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La rançon du succès [pv Khildar]

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Matthieu Furt
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MessageSujet: La rançon du succès [pv Khildar] Dim 23 Déc 2012 - 22:57
-Faites vos jeux ! fit une voix, assez forte pour couvrir le brouhaha ambiant.

La roue se mit alors à tourner. Une fois. Une bonne dizaine de paires d’yeux la scrutèrent avec appréhension et anxiété. Deux fois. Certains mains se crispèrent d’angoisse, d’autres manquèrent d’endommager le tapis vert qui recouvrait en grande partie la table. Trois fois. On nota une augmentation certaine des rythmes cardiaques.


-Rien ne va plus ! renchérit la voix, ce qui eut pour effet de couper toutes les respirations.

La bille en ivoire roula encore quelques instants, au grand dam des spectateurs. Puis s’immobilisa. C’était le numéro 31. La plupart des personnes hurlèrent, dépités.

-Monsieur Furt remporte une nouvelle fois ce tour. Félicitations, monsieur.

Tous les regards sans exception convergèrent vers le sus-dît monsieur Furt, la plupart avec une note de dédain et de frustration au fond des yeux. Le jeune homme en question avait une apparence aussi négligée qu’il semblait blasé à l’annonce de la nouvelle. Si on pouvait lire autant de mépris dans le regard des autres joueurs de la roulette autour de cette table, c’était pour la bonne raison qu’il avait déjà gagné les parties précédentes un nombre incalculable de fois, ce qui laissait fortement présumer que l’heureux gagnant trichait de façon éhontée. Certes, on était à Kazinopolis, la ville de tous les possibles, mais il ne fallait tout de même pas exagérer. Les autres joueurs aimeraient bien gagner, eux aussi. Qui plus est, le jeune voyageur (ses oreilles ne trompaient personne) semblait avoir participé à d’autres jeux, et les avaient emportés à chaque fois. Son honnêteté était donc sérieusement remise en doute. En tout cas, apparemment toujours aussi blasé par ses victoires successives, Matt s’approcha du croupier, qui lui confia un jeton, lui permettant d’aller retirer directement ses gains en E.V. à l’accueil du casino. On continua de lui jeter des regards en coin, tout en observant, de façon légèrement plus inquiète, la personne (si l’on peut dire) qui suivait ostensiblement le Voyageur. Il s’agissait d’une limace de taille légèrement inhabituelle, à l’aspect aussi revêche que possible, un épais dossier sous les bras. Même les joueurs qui ne connaissaient pas l’odieuse limace ne se trouvaient aucune motivation pour la dénigrer d’un oeil noir. En tout cas, Matthieu, après avoir saisit son jeton (il en avait d’ailleurs les poches pleines), entreprit de changer de table, ce qui fit soupirer de soulagement toute l’assistance. Mais à peine avait-il fait quelques pas qu’un énorme individu, vêtu d’un noir aussi intense que l’étaient ses lunettes, l’interpella. Il ne fallait pas être grand clerc pour y reconnaitre un vigile.

-Monsieur, je vais devoir vous demander de partir.
-Euh... Quoi ? répliqua de façon judicieuse Mollusque-man, qui semblait perdu dans ses pensées.
-La direction vous demande de bien vouloir quitter l’établissement.
-Mais... Pourquoi, bordel ? fit-il, d’un ton quelque peu plus agressif.
-Vous croyez que le dossier fiscal de la direction de ce casino est en règle, monsieur Razowsky ?
-Fermez-la, Germaine.
-Vous êtes soupçonné de tricher à un ensemble de jeux, triche qui vous garantit une victoire à tous les coups.
-Tu parles de conneries ! Vous avez aucune preuve !
-C’est pourquoi, cher monsieur, vous êtes invité aimablement à sortir. Si j’avais des preuves solides, nul doute que vous seriez déjà amoché au fond d’une poubelle en ce moment même.

Matthieu, qui n’était pas sourd à la menace, pesta. Il entreprit donc de partir du casino, toujours accompagné de sa comptable préférée. Evidemment, avant même qu’il ne passe les portes, on lui courut après, histoire de récupérer les jetons qui lui auraient permis de retirer ses gains. Le casino n’était pas fou. Matthieu, après avoir râlé autant qu’il le fallait, même s’il savait parfaitement que c’était inutile, se décida à partir définitivement. Il ne tenait pas spécialement à provoquer un scandale en détruisant le casino grâce à ses invocations.

-Vous avez bien fait d'obtempérer, monsieur Razowsky. Un nombre trop important de gains vous aurait conduit à des charges liées aux revenus trop importants pour être intéressantes sur le long terme.

