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Le choc bio (PV Nedru & Megan)

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Matthieu Furt
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MessageSujet: Re: Le choc bio (PV Nedru & Megan) Jeu 21 Fév 2013 - 0:16
Si Matthieu n’écoutait que d’une oreille ce que disait Megan, qui n’était après tout qu’une intruse, et du sexe faible qui plus est, sa concentration étant focalisée sur Oscar et sur les futures victimes à écraser de celui-ci, il ne pouvait pas en dire autant pour les propos de Nedru. En fait, à maints égards, ce dernier parvint parfaitement à attirer son attention. Déjà, parce qu’il venait enfin d’énoncer son pouvoir. Ce qui laissa Matt plutôt perplexe, il fallait bien l’avouer. Maitriser des informations ? Qu’est-ce que cela pouvait donc bien signifier ? Cela était des plus abstraits pour l’invocateur, qui prétendait, en ce qui le concernait, détenir un pouvoir sinon classique, du moins compréhensible au commun des voyageurs. Invoquer des mollusques : quoi de plus simple ? Mais maitriser des informations... Matthieu avait tout de même une vague petite idée de ce en quoi cela pouvait consister. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela ne semblait pas spécialement drôle. C’était un peu comme si on lui affirmait qu’on faisait des rêves d’archivistique. En voila un qui s’entendrait probablement bien avec Germaine. En tout cas, si cela manquait sérieusement de fun (selon Matthieu), cela pouvait peut-être utile (selon Nedru). Peut-être pourrait-il enfin démêler cet embriglio sans nom, et permettre de voir un peu plus clair en toute cette affaire...

En tout cas, il semblait mieux connaitre Vapeur-Punk que Matthieu lui-même. C’était la première fois qu’il fréquentait ce royaume, ceci dit. Décidément, Nedru avait bien mal choisi son lieu de rendez-vous, si en croyait ses dires. Mollusque-man ne savait pas si son futur associé avait réussi à déduire toutes ces hypothèses grâce à son pouvoir, mais en tout cas, il était très convaincant. En fait, à l’entendre, ce n’était pas des hypothèses, mais des affirmations. Et si elles étaient convaincantes, elles n’en étaient pas pour autant rassurantes. En même temps, Matthieu était bien placé pour savoir qu’il y avait sans doute autre chose que trois voyageurs perdus dans cette zone, et que la chose en question, quelle qu’elle soit, était dangereuse. Et dire que Vapeur-Punk était censé être un endroit calme et pacifique ! Tu parles. De foutus comploteurs de l’ombre, oui. Il fallait un sacré grain pour vouloir créer une zone pareille. En un sens, les déclarations de Nedru, bien qu’intimidant quelque peu l’invocateur, le rendait également furieux. Il avait sérieusement envie de se battre contre quelqu’un, histoire de décharger au moins la tension qui l’habitait. Ce qu’il se chargea de traduire, les dents serrées, à sa façon.


-Quelle bande de connards. Moi, ton plan me va. Juste une question. Si on tombe sur un de ces putain d’elfe, gnome, nain, ou je ne sais quoi, on a le droit de lui écraser la gueule ?

Un tel langage aurait été plus adapté dans la gueule de Fino, l’acolyte d’Ed. Mais Matt avait de sérieuses raisons d’être en colère. On venait tout de même de s’en prendre à sa vie, celui qui lui avait sauvé la vie devait être son futur employeur, ce qui était assez humiliant, il ne comprenait pas ce qu’il faisait là, et il ne savait toujours pas exactement contre quoi il se battait. Frustrant, somme toute. En plus, il était de compagnie avec deux voyageurs qu’il ne connaissait finalement pas plus que cela, dont l’un avait un pouvoir assez étrange, et apparemment, pas très utile au combat (totalement nul, donc). Quant à Megan... Celle-ci se décida à prendre les devants, donnant ainsi une leçon de féminisme, ce qui vexa beaucoup Matt. Mais ce fut au moment où elle lui passa devant pour prendre l’escalier qui grimpait vers l’inconnu que le jeune remarqua (enfin) l’immense bonbon qui s’accrochait à sa taille. Mollusque-man et Oscar virent leurs yeux doubler de volume, même s'il est très difficile de se représenter les yeux d’un chiton. Que pouvait-elle donc bien faire avec une sucrerie pareille ? Vu la taille et la façon dont elle semblait y être attaché, même si ici, « collé» semblerait un terme plus adéquat, il ne s’agissait sans doute pas d’un élément de costume, qui aurait franchement détoné de surcroit. Dans l’ambiance glauque que suintait Vapeur-Punk, avec en plus un coquillage géant pas forcément ragoutant en train de se balader, la canne faisait tout de même un drôle d’effet. Mais avant même que Matthieu eut pu lui demander de quoi il s’agissait et si cela avait un rapport avec son pouvoir, la jeune femme expliqua quelles étaient ces capacités. Algophobe ? Voila qui collait bien plus avec le lieu sordide dans lequel ils étaient embarqués. En tout cas, ce serait sans doute plus utile que Nedru si jamais ils étaient attaqués, même si Matt ne doutait pas pouvoir résoudre n’importe quel combat lui-même. Heureusement qu’il était modeste, sinon, il serait déjà aux sommets de Dreamland.

En attendant, il fallait se sortir de là, ce qui n’était pas gagné. Surtout qu’un petit souci technique se posa rapidement pour Matthieu. En effet, tandis que Nedru et Megan entreprenaient la montée, l’invocateur regarda son chiton avec perplexité. Comment faire monter une espèce de cage à hamster vivante dans un escalier ? Heureusement, Oscar eut l’intelligence de se mettre littéralement à plat, seul moyen pour accéder à l’étage supérieure. Par contre, on faisait nettement plus rapide, et Matthieu, qui se prenait toujours pour une compatissant dresseur de pokemons, attendit avec patience que son chiton, désormais réduit au stade de carpette épaisse et spongieuse, grimpe péniblement les marche les unes après l’autre. Ce fut long. Le temps que ce fut terminé, Matt s’empressa de rejoindre ces deux compagnons.


-J’ai raté quelque chose ? Qu’est ce que vous regardez ?

Matthieu jeta un coup d’oeil. Et vit.

-Oh.

La salle supérieure n’était pas plus éclairée que celle qu’ils venaient de quitter. Mais cela n'empêchait pas de constater qu’il y régnait un bazar encore plus grand que celui qu’on pouvait trouver dans le studio du jeune homme. Mais ce qui focalisait surtout l’attention de Matt, et probablement aussi celle de Nedru et de Megan, c’était l’espèce d’immense aquarium qui trônait au milieu de la pièce. Et il y avait, semble-t-il, quelque chose qui flottait à l’intérieur. Mollusque-man eut à peine le temps de regarder son invocation présente qu’Oscar compris, et reprit une position plus agressive que celle de chien écrasé. Le coquillage dévastateur était prêt à agir. Nedru avait raison, il y avait décidément quelque chose qui ne tournait pas rond dans cette bulle (façon de parler). Le jeune homme n’était pas sûr, mais cela ressemblait bien à un corps... Mais était-ce un mort, ou autre chose, de plus dangereux ? Après tout, le contrôleur d’information leur avait formellement prescrit d’approcher l’eau. Or, il s’agissait bien ici d’une étendue aqueuse, même si artificielle. Matthieu déglutit. Il était plutôt perplexe face à la situation.

-Bon, on fait quoi ? On va voir ce que c’est, ou on continue de monter ?

Toutes les réunions étaient décidément réunies pour un parfait film d’horreur, ce que Matthieu ne put s'empêcher de remarquer. C’est pourquoi il ajouta, dans un petit sourire, pour détendre autant que possible l’atmosphère qui venait de gagner quelques points de tension :

-Ou alors, on se sépare en deux équipes. Comme ça, on sera sûr que ça dégénérera encore plus !
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Nedru Etol
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MessageSujet: Re: Le choc bio (PV Nedru & Megan) Dim 3 Mar 2013 - 17:09

Leurs égarements dans le noir devaient bientôt mener le trio devant une sorte de cuve. La forme à l’intérieur était « quasi humanoïde, en se basant sur des caractères physiologiques, bien que d‘une maigreur cadavérique» l’informa son pouvoir, comme pour ponctuer l’horreur. Nedru frissonna. Devait-il informer les autres en bonne et due forme de la nature de l’endroit dans lequel ils se trouvaient? Cela augmenterai leurs chances de survies mais… Il pensa à Megan. « Un pouvoir inutile » disait elle.

Or, la connaissance c’est le pouvoir ; il était inutile d’armer le jeune femme plus que nécessaire. Matthieu avait ses invocations pour lui. Une chaire à canon de choix au passage; vu le bruit que le mollusque faisait, sa lenteur dans les bâtiments et sa taille imposante. Megan n’avait, aux yeux de Nedru, qu’une espérance de vie plus élevée pour une fonction identique.

A cette pensée le Renard soupira lentement, en laissant à Matt le soin de détendre l’atmosphère. Il lui répondit sur le même ton;


On cherche quelque chose pour nous aider à passer la nuit oui, en montant progressivement. Je suis d’avis d’éviter de nous séparer !

Puis expira un soupir d’amusement qui s’acheva sur un demi sourire. L’ambiance était finalement plus propice qu’il ne l’aurait pensé pour son entretien. Dans une telle situation, se serrer les coudes devenait obligatoire, faire équipe une évidence. A l’exclusion bien sûr de « l’algophobe ».

Cependant, un bruit de glissement chuintant presque inaudible coupa court ce regain d’assurance.

Si loin de l’eau ?! Le fruit de son imagination ? Le bruit provenait d’une salle sur leur droite presque immédiate quoiqu’un peu en retrait dans leur dos. Une salle plongée dans les ténèbres, que le pouvoir de Nedru détermina comme étant la plus longue qu’ils n’aient croisée (sans doute à cause de ce léger courant d’air qu’il sentait, chargé d’odeurs rances et qui faisait faiblement vibrer les poussières accumulées sur du verre brisé), salle qu’il imaginait spacieuse et relativement vide. Les odeurs suggéraient de la nourriture avariée. Une salle sans importance donc, trop vide !

Sans aucun possible doute même -voilà exactement pourquoi il se mit à couvert du seuil de la salle d’un bond. Le trio continua d’avancer comme si rien ne s’était passé, enjambant prudemment, cœur battant, les obstacles ceignant le couloir à intervalles réguliers. Nedru (comme les autres, sans doute) commençait à s’habituer aux ténèbres du couloir. Une petite ouverture (bien que parler de meurtrière vitrée eut été plus approprié) baignait en effet l’endroit d’un faible éclat bleuté qui, parce qu’il se cognait quelque part avant d’atteindre la vitre, ne permettait pas le loisir d’une exploration dans les règles. Même la lumière dégagée par une lune naissante était plus intense en comparaison. Mais au moins n’étaient-ils pas plongés dans des ténèbres pures.

Et cela leur suffit pour distinguer bientôt, derrière une lourde porte entrouverte, en métal et en verre renforcé, une minuscule salle chargée de meubles et d’objets en pagaille. Pour une fois, Nedru distinguait les quatre murs de la pièce, ainsi que son plafond; il s’aventura à l’intérieur avec joie.

Un émetteur. Une radio ! Cette salle leur permettrait de communiquer avec l’extérieur lorsqu’ils auraient trouvé un moyen de rétablir le courant -si toutefois cette possibilité existait ! Sans chercher à lire la joie intense qui devait nécessairement transfigurer Matthieu et Megan, Nedru continua sa route à travers le premier étage. Il déchiffra une inscription gravée sur une plaque de bronze le long d’un mur; « test des compétences cognitives ». Que personne d’autre ne lise cela… La porte censée mener à l’intérieur était heureusement verrouillée. Les derniers occupants des lieux s’étaient-ils barricadés ?

Plus personne ne trouvait de prétexte pour rompre le silence et Nedru ne tentait pas de dissimuler les regards inquiets qu’il jetait régulièrement derrière eux. Finalement, au détour d’un couloir, il constata avec désespoir que ce premier étage s’achevait sur un escalier en colimaçon. Avec lui, la promesse d’un autre niveau à parcourir à l’aveuglette, toujours sans rien pour se défendre ou se cacher et -pire que tout- la probabilité de trouver un générateur au deuxième étage du complexe était plus qu’infime.


Allez, on continue jusqu’à ce qu’on trouve quelque chose d’utile. Je monte en premier.

Ce n’était réellement une prise de risque inutile; faire bonne impression serait toujours apprécié. Nedru passa timidement la tête jusqu’au niveau de l’étage suivant pour constater qu’il avait sous les yeux la réplique presque exacte (symétrie oblige) du couloir qu’ils venaient de traverser. Encore que la lumière rendait le contour des choses un peu plus tangible, ici. Une écoutille était censée pouvoir clore l’endroit, mais fort heureusement il avait suffit de la pousser pour que la voie se dégage; il monta donc, restant là à attendre que les autres fassent de même.

Jusqu’à ce que… Un petit bout de papier plaqué contre une vitre attira son attention. Il se risqua à aller le décrocher, du bout des doigts. Sur son dos, comme la note avait été laissée là à l’intention de quelqu’un de l’autre côté de la porte, des mots avaient été tracés à la hâte.

« Les sas ne les retiennent plus ! » Nedru jeta un œil par la vitre. Une seule chose se présenta dans son champ de vision. Et cette chose était une avant bras squelettique, d’un blanc éclatant, moqueur, indécent, affreux. Son cœur manqua un battement.

Merde !

Il recula jusqu’au niveau de l’écoutille, tendant la note à celui qui l’avait précédé.

Il y a un cadavre là dedans. Il a dû y avoir un accident ici, et tout le monde a voulu se barricader. Sauf que ça n’a servi à rien. J’imagine que c’était une sorte de gaz qui les a tué; les portes sont encore solidement fermées.

« Du gaz qui ronge chairs et muscles » ajouta-t-il mentalement.
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MessageSujet: Re: Le choc bio (PV Nedru & Megan) Mer 6 Mar 2013 - 18:54


Personne n'avait relevé pour son pouvoir, personne ne semblait vraiment s'intéresser sur les capacités que pouvaient octroyer un contrôle sur la douleur et en même temps, au vue de la situation c'était normal que tout le monde s'en branle. Là, elle était de toute manière trop occupée à fixer l'étrange cadavre dans son bocal. On se serait cru chez le professeur Rogue avec ses ingrédients écœurants dans son bureau qui flottaient pour la plupart dans du formole. Les doigts longs squelettiques de la créature mais aussi crispées ainsi donnaient l'impression d'être parfaitement adaptés pour se refermer sur une gorge et la broyer. Rien de bien encourageant, avouons le. Megan lâcha un soupire, cette affaire n'était pas claire et elle commençait vraiment à se demander si elle se réveillerait vivante ou non. Matthieu resta sans voix devant le bocal, il avait mit un peu de temps à suivre en attendant que son chiton monte l'escalier. Pourquoi ne l'avait-il pas simplement révoqué pour le rappeler une fois en haut? L'algophobe eut envie de lui demander, mais elle se retint, provoquer une zizanie ne servirait à rien, à part à accélérer le moment de leurs morts. La jeune femme hésita alors à avancer vers le bocal pour mieux observer la chose, se souvenant des mots de ce Nedru: éviter l'eau. Mais là, la chose était sous verre donc normalement, ils ne risquaient rien à s'aventurer plus proche d'elle non? L'invocateur la coupa dans son élan en reprenant la parole: il demandait s'ils devaient continuer de monter. Il avait pas tord, rester ici ne servirait à rien... Elle se tourna, lança un regard aux deux hommes pour voir ce qu'ils comptaient faire. L'envie de les prendre par le cou et les entrainer avec elle vers la suite lui traversa l'esprit mais elle n'en fit rien. C'était la fille du groupe, surement que ces deux là n'appréciaient pas sa présence, s'imaginant déjà qu'elle serait peu utile ou mieux, qu’elle crierait à l'aide ou de peur au moindre souci. S'ils s'attendaient à ça, ils rêvaient... En même temps, ils étaient à Dreamland donc ils dormaient.

