséeuse. Si elle en ingurgitait trop, cela ferait-il comme à la salle de la Weed dans le tombeau ? Perdrait-elle connaissance et laisserait le contrôle à Bis ? Il fallait qu'elle reste prudente. Elle risquait de payer cher les sorties plus ou moins fréquentes de sa « compagne corporelle ».

Pourquoi avait-elle acceptée d’être accréditée à un boulot de la sorte ?
Parce qu’elle s’ennuyait. Cela remontait à fort longtemps à présent mais, depuis que Lord Crazy, le chat percé, l’avait tatoué dans le dos, elle trouvait tout son environnement fade, dénué de goût et de couleurs. Plus rien n’avait de sens, aucune passion ne l’animait, pas la moindre pulsion, qu’elle soit destructrice ou créatrice. Elle s’emmerdait ferme. S’ennuyer comme un rat mort, disait-elle souvent d’ailleurs. Jamais un tel sentiment d’importance, de violence et de bestialité ne l’avait envahi depuis qu’elle était passée entre les griffes expertes de ce chat. Plus rien ne l’importait. Elle avait découvert ce qu’était la douleur, une douleur qu’elle n’avait jamais, au grand jamais, ressenti jusqu’alors. Une furieuse et insoutenable souffrance, celle que l’on espère justement ne jamais avoir à connaître. Il en existait sûrement une plus grande encore que celle qu’elle avait subie, mais elle n’était qu’à découvrir. Et malgré sa rage et sa soif de nouveautés, couplé de son endurance de base, elle n’avait pas spécialement envie de se jeter dans cette sorte de quête masochiste, et particulièrement morbide. Elle laissait ça à Bis.
D'ailleurs, elle ne se servait pas spécialement de son tatouage. Parfois inconsciemment. Plusieurs fois, elle ne s'était pas rendu compte que la portée de sa vision s'était accrue. La jeune femme ne savait pas exactement à quoi il servait, ni même à quoi il ressemblait. Faut dire que.. A part les coiffeuses qui te proposent de voir l'arrière de ton crâne, bah, t'y pensais pas vraiment ensuite. Il fallait vraiment qu'elle songe à le regarder, et surtout à s'en servir. Elle se souvint s'en être servi à l'assaut du Royaume des Chevaliers de la Table pentagonale, pour voir où se situait les rares, et même quasi inexistantes, parcelles de peau des tyranides, pour pouvoir porter un coup douloureux, et même fatal. C'était donc ça.. Elle pouvait voir plus précisément l'horizon, à quel niveau, elle n'en savait strictement rien, mais c'était déjà ça. Et ensuite, elle était capable de voir à travers les corps. Mais.. C'est dégueulasse. Enfin, d'un côté, elle avait toujours voulu être médecin. Il y a longtemps bien entendu. Bref, elle s'occuperait de cela plus tard.

Mais ne pouvait-il pas y avoir une apocalypse là maintenant tout de suite ?
Quelque chose qui la pousserait au bout de ses limites, au-delà de ces dernières, même ?
Que le monde s’effondre sous ses pieds, qu’elle lutte pour sa vie, imaginer la mort intensément proche de son âme. Ressentir cette puissante adrénaline des premiers jours. S’ennuyait-on de Dreamland au final ? Il semblerait que oui en y réfléchissant. Concrètement, chaque nuit elle ne dormait pas. Elle continuait la journée de sa seconde vie, poursuivait des criminels, ne mettait plus forcément fin à leur existence de voyageur, rencontrait des gens, accomplissait des tâches plus inutiles les unes que les autres, se battait à présent intérieurement avec sa seconde personnalité, et ainsi de suite. Aucun repos, pas le moindre. Son cerveau était en constante ébullition. Et cet organe est un peu le maître du corps avec son compatriote le cœur. Est-ce que cela finissait par tuer ? Qui sait. Le temps nous le dira.

Alors, si elle se souvenait bien, les carrioles passeraient sur ce chemin-là.
Sur ce sentier de terre poussiéreuse, qui se lèverait sous leurs pieds et leurs roues.
Lithium se trouvait précisément sur une colline d’herbe luxuriante, fraîche et délicate, qui lui permettait ainsi de voir pleinement l’étendue de son futur espace de jeu. Elle avait en partie oublié combien de chariots circuleraient par ici, mais elle le saurait bien assez tôt.
Le principe de sa première attaque était simple; elle se déplaçait discrètement jusqu’à la première charrette, égorgeait le conducteur, puis se chargeaient des larbins autour. Et ainsi de suite. Rien de bien compliqué. Il suffisait juste qu’elle en garde un en vie pour découvrir le repère du Grand Manitou de la fumette, et s’en occuper à son tour. Ce genre d’occupation tuait le temps, et elle avait besoin de croire que Dreamland pouvait encore lui apporter un quelconque plaisir.
Elle secoua violemment la tête. Voilà que Bis s'amusait maintenant à intervenir dans ses pensées. Non, elle n'égorgerait pas le conducteur, et non, elle ne tuerait personne. Et cela lui apportait encore moins de plaisir. Non mais qu'est-ce qu'elle était envahissante. Tout aurait été sûrement plus simple si sa colocataire avait son propre corps. Ou ne ferait qu'envenimer la situation au final, en y pensant. Au secours sérieusement. Elle soupira, et attendit, espérant que cela ne prenne pas trop de temps.

L’attente fut interminable.
Elle passa plus de temps à observer les environs, à compter les limaces géantes au loin qui migraient, et à lancer des cailloux entre ses doigts, qu’à avancer dans sa mission. Elle se fit même un joli bouquet de Weed, prenant soin à ne pas trop en respirer les effluves. Le secteur était certes beau, mais elle n’avait pas la moindre flamme de motivation pour tenter d’en dépeindre l’aspect primaire. Il n’y avait que d’immenses champignons à perte de vue, des substances originellement illicites en masses, et des créatures étranges. Parfois un chat ou un riverain passait par là, juste histoire de.
D’ailleurs, c’était surtout pour eux qu’elle faisait ça. Ils n’en pouvaient plus de recevoir des voyageurs et des créatures arriérés, qui venaient se droguer sur leurs terres, pour ensuite vomir dans leurs champs. Certains, particulièrement atteints, saccageaient tout sur leur passage. De plus, les environs n’étaient plus vraiment très sûrs depuis que ces criminels, ces racailles de bas étage avaient installé leur QG ici. Des personnes peu fréquentables venaient y vivre à présent. Une mission sans grande difficulté, pour des habitants excédés. Youpi. Sinon, à part ça, le reste ne méritait pas vraiment son attention. Et puis, qui s’intéresserait à des champignons avec des poils ?

Toutefois, du mouvement se faisait enfin au loin.
Un faible nuage de poussière s’élevait à l’horizon.
Elle activa sans s'en rendre compte, le tatouage, et pu voir ce qui se tramait à l'horizon.
Le travail allait commencer à la plus grande joie, mais pour le moins contrastée, de la jeune femme. La première carriole roulait à une vitesse potable. Un être humain à pied aurait pu aisément la rattraper dans un sens. En conclusion, elle était d’une lenteur effroyable. Les transporteurs étaient au pitoyable nombre de 5, et tous étaient des chats cauchemars, chacun détenait une dague de simple facture à la hanche. Pour changer tiens. Elle soupira de dépit. Cette affaire allait se régler plus rapidement que prévu. Elle sortit tranquillement son carnet, s’empara tristement de son critérium et dessina une arme pour les intimider, et peut-être éviter un bain de sang. Ce soir, elle n’en avait pas envie. Elle ne voulait pas tuer. Son humeur n’était pas à l’application de ce qu’elle pensait auparavant être la justice. Si elle pouvait les maîtriser sans que rien ne se passe, ce serait génial. Elle n’était pas dans son assiette. Elle invoqua un simple Magnum et une dague incurvée, histoire d’être protégée, et se faufila à plat ventre au bas de la colline.

La charrette continuait d’avancer, lentement.
Ses occupants semblaient complètement à côté de leurs pompes, inexpressifs et impassibles. Étrange, nota-t-elle. Savaient-ils au moins ce qu’ils transportaient ? Étaient-ils de simples marionnettes d’un trafic qui ne les concernaient même pas ? Ou avaient-ils tout simplement la flemme de continuer leur boulot de merde, comme dirait Grunt ? Elle allait en avoir le cœur net. Elle vérifia d’un bref coup d’œil si la seconde carriole arrivait. Non, heureusement. Maintenant elle s’en souvenait. Il n’y avait que deux embarcations, chacune équipée de 5 chats. Un jeu d’enfant. Elle continua de ramper au sol, s’incrusta délicatement dans un buisson clandestin puis sauta à l’arrière du transport. Ces imbéciles ne savaient pas protéger leur dû. Les 4 chats chargés de la garde étaient à l’avant du véhicule, le 5ème étant le chauffeur attitré de la machine.
La jeune femme se balançait impunément sur le tissu du chariot. Elle tira sur ses bras et se jeta à l’intérieur du véhicule de bois. Elle se réceptionna silencieusement, de la grâce d’un chat, puis se glissa discrètement jusqu’au conducteur. Aucun signe ne trahit sa présence auprès de ce dernier. Elle était invisible à ses sens aiguisés de félins, et il continuait à conduire son chariot. Sans aucune délicatesse, elle affûta sous la gorge de son prisonnier sa dague, qui épousait à merveille la forme de son cou, et installa le canon de son pistolet sur la tempe de celui-ci. Au creux de son oreille, elle lui murmura de se taire. Aucun de ses compagnons n’avait remarqué sa présence. Hallucinant. Tous des incapables. Bon, ce n’était pas comme ça qu’elle allait se faire entendre. Elle racla sa gorge.


« Le premier qui bouge, je lui explose le peu de cervelle qu’il possède. »

Tous se retournèrent violemment.
Le regard empli de terreur, ils étaient immobiles.
Depuis quand était-elle là cette donzelle à la crinière blonde ?
La sueur perlait sur leur front. Elle détenait Fuzzy, et elle n’hésiterait pas à le tuer.
Pourtant, l’un d’eux, effrayé à la simple idée que de mourir tenta de s’enfuir tel un dératé. Exaspérée, la voyageuse le pointa de son calibre, serra davantage son prisonnier contre elle malgré son allergie aux chats, abaissa finalement en un soupir son arme au niveau de ses pieds, et tira. Sous le choc, le fuyard s’écrasa au sol. Terrifié, il vérifia ses membres. Toujours là. Mais.. comment ? Lithium avait simplement voulu le faire se pisser dessus. C’était chose faite. Elle replaça son arme contre le crâne de son nouvel ami, et s’exprima.


