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Des rêves de poussières... (Pv Clark and Stain)

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MessageSujet: Des rêves de poussières... (Pv Clark and Stain) Sam 5 Jan 2013 - 16:02
Un chuchotement lointain, pas plus bruyant qu'une pensée...
Hélas, point assez pour me ramener à eux.

Je demeure yeux fermés, seul au milieu de l'enfer à brûler du rêve comme je peux. Les songes prennent formes et vies, créations exaltées qui me transportant, m'emmène loin de cet endroit que le temps lui-même a fini par fuir. Encore ce chuchotis, plus proche, qui se matérialise maintenant dans une silhouette ombrageuse. Je résiste, m'accroche à ces illusions dont je suis le maître et l'acheteur. J'existe, loin et perdu, accroché à ma torpeur...
Mais un bruit sourd me dévaste.




J'ouvris les yeux et contempla la scène qui se jouait céans. Mon professeur de philosophie, un petit homme âgé nous venant des froides contrées russes, que nous avions, imaginatifs, surnommé Mr Vieillovitch, dans sa splendeur la plus excédée. Ses deux mains croisées à hauteur de poitrine me rappelaient cette étrange façon que les rappeurs U.S avaient de se tenir, tous armés de leurs casquettes gigantesques et de leurs lunettes noirs taille porte-fenêtre. Si déjà eux, je les trouvai fort drôle, les bretelles trop serrés de Vieillovitch ainsi que son béret rouge-communiste eurent raison de moi.
J'esquissai un sourire.
Puis je croisai son regard désespéré et auquel je faisais manifestement reflet. Sans mot dire, il ramassa La philosophie des Orients retrouvés, épais manuel qu'il venait d’écraser sur ma table pour parvenir à mon attention. Il commença à le feuilleter avec le même regard qu'un John Rambo en colère. Mon week-end mourrait un peu plus à chaque page qu'il humectait de son doigt plissé et racorni.

"Imaginez que les disciples de Platon ou de Confucius se soient endormis pendant que leurs précepteurs leurs faisaient lieux de ces connaissances inestimables... Tout ce savoir se serait perdu, n'est-ce pas?

"Certes...

"Je vais donc, pour honorer leurs mémoires et peupler la vôtre de souvenirs nouveaux, vous donnez un sujet à me rendre pour la semaine prochaine. Vous avez de quoi noter?

"Allez-y. Je crois au moins être capable de me souvenir de deux trois mots mis bout à bout.

"L'Oubli et la Sérénité vont-ils de pair?

"... Au revoir.

Il ne croyait pas si bien dire, le con.
Je traversai la salle vide, rejoignis les couloirs déserts. Plus loin, la sortie et à quelques centaines de mètres, après les avoir marché sous les lampadaires brillants, un arrêt de bus au toit arraché. Le car arriva l'instant d'après, son chauffeur ne maugréa qu'un frêle bonsoir auquel je répondis par un simple hochement de tête. Lui et moi, nous nous enfonçâmes dans le noir de la nuit.
J'étais le seul passager.

Je descendis quelques arrêts plus tôt et le bus partit dans un dernier soupir fumeux. Routes, trottoirs et passages piéton s’enchaînèrent pour m’amener devant une imposante clôture ornée de part et d'autres par le faciès assurés, accomplis de deux angelots sculptés dans un albâtre tirant plus vers la porcelaine que le marbre. Je poussai la lourde porte, tachetée de rouille. Elle ne grinça pas.
Pas après pas, je dépassai des siècles de vies par la seule ardeur de mon soulier. Tombes après caveaux, marchant jusqu'à celle qui m'intéressait. Celle qui était vide, remplit par un nom immortel plutôt que par un corps promis au néant.
Je la trouvai entre deux sépultures, vierges l'une comme l'autre, la gauche habité par un dénommé Henry Nerval et celle de droite, protégeant la dépouille d’une certaine Anne Nehrentz. Les inscriptions gravées renseignaient, par un calcul enfantin, le nombre d’années que ces deux êtres avaient respiré. Et chacun eurent existés dix fois plus longtemps que ma sœur ne pourra jamais vivre. En mon cœur foudroyé, moins solide que de la poussière, je trouvai triste l'absence de fleurs sur les tombes contiguës à celle de Leïla. Ainsi, ne me penchais-je pas sur les marguerites, les violettes et les roses et les hellébores éparpillées aux devants de la stèle mortuaire de ma sœur pour les promener jusqu’aux tombeaux annexes. Sur la tombe de l’enfant, ne restait que mon regard léger et ma respiration brumeuse, hivernale. Je ne connaissais pas ces personnes-là, mais les vêtir de ces quelques pétales me donnait la même impression que d'offrir mon manteau à un réfugié.
Je demeurai ainsi, figé dans une silencieuse contemplation. Puis un bruit calme, venu de derrière, me rappela à la réalité... Une apparence discrète émergea du monument central, une fontaine où l’œil averti pouvait discerner plusieurs représentations bibliques imagées à même les parois jaunies, érodées de l’édifice. L’eau s’y déversant avec une abondance maîtrisée déformait le visage des icônes dessinées. Et bien que son visage à lui fût altéré par l’absence partielle de lumière, je le reconnus instantanément.
Alan Stain.

Il s'approcha de moi et me tendit une fleur.

"Ce n'est pas encore la Saint-Valentin, si? Lui lançais-je amusé.
"Couillon… C’est pour ta sœur.

Je l’attrapai et la déposai délicatement sur la tombe de Leïla.

"C’est gentil d’avoir pensé à elle. Tu sais, de son vivant elle t’aimait beaucoup, au point de m’avoir un jour menacé de te prendre pour frère à ma place… J’en rigole encore et si elle avait pu grandir, elle aussi aurait appris à en rire.

Inutile de se la jouer, mes mots ne firent ni résonner lunes et étoiles, ni se perdirent dans les ténèbres de la nuit, et je dû m'y reprendre à plusieurs reprises pour articuler certains mots de la phrase d’en dessus…
Que voulez-vous ?
Je suis humain après tout.
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MessageSujet: Re: Des rêves de poussières... (Pv Clark and Stain) Lun 14 Jan 2013 - 1:04
« Allé Alan ! C’est ça mec continue ! »

Je respire fort, régulièrement. La progression est longue et difficile mais je peux y arriver. Tandis que je me tiens à la main droite, bras tendus, les yeux rivés vers les prochains mouvs’ je secoue l’autre pour faciliter l’évacuation des acides lactiques. J’en fais de même pour la gauche, souffle deux trois coups et c’est repartis. Maintenant le toit. Mon préféré… Les prises sont pas mauvaises mais l’inclinaison horizontale du mur les rends tout de suite moins sures. Je pends garde à bien placer mes pieds tout en progressant, le souffle toujours plus puissant. Mon cœur bat à tout rompre. La sortie de toit, prise de merde pour les mains mais talon possible à droite excentré. Je le cale, clip la dégaine, tire sur mon bras gauche pousse sur la cuisse droite, m’étends et chope la suivante. Je souffle. La prise est merdique mais je dois croiser sur la suivante à droite. Je serre les dents, force et… La main dérape. Je chute, et atterris en douceur dans mon baudrier grâce à l’amortis de l’assureur. Je me fais redescendre. Je lève les yeux, plus qu’une dégaine, merde.

***

La journée avait été assez merdique, sale note en cours, échec en escalade, je rentrais prendre une douche. La sensation des gouttes d’eau chaude tombant sur ma tête me détendait. J’enfilais mes vêtements et sortais de mon appart’. La journée était plutôt moche et des nuages gris ne laissaient aucune place au soleil ni même à un peu de ciel bleu. C’était déprimant à souhait, parfait…

« Bonjour Alan ! Comment ça va aujourd’hui ?

-Très bien Madame Chouset et vous ?

-Et bien les affaires marchent, je ne me pleins pas. Merci. Les mêmes que d’habitude ? »

-Oui, merci. Et rajoutez moi une rose au passage s’il vous plait.

-Je t’apporte ça. » La fleuriste était une amie de ma grand-mère, elle était vieille et allait bientôt prendre sa retraite mais restait toujours très compétente dans son travail.