L'invocateur proposa, plus par plaisanterie que par sérieux, de se séparer afin de s'assurer d'y passer plus vite. Elle réprima un sourire et se demanda si ce n'était pas là une idée pour se débarrasser d'elle. Pourquoi penser ça? Ces deux là semblaient ici pour une certaine raison et elle faisait un peu l'intruse... Un peu à l'écart quoi, mais elle y était habituée, c'était déjà ça à l'école vue son comportement. Nedru prit la parole pour dire qu'ils devaient trouver quelque chose qui leur permettrait de passer la nuit et il refusait de se séparer. Malgré son pouvoir peu utile en cas de combat, ce mec était une mine d'informations et donc une sorte de leader préconçu pour élaborer des plans et des stratégies afin de survivre. La fille lui faisait donc confiance sur ce qu'il disait et prévoyait. Peut-être était-ce une erreur mais elle n'avait pourtant pas d'autre choix, il semblait le seul à connaitre l'endroit contrairement aux deux autres. Un léger bruit, tel un frottement se fit alors entendre, un son presque inaudible mais dans ce silence, ce fut comme un couteau qui déchirait un corps. Leurs corps. Elle eut un frisson en pensant qu'il y avait bien quelque chose dans le coin, restait à savoir quoi et où. Sans attendre ils se mirent donc en route pour visiter l'étage, avec l'espoir de trouver quelque chose qui servirait à survivre dans ce foutoir. Une lampe torche, une arme voir même un moyen de communication en état, n'importe quoi suffirait à lui redonner un peu d'espoir dans ce trou à rat. Mais bizarrement, elle était sûre que s'ils trouvaient un truc utile, ils trouveraient aussi des problèmes, car l'un va rarement sans l'autre surtout pour l'algophobe qui se pensait touchée par une malédiction de malchance dans le monde onirique.

Lors de l'exploration d'une petite salle, Nedru qui avait prit la tête du groupe, découvrit une radio ce qui raviva la flamme de l'espoir dans le cœur de Meg' et de Matt'. Mais sans électricité, aucun moyen de la faire fonctionner ce qui n'arrangeait rien pour le moment. Il était donc important de mémoriser l'endroit pour revenir par la suite ici si toute fois ils parvenaient à remettre les fusibles. Vint ensuite une porte fermée et impossible, pour le moment, à ouvrir. Le trio continua d'avancer pour se retrouver dans un autre couloir similaire à celui de l'étage précédent. L'obscurité toujours aussi présente n'était plus si dérangeante pour autant, leurs yeux s'y étaient habitués et quelques lueurs indiquaient les contours ou la présence d'un mur. Le silence était toujours aussi pesant, Megan n'aurait pas été contre le fait que Matthieu lâche une autre blague pourrie pour détendre l'ambiance mais il n'en fit rien. De son coté, la brune ne voyait pas trop quoi dire, l'endroit était lugubre et aucune blague aussi nulle soit-elle, ne lui vint en tête. Ils empruntèrent ainsi un autre escalier, attendant que l'invocateur fasse grimper sa bestiole...

Le dealer d'informations se figea devant un autre sas une fois en haut, mais là, la porte était fermée. Étaient-ils bloqués? D'un mouvement, Nedru retira un papier collé à la vitre et prit le temps de le lire, il jeta ensuite un regard dans un hublot à coté et eut un mouvement de recul. Megan ne supportant plus de ne rien voir, s'avança alors pour apercevoir un bras cadavérique. La question était simple: où était le reste du corps? Elle ne le voyait pas à cause du noir ou... Elle préféra ne pas terminer sa réflexion. Ned avait lâché un juron et prit la parole, disant qu'il y avait un cadavre et qu'un accident avait surement eut lieu ici. Il ni avait pas besoin de gérer les informations avec un pouvoir particulier pour comprendre ça. Par contre ce qui serait intéressant à comprendre c'est ce qu'il s'était passé... Elle avala sa salive tout en écoutant le jeune homme. Il suggéra un gaz meurtrier en expliquant que la porte était solidement fermée et probablement hermétiquement fermée. L'algophobe s'approcha de la petite vitre pour mieux voir, elle ne voyait pas le reste du corps et ça, c'était inquiétant. Un gaz capable de tuer était envisageable et elle pensa machinalement à un film et un jeu vidéo ultra connu: un bâtiment sous-terrain, un gaz qui tuait les gens pour ensuite condamner l'endroit pour éviter que les "cadavres" puissent s’échapper. Elle se promit de ne plus trop mater de films d'horreurs et d'éviter les jeux de ce genre pour ne plus avoir de telles pensées sauf que c'était déjà trop tard. Et bon, une geek reste une geek. Elle poussa un soupire puis la porte du sas et s'y engouffra, résignée à ne plus jeter un regard vers l'autre porte. Nedru avait tendu son papier, dessus y était écrit: "Les sas ne les retiennent plus". Donc, son idée de zombis n'était plus à mettre de coté, il y avait bien des choses ici et ce n'était pas une armée de bisounours. Quoiqu'il en soit, ils devaient redoubler de vigilance... Elle tendit le papier à Matthieu pour que lui aussi puisse s’égayer de cette lecture.

"Avançons alors... Tout semble mort ici. Inutile de s'attarder pour rien."

Elle posa sa main sur le manche de sa canne en sucre d'orge, prête à exploser un crâne si un truc bougeait devant elle. Reprenant la tête du groupe, elle s'efforça donc d'ouvrir la voie sans trembler à l'idée de tomber sur un des trucs qui n'étaient pas retenu par un sas quand l'électricité fonctionnait. Qu'en était-il maintenant que toute la zone était dans le noir? Maintenant qu'il ni avait plus d'électricité, les choses étaient-elles libre? Ou peut-être avaient-elles crevées de faim depuis longtemps? Mais bon, les zombis ne mourraient pas de faim, ils ne crevaient pas de vieillesse non plus, ils ne crevaient pas tout court! Sauf en leur explosant le crâne. Elle se sentit aussi à l'aise que si elle était nue, comprenant que son pouvoir n'aurait aucun effet sur un cadavre qui ne ressentait aucune douleur. Sa seule arme restait cette satanée et ridicule canne... Maigre consolation dans un endroit aussi flippant. Elle se mordit la lèvre inférieur et avança d'un pas décidé. Ils devaient sortir de là ou trouver quelque chose. Restait à savoir quoi et où par contre.

Elle arriva alors devant une grosse porte en acier avec une poignée ronde comme dans un sous-marin. La porte était mal fermée et la jeune femme tenta de la pousser sans résultat. Elle soupira, raccrocha sa canne à sa ceinture et agrippa l'anneau à deux mains pour forcer et le faire tourner. Un grincement sinistre résonna dans le couloir. Un bruit à faire froid dans le dos et mal aux dents. Elle tourna les yeux vers ses "compagnons" et leur fit un sourire d'excuse.

"J'imagine qu'avec une porte pareille, il y a forcément quelque chose d'intéressant derrière non?"

A peine eut-elle fini sa phrase qu'un évènement aussi inquiétant que rassurant se produisit. La lumière se remit à fonctionner sans raison et éblouit la jeune femme qui dut fermer les yeux. Un petit cris de surprise s'était échappé de ses lèvres. Ses yeux n'étant plus habitués à la lumière, il lui fallut plusieurs secondes avant d'y voir correctement. Un bruit la fit sursauter et elle tourna la tête pour voir que les portes du sas derrière eux s'étaient ouvertes en grand. Quelqu'un ou quelque chose venait de rebrancher l'alimentation dirait-on... Peut-être qu'un des nains ou elfes étaient venus ici ou d'autres Voyageurs! Ou alors... Plus ridicule mais possible: un rêveur trainait dans le coin. Elle sentit un élan d'espoir que cette horreur se termine et fit un large sourire aux deux autres.

"Il y a quelqu'un quelque part! On est pas tout seul. Reste... Reste à savoir si c'est hostile ou non..."


Prenant son courage à deux mains, dans le cas présent c'était la poignée, elle la fit tourner d'encore un demi tour pour enfin pousser la porte qui s'ouvrit dans un autre grincement. Tout sourire, totalement rassurée avec la lumière, elle s'apprêta à avancer dans la nouvelle salle. C'est alors qu'elle hésita et pensa à ce bras, l'envie d'aller voir si on apercevait le reste du corps, de voir si la porte était à présent ouverte. Elle voulait voir l'état du cadavre, afin de déterminer les risques et surtout: voir si le mort allait se relever ou non. Finalement, elle haussa les épaules en se disant qu'il était mieux d'avancer et de rester dans l'ignorance. Inutile de se filer d'avantage la frousse. Elle poussa la porte pour l'ouvrir en grand et invita d'un signe de main ses collègues à la suivre. Faisant attention à la marche, elle baissa également la tête. Elle se redressa pour regarder devant elle: encore une salle remplit d'ordinateur, il y avait aussi des tables en fer, faisant un inquiétant mélange entre tables de tortures et d'opérations. Il y avait des documents éparpillés ici et là mais surtout: plusieurs cadavres dans un état lamentable de décomposition qui gisaient... L'un d'eux avaient ses doigts enfoncés dans le mur, pourtant en acier, à croire qu'il s'était acharné à creuser pour trouver une échappatoire. L'autre était éventré sur une table et l'odeur qui s'en dégageait n'avait rien de ragoutant. Il mit une main devant son nez et avança, désireuse de voir la salle suivante le plus vite possible. Elle s'attarda cependant à regarder la décoration: un sol gris, des murs de la même couleur et le plafond aussi. Sans oublier des trainées de sang un peu partout. Un des néons clignotaient et semblait sur le point de mourir, encore un plus dans la lugubre décoration de l'endroit. Du matériel chirurgical était répandu sur le sol, il y avait eu une lutte ici et ça c'était simple à comprendre. Les deux cadavres étaient probablement des scientifiques vue leurs blouses blanches, mais rien n'était sûr, peut-être étaient-ce juste des docteurs.

Lâchant des noms d'oiseaux tout en traversant la pièce vers une autre porte, elle enjamba le fouillis au sol et poussa la porte d'un puissant coup d'épaule. Elle ne tenait plus dans cette pièce qui puait la mort et la décomposition. Elle lança un regard en arrière pour s'assurer que les deux autres suivaient. C'est quand elle regarda de nouveau devant elle que son corps se figea et un unique mort parvint à sortir de sa gorge.

"Merde..."

Un autre couloir se dessinait devant eux, au fond, on pouvait voir un énième escalier en colimaçon. Mais le plus important, c'était ce qu'il y avait entre eux et l'escalier. Tout le corps de l'algophobe frissonna et elle eut un mouvement de recul, percutant l'un des deux Voyageurs sans se soucier d'un manque de politesse. Tout ce qu'elle avait en tête, c'était reculer et fuir. Fuir très vite et le plus loin possible! Il y avait une dizaine de créatures dans le couloir, certaines se tenaient droites alors que d'autres étaient accroupit. Leurs yeux jaunes et globuleux étaient tous fixés sur le trio de quoi filer la chaire de poule à n'importe quoi car leurs regards étaient des plus inquiétants. Une tête un peu trop grosse, un tout petit nez avec une bouches immondes laissant voir des dents jaunâtres voir même noires sans oublier un filet de bave qui coulait sur le menton. Certaines des créatures avaient quelques mèches de cheveux sur leurs cranes dégarnis mais la plupart étaient chauves. Leurs peaux étaient grisâtre légèrement bleutés comme un corps resté trop longtemps dans l'eau. Mais surtout, le plus horrible, c'était ces corps maigres, squelettiques voir même rachitiques qui malgré tout semblaient pourvus d'une certaine force et agilité. Leurs membres étaient longs et fins, elle eut du mal à en détacher son regard pour se retrouver comme hypnotisée par les yeux des monstres. Megan eut un pincement au cœur, son estomac s'était retourné. Tout semblait devenir sombre autour d'elle, c'était comme si elle était seule au monde, comme s'il ni avait plus rien d'autres que ces monstres. Une vague de froid lui caressa la peau et elle claqua alors des dents, elle avait peur, elle pensait même mourir de désespoir et sous le regard de ces choses sans même qu'elles aient besoin de s'en prendre physiquement à elle. La seule fois qu'un sentiment si fort de désespoir l'avait prise, c'était en présence de Dulcis: duc de l'obscurité et seigneur cauchemar de la solitude. Sauf que là, ces choses n'étaient pas comme la créature cauchemar, peut-être de lointains cousins mais quoiqu'il en soit, ces trucs étaient effrayants et dangereux. Elle devait fuir, elle devait reprendre ses esprits, détacher ses yeux de ces choses et faire demi-tour avant que l'une d'elles ne se décident à attaquer.

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MessageSujet: Re: Le choc bio (PV Nedru & Megan) Jeu 21 Mar 2013 - 12:29
Heureusement pour Matthieu, ses deux acolytes avaient bien saisis l’ironie de sa dernière intervention. Le jeune homme était téméraire et parfois, des plus casses-cous, mais nullement suicidaire. Il avait vu suffisamment de films d’horreur pour savoir ce qui advenait quand un protagoniste décidait de se la jouer solo. Mal, en général. On pouvait faire confiance à Dreamland pour respecter ce schéma. Inutile de lui faciliter la tâche, donc. Matthieu pouvait être redevable envers Nedru pour lui avoir sauvé la vie, il ne préférait donc pas imaginer ce qui serait advenu s’il s’était retrouvé tout seul dans cette foutue usine (qui n’en était pas vraiment une, apparemment, mais plutôt un genre de laboratoire). Ne restait donc plus qu’à monter, pour tenter de trouver quelque chose, et avec de la chance, parvenir à quitter ce sinistre endroit. Matt espérait bien qu’il finirait par se réveiller un moment ou un autre, avant que les choses ne refassent leur réapparition. Et tant pis pour le rendez-vous, il faudrait juste tâcher de trouver un royaume plus paisible pour bavarder agréablement avec Nedru une autre fois. A ce propos, sans que l’invocateur sut vraiment pourquoi, ce dernier, ainsi que Megan, se braquèrent, leurs yeux trahissant une appréhension accentuée. Matt regarda autour de lui, aux aguets. Avaient-ils entendu un bruit, ou quelque chose ? Le jeune homme, lui, n’avait rien remarqué de spécial, sinon l’angoisse qui avait saisi ses compagnons du moment. Décidément, on ne faisait pas plus glauque que cet endroit...

Les trois jeunes gens commencèrent donc leur périple dans ce laboratoire désaffecté, aussi anxieux les uns que les autres, attendant que quelque chose leur tombe dessus. En fait, Matt aurait préféré qu’il y ait quelque chose, plutôt que ce suspens intolérable et si terriblement oppressant. Au moins pourrait-il combattre, faire quelque chose, agir, en somme ! Mais peut-être ne valait-il mieux pas souhaiter cela. Après tout, la dernière fois que le voyageur avait voulu de l’action, il s’était retrouvé plongé dans les ténèbres aqueuses... Cette fois-ci, néanmoins, il était prêt à voir le coup venir, et avait Oscar. Ce n’était d’ailleurs peut-être pas une très bonne idée. Dans ses couloirs où trainaient des débris à tout va, le chiton était plutôt gênant. Il n’était pas réputé pour son agilité, mais pour son effet destructeur. En plus, alors qu’ils tentaient de se faire discrets, le bruit produit par le coquillage n’aidait pas vraiment. Matthieu surprit un regard désapprobateur de Megan. Mais peut-être se faisait-il des idées. En même temps, en terme de paranoïa latente, on pouvait difficilement faire mieux... Mais il était vrai que le chiton posait problème. En cas d’attaque, il serait bien plus dur de miser sur l’effet de surprise. C’est pourquoi Matt préféra rappeler son invocation, qui disparut promptement, pour pouvoir le faire revenir si jamais les choses devaient dégénérer. Le voyageur espérait qu’il n’aurait plus besoin de le faire...