« Je ne vous tuerais pas, à part si vous ne me laissez pas le choix.
Vous ne valez rien à mes yeux, et vous ne m’amuseriez en aucun cas.
Dites-moi où se trouve la tanière de votre employeur et vous aurez la vie sauve. »


Les langues se délièrent immédiatement.
Et bien.. Ils ne savaient pas choisir ses associés celui-là.
Celui au froc partiellement trempé s’avança vers son trône de bois.
Tout tremblant, se tordant les pattes, il parvint à sortir les mots qui suivirent.


« Nous ne voulions que nous faire un peu d’Essence de Vie.
Sans cette monnaie, nous ne pouvons pas survivre, à part s’enrôler dans des gangs et autres commerces illégaux, mais cela serait faire de la peine à nos familles.. »


« C’est pourtant ce que vous êtes en train de faire, le saviez-vous ? »

Il se tut.
Tous baissèrent la tête honteusement.
Des chats cauchemars qui regrettent leurs faits et gestes ?
Mais où allait ce monde si maintenant les rôles s’inversaient ?
Le conducteur, respirant avec difficulté prit soudainement la parole.
Pour lui permettre d’en placer une, elle délia doucement la poigne de sa dague.


« Nous n’avions pas le choix. »

« Nous avons toujours le choix. », le coupa t-elle.

« Pas cette fois.. », reprit-il piteusement.
« Il détient nos enfants ou nos femmes pour certains.
Pour ma part, il détient mon fils, Logan, et celui de mon cousin, Fhörn. »


« Qu..Quoi ? » déglutit-elle.
« Fhörn ? »

« Vous le connaissez ?!! », son visage s’illumina de joie.

Celui de Lithium pâlit.
C’était la seconde fois qu’il était kidnappé ce gamin.
Il était le seul et unique enfant qu’elle s’autorisait à apprécier.
C’était certes une créature des rêves, mais il restait tel un être humain pour elle.
Ce môme était d’une innocence innée, l’innocence-même incarnée, et donc tout son contraire.
Avec lui, elle s’était senti normale, aucunement rempli d’un fluide agressif qui la poussait au carnage. Elle avait tué un garde pour lui, un membre des Statu Quo avait-elle compris ensuite. Ce même garde, animé d'une vengeance à l'égard de la blonde, qu'elle-même n'avait pas comprise, s'était emparé d'un otage un tant soit peu lié avec elle, et l'avait faite se ramener. Ce qu'elle avait bien évidemment fait. Et cette histoire c'était terminé par la disparition inopinée du soldat.
Elle ravala sa salive, lâcha immédiatement le chat, qui respira enfin correctement, et s'assit, dévastée. Les félins se rapprochèrent d'elle, et l'un d'eux partit accueillir la seconde carriole qui les rejoignaient. Ils leur expliquèrent la situation, et tous vint ensuite se souder en un cercle autour de de la damoiselle. Ils la regardaient tous avec un air d'intense pitié. Pas à la manière de Potté, mais bon. La jeune femme releva la tête, et les observa un par un. Que voulaient-ils ? Fuzzy pris la parole.


« Voyageuse. Nous savons que vous n'êtes pas là pour nous aider, mais pourtant, nous souhaiterons vous soumettre une requête. Je vous en prie, ramenez nos femmes et nos enfants. Ils sont tout ce que nous avons. »

On se serait cru dans un mauvais western.
Ou un soap opéra. Une émission de merde quoi.
Elle se sentait comme le noble chevalier qui vient à la rescousse de la pauvre demoiselle en détresse, retenue par un vilain dragon. Sauf que là, on parlait de chats, de gosses et de femmes. Encore moins palpitant. Mais il y avait Fhörn. Et lui, elle ne pouvait pas le laisser aux mains d'un magnat de l'illégalité. Elle se releva, accrocha son magnum à la ceinture, et garda sa dague à la main.


« C'est d'accord. J'espère pour vous que vous savez jouer la comédie. »


Et ils se mirent en route.
Le principe était on ne peut plus simple.
Elle se glissait dans la seconde carriole, se terrait à l'intérieur, trouvant une couverture quelconque, sous les tonneaux, les caisses et tout le bazar possible, et ils entraient tous dans le bâtiment. Une ruse vieille comme le monde, mais qui devrait fonctionner. Avec la première charrette devant, elle pourrait profiter lors des vérifications de celle-ci, de s'extirper de la sienne, et ainsi s'infiltrer aisément dans la base. Ouaip, nickel. Maintenant, manquait plus que de mettre ce plan en action.




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__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Trafic clandestin. Lun 18 Fév 2013 - 13:24
« Retrouvailles. »



Tout se passa comme prévu.
Les charrettes se suivaient à la queue leu leu, et elles avancèrent prudemment, comme si de rien n'était, jusqu'au bâtiment. C'était un immense immeuble entièrement coloré de gris, et dont les fondations étaient rongés par les plantes. Des champs de toute sorte de weed et autres herbes, s'étendaient à perte de vue tout autour de la construction morne et triste. De la fumée sortait des gros cigares plantés sur le toit, et envahissait le ciel de son épaisse purée de pois noire. Une pollution nasale certaine à laquelle Lithium tentait vainement d'échapper en se bouchant à plusieurs reprises le nez.
La route avait été insupportable. A rebonds, pleines de cailloux, la poussière qui s'infiltrait à travers le tissu de piètre qualité, le voyage n'avait vraiment pas été de tout repos. Lithium n'en pouvait simplement plus. Plusieurs fois, elle s'était cogné contre l'un des bancs de bois, avait embrassé un tonneau, pressé de faire une rencontre, et s'était mangé un caillou clandestin. Un périple digne des plus grands navets de l'histoire. Et pourtant, il fallait qu'elle tienne le coup. Elle n'était pas une petite nature, ce n'était pas des idioties pareilles qui allait la faire renoncer.
Elle tenait à ce gamin mine de rien. Elle l'avait rencontré très tôt dans sa vie de voyageuse, l'avait sauvé bien plus tard, et s'était du coup lié d'amitié avec ce dernier. Un fait bien étonnant si on prenait en compte qu'elle avait une totale aversion pour les mômes. Le simple fait d'en voir pouvait lui donner une gerbe incommensurable, et son visage se tordait en une expression de pure horreur. Elle détestait les gamins. Réellement. Mais ce petit bout, elle ne savait pas exactement pourquoi, mais elle l'appréciait à sa juste valeur. Elle devait le sortir de là, ainsi que les autres.

La route fut longue.
Beaucoup trop longue.
Mais elle réfléchit durant tout le temps, histoire de s'occuper.
Comment elle allait s'infiltrer, atteindre les cachots, ou un truc du genre, trouver le big boss, enrayer et mettre fin à son trafic illégal, puis ramener tout ce beau monde à leur famille. En pensant ainsi, elle se sentit comme une héroïne de roman. Si il savait.. Sa gentillesse finirait par la perdre. À trop jouer la bonne poire, elle risquait fort bien de se faire avoir un de ces soirs. Mais elle devait le faire, pour Fhörn. La jeune femme attendit patiemment que la roulotte soit arrêtée. Toutefois, il n'en fut rien pour le moment. Les carrioles continuaient leur route, traversant l'épaisse et imposante porte d'acier massif. Ils traversaient un petit pont de gravillons, avant d'entendre se refermer sur eux, les griffes du loup. Les chats cauchemars se faisaient littéralement dessus, complètement tétanisés face à la petite armée, équipée jusqu'aux dents. Ces derniers ne savaient strictement pas quoi faire, ni que dire à ces soldats. Les gardes de la bâtisse s'approchèrent d'eux, les interrogeant un par un.


« Vous avez la marchandise ? »

« Bien.. Bien sûr. », balbutia Fuzzy.

« On va vérifier ça. »

« ATCHOUM !
Excusez-moi, j'ai un chat dans la gorge. »


Le signal !
Pourri, mais il fonctionnait.
Lithium vérifia l'emplacement du groupe armé, qui examinait le contenu de la première charrette, avant d'enfin s'extirper de sa cachette. Elle sauta à pas de loup, et se glissa derrière l'une des nombreuses colonnes qui composaient le hangar. Elle jeta un œil à ses camarades, puis courut sans un bruit jusqu'à la prochaine colonne, et ainsi de suite, pour finalement arriver à une porte de fer, beaucoup moins blindée que la première à l'entrée. Doucement, elle s'assura que celle-ci soit ouverte, avant de la pousser et de s'y introduire. Heureusement pour elle, le garde censé surveiller la porte en question, avait le dos tourné. Sans mot dire, elle se glissa derrière lui, et l'assomma. Elle le rattrapa avant qu'il ne s'écroule, pour ne pas alerter la cavalerie, et le traîna dans le coin le plus proche, et le plus sombre. Elle avança à demi-pas, le dos courbé, et légèrement accroupie. C'était une mission de sauvetage à laquelle elle ne s'était pas réellement préparé, mais il fallait avouer qu'elle s'en sortait plutôt bien, du moins à son goût. Lentement, elle avançait à travers la pièce, rasant les murs. Elle aperçut deux autres soldats.
Aucun d'eux n'avaient de casque, à croire qu'ils lui simplifiaient consciemment la tâche. Elle continua à ramper, se déplaçant en un parfait silence, jusqu'à les atteindre. Ces deux idiots discutaient de la soupe de midi, stipulant qu'elle était moins riche en croûtons que celle du soir. Boh, personnellement, Lithium n'aimait pas les croûtons. Ça lui gâchait le goût du potage aux légumes. Enfin, elle se plaça derrière eux sans être remarquée, et leur asséna un coup à chacun, synchronisé au millimètre près. Ils s'écroulèrent ensemble, assommés également. Elle ne voulait pas les tuer, le moins de morts possible ce coup-ci. Et puis, Bis ne bronchait pas pour une fois. À croire qu'elle dormait. Elle n'allait pas s'en plaindre hein, ça lui faisait des vacances. Elle fit le même manège qu'avec le premier, et les poussa dans un coin.