« Voila pour toi ! Et la rose c’est de ma part, la maison sait récompenser les bons clients !

-Merci beaucoup ! Passez une bonne fin de journée, au revoir !

-Toi aussi, au revoir ! »

Je restais souvent assez hypocrite dans ce genre de situations. Je détestais déballer ma vie quand ça n’allait pas, même si c’était aussi infime qu’aujourd’hui. Et je détestais parler de la pluie et du beau temps. Je résumais immanquablement mon état par « ça va » et n’allait que rarement plus loin. Je marchais sans réellement faire gaffe ou j’allais, c’était l’automatisme des chemins qu’on connait par cœur. Je levais les yeux et courais pour attraper le bus que je chopais de justesse. Je descendais à l’arrête le plus glauque de la ligne, avec des fleurs en mains. Personne ne doutait d’où j’allais quand on me regardait descendre.
Je marchais jusqu’à la grille et ouvrais le portail. Devant moi se dressait l’image qui, à chaque fois ne manquait pas de me rappeler pourquoi dans mon dos se trouvait une marque qui jamais ne me quitterait. La marque d’une nuit que je n’oublierais pas. Je parcourais d’un pas machinal, perdu dans mes pensées, la multitude de pierre ou étaient gravés les noms d’innombrables personnes. Des noms qui recelaient tous une histoire, une vie passée... Passée, c’était le mot. Mes pas ralentirent d’eux-mêmes, je m’arrêtais, ayant atteint mon but. C’était toujours un moment difficile, trop de souvenirs remontaient, trop d’images. En premier ressurgissaient à chaque fois les pires, ceux qui donnent la nausée, qui font males. Puis venaient les souvenirs heureux, les plus nombreux, comme pour venir apaiser la douleur. Je ne pleurais pas, enfin, je ne pleurais plus. J’avais arrêté. Je déposais les quelques fleurs en bouquet puis me redressait face à la tombe, je n’étais pas croyant mais à chaque visite, je ne pouvais m’empêcher de glisser quelques mots, dans l’espoir complètement fou qu’il les entende et que ça lui fasse plaisir. Je ne pouvais pas prouver qu’il ne m’entendait pas, alors dans le doute, je faisais comme si il le pouvait.

« Je te parle à chaque fois et je ne sais même pas si tu entends. Quand on y réfléchit c’est con, si tu vois tout, t’es forcément au courant de tout se que je fais. Enfin bon, tout va bien, maman va bien, elle a retrouvé du travail et moi je m’en sors en cours. J’espère que t’es bien la ou t’es, du moins si t’y es... Salut, on se revoit la semaine prochaine hein ! »

Je tournais les talons et pris la direction de ma deuxième destination. J’y passais à chaque fois mais y déposait moins souvent une fleur. Je sillonnais entre les tombes jusqu’à celle qui était vide. À cette idée je ne pouvais m’empêcher de serrer le poing à l’idée qu’une telle abomination soit possible. J’avais connus celle dont le nom était écrit là, et aucun enfant de cet âge ne méritait ça, aucun.
Une personne était déjà présente, je la reconnaissais instantanément bien qu’elle soit de dos. Kerlian, le frère de la fillette. Nous nous connaissions depuis longtemps lui et moi, et les drames qui nous avaient touchés nous rapprochèrent encore plus. J’ai su qu’il avait lui aussi débloqué depuis la disparition de sa sœur. Nous avions subit tous les deux une perte très lourdes qui engendrèrent, à cause des circonstances, deux phobies. J’avais renié ma propre personne tandis que lui avait eut peur d’oublier. Quoique ce soit. Sa chambre était d’ailleurs à cette image, tapissée de post-it.
J’approchais de lui tandis qu’il se retournait alors qu’il m’avait entendu. Je lui tendais la fleur pour qu’il la dépose lui-même sur la tombe.

« Ce n'est pas encore la Saint-Valentin, si? »

-Couillon c’est pour ta sœur » Lui répondis-je d’un ton amusé. Il avait le mot pour rire dans n’importe quelle situation, un trait de caractère que nous partagions.


« C’est gentil d’avoir pensé à elle. Tu sais, de son vivant elle t’aimait beaucoup, au point de m’avoir un jour menacé de te prendre pour frère à ma place… J’en rigole encore et si elle avait pu grandir, elle aussi aurait appris à en rire. »

J’avais-bien ressenti qu’il avait eut du mal à lâcher cette phrase et décidais de ne pas mettre mal à l’aise en affichant un sourire moqueur.

-Oui sans doute. En revanche, désolé de t’apprendre ça mais mon père à jamais menacé de t’adopter. Bon, il t’aimait bien quand même, il disait que t’étais un mec de principe et que t’avais des valeurs. » Lançais-je d’un air joueur.

« Allé viens, je t’invite chez moi ce soir, ça te dis ? Je vais prévenir Adam aussi tant qu’on y est. Il m’a raconté un truc ce matin, après la soirée et faut que je vérifie. C’est à propos des rêves, tu te souviens ?

-Ouais je m’en rappelle, t’étais passé pour un fou au début, mais tu sais quoi ? Je pense qu’on va faire un rêve cool ce soir !

-Me dit pas que… » Son sourire en disait long sur le fond de sa pensée. Dans la même soirée ils avaient tous les deux vaincus leurs peurs, ça pouvait pas être une coïncidence ça devais être le truc qu’on avait fumé…

J’appelais Adam et lui donnait rendez-vous directement chez moi. Nous ne vîmes pas le temps passer jusqu’à mon appart et la soirée commença assez tôt. Au programme pas de beuverie mais surtout des explications. Adam et Kerlian me racontèrent la façon dont ils vainquirent leurs peurs et j’en fis de même. Je ne l’avais pas précisé la première fois quand je leur avais parlé de Dreamland. Je leur racontais ensuite les choses qui m’étaient arrivées à Dreamland et tout se que je savais sur le monde onirique. C'est-à-dire pas grand-chose mais quelques trucs utiles tout de même. J’étais surexcité, le fait d’avoir ces deux potes là avec moi pour découvrir le monde parallèle était un atout majeur.
Je leur expliquais enfin comment on pouvait se rejoindre, je l’avais appris récemment et je trouvais ça utile maintenant que j’avais des personnes à rejoindre.

« Ok les gars donc vous savez se qu’il vous reste à faire. On se rejoint à Dreamland et c’est parti pour votre première nuit de folie ! »

On se couchait tous à la même heure et la consigne était claire, il fallait qu’ils pensent à moi avant de m’endormir. Drôle de trip en y repensant. Je me laissais donc aller à mes pensées en essayant tout de même de penser à l’un ou à l’autre au cas ou. Ce fut le cimetière ou j’avais croisé Kerlian qui fut mon dernier souvenir, allez savoir pourquoi.

J’ouvrais les yeux sur un décor sombre et peu joyeux. Un cimetière, le cimetière de Dreamland. J’étais jamais venu ici et m’étais même jamais imaginé qu’il existait un tel endroit dans le monde des rêves. Est-ce qu’à chaque fois qu’un voyageur mourrait dans ce monde, une tombe apparaissait ? Ou étais-ce quand on mourrait pour de bon ? Bah, tout cela n’étais pas très important, pour l’instant il fallait juste que j’attende les deux autres, je décidais donc de visiter jusqu’à se qu’ils apparaissent. Le cimetière était immense, on en voyait pas le bout. Les tombes se succédaient au rythme de mes pas et je ne pouvais m’empêcher d’y trouver un air de déjà vu.

« T’es plutôt un mec glauque dans ton genre Alan, pourquoi tu traînes ici ? T’es Nécrophile ?

-C’est ça Xivi et toi tu te sens pas un peu con d’être obligé de m’accompagner partout ou je vais ? Comme un toutou !

-Belle réplique Alan ! Je vois que tu as eu un bon maître. Je me félicite de cette performance ! Mais la prochaine fois que tu dis un truc comme ça, c’est moi qui prends le contrôle de ton corps.

-Ok, c’est se qu’on verra !