Ceci dit, une bonne nouvelle sembla émerger pour féliciter Matt de sa bonne initiative : Nedru venait de mettre la main sur un appareil-radio. Un sourire béat s’afficha sur les lèvres de Mollusque-man. Et bien, voila ! Tout n’était pas foutu ! Ils pourraient peut-être établir le contact avec... Avec... Avec qui, d’ailleurs ? Megan n’avait-elle pas précisé plus tôt qu’elle avait manqué de se faire étriper par les habitants de Vapeur-Punk, pourtant réputés paisibles ? Ces salopards avaient même fait pire : ils l’avaient directement expédiée ici, en guise de chair à canon. Même si Matthieu trouvait que la jeune fille squattait, il n’en éprouvait pas moins de la peine pour elle. Mais sa situation ne répondait pas à la question. Qu’allait-il faire de cette radio pour l’instant inopérante ? Nedru ne donna pas lui-même d’indication, mais se contenta de la garder et de continuer le chemin. C’est ainsi que les trois compères (ou plutôt, les deux compères et la commère, ne soyons pas machiste) montèrent d’un étage. Mais à peine arrivés, Nedru se précipita sur quelque chose qu’il venait de repérer : un morceau de papier, apparemment. L’informateur jeta également un coup d’oeil de l’autre côté de la vitre qui leur faisait face. Matt, curieux, suivit son regard. Et blêmit.


-Oh putain, fit-il, complétant l’orchestration de jurons.

Un bras. De squelette. Génial. Comme si toute cette nuit n’était pas suffisamment glauque et morbide comme cela. Nedru se sentit d’ailleurs obligé de préciser qu’il y avait un cadavre. Sans rire ? Il avait découvert ça tout seul ? Mais Matthieu se retint de faire une remarque sarcastique, ce n’était pas le moment. Certes, il était sur les nerfs, la tension venait de monter d’un cran, mais il fallait essayer de rester un minimum calme. Même si c’était dure. Si on lui avait dit un jour qu’il verrait de pareilles choses sur Dreamland, il ne l’aurait pas cru. Du terrifiant, oui, mais pas du sordide, enfin ! Megan tendit alors le papier à l’invocateur, privant ce dernier de se concentrer sur la fin de la phrase de Nedru. Cette fois, ce fut plus fort que lui, il ne put s'empêcher de faire une remarque :


-Y a marqué quoi ? The cake is a lie ?

Matthieu regarda. Il aurait préféré the cake is a lie, en fait. Au moins, il aurait reconnu la référence, et cela l’aurait détendu. Ceci dit, en terme de danger, nul doute que Chell devait ressentir à peu près la même chose face au célèbre message que Matt avec cette menace en papier. Sauf que Chell était un personnage de jeu vidéo, imaginaire. Matt, non. Même s’il était dans le monde des rêves. Il sentit d’ailleurs des sueurs froides le reprendre. Tu parles d’une soirée ! Megan proposa alors de continuer, en arguant que tout était mort. Oui, c’était le cas. Surtout l’ambiance, même si elle n’avait jamais été particulièrement conviviale ce soir. Encore secoué, Matt la suivit, sans même faire de remarque sexiste sur le fait que ce soit la jeune femme qui prenne la tête de l’expédition. En fait, elle le faisait même plutôt bien, surtout avec son énorme canne, brandie telle la machette d’un explorateur dans la jungle (enfin, plus ou moins). Au bout d’un moment, ils parvinrent devant une porte des plus épaisses, façon coffre-fort. Matthieu avait l’impression de se retrouver dans un jeu hybride, mélangeant horreur et réflexions à tout va. Il fallait juste espérer que Pacman n’arrive pas à un moment ou un autre pour tenter de les dévorer tous les trois. Megan tenta l’hypothèse qu’il devait y avoir quelque chose d’intéressant. La question était : intéressant pour qui ?

-Je suis sûr qu’ils ont planqué plein d’EV derrière, ricana le jeune homme.

Tout cela commençait à le peser sérieusement. En fait, il en avait sérieusement assez, de ce jeu de cache-cache à la mord-moi-le-noeud. C’était oppressant, c’était stressant, c’était pénible. Avancer, dans des couloirs déserts, sans que rien ne se passe, et attendre justement qu’il arrive quelque chose... Merci bien ! Matthieu rongeait sérieusement son frein. C’était la première et dernière fois qu’il venait à Vapeur-punk. Mais soudain, alors qu’il méditait la-dessus, toutes les lumières se rallumèrent. Matthieu en resta bouche bée. Lui qui voulait quelque chose, il était servi, même si ce n’était pas de l’action en tant que telle. Mais était-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? En tout cas, ils pouvaient désormais y voir un peu plus clair dans ce dédale obscur, rassurant un peu l’invocateur. La situation n’était peut-être pas si bloquée, après tout. Megan, elle, en était tout excitée, même si elle était également partagée sur ce nouvel élément impromptu. Cela voulait dire quelque chose, mais quoi ? Matthieu chercha dans son répertoire mental de films et jeux d’horreur. Normalement, c’est quand la lumière s’éteint qu’on peut s’attendre à de gros ennuis. Megan, elle, prit l’initiative, en ouvrant la porte pour continuer la folle équipée. En même temps, avaient-ils d’autres choix ? C’était ça et retourner dans l’eau, et ça, c’était hors de question. Ils parvinrent à une nouvelle salle, qui n’avait sans doute pas été rangée depuis un sacré bout de temps. Tout y était en vrac. Tables, documents en tous genres, ordinateurs plus ou moins en bon état, et même... Des cadavres. Oh, merde. Il ne manquait plus que cela. Une bonne petite hécatombe comme on les déteste. Matthieu déglutit fortement, manquant d’ailleurs de vomir, tandis que Megan jurait comme un camionneur. Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir dans cet endroit pour créer des dégâts pareils ? Matt priait intérieurement pour que les pseudo-scientifiques se soient entretués. Après tout, pourquoi pas ? Le problème de cette théorie était que Matt lui-même avait fait les frais d’une noyade tantôt. Il y avait donc quelque chose, ici, c’était indéniable. Et cette chose était encore là.

Enfin, pour l’instant, ce qui était encore là, c’étaient les corps des malheureux massacrés un peu partout. Tout en suivant le groupe, Matt essaya de contempler de façon plus précise le spectacle des macchabées. Non pas qu’il eut un goût prononcé pour les viscères : en fait, il essayait de voir leur blessure, pour comprendre ce qui avait pu s’en prendre à eux. Malheureusement, il n’avait pas spécialement de connaissances en anatomie, et n’était pas non plus un médecin légiste. Donc cela ne servait à rien. Il n’en demeurait pas moins plongé dans ses pensées, tandis que le trio changeait une fois encore de salle. En fait, il méditait tellement (fait rare chez lui), qu’il rentra droit dans Megan. C’est alors que les choses se précipitèrent. Matthieu n’eut pas le temps d’insulter copieusement la jeune femme en lui demandant de regarder où elle allait qu’il l’entendit une fois encore jurer. Mais cette fois, c’était légitime.

http://www.youtube.com/watch?v=WhiGnj7QX2A

Face à eux se trouvaient les autres participants à cette sordide partie de cache-cache dans Vapeur-punk. La voix du jeune homme resta bloquée dans sa gorge lorsqu’il les vit. Ils n’étaient certes pas très nombreux, une dizaine tout au plus, mais leur apparence répugnante ne semblait pas être des plus amicales. On faisait plus gros, mais ils avaient en eux quelque chose de si malsain qu’on finissait par regretter de ne pas de retrouver devant quelque chose de plus imposant, certes, mais aussi moins anxiogène. Matthieu n’avait jamais vu de pareilles créatures dans Dreamland. Et encore heureux. Le jeune homme était en tout cas totalement paralysé, immobile. Il ne s’était jamais senti aussi mal depuis... Depuis sa chute infernale dans l’eau ténébreuse. Pas de doute. C’était bien ses créatures qui avaient tenté de le tuer plus tôt. Matthieu ressentait face à eux la même sensation de désespoir. Ils étaient foutus.

D’ailleurs, les trois jeunes gens étaient totalement figés. Les créatures, de leur côté, les contemplaient d’un oeil impassible. Peut-être aurait-on pu y lire de l’avidité, si quelque sentiment avait pu naitre au fin fond de leur coeur froid. Matthieu ne pensait pas qu’il pourrait éprouver une telle terreur. Au mieux, son cerveau lui ordonnait de fuir à toutes jambes. Au pire, de rester immobile, en attendant que les choses se passent (mal, probablement). Il fallait pourtant faire quelque chose. Ce fut au moment où une des créatures se décida à avancer vers les futures victimes que Matt eut un instant de survie. Merde alors, il n’allait quand même pas se faire becqueter alors que cette soirée était initialement prévue pour une rencontre « professionnelle» avec Nedru ! En tout cas, l’invocateur, qui suait abondamment, put remercier son inconscient. De façon presque incontrôlée, il fit un geste de main. Et invoqua à nouveau Oscar. On entendit comme un « pop» sonore, et le chiton géant, qui avait un peu du mal à saisir la situation, apparut. Il ne mit pas trop de temps à comprendre. Toujours un peu figé, Matt était de toute façon dans la plus totale incapacité à lui donner des ordres. Heureusement, le mollusque fit ce qu’il savait faire de mieux : foncer. Il atterrit sur le premier monstre, celui qui se dirigea vers eux, et l’écrasa dans un bruit absolument répugnant. Ce fut alors la curée. Tous les troglodytes se précipitèrent vers le chiton comme un seul homme. Ce fut l’effet de quelques instants. Le coquillage manqua tout bonnement de se faire dépecer par ses mains flasques, mais puissantes. Il préféra disparaitre à nouveau, laissant les créatures, désormais particulièrement excitées. Matt, quant à lui, après le massacre de son invocation, n’eut qu’une réaction : hurler.


-COURREZ !!

Ce fut alors une véritable débandade. Les trois voyageurs avaient réussi à reprendre leurs esprits, et prirent leurs jambes à leur cou. Ils étaient comme devenus fous. Les monstres, eux, se jetèrent à leur poursuite, désormais avides de sang. Matthieu, qui avait été le premier à se « réveiller», après le massacre d’Oscar (il se plaindrait plus tard de son incompétence, et de la honte qu’il venait de recevoir en tant qu’invocateur d’un mollusque explosé en quelque secondes), prit la tête des opérations, en l’occurrence de la fuite. Les trois jeunes gens n’avaient guère le choix : vu le peu de chemins disponibles, il fallait repartir en sens arrière, à toute vitesse. Et avec les monstres aux trousses, bien évidemment. Heureusement pour les compagnons d’infortune, la lumière rallumée leur facilitait la tâche, alors qu'ils zigzaguaient entre les décombres (et les cadavres). Matthieu ne sentait absolument pas la fatigue, ni son souffle s'accélérer. Ah, les merveilles de l’adrénaline ! Il aurait peut-être pu utiliser une autre invocation pour gagner du temps, mais vu ce qui était arrivée à la dernière, il ne préférait pas. Il ne restait qu’à courir. Ce qu’ils firent. Ils atteignirent le deuxième étage, puis le premier, toujours dans un rythme effréné. Etait-ce une illusion, où bien les créatures étaient de plus en plus nombreuses ? Ba, allez savoir. Matt n’avait pas l’intention de les compter. Ils finirent par atteindre le rez-de-chaussé, avec un peu d’avance par rapport à leurs poursuivants. Retour à la case départ, ne gagnez pas 200 francs.

-Fais chier ! On fait quoi maintenant ?

Il était en effet hors de question de retourner dehors, près du lac. Autant aller retrouver directement les autres qui les talonnaient et se proposer comme repas. Désespéré, Matthieu regarda autour de lui, à la recherche de quelque chose, une arme, une planque, n’importe quoi. Son regard finit par atterrir sur une porte fermée. Or, ils ne l’avaient pas encore empruntée. Le jeune homme hésita un instant. Que se cachait-il derrière ? Le bruit des monstres arrivant finit par le convaincre : cela ne pouvait pas être pire qu’ici. Ils se dirigèrent donc vers la porte, en espérant qu’ils trouveraient une sortie. Matthieu actionna la poignée, et... Rien ne se passa. La porte resta irrémédiablement close. L’invocateur regarda au-dessus, histoire de voir s’il n’y avait pas une inscription, comme un genre d’énigme qui indiquerait comme ouvrir cette porte. Avec son pouvoir, Nedru pourrait forcément déchiffrer ce genre de chose. Mais non, rien de ce genre. Matthieu continua d’agresser violemment la porte. Allez, ouvre. Ouvre. MAIS OUVRE, PUTAIN ! De dépit, Mollusque-man jeta un immense coup de pied, synthèse de toute sa rage, contre la porte.

-AAAAAAAAAAIEEEEE !!

Comme par miracle, la porte s’ouvrit enfin. Mais Matthieu venait également de se briser le pied gauche. Ca lui apprendra à jouer les héros...
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MessageSujet: Re: Le choc bio (PV Nedru & Megan) Mar 26 Mar 2013 - 13:28


Nedru reprit son souffle difficilement, derrière la porte du rez de chaussé. Les choses étaient soudain allées trop vite. Son pouvoir lui repassa le film plusieurs fois.

D’abord, la lumière s’était allumée. Ou plutôt avait été allumée, de toute évidence. Si le but avait été de brûler la rétine du Gris, excellente idée. Enfin, l’idée que, peut être, quelqu’un était encore en vie avec eux, ici, et cherchait lui aussi un moyen de s’en sortir avait de quoi réjouir. A ce moment là, Megan était déjà en train d’ouvrir une porte et la pimpêche ne s’était pas laissée perturber par ce regain de lumière ; continuant son œuvre comme si de rien n’était. Nedru lui, était resté un moment bras ballant, qu’il se l’avoue, déchiré par quelques dilemmes internes et laissant à ses pupilles le soin d’adopter une dilatation appropriée. Finalement, comme dans les mauvais films d’horreur qu’ils venaient de moquer, Nedru s’était séparé des autres dans leur dos, pour retourner faire fonctionner la radio. Pousser plus loin l’exploration ne servait à rien si les générateurs marchaient !

Mais il n’alla pas loin… sa curiosité était le plus gros défaut du jeune homme. La seule pensée de ne pas voir ce qui se trouvait derrière la porte lui déchirait le cœur, l’idée que quelqu’un voie avant lui ce qui y était scellé lui était insupportable, presque physiquement douloureuse. L’urgence de la situation, plutôt que l’enjoindre à la prudence, décupla son vice. Cette foutue curiosité, qui stoppa sa marche et l’obligea à faire volte-face, curiosité teintée au plaisir de faire hurler son esprit d’analyse qui criait d’envoyer un message d’appel à l’aide le plus rapidement possible.

C’était trop dur. Il fallait qu’il suive les autres, juste pour voir, juste un instant. Il constaterait que la salle ne refermait rien, le temps d’une seconde, et la chose serait finie !

Mais sa curiosité n’avait pas pu se satisfaire d’une seconde, une fois la porte ouverte. Son regard avait été directement attiré vers le fond de la pièce, passant comme par pudeur au-dessus des corps rongés et en décomposition qui jonchaient l’endroit. Au fond, il avait vu… Qu’avait-il vu ?

Sa mémoire ne lui jouait pas de tours généralement, alors…. Il avait vu… Des créatures massées rongeaient quelque chose. Leur simple présence lui avait glacé le sang. Ces monstres exhalaient une sorte de… présence maléfique, purement et simplement mauvaise. Il avait voulu parler, mais sa voix s’était éteinte, il s’était senti incapable de parler, bien qu’ayant envie, bien qu’essayant de dire quelque chose de toutes ses forces. Pire qu’être hypnotisé, c’était comme se voir de l’extérieur, inoffensif somnambule devant un groupe d’atroces meurtriers.

Et puis, ils s’étaient repris… et enfuis. Matt avait tenté quelque chose pour défendre le grope, qui n’avait pas semblé fonctionner. Ils étaient passés devant la salle salvatrice, leur seule et unique chance d’envoyer un message s’était évanouie sous les yeux de Nedru. Il n’avait pas tenté de se capitonner derrière la porte, évidemment puisque les sas ne « les » retenaient plus.