Bon, une première salle de faite.
La voyageuse ouvrit une autre porte pour se retrouver dans une pièce remplie d'autres portes. Overdose d'ouvertures là. Oh non, un labyrinthe dirait-on. Sans attendre, elle ouvrit la première porte. Le noir total, ponctué de deux petites lumières rougeoyantes. Rien ? Puis vint un rugissement titanesque. Oh put.. ! Elle referma net la porte, avant d'entendre de violents grattements. Elle ne savait pas ce qu'était cette bête, et elle ne tenait pas tant que ça à le savoir.
La seconde porte ouvrit sur un bordel, la troisième sur un bar bondé de limaces poilues, la quatrième sur un spectacle.. avec un mec débraillé chantant une chanson de gay ? Elle referma tout autant la porte, non sans être resté la bouche ouverte quelques minutes - sacrément souple dis donc – pour enchaîner directement la cinquième. Celle-ci donna naissance à des chauves-souris équipées de chaussettes, manquant de se perdre dans ses cheveux. Elle se recroquevilla sur elle-même, et referma la porte du pied. Elle termina son périple avec la sixième qui cracha de l'eau avec des moules radioactives. Elle s'en éloigna rapidement, ne prenant même pas la peine de s'en approcher. Désespérée, elle finit par sauter la septième et la huitième, zappant la dix, et choisissant ainsi la neuvième. Jackpot. Cette dernière ouvrait sur un escalier, éclairé de torches, où l'humidité régnait. A se demander comme les flammes survivaient.
Le cachot devait se trouver au bout de ce couloir, et de cet escalier en colimaçon. Espérons que les pierres ne soient pas trop glissantes. La jeune femme descendit avec prudence, prenant soin de garder les pieds bien plats. Durant toute la descente, elle réfléchit à la suite des événements. D'abord, elle libérait les prisonniers, ensuite elle trouvait le propriétaire des lieux, mettait fin à son trafic illégal et nocif, puis détruisait cet endroit. Un plan simple qu'elle devait cependant suivre à la lettre pour ne pas tout foirer. Bon, un ou deux petits écarts devraient être possible. Les familles à sauver était juste l'élément en plus, le bonus de la quête annexe du jeu. Elle devait surtout se concentrer sur eux. Elle continua sa descente, jusqu'à enfin atteindre une plate-forme, elle aussi éclairée, mais plus faiblement. Elle marcha prudemment, puis entendit des sanglots. Ils étaient là ! Lithium tendit l'oreille, continuant d'avancer. D'autres pleurs, plusieurs. Elle approchait ! La demoiselle pressa le pas, et atteignit enfin la cellule contenant les chats cauchemars - et autres - femmes et enfants. Un sourire éclaira son visage lorsqu'elle reconnut parmi eux, la petite créature des rêves non féline, qu'était Fhörn, toujours vêtu de sa salopette et ses camions. Tous les prisonniers s'écrasèrent au fond de la geôle quand ils la virent, sauf le garçon. Quel soulagement.

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MessageSujet: Re: Trafic clandestin. Mar 18 Juin 2013 - 22:14
« Évasion. »





Des larmes coulaient sur ses joues.
Sa voix brisée et ponctuée de sanglots, démontrait son émotion apparente.
La jeune femme ne comprit pas un traître mot de ce qu'il dit, tant les gouttes d'eau de celui-ci empêchaient une élocution correcte, mais ce fut un soulagement de revoir la frimousse du petit garçon. Il se jeta contre les barreaux de sa prison, et la demoiselle en fit de même, s'agenouillant par la même occasion, de sorte à atteindre sa taille. Elle lui attrapa les mains, désirant lui communiquer de la tendresse, et le consoler. Elle le rassura, passant une de ses mains à travers les morceaux de fer, et lui caressant doucement le visage. Décidément, cet enfant en aurait vu des vertes et des pas mûres. Il subissait beaucoup trop de choses pour son âge, et Lithium ne parvenait pas à discerner où était la justice dans tout ces événements.
Comprenant que cette voyageuse ne leur voulait aucun mal, les autres résidents se calmèrent, et se résolurent à s'approcher davantage, se demandant comment elle avait pu arriver ici sans encombre. Si ses oreilles les avaient au départ induit en erreur, ils avaient rapidement compris qu'elle n'était pas comme eux. Intrigués, et rassurés, ils s'appliquèrent à se renseigner sur cette jeune personne. Lithium, après avoir essuyé les larmes de son petit compagnon, se releva pour s'entretenir avec eux.



« Je suis Lithium, une simple voyageuse.
J'ai été prévenue par un certain Fuzzy que femmes et enfants avaient été enlevés.
Je me suis donc portée volontaire pour vous faire sortir de là. »



« Mon papa .. ? »


Un tout petit chaton, pas plus haut que trois pommes, sortit de derrière la foule.
Il tremblait de peur, son petit short était en partie déchiré, et ses yeux étaient brillants, prêt à pleurer. La demoiselle s'agenouilla de nouveau, incitant l'enfant poilu à s'approcher de lui, tant pis pour son allergie. La petite créature s'avança, reniflant à maintes reprises, et essuyant les larmes qui coulaient à présent sur ses joues.



« C'est mon papa qui vous envoie ? Il va bien ? »


La jeune femme fit signe au félin de s'approcher.
D'abord réticent, hésitant à faire confiance à une étrangère proférant de belles paroles, il finit par accepter, sa naïveté enfantine aidant. La voyageuse lui sourit avec tendresse, et lui prit une patoune entre ses mains. Doucement, elle lui caressa celle-ci, prenant soin de ne pas l'effrayer.


« Oui, c'est bien ton papa qui m'envoie.
Il s'inquiète énormément pour toi. »



« ..C'est vrai ? », fit-il, plein d'espoir.


« Eeeet oui !
Tu sais, ton papa est très courageux.
Il a mis sa vie en danger pour que tu puisses être sauvé. »



Elle lui fit un sourire auquel le gamin répondit timidement.
Baissant la tête, elle inspira un coup, puis releva celle-ci pour plonger un regard rassurant dans celui du petiot tout plein de poils.



« Tu peux me promettre quelque chose ? », lança la jeune fille d'une voix joueuse.


« ..Moui. », fit le mouflet.


« Que tu vas être aussi courageux que ton papa !
Alors, tu vas m'essuyer ces vilaines petites larmes, et tu vas faire comme ton papounet.
D'accord ? Fhörn sera là pour t'aider, n'aie pas peur. »



Elle lui caressa la joue en signe d'accord entre eux.
Ce dernier acquiesça en essuyant maladroitement ses larmes, se frictionnant le visage de ses mains duveteuses. La voyageuse se releva en silence. Maintenant, il s'agissait d'ouvrir cette foutue cellule. Mmh, aucun des gardes ne semblaient avoir la clef, et il fallait dire qu'elle n'avait pas pensé à les fouiller non plus. Elle n'était pas dans un jeu, donc elle ne pensait pas à looter la moindre chose possible. Flûte.. La seule idée qui lui vint fut de la crocheter. Mais comment, et avec quoi ? Elle se mit à chercher autour d'elle. Lorsqu'elle comprit qu'elle ne trouverait pas un seul objet susceptible de l'aider, elle se tourna vers ses camarades. L'un d'eux possédait-il une lime, ou même une épingle à cheveux ? Voire les deux ? À croire qu'elle était cocue, car à l'instant même où elle demanda ces objets du quotidien, une chatte qui semblait être coquette à la base, sorti de ses cheveux une épingle, laissant retomber une mèche de sa tignasse. Rougissante, elle lui offrit sans rechigner. Lithium la remercia allègrement. Puis vint un chat avec une pseudo-lime. On ne savait pas exactement ce que c'était, mais cela ferait sûrement l'affaire.
Muni de ces deux outils de fortune, elle s'attela à la tâche. Elle enfonça délicatement le bout de métal, suivi de la pince, et tenta le coup. Si elle se fiait à Skyrim et à ses talents virtuels de voleuse professionnelles, elle pouvait y arriver. Douuuucement.. Ne pas forcer pour ne pas casser le pseudo-crochet. À la moindre résistance, s'arrêter, puis recommencer de l'autre côté. Stock limité à un essai. Faire comme si le contenu de ce coffre équivalait au prix d'un équipement intégral de Daedra. Bon, c'était des vies, donc c'était encore plus précieux. Le tout se passait en silence, elle retenait son souffle pour ne pas être perturbé par le bruit de sa respiration bruyante. Puis vint le bruit tant attendu, ce clic si bienvenu par les temps qui courent. Son visage s'éclaira suite à sa victoire, et avec une précaution mesurée, elle ouvrit la porte de la cellule. Cependant, elle prit d'abord le soin de rendre les objets aux propriétaires légaux. Abîmés, mais rendus.


Les prisonniers restaient immobiles.
Que devaient-ils faire à présent ? Courir ?
Penauds, ils observaient la jeune femme avec un air hébété.
La jeune femme comprit qu'ils étaient tout bonnement terrifiés par ce qui les attendaient. Et c'était tout à fait légitime. D'un geste, elle leur inculqua le silence. Avant de partir, elle vérifia la présence des deux petits, et compta le nombre de prisonniers. Il ne fallait pas en perdre un seul. Mmh, à peu près une douzaine. Le compte était bon, maintenant, il était temps de partir. Elle prit la tête du groupe, les enfants au milieu des adultes. Précautionneusement, elle poussa la porte, vérifiant que personne n'était venu entre temps, puis fit sortir tout le monde. Elle se faufila jusqu'à l'autre porte ouvrant sur une pièce, là où elle avait assommé quelques gardes, et poussa la porte. De son regard acéré, aidé par son tatouage, elle balaya aisément la salle, n'apercevant strictement rien. Elle fit une nouvelle fois passer les fugitifs. Ils se plaquèrent tous en ligne contre le mur, attendant patiemment les instructions de leur guide. D'un doigt, elle écarta la porte, puis jeta un coup d’œil à travers l’entrebâillement de celle-ci. Les mêmes gardes que tout à l'heure, toujours au même poste, mais également les caravanes qui finissaient de décharger leur marchandise.
Bon dieu, comment allaient-ils se faufiler jusqu'à elles sans se faire repérer ? Très très bonne question dis donc. La demoiselle se mit à réfléchir. Ce fut le gargouillis du ventre de Fhörn qui lui donna l'idée. Mais oui ! L'heure de la soupe ! Faisant signe à tous de se taire et de ne pas bouger, elle sortit son carnet à dessin, et gribouilla une sorte de trompette. Empoignant son instrument, elle s'extirpa de la porte, et se jeta derrière une colonne. Respirant doucement, prenant soin de ne pas paniquer, elle amena le goulot de la trompette jusqu'à ses lèvres puis souffla l'heure de la pitance comme elle l'avait vu dans les films. Espérons que ça marche.. Aux regards et sourires qui transcendaient le visage de tous, c'était ça. Tous crevaient la dalle, et n'avaient qu'une seule hâte ; manger. Ils coururent tous dans la même direction, traversant l'épaisse porte de bois qui se situait dans un coin du préau-hangar d'entrée.