Matthieu ne réagit pas, mais se demanda s’il existait réellement des impôts sur le revenu à Dreamland. Il n’osait imaginer à quoi devait ressembler les inspecteurs fiscaux oniriques. Sans doute étaient-ils en relation étroite avec Germaine, même si le terme « relation étroite » n’avait ici aucune connotation sexuelle. Ceci dit, aucune expression, adjointe à Germaine, ne pouvait se permettre d’être connotée sexuellement. Toujours était-il que Matthieu était frustré de s’être faire virer ainsi comme un malpropre. Lui qui espérait passer une soirée qui lui changerait les idées, il était servi. En effet, la veille au soir, Mollusque-man s’était retrouvé dans une histoire qui l’avait complètement dépassé, et qui comprenait des soucis monétaires, une comédie musicale, et des moeurs contre-natures. Après ces événements aussi étranges que seul Dreamland pouvait permettre, il avait espéré se changer les esprits, en passant à quelque chose d’un peu différent. Il aurait pu tout aussi bien appeler une de ses connaissances, histoire de se lancer dans des aventures riches en action, mais il préférait rester discret pour quelques temps, au cas où un de ses amis ait entendu parler d’un certain spectacle. Il avait donc échoué à Kazinopolis, dans l’espoir que les jeux de hasard serait un bon moyen de s’occuper. Mais, rapidement mis de mauvaise humeur par ses échecs successifs, Matt avait préfère user de sa carte maitresse, à savoir Germaine, quand bien même il l’aurait trop vu la veille. Ceci dit, la limace était encore la seule personne qui serait capable de ne pas revenir la-dessus. En tout cas, il était impossible de perdre à un jeu quelconque, qu’il s’agisse de la roulette ou des machines à sous, avec une créature qui comptait les différents taux d’imposition ajustés à la TVA avec une si parfaite efficacité. Son cerveau était trop bien huilé pour se laisser aller à quelque chose d’aussi futile que le hasard. D’où les résultats de Matthieu lors des différentes parties.

-On devrait peut-être essayer un autre casino, Germaine. C’est pas ça qui manque, ici.
-A votre guise, monsieur Razowsky.

Mollusque-man fut surpris de ne pas voir son invocation terminer sa phrase par une remarque d’ordre administratif, qui lui servait quasiment de point final dans sa phrase d’ordinaire. Matthieu sortit de sa poche de quoi se rouler une cigarette, et avança, suivit de son abominable gastéropode, espérant encore trouver de quoi se griser cette nuit-là.
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Khildar Blacksilver
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MessageSujet: Re: La rançon du succès [pv Khildar] Jeu 11 Avr 2013 - 21:31
I need a hot stuff !

Il faisait nuit mais l'intensité des lumières ne permettait pas de s'en rendre compte. Tout n'était que flashs, néons, spots et autres sources lumineuses qui éclairaient les alentours et bien plus encore.
Kazinopolis scintillait de milles feux telle une pièce d'or polie chaque jour. Et de fait, ses rues étaient foulées chaque nuit par un riche flot de visiteurs émerveillés par tant de luxes et de bâtiments de jeux. Certains venaient par cupidité, d'autres pour le frisson que procurait le gain ou la perte d'importante somme d'argent. Le royaume recelait aussi quelques voyageurs dont les objectifs n'étaient pas toujours très clairs.

Cependant, en ce qui concernait le voyageur vêtu de pied en cap d'une vive couleur blanche par les habits simples que représentaient un pantalon, une chemise et une longue veste fendue à l'arrière, les intentions étaient parfaitement établies et ne représentaient vraisemblablement aucune menace direct pour les lieux.

Attrapant son haut de forme rouge pour passer une main gantée de blanc dans ses cheveux blancs eux aussi, un sourire amusé sur ses fines lèvres arborant pour l'occasion une teinte dorée, le voyageur à la peau plus blanche que pâle embrassa la vue qui s'offrait à lui.
Remettant son couvre chef sur sa tête d'un mouvement élégant, il entreprit d'examiner minutieusement l'état de sa tenue afin de ne pas être taxé de mauvais goût ou de manque de soins. Fort heureusement, le résultat du contrôle valida les vêtements et le voyageur aristocratique put se mettre en marche d'un pas lent mais sûr vers sa destination. Jusqu'à ce que sa vivacité d'esprit, par l'entremise d'une intervention dans son esprit, suspendit son mouvement ; la chaussure rouge à boucle dorée toujours en l'air.
Reposant son pied sur le pavé brillant de l'avenue où il était apparu, le voyageur afficha une mine peinée et se rendit à l'évidence
 :

Il ne savait pas où aller.


Oscar demeura donc planté au milieu de la route, sans se préoccuper du gêne qu'il pourrait procurer et engagea une conversation animée avec ses démons. Les commentaires avaient fusé dès son arrivée :

"Qu'est ce qu'on fout là, bordel de merde ?"

"Il est où, il est où ? Je ne le vois pas, haaaaaaan."

"La foule obstrue notre champ de vision. Avec cette masse, il peut être n'importe où. La tâche s'annonce ardue."

"Ça nous occupera au moins."

"Putain mais franchement, les gars, c'est quoi ça ? Kazinopolis. Il se branle le manche à coup de pièces d'or pour se féliciter ou quoi ? Déjà qu'il me dégoûtait pas mal, mais là, il creuse le fond."

"Un homme sans honneur devrait te plaire pourtant …" Insinua Khildar.

"Ouais, mais pas les tapettes !"

Le mot avait été lâché comme on lâche un sceau d'excréments, et l'image n'était pas loin de l'appréciation qui émanait du démon sadique.

"Tu es contre les hommes qui s'aiment ?" S'offusqua la démon de la Luxure qui était plus enclin au partage charnel quelques soient les partenaires (et leur nombre) Je trouve cela honteux.

"Mais merde ! Il était gay ! Ils étaient tous gays ! Et leurs manières … leurs façons de bouger … de parler … C'est pas ça un homme ! Un homme c'est du sang, c'est des muscles, c'est du bourrin, du barbare qui bouffe de la viande crue avec les dents ! Pas une pédale avec du maquillage qui chante pour montrer qu'il souffre."