C’était une sorte de jeu entre nous, un jeu de volonté et je dois avouer que ça pouvais mettre un peu de piment à mes nuits Dreamlandiennes. En revanche, seul Xivilius semblait pouvoir faire ça, je ne savais pas exactement pourquoi.

Adam arriva enfin. Je commençais d’ailleurs à me faire vraiment chier. Bizarrement, c’est quand il arriva que je vis à gauche en vision périphérique, un fantôme. Il se tenait debout, avait des cheveux longs qui lui recouvraient le visage et portait une très grosse épée dans son dos.

What th f…
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MessageSujet: Re: Des rêves de poussières... (Pv Clark and Stain) Mer 16 Jan 2013 - 17:08
Lyon.

Citée de renommée internationale propre au patrimoine français. Stratégiquement implantée (ou pas) dans le nord de la région Rhône-Alpes, elle accueille chaque année des millions de visiteurs grâce à son statut de pôle dynamique, ses festivals (notamment lors de la fête des Lumière, c’est pas trop mal à chaque fois), ses plats typiques et j’en passe.
C’est une ville pleine de vie, de musique, de lumière, de joie, de…

_Ziva ! Baisse les yeux quand j’te parle !

Racailles. Sûrement pas les pires au niveau national, mais de un à dix sur une échelle de la casse-couillitude, ils atteignaient haut la main et sans grands efforts les sept ou huit. Celui en face de moi (un parfait représentant de la catégorie des emmerdeurs) devait être le « boss » de sa petite bande (et donc le plus chiant). Casquette « posée » sur le crâne (une NY, sinon rien, ‘tention !), veste de survêtement Lacoste noire, survêtement Adidas (couleur bleu vomi) rentré sous les chaussettes et une paire de Nike (400€ DTC). Ah ! J’en oublierais presque la petite sacoche en cuir servant au transport des clopes et « autre chose ».
Intérieurement, je poussais un soupir d’exaspération profonde. Pourquoi ? Plusieurs raisons : la cuite d’hier soir dont je n’étais pas encore totalement remis (ainsi que tout ce qu’il s’y était passé), le temps dégueulasse qu’on se tapait depuis se matin, et pour finir, ça. Je l’aurais bien laissé déballer ses conneries tout en continuant mon chemin, mais je n’étais pas certains que ses quatre potes m’auraient laissé passer. Putain….tout ce dont j’avais envie était de rentrer chez moi, et plus il déballait ses conneries, plus j’avais mal au crâne. Si seulement il pouvait la fer…une minute. Ce con était quasiment à quinze centimètres de moi.

Mode chien fou ON


J’inclinais mon corps en arrière, avant de reporter toute ma force au niveau de ma tête, et de lui écraser mon front sur son visage.

_SHUT UP !

[……]

Give me the right to be heard, to be seen, to be loved, to be free to be
Everything I need, to be me, to be safe, to believe, in something
I have a right to be heard, to b…


_Allô ?

_Adam ? C’est Alan. Écoute, je suis avec Kerlian là, on va chez moi, et je voudrais que tu viennes aussi. Faut que je vous parle d’un truc important.

_Euh…tout de suite maintenant ? C’est que je suis un peu occupé là... Reviens espèce de fils de…

_Adam ?! C’est quoi ce merdier encore ?!

_Je t’expliquerai plus tard ! Mais si tu pouvais m’attendre en bas de chez toi d’ici dix-quinze minutes avec la porte grande ouverte ça m’arrangerait !

_Oh putain….

Je raccrochais. Il semblait ne pas avoir apprécié que je ramène les ennuis avec moi. Enfin…avec de la chance, j’arriverais peut-être à les semer avant. C’était pas gagné…


Plus d’un quart d’heure, quelques centaines de mètres, et un « métro-de-la-providence-sur-sur-le-point-de-partir » plus tard….

_Bon, c’est quoi le topo ? Parce qu’au final, je sais pas pourquoi j’ai du piquer le énième sprint de ma vie. Et si vous pouviez arrêter de vous foutre de ma gueule ça m’arrangerait !

Ça devait bien faire presque cinq minutes non stop qu’ils riaient à gorge déployée sur mon altercation. Finalement, après avoir séché ses larmes, Alan nous fit, à Kerl et à moi, un rapide topo sur ce qu’était Dreamland. Je dois avouer qu’au moment où il a fallut que l’on se raconte nos peurs, j’ai bien crût que la dépression nous guettait. Mais une fois nos petites « mésaventures cauchemardesques » avouées, l’intérêt concernant un monde onirique à explorer prit rapidement le dessus sur tout le reste.

_Donc, si je comprends bien, maintenant, quand on va dormir –enfin, surtout vous, moi c’est pas pour tout de suite-, on ne ferait plus de rêves ou de cauchemars mais on se baladera dans Dreamland avec des pouvoirs qui dépendront de notre peur.

_Pour faire simple, ouais.

_Ok. Bon bah…bonne nuit, moi je vais utiliser l’ordi, hein. Parce qu’au cas où vous l’auriez oublié, je risque pas de dormir avant la prochaine centaine d’heures. Donc, ce soir, se sera sans moi.

_C’est pourquoi j’ai mis des sédatifs dans ton verre.

Je bloquais un moment. Sédatifs ? Le goût infâme était donc expliqué. Mais la simple idée de m’être fait avoir aussi facilement engendrait une réaction de négation quasi absolue de mon cerveau.

_Vous faites chier…

_Tu me remercieras d’ici à peine une petite heure. En attendant, Kerl et moi, on va se pieuter. A tout à l’heure. Et oublie pas de penser à l’un de nous deux avant de t’endormir.

Je grommelais en m’installant de tout mon long sur le canapé. Une heure à attendre, seul, sans rien avoir à faire, c’était long et chiant.

[….]

_Fuck, je suis où là ?

La réponse était évidente : un cimetière. Le truc c’était que j’étais tout seul, et que les endroits lugubres, mis à part en jeu ou en film - voir en Rp Chtulhu -, je n’en raffolais pas tant que ça. Décidé à ne pas trop m’attarder ici, je me mis en route dans l’espoir de tomber sur Alan ou Kerl. En chemin, je me surpris à remarquer l’alignement flagrant de certaines stèles et à tenter de calculer (dans les limites du possible - et encore, le mot possible existait-il ici ?) la taille de cet endroit. Bizarrement, même si le lieu ne m’inspirait pas confiance, j’y trouvais une certaine tranquillité. Un sentiment assez paradoxal, mais plus l’endroit était sombre, moins je me sentais inquiet.
Finalement, après quelques minutes à errer, je tombais sur Alan. Il me fit un geste de la main avant de s’arrêter en plein mouvement, comme s’il venait de voir un fantôme. Je me tournais dans la dite direction. Grand, le visage masqué par ses cheveux (d’une couleur indescriptible), mais le détail qui me fit tiquer était l’épée qu’il avait dans le dos. « Le » fantôme. Avec un air de…non, interprétation rejeté.

_Euh…Alan ? On est censé faire quoi là ? Parce qu’y a pas beaucoup de choix qui s’offrent à nous…

Possibilité N°1 : il se jette sur nous et nous casse la gueule.
Possibilité N°2 : on se jette sur lui et on espère lui détruire la sienne.
Possibilité N°3 : courage, fuyons !
Possib..

_Ah ! Vous êtes là les gars !

Kerl venait enfin d’arriver, mais pas forcément au bon moment. Cependant, il se dirigea vers nous comme si de rien n’était et commença son éloge des lieux.

_Au fait, on attend quoi ?

Alan lui montra le fantôme du doigt, et celui-ci sembla soudainement se rendre compte de sa présence. J’écrasais ma main sur mon visage. Désespérant. Enfin, à trois contre un, s’il décidait de nous faire la peau, on avait déjà plus de chances. Essayons déjà l’approche diplomatique.

_Euh…Salut…C’est chez toi ici ? C’est…cool comme endroit. Sinon, tu ne saurais pas comment on sort d’ici ? Ce serait sympa de ta part et..

Il se mit à avancer. Lentement, mais droit vers nous.

_La voie est close.

_What ?