La jeune fille patienta.
Patienta jusqu'à ce que plus un seul garde ne subsiste dans le hall.
Lorsque ce fut le cas, elle revint à la hâte dans la pièce précédente, et fit sortir tout le groupe, leur indiquant par de précises instructions la localisation des caravanes. Tout droit quoi. Tous coururent, remerciant au passage la jeune femme. Fhörn et le petit chaton sortirent les derniers, ne manquant pas d'embrasser leur sauveuse. Le gamin à la salopette n'avait de cesse de la remercier, et la supplia de venir lui rendre visite, à lui et son père, à Délirium. Elle lui répondit par un hochement de la tête et un radieux sourire. Le petit félin se frotta contre ses jambes, lui lança un regard digne de Potté qui manqua de lui arracher un gloussement attendri, et courut vers son père.
La dessinatrice fut ravi d'assister de l’entrebâillement de sa porte au spectacle des retrouvailles en face d'elle. Femmes, maris, enfants.. Tous se retrouvaient avec joie, le tout dans la hâte la plus sûre. Ils devaient fuir cet endroit au plus vite. Malheureusement, Lithium ne pouvait les rejoindre. Elle avait tout un trafic à démanteler ici. Travail dont elle devait s'acquitter. C'était ce qu'elle s’apprêtait à faire lorsqu'une violente douleur se fit sentir au niveau du crâne. Et elle s'écroula. Le spectacle d'un bonheur parfait s'évanouissant dans le noir le plus profond, embrumé d'une odeur entêtante.




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MessageSujet: Re: Trafic clandestin. Mar 25 Juin 2013 - 15:04
« Souci technique. »




Le noir le plus obscur.
L'enfer mental le plus atroce.



« T'es vraiment qu'une grosse merde.


Une voix malheureusement familière.
Des insultes grossièrement proférées à son encontre.



« Sans déconner, tu t'es faite avoir comme une rookie, une putain de débutante.
T'as conscience que tu ne sers à rien dans cet état-là ? »



Pourquoi être aussi agressive ?
Qui donc était déjà cette personne ?



« Tsss.. T'es bien trop molle. Trop sentimentale.
Les émotions, c'est pour les tapettes. Elle est passée où la Lithium sans scrupules, prête à égorger quiconque entrave sa route ?! Relèves-toi, merde ! »



Elle n'existe plus.
Elle ne vit qu'à travers toi, virus inopportun.
Qu'à travers ton maudit être horriblement intrusif.



« Génial. Me voilà bloquée dans le corps d'une mauviette. Super. »


« Ta gueule. », grommela Lithium.


« Bah c'est pas trop tôt dis donc !
Bien dormi Belle au bois dormant ? »
, ricana Bis avec méchanceté.


La jeune femme avait incroyablement mal au crâne.
Mais qu'est-ce qu'il s'était passé ? Elle se souvenait avoir dit au revoir aux deux morveux, puis.. Plus rien. Le noir complet. Un trou de plusieurs heures séparaient l'image finale de ses derniers souvenirs, un trou plutôt douloureux d'ailleurs. On l'avait frappé, elle en était certaine. C'était logique en même temps. Mais pourquoi l'avoir uniquement assommé au lieu de tout simplement la tuer ? Toute personne censée dans ce bâtiment de drogués l'aurait fait. Il semblerait donc que l'on ait besoin d'elle. Ou que l'on désirait seulement la livrer à un marchand quelconque. Ou mieux. La torturer. C'était sûrement plus drôle pour ses geôliers.
Lorsque la demoiselle voulut bouger, elle perçut un cliquetis métallique. Doucement, elle baissa sa tête ballante. Ses mains étaient couvertes de chaînes. Bon bah super. Là en tout cas, elle risquait pas de s'enfuir avec ça. Toutefois, ses pieds n'étaient aucunement embêtés par une quelconque entrave. La voyageuse se leva avec lenteur, prenant soin de ne pas y aller trop rapidement pour ne point augmenter la douleur, et se promena dans ce qui semblait être une cellule. Elle avança et se heurta à un obstacle de taille, j'appelle les barreaux. Pas de fenêtre. De la mousse sur les pierres. Un rat mort. Ah, et une gamelle vide. Bon, baaah.. Pas grand chose à dire quoi. Et l'horizon était tellement noir que les informations à se mettre sous la dent étaient bien maigres.


Aucunement inspirée, elle se rassit.
Sans la moindre montre, le temps lui parut bien long.
Les grognements et les insultes de Bis n'aidait pas celui-ci à passer plus vite, et fit même au contraire passer Lithium pour une belle folle. Enfin, il n'y avait personne autour. Elle n'avait donc pas de soucis à se faire sur ce point-là. Elle répondit donc à haute voix à son virus personnel, ne se souciant de rien d'autre que la fin de son attente.



« Non mais sérieusement.. Comment t'as fait ?
Il aurait fallu que je te prévienne pour que tu te bouges le cul? »



« On en serait peut-être pas là aujourd'hui oui. »


« Sans déconner quoi.. Qu'est-ce que tu ferais sans moi, hein ? »


« Je vivrais. »


« Mais vas-y ta gueule. », soupira Bis.


« Ok. »


Bis ne savait plus quoi faire pour la réveiller.
Sa propriétaire semblait complètement vidée de toute énergie, et parler avec elle devenait carrément ennuyant. Elle préféra donc conserver sa hargne pour lorsqu'elles sortiraient, et péter la gueule du mec qui les avait foutus là. Ah il allait prendre cher ce salopard !
Alors que la seconde personnalité s'énervait littéralement toute seule, Lithium patientait. C'était tout ce qu'elle pouvait faire à l'heure actuelle. Jusqu'à ce qu'elle entende un bruit. Les deux êtres se partageant un seul corps, furent aux aguets. Quelqu'un venait à leur rencontre ! Au bout de ce qui était apparemment un couloir, une faible lumière tremblotait. Elle avançait doucement en leur direction, éclairant chaque seconde les lieux davantage. C'est ainsi que la jeune femme put observer rapidement les alentours. Des cellules à perte de vue, la plupart vides, et certaines comportant des tas informes qui devaient être des corps à la limite de la disparition. Une très faible odeur nauséabonde affirmait sa thèse macabre.
La demoiselle, toujours aussi fière malgré son piteux état, se leva pour faire face à son geôlier, visiblement ravi de sa prise. Il lui adressa un sourire odieusement narquois, déformant ainsi sa misérable face de créature des rêves. L'on aurait dit un rhinocéros bipède, plutôt svelte, à qui l'on aurait arraché la corne pour ensuite recoudre grossièrement la plaie par-dessus. Sa peau était grisâtre, écailleuse, et son haleine fétide laissait à désirer. Bis lui cracha mentalement au visage, ponctuant son geste virtuel par une allusion à sa sale face de rat, le tout accompagné d'un geste particulièrement vulgaire et grossier. Quant à la blonde, elle reste droite et stoïque, toisant calmement son garde. Ce dernier s'approcha de la cage, tout en restant à bonne distance de sa prisonnière. On lui avait fait le coup de s'approcher trop près, pour ensuite se prendre les barreaux et qu'on lui tchoure sa clef. Il ne se laisserait pas avoir deux fois. Après avoir analysé la voyageuse de haut en bas, il se mit à sourire d'un air mauvais.



« Alors gamine, heureuse ? »


Elle resta silencieuse, ne se prenant pas au jeu du soldat.


« Tu vas rester ici pour un bon moment ma petite.

Cette cage a été faite sur-mesure pour les aberrations comme toi, les voyageurs comme on vous appelle.. Chaque nuit, tu reviendras ici au sein de cette prison, et ce, tant que tu n'en seras pas sortie. C'est pas splendide comme invention ? »


Il explosa d'un rire tonitruant.
Visiblement fier de sa démonstration, il laissa la blonde à ses pierres, et fit demi-tour, emportant avec lui la lumière qu'il avait crée de par sa présence. La jeune femme se rassit en soupirant. Quanr à Bis, elle explosa.



« Revenir dans cet endroit moisi toutes les nuits ?!!
Certainement pas !! T'as intérêt à nous sortir d'ici rapidement, sinon je me chargerai personnellement de t'arracher les yeux et de t'écorcher vive. »



Pas besoin de ses menaces pour vouloir se tirer d'ici.
Ah ça oui, elles allaient sortir. Mais peut-être pas tout de suite.




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MessageSujet: Re: Trafic clandestin. Lun 15 Juil 2013 - 15:04
« A l'anglaise. »





Le réveil s'avéra rude pour la jeune fille.
Aux dernières nouvelles, elle était enfermée dans une cage, avec pour seuls compagnons, sa conscience et.. Bis. Elle ne saurait dire si le pire était d'être emprisonnée avec elle, ou bien avec un tueur en série spécialisée dans l'écorchage. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle ne put s'empêcher de repenser aux deux petits garçons qu'elle avait rendus à leurs pères. Le bonheur qu'elle avait put apercevoir sur le visage de ces créatures l'avait touché un court instant. Avant que ce coup sur la tête l'assomme et ne lui ôte toutes ces belles images.
Elle aussi aurait aimé avoir une meilleure relation avec son père. Mais malheureusement, leur relation était toujours aussi tendue, malgré les efforts des deux partis. Pour quelle raison leurs liens s'étaient distendus ? À cause du choix douteux de sa nouvelle femme, et des remarques peu obligeantes sur son physique, et bien d'autres réflexions qu'elle garderait pour elle. M'enfin.. L'on ne peut pas toujours avoir ce que l'on veut dans la vie.

En parlant de vie..
Il était temps qu'elle reprenne la sienne en main.
Elle s'était bien trop laisser aller ces derniers mois.
Il fallait réagir. Récupérer le moral dans un premier temps, puis se débarrasser des boulets de sa vie. Et oui, elle n'avait toujours pas mis un terme à sa pseudo-relation avec Vlad. Non pas qu'ils continuaient à se voir, mais pas franchement. Ces dernières semaines, elle avait dû l'apercevoir 3 fois. Peu pour ce que l'on appelle un couple. Mais malgré le néant au niveau de ses sentiments, elle n'arrivait pas à le larguer. Elle n'était pas douée pour ce genre de choses. Mais bon, elle finirait bien par y arriver un jour !
Doucement, elle quitta la chaude étreinte de ses draps, et se dirigea vers la salle de bains. Elle avait une mine affreuse et sursauta à sa vue. Elle s'aspergea le visage d'eau, et le frictionna avec force. Vint l'épreuve du déjeuner qu'elle réussissait à chaque fois sans problème. Du pain, hagelslag et vlokken, un peu de beurre et du jambon, terminé. Le jus d'orange pour la forme, et zou au boulot ! Elle retourna dans sa chambre, et sortit son maigre matériel de dessin.
Lithium dessina une bonne partie de la journée, avant de faire un saut chez sa meilleure amie, et finalement revenir se faire une partie de jeux vidéos. Après quoi, la soirée fut toute tracée ; ce sera plateau télé. Une saleté de journée de vacances comme les autres, à ne rien faire. Quelle vie passionnante que la sienne. C'est ainsi qu'elle revint à Dreamland, exactement au même endroit, comme l'avait prédit le geôlier.


« Ah bah te revoilà toi ! », marmonna Bis.
« Je me demandais quand est-ce que tu reviendrais me faire chier. »

« Je suis ravie de te revoir aussi. », soupira la blonde.