"Tu n'as aucune sensibilité, c'est écœurant." Se désola Luëst en s'éloignant du démon à la peau composée de lames.

"Je suis un démon sadique, au cas où t'aurais oublié."

Le débat s'engagea donc et Saënoris se retrouva seul contre tous et particulièrement contre la démonette. Son côté féministe ressurgit avec verve et rage et elle ne se gêna pas pour incendier son opposant qui répliquait par rire gras et remarques machistes et soi disant viriles. L'invocateur considérait l'homophobie de son démon avec circonspection sans pour autant s'introduire au sein du sujet. De toute manière, c'était peine perdu avec Saënoris, il le savait. Il craignait davantage les agressions du démon sadique que son opinion, certains pouvant la juger de révoltantes.
Au regard des penchants sexuels d'Oscar (et par extension de Khildar qui était son double), les propos de son invocations auraient du provoquer chez lui une colère, ou au moins un peu plus de réactions qu'une simple tentative de retour au calme. Car oui, l'aristocrate anglais appréciait la compagnie intimes des hommes lorsque l'envie lui prenait. Il lui était déjà arrivé de coucher avec des hommes bien bâtis, d'autres plus tendres et même d'en séduire avec son élocution particulière. Selon lui, la liberté de choix de son (ou ses) partenaire(s) devrait être pleine et entièrement acquise pour tout le monde. C'est en essayant que les avis se forgent et qu'il est possible de se découvrir des goûts insoupçonnés.

Finalement, Luëst obtint le dernier mot en arguant que Saënoris ne pouvait pas savoir de quoi il parlait puisqu'il n'était pas pourvu génitalement parlant. Attaqué au cœur de son intimité, le démon sadique s'enferma dans un mutisme boudeur. La démonette savait que cette pique faisait mal et que c'était sûrement la seule. Elle n'en usait pas beaucoup, souvent parce qu'elle l'oubliait, ou tout simplement parce que d'habitude, sa méchanceté n'allait pas plus loin.
Fière cette fois-ci d'avoir claqué son bec de canard boiteux à cet impertinent goujat, la représentation démoniaque des pulsions sexuelles de Oscar lança avec fermeté 
:

"Trouvons le ! Dussions nous mettre la ville à feu et à sang, nous le trouverons !"

Sur ces paroles, le voyageur aux vêtements blancs brisa son immobilisme et s'élança, emporté par l'élan de fan-girl que produisait la démonette.

Mais pour qui cet attrait endiablé ?


Afin de comprendre l'origine de la venue du Lord BlackSilver en ce Royaume d'or et d'argent, un léger retour en arrière s'impose.

Il y a de cela deux nuits, le Lord anglais aida avec enthousiasme de pauvres et adorables enfants à retrouver leurs chers parents avec l'assistance de deux charmantes voyageuses à Sweetheria, royaume des Sucreries où il fait bon vivre. Tout se déroula admirablement bien, dans la joie et la bonheur, et à la fin du dernier entretien parfaitement aimable avec le Maire, confus en remerciements, le voyageur ayant sauvé le Royaume en démantelant un réseau maffieux trouva par hasard un tract faisait la publicité d'une Comédie Musicale qui s'annonçait très … enjoué. Sur l'insistance pressante et sous les deux bons arguments de la démonette, l'invocateur démoniaque accepta de venir au spectacle afin qu'elle puisse en profiter. Malgré les protestations véhémentes du démon sadique qui finalement s'inclina devant une démonette de la luxure autoritaire et dominatrice, la nuit suivante, ils purent admirer l’œuvre de Don Papo et la prestation des comédiens, dont un en particulier qui avait eu l'entière adhésion de la démonette : Matthieu Furt, remplaçant au pied levé de la vedette en titre.

Au cours de la représentation, Saënoris était resté bouder dans un coin en triturant une peluche de chien, ruminant des envies de meurtres, de tortures, le tout avec une bande son digne des pires films d'horreurs.
Laënoris avait observé avec attention la mise en scène et commentait avec la rigueur d'un critique les choix musicaux, vestimentaires, chorégraphiques et de comédiens, et de maquillages, ajoutant des remarques sur les éventuelles fausses notes qui survenaient. Intransigeant, froid, observateur, le démon majordome avait été au sommet de sa forme. A cause de cette activité d'analyse, il n'avait pas autant profité de la Comédie Musicale que l'instigatrice de cette sortie culturelle particulière.
Luëst avait été aux anges ( … ) et la démonette avait manqué plusieurs fois de s'extraire de son maître pour monter sur la scène et se joindre aux chansons. Entièrement prise dans l'histoire, elle avait ressenti les émotions avec une telle intensité qu'elle les avait transmise à Oscar, ce qui amplifia l'ensemble. De l'extérieur, l'invocateur démoniaque avait paru ému au plus haut point, attirant l'attention de ses voisins qui le trouvèrent : si chou, si adorable, si char-mant, même si ses soudains soubresauts, causés par la volonté de sortir de la démonette, avait prêté à confusion.
Khildar et Oscar apprécièrent le spectacle autant que le leur permit les élans de sympathie et sexuels insufflés par la démonette. De leur opinion, l'histoire est classique mais correctement adaptée dans le milieu particulier des gays, les personnages ne brillaient pas par leur originalité mais par l'interprétation qu'en faisait les comédiens et les comédiens, justement, se débrouillaient admirablement bien. Chacun apportait à son personnage une dimension profonde et les chansons sublimaient l'ensemble pour former Beautiful Gay, la plus mémorable et la meilleure Comédie Musicale de Don Papo.
Ainsi, à la fin de la représentation où tout le monde ovationnait la star incomparable et incontesté (et incontestable?) de la pièce, à savoir Germaine, Luëst avait exigé de rencontrer l'acteur qui l'avait fait mouillé et éprouvé des sensations qu'elle pensait enfouie au fond d'elle et qu'elle ressentait avec intensité. Les faibles arguments tombèrent devant la volonté inflexible de la démonette et il fut décidé que la nuit suivante (cette nuit) Oscar BlackSilver penserait à Matthieu Furt en s'endormant.