_Elle fut faite par les peaux mortes, et les peaux mortes la gardent. Elles ne tolèrent pas que les peaux vivantes passent.

Okay. Dans le trip Seigneur des Anneaux, j’avais vu mieux, mais du coup, il semblerait que nous n’étions pas les bienvenus. Bon. Je fis signe de tête à Alan et à Kerl, qui se préparèrent à se défendre, voir à fuir si la situation l’exigeait. Alan nous avait vite fait parlé de ses pouvoirs, et je comptais plus là-dessus pour nous en sortir, étant donné que Kerl et moi n’avions pour le moment aucune idée des nôtres. Cependant, tant que le « fantôme », s’il en était bien un, n’attaquait pas, il n’y avait aucun moyen de se faire une idée de ses capacités, et donc, d’établir une stratégie réellement efficace. Une chose était sûre : s’il avait une épée, c’est qu’il allait s’en servir.

Ce n’était pas forcément dans mes habitudes, mais je décidais d’agir en premier. Raison ? Malgré le stress, l’excitation restait dominante. Qui savait ce qu’il allait se passer ? Dans un premier, tenter de déstabiliser avec un coup sous le menton ou à la tempe. Mon poing partit de manière ascendante en direction de sa mâchoire. Et pouf. Il se volatilisa. Enfin, la phrase correcte serait plutôt « il se brumisa ». C’était…inattendu. D’autant qu’il réapparut peu après. Je reculais brusquement pour me mettre hors de portée. Intangible hein ? Quelque chose me disait que ça n’allait pas être de la tarte.
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MessageSujet: Re: Des rêves de poussières... (Pv Clark and Stain) Jeu 17 Jan 2013 - 23:04
-Ouais, je m'en rappelle. T'étais passé pour un fou au début, mais tu sais quoi? Je pense qu'on va faire un rêve cool ce soir!

En articulant ces mots, je lui souris de toutes mes lèvres. Les plis de son visage, ces fragments de peau dont les bords se font plus épais, se tordirent sous le coup de la surprise. Il avait compris, étouffa un léger balbutiement avant d’armer son portable à son oreille et de joindre Adam. Autour de nous, le silence des morts me permit d’entendre sa voix, souffle court, haletante, avec en arrière-fond musical, les cris énervés de ses poursuivants. Je ne savais pas si Alan avait mis le haut-parleur ou non. Mais la scène qui se jouait de l’autre côté de la ligne téléphonique résonnait dans le transmetteur de l’appareil, entrecoupée par quelques grésillements parasites. Bruyante et réelle, une situation critique pour notre ami qui, pour ma part, ne m’inquiéta point outre mesure.

Nous nous apprêtâmes à partir lorsque j’adressai un dernier regard, un dernier soupir à la tombe de ma sœur, déserte comme au moins le néant est impossible à sonder. Puis nous sortîmes du cimetière, ses portes se refermèrent dans un claquement d’acier bavard qui ne fut pas sans m’évoquer les crachotements électroniques ourdis quelques instants plus tôt dans le Sony Ericsson d’Alan. D’ailleurs, à ses dires, il était primordial d’investir dans des somnifères ou dans quoique ce soit s’y rapportant. Il fallait que l’insomniaque dorme, dusse t-il ployer sous les dommages contre-nature de notre chimie de tous les jours. Il le fallait absolument, répéta t-il une dernière fois, un début de pommette creusant sa joue gauche. C’était à son tour de sourire et dans les lignes arquées de ses lèvres, je lus, comme si nous partageâmes à ce moment précis une seule et même pensée, que nos rêves prochains seraient désormais à l’instar de nos vies.
Liés.

Nous fîmes un détour, empruntant la ruelle marchande, bardée de part et d’autres par les habituels commerces. Tout au bout de l’artère principale, la mairie et derrière ce grand bâtiment orné de l’historique Marianne et du drapeau tricolore tanguant, docile, sous la brise timide, une église chrétienne, davantage un spectacle d’architecture qu'un monument de foi, où devant, nous avions fait à plusieurs reprises ces soirées feux qui caractérisent une part de notre originalité commune. Des heures toutes entières à jongler avec nos accessoires embrasés, nunchaku, bâton, bolas, à illuminer les arcs de la religieuse bâtisse d’ombres toujours différentes.
Prise entre le bureau de tabac et une boulangerie, une pharmacie de laquelle s’échappait une lumière d’hôpital, les grillages de l’établissement déjà à moitié abaissées. Le néon taillé en croix brûlait de son éclat vert-émeraude, aménagé en haut des portes coulissantes et vitrées, indiquait que le magasin fermait boutique dans cinq minutes. Alan alla acheter ce dont il avait besoin. Je franchis le seuil d’à côté, me procurant de quoi satisfaire mon addiction grandissante. Nous nous retrouvâmes dehors peu après.

-Eh mec, t'en veux une?

Je fourrai la fin de mon billet de dix dans la poche de mon blouson puis ouvris mon paquet. Avec grand soin, j'en mis une à ma bouche... D'un air désesépéré, il me regarda avant de baisser les yeux jusqu'à ma main. Il rigola, avant de se saisir de la chouquette que je lui tendais.


Chez Alan, modeste logis où sur la table basse du salon apparurent très vite crackers, jus de fruits et autres substances alimentaires propice à l’attente. Le maître de maison s’occupa des verres, celui de l’absent posé bien en évidence, innocent. On toqua, j’allai ouvrir. Le pauvre poursuivi, sous mes rires criards, se déchaussa de ses imposantes rangers. Il transpirait à chaudes gouttes, le pauvre bougre, à qui je m’empressai d’offrir un rafraichissement empoisonné. Au moins, il n’aura ni soif ni sommeil cette nuit.
Alan revenait de la salle de bain. Il était allé ranger les sédatifs et s’asseyait sur le canapé, noble seigneur, nous invita à en faire de même et prendre confort sur les autres.

Les explications furent larmoyantes mais succinctes, efficaces. Comme j’avais sans cesse ressassé cette fameuse nuit tout au long de ce jour sans saveur, soleil gris sur ciel d’hiver, les mots me vinrent fluides et élégants, décrivirent mon combat d’une langue facile d’accès et étonnamment précise compte-tenu des circonstances. Alan prit la parole quand nous eûmes finis de narrer nos histoires respectives, nous fit un résumé somme toute assez sommaire de Dreamland. Il en savait un peu plus que nous, il serait notre guide au moins pour cette nuit. Il savait ses pouvoirs, créations oniriques auxquels les strates hétéroclites de sa personnalité donnaient forces et contenus. Ymir et Xivilius, deux noms qui n’existaient pas seulement de l’autre côté du rêve.

Je réfléchis un moment, taciturne, m'interrogeant sur quel serait mon pouvoir à moi, quelle en serait la limite, quel en serait son danger. Souvenir, oubli, mémoire... Peut-être serais-je en mesure de me rappeler de quoique ce soit, d'influer sur le passé virtuel de mon adversaire pour altérer son présent ou bien encore de corrompre ses sentiments et son cœur, furent-ils les plus pervers qu'on n’ait jamais ressenti et possédé. Interdit, me tracassa l'idée de ne pouvoir être rien de plus qu'un simple refuge encyclopédique aux yeux de mes deux amis, un acolyte plutôt qu'un frère d'armes. Mais l'entrain d'Alan conjugué à l'excitation croissante d'Adam firent tombeau ouvert à ces quelques inquiétudes, tombeau qui se referma, emprisonnant mes doutes stupides lorsque que mes yeux moururent sous mes paupières.