« Une idée pour sortir peut-être ? »

« Pas la moindre. »

« Putain, tu sers franchement à rien, sérieux ! »

« C'est sympa de m'aider aussi. »

« Ta gueule. »

Aaah.. Les joies de la colocation !
C'est pas comme ça qu'elles sortiraient de ce trou à rat.
Puis finalement :

« Quelqu'un vient à nouveau.
Alors boucles-la ! »


« C'est pas comme si on allait m'entendre.. »

[i]Était-ce le geôlier qui revenait la narguer ? Ou un simple soulier dans les escaliers ?
À en voir la faible lueur au bout du couloir, c'était cet idiot de soldat. Elle attendit donc patiemment sa venue. Mais ce ne fut pas son bourreau du dimanche qui vint à sa rencontre. Non, c'était un tout autre garde. Celui-ci avait une peau reptilienne, des yeux perçants et jaunâtres, et des griffes peu acérées au bout des doigts. Étonnée de se voir assigner une nouvelle baby-sitter, la demoiselle se leva, toisant le nouveau venu du regard.


« Oh. Alors j'ai un lézard comme garde-fou à présent.
Intéressant. »


« T..Tais-toi vipère !
Tu n'es pas chez toi ici ! »


« Oh, dommage !
Et dire que je trouvais le comté ravissant !
M'en voyez déçue. »


« Je.. Je n'ai pas peur de toi ! »

« Hé bé putain ! Ça se voit.
Il est en train de faire dans son froc, l'gamin ! »


« Voyons..
Je ne te veux aucun mal.
C'est juste que votre présence me perturbe.
Je n'ai jamais vu un être tel que vous. »
, minauda t-elle.

« N'essaies pas de m'embobiner !
Je connais tes manières ! »
, cria le reptile en s'approchant légèrement.

« Ah bon ? Pourtant c'est la vérité. », souffla la jeune femme en avançant également.

« Tu n'es qu'une sorcière qui crache son venin !
Tu ne mérites pas de vivre ! »
, cracha t-il en se collant aux barreaux.

Oui, c'est ça.. Approches-toi, idiot.

« Quel dommage que l'on ne puisse pas s'entendre..
Nous aurions pu accomplir tellement de choses ensemble. »
, soupira t-elle en lui faisant face.
« Mais merci d'être aussi débile. », rajouta t-elle en souriant.

« Pardon ? »

Lithium tira sur ses chaînes de toutes ses forces, attrapa le lézard par le col, et l'écrasa contre sa cage. Le malheureux, sonné, s'écrasa au sol. Profitant de cet état-là, la demoiselle en profita pour récupérer les clefs à travers les barreaux, se délesta de ses fers, et ouvrit sa prison. Elle y glissa le garde, referma derrière, et s'empara d'une torche.

« Maintenant, on se tire ! »

On allait pas lui dire deux fois. »



__________







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MessageSujet: Re: Trafic clandestin. Mar 20 Aoû 2013 - 15:42
"Dans mes filets."




"Sérieux.. Parfois, je me demande ce qu'il te passe par la tête."

"Shhh..", répliqua Lithium.

"Ouais comme toujours.
Tais-tois Bis, oh mais t'es chiante Bis, mais pourquoi tu fermes pas ta gueule Bis ? Et puis, c'est quoi ce prénom de merde aussi ?! Tu pouvais pas me baptiser autrement, non ? ça craint carrément ce pseudo !! C'est pas parce que je suis comme toi, en un second exemplaire, beaucoup plus évolué et sexy, je dois l'avouer.. Que tu dois m'appeler Bis !! Putain, maintenant, c'est comme ça que l'on me connait. ça pue carrément du cul !"


"Laisse-moi réfléchir un peu s'il te plaît."

"Réfléchir est un bien grand mot pour toi."

"Ah ah ah. Je suis morte de rire."

"Si seulement c'était vrai."

Qu'elle crève.
Qu'elle crève la bouche ouverte.
Qu'elle dégage de son corps, de son esprit.
A mesure que le temps avançait, Bis devenait de plus en plus encombrante, insupportable.
Comment supporter au quotidien, chaque nuit, la présence d'une autre personne au sein de son propre corps ? Elle en devenait folle. N'existait-il donc pas des réunions de schizophrènes anonymes à Dreamland ? Ce serait tellement génial, peut-être utile, ou pas. A essayer, et surtout, à trouver.

Revenons à nos moutons.
Lithium avançait à pas feutrés, tenant fermement sa torche.
Elle rasait les murs de pierres recouverts de mousses, prenant soin de prêter attention au moindre bruit suspect qui se faisait entendre. La lumière qui l'entourait suffisait à peine à éclairer. Ainsi, elle ne voyait peut-être pas à plus de quelques mètre devant elle. Son champ de vision était relativement limité, mais elle s'en sortait plutôt bien. Si avec son tatouage, elle parvenait à optimiser ce qu'elle voyait, tout autour d'elle restait toutefois assez sombre. Dans sa tête, elle n'avait toujours pas retenu qu'elle possédait dans son dos une œuvre d'art, susceptible de la sortir de pas mal de merdes. Quel gâchis..
Alors qu'elle arrivait enfin aux escaliers, un cliquetis métallique retentit contre les parois froides. Quelqu'un arrivait encore ! Rapidement, elle se colla contre le mur, le souffle court, et patienta. Elle y était presque, ce n'était franchement pas le moment pour qu'un idiot en armure face son apparition ! Les bruits de pas étaient de plus en plus puissants, signe qu'il s'approchait dangereusement d'elle. Merde, merde, merde.. Ce qui se produisit ensuite se passa en une fraction de seconde. Lorsque le garde apparut au coin du mur, la jeune femme se présenta face à lui, activa sa vision en néons, et balança un coup de la paume de sa main, en plein au commencement de l'arête du nez de celui-ci. Ce dernier s'écroula sans demander son reste. La blonde resta muette. Elle venait de le tuer en moins d'une demi-seconde. Elle manqua de vomir, dégoût que ne partageait aucunement Bis.


"Oh putain.."

"Wouah la vache, comment t'as géré !
Putain magnifique, tu lui as explosé le nez !"
, s'extasia le virus.
"Tu vois que tu n'as pas totalement perdu la main.
Ma présence porte ses fruits à ce que je vois.


Lithium était sous le choc.
Comment avait-elle fait ça aussi rapidement ?
Elle venait de mettre fin à la vie d'un mec, comme ça. Sec.
Bien entendu qu'elle avait commis bien des atrocités auparavant, mais justement, elle avait oublié tout cela. La solution de la facilité me diriez-vous, mais parfois, il est mieux pour chacun d'oublier pour conserver un esprit plus ou moins sain. Ses lèvres tremblaient devant le spectacle atroce de l'homme qui gisait à ses pieds. Elle détourna les yeux de ce cadavre, synonyme de ses crimes, et se décida à bouger. Du nerf ma grande ! T'en as vu d'autres, et des plus horribles en plus. Ce n'est pas un mort de plus qui allait t'arrêter. C'est ce qu'elle se serait dite si Bis ne s'en chargeait pas à sa place.
Cette dernière la félicitait de sa prestation, ravie de voir qu'il restait un soupçon de combativité en elle. Après tout, son virus représentait ce qu'elle avait un jour été, et franchement, c'était pas glorieux.. Reprenant ses esprits, elle grimpa les escaliers, prenant soin d'enjamber le macchabée sans le regarder. A pas de loup, elle se faufila jusqu'à l'entrebâillement de la porte, à laquelle elle s'arrêta. Elle glissa lentement sa tête, jeta un œil à droite, à gauche, en hauteur, parce qu'on sait jamais, puis sortit. Elle courut jusqu'à la colonne la plus proche et y resta. La jeune femme soupira de soulagement. Première étape, done !

Maintenant, il s'agissait de se tirer de là.
Elle jeta un coup d'œil à la pièce de derrière son pilier.
Spacieuse, de la verdure dans des pots, sombre, et un lustre de cristal au plafond.
Rien de bien utile, et surtout, pas grand chose de reconnaissable. Lithium comprit alors qu'elle n'avait pas été enfermée dans les mêmes cachots que les chats. Elle ne reconnaissait rien de ce qu'elle avait traversée pour aller les libérer. Où se trouvait-elle à présent dans le bâtiment ? Et bah oui bien sûr, elle allait pas trouver un coffre dans lequel elle obtiendrait une carte de la zone comme dans les jeux, ce serait trop beau. Le Pnj qui te file la carte, ça sert bien aussi. Pourquoi y'en a pas un là, juste là ? Raah ! Elle avait l'air vachement fine aussi avec sa torche. Non pas qu'une lampe ça avait un peu plus de gueule, mais si. Elle éteignit sa flamme, et déposa le bâton par terre, puis dessina une loupiote qu'elle empoigna fermement. Manquait plus qu'à trouver la sortie.
Armée de sa source portative de lumière, elle fit le tour de la pièce, observant avec un œil avisé que le proprio des lieux avait un très mauvais goûts. Une sirène avec une tête de gargouille empalée sur un pieu, un griffon unijambiste fumant de la weed ou bien même Cupidon se faisant une petite lignée blanche. C'était d'un vulgaire assez hallucinant. Elle grimpa des escaliers, s'appuyant sur la rambarde feuillue, toute de lierre vêtue. Une fois sur la plateforme conjointe à l'escalier opposé, elle se mit en quête d'une porte donnant éventuellement sur une sortie potentielle. Mais toutes étaient fermées. Elle aurait pu les enfoncer sur les bons conseils de sa camarade mentale, mais le bruit aurait sûrement rameuter du monde, et ce n'était pas le bon moment. Elle continua à chercher, gravissant chaque paire d'escalier qui se présentait à elle. Jusqu'à parvenir à une immense porte de bois en chêne, ponctuée de jolies ramures dorées. Cette porte sentait LA porte à ne pas ouvrir pour ne pas se retrouver justement avec une montagne de garde à ses trousses. Elle était prête à faire demi-tour lorsque sa tête se mit à tourner.

Houlà.. Il se passait quoi là ?
Elle divagua quelques instants, puis perdit l'équilibre.
Doucement, elle prit appui contre le mur voisin, et se laissa glisser au sol.
L'esprit embrumé, sa vision se fit floue, le corps lourd, et elle perdit finalement connaissance.


"Sérieusement.. Tu fais chier."

Ce fut les derniers mots qu'elle entendit.



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MessageSujet: Re: Trafic clandestin. Ven 20 Sep 2013 - 13:50
"Le boss au cigare."