Alors… Ils se retrouvaient là. Le bon côté des choses, c’est qu’il avait vu juste ; la zone 23 sensée avoir disparue, avait bel et bien été vouée à pratiquer des expériences sur le vivant. S’il se sortait de là vivant, Nedru aurait probablement de quoi faire chanter quelques personnes bien placées de Vapeur Punk… Cette pensée fugitive porteuse de promesses de richesses, ne lui procura qu’une joie infime, bientôt étouffée par la situation merdique dans laquelle ils se trouvaient. Ils étaient passés à côté de la salle de radio. Tout ça à cause de la précipitation de cette connasse de Megan ! S’il avait pu l’écorcher vive… Mais ils avaient plus que jamais besoin de rester soudés. Même être désobligeant ne changerait rien. Il se contenta d’ordonner ses idées, convulsivement, comme si c’était la seule réaction logique à adopter. Et après tout, compter sur son pouvoir n’était pas ce qui se faisait de plus absurde, dans le monde des rêves…

Bien. Les monstres glabres avaient des yeux immenses, leur physionomie humanoïde trahissait sans doute leur incapacité à se servir d’autres sens pour se diriger. Ils n’avaient pas de moustaches animales, des oreilles et un nez de tailles normales… probablement rien d’autre pour se diriger. Ils étaient tapis dans une salle restée obscure. Donc, ils n’appréciaient peut être pas la lumière. Celui qui avait allumé le générateur savait peut être ça. Aveuglées, elles devenaient certainement moins dangereuses.

Si c’était vrai, elles avaient pris possession du lieu en pleine nuit, une fois tout éteint. Alors, s’il y avait un survivant, pourquoi avait-il éteint le générateur ? Un coup d’œil dehors lui offrit la réponse ; les jets de vapeurs s’étaient décuplés et certaines pièces de métal tremblaient à la surface, provoquant un brouhaha que seul son sang frappant contre ses tempes avait pu étouffer.
Le survivant avait éteint le générateur pour rester discret, ne puisant dans les réserves qu’au moment qu’il jugerait opportun ; à l’arrivée de nouveaux malheureux.

Restait à trouver ledit individu. Le générateur avait sans doute été activé depuis un endroit plus bas dans la structure. Attiré par un bruit de chocs à répétition irritant, Nedru leva ses yeux à cet instant précis où, justement, Matthieu décidait de se briser le pied contre une porte pour l’ouvrir.


Bien joué, même si je ne suis pas sûr que crier soit une excellente idée… On va vite essayer de trouver celui qui a allumé le générateur. Ce n’est pas fini.

Une phrase lancée plus pour eux que pour lui-même. Il ne s’était jamais trouvé dans une situation aussi inextricable ; poursuivi par des monstres sans doute lents, sans doute presque aveugles, mais avides de chair humaine, des monstres que même une porte fermée ne retenait pas, insensibles aux invocations du vainqueur du tournoi des jeunes talents, dans un complexe à moitié inondé, et en surnombre écrasant.

Mais au moins y voyaient-il clair désormais. Ils traversèrent en trottant ce qui semblait être une ancienne bibliothèque, pour se rendre de l’autre côté, vers une porte fermée, coeur battant (qu’elle refusât de s’ouvrir et c’était fini). Ici, si les étagères métalliques n’étaient pas encore totalement rouillées et délabrées, les livres qu’elles portaient se réduisaient progressivement en flaques pâteuses. Le sol lui même était particulièrement humide. Personne n’émit la moindre remarque mais le pouvoir de l’analyste n’en resta pas là. Le niveau de l’eau avait monté jusque dans la pièce, à bonne hauteur. L’eau avait donc été évacuée par la suite. Lumière aidant, Nedru constata que les murs et le sol contenaient un certain nombre de mécanismes semblables et peu visibles. C’était comme si…


Attendez un instant.

Attendre n’était pas le maitre mot, il le savait, ordonner d’attendre, c’était jouer avec les nerfs de tout le monde et ils n’en avaient pas besoin. Ses battements de cœur s’accélérèrent. Ce qu’il cherchait était nécessairement bien en vue, facile d’accès. Il parcourut la salle des yeux, sans succès. Pourquoi ne le trouvait-il pas ? Il se dressa sur une table. Là bas ! Le trouver ne lui prit pas plus d’une vingtaine de secondes. Vingt secondes durant lesquelles les monstres s’étaient approchés. Derrière un cadre en verre brisé, une manette était levée. Nedru courut l’abaisser, sans égards pour les réactions de ses comparses. Chacun y allait de sa petite folie, pourquoi pas lui ? Dans un grincement claquant, comme si la rouille ne parvenait pas à empêcher la machine d’effectuer ce pour quoi elle avait été conçue, chacun mécanisme aperçu plus tôt dévoila un trou. Hypothèse validée.

Cette commande sert à évacuer l’eau. Ce bâtiment a été conçu pour pouvoir résister à des avaries. Si le niveau d’eau monte, tirez ce genre de manette, derrière une vitre. Ca peut nous sauver la vie. On continue maintenant.

Pas très rassurant, mais autant mettre toutes les chances de leur côté. Nedru baissa l’interrupteur de commande de la porte à côté de laquelle attendaient les autres. Porte qui coulissa sur elle-même pour laisser entrer le trio dans la pièce suivante. La porte se referma docilement derrière eux, ponctuant leur soudaine immobilité.

Le générateur.

Seul. Leur mystérieux sauveur avait fichu le camp. Un panneau cuivré placé devant un escalier en colimaçon descendant indiquait ; raffinerie. Puisque le sas dudit escalier était ouvert… Il fallait qu’ils continuent. Ils n‘avaient plus le temps de s’attarder, Nedru étaient désormais certain d’entendre des BRUITS derrière eux, des raclements qui n’étaient pas mécaniques.


Trente secondes dans cette salle, puis on continue et on referme. Prenez tout ce qui peut servir à quelque chose et n’est pas trop encombrant.

L’endroit était, de fait, une sorte d’atelier en désordre, sans doute pour permettre à l’époque une réparation optimale du générateur. Nedru récupéra une clef à molette dans une trousse à outil, fourra un tournevis dans une poche au cas où, et poursuivit sa route pour montrer l’exemple. Il était maintenant certain que les bêtes entraient dans la bibliothèque.

Une fois assuré que le sas était refermé au-dessus d’eux, Nedru s’enfonça dans la « raffinerie ». La pièce était très vaste, bien que divisée en petite portions vitrées que des panneaux faiblement lumineux indiquaient comme étant « l’infirmerie », « l’atelier », plus deux autres petites pièces aux panneaux brisés et irradiant une lumière plus forte. Dans d’autres circonstances, la disposition de la lumière aurait pu le choquer, mais il n’y prit pas garde. Le plus important se trouvait au centre ; un large bassin au dessus duquel se trouvaient toute sorte de poulies et chaines, cuves cassée… Nedru prit garde à ne pas s’en approcher, se dirigeant en courant vers l’infirmerie.

Mais quelque chose lui saisit la cheville. Il n’eut le temps de baisser les yeux que pour apercevoir qu’une ombre, littéralement, était accrochée à lui, avant de se faire happer sans ménagement vers le bassin.

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MessageSujet: Re: Le choc bio (PV Nedru & Megan) Jeu 28 Mar 2013 - 19:51


L'horreur, la terreur et le désespoir étaient omniprésent dans l'esprit de la jeune femme. Elle sentit ses poils hérisser dans sa nuque ainsi que des sueurs froides glisser lentement dans son dos mais aussi entre ses seins. Son esprit était comme vidé de toutes joies, seul la peur prédominait et même là, elle n'avait pas l'impression de pouvoir réfléchir et encore moins de réagir. Ces choses avaient une capacité qui devait influencer son état de stresse, une sorte de pouvoir passif permettant d'affaiblir sa proie pour ensuite l'attaquer sans prendre le moindre risque. L'algophobe se voyait déjà en train de se faire éventrer et dévorer sans pouvoir réagir mais elle fut sortie de sa torpeur par l'intervention désespérée de l'invocateur. Son chiton apparu et percuta les créatures, le problème était le manque d'espace et la créature se fit rapidement vaincre par les monstres qui venaient de montrer une agilité et une résistance hors du commun. L'ordre de Matthieu était simple: la jeune femme l'aurait même fait sans qu'il le dise, courir le plus vite possible pour se sauver afin de rester en vie.

Elle passa devant les deux autres et accéléra le pas sans un regard en arrière. Megan sentit quand même qu'elle allait mieux: ses pensées étaient redevenues claires et elle n'avait plus cette impression de désespoir. Enfin plus autant car elle flippait toujours sa race et ne voyait pas trop comment se sortir d'un tel guêpier! Elle dévala les escaliers sans ralentir, se surprenant elle-même de ne pas louper une marche et de tomber. L'adrénaline battait son plein et son rythme cardiaque lui vrillait les tympans au point qu'elle n'entendait plus rien de ce qui l'entourait. Retournant sur leurs pas pour enfin arriver à l'entrée du bâtiment: là où ils étaient au départ, elle se sentait frustrée et horriblement coincée. Sortir du bâtiment serait surement pire que de rester ici. Mais que pouvaient-ils faire? Restait l'hypothèse qu'il y avait quelqu'un d'autre: une personne qui avait remit la lumière en marche et donc, un potentiel allié qui devait même connaitre les monstres. Cette information restait quand même peu réjouissante car il fallait encore mettre la main sur cette personne et rien ne prouvait que c'était un allié. L'invocateur s'acharna sur une porte et finit par l'ouvrir en hurlant de douleur, il aurait pu se briser le pied cet ahuris. Nedru commenta que crier n'était pas une bonne idée et il rejoignait l'idée de la brune en disant qu'il fallait trouver la personne qui avait remit le générateur en route.

Ils avancèrent donc dans ce qui semblait être une bibliothèque. Megan en profita pour passer à coté de Matthieu et lui posa une main dans la nuque: elle avait besoin d'un contact physique pour que cela fonctionne et les vêtements n'aidaient pas. Libérant son pouvoir, elle balança une vague d'endorphine dans le corps de l'invocateur pour soulager sa douleur au pied. Au moins avec ça, il pourrait marcher voir même courir sans souffrir.

"Tu auras moins mal, mais évite de trop forcer sur le pied. Je dissipe la douleur, pas la blessure..."

Ne s'attendant pas à une réponse, elle continua de marcher en jetant des regards ici et là. Tout tombait en lambeaux dans cette pièce, l'eau semblait y avoir séjourné un bon moment et les livres ressemblaient plus à un épais truc visqueux qu'autre chose. Elle ne voulu même pas en prendre un en espérant y trouver une indication quelconque, se doutant qu'ils étaient inutiles et totalement fichus. C'est alors que l'informateur leur demanda de patienter: genre c'était le moment pour ça? Elle ignorait bien ce qu'il voulait voir ou faire, mais elle espérait que son idée aurait au moins une utilité. Le jeune homme grimpa sur une table et trouva enfin ce qu'il cherchait: une petite poignée qu'il enclencha et un bruit de mécanisme résonna alors. Il prit le temps d'expliquer que l'endroit avait été construit pour survivre aux avaries et donc, ces manivelles étaient là pour évacuer l'eau ce qui pourrait leur sauver la vie plus tard. Une autre commande ouvrit la porte du fond et laissa entrer le trio dans ce qu'on aurait pu appeler la salle des machines: ils avaient trouvé le générateur mais il ne semblait pas y avoir une âme qui vive. Intriguée, la jeune femme regarda autour d'elle pour voir si quelqu'un ne pouvait pas se cacher dans un coin sombre ou derrière une machine, mais rien. Elle n'aimait pas du tout cette idée: pourquoi avoir remit l'électricité pour ensuite se planquer? Qu'est-ce que manigançait la personne coincée ici avec eux? Etait-il simplement possible que ce soit un coup des monstres? Non, ils n'avaient surement pas l'intelligence nécessaire... Quoique le message disait que les portes ne les retenaient plus... Elle avala difficilement sa salive, craignant que tout ceci ne soit qu'un piège dans le but de les isoler pour ensuite les dévorer. L'informateur proposa de prendre ce qu'ils pouvaient ici et qui pourraient être utile puis de descendre à la raffinerie. L'algophobe attrapa un jeu de clé BTR qu'elle fourra dans sa poche: toujours pratique s'il faut démonter ou remonter quelque chose. Elle accrocha également un marteau à sa ceinture: ça peut toujours servir...

Ils descendirent les marches dans un silence stressant. Seul le bruit de leurs pas résonnaient malgré toute la bonne volonté qu'ils mettaient pour rester discret. Des panneaux indiquaient la présence d'une infirmerie et de l'atelier mais c'était surtout le centre de la pièce qui était intriguant: un immense bassin avec au dessus des chaines, des poulies, des courroies et des cordes. A quoi pouvait bien servir tout ce bric-à-brac? Megan l'ignorait et aurait bien voulu se renseigner: peut-être que cela pourrait les aider à s'en sortir. Mais ce n'était pas l'opinion de l'informateur qui courait déjà vers l'infirmerie, décidée à le suivre, elle courut donc à son tour et vit alors la scène avec une horreur à lui glacer le sang. Une sorte d'ombre ressemblant à un bras émergea rapidement de l'eau et bondit pour saisir la cheville du jeune homme. La chose était tapis dans l'eau, plus grosse et musclée que ses comparses, celle-ci semblait encore plus hargneuse et donc bien plus dangereuse, Megan l'avait aperçu un instant et cela lui avait suffit. Sans prendre le temps de réfléchir, sentant déjà le désespoir revenir au galop dans son esprit, elle dégaina sa canne et son marteau pour aider son compagnon du moment. Sa langue glissa rapidement sur l'extrémité de sa canne, laissant suinter un liquide épais et blanc: de la colle. Elle colla un magistral coup de son arme dans les cotes du jeune homme: rien à foutre de lui briser des os, valait mieux ça que finir dans l'eau car ses chances de survie passeraient alors dans le négatif. L'artefact se colla à son haut, elle serra de toutes ses forces la canne à s'en blanchirent les doigts. Glissant sur le sol à cause du poids du jeune homme emporté vers le bassin, elle termina à genoux, leva son marteau et l’abattis avec force et fracas sur l'avant-bras étrange du monstre. Priant de ne pas le louper pour éviter de briser la cheville du Voyageur. Elle vit l'outil passer à travers le membre de la créature devenue presque brumeuse pour frapper le sol dans un bruit métallique, en même temps, elle sentit le poids du jeune homme s'alléger prouvant que la chose ne l'emportait plus avec elle.

Toujours à genoux, elle se pencha vers l'arrière, balança son marteau derrière elle et tira à deux mains sur sa canne pour retenir Nedru et le remonter. Il avait seulement mit un pied dans l'eau qu'elle parvenait à le hisser sur le bord. Elle le lâcha enfin et s'écroula sur le dos: sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration et vibrait suite aux battements de son cœur. Le souffle court, elle se releva, vérifia que le jeune homme allait bien: il ne semblait pas blessé, heureusement. L'algohopbe ramassa son marteau et s'approcha alors du Voyageur pour lécher sa canne une nouvelle fois afin d'arrêter le suintement de colle. Elle remit son attirail à sa ceinture, fit un sourire se voulant rassurant au jeune homme.

"Désolé pour le coup... Je manquais un peu de temps pour faire mieux que ça. Je peux soulager la douleur si tu le désires..."

Elle s'en voulait un peu de l'avoir blessé mais en même temps: elle n'avait pas vraiment eut le temps de préparer son sauvetage et elle répugnait à l'idée de plonger dans la flotte. Se doutant que la créature n'était pas seule, elle aurait été tué en voulant jouer les héros. Tournant la tête, elle remarqua qu'elle était dos à la lumière et son ombre se dessinait jusqu'au bord du bassin... Persuadée que la chose pouvait interagir avec son ombre, elle recula de plusieurs pas pour s'éloigner du bord tout en trainant avec elle l'informateur. La situation étant allé trop vite, elle n'avait pas permit à Matthieu d'éponger sa dette vu qu'il avait été sauvé par l'autre Voyageur. Elle ne s'excusa pas de lui avoir volé la vedette: il y avait bien plus urgent que ça pour le moment. Elle emboita le pas pour se diriger vers l'infirmerie tout en repensant à ce qu'elle venait de voir: pourquoi la chose était-elle devenue impalpable? Serait-ce une capacité défensive? Pourtant lors du combat du chiton, les créatures étaient restées on ne peut plus tangible... Alors que s'était-il passé? Elle arriva devant la porte de l'infirmerie mais se retourna pour observer ses deux compagnons.

"Je sais pas si vous avez vu mais... Quand j'ai voulu le frapper: le marteau est passé au travers alors qu'il tenait Nedru et l'instant suivant, même sa main était comme de la fumée, ne pouvant plus emporté notre informateur dans l'eau... Une explication?"