Ma dernière pensée fut pour ma sœur, prononçant le nom d'Alan dans sa petite bouche à la dentition encore clairsemée. Et ma conscience s'ouvrit sur un pan de tombe arrachée, à la croix sépulcrale à moitié rongée. L'intérieur du caveau était à découvert et il y flottait des ombres mouvantes, s'agitant dans les proches profondeurs de l'édifice mortuaire. J'étais à genoux, penché sur ces ténèbres muets. La tombe n'appartenait à personne, en témoignait l'absence d'écrit sur sa surface anthracite, vernie de poussières qui scintillaient, légères, dans le paysage de nuit. Je me relevais pour constater mes habits. Un long manteau noir qui laissait la nudité de mon torse à l'air libre, un pantalon, noir lui aussi, pieds nus. Etrange accoutrement que je présupposais pouvoir passer inaperçu dans un univers comme celui-ci. Alan aurait pu nous prévenir que nos habits se transformaient à chaque temps dreamlandéens. Mais bon, ce n’était après tout qu’un détail parmi tant d’autres. Je scrutai l’horizon d’un œil photographique, alerte. D'autres morceaux de roches taillés en tombes plongeaient dans le sol granuleux de l'endroit où je me trouvais, leurs courbes ovoïdales et rectangulaires déformés par une brume violette-sombre. Il n'y avait aucun bruit, pas la moindre trace de mes collègues. L’endroit semblait escarpé, en relief, comme si des marches d’escalier étaient dissimulées sous la terre. Minuscules anfractuosités qui me forçaient à lever la jambe pour parfois, la reposer dans un vide surprenant, pas plus haut qu’un rebord de trottoir. Je marchai quelques minutes durant, seul, avec la désagréable sensation de tromper la confiance de ma sœur en foulant un cimetière où elle ne se trouvait pas. Enfin, me direz-vous, cela ne changeait pas de d’habitude.

Finalement, j’entendis un bruit chasser le calme secret de ces lieux interdits. Alan, parlant à l’un de ses fidèles. J'accourus les rejoindre, ravi de les retrouver eux et leur discrétion légendaire. Je me faufilai entre les stèles, senti la froide caresse de quelques brins d'herbes éparses venus se ficher entre mes orteils. Ils étaient là, trois gaillards moins discrets que la fin du monde. Enfin, trois si on traitait Ymir ou Xivilius, je ne savais lequel se dressait parmi nous, et Alan comme des personnes à part entières, dissociées.

-Ah ! Vous êtes là les gars ! ‘Fait plutôt sombre dans le coin. On dirait limite un décor à la Tim Burton ce cimetière…
Au fait, on attend quoi ?


Alan tendit son doigt, pointant quelque chose qui devait se trouver derrière Adam. Une ombre volumineuse, aux traits effacés, qui s'étirait haute comme deux hommes dans le dos de notre ami. Sans bruit, sans voix. Elle flottait sans attaches lorsque mes jambes me semblaient deux enclumes, incapable de bouger. Un vague frisson passa dans mon dos...
Peut-être était-ce une autre de ces créatures.
Une pensée qui à l'époque, ne m'effleura aucunement.

L’approche diplomatique échoua et le semblant de combat qu’ils amorcèrent se conclut par la fuite de la chape ténébreuse, noir fantôme qui se fondit dans l’air ambiant. Je jetai un coup d’œil vers Alan. L’expression peu rassurée qu’il affichait me fit comprendre qu’il n’avait point eus à faire à ce genre d’énergumène dans le passé, peut-être même qu’il ‘avait jamais visité cet endroit auparavant. Ah cet Adam… Il avait vraiment un don pour se foutre dans la merde. C’était peut-être finalement ça son pouvoir à lui. Et il était au sommet de son art, le pauvre…

Car la chape ombrageuse réapparut non loin de lui, épée en main, quelques volutes noires glissant tout autour de sa structure gazeuse, effilée. Elle frappa d’un coup sec, Adam fut plus rapide. Volatilisée à nouveau et devant moi, j’esquivai à mon tour. Les tissus filandreux qui pendaient à son sabre, faits d’une matière spectrale mais tangible, me fouettèrent le dos. Ce n’était pas un vrai fantôme, parce que les vrais on ne les voit pas, mais ça faisait mal quand même. Surtout que dans la précipitation, je m’étais éclaté l’orteil droit sur un morceau de tombe aux proportions disgracieuses, tassée comme une clope mal roulée, aux angles aussi convexes que notre Maïté nationale déguisée en Catwoman. Douloureuse souffrance qui me soutira un gémissement rauque, caverneux ; je n’avais jamais imaginé rien de pire qu’une Maïté un jour de mardi gras… Le spectre, ou celui qui faisait tout pour qu’on le croit ainsi, arma une nouvelle attaque. J’oubliai ma meurtrissure, qui revêtait la forme d’un bleu agressif se louvoyant d’un bord à l’autre de mon doigt de pied proéminent, et me jetai en arrière. J’aurai pensé me relever boitillant, le dos brisé, mais non. Rien. La douleur semblait comme éteinte, que cela concerne ma colonne vertébrale ou mon pied, plus rien. Pourtant, l’hématome couleur ciel était là. Non, c’était comme si… comme si j’avais oublié que la douleur existait.
Magique.

Mais la créature, elle, ne m’avait pas oublié et si j’en avais marre de la fuir, je n’étais pas non plus en mesure de la vaincre.

Alan ?
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MessageSujet: Re: Des rêves de poussières... (Pv Clark and Stain) Lun 20 Mai 2013 - 1:04
[HRP: > Ambiance <]

L'atmosphère qui régnait en ce lieu était pesante. Nous étions sans doute tous trois en train de réfléchir aux différentes éventualités qui s'offraient à nous. La fuite me paraissait être l'idée la plus sage mais ce n'était pas dans mes habitudes. A ma grande surprise Adam engagea la conversation et la réponse de l'être était sans appel, il avait envie qu'on dégage. Ce qui en fait était une pas si mauv... Et puis merde, on est à Dreamland !

"Exact, on va le fumer !" Je ne pus m'empêcher de rire à la blague de Xivilius qui était pour une fois, plutôt drôle et bien placée. Encore fallait-il avoir mon humour... Ouais ok, je rigole toujours pour rien comme un débile, c'est comme ça !

Ce doit être le raisonnement qui passa par la tête d'Adam à ce moment là car il se jeta sur "la créature", le fantôme ou... Putain et si... Volatilisé, l'uppercut n'explosa jamais le menton du mastodonte. Il avait esquivé en se dématérialisant en une brume spectrale, sauf qu'il rendait les coups et quelque chose me disait que ceux-là, ils allaient piquer un peu plus que de la fumée.
Il attaqua Adam qui esquivait habilement, seulement je remarquais qu'au passage, les lanières qui pendaient des ses vêtements et surtout, qui étaient attachées à son énorme épée n'étaient pas intangible. Elles avaient touché Kerlian. Ce dernier avait d'ailleurs dut pirouetter pour échapper à la mort. Il tourna la tête vers moi, il devait penser un truc du genre "C'est toi le vétéran, t'as pas une idée ?". Bordel, si il se matérialisait juste pour attaquer et se dématérialisait pour défendre ça allait être complexe.
Ou pas. Un plan simple mais ayant ses chances de réussir se matérialisait dans mon esprit. Mais pour ça, j'allais avoir besoin d'aide. Pas de l'aide de mes partenaires, c'était tout de même risqué et ils ne connaissaient pas encore leurs pouvoirs.

"En revanche moi, t'aimerai bien que je lui refasse le portrait. En duo, à l'ancienne ?

-Tout à fait !"

J'approchais du bonhomme en restant attentif au moindre mouvement. Une fois à portée d'épée, il suffisait de tenter le plan.

"Xivilius."

Il se matérialisa dans le dos de mon ennemis -sans qu'il s'en aperçoive- qui déjà était sur le point de me taillader joyeusement, seulement, j'avais déjà eu affaire à plus rapide. J'étais prêt. Au moment précis ou j'esquivais le coup d'épée, Xivi sautait et lui balançait un violent double kick dans la nuque. Et le coup porta. Seulement j'avais déjà prévu cette éventualité et m'étais préparé à l'enchainer. Le coup de pieds de Xivi avait propulsé ce que je supposais être un voyageur morpheur dans ma direction. Je l'accueillais donc avec toute la sympathie de la maison, un bon direct du droit parfaitement encastré dans sa face.
Niveau contre, j'avais rarement fait mieux, il devait l'avoir senti passer. Il fut propulsé sur quelques mètres et s'écrasa lourdement sur le sol.