Décidément, c'était sa soirée.
A se demander si elle n'avait pas passé le plus grand de cette dernière à dormir.
Elle eut l'impression de revivre son douloureux réveil dans sa cellule, quelques heures plus tôt, encouragée par une Bis particulièrement remontée. D'un côté, là, elle pouvait la comprendre pour une fois. Habituellement, elle était plutôt paranoïaque, toujours aux aguets, et là, en présence de cet enfant et de ces gens, elle s'était complètement sortie de cette bulle protective. C'était une grossière erreur qu'elle avait reproduit en ne s'imaginant pas une seule seconde, qu'il put avoir des pièges dans cette demeure. Bis avait raison. Elle s'était assagie depuis qu'elle avait tenté de virer de bord. Avant, elle était exactement comme son virus, en peut-être moins violente vu qu'elle possédait cette part douce et agréable, un peu comme une personne bipolaire. Mmh.. Voilà peut-être ce qu'elle avait été dans le monde réel: une sous-espèce de bipolaire.
Et c'est ce qui expliquerait qu'elle avait des prédilections à "accueillir" une seconde personnalité. Allez savoir pourquoi ensuite, on avait décidé qu'elles seraient à présent deux dans un même corps, le tout en copiant ces anciennes manières, pour donner vie à ce qui semblait presque être une toute autre personne qu'elle. Lithium avait commencé à le remarquer. Son virus se détachait petit à petit d'elle, gagnait une sorte d'indépendance, s'affirmait en tant que personne unique. Bis était comme un enfant à qui l'on avait appris seulement les mauvaises manières, mais qui par contre, ignorait tout du monde extérieur, et n'en avait vu que les images qu'elle avait pu voler dans l'esprit de la blonde. Elle se nourrissait des images violentes qu'avait conservé la voyageuse, elle ne connaissait que ça.

Si son parasite n'avait pas été aussi infernal, peut-être que la jeune femme aurait eu pitié de ce que vivait ce premier. Naître en tant que plan B, en tant qu'être dénué de corps propre, dans celui de quelqu'un d'autre, et vivre selon ses directives, il y avait de quoi devenir fou. Mais l'étrangère l'était déjà, vu qu'elle était en quelque sorte la Lithium d'avant, ce qui n'était pas une bonne chose en soi. Mais ce qu'était la dessinatrice à présent, n'était pas franchement mieux. Elle ne savait plus ce qu'elle était. Elle n'était plus la jeune fille souriante d'auparavant, toujours heureuse, assumant ses travers, vivant au jour le jour et se délectant de chaque instant, même les plus ennuyeux. Elle errait, telle une coquille vide en recherche de sa perle perdue, voire volée. Où était-elle, qu'était-elle devenue ? La demoiselle se laissait aller, porter par les évènements, cherchant sans trop de conviction à redevenir en partie "vivante". Elle était persuadée que c'était Bis et ses pulsions qui la vidait de toute énergie, de tout désir d'avancer. Elle devait s'en débarrasser, et peut-être qu'ensuite, elle serait à nouveau quelqu'un d'unique.

Cette fois-ci, elle n'eut droit qu'à quelques remontrances, plus ou moins agressives.


"Alors la vieille loque ? Le déchet humain ? ça farte ?
Bien dormi ? Comme d'hab' quoi hein !"


"Mais vas-y, fous-moi la paix sérieux.", soupira Lithium de dépit.

"Non mais ça fait déjà deux fois que t'embrasses le sol !
ça commence à bien faire. J'aimerais me casser de ce trou à rats !"


"Et tu penses pas que moi aussi j'aimerais me tirer ?
Arrêtes de penser qu'à ta poire !"


"De penser qu'à ma poire ?!
DE PENSER QU'A MA POIRE TU DIS ?!!!
Excuses-moi de vivre dans un corps qui ne m'appartient pas hein, j'ai pas choisi ta modeste personne !!"


"Ce qui n'empêche pas que tu sois là quand même."

"Sac à merde.", cracha Bis.

"Connasse d'erreur."

"Pute au chômage."

"Sale truie.

"Pédale.

"Espèce de.."

"SILENCE !", fit une voix tonitruante.

Lithium et Bis se turent immédiatement, surprises.
Qui donc venait de hurler ainsi comme un vieux gros porc aigri ?
Curieusement intéressée par celui dont la voix portait aussi loin, la jeune femme voulut se lever pour partir en quête, mais lorsque elle tenta un mouvement, elle n'entendit que des cliquetis, et se fit rabaisser au sol. Encore des chaînes, et une nounou en plus. Pour changer. Cette fois-ci, elle n'était plus attachée au mur, mais tout simplement enchaînée avec elle-même. C'est à dire, les mains liées, les pieds pareil, le tout relié ensemble, la grande classe. Comme ça, elle risquerait pas de s'enfuir, ça c'était certain. L'on aurait dit une esclave accoutrée de la sorte, m'enfin..


"Amenez-la moi !", vociféra la voix.

"Krrr.. Ici la voix.
Je suis un gros phacochère qui bouffe que des vers de terre."


".. Pouah !
C'était nul !"
, ria étonnamment Lithium.

"J'ai entendu des bribes de ça dans ta tête.
ça avait l'air bien naze."
, ricana l'intruse.

"Ah ça, tu peux le dire !"

"SILEEEEEENCE !!
Non mais c'est pas possible.."


"Rooooh.. ça va !", firent les deux jeunes femmes en même temps.

Etrange.
Etait-il parfois possible qu'elles s'entendent ?
Existaient-ils un moyen pour qu'elle ne se déchirent pas ?
Cette courte démonstration semblait prouver l'hypothèse quelque peu saugrenue.
Et bizarrement, ces quelques paroles échangées sans s'engueuler, ne lui avait pas déplu.
Alors que la demoiselle réfléchissait sur ce que tout cela pourrait avoir comme conséquences, l'odieux bonhomme qui s'égosillait à tout va se décida enfin à se montrer. Et ce ne fut pas beau à voir..


"Woh.
C'est.. C'est intéressant."


"Je ne sais pas si c'est le mot que j'aurais utilisé, perso.."

C'est certain.


.

__________







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MessageSujet: Re: Trafic clandestin. Sam 14 Déc 2013 - 21:48
"Le grand cochonou."




Effectivement, l'homme qu'elles avaient en face, n'était pas beau.
Ah ça pour sûr qu'il n'était pas Apollon par excellence, ni même un banal canon.
Non, il était juste laid. Premièrement, lorsque Bis avait balancé la vanne du phacochère, et bien, elle n'avait pas tapé aussi loin de la vérité. Si vous avez vu la Belle au Bois dormant de Disney, vous verrez au moins le visage de la créature. Une bonne vieille tête de porc, de petites défenses à la commissure des lèvres, et des touffes de poils sortant des oreilles. Contrairement à des cochons normaux, l'énergumène en question était affublé d'une touffe de cheveux gras, sombres, le tout noué en une queue de cheval. Pour un patron, il était vêtu comme un sac, mais franchement hein. Un bon vieux sweet à capuche, grosse poche avant du kangourou de base, un vrai racaillou des temps modernes, mais à Dreamland. Et avec une tête de porc. Vous voyez le truc quoi. C'était pour le moins original.


"Ce n'est toujours pas le mot que j'aurais employé."

"Laid conviendrait davantage peut-être, non ?"

"Mmh.. Toujours pas.
Pas assez.. Puissant, tu vois ?"


"Ouais je comprends.
Aucun adjectif ne peut décrire une horreur pareille."


"SILENCE !"

"Ne connais t-il que ce mot ?"

"Fort possible."

Le phacochère perdait patience.
Cette fille se foutait de lui, et royalement.
Elle parlait toute seule, à croire qu'elle le prenait pour un demeuré.
Mais il savait qui elle était. Il en avait déjà parlé, que ce soit du bouche à oreille, ou sur papier glacé. Une jeune femme pleine de surprises et de ressources, et difficile à cerner. Un coup, elle pouvait paraître adorable, douce et incroyablement naïve. Ensuite, elle pouvait s'amuser à vous arracher les yeux, le tout en riant. Une aubaine de l'avoir par hasard dans son domaine. Une bonne chose ? Oui et non. Il pouvait rendre service à la communauté criminelle en la faisant éliminer ce soir, donc plus de problèmes, mais à part une brève paix, elle ne lui rapporterait rien. Il n'y avait aucune prime sur sa tête pour sa capture ou sa mort, et puis, elle n'était absolument pas la seule à chercher comment détruire la pègre.
Ah ces voyageurs.. De simples humains qui, une fois dotés de pouvoirs incroyables, s'amusent à jouer les justiciers dans un monde qui n'est pas le leur. C'était vraiment n'importe quoi. Selon lui, il fallait tuer ces créatures frustrées dans l'œuf. Guetter la moindre naissance de voyageur, et l'écraser dès sa transformation, ainsi, plus aucun problème à part les leurs. Nombreux étaient ceux à partager son point de vue, mais peu agissaient. Et malheureusement, au sujet de la jeune femme en face de lui, il était un peu tard pour faire quoi que ce soit. Elle avait gagné en assurance et tout autant en puissance. Etait-elle consciente de son potentiel ? Certainement pas, et ne l'exploitait pas à son maximum. Quel était son but au sein de Dreamland, que cherchait-elle à accomplir ? Avait-elle un objectif en vue ?
D'un côté, tout cela ne l'intéressait pas tant que ça, étant donné qu'il allait s'en débarrasser. Se battre contre elle ? Ah ça ! Il n'était pas fou. La demoiselle était assurément plusieurs grades au-dessus de lui en terme de puissance. Non, il l'a maintiendrait prisonnière, et l'a torturerait plusieurs nuits d'affilées. Comme ça, aucun risque de se faire tuer, et puis, ça le distrairait. Fier de son plan, il s'approcha de la jeune femme, les mains dans sa poche kangourou. Il regarda de haut en bas la jeune femme, qui s'était levé pour lui faire face.


"C'est quand même dommage de gâcher un si joli minois."

"C'est dommage que vous ayez tous le même discours.

L'hybride sourit.
Elle ne plierait pas.
Mais cela ne l'empêcherait pas de s'occuper d'elle.
Enfin, de faire en sorte que ses gardes s'occupe d'elle plutôt.
Jetant un dernier regard à la demoiselle, il tourna les talons et s'en alla vers son pseudo trône en bois, recouvert de mousse. Il s'y assit confortablement, ou s'y avachit, comme vous le sentez, puis pointa un doigt boudiné vers la blonde.


"Faites-vous plaisir."

Les gardes se mirent à sourire.
Ils allaient enfin pouvoir fermer le clapet à cette gamine.
Elle tournait leur chef en bourrique, et eux-mêmes n'en pouvait plus de cette fille.
Ils allaient lui mettre une sacrée rouste, que même morte, elle s'en souviendra encore.
Tous armés de leur lances, et autres bâtons, ils s'approchèrent doucement de la jeune femme, prêts à la rouer de coups. Cette dernière ne comptait pas se laisser faire. Elle avait beau être enchaînée, l'espace qu'il lui restait entre ses jambes lui permettait au moins de pouvoir se tenir debout, ainsi que de se déplacer normalement. Courir ? Peut-être. Mais pas à grandes enjambées. Elle se tint prête à les accueillir.