L'idée que les monstres pouvaient être immatériels ou encore capable de traverser les murs lui fit froid dans le dos. Elle ferma les yeux, prit une longue inspiration pour se calmer: ce sentiment de stresse et d'angoisse ne l'avait pas quitté même après la disparition du monstre. Elle repassait en boucle le passage dans sa tête: le marteau qui tombait et sans raison qui traversa le membre du monstre... En tombant à genoux, attirée en avant, l'éclairage avait été dans son dos la seconde avant qu'elle cogne. Le peu de temps où la chose avait été éclairé aurait-il suffit? Ou était-ce l'inverse? Elle n'en savait rien et n'avait pas envie d'émettre une hypothèse que les deux autres trouveraient probablement fumeuse.

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Matthieu Furt
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MessageSujet: Re: Le choc bio (PV Nedru & Megan) Lun 8 Avr 2013 - 19:46
Décidément, on ne pouvait pas faire plus pourri que cette soirée. Se retrouver avec deux parfaits inconnus, d’accord, c’était sympa. Être piégé dans un royaume inconnu, ça pouvait encore paraitre excitant. Être aux prises avec des créatures moches et repoussantes (pardon pour le pléonasme), passe encore. Mais alors, se péter le pied dans une pitoyable tentative de fuite, non ! Non et non ! Il y avait des limites à ne pas franchir, et cette nuit avait pris un malin plaisir à les violer avec allégresse. Merde, quoi. En tout cas, Matthieu ne se rappelait pas de la dernière fois qu’il s’était fait aussi mal. C’était sans doute pendant sa participation au Tournoi des jeunes Talents, où il avait eu son compte de blessures et coups en tous genres. Selon ses propres dires, il avait pris cher. Et là, on en était à peu près au même niveau, même si cela restait localisé au niveau pédestre. Mais non seulement c’était douloureux, mais en plus, c’était humiliant. Il y avait tout de même plus glorieux que se de péter le pied dans un coup de rage mêlé de panique, même si c’était légitime. En attendant, Matt se mordait fermement les lèvres, dans l’espoir de ne pas se remettre à hurler. Ceci dit, heureusement qu’il était voyageur, sinon, il n’aurait rien pu faire de plus qu’esquinter la porte. Au moins, là, elle était bien ouverte. Nedru, en passant, ne put d’ailleurs s'empêcher de faire une remarque. Matt le foudroya du regard. Il ne fallait surtout pas le remercier, hein ! Il ne venait pas DU TOUT de se broyer le métatarse juste pour ouvrir une satanée porte. Nooooon. Et puis, surtout, il ne fallait pas hésiter à le laisser ainsi. Ce n’était pas comme s’il n’avait pas désormais une indisponibilité assez flagrante pour la marche.

Alors que Matthieu s'apprêtait à se plaindre vertement de ce manque de considération, Megan, qui passait derrière lui, lui posa la main dans le cou. Cela le fit sursauter. Il ne s’attendait pas vraiment à un tel contact sensuel, surtout à un pareil moment. Mais avant même que l’idée d’une remarque salace ou déplacée ose lui traverser l’esprit, le jeune homme constata qu’il n’avait plus mal. Mais alors absolument plus mal. Il regarda Megan avec des yeux ronds. C’était comme si la blessure avait tout simplement disparu, même si la voyageuse lui affirma le contraire. C’était donc ça, son pouvoir ? Pas si mal, finalement. Pratique pour ses partenaires, en tout cas. Matthieu en restait bouche bée. Finalement, la situation n’était pas si désespérée. Mollusque-man tenta de faire un pas, pour voir ce que donner un pied blessé, dont les réactions nerveuses avaient été anesthésiées. C’était assez étrange, c’était le moins que l’on puisse dire. Matthieu pouvait certes marcher convenablement, mais il avait l’impression d’avoir du sable au niveau de sa plante de pied. Comme si son pied ne parvenait à ne garder sa consistance que grâce à sa peau. Ba, au moins, il pouvait avancer, surtout s’il tentait de répartir le maximum de poids du côté gauche.. Ce n’était pas terrible, mais c’était toujours mieux que de hurler la mort à chaque pas !

Il rejoignit enfin aussi rapidement qu’il put la folle équipée. Ils se retrouvaient alors dans ce qui paraissait être une bibliothèque. Cet endroit avait décidément tout le confort nécessaire. Un vrai petit paradis, en somme, si on excluait les monstres décérébrés qui ne pensaient qu’à vous arracher la moelle épinière. Nedru tenta de reprendre en main son rôle de leader en demandant à ses deux coéquipiers d’attendre quelques instants. Matthieu manqua de rechigner, mais il n’avait pas trop le choix. La dernière fois qu’il avait tenté de prendre les devants, une de ses invocations avait été lamentablement étripée, et lui-même s’était brisé un membre peu de temps après. On faisait donc mieux en terme de management. Et Nedru, même s’il pouvait être parfois agaçant avec ses remarques, semblait tout de même plus réfléchi que son compagnon invocateur, ce qui n’était certes pas très dur. Il en fit d’ailleurs rapidement la preuve, une fois de plus, en abaissant une manette, qui, selon ses dires, permettait l’évacuation de l’eau. Voila qui n’était pas plus mal ! Surtout avec des monstres apparemment friands des milieux aquatiques. Matt émit un petit sourire : la situation semblait enfin s’arranger ! Néanmoins, le jeune homme ravala rapidement son sourire lorsqu’il crut entendre un bruit derrière eux. Merde. Les bestioles n’avaient apparemment pas abandonné. Mollusque-man s’empressa donc de suivre ses deux comparses dans la pièce suivante. Qui planquait un appareillage électronique qui aurait eu de quoi faire pleurer un ingénieur EDF. L’invocateur ne voyait pas vraiment ce que cela pouvait être, et n’y tenait pas vraiment. Ce qu’il voulait, c’était a-v-a-n-c-e-r. Mais Nedru prit encore les choses en mains, d’un ton quelque peu docte et directif, en les enjoignant de se saisir de quelque chose qui pourrait être utile. Matt, en ce qui le concernait, n’en voyait pas trop lui-même l’utilité. Des « outils», il pouvait en faire venir autant qu’il fallait, il suffisait juste qu’il les invoque. Mais il était vrai que le dernier en date ne s’était pas avéré très efficace. C’est pourquoi, dans le doute, le jeune homme se saisit de ce qui semblait être un gros tuyau. Au moins pourrait-il frapper avec plus de force qu’avec un simple coup de poing, si jamais une créature se faisait trop pressante dans ses avances. Il ne valait mieux pas.

En tout cas, une fois encore, il fallait avancer, en passant par un sas qui les faisait encore descendre. Jusqu’à quand descendrait-il de la sorte ? Et jusqu’où ? Sur une nouvelle meute de troglodytes anthropophages ? Plus le temps passait, et plus Matt espérait que son réveil n’allait pas tarder à sonner. C’est dans ces moments-là qu’on se met à regretter son travail. D’ailleurs, histoire de le réconforter dans ses idées noires, les trois voyageurs débouchèrent sur une nouvelle salle, encore plus étrange et tarabiscotée que la précédente. L’ensemble dénotait un gout esthétique que n’aurait pas désavouée le Seigneur des Mollusques, tant l’ensemble était disparate et passablement glauque. Des panneaux faiblement illuminés indiquaient ça et là une infirmerie, un atelier... En plus de cela trônait majestueusement un gigantesque aquarium géant. Qu’est ce que c’était que ce truc, encore ? La vue de tant d’eau provoqua un frisson à Matthieu. Avec toute cette histoire, il finirait par devenir hydrophobe, ce qui était d’ailleurs assez gênant pour un invocateur dont la moitié des créatures au moins étaient maritimes. Mais Matt n’avait pas eu totalement tord d’appréhender cet endroit. En effet, à peine Nedru eut-il fait un pas pour se diriger vers l’infirmerie qu’il tomba à terre. Les choses auraient été tellement plus simples s’il avait trébuché.


-Merde ! rugit l’invocateur, tandis que son employeur se faisait entrainer petit à petit vers l’étendue d’eau.

Mollusque-man s'apprêta à bondir, comme pris d’un coup de fouet, pour aller extirper Nedru des griffes de ce qui venait de le saisir (il ne fallait d’ailleurs pas être un grand clerc pour deviner quoi). Mais malheureusement pour le jeune homme, il n’était pas lui-même en très bon état depuis sa précédente intervention : son pied choisit en effet ce moment pour le lâcher. Non pas que la douleur ait décidé de faire à nouveau son irruption comme une grande ! Matt fit juste un faux mouvement en voulant se précipiter de la sorte, et sa jambe décida qu’il en avait trop fait pour le moment, entrainant son possesseur dans une rencontre intime et foudroyante avec le sol. Cependant, heureusement pour ce dernier, son métatarse défaillant ne fut pas assez fourbe pour engendrer, en plus, un nez pété. Ce malencontreux incident empêcha en tout cas Matthieu de bouger suffisamment son cul pour se poser en sauveur sur son cheval blanc (ou, en l’occurrence le concernant, sa limace jaune). Il leva la tête, hagard, s’attendant à voir son camarade se faire dévorer vif. Mais c’était sans compter la présence d’esprit de Megan, ainsi que sa force de frappe. Cette jeune femme était manifestement pleine de surprise, puisqu’elle s’avéra capable de renvoyer la susdite créature à l’aide de sa canne à sucre géante. C’en était presque digne d’un film des Monty Pythons. C’était également très efficace, semble-t-il, puisque le monstre disparut promptement. Matthieu, lui, restait, bouche bée devant la situation. D’accord, Megan avait peut-être un caractère de cochon, selon les standards furtiens, mais elle avait su s’avérer des plus utiles pendant cette étrange expédition (quand elle n’envoyait pas toute l’équipe directement dans la bouche du loup). Si Mollusque-man n’avait été aussi estomaqué, sans doute un petit sourire eut-il couru le long de ses lèvres, lorsque la voyageuse proposa à Nedru d'apaiser sa douleur. Quelle mère poule ! L’invocateur, en tout cas, tenta de se relever sans trop forcer son pied droit, puis de se rapprocher de ses deux compagnons. Megan tentait d’expliquer ce que le monstre avait apparemment fait au contact de son arme. Elle semblait désorienter, car la créature avait bel et bien disparu, selon ses dires. Matt tenta de prendre la parole :


-Ba, qui sait ? Ces bestioles sont peut-être allergiques aux sucreries ?

Le jeune homme tenta de se reprendre rapidement pour faire oublier cette mauvaise blague.

-Enfin... Je veux dire... On en sait pas tellement sur ces trucs, alors bon... On est à Dreamland, plus rien ne m’étonne. Tout ce qu’on sait, c’est que c’est pas très bon pour notre santé. On ferait bien de filer, d’ailleurs.

Une fois encore, les trois jeunes gens durent reprendre leur fuite éperdue. Matt ne savait toujours pas jusqu’à où cela les mènerait, et croyait de moins en moins à une issue de secours. Mais c’était toujours mieux que de se croiser les bras et de ne rien faire. C’est pourquoi, ils s’avancèrent encore plus en avant dans les profondeurs de cette zone scientifique, Nedru entre Megan et Matthieu, car encore affaibli par la récente attaque. Matt ne préféra pas trop s’attarder sur les lieux, vu que cela ne leur avait causé que des soucis jusqu’à présent. Il eut heureusement la lueur d’esprit suffisante pour trouver une nouvelle manette qui actionnait le système d'évacuation de l’étage inférieure. Autant que possible, mieux valait éviter la noyade, tout de même. Ils finirent par découvrir un nouveau sas, qui les dirigea donc plus bas. Matthieu fut le dernier à passer, et tenta de cloisonner autant que possible le sas en question, même si les dires du squelettes rencontré plus haut indiquait l’inutilité de ce genre de comportement. Mais cela paraissait tout de même plus prudent pour le jeune homme. Une fois ceci terminé, Mollusque-man s'empressa d’aller rejoindre ses deux acolytes. L’endroit sur lequel il avait débouché n’avait rien de commun avec ce qui précédait. Mince alors. Dans quel nouveau pétrin s’était-il fourré ?
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MessageSujet: Re: Le choc bio (PV Nedru & Megan) Mar 21 Mai 2013 - 13:21
Spoiler:
 



Qu'est ce que ?! Nedru se fit happer sans qu'aucun de ses sens ne fasse seulement mine d'être concerné. La chute n'en fut que plus brutale. Il tenta de se redresser en gainant un muscle abdominal quelconque, mais sans succès. Soit ses forces l'avaient abandonné, soit il était vraiment plus faible que la moyenne. Malgré tout, il parvint à distinguer un filament noir entre l'eau et lui, une sorte de corde éthérée, de pure ombre, qui le tirait vers l'eau. Tandis qu'il prenait conscience de l'horreur de la situation, l'analyste tenta de crier quelque chose, pour se rendre compte qu'il lui était impossible d'évacuer l'air autrement que par un grognement rauque et faiblard ; le cri resta bloqué dans sa gorge, étranglé, comme il l'avait été trois étages plus haut. Il prit vaguement conscience que ce n'était pas la peur qui étranglait son cri. La créature ou la situation avait cet effet là sur lui, et cet effet faisait monter en lui une terreur mystérieuse et indicible.

Un choc brutal dans le flanc et une côte se fêlait tandis que sa voisine moins belle joueuse, craquait proprement. Puis, Nedru se sentit tiré vers l'arrière, à l'endroit du choc. Les monstres se disputaient déjà son corps ? Il tenta de gratter le sol, mes ses ongles ne trouvèrent aucune prise. Un soupçon d'analyse surnaturelle et il comprit que ses alliés tentaient peut être d'une manière ou d'une autre à le sortir de là. Trois battements de cœur (à un tempo frénétique) plus tard et il voyait la canne à sucre de la brune s'abattre plus loin, sans pouvoir voir précisément sur quoi. La prise se relâcha, et Nedru s'écarta vivement de l'eau. Megan eut le culot de le tirer en arrière, infantilisant une fois de trop le londonien ; toute trace de reconnaissance disparut tandis qu'elle lui tirait le bras pour le mettre hors du danger. Le Gris se releva douloureusement, affichant un sourire crispé en totale contradiction avec l'expression du reste de son faciès.


-Atténues la douleur oui s'il te plait.

Un effort incommensurable fut requis pour qu'il ne crache pas simplement l'ordre. Se faire sauver par cette inconnue ! Le fait qu'il s'agissait d'une femme tourmentait probablement encore plus l'égo de jeune homme. Megan lui administra alors une sorte de calmant magique, qui fit taire presque immédiatement les hurlements déversés par ses nerfs. Il leva sa main devant lui. Trois de ses ongles arrachés pendaient encore lamentablement au bout de ses doigts. Les blessures restaient réelles.

Megan apporta alors le dernier indice dont Nedru avait besoin pour comprendre la nature de leurs agresseurs. Il leva les yeux sur la pièce et son éclairage particulier. La drogue administrée le rendait-elle plus lucide ? Il lui semblait entendre distinctement chaque hypothèse de son pouvoir (qui n'était, au contraire, que ralenti par l'injection). En fait, organiser ses idées lui demanda une minute de réflexion d'une lenteur funeste.

Car plus loin, la trappe par laquelle ils étaient entrés dans cette « chaine de montage » de créature -s'en était une et l'évidence lui sautait aux yeux désormais- était assaillie par un flot de chuintements et de crissements épouvantables. « Les portes ne les retiennent plus ». Enfin, Nedru tenta de répondre à la question formulée par la brune, écartant sans la réfuter l'hypothèse de celui qui deviendrait son protecteur, d'une voix mal assurée.


-Je pense que les monstres sont composés en partie d'ombre, pas qu'ils soient allergiques au sucre. Ils utilisent la lumière et l'ombre pour nous attraper, regardez. Il tendit le doigts vers les lampes de la salle, toutes orientées à derrière l'eau, à l'opposée d'eux même, comme si cela eut pu suffire à expliquer quoi que ce soit. Leur corps « physique » semble beaucoup moins fort que leur corps immatériel. Et ils ont une sorte de pouvoir paralysant. J'ai ressenti quelque chose de sem... Assez perdu du temps !