"Maintenant tu vas rester à terre, enculé !"

Je souriais et me tournais vers Kerlian et Adam.

"Les gars, je vous présente Xivi, Xivi, voici Kerlian et Adam.

-Je m'en branle.

-Vous inquiétez pas, il est toujours comme ça, ça veut sans doute dire qu'il vous aime bien.

-Nan ça veut juste dire que je m'en branle. Un débile et une tantouze, tu veux en plus que je sois honoré ? Nan c'est bon je blague les gars ! Vous avez l'air cool, surtout toi le débile, j'ai aimé la façon dont t'es rentré dans l'tas là-bas." Dit-il en montrant notre ennemis du doigt.

Monsieur grosse épée était en train de se relever, et il avait presque finis. Et le voyant empoigner son épée, je me dis que cette fois, il valait mieux fuir plutôt que se faire chier. Je le voyais mal courir à la Usain Bolt pour nous rattraper. Quoique en mode brume... On allait vite en avoir le cœur net.

-On s'arrache les mecs !

Je m'élançais dans la direction opposée à notre amis le spectre et comptais bien le semer pour se trouver un coin tranquille. Mon cœur battait à tout rompre, j'étais partis en sprint total, comme un dératé. Je tournais la tête brièvement et voyais qu'ils avaient réussis à me suivre. L'autre était loin mais il semblait déterminé. Je tournais à l'angle d'un mausolée et eu la brillante idée d'entrer dedans. Brillante je sais pas en fait... Je les faisais entrer eu aussi et refermais la porte. Heureusement que la porte était ouverte. J'avançais à tâtons. Je vis cependant une faible lueur un peu plus loin, elle semblait provenir d'une tombe. Il y avait une fine interstice en dessous du couvercle d'où émanait une très légère raie de lumière orangée.

"Les gars, aidez moi à pousser."

A quatre on fit bouger la pierre sans trop de difficultés et on s'engouffra dans le passage sans se poser plus de questions. Je révoquais Xivilius, l'étroitesse du passage et sa discrétion légendaire m'y forçaient. On était dans un escalier en pierre qui descendait droit dans les profondeurs, il était éclairé de temps à autres mais la plus part de temps on marchait à l'aveuglette ou presque. Plus on avançais, plus j'avais l'impression qu'on s'enfonçaient dans la merde. Mais comme on en connaissaient pas encore la saveur alors... autant continuer.
J'avais toujours été attiré par les endroits sombres et mystérieux, pleins de... mystères...

"Comme mon c...

-OK ! Ma phrase était à chier je recommence. En fait non. Je recommence pas, je t'emmerde.

-Comme... mon... c...

-Nan je t'arrête tout de suite tu vas pas dire ça à chaque fois que je pense à un truc ok !

-Ok Alan, c'est toi la patron" Dit-il d'un ton ironique à souhait.

Nous atteignions le bas de l'escalier. Je me demandais à quelle profondeur nous étions. Une vingtaine de mètres à tout péter. Un long couloir assez large et haut pour que l'on marche tous trois redressés. Je prenais la tête du groupe et avançais prudemment. Je sentais monter en moi une certaine tension. Pourquoi creuser des galeries souterraines sous un cimetière ? J'avais beau y réfléchir je ne comprenais pas le but. En revanche il était clair qu'un plan crapuleux se préparait. Pas besoin d'être Sherlock Holmes pour s'en douter. Nous arrivions au niveau des embranchements, je prenais un chemin au hasard, ne sachant absolument pas vers où me diriger. Il y avait de petites salles vides de part et d'autre du couloir. Elles n'étaient pas munis de portes mais l'obscurité empêchait de distinguer réellement si elles étaient entièrement vides. Je décidais donc d'entrer pour m'en rendre compte. Je prenais au passage une torche accrochée au mur pour savoir enfin à quoi servait ces pièces vides. Je sentais comme une odeur désagréable qui augmentait en entrant. Au milieu de la pièce, une énorme masse de terre, je ne comprenais pas vraiment ce qu'elle faisait là. Il y avait une forme humaine au fond, allongée. L'odeur m'indiquait clairement que le dit monsieur n'était pas entrain de dormir. J'eux un haut-le-cœur en voyant le cadavre rongé par les verres.

"Putain même à Dreamland il y a des macchabés !"

Tandis que Kerlian et Adam regardaient le mort, je me demandais ce que ce tas de terre pouvait foutre là. Evidemment, vu l'endroit il ne pouvait venir que...

"En haut ! Regardez, il y a un trou ici au dessus du tas de terre. Ils déterrent les cadavres par en dessous ! Je comprends rien à ce qu'il se passe ici..."

Je sortais de la pièce en regardant d'abord prudemment des deux cotés quand je vis une silhouette massive, monstrueuse, marcher seule dans le couloir en tirant un cadavre par le pieds. Il se tenait le dos vouté et je ne distinguait que peu les détails de son apparence. En revanche, j'entendais bel et bien sa respiration bruyante, régulière, s'il me voyait ça risquait de mal se finir. Mon cœur battait fort, on avait beau être à dreamland, j'avais entendue parler du fait qu'en mourant on redeviendrait des rêveurs, il n'en était pas question. Je rentrais dans la pièce et me disait que s'il trainait un cadavre, il risquait peut être de passer par là. Je décidais d'agir. J'ouvrais la bouche et parlais à voix basse.

"Les gars, y a un type là-bas qui risque de nous rendre visite. Il a pas l'air commode alors mieux vaut la jouer fine. Transportez le corps devant ce tas de terre, face à l'entrée. Il est là pour les transporter. Nous on va se cacher derrière le tas de terre."

Ils prirent le cadavre en grommelant puis le déplacèrent. J'éteignis la torche en l'enfonçant dans la grosse motte qui nous servait d'abris et on se mis en place. Les battement de mon cœur avaient encore accéléré. Je me sentais nauséeux, il était difficile de garder son calme dans une situation comme celle-là. Putain, qu'est ce qu'on fout là ?!

Les respirations se rapprochent, la chose avance à pas lourds, je me crispe. Il s'arrête. Comment tout cela se finira-t-il ?
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MessageSujet: Re: Des rêves de poussières... (Pv Clark and Stain) Lun 17 Juin 2013 - 20:13
Bonjour et bienvenu dans notre nouveau jeu : Les Bras Cassés contre les Monstres Du Cimetière.

Dans ma tête, ça sonnait bien, et correspondait de manière assez frappante avec la situation. Je ne sais pas si un pic de ce genre aurait été bien vu à haute voix, mais ça m’avait légèrement détendu de savoir que je pouvais faire de l’ironie en ce moment même. Heureusement pour nous qu’Alan avait déjà légèrement roulé sa bosse à Dreamland, ça nous avait évité de finir en tartare pour Spectre/ Zombie / Fantôme / insérez le monstre de votre choix. L’apparition de Xivilius fût concise mais tout autant efficace, et vu comment il nous prenait de haut, son ego devait être assez impressionnant.

_Nan ça veut juste dire que je m'en branle. Un débile et une tantouze, tu veux en plus que je sois honoré ? Nan c'est bon je blague les gars ! Vous avez l'air cool, surtout toi le débile, j'ai aimé la façon dont t'es rentré dans l'tas là-bas.

« Légèrement » blessé dans mon orgueil, je répondais à sa provocation par un doigt d’honneur franc et plein de mépris.

Dreamland était vraiment un endroit étrange et plein de surprise, et je venais tout juste de le découvrir. Ici, les possibilités devenaient infinies, détruisant la logique et la raison tout en laissant place à une étrange excitation qui m’emplissait petit à petit. Je fus tiré de mes pensés par Alan qui suggéra un repli stratégique en bonne forme alors que Mr.Fantôme se relevait tranquillement. Pendant notre fuite, aussi courte fut-elle, je me mis à me demander quel pourrait bien être les pouvoirs que m’avait conféré ma peur. Selon Alan, lors de ses rapides descriptions, les possibilités étaient égales au nombre de voyageur à Dreamland, ce qui voulait dire que cela pouvait bien être n’importe quoi. Je me revoyais absorber les Ténèbres qui m’entouraient. Ce serait ça ? Un psy freudien aurait sûrement trouvé une explication sexuelle derrière cette expérience.