"J'apprécierais que tu me soutiennes moralement, parce que je suis pas très confiante sur ce coup-là.. J'ai fait pire, mais je n'étais pas non plus menacée de mort."

"AHA ! Allez avoues que t'as besoin de moi, tu m'aimes au fond, hein ?
Dis que tu m'aimes, et ne peux pas vivre sans moi. Heiiiin ?"
, minauda Bis.

".. Je n'irais pas jusque là quand même.

"Ah bah tu peux aller te gratter alors."

"OK ! T'as gagné !
J'ai.. besoin de toi."
, s'étrangla Lithium.

"AH !
J'accepte ton allégeance."


"Mais, j'ai jamais..!"

"Chut.
Savoures ce moment de paix, et pars au combat.
Je te soutiendrais par la Force, jeune padawan."


"Faut vraiment que t'arrêtes de fouiller dans ma base de données mémorielle toi.."

"Nan, j'aime bien.
Bon, tu veux mon aide, alors conseil: Sers-toi de ton tatouage.
ça pourrais te servir. Observes bien leurs gestes, leurs muscles, sers-toi de cette vision pour avoir une longueur d'avance. Mais fais attention, ce n'est pas parce que ça tilte, qu'il va forcément faire un geste. Respect, robustesse."


Ses répliques ne collaient pas toujours à la situation, mais c'était néanmoins utile.
Elle n'en croyait pas ses yeux, Bis qui l'aidait. Bon, après tout, c'était aussi sa peau, et donc son existence-même qui était en danger. Normal qu'elle y trouve son compte. Elle ne l'aiderait pas par pure gentillesse, fallait pas rêver non plus. M'enfin, un peu de soutien ne faisait pas de mal. Les poings serrés et reliés, elle allait pas les louper.
Le premier se jeta sur elle, le bâton levé. Sans tarder, elle activa son tatouage. La vision radio était toujours difficile à supporter, mais ainsi, elle risquait pas de les manquer. Oubliant un court instant ses chaînes aux pieds, elle leva une jambe - NON ! - frappa au ventre de son genou l'adversaire, avant de basculer en arrière. Elle s'écrasa lamentablement, et c'est le popotin douloureux - Je t'avais prévenu - qu'elle se releva, sous les rires des gardes restants. Saloperie de chaînes ! Elle ne pouvait pas lever les jambes à plus d'une certaine hauteur, et c'était embêtant. Elle se sentait un peu comme Reagal dans Tales of Symphonia - C'est qui ? -
privée de ses mains, mais libre de ses jambes. En l'occurrence, elle était un peu privée de tout là.. Il fallait faire avec, et réfléchir. Deux autres gardes coururent à son encontre, elle se laissa tomber au sol, et se servit d'un genou comme d'un tourniquet, pendant que l'autre moitié de jambe, servait à déstabiliser ses cibles. Ils tombèrent par terre, et la jeune femme s'empara d'une des lances. Dépouilles-les, et bats-les à leur propre jeu, avec leurs armes. C'est la clef du succès.
Ce fut ensuite un joli petit ballet qui s'ensuivit. S'inspirant de Kilik et de son bâton, elle s'appliqua à désarmer chacun de ses ennemis, les rouant ensuite de coups, tout en faisant tournoyer son arme. On ne peut pas nier que les jeux vidéos peuvent aider à apprendre certaines techniques. Elle continua à mener la danse, prévoyant certains gestes à l'aide de son tatouage. Elle se fit avoir plusieurs fois, pensant qu'un tel irait à gauche, et pourtant allait à l'opposé. La blonde obtint plusieurs bleus et ecchymoses, mais finit pas en sortir quasiment indemne.

Ouf..
Cela signifiait que, malgré les indications de combat qu'avait bénéficié Lithium de la part de Bis, elle n'était pas rouillée. Enfin, bien évidemment qu'elle n'était pas rouillée ! Mais niveau confiance, ce n'était plus trop ça. Soit elle pétait la forme, soit elle se mettait à déprimer, et à voir le monde en noir. Elle s'effaçait en faveur de son virus qui lui, grandissait à vue d'œil, s'affirmait. Si ce processus continuait, elle ne serait plus qu'un vulgaire réceptacle, alors qu'elle était la personnalité originelle. Qu'allait-elle devenir ? Une des autres questions qui la turlupinait sans cesse, était "d'où venait Bis", comment était-elle apparue, était-elle issu d'un royaume connu, ou d'une simple bourgade ? Pas le temps de penser, même si elle ne faisait que ça. Le phacochère n'était pas ravi de la situation, mais il n'avait pas dit son dernier mot. Alors que la voyageuse venait de se débarrasser d'une poignée de soldats, une quinzaine d'autres débarquèrent sur la place. Mais merde, il voulait vraiment sa mort ce porc !
La jeune femme grinça des dents, et se jeta sur le premier venu.. avant d'être brutalement rejeté en arrière. Elle laissa échapper un cri de douleur lorsque sa tête rencontra le sol, et sa vue se flouta quelques instants. Elle avait été happé par une corde, et jetée à terre. Profitant de son état, les gardes la ligotèrent, et la balancèrent contre le mur.
Un nouveau cri sortit, plus grave. Elle essaya de se relever à l'aide de ses jambes, mais fut ramené au sol par un coup de pied au dos. La jeune femme s'étrangla, et suffoqua. Ils la rouèrent de coups, frappant son ventre et son visage. La dessinatrice se faisait lyncher comme au temps du collège, avec encore plus de violence. Et les hurlements déchaînés de Bis ne pouvaient rien y faire. Son virus hurlait de rage, comme un animal en cage, griffant les murs de sa prison. Elle supportait difficilement ces coups qui laissaient de nouvelles traces sur son corps, mais ne pouvait rien faire à part se taire. Elle peinait à réfléchir, à penser. Que faire lorsque l'on est incapable de se défendre ?[/i]

"Ce n'est pas fini.", cracha Bis.



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MessageSujet: Re: Trafic clandestin. Mer 8 Jan 2014 - 20:39
"Bloody artist."



Lithium ne bougeait plus, ou seulement très peu.
Ses contusions multiples et ses quelques blessures la faisait souffrir.
Ils continuèrent à la frapper, jusqu'à ce que le cochon finissent par s'exprimer.
Il se leva tel un prince, et d'un geste de la main suivit de ses ordres, il ordonna la fin de la rixe. Puis, il descendit doucement de sa chaise royalement garnie, et s'approcha de la jeune femme, jusqu'à la soulever par les cheveux. Le porc la déposa à genoux, un sourire narquois sur le visage. La blonde regardait vaguement en face d'elle, l'air hagard, comme si elle n'était plus de ce monde. Le visage tuméfié, des bleus et des gouttes de sang décoraient son corps endolori.
Spoiler:
 
Que faire, quoi faire ? Elle n'arrivait plus à réfléchir correctement, comme si son cerveau avait tout bonnement cessé de fonctionner. Le porc lui balança une droite, lui faisant cracher du sang, et la jeta à terre par la même occasion. La jeune femme explosa en une quinte de toux habillée de rouge, et se retourna lentement sur le côté. L'homme aux cheveux sales intima à ses hommes de lui ôter les cordes, jugeant que les chaînes suffisaient amplement à la contenir, vu son état. Effectivement, la demoiselle ne réagissait aucunement.
Elle se recroquevilla doucement sur elle-même, se tenant le ventre de douleur, puis se délia à nouveau, étendue sur le sol. Son regard se perdait, ne se souciant plus de ce qui l'entourait. Lithium se sentait nulle, si nulle. Elle qui était habituée à toujours s'en sortir, et généralement avec une facilité déconcertante, se retrouvait à terre, maîtrisée par de vulgaires sbires, et un chef qui ne devait pas avoir une intelligence plus élevée que ces derniers. Comment avait-elle pu en arriver là ? Elle avait beau ordonner à son corps de se lever, il ne répondait pas à ses suppliques. Quelle fin pitoyable. Et l'autre qui disait que rien n'était terminé. Pourquoi disait-elle ça ? Ne voyait-elle donc pas qu'elle était trop faible, qu'elle n'était plus qu'une loque ? Un pâle reflet de ce qu'elle était auparavant ? Et pourtant, elle continuait d'y croire, de se battre, même si ce n'était que mentalement. Sur ce point-là, elle l'enviait.

Oui, elle l'enviait.
Bis ne lâchait jamais l'affaire.
Elle pouvait se mettre à bouder, souvent, mais continuait toujours, malgré les obstacles, à se battre. Pourquoi est-ce que Lithium avait perdu ces traits-là de sa personnalité ? S'était-elle vraiment scindée en deux, abandonnant ainsi, ce qui la caractérisait ? Comment, par quelle magie, s'était-elle retrouvée déchirée intérieurement ? Et surtout, pourquoi est-ce que son virus était plus appréciée qu'elle ? Au fond, elle était jalouse, complètement jalouse de l'influence qu'avait son double noir. Ce n'était pas juste.


"Fais-moi confiance, et laisses-moi faire.
J'ai une intuition."


La blonde ne comprenait pas ce qu'elle voulait dire.
Mais étant trop faible pour avoir une quelconque réflexion, elle se laissa faire.
Doucement, toujours à terre, elle vit son bras glisser avec difficulté devant elle.
Sans rien saisir, sa main s'écrasa dans une petite flaque de son propre sang - elle en avait perdu autant ? - s'y trempa goulument, et se mit à esquisser des formes sur le sol.
Spoiler:
 
Mais.. Que faisait-elle ? Ne savait-elle pas qu'il fallait qu'elle dessine avec son crayon pour obtenir un quelconque résultat ? Alors qu'elle se posait cette question, elle ressentit un poids énorme sur son corps. Ses yeux s'écarquillèrent sous la douleur, et avant même qu'elle puisse libérer le moindre cri, elle se sentit de nouveau légère, envahi par une force qu'elle n'avait jusqu'alors, jamais ressenti. Cependant, ce sentiment ne resta guère suffisamment longtemps pour qu'elle s'en délecte. Rapidement, elle perdit tout contrôle de son esprit, et Bis prit sa place. Malheureusement, cette dernière ne contrôlait pas tout à fait non plus cette sensation, et se retrouva également prisonnière de son plan.
Un rire s'échappa d'entre ses lèvres retroussées, et elle se redressa lentement, jusqu'à se retrouver assise sur son royal postérieur. La jeune femme était méconnaissable; son visage était déformé par sa soudaine folie, un sourire atrocement carnassier sur la face. Ses ennemis la regardèrent sans comprendre. Etait-ce la même personne qu'il y a quelques minutes, la même gamine agonisant sur le sol ? Pas sûr. Elle explosa d'un rire assez effrayant, et les dévisagea d'un air affamé, avant de s'attarder sur le porc.