Ses yeux se promenaient confusément entre le bassin et la trappe depuis qu'il s'était redressé et des « coulées » sombres filtraient désormais sous l'ouverture. Une sorte de fumée sombre à mieux y regarder. Les monstres allaient entrer et il interrompit son monologue pour quelque chose de moins éducatif ; la fuite. Il glissa au passage à Matt de trouver de quoi faire de l'ombre.

[i] Il ne prit pas la peine, pour sa part, de participer aux recherches. Il se dirigea plus loin dans la salle en prenant garde à éviter chaque lumière suspecte. Sa minute de réflexion avait été plus fructueuse qu'il n'avait eu le temps de l'exprimer. Il avait répondu à une autre question ; qui avait rétabli le courant ? La réponse était; quelqu'un qui désirait leur mort.

Il trouva rapidement une autre trappe ronde, fermée par une poignée métallique en forme de volant. Un symbole peint en rouge avait survécu à la rouille et il s'y distinguait encore les lettres « SECOU... ». Sortie de ?.. Matthieu ouvrit la trappe. Une longue échelle. Et en dessous... Une lumière lointaine faisait jouer sur une eau sombre des reflets moqueurs. Impossible d'en déterminer la profondeur. Ils avaient décidé d'éviter l'eau depuis le début, et voilà que leur porte de sortie était inondée. Impossible d'aller plus loin.

Pourtant, la jeune femme passa devant, descendant déjà les barreaux uns à uns, la tête prudemment fixée vers le bas. Courage, folie ? Nedru pencha pour l'inconscience. Les remords d'être la seule à ne pas être vraiment blessée ? Peuh, qu'elle fasse donc quelque chose d'utile ! Après tout, n'était-ce pas de sa faute s'ils étaient entrés dans le repaire des créatures, au dernier étage ? C'était bien la moindre des choses que de passer devant !

Après être descendue prudemment, elle sauta carrément dans l'eau. Nedru l'avait suivie (de loin) ; il constata que l'eau lui arrivait à mi cuisse. Il sauta lui aussi dans l'eau, quelques secondes après elle, pour vérifier que rien ne venait la happer. Ils étaient donc dans un couloir métallique étriqué, cylindrique et probablement circulaire ; il n'était pas possible d'en mesurer la longueur car le couloir tournait sur lui même, sur leur gauche. Une lumière orangeasse clignotait quelques cinquante mètres plus loin. Juste à côté de l'échelle, à hauteur du visage se trouvait un gros levier qui semblait avoir été installé plus récemment que le reste de l'installation. Nedru ne prit pas la peine de sortir ses pieds de l'eau pour le tirer ; cela eut nécessité de saisir l'échelle et chaque chose dans ce ridicule centre de recherche était conducteur; même si le levier crachait une décharge dans l'eau, ils en subiraient les effets. Raison pour laquelle il avait jugé que le levier avait une autre fonction que de cracher de l'électricité dans de l'eau - eau qui n'avait rien à faire là de toute façon. En fait, la lumière au loin s'éteignit, et une autre sembla s'allumer encore plus loin dans le couloir, tandis qu'une loupiote clignotante brillait désormais au dessus de leur propre tête. Etrange ! L'analyste concentra toutes ses énergies mentales sur le mécanisme et son utilité.

Lorsque Matthieu déboula en hurlant quelques secondes plus tard en jetant devant lui une imposante plaque métallique « pour faire de l'ombre comme tu as demandé», Nedru avait un plan.


Il faut allumer les lumières une fois sur deux. Ceux qui ont fait ce couloir savaient que les monstres utilisaient la lumière et l'ombre ; ils les ont créés ici même. Ils ont construit ça pour permettre de les bloquer, mais hé ! ça n'a pas parfaitement fonctionné. Au début, ils pensaient juste allumer toutes les lumières d'un coup, puis ils ont installé ce levier pour alterner. J'espère qu'il y en a d'autres plus loin. Il fallait tout expliquer, et vite.
Nous allons avancer face à la lumière. S'il n'y a pas de monstres entre la lumière et nous, ils ne pourront pas nous attraper sous forme d'ombre ; ils seront obligé de prendre une consistance, et cette consistance est fragile. Une fois que nous aurons passé la lumière et que les monstres seront entre la lumière et nous ; il leur suffira d'étendre leur ombre pour nous saisir. Il faudra donc éteindre la lumière à chaque fois ; en brisant l'ampoule si l'on peut, mais il y aura probablement d'autres leviers comme celui là, qui jurent avec le reste.

Matthieu, ta plaque peut nous sauver la vie. Reste derrière pour faire de l'ombre et les empêcher de progresser s'il s'avère qu'on ne eut pas casser les lampes. Ils prendront une forme physique derrière toi et n'arriveront probablement pas à te stopper tant que tu continue d'avancer. Si on la laisse dans le couloir, ils la passeront comme ils passent les portes, mais je pense que si tu bouge ils ne parviendront pas à s'insinuer autour.

Maintenant courrez !


Megan avait essayé de briser la lumière qu'ils laissaient derrière eux au moment où il avait évoqué la chose. Si elle avait eu le mérite de comprendre -apparemment- parfaitement ses explications et la nécessité « d'éteindre derrière eux », elle ne parvint pas à détruire la lampe. Une grille de fer protégeait une coque de verre, laquelle protégeait elle même l'ampoule. De toute évidence, les architectes de cet endroit avaient tout fait pour que, justement, les lumières ne puissent pas être détruites. Ils considéraient sans doute que la lumière stopperait les créatures. Ainsi commença la lente fuite en avant.

Matthieu, derrière eux, courrait en tenant à bout de bras derrière sa tête la plaque métallique. Elle était probablement assez large, au moins pour que l'invocateur soit à l'abri derrière. Courir avec autant d'eau dans les jambes était un supplice. Que Matthieu et son pied brisé parviennent à avancer tenait du miracle. Megan et lui même étaient loin devant, et ils parvinrent finalement à trouver un petit levier en dessous de la lampe qu'ils avaient éteint plus tôt. Avant de l'allumer, un regard en arrière leur apprit que les monstres étaient maintenant au même niveau qu'eux. En l'abaissant, ils plongèrent Matt dans des ténèbres salvatrices, allumant au dessus de leurs têtes et loin devant lui un petit phare orange.

Nedru se jeta en avant, poursuivant sa route, confiant dans les capacités de Matthieu et de toute façon trop concentré sur son propre souffle ainsi que la douleur dans ses cuisses endolories pour s'encombrer de compassion. Ils franchirent les cinquante mètres suivants, allumant à nouveau la lumière au dessus d'eux pour plonger Matthieu dans le noir, avec derrière lui une foule de créature pressées et juste trop lentes et intangibles pour parvenir à l'attraper.

Cette fois, Megan fit preuve de la compassion qui manquait à Nedru et resta en arrière. Quand l'analyste se fit rattraper par l'invocateur (décidément plus solide que lui, ou alors nouvellement dopé par l'algophobe) , il comprit qu'elle était restée derrière pour prendre sa place. Le duo parvint à un nouveau levier. Mais à côté du levier récent, un autre, plus massif et ancien, trônait. Nedru déchiffra « *ORTE ». Matthieu le laissait faire, n'ayant jusque là appuyé sur aucun levier, et continuait d'avancer, les yeux troublés par ce que le Gris estima être une peur panique.
L'analyste jeta un regard en arrière. La jeune femme tenait derrière elle la plaque métallique indispensable à la survie du trio, et encore derrière se devinait une foule de créatures, frustrées de ne pas parvenir à passer l'obstacle. Nedru la plongea dans les ténèbres d'un geste. Quand il abaissa le second levier, une lourde porte émergea de l'eau, entre elle et eux, isolant Megan du reste du groupe.

Elle était bloquée, derrière eux, dans le noir, seule avec une dizaine de monstres.

Les retiendrait-elle plus d'une poignée de secondes ? Sans doute. Nedru avait fait son choix. Il s'éloigna des leviers pour reprendre la course dans l'eau, se dirigeant péniblement vers un Matthieu qui n'avait probablement -et heureusement- rien vu de la scène.
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MessageSujet: Re: Le choc bio (PV Nedru & Megan) Jeu 30 Mai 2013 - 15:48


Comme il fallait s'y attendre, la réponse de l'invocateur fut rapide et terriblement idiote: encore de l'humour de seconde zone pour tenter en même temps de trouver une explication. Les monstres seraient allergique au sucre? Il y avait autant de probabilité que ce soit vrais que Megan devienne infirmière et s'enrôle dans une œuvre humanitaire. De son coté, Nedru avait bien voulu qu'elle s'occupe de lui, usant de son endorphine pour le soulager, elle ne pouvait pas faire plus mais cela suffirait pour qu'il puisse respirer sans souffrir. Elle s'en voulait un peu pour ses cotes mais sans ça, il serait surement mort à l'heure qu'il est, c'était donc un dégât collatérale très minime. L'intellectuel expliqua alors ce qu'il avait comprit: les monstres étaient intangibles dans l'ombre et ils avaient besoin de lumière pour être solide afin d'attraper leurs proies. Oui, mais une fois qu'ils trainaient leur victime dans l'ombre, comment faisaient-ils? C'était ça le mystère pour la jeune femme qui ne comprenait pas tout à ces monstres. L'invocateur de mollusque activa un levier et fit baisser le niveau de l'eau, il s'empressa ensuite d'ouvrir une porte ronde qui donnait accès sur une échelle: en bas il y avait de l'eau. Sauf qu'ils n'avaient aucun autre chemin et c'est ainsi que l'algophobe passa devant pour descendre et voir ce qui les attendait. Penser que le pire était derrière eux serait trop optimiste, elle le savait comme elle comprenait qu'elle serait sortit d'affaire seulement quand elle se serait réveillée. Nedru la suivit, gardant une certaine distance de sécurité avec elle, juste au cas où, il aurait été stupide qu'il risque sa peau si elle se faisait happer pour un monstre... Elle descendit donc lentement, un pied après l'autre, l'oreille tendu pour entendre seulement le bruit de l'eau, l'acier qui grince à l'extérieur et un petit égouttement qui devenait stressant. Son rythme cardiaque était surement ce qui faisait le plus de bruit dans sa tête mais elle fit comme si de rien n'était, refusant de céder à la peur. Elle se rassurait en se disant que le royaume obscur était pire que ça, qu'elle avait déjà vu pire et que tout irait bien. Mais malgré tout, elle avait de sérieux doutes: à coté, la visite du pire royaume du monde onirique avait semblé être une ballade touristique en compagnie de Mickaël.

L'algophobe sauta de l'échelle pour arriver dans la nouvelle pièce. L'eau lui arrivait à hauteur des cuisses, un regard vers le haut et elle vit que Matthieu tentait de cloisonner tant bien que mal la porte du SAS pour ralentir, ne serait-ce que quelques secondes les créatures. Une chiche lumière orange brillait au loin dans ce tunnel circulaire qui tournait lentement sur la gauche. Ce couloir semblait effectuer une très longue courbe ainsi il était impossible pour l'instant d'en voir le bout ce qui ne présageait rien de bon. Elle ignorait ce qui pouvait se terrer dans l'ombre, prêt à bondir et il y avait fort à parier qu'ils n'étaient pas les seuls à être arrivé ici. Nedru bondit à son tour dans l'eau et inspecta aussi les alentours. Il activa un petit levier pour voir que la lumière au loin s'éteigne afin d'être remplacée par une autre encore plus loin. Une plus longue zone dans le noir... Megan n'aimait pas ça, l'idée d'avancer sans voir ses ennemis ne lui plaisait pas. Mais le jeune homme prit la parole: il expliqua que ceux qui avaient fabriqué cet endroit avaient comprit que la lumière et l'ombre pouvaient ralentir les créatures, probablement elles aussi créent ici. Il fallait donc garder la lumière devant soit et courir avec les monstres derrière encore dans l'obscurité. Il note l'importance de trouver d'autres levier pour alterner les lampes et si ce n'était pas possible: briser la lampe qui poserait problème. Matthieu venait de les rejoindre, il portait une imposante plaque en acier disant que celle-ci pourrait servir à faire de l'ombre. Genre bouclier de guerrier dans les jeux vidéos, on ne pouvait pas faire mieux, il avait eut une très bonne idée en amenant ça, enfin du point de vu de la brune peut-être que Nedru lui n'aimerait pas. Mais il conseilla à l'invocateur de rester derrière pour bloquer et ralentir les monstres. Courir, encore et toujours. Mais avant, Megan dégaina sa canne et visa la lampe au dessus d'elle pour l'exploser. Elle frappa fort, le coup résonna dans le tunnel mais l'éclairage ne broncha pas: une coque métallique protégeait le verre qui protégeait l'ampoule. L'option: défoncer l'éclairage tombait donc à l'eau. Elle soupira et suivit donc ses compagnons, courant à coté de Nedru tout en laissant Matthieu quelques mètres derrière eux. L'air était devenu plus lourd, elle pouvait sentir le stresse qui commençait à s'infiltrer dans ses entrailles: les monstres n'étaient pas loin, ils avaient finalement passé la porte condamnée sans trop de problème.

Courir avec les jambes dans l'eau n'était pas ce qu'il y avait des plus simples. Chaque mouvement était de plus en plus difficile, le bruit de l'eau informait les monstres de leurs positions mais ils arrivaient enfin vers la lampe suivante. Il y avait un autre levier, d'un regard en arrière Meg eut le temps de voir Matthieu avec des monstres derrière lui, l'un d'eux tendit un bras informe pour l'attraper se heurtant à la plaque sans parvenir à l'attraper mais Nedru activa le levier, plongea l'invocateur dans le noir et lui sauvant ainsi la vie. Ils continuèrent de patauger, avançant comme ils pouvaient. L'odeur de moisissure ce faisait de plus en plus forte ainsi que celle des algues. L'endroit devait être depuis longtemps abandonné et à moitié immergé mais pour le cours d'histoire, il faudrait attendre plus tard, ils avaient pour l'instant mieux à faire que de se renseigner. Elle commençait à avoir un point de coté mais n'osait pas user de son pouvoir, craignant de se faire attraper, elle espérait que son pouvoir: Xchange, aurait un effet sur ces choses. Une cinquantaine de mètres plus loin, nouvelle lumière, nouveau levier, Nedru réitéra le même procédé et plongea de nouveau le retardataire dans le noir. Les monstres gagnaient du terrain et tôt ou tard, Matthieu avec son pied et le poids de la plaque, ne parviendrait plus à les distancer. Bouclier ou non, s'il prenait trop de retard, il risquait de se faire tuer. C'est pourquoi Megan ralenti alors la course afin d'attendre le jeune homme. Il semblait à bout de souffle mais sa détermination, son envie de vivre était toujours bien là, heureusement.

"Passe moi la plaque et pars devant, tu t'en sortiras mieux sans ce fardeau et je peux le faire sans problème."

L'invocateur accepta sans trop broncher, chose qu'il aurait pu faire car une femme lui proposait son aide, lui disait même qu'elle allait porter la plaque à sa place. Mais ce n'était pas le moment de jouer sur la galanterie ou de se prendre pour un héros. Déjà qu'elle regrettait presque son acte de gentillesse: mais elle se sentait plus à même que lui pour cette tâche, après tout elle n'était pas blessée. Alors qu'ils échangèrent de place, elle lui attrapa la main et libéra une autre dose d'endorphine dans les veines de l'invocateur pour l'aider à endurer cette course effrénée. Rapidement, elle regretta amèrement son initiative: courir en tenant la plaque n'était pas chose aisée et les monstres proches d'elle lui zappait petit à petit son moral, elle sentait la peur qui la rongeait de plus en plus. C'était comme si en plus d'être plongée dans le noir, on lui retirait tout espoir de revoir la lumière un jour. Avalant avec difficulté sa salive, elle grogna alors pour se donner du baume au cœur et pressa le pas tout en sentant les monstres se heurter à son bouclier de fortune. Elle arrivait enfin vers la prochaine zone éclairée, voyant Matthieu passer à coté du levier alors que Nedru lui s'y arrêtait. Elle note un moment d'hésitation de la part de son compagnon pour voir enfin qu'il y avait deux leviers. Hésitait-il entre les leviers? Craignait-il de faire une bourde s'il se trompait? Il tourna les yeux vers elle, baissa l'un deux et la plongea dans le noir juste à temps. Mais son regard était étrange, il avait quelque chose de haineux quand il avait fixé la jeune femme c'est tout du moins ce qu'elle avait ressenti sur le moment. Et là, le Voyageur abaissa le second levier. Une immense porte en fer jaillit de l'eau pour bloquer l'accès. D'un coté: Matthieu et Nedru, de l'autre: Megan et les monstres.