Cette fois-ci, c’est Xivi qui me tira de mes pensés en m’attrapant par la capuche de mon…de mon quoi d’ailleurs ? Il est vrai que je n’avais même pas prêté attention à mes vêtements depuis que j‘étais là, et en même temps, qui l’aurait fait ?
Mon accoutrement ressemblait beaucoup à ce que j'aurais put porter dans la vrai vie : T-shit gris foncé sans manches à capuche, un pseudo sarouel noir bariolé de fines lignes rouges, des rangers plaquées et des mitaines en cuir. Pas forcément le genre d'équipement adapté à la situation mais il faudrait bien faire avec. Et j'avais un problème plus important sur les bras.
L'obscurité, omniprésente, vicieuse et insidieuse du tombeau dans lequel nous nous retrouvions. Si Xivi ne m'y avait pas tiré de force et si ce n'était pas pour survivre, j'aurais fuis ce lieu sans me poser plus de question. Mais mes chances de survie aurait alors baissé d'au moins 90%.

_Les gars, aidez moi à pousser.

Je n'avais rien contre les tombes, ni contre les morts où les macchabées, cependant, m'enfoncer encore plus profondément loin de la lumière ne m'inspirait rien de bon. Ma santé mentale dégradait au fur et à mesure que nous descendions les marches révélées par la sépulture, mais c'est une fois en bas que j'ai compris que l'horreur ne faisait que commencer. Pour moi, comme pour Alan et Kerl.
Le mythe du dédale est de renommé mondiale, et je n'avais pas peur de m'aventurer dans un labyrinthe, si encore il n'était pas plongé dans le noir. Le cadavre sur lequel était tombé Alan ne fit qu'empirer mon malaise. La compréhension d'un trafic de corps souterrain me rappelait trop de livre pour que je reste calme. Et Alan la vit. Maintenant, nous voilà caché derrière un tas de terre , dans l'obscurité, attendant qu'une créatures se décide à emporter un cadavre ou à nous attaquer.
Je transpirais à grosses gouttes, cherchant à rester le plus calme possible alors que la folie s'emparait de plus en plus de moi. La respirations rauque de la créature, de plus en plus proche, ne faisait qu'accentuer cela. Il fallait que je sorte d'ici, Il fallait que je sorte d'ici, Il fallait q...

Je vis une main monstrueuse se poser juste au-dessus de nous, difforme, hypertrophiée. Je plaquais mes mains contre ma bouche pour réduire encore plus le bruit de ma respiration, tandis que celle du monstre devenait insoutenable. Il renifla l'air avec force, tel un chien de chasse cherchant le gibier de son maître. Et c'est à ce moment là que j'ai craqué.

_Je sens ta peur....

Ne pouvant plus en supporter d'avantage, je me mis à courir loin de lui, cherchant à échapper à ce lieu mortifère et cet être immonde. Et il me suivit. La peur me rongeait, peste virulente détruisant ma raison et me menant toujours profondément loin de la sortie. Je pouvais l'entendre me suivre....et se rapprocher de moi. Je ne savais où aller, n'ayant plus aucun repère. Je ne l'entendais plus, aussi jetais-je un coup d’œil paniqué derrière moi. L'avais-je semé ? Un coup dans le ventre me persuada du contraire. Le choc me fit décoller du sol et m'envoya valser un peu plus loin. Je me tenais le ventre de douleur, le souffle coupé, mais néanmoins rassuré de n'avoir aucun os brisé. Je ne m'attendais pas à ce que la souffrance soit si réelle, si...intense. Je peinais à me relever, m'écroulant chaque fois que je décollais légèrement du sol. Et Il se rapprochait, me laissant mieux discerner les détails de son anatomie monstrueuse. Le teint verdâtre de sa peau n'avait rien de naturelle, de même que la bosse dans son dos, qui ramenait sa tête en avant au niveau de ses épaules. Ses vêtement, rapiécés, déchirés en de nombreux endroits, laissaient entre apercevoir d'horrible cicatrices et veines saillantes. Et sous sa capuche, je ne distinguais que deux topazes où brillait une lueur malsaine.
Comprenant que je ne pourrais me relever, je me mis à ramper, tel un serpent, dans une pitoyable tentative de fuite, désespérée, et futile.

Finalement, je sentis son étreinte se resserrer sur mon bras gauche, et je fus inexorablement soulevé du sol. Je me retrouvais si proche de lui que je pouvais sentir son haleine infecte. Pour tenter de sauver ma vie, je le frappais au visage avec mon bras libre. Il ne sourcilla même pas. Je me remis alors à frapper, de plus en plus fort. Je le sentais : j'allais mourir. Et après, il irait s'en prendre à Alan et Kerl. Tout ça, à cause de moi. Instantanément, les images de mon dernier cauchemar me revinrent en mémoire. La situation était sensiblement la même. Ils allaient mourir à cause de moi, à cause de ma faiblesse. Cela...je ne pouvais l'accepter.

Alors accepte les Ténèbres.
Cette voix, encore. Elle réveillait en moi cette soif inextinguible, la seule solution que mon âme avait trouvé pour palier au vide qui s'était formé en moi. Une soif dévorante, qui se remit à me ronger les entrailles.
_Je ne....
Quelque chose se paissait en moi. Je sentais que je changeais, résolu à ce que rien n'arrive aux autres à cause de mon incompétence. Je voulais la force de détruire mes ennemies d'un seul coup. Le pouvoir de faire trembler la terre par la force de mes poings. Le pouvoir...
_Je ne...
En un ultime coup, mon bras partit en arrière, chargé de toute ma force et de ma détermination. Mais il y avait autre chose. 
_JE NE TE LAISSAIRAIS PAS LES TOUCHER !
Le coup partit, puissant, chargé d'une énergie nouvelle, une énergie qui me changerait, pour le meilleur comme pour le pire. 
Je pense qu'il ne devait pas s'attendre à cela, mais moi non plus d'ailleurs. En lieu et place d'un bras de chaire, c'est une masse sombre qui vint le percuter en plein visage. Sous la surprise et la force du coup, il me lâchât et tituba, mais je ne lui laissait pas le temps de se remettre. Mes coups étaient plus lent désormais, mais leur force compensait ce handicape. Le changement de situation devait l'avoir déstabilisé, car il peinait à reprendre le contrôle de la situation, et c'était désormais lui qui reculait, ce qui me paraissait étrange. Son gabarie aurait dû lui permettre d'encaisser mes coups plus aisément, et même de riposter. Au lieu de cela, je prenais clairement l'avantage au fur et à mesure. Un autre détail m'intriguait : plus le combat durait, et plus il semblait rapetisser. C'est alors que me revinrent en mémoire les explications d'Alan.

« _Il y a plusieurs types de voyageurs : ceux qui peuvent invoquer des entités, comme moi, les invocateurs. Ceux qui arrivent à extérioriser leur pouvoirs, qu'on appelle contrôleurs. Il y a aussi ceux qui n'ont aucun pouvoir, mais qui possèdent des artefacts pour palier à ça, les manieurs. Et enfin, ceux qui arrivent à modifier leur corps afin de devenir plus puissant, les morpheurs. »
Je ne me basais que sur une supposition, mais si j'avais raison, alors cela voulait dire qu'il ne pouvait maintenir cette forme indéfiniment. Intéressant...le vainqueur sera donc le plus endurant. Ou pas. Dans tout les cas, ça ne restait qu'une supposition, et seul, mes chances n'étaient pas énormes.
Je me mis alors à changer de tactique : plutôt que de le frapper bêtement, j'allais le laisser s'épuiser. Je modifiais l'appui de mes jambes, abaissait mon centre de gravité et ramenais mes poings au niveau de mon visage. C'était quitte ou double, et si Alan et Kerl ne se pointaient pas rapidement, ça pourrait très, très mal tourner. Une situation banale en somme. Je souriais.