"Tu crois que de simples chaînes m'arrêteront ?
T'es bien con dis donc !"

Spoiler:
 

Et elle se mit à rire de nouveau, pour finalement se libérer de ses chaînes.

"Mais.. QUAND EST-CE QUE..!", hurla le cochon.

Une lame sortit d'entre les mains de la jeune femme.
Une lame rougeâtre et brillante. La demoiselle fit mine d'écouter son arme, et baissa la tête pour approcher celle-ci de l'objet.


"Quoi, qu'est-ce que tu dis ? Tu as soif ?
Oh, mais ne t'inquiètes pas. Il y en aura bien assez pour toi et moi."


Son diabolique sourire finit de ponctuer sa phrase, et ce fut le début de la fin de cette soirée. Le phacochère, effaré devant un comportement de la sorte, décida de battre en retraite. Il s'arma de son cigare, et cracha une bouffée, créant ainsi, une véritable purée de pois. Tel un poulpe en fuite, il profita de la confusion pour se cacher dans le premier trou à portée. Il s'y terra comme un rat, et trembla, dans l'attente de son jugement. Un rire transperça ses oreilles.

"Pumbaaaa.. Où es-tu ?"

Que faire ?
Ses hommes ne voyaient rien depuis sa retraite, et il ne comptait pas non plus venir les aider. C'était SA vie d'abord, son existence la plus louable. Pour les hommes, il pouvait toujours s'en procurer d'autres. Bis ne faisait aucune différence entre cette créature et les autres, et en temps normal, elle aurait également agressé ses alliés. A bien la regarder, elle avait l'air complètement folle. Armée de sa lame flamboyante, elle marchait d'un pas saccadé, le dos voûté, prête à attaquer. Son ouïe acérée perçut un toussotement ennemi, et ni une, ni deux, elle se jeta toutes griffes dehors, sur le malheureux. Ce dernier ne vit rien venir, et avant même de pouvoir lâcher un cri, il s'effondra dans un horrible râle, développant la pression déjà bien présente, à son paroxysme. Mais la jeune fille ne s'arrêta pas là. Alors que tous avançaient à tâtons, son tatouage activé, elle parvenait vaguement à percevoir les faibles vagues de chaleur des soldats, ce qui lui suffisait amplement. Laissant sa victime ensanglantée, la gorge tranchée, et dégoulinante, elle continua son avancée macabre, traînant les pieds comme une malade psychiatrique. Elle rencontra un nouveau garde, puis un autre, et encore un autre, à croire qu'ils poussaient comme des champignons.
L'un se vit délesté de sa virilité, le second eut le même sort que le tout premier, celui à la glotte à l'air, et le dernier fut le plus charcuté. Bis se jeta sur son dos, planta sa lame dans la gorge, plusieurs fois, et arracha des lambeaux de char à l'aide de ses dents, laissant une plaie béante qui ne manqua pas d'apporter une toute nouvelle couleur au carrelage. Une fois la victime assurément morte, celle-ci s'écroula. Le virus, toujours un morceau de viande fraîche dans la gueule, s'appliqua à lacérer son adversaire inanimé, se couvrant de sang, jusqu'à finalement parvenir aux viscères. Grâce à son tatouage, elle pouvait tout voir de son intimité. Et quoi de plus personnel que l'intérieur même de son corps ? Ce fut à l'instant où la jeune femme allait vider le mort, que le brouillard se dissipa, et dévoila l'horrible spectacle. Des cadavres ensanglantés recouvraient le sol, et les quelques survivants prirent immédiatement la poudre d'escampette. Seul le porc, caché dans la crevasse derrière son pseudo-trône, tremblait encore. Lorsqu'il osa porter un regard à la pièce, il crut vomir, et se recroquevilla sur lui-même quand il vit la demoiselle.
Spoiler:
 
Son regard était fou, ses cheveux en bataille, et le corps recouvert d'un sang, qui n'était pas le sien. Il faillit tourner de l'œil quand il aperçut le morceau sanguinolent entre les dents de la voyageuse. Et puis, ses yeux rencontrèrent ceux de la blonde, et à voir son sourire, elle l'avait vu aussi. Putain, que fallait-il qu'il fasse ?! Il fut tenté de courir vite et loin, mais la simple idée qu'elle le rattrape le faisait frémir. Mais si avec son cigare, il crachait un nuage, il aurait plus de chance ! Il prit son courage à deux mains, apporta son objet à ses lèvres et.. se figea. Face à lui, se trouvait Bis, toutes dents dehors. Le phacochère paniqua, et cracha sa fumée opaque au visage de la damoiselle. Cette dernière toussa abondamment, et battit en retraite. L'homme profita de cette diversion pour courir, et vite. Il ouvrit la grande porte à la volée, et courut aussi vite qu'il put, traversant sans réfléchir et sans regarder derrière lui, les pièces aux colonnes. Il pria pour avoir semé la jeune femme, mais ne vérifia pas, par peur. Et enfin, la porte de sortie. Il l'a vit comme son prochain salut, puis il s'écroula de douleur, une lame dans le genou droit. Hurlant comme un porc, ironie du sort, il tenta d'échapper à son bourreau en rampant. Et dans un ultime geste, n'ayant plus rien à perdre, il s'arracha le couteau de la jambe, et poussa la porte d'entrée.
Dehors, la caravane de chats, accompagné des enfants, les attendait. L'aubaine parfaite. Boitant, il parvint tout de même à se saisir d'un enfant, une créature à la peau bleuâtre, et dont les tâches de rousseur se traduisaient par des formes blanches. Ce dernier, complètement effrayé, se mit à pleurer, et plus personne ne bougea. L'arme sous la gorge du petiot, le cochon jubilait malgré sa souffrance. Il suait à grosses gouttes, mais tenait bon. Bis les regarda tous les deux, s'accroupit, se mordit violement l'index,  et dessina un nouveau couteau sur la porte, avant de s'en emparer.


"Un enfant de moins, qu'est-ce que ça peut bien me faire ?"

"NON !", hurla Lithium.

Ce fut le moment que la blonde choisit pour sortir de sa torpeur.
Elle avait assez vu d'horreurs pour la soirée, elle n'allait pas non plus être responsable de la mort d'un enfant. Pas après s'être donné autant de mal pour les sortir de là !


"Laisses-moi revenir !"

"NON !
T'es qu'une mauviette, pas foutue de te battre quand il le faut.
Je peux me débrouiller seule !"


"Si tu ne me laisses pas t'entraîner, comment veux-tu que j'apprennes ?", tenta la voyageuse.

"...Pas faux."

Sans un mot, elle laissa sa place à la propriétaire, horrifiée de voir autant de sang sur elle. Immédiatement, elle leva les mains en l'air en guise de reddition. Mentalement, elle apaisa son second, en lui imposant de lui faire confiance, puis lâcha son couteau, avant d'avancer en direction de la créature. Dès qu'elle fut à portée, l'homme jeta l'enfant sur le côté, et s'empara de la demoiselle, puis réitéra sa position. La dessinatrice ne se débattit point, consciente des enjeux. Du regard, elle fit comprendre à la caravane de fuir, qu'elle les rejoindrait plus tard, sans pour autant en être tout à fait sûre. Elle les regarda partir sans mot dire. Une fois hors de portée, et de vue, elle passa à l'action. Elle asséna un coup de coude arrière dans le thorax au porc, et profita de sa surprise soudaine pour le désarmer. De toute sa hauteur, elle le maintint en joue avec sa lame.

"Quelque chose à dire ?"

"Ouais. Tu ne m'auras pas vivant."

"Ai-je dit que je désirais te garder en vie ?"

Silence.
Puis un sourire sur le visage du porc, qui fit un geste pour le moins inattendu.
Il s'y jeta de lui-même sur la lame tendue vers lui, et s'embrocha tout seul, sous le regard hébété de la jeune femme. L'ennemi s'écroula en souriant, avant de disparaître. Euuuh.. Ouais ok. C'était quoi le concept de la mort désirée ? Décidément, elle ne comprendrait jamais ce monde. Sans pour autant être choquée, la voyageuse restait muette.


"Comme quoi."
"J'avoue."
"Je suis à court de blagues."
"Non mais dis rien, c'est peut-être mieux.
J'aimerais oublier ce qu'il s'est passé cette nuit."

"ça va être difficile.
Réjouis-toi, je t'ai fait découvrir une nouvelle facette de ton pouvoir."

"Je crois que j'aurais préféré l'ignorer.."

Ne pas en parler, ne pas y penser, et surtout, ne pas s'en servir.
Juste oublier. Boitant, elle entreprit de marcher en direction du village le plus proche, espérant ainsi croiser la caravane. Quiconque aurait vu la jeune femme, aurait conclu qu'elle était une pauvre créature errante, sortie de son trou pour la journée. Cheveux ébouriffés, recouverte de sang plus ou moins séché, pantalon déchiré.. Elle était en piteux état. Son visage était tuméfié, des ecchymoses partout et un œil au beurre noir.
Spoiler:
 
Plus sexy que ça, tu meurs. Elle ressemblait franchement à une clodo, ne le nions pas. la voyageuse marcha longtemps, très longtemps, tellement qu'elle pensait se réveiller à tout instant. Et pourtant, sa marche semblait ne jamais vouloir s'arrêter. Une nuit interminable. Ce ne fut qu'après avoir perdu une totale notion du temps que la fin de son calvaire arriva. Au loin, elle aperçut des maisonnées de bois, ainsi que la fameuse caravane. Enfin.. Puis elle tomba, épuisée. Ce qui se passa ensuite, elle ne s'en souvient pas, mais à son réveil, elle était lavée, soignée et bandée. A son chevet, elle reconnut Fhörn, son père, ainsi qu'une partie des créatures qu'elle avait libéré. Elle ne comprit pas un traître mot de ce qu'ils lui racontèrent, mais à leurs visages éclatants, elle ne put que leur sourire en retour. Et doucement, après quelques remerciements échangés, elle sombra à nouveau dans le sommeil, avant de finalement se réveiller dans le monde réel.

Un rêve difficile et peu commun pour elle.
Elle n'était pas habituée à poursuivre une aventure de la sorte, et ce, sur plusieurs nuits.
Ce qui s'était produit cette nuit avait été une grande révélation pour elle. Son pouvoir n'était donc pas uniquement limité au seul usage de son crayon, ni même de sa feuille. Elle était donc parfaitement en mesure de se débrouiller sans ses ustensiles, son pouvoir coulait dans ses veines. Elle était ravie d'avoir pu découvrir  cela, mais la manière avait été trop brutale, trop.. atroce. Cette facette-là de son pouvoir devait être oublié. Elle trouverait un autre moyen de rentabiliser cette découverte, autrement que dans le sang.




Fin.

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Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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Trafic clandestin.

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