Nous voici donc à suivre notre voyageur aristocrate à Kazinopolis, écumant bars et casinos non pas à la recherche d'argents ou de boissons mais bien d'un autre voyageur qui avait suscité tant de débordements à la démonette de la Luxure.
Comme l'avait prévue plus tôt le démon majordome, la tâche se révéla ardue. Parvenir à se frayer un chemin convenable et rapide parmi cette foule d'avides rêveurs relevait de la gageure. L'idée d'une menace de mort à l'encontre de quiconque barrerait sa route avait rapidement été abandonné car comprenant un temps d'exécution aussi long que le passage forcé actuel. Les excuses n'étaient pas de mises et dans son sillage s'élevait de vagues protestations, vites oubliés par l'appât du gain.
La deuxième difficulté résidait dans le manque de coopération de la plupart des habitants. Pour eux, répondre à ce genre de questions, c'était perdre du temps à s'occuper de rêveurs, ce qui était beaucoup plus lucratifs pour le royaume. Tous ne possédait pas un tel esprit et la majorité se contentait de répondre négativement aux questions.
D'où un autre problème : les questions posées. Et plus spécialement, la description que donnait Oscar aux locaux de Matthieu :


"Un jeune homme, plutôt grand, porté sur les hommes, légèrement maquillé, arborant un air flegmatique. La Star de Don Papo."

Ce n'était pas de la mauvaise volonté mais un côté pernicieux de l'invocateur se manifestait dans le but désavoué de ralentir les recherches. Saënoris n'était pas étranger à cette manœuvre et ricanait dans son coin alors que Luëst commençait à fulminer. Une autre raison à ce ralentissement était la suivante : Oscar savait à peu près ce qui attendait Matthieu et tentait de le préserver un maximum avant que sa vie ne prenne un tournant plutôt … violent.

Toutefois, la coupe fut pleine et au détour d'une rue, alors qu'une énième casino venait d'être visité, Luëst força et parvint à s'extraire avec brusquerie. Elle porta un regard courroucé à son maître qui ne savait que dire et afficha un air désolé alors que ses lèvres exprimaient de la mesquinerie. Ne portant qu'un short en jean déchiré, des cuissardes noires et un débardeur rouge faisant plus office de soutien gorge que d'autre chose, elle appuya son majeur rageur sur le torse de l'invocateur confus et pourtant confiant.
Elle lança avec énervement 
:

"Tu me fais quoi ? C'est n'importe quoi ! Sa voix passa soudainement de la colère à la minauderie : Tu ne veux pas me faire plaisir à le retrouver ? Aurais tu oublié ce que je t'ai offert et ce que je t'ai promis en échange …"

Sa pose lascive et le passage de sa langue sur ses lèvres déstabilisèrent un brin l'aristocrate anglais qui se contint pour finalement répondre dans un souffle :

"Je n'ai pas oublié … Cependant, comprends qu'il aurait été plus aisé de posséder une représentation de notre homme. "

"C'est que tu ne t'y prends pas correctement. Tu vas voir."

Elle lui prit le poignet et s'élança, fière et droite, dans la foule qu'elle pénétra avec vigueur.
Se laissant faire, Oscar s'assura que son nœud papillon suivait le mouvement (ce qu'il faisait depuis le début) et garda son haut de forme rouge sur sa tête avec sa main. Il ne tenait à perdre son couvre chef parmi la plèbe.

L'arrivée dans le casino ne se fit pas remarquée. Luëst fonça directement vers le comptoir de l'accueil, dépassant ceux qui patientaient et faisant un gros fuck à ceux qui osaient protester. L'homme tiré la demoiselle s'excusait au passage en soulevant son haut de forme et distribua des pardon à chacun avec un grand sourire.
L'homme de l'accueil leva la tête pour reculer brusquement, un visage féminin souriant à quelques centimètres du sien. Une telle promiscuité était inhabituelle et la créature des rêves reprit son sérieux en s'éclaircissant la gorge et haussa un sourcil interrogateur pour prononcer d'un ton mi-aimable, mi-interloqué
 :

"Comment puis je vous aider ?"

Lüest demeura penchée sur le comptoir, laissant ses seins faire des siennes et peser sur le débardeur, offrant une vue plongeante à l'employé qui ne sut plus où se mettre. En tenant toujours le voyageur par le poignet, elle s'exprima avec clarté :

"Nous sommes à la recherche d'un jeune homme, beau, intelligent, gai, au regard perdu dans les brumes et surtout, l'emblème, le symbole, la star de Don Papo !"