Fallait croire que ma poisse était aussi légendaire dans le monde des rêves.
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MessageSujet: Re: Des rêves de poussières... (Pv Clark and Stain) Mar 25 Juin 2013 - 15:52
Dans les ténèbres alentours ne se dressaient pas la moindre lumière. Nous étions loin de l'entrée et dehors, la nuit. Nous attendions patients sous les tombes du cimetière alors que tout doucement se rapprochait le bruit...

De tout ce qui venait de se passer, je n'avais point oublié la moindre chose. Tout ce que j'avais vu, touché, ressenti était gravé en moi, fragments de mémoire à qui il ne fallait qu'une simple pensée pour remonter à la surface. Je me souvenais du chemin que nous avions pris pour en arriver jusque là. Je me souvenais de la créature comme si j'en étais le créateur. Me rappelais son étrange manière de se déplacer une fois réduit à l'état de brume. Je me rappelais de sa large carrure et de sa taille toute aussi imposante qui devait l'obliger, je pense, à se baisser pour progresser dans le souterrain. Encore aujourd'hui, je me souviens de son souffle rauque, bruit insoutenable qui rampait vers nous, trainant les pieds, remuant sable et poussière sur sa route.

Sous l'indicible pression, l'un d'entre nous flancha.

Sans mot dire, Adam se précipita jusqu'à la sortie, la peur inspiration maîtresse de ce geste fou. Il disparut dans les ténèbres du couloir et il nous fallut, à Alan et moi-même, quelques longues secondes pour réagir. Pour comprendre que notre compagnon avait fui l'obscurité pour la pénombre, un monstre d'on ne sait quelle nature à sa poursuite. Je dépassai la motte de terre qui nous servait alors de cachette. Mon cœur battait à tout rompre, et mon souffle crevait l'asphyxie. J'étais en sueur, mes jambes paraissaient légères et lourdes à la fois. Néanmoins sortant de la pièce, j'eus le savant réflexe d'attraper de quoi me battre, os de bonne longueur déniché dans la dépouille que nous déplacions l'instant d'avant jusqu'au seuil de la salle. Nous avançâmes, guidés par les cris de notre collègue et ami. Une torche qui brulait dans l'embranchement d'en face éclaira le regard que j'échangeai avec Alan. Il nous fallait agir, et vite.
Avant qu'il ne soit trop tard.

A cette pensée je donnai suite et action, m'élançant, bravant les ombres de mon chemin. Foulée après foulée, où tout ne devint que ténèbres, ombre percé par une fine lumière couleur ambre venu du corridor derrière nous et qui mourrait en lame fragile sur le dos inhumain de la créature. En effet, même dans la semi-pénombre je distinguai les formes impossibles tracées dans le relief de sa musculature. Des côtes, des omoplates, des vertèbres mal positionnés, et de tailles irrégulières ; une métamorphose mal contrôlée pensai-je alors.

Précis et vif, à bout portant je le plantai du morceau d'os. Quelques miettes de sa froide carcasse s'éclaboussèrent çà et là. Mon arme, apparemment vestige de fémur à demi-encastré entre ses chairs véreuses, une épaisse gerbe de sang en recouvrait la majeure partie. Mes mains, jusqu'aux avant-bras connurent pareil sort.

"Dégage de là !!!

La voix vibra, vrombit depuis le début du couloir. C'était celle d'Alan. Je me plaquai comme je le pus contre le mur à ma droite. Dans l'obscurité partielle, je crus discerner le stapsien prendre son élan puis son envol, fiché un coup de pied agressif dans le débris osseux qui avait déjà ouvert l'anatomie de notre opposant. Celui-ci poussa un hurlement guttural, où colère et douleur se mêlèrent en une affreuse mélodie. La créature s'agitant perdit bientôt l'équilibre, et je criai à Adam de repasser de notre côté avant qu'elle ne lui tombe dessus. Ce qu'il fit maladroitement, manquant de me faire tomber au passage tandis que j'aidai, tout aussi gauche, Alan à se relever de sa dangereuse cabriole. Nous nous écartâmes du géant, et nous regrettâmes tout aussi tôt ce choix. Car dans sa chute, les bras de la créature s'accrochèrent aux quelques établis fixés aux plafonds, charpente pour le moins rustique composée de poutres en bois qui hélas, ne purent résister à son dernier souffle de vie.

Tout s'effondra, un bruit monumental et nous fûmes couverts de sable, de poussières, de sang. Et il nous fallait désormais trouver une nouvelle sortie.


Perdu entre les miasmes de l'éboulis, dépassait une jambe. Une jambe humaine qui nous fit comprendre à tous qu'il ne s'agissait là que d'un simple morpheur. Un être humain à qui nous avions volé le droit de rêver et qui venait de se réveiller vaincu, seul dans son lit, dans un autre monde. Quelques secondes passèrent durant lesquelles nous partageâmes peut-être cette réflexion commune. Puis nous courûmes, retournant sur nos pas, derrière la motte de terre. Tous les trois étions restés ainsi, paralysés, à l'affût du moindre bruit qui viendrait en notre direction. Bruit qui ne survint jamais dans cet horrible quart d'heure d'attente et d'intense paranoïa.

Et si personne n'est venu, c'est que personne n'a entendu.
Ou bien c'est un piège, pareil vacarme est impossible à ne pas entendre!
Ou bien il n'y a personne d'autre, le morpheur à l'air trop couard pour être chef, seul et seul responsable de cette si malsaine entreprise.
Ou encore, ses partenaires ailleurs pour l'instant, à la surface par exemple, ne vont pas tarder à venir et à engager confrontation sur leur terrain à eux, un désavantage de plus à notre actif si jamais si.

Voilà ce qui se raconta pendant l'attente. Simples murmures moins fort dans l'air qu'une ombre marchant dans la nuit. La décision fut prise et moi, Kerlian Kreuss'Shadonir, m'engouffra le premier vers les profondeurs inconnus de ce lieu énigmatique.
L'embranchement d'en face.

A contrecœur, nous laissâmes dans notre sillage une torche à l'éclat rassurant. Nous nous voulions discrets, invisibles. Nos souffles respiraient moins forts, nos pas légers et précis et nos mains cherchant la matière à travers les ténèbres, nous avancions, préparés. Parfois je rencontrais un mur, ses reliefs anguleux, décharnés. Je longeais celui-ci jusqu'à me remettre correctement dans l'axe des petites allées qui sinuaient sous le cimetière. Parfois je rencontrais une porte et jamais la moindre ne s'ouvrit. Mais je mourus de peur lorsque l'une d'entre elle se referma grinçante sous la légère impulsion de ma main couverte de sang séché. A présent sur ma droite arrivait une raie de lumière pour le moins étrange.
Un rayonnement à mi-chemin entre le violet et le bleu.

Cette couleur ne m'était point inconnu. Je l'avais rencontré un plus tôt cette nuit, lorsque curieux, je me penchai sur l'un des caveaux ouverts, sans nom et sans cadavre. L'aspect aussi m'avait marqué, la texture comparable à des drôles de vagues boursouflés, entrelacs irréels. Du même endroit, on entendait venir un bourdonnement pointu à l'oreille. Des espèces de résonances métalliques superposées à un fond musical aigu, singulière mélopée, déroutante. A pas feutrés, nous nous avançâmes. Ce fut alors là que nous le vîmes. Un homme les deux bras levés au ciel, projetant une onde épaisse sur le plafond de terre et de roche.

Nul doute que tout en haut se trouva une charogne. Cette macabre entreprise était finalement un crime organisé, et dans un élan d'adrénaline, nous nous en étions fait les premiers détracteurs.

Divers choix s'offrant à nous, recommença ainsi l'attente. Les murmures allèrent bon train, discrets parmi les ténèbres noirs et muets. Le temps de quelques débats, nos avis divergèrent.

Nous pouvons le prendre par surprise pendant qu'il est occupé.
Ou bien attendre qu'il se fatigue.
Ou encore fuir.

Rapidement, la décision fut prise.
Mais ce n'est pas moi qui eus le dernier mot.

"Alors les gars, voilà ce qu'on va faire... commença Alan.
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Des rêves de poussières... (Pv Clark and Stain)

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