Tellement surprise qu'elle se heurta à la porte sans ralentir. Son crâne faillit se fracasser contre l'acier, elle vacilla et lâcha sa plaque pour marteler de ses deux mains le mur nouvellement apparu devant elle. Cet enfoiré l'avait deviné et même prévu: il l'avait piégé tant pour coincer les monstres que elle. Il n'avait pas hésité, il n'en avait même rien à foutre de l'algophobe. Elle se brisa les phalanges de la main droite en frappant la porte de toutes ses forces. Elle ne pensait pas la briser mais cela avait eut le mérite de lui remettre de l'ordre dans sa tête. La douleur grimpait jusque dans son coude et il lui était impossible de remuer les doigts. Elle martela la surface rigide de sa main valide, espérant que Matthieu l'entende, peut-être que lui ferait demi-tour.

"Hey! Revenez! Vous comptez vraiment m'abandonner de la sorte?!"

Megan continua d'hurler et de frapper durant plusieurs secondes voir plusieurs minutes. Mais rien, aucune réponse ne lui fit échos. Ses jambes étaient douloureuses à force de courir, sa main était hors d'usage et elle avait un point. Elle abandonna l'idée de s'acharner sur l'acier et appuya simplement son front dessus, cherchant à reprendre son souffle. Autour d'elle, une multitude de bruit résonnait à ses oreilles, elle ne les voyait pas mais elle savait qu'ils étaient là, qu'ils l'entouraient, prêt à la dévorer, à la réduire à l'état de lambeaux de chaire si jamais l'éclairage revenait. Un froid incroyable la submergeait depuis un petit moment et ceci n'avait rien à voir avec l'eau. Il ni avait plus d'espoir, plus de sortie, plus de moyen de fuir. Il ni avait plus qu'elle et eux. Son corps tremblait nerveusement, elle sentait la peur comme jamais elle ne l'avait sentit, même sa phobie durant sa jeunesse ne lui avait pas été si atroce. Elle était incapable de penser ou encore de bouger. S'ils se nourrissaient de son désespoir, ils devaient actuellement se faire un festin digne des dieux. Son poing s'abattit mollement sur la porte et un "Revenez" à peine audible parvint à sortir entre ses lèvres. Sa gorge était sèche et son estomac noué, il lui semblait avoir perdu toute force vitale et envie de vivre. Elle allait mourir ici: rongée par la peur et le désespoir. Autour d'elle les bruits se faisaient avec plus de frénésie, surement que ces choses étaient toutes excités d'avoir une proie coincée, de voir que leur repas était là et qu'il suffisait d'attendre un peu que la lumière revienne.

Jamais elle n'aurait penser détester autant quelqu'un. Jusqu'à maintenant toute sa haine avait été pour Hugues: son beau-père qui l'avait maltraité durant des années. Ce Nedru venait en une nuit de voler la vedette à Hugues. Elle voulait sortir de là, le retrouver, le torturer et enfin le tuer lentement. L'entendre hurler et implorer mais lui laisser l'espoir qu'elle ne le tuerait pas afin qu'il comprenne enfin que sa seule délivrance soit la mort. Cette rage finit par la dominer à un tel point qu'elle parvint à supporter sa peur et son angoisse. Elle avait un espoir à présent et rien ni personne ne lui retirerait son envie de vengeance pas même la mort. Devenait-elle comme ces monstres: seulement habité par l'envie de tuer, sans aucune autre émotion? Il semblerait mais elle s'en moquait bien, elle s'en foutait de devenir comme eux, limite cela l'arrangerait pour pourchasser Nedru, le retrouver et l’exécuter. Elle se retourna et s'adossa à la porte tout en poussant un soupire. Son rythme cardiaque avait retrouvé un rythme plus calme même s'il était largement supérieur à la normale. C'est là qu'elle la vit: la lueur d'espoir qui lui manquait pour remettre de l'ordre dans sa petite caboche de tête brulée. Et pour une lueur d'espoir c'en était une: une lampe fonctionnait bien loin derrière, elle pouvait rebrousser chemin, elle pouvait remonter et peut-être trouver un autre passage. Le problème était que si elle allait dans la lumière, elle serait en danger avec ces choses autour d'elle. Rester ici à attendre le réveil ou tenter de se venger? Les deux solutions étaient tout aussi dangereuses. Une autre information à prendre en compte: depuis que la porte était fermée le niveau de l'eau montait lentement. Elle avait à présent de l'eau jusqu'au dessus du bassin, son nombril serait sous l'eau d'ici quelques secondes. Rester ici et mourir noyée ou retourner à la lumière pour se faire dévorer. Elle était coincée et ne voyait pas comment se sortir de là.

Megan plongea alors et chercha au fond de l'eau la plaque en acier qui avait servit de bouclier, c'était sa seule chance de s'en sortir. Son choix était fait: elle affronterait les monstres plutôt que d'attendre que la mort la prenne ici. Ses doigts se refermèrent sur l'objet convoité et sa tête jaillit de l'eau un instant plus tard. L'air rentra dans ses poumons, elle crut avaler de la glace tellement que l'atmosphère autour d'elle était glaciale. Frissonnante de la tête aux pieds, elle se mit en marche vers la lumière au bout du tunnel, peut-être était-ce la direction vers la fin de sa vie de Voyageuse mais rester à attendre reviendrait au même sans aucune chance de s'en sortir.

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MessageSujet: Re: Le choc bio (PV Nedru & Megan) Lun 10 Juin 2013 - 15:25
Ils étaient évident que des monstres comme ceux qui poursuivaient le trio ne pouvaient être allergiques au sucre : c’était trop absurde, même pour Dreamland. Un tel décalage ironique ne collait absolument pas avec l’ambiance sordide qui régnait depuis le début de la nuit. L’hypothèse de Matthieu n’était guère plus qu’une boutade qui cherchait à dégivrer l’atmosphère après la tentative en bonne et due forme d’assassinat de Nedru : malheureusement, la blague tomba à plat. Matt n’avait jamais eu aussi peu l’humour à propos. Megan lui adressa un regard noir. Quant à Nedru, qui sortait juste des griffes de la mort, il proposa sa propre hypothèse. Bien entendu, elle tenait bien plus la route que celle de Mollusque-man. Elle semblait même brillante. C’était sûrement pourquoi Matt n’y comprit rien du tout. Enfin, rien du tout... Disons qu’il eut du mal à en percevoir la subtilité. Tout ce qu’il parvint à comprendre était un rapport entre la lumière et les ténèbres, et l’intangible et le tangible. L’invocateur espérait sincèrement que son employeur lui donnerait plus d’amples explications par la suite, car les choses étaient loin d’être claires pour lui. Ce qui était clair, par contre, fut l’ordre que Nedru donna à son acolyte, à savoir de trouver de quoi faire de l’ombre. Matthieu chercha dans la pièce de quoi faire, ce qui n’était pas évident. Un vulgaire tuyau n’y suffirait sans doute pas, c’est pourquoi le jeune homme lâcha ce qu’il avait à la main jusqu’alors, se mettant en quête de quoi le satisfaire. C’est alors que ses pieds butèrent sur quelque chose qui s’avéra plus qu’adéquate : il s’agissait d’une immense plaque en métal. Un sourire étira les lèvres du voyageur : cela devrait être suffisant pour faire l’ombre réclamée ! Matthieu se saisit donc de la dite plaque. Elle était lourde, et il n’aurait sans doute jamais pu la porter dans le monde réel. Mais heureusement sur lui, il était dans Dreamland, et sans être (encore) parmi les plus puissants voyageurs, sa force n’en était pas moins décuplée. Ceci fait, la plaque fermement tenue, Matt rejoignit ses deux comparses dans la salle suivante.

-Hey ! Nedru ! Regarde ce que j’ai trouvé pour faire de l’ombre comme tu as demandé ! fit le voyageur, presque heureux de prouver sa bonne volonté après les séries d’humiliation qui lui étaient tombées dessus au fur et à mesure.

Ce fut à ce moment que Matt jeta un coup d’oeil sur ce qui l’entourait. Ce qui était bien dans cet endroit, c’est que chaque salle promettait toujours plus de glauque, c’était charmant. Ici, on avait droit à un gigantesque tuyau baigné de lumière. Et d’eau. Son contact fit d’ailleurs frissonner l’invocateur. La dernière fois qu’il s’était approché d’un élément aqueux, un de ses monstres avait tenté de le tuer. Ca promettait donc une franche équipée sympathique. Les choses ne s’arrangèrent pas quand Nedru exposa son plan, tout en développant son argumentation du pourquoi du comment des créatures. C’était à peine plus clair pour Matt. Ce qu’il comprit surtout, c’était qu’il allait devoir rester à l’arrière pour faire de l’ombre avec la plaque. Ba tiens... Il avait un peu l’impression de servir de chair à canon, dans ce cas présent. D’un autre côté, il n’avait pas vraiment le choix. Nedru semblait être le plus à même de juger la situation et d’en tirer les meilleures conclusions. Matthieu n’était de toute façon pas de ceux qui donnait leur confiance avec pingrerie : jusqu’à présent, Nedru s’était avéré assez efficace, et avait preuve de bonne volonté pour les tirer de là tous les trois. Matt sentait qu’il pouvait lui faire confiance, qu’il n’abandonnerait personne. De surcroit, il plaisait à Mollusque-man de prendre le rôle du héros, de celui prêt à se sacrifier pour ses coéquipiers. Cela faisait toujours classe dans un C.V.

Il fallut pourtant se lancer dans ce semblait être le moment le plus dangereux et le plus angoissant de toute cette folle équipée. Certes, il y avait eu le moment où Matt avait manqué de se faire noyer, ainsi que leur première confrontation avec les monstres. Mais ici, le danger était parfaitement palpable, tout en étant présent de façon diffus. Cela n’en était que plus effrayant. Le fait de savoir à quelle sorte de créatures ils avaient affaire n’était pas si rassurant que cela au final. Et puis, il fallait bien l’avouer, Matt n’était pas au sommet de sa forme physique. La nuit était déjà bien avancée, et ils n’avaient fait que de courir en tous sens, tout en se causant des peurs bleues : on avait fait mieux en terme d’entretien physique. Ajoutez à cela le pied brisé, et le portrait était complet, surtout dans un lieu où l’eau arrivait jusqu’aux genoux, ce qui freinait largement la progression. Quant à la plaque, elle pesait tout de même son poids. Elle paraissait relativement légère à porter, mais plus le temps avançait, et plus cela devenait difficile. D’ailleurs, on faisait plus aisé à manoeuvrer. Il fallait l’avouer, jouer les héros n’était pas si drôle. Face à un adversaire possible à vaincre, moins sournois, Matt était prêt à faire les fiers-à-bras autant que possible. Mais dans ce contexte, traqué par une multitude de créatures insatiables et insaisissables, c’était une autre paire de manche, et rendait le travail d’arrière-garde beaucoup moins agréable que prévu. Matthieu était loin d’être un couard : il n’eut, cette fois-ci, jamais autant peur de sa vie. Cela semblait dépasser même la nuit où il avait surpassé sa phobie des mollusques. En effet, malgré le rythme rapide qu’il essayait de conserver, Matt, au fur et à mesure, pouvait sentir cette menace qui s'agrandissait derrière lui. Toujours un peu plus. Elle n’était pas qu’intangible : elle pouvait être palpable. Un instant, Matt fut certain de sentir quelque chose qui avait attrapé la plaque. Il allait crier, quand Nedru, quelques pas devant, abaissa le levier salvateur, plongeant l’invocateur dans le noir, et lui sauvant la vie par la même occasion. La sueur perlait sur le front de ce dernier, tandis que sa respiration se faisait de plus en plus saccadée. Matt ne comprenait toujours pas ce précédé d’ombre et de lumière. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il était dans une situation dangereuse, et qu’il n’avait d’autre choix que d’avancer, tandis que Nedru faisait progresser la lumière. Oh, mais quand tout cela s'arrêtera-t-il ? Matt avait sous ses yeux la preuve que l’expression « ça ne peut pas être pire » était plus que stupide.

Il lui fallait pourtant avancer, la peur au ventre, et surtout dans le dos. Néanmoins, au bout d’un moment, alors que l’invocateur sentait que son dos et sa jambe n’allaient plus tenir très longtemps, Megan, l’infirmière de service, s’approcha de lui. Elle lui proposa de prendre la plaque à sa place, pour se relayer. Matt hésita l’espace d’un instant. Ce fut bref : sa jambe manqua de le lâcher à ce moment. Le jeune homme ravala sa fierté, mal placée dans un pareil moment, même lui devait le reconnaitre, et tendit rapidement la plaque à Megan. Il la remercia d’un sourire épuisé, mais sincère. Sa gratitude augmenta encore quand Megan utilisa à nouveau son pouvoir sur le jeune homme, déclenchant pour la seconde fois l’endorphine bienfaisante. Ce fut comme une cure de jeunesse pour Matthieu, bien plus efficace que n’importe quelle Redbull ou n’importe quel médicament. Après cet épisode épuisant moralement et physiquement, cela ne pouvait lui faire que du bien. En fait, ce fut tellement efficace que Matthieu se mit presque à courir, à la fois ragaillardi, mais également cherchant à mettre le plus de distance entre lui et ses foutues monstres. Appelez ça de la lâcheté si vous voulez, mais ce fut en tout cas comme un pur réflexe spontané qui le poussa à aller au maximum de l’avant, délaissant Megan derrière, comme si elle avait disparu. Il n’avait qu’une hâte, le pauvre Mollusque-man, c’était de se sortir de là une bonne fois pour toute ! Toujours agité par cette sorte de frénésie, Matthieu semblait littéralement bondir, et après avoir laissé Megan derrière, il dépassa Nedru sans demander son reste, évitant toutefois d’aller trop loin tout seul, car c’était Nedru qui savait comment progresser. Néanmoins, en avançant toujours de ce pas plus altier que ses deux camarades, le maître des mollusques ne remarqua pas l’ignoble stratagème qui se manigançait derrière lui. Matt avançait, et les deux semblaient en faire de même, il ne lui vint donc même pas l’idée de tourner la tête. Cela risquait de lui faire voire les monstres, ce à quoi il se refusait. Les bruits sourds qu’il crut entendre un moment ne le choquèrent pas, vu l’endroit où ils étaient. Il s’agissait peut-être des créatures en train de pulluler quelque part, tels les gobelins de la Moria. C’est donc ainsi que le jeune homme avança, tout en ignorant le drame qui se produisait derrière lui...

Tandis que Matt avançait, avec le seul Nedru à ses trousses, le jeune homme crut remarquer que le couloir semblait changer, comme s’il se rétrécissait. Une boule lui traversa la gorge : serait-ce une nouvelle salle ? Si c’était le cas, les changements ne leur avaient pas porté chance jusqu’à présent. Il s’agissait pourtant bien d’une salle quelque peu différente du tunnel. Malgré le noir complet qui y régnait, Matt put voir sur les murs un ensemble d’assemblages électroniques en tous sens, à l’apparence assez sophistiquée, bien qu’ayant sûrement connu des jours meilleurs. Qu’est ce que c’était que ce truc, encore ? il n’y avait pas de machines assez bizarres dans cet endroit pour en rajouter une couche ? Alors que Matthieu allait se retourner vers Nedru pour lui demander des explications (s’il en avait), il remarqua quelque chose dans le noir. Un cri se figea dans sa gorge. Un monstre était là, et les regardait de son regard à la fois froid et haineux. Des tremblements convulsifs parcoururent alors le corps de Matt, qui ne comprenait pas ce qu’un monstre faisait dans cet endroit, alors qu’ils étaient censés être tous derrière eux, à leur poursuite. Le troglodyte esquiva un geste, prêt à leur bondir dessus, malgré son infériorité numérique. Matt, une nouvelle fois, eut un réflexe heureux. La peur d’être pris en tenaille le réveilla de la terreur que procurait le contact direct avec les créatures. Il ne pouvait plus invoquer Oscar, le plus efficace de ses mollusques, pour se défaire de ce seul monstre, mais il lui restait d’autres cartes en mains. Il fit quelques mouvements cabalistiques avec ses mains, et aussitôt apparut légèrement derrière lui Francis l’huitre. Dans un cri de panique, Matt hurla :


-FEU !