"Je suis désolé … Glurps … Mademoiselle … Je ne vois pas …"

Au contraire de la poitrine de Luëst qu'il voyait parfaitement bien et il put constater que la démonette était contre les sous-vêtements.

"S'il vous plaît … Il doit être sûrement accompagné d'une limace pleine de grâce !"

Saënoris faillit s'étouffer de rires et de colère en même temps.

Néanmoins, l'employé tilta et révéla
 :

"Nous avons bien eu une clientes correspondant à peu près à cette description. C'était bien une limace. Pour la grâce, je ne sais pas, mais elle possédait une importante pile de feuilles de taxes et d'impositions."

"C'est elle !" S'écria Luëst, si contente qu'elle sautilla, ajoutant un mouvement oscillatoire à sa poitrine généreuse. Puis elle bondit carrément sur le comptoir, gardant le poignet de l'invocateur bien en main pour attraper de l'autre le col de l'employé et lui demanda, à genoux sur la surface d'accueil, ses longs cheveux bruns se mêlant avec ceux de l'employé qui opérait un énorme effort sur lui-même pour conserver un semblant de professionnalisme :

"Où sont ils ?"

"Parti. A l'instant. La sécurité les soupçonnait de tricher."

"Ça ne va pas ?"

Elle manqua d'offrir à l'employé un tête à tête percutant mais l'invocateur démoniaque nota la présence des sus dit membre de la sécurité et n'avait pas dans ses projets immédiats de les affronter. Il avait promis à sa démonette une nuit avec le jeune homme et devait tenir sa promesse. Il la tira donc du poignet et alors qu'elle allait répliquer, il lui intima de se taire d'un regard autoritaire et lui désigna ensuite le personnel qui les observait avec attention depuis le début de l'entretien et commençait à marcher vers eux après le bond sur le comptoir.
Elle comprit la situation et remercia l'employé en lui soufflant un doux baiser.
Puis ils se mirent à courir. Les préposés à la sécurité voulurent les poursuivre mais les deux suspects profitèrent du monde dans l'avenue pour se soustraire à leur vue, malgré les caractéristiques particulières du bonhomme : un haut de forme rouge et de la demoiselle : sulfureuse. Ils réintégrèrent leur poste en bougonnant tandis que l'employé de l'accueil dut être remplacé, une vague de chaleur l'ayant soudainement envahit.

Si nos deux amis avaient réussi à échapper aux gardes, c'était en appliquant la plus vieille ruse du monde : longer les murs du bâtiment d'où ils s'échappaient pour laisser passer les poursuivants et repartir dans une direction opposée.
Éclatant de rires pour évacuer le pic de pression qui les avait pressé de partir, les deux agitateurs ne se retinrent pas et laissèrent exprimer leur émotion. La gêne de l'employé prêtait furieusement à rire, tout comme l'attitude provocante de la démonette. Les quelques passants qui les dépassèrent les prirent pour des fous et accélérèrent le pas, laissant les fous rires (rirent) derrière.
Cependant, toute joie s'achève à un moment donné et le temps était venu de se remettre en quête de la muse de Don Papo et de la nouvelle idole de Luëst. (Il ne vous reste plus qu'à savoir quel est le pire!).

Retournant sur leurs pas, le nez au sol, ils cherchèrent les traces du passage de la limace, non sans continuer à s'esclaffer par moment. Leur sourire illuminait leur visage et ce n'était pas un de ces sourires sadiques dont Oscar avait le secret, mais plus un sourire complice de joie partagé. Et ce genre d'expression peint sur les lèvres de l'aristocrate vaut de l'or, croyez moi.
Après quelques déconvenues et bousculades sans conséquences, Luëst s'exclama avec force gesticulations et tressautements
 :

"Oscarinouchou ! Iciiiiiii !"

La piste était encore fraîche. Ils ne s'attardèrent point sur cette indice, l'estimant suffisamment valable pour ne pas se poser plus de questions que nécessaire. Il était indéniable qu'ils suivaient la piste de Germaine, la limace fonctionnaire la plus retors de DreamLand. Les traces se trouvèrent à intervalles irréguliers sans pour autant interrompre leur suivi consciencieux. La trajectoire ne semblait pas définie, sûrement à cause de la foule.

"On ne devrait pas faire quelque chose ? Comme les ramasser ?" Questiona Saënoris en sortant de son mutisme.

"Pourquoi faire ? Ils sont très bien là où ils se trouvent. Et si quelqu'un y est opposé, il agira de lui-même. Concentrons nous plutôt à ne pas perdre la piste." Répliqua Oscar à voix haute.

"Aurais tu de la compassion pour ces déchets abandonnés, toi, le démon sadique ?" Ironisa Khildar.

"Pas du tout. Juste qu'ils font tâches, c'est tout. "

"Ce n'est pas très propre, en effet." Commenta Laënoris avec sa rigueur de majordome habituelle.

Néanmoins, les deux enquêteurs en herbe à la recherche d'une créature bureaucratique continuèrent leur chemin avec persévérance, la fraîcheur de la piste augmentant. Le teint jaunâtre se faisait plus présent, preuve du faible espace temporelle avec Germaine. Certains demeuraient encore tendus, tellement le choc avait été difficile.
Étrangement, Luëst ne profitait pas de cet état de faiblesse pour en abuser, préférant se donner toute entière à son démiurge adoré.

C'est ainsi qu'après avoir suivit une piste jonchée de personnes paralysées par leur rencontre fiscale avec Germaine (dans un royaume où l'argent coulait à flot, l'impôt sur les taxes chatouillait les étoiles), Luëst aperçut la tignasse caractéristique de l'invocateur de mollusque.
A cet instant, DreamLand cessa de tourner (si le monde onirique avait tourné une nuit) pour la démonette. Figée tel un chien de chasse ayant relevé du gibier, tout ses sens étaient en éveil. Sa concentration ne se focalisa plus que sur un seul point : Matthieu Furt. Plus rien d'autres n'avait d'attraits ou d'importance à ses yeux désormais. Ses battements de cœur s'accélérèrent et ses pupilles se dilatèrent. Ses muscles se tendirent. Elle aspira une grande bouffée d'air et dans un cri suraiguë reléguant les cris de groupies à une douce sérénade de baryton, elle bondit sur SA proie 
:

"KYAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!"

Toutes les têtes se tournèrent devant cette démonstration vocale intempestive. Toutefois, ceux qui se trouvaient en travers de la route furent prestement jetés sur le côté ou eurent juste le temps de s'écarter. Traçant la distance entre Matthieu et elle a une vitesse folle, Luëst sauta avec enthousiasme (toujours en hurlant) pour atterrir sur le voyageur tout en le prenant dans ses bras pour un câlin très intime. Dès que le chemin des lèvres fut trouvé, elle l'embrassa avec fougue tout en dévoilant sa capacité à caresser plusieurs endroits à la fois, le tout agréablement et sensuellement.
Elle le tenait, elle n'allait plus le lâcher
.

Elle embrassait Matthieu Furt, le voyageur si homosexuellement sexy !

Pendant ce temps, Oscar arrivait tranquillement avec un sourire amusé et contempla la scène les bras croisés, se demandant si le voyageur ainsi attaqué possédait une bonne apnée. Puis le souvenir des chansons lui affirmèrent qu'il devait avoir une bonne réserve et la brève inquiétude disparut.
Cette futile contrariété écartée, il rassura l'invocation (imposée?) en agitant négligemment la main
 :

"Veuillez excuser mon amie, sa façon d'exprimer son admiration est particulière, sans être dangereuse … Enfin, je crois."

Il étouffa un faux rire et s'inclina respectueusement en ôtant son haut de forme rouge, son nœud papillon enchanté accompagnant le mouvement, pour prendre la main de Germain et lui faire le baise main. Une fois relevé, il s'exprima d'une voix polie en ces termes :

"Permettez moi de me présenter : Lord Khildar Oscar Allan Louis Alexander BlackSilver, votre dévoué admirateur."

Repositionnant son couvre chef, il désigna Luëst qui était toujours en train de goûter Matthieu :

"La jeune demoiselle qui est en train d'entamer un processus de procréation avec ce gai pinson se nomme Luëst."

Il ajouta d'une voix enjouée, sans réellement se préoccuper de la situation qui se déroulait à côté (alors que certains rêveurs cherchaient déjà leurs portables pour filmer la scène) :

"Vos prestation respectives étaient saisissantes lors de cette sublime Comédie Musicale qu'est Beautiful Gay !"

"Heuu, il ne faudrait pas faire quelque chose ? Je ne sais pas si il a l'habitude de se faire autant "câliner", mais ça peut devenir dangereux, là." Ricana Saënoris.

Luëst avait déjà commencé à glisser ses mains sous les vêtements du voyageur et leurs destinations étaient sans équivoques. Son admiration débordante risquait bien de coûter la pudeur de l'invocateur de mollusques.
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MessageSujet: Re: La rançon du succès [pv Khildar] Sam 8 Juin 2013 - 16:34
HS : Ca n'a ni la longueur, ni le talent, de ce que tu as toi-même écrit. Néanmoins, il s'agit du mon 69e post sur Dreamland hihi

Trainant d’un pas vagabond dans les rues illuminées de Kazinopolis, Matthieu laissa son regard se perdre en même temps que ses pensées. Il est vrai qu’une telle cité favorisait grandement la rêverie, même à Dreamland. Elle n’était que luxe, lumière, et joie. Une ivresse perpétuelle semblait parcourir cette ville onirique, peut-être plus encore que Delirium City. Le délire de cette dernière avait quelque chose de violent et de mortifère que ne saurait attendre le désir d’or et de gloire qui émanait de Kazinopolis. Certes, Matthieu n’était pas vraiment de ceux que le luxe faisait fantasmer. Bien sûr, il ne cracherait pas si on lui offrait une villa avec piscine et écran home-cinéma, avec réserve d’alcool à volonté (entre autres), et il s'évertuait encore à travailler pour s’acheter le dernier ipod en date, mais cela ne constituait pas l’horizon de son existence. L’aventure et l'excitation joyeuse, bien plus. Et pour cela, Dreamland s’avérait le lieu idéal. Il n’en était pas moins touché par l’atmosphère festive de la ville d’or. Il faillit dire à haute voix qu’il avait l’impression d’être dans un rêve, avant de se reprendre devant l’ineptie d’une telle pensée. Et puis, ce n’est pas comme si de tels propos intéressaient Germaine. Matt jeta d’ailleurs un coup d’oeil dans sa direction : cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas entendu, ce qui n’était pas normal. L’odieuse limace suivait son invocateur, en retard de quelques pas en arrière (ou quelques trainées de bave en l’occurrence), distribuant à plusieurs malheureux des déclarations d'impôts sur le revenu. Dans un lieu comme Kazinopolis, où les gens s’enrichissaient comme jamais, fut-ce pour une nuit, c’était particulièrement retors. L’espace d’un instant, Matt envisagea d’arrêter la comptable, plaignant sincèrement ses victimes du moment. Mais mieux valait éviter : Germaine était capable de retourner son attention sur son invocateur, qui avait battu tous les records possibles en terme de paperasse en retard à rendre. Quant à la désinvoquer, Matthieu ne préférait pas : puisqu’elle était là, autant qu’elle reste jusqu’au bout pour lui tenir compagnie, quand bien même de pauvres innocents devaient en payer le prix. C’était donc ainsi que Mollusque-man poursuivait sa route, parfois absent, tandis que sa limace préférée s’évertuant à pratiquer son activité favorite.