Francis ne prit pas le temps de réfléchir à la situation, et obéit à l’ordre de son maître. Il tira donc, droit devant lui. Malheureusement, l’obscurité régnant ne permettait pas à l’huitre de tirer de façon efficace, en visant par exemple. Matthieu en avait conscience. De plus, vu l’endroit où il était, mieux valait éviter de tout détruire, au risque de se retrouver ensevelis vivants. C’est pourquoi, après un tir, Matt désinvoqua le mollusque, et attendit. L’obscurité empêchait de vérifier si l’explosion avait bien atteint son but, et seul le bruit sourd qu’elle avait causé permettait d’attester que l’eau n’avait pas empêcher à la perle de répandre sa destruction à quelques mètres autour d’elle. Néanmoins, il était impossible de savoir si la créature avait été touchée ou non : autant chercher un récépissé de Germaine à Relouland. Soudain, il y eut un mouvement vers la droite de Matthieu : le monstre venait de bondir vers Nedru, qui arrivait à la suite de l’invocateur. La créature en question avait apparemment pâti de l’explosion, puisque sa peau semblait grêlée, voire brûlée à certains endroits, autant que pouvait en juger Matt. Ce dernier, pris par le temps, car il savait que s’il trainait, les autres ne sauraient tarder, sauta contre la créature, dans un geste désespéré et absolument pas réfléchi. Il parvint à écraser le monstre, qui couina, contre le mur le plus proche. Malheureusement, ce n’était pas suffisant. Le troglodyte, bien qu’affaibli, était toujours très agile, et tenta d'agripper le cou de Matthieu pour pratiquer une strangulation mortelle. Mais le voyageur glissa dans la vase, lui évitant de se faire broyer les cervicales, ne pouvant tout de même éviter à un large morceau de son sweat noir de se faire arracher. A la fois aussi fou de colère que son adversaire, et aussi toujours effrayé, Matthieu lui lança l’uppercut de sa vie, largement amplifié par l’adrénaline. On entendit alors un craquement sonore, et la créature chuta. Mais Mollusque-man lui attrapa la tête avant qu’elle ne tomba à l’eau, et s’employa à la pulvériser méthodiquement, avec toute la rage possible contre le mur. La créature se débâtit encore un peu au début, puis ses tressaillements n’étaient plus que ceux de l’agonie. Le monstre avait été bien amoché par la perle explosive, ce qui facilitait le travail de l’invocateur. Celui-ci, totalement dépenaillé, des éclats de chairs et de sang sur le corps, s’avança alors vers Nedru, le sourire aux lèvres de celui qui vient d’emporter une victoire, tout en tentant de contrôler des tremblements ponctuels. Cela avait paru prendre des heures, mais l’ensemble de l’action n’avait pris que quelques instants. Soudain, tandis qu’il se rendait vers l’informateur afin de récolter quelques félicitations, Matt se rendit compte qu’il n’y avait que lui. Il manquait quelqu’un...

-Mais... Où est Megan ? demanda-t-il, inquiet.
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MessageSujet: Re: Le choc bio (PV Nedru & Megan) Sam 15 Juin 2013 - 2:56


Tss, ce regard... Qu'est ce qu'elle croyait ? Dreamland n'est pas une garderie. Nedru essuya la sueur qui perlait au bout de ses cheveux et lui tombait dans les yeux avant de reprendre sa course effrénée. En gardant ce rythme, ils étaient perdus... Lui, en tout cas, ne pouvait presque plus avancer ; ses jambes ne le portaient qu'avec difficulté. Qu'auraient-ils fait alors ? Ils l'auraient porté, lui et la plaque en prime ? Foutaises ! L'algophobe aurait enjambé son corps et l'aurait laissé seul avec les monstres. Il avait choisit de survivre, voilà tout.

L'analyste reprit sa route en expirant comme un soufflet de forge, proprement débarrassé de tout sentiment de culpabilité. Uniquement concentré sur ses douleurs, il ne remarqua pas immédiatement que ses côtes étaient restées insensibles et que là reposait peut être la preuve que Megan resterait en vie. Lorsque l'idée lui effleura l'esprit, il se promit de trouver un Royaume sûr où se terrer la nuit suivante.

Pour l'heure, il avait d'autres problèmes. A peine vingt mètres plus loin, Nedru leva les yeux sur une créature semblable à celles qu'ils avaient aperçu plus tôt. Il croisa son regard. D'abord, Nedru ne ressentit rien de plus que l'angoisse parfaitement normale de celui qui trouve un monstre prêt à le dévorer dans un lieu où il ne devrait pas se trouver. Mais la capacité d'analyse du brun l'informa que le monstre était idéalement placé devant une source de lumière (lointaine, certes, mais permettant de projeter son ombre assez efficacement). Que la salle derrière lui ressemblait à s'y méprendre à celle accueillant un autre générateur, pas si loin que cela, et que cela impliquait que leur mystérieux sauveur n'était autre que... Ce monstre. Il avait rétabli le courant pour les piéger. Ne brillait-il pas une lueur d'intelligence malsaine au fond de ses yeux disproportionnés ?

Nedru voulut articuler un ordre, mais il n'y parvint pas. Un pas de retrait se transforma en chute, le plongeant dans l'eau jusqu'au menton. Tout analyste génial et totalement imbu de sa personne qu'il était, il ne devait survivre que grâce aux réflexes de l'invocateur. Une perle fendit l'air et dispersa le silence en une explosion plus que rassurante. Comme quoi avec un peu de bonne volonté !.. Nedru tenta de se relever, sourd aux protestations de ses muscles en feu.

C'est sans doute cette situation qui l'empêcha d'entendre correctement les remous de l'eau, de les interpréter correctement... Ou bien peut être n'était-ce là qu'un effet de la fatigue et de l'excitation, la saturation de son pouvoir, de ses propres capacités psychiques... Il ne se releva donc péniblement que pour se faire agresser immédiatement par une créature dont la proximité était autant un affront qu'effrayante.

Il se jetait sur lui. Doigts en avants. De longs doigts d'étrangleurs, secs et noueux. Au bout de bras cadavériques, rattachés au torse par morceaux de tendons et restes de muscles. De l'autre côté du torse, une large blessure béait. Et au dessus.. La « bouche », crispée par une grimace de pure haine, était écorchée par des dents inégales. Deux yeux révulsés, jaunâtres, comme injectés de sang. Chaque détail fut soigneusement noté, quelque part. S'il survivait, Nedru garderait cette image gravée dans son esprit pendant assez longtemps pour lui faire craindre de s'endormir.

Le cerveau de l'analyste lui expliqua, comme au ralenti, qu'il fallait plier le bras droit, saisir le poignet par l'extérieur et le repousser sur sa droite, sans forcer, pour repousser l'attaquer. Mais son corps savait que ses poignets étaient encore submergés et que jamais il n'aurait le temps de tenter quoi que ce soit pour se défendre.

Fort heureusement !... Matthieu démontra qu'il avait de la ressource. La créature chercha à se débattre mais son étreinte était plus puissante. Le bruit de craquement, plus ceux qui suivirent, de plus en plus mou, furent aux oreilles du Gris la plus douce des symphonie. Nedru contempla la mise à mort, trop fasciné pour se rappeler qu'il avait le souffle court. Ce n'est que lorsque Matt revint vers lui qu'il se pencha sur ses genoux pour répondre à la question de l'invocateur.


-Elle était juste derr.. ? Elle s'est réveillée apparemment. Inspiration. Je l'ai quittée des yeux un instant seulement, et je ne l'ai pas entendue crier. Expiration. La nuit touche à sa fin, trouvons un moyen de rester en vie jusqu'ici.


Il leva des yeux fatigués sur son sauveur. Qui irait croire qu'il venait de l'enfermer, la laissant seule à son propre sort ? Nedru n'était-il pas un guide attentionné ? D'ailleurs, il prit les devants de l'opération en claudiquant, parcourant des yeux la salle des machines, partiellement inondée. Presque autant pour reposer son corps que pour l'utilité de la chose, Nedru activa un levier, provoquant la diminution progressive du niveau de l'eau, avant de couper définitivement le générateur par une pression identique. Ce n'est qu'au plus profond de l'obscurité qu'il souffla à Matt ;


-Il y a une échelle au fond. Elle nous fera revenir à l'entrée je crois, là où se trouvait le conduit inondé en arrivant, si mon sens de l'orientation ne me trompe pas. Une fois en haut... Avec un peu de chance, le temps que ces trucs fassent tout le tour, on pourra s'éloigner suffisamment de cet endroit... Ou alors, on peut tenter notre chance ici. Mais je crois que même dans le noir, ces choses sont dangereuses. J'aime autant mettre de la distance entre eux et nous. Les murs ne les retiennent pas !

Il esquissa une sorte de sourire pour lui même puis saisit un barreau de l'échelle, regroupant ses dernière forces pour se hisser. Peu de temps après avoir atteint le sommet, l'escapade des deux ombres boiteuses fut stoppée nette par une sonnerie de réveil aux notes angéliques, tirant définitivement en dehors de la zone 23 l'analyste du monde onirique.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le choc bio (PV Nedru & Megan) Mer 26 Juin 2013 - 21:57


Avancer, continuer d'avancer tout en tenant un pseudo-bouclier devant soit, masquant ainsi le chemin, même si elle était dans le noir et n'y voyait pas grand chose. Utiliser cette plaque pour rester dans l'ombre, pour que son corps ne soit pas exposé à la lumière. Entendre son rythme cardiaque qui bat la chamade dans sa poitrine et aussi au niveau des tempes, ça n'a rien d'agréable pensa-t-elle alors. Elle avala difficilement sa salive et osa baisser un peu son morceau de ferraille pour apercevoir des monstres biens tangibles qui l'attendaient avec avidité au niveau de la lumière. Finalement, c'était une belle nuit pour mourir, elle n'avait pas d'autres options de toute façon. Réajustant sa plaque, elle continua d'avancer, se dirigeant vers la lumière au bout du tunnel, vers la mort et au devant de moult dangers. Megan poussa un long soupire et chercha au fond de ses entrailles le peu de détermination qu'il lui restait. Elle pensa machinalement à ce Nedru, à Hugues son beau-père, bizarrement pour se donner du baume au cœur, penser aux gens qu'elle déteste semblait l'aider. Si elle pouvait les étriper tous les deux, cela serait son plus beau cadeau de Noël et on pourrait même oublier son anniversaire! Sauf que ce n'était pas pour tout de suite, déjà la priorité était de sortir de là, ce qui semblait impossible...

Un choc résonna dans tout son corps, ses genoux fléchirent et elle cessa d'avancer. L'une des créatures venait de frapper son bouclier, cherchant à le briser pour atteindre l'algophobe. Un autre coup ne tarda pas à répondre au premier, puis un autre suivit encore d'un autre. Obligée de reculer pour ne pas crouler sous les attaques, Megan comprit que les bestioles s'impatientaient et qu'elle n'avait d'autre choix que d'attendre dans le noir. Totalement frigorifiée, elle avait de l'eau jusqu'au niveau de la poitrine et elle grelottait pas mal. Ses dents s'entrechoquaient de plus en plus fort également. Combien de temps avant que le réveil sonne? Elle n'aurait sut le dire et c'était bien ça le problème... Un autre coup, plus puissant, l'a surprit et elle but la tasse car ses jambes se dérobèrent. Toussant ce qu'elle pouvait, elle tentait de reculer d'avantage mais l'eau la poussait en avant ce qui n'arrangeait rien. Quelque chose agrippa la plaque et avec une force incroyable, l'arracha des mains de la jeune femme. Elle se retrouva face à face avec une de ses choses et sentit alors son estomac se nouer. Le regard jaunâtre et malsain du monstre était posé sur elle, on aurait dit qu'il se délectait déjà de son repas. Sans réfléchir, elle lui colla un puissant uppercut, le poing chargé de son pouvoir afin d'amplifier la douleur. Megan crut se briser les phalanges sur le monstre tant il était résistant, mais la chose recula en grognant, apparemment surprise de l'impact. Megan se retourna et plongea alors dans l'eau pour tenter de s'éloigner de la lumière, quitte à nager à contre courant. Elle pourrait encore reprendre son souffle plusieurs fois avant que l'eau remplisse entièrement le tunnel.

Le corps engourdit par le froid et les muscles fatigués, Megan remontait à la surface pour respirer pour la troisième fois. Seul sa tête dépassait de l'eau et elle touchait le plafond... D'ici peu de temps, l'endroit serait totalement submergé et elle devrait espérer tenir un temps indéterminé... Même sans les voir, elle pouvait sentir les créatures qui déambulaient autour d'elle, attendant qu'elle se noie, que l'eau emmène son corps vers la lumière pour le ronger jusqu'à l'os. Son regard se posa vers la lumière justement... Briser la protection et l'ampoule, non pour tomber dans le noir mais surtout pour électrocuter les monstres, elle aussi au passage, mais c'était sa seule et unique chance. Normalement, vu la technologie de l'endroit, il y avait probablement un différentiel et donc, à peine y aurait-il un court-circuit que le jus sera coupé, mais cela suffirait-il à tuer ou calmer ces trucs? Et  surtout: y survivrait-elle?

Nageant rapidement vers la lumière, voyant les monstres se dessiner autour d'elle, de plus en plus visibles mais surtout de plus en plus nombreux. Elle sentit une main se serrer avidement sur sa cheville et la tirer vers le bas. Son esprit fut alors comme vidé: seul la peur, l'angoisse et la détresse arrivaient à naitre et croitre dans sa tête. Mourir, elle allait mourir là, ici et maintenant. Elle n'avait aucune chance, pourquoi ne pas être restée dans l'ombre? Pourquoi avoir encore une fois voulu jouer la tête brulée? Une multitude de mains visqueuses et squelettiques se jetaient sur elle pour lui déchirer ses vêtements, lui déchiqueter sa peau, lui tirer les cheveux. Des doigts se glissèrent sur son visage, la chose semblait en vouloir à ses yeux. Elle avala une bonne quantité d'eau en ayant voulu hurler de douleur dans le doigt du monstre se glissa avec force entre l’œil et l'os. Elle libéra son pouvoir, tentant vainement de partager sa douleur avec ces choses. De transférer ce qu'ils lui faisaient, mais cela ne semblait même pas les ralentir. Des crocs s'enfoncèrent dans son avant-bras, d'autre dans sa cuisse et enfin un autre monstre se jeta à sa gorge. La douleur était à son paroxysme, même son seigneur n'inspirait pas autant la peur et la souffrance, il serait jaloux de voir comment sa petite servante venait de mourir, peut-être même qu'il tenterait de recruter ces trucs pour gonfler ses rangs, allez savoir...

--------------

Elle ouvrit les yeux, hurla et se redressa à toute vitesse dans son lit, laissant la couverture tomber de son corps en sueur. Elle frissonna alors, réalisant qu'elle était nue mais surtout dans son lit et couverte de transpiration. Elle se souvenait de sa nuit, de Matthieu et surtout de Nedru, donc, elle avait survécu, elle s'était réveillée à temps... C'était la seconde fois depuis qu'elle était Voyageuse qu'elle avait cette chance de se sortir d'une mort imminente grâce à son réveil. Elle enfila rapidement un haut et se leva. Une caresse rapide à son chat avant d'allumer la cafetière pour enfin se diriger dans la salle de bain. Même si c'était à Dreamland, elle voulait prendre une douche car elle se sentait sale, souillée par ces monstres. Et après toute cette flotte glacée, une bonne douche chaude serait comme une renaissance. Elle pensa à Nedru, se jurant de le retrouver, probablement qu'il la pensait morte et c'était tant mieux, elle aurait donc tout le loisir de devenir plus forte pour ensuite le trouver et le tuer.

Terminé pour moi aussi, merci pour ce rp fort sympathie ^^

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MessageSujet: Re: Le choc bio (PV Nedru & Megan) Aujourd'hui à 9:09
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Le choc bio (PV Nedru & Megan)

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