Toutefois, quelque chose attira l’attention du jeune homme, et ce, brutalement. Le voyageur crut qu’il allait y perdre au moins un tympan. Il s’agissait en effet d’un son particulièrement strident, qui semblait venir de derrière lui. Ce son produisit des frissons tout le long du corps du voyageur. Qu’est-ce qui avait bien pu causer un bruit pareil ? Interloqué, mais aussi un peu inquiet, Matt se retourna vers ce qui paraissait être la source de ce tintamarre. Il n’en eut guère le temps : à peine s’était-il retourné qu’un éclair couleur chair se précipita dans ses bras.


-Mais... Que...

Mollusque-man avait à peine prononcé ces mots qui s’apparentaient plus à des interjections outrées et surprises qu’à autre chose qu’il reçut pour toute réponse une baiser plein de passion, ce qui, évidemment, n’élucidait pas grand chose. Plus que surpris par ce viol en règle, Matt ne réagit pas du tout, dans un premier temps, à cet assaut physique, tandis qu’une langue goulue (et aventureuse) découvrait avec plaisir les amygdales du jeunes homme. A cela s’ajoutait des caresses pour le moins suggestives, assez troublantes, il fallait le reconnaitre. Matthieu, qui n’était pas vraiment familier avec ce genre de tendresse en pleine rue de la part d’inconnues (ou d’inconnus), resta pétrifié quelques instants. Puis se ressaisit : l’espace d’un moment, il tenta (difficilement) de dégager sa tête, et surtout sa langue, de cette étreinte poignante. Il était même prêt à repousser sauvagement l’imp(r)udente, quand il la vit enfin. Et ce qu’il vit le laissa tout bonnement médusé, et dès lors totalement passif à un nouvel assaut sensuel. Il s’agissait d’une des plus belles créatures qu’il ait eu l’occasion de rencontrer, que se soit dans le monde réel ou dans Dreamland. Enfin belle...Elle était en tout cas d’une sensualité à couper le souffle et à provoquer des afflux sanguins dans certaines parties de l’anatomie masculine. Ses yeux étaient une invitation à la luxure, ses lèvres charnues semblaient n’avoir été crées que pour embrasser, et sa poitrine... Et bien, disons qu’elle devait sans doute avoir de bons scores en apnée, vu la taille de ses poumons. Son abscence presque totale de centimètres carrés de tissus n’arrangeaient pas les choses. La pensée de Mathilde, sa copine, ne traversa pas même l’esprit de Matthieu, aussi séduit qu’abasourdi. Il semblait presque se laisser faire, pris dans une sorte d’extase qui annihilerait toute volonté en lui.

Mais la réalité des événements rattrapèrent vite l’invocateur. Il était en pleine rue de Kazinopolis, et quelques dizaines de paires d’yeux éberlués (certains plus intéressés que d’autres) contemplaient la scène. Matt constata, non sans gêne, que certains avaient un petit sourire au coin des lèvres qu’il avait du mal à définir. Il en devint tout rouge. Ah, mais ça commençait à bien faire, à la fin, ces viols buccaux sur sa personne ! Déjà hier, et ce soir encore ! Certes, sa partenaire de cette fois était bien plus du goût du jeune homme, disposant de formes qui lui correspondaient mieux. Mais il devenait lassant de s’exposer une nouvelle fois de la sorte en public : déjà qu’il trouvait cela mièvre quand des couples se permettaient trop d’attention devant du monde ! Là, ça en devenait un tantinet gênant. Mais pire que tout, il y avait Germaine. Matthieu remarqua le regard de la limace qui était braqué sur lui. Certes, il gardait la même connotation blasée que de coutume, mais le jeune homme se rendit compte qu’il était en train de faire preuve d'exhibitionnisme devant la plus terrible comptable des royaumes oniriques. L’idée d’une possible amende pour outrages aux bonnes moeurs n’atteignit pas l’esprit de Mollusque-man, mais pour des raisons assez évidentes, il se savait prêt à pratiquer l’onanisme devant la foule d’un stade entier plutôt que de faire quoi que ce soit de sexuel devant le limace. Il fallait avouer qu’elle avait un physique (et un esprit !) capable de calmer n’importe quelle ardeur. C’était à se demander comment la jeune (et pulpeuse) inconnue parvenait à ne pas perdre de vue sa proie. Matthieu tenta le mieux qu’il put de se dégager :


-Chui vraiment désolé mademoiselle, mais vous ne pourriez pas... AAAAAARGH !

Rien à faire, l’inconnue était plus collante qu’un formulaire de Germaine, et ne semblait pas vouloir laisser s’échapper l’invocateur, laissant même sa main trainer dans des endroits que certains jugeraient intimes. Matthieu tenta tant bien que mal de s’échapper, mais en vain. C’est à peine s’il remarqua l’étrange individu qui se mit à parler à la limace, tellement il était aux prises avec la jeune femme. La comptable, quant à elle, accepta les hommages de l’étrange individu, au nom relativement long. Elle le laissa néanmoins prononcer l’intégralité de sa tirade sans qu’elle ne dise un mot, et sans que son visage ne prenne une expression traduisant ce qu’elle pouvait ressentir à ce moment : était-elle flattée ? Gênée ? Outrée par ce qui arrivait à son invocateur ? Impossible à savoir, elle conservait son flegme légendaire avec un aplomb remarquable. Elle avait quand même accepté le baisemain, ce qui relevait de l’exploit, même s’il est vrai que peu avait osé s’aventurer en un terrain aussi dangereux. En fait, elle semblait garder perpétuellement un oeil sur Matthieu, ai grand dam de celui-ci. Mais quand le dénommé Khildar eut fini sa logorrhée, Germaine le fixa longtemps, comme si elle cherchait à le connaitre sous ses moindres coutures. Elle finit par prendre la parole :

-Je me souviens de vous, monsieur Razowsky. Vous étiez, si je m’abuse, au rang D, à la place 37 exactement. Vous avez applaudi 254 fois lors du rideau. C’était une jolie performance.

L’utilisation d’un adjectif mélioratif, dans la bouche de la secrétaire du Royaume des Deux Déesses, surtout en ce qui concerne des chiffres, en disait long sur l’impression que Khildar venait de lui faire, malgré un apparent dédain. Il était de fait très rare de l’entendre faire un compliment : elle préférait, d’habitude, se contenter de constations sans véritables jugements de valeur. Les compliments, ainsi que le charme de cet homme avaient-ils su la toucher ? En tout cas, pendant ce temps, Matthieu tentait toujours de se dégager de l’étreinte qui l’assaillait : en fait, son T-shirt bleu venait à peine de se faire arracher, ne lui laissant sur des épaules que quelques lambeaux où on pouvait encore remarquer quelques motifs représentant des coquilles rondes. L’attroupement autour du jeune homme et sa séduisante compagne semblait avoir augmenté, au grand déplaisir du jeune homme. Mais, soudain, une dizaine d’individus firent leur apparition, et dépassèrent la foule qui s’était placée en cercle : ces hommes portaient ce qui paraissaient être une armure, et semblaient aussi abasourdis que Matthieu face à la situation. Il s’agissait probablement de la police locale. L’un d’eux, sans doute le chef de l’expédition, prit alors la parole :

-Excusez mon interruption, mais... Qu’est ce que c’est que ce bordel ? !
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MessageSujet: Re: La rançon du succès [pv Khildar] Mar 4 Fév 2014 - 23:19
It's FABULOUS !

Lorsqu'un chat a attrapé sa proie, il s'amuse, lui donne l'impression qu'elle peut encore s'échapper. Les mouvements esquissés sont irrémédiablement rattrapés et aucune fuite est possible. La créature est agile, vive et ses pattes toutes douces dissimulent des griffes acérées neutralisant toutes tentatives. Derrière les tendres manières et le minois délicat, un chasseur impitoyable se dresse pour jouir du plaisir de la capture. Finalement, le félin profite de l'infortuné victime pour en festoyer.

Il en allait de même pour le pauvre Matthieu Furt. Pris entre les pattes de la démonette, il ne pouvait espérer décamper. Cramponnée à sa nouvelle icône de l'amour plus que possible entre deux êtres du même sexe, Luëst était devenu le chat (ou la chatte?) qui jouait de sa proie. Malgré les piètres tentatives pour s'extraire des attentions intimement câlines prodiguées par une caressante représentante de la luxure, le voyageur à la sexualité établie demeurait piégé entre les griffes et les baisers.
Faisant foi de sa ferveur, la fan girl fanatique se frottait à ce corps si désiré et feulait aux fous qui osaient s'interposer pour interrompre une fusion quasiment charnelle mais assurément ardente.

Pendant que son invocation se répandait (en compliments mais pas seulement?) sur l'élu de sa sexualité, le voyageur démoniaque se ravit de la réaction de l'invocation qui se répand naturellement en liquides douteux et en formulaires ennuyeux. Avoir été ainsi remarqué par l'interprète vedette représentait une grande satisfaction pour l'aristocrate qui témoigna de son ravissement par un sourire humble et un geste de la main pour balayer l'encensement tout en le savourant intérieurement. Il la remercia d'un ton mielleux
 :

"Votre compliment à mon encontre me flatte. J'en suis agréablement touché."

Cependant, le démon de majordome reporta l'attention en direction de la populace qui se nourrissait de la situation de façon plus ou moins décente par une intervention innocente dans les pensées d'Oscar :

"Ne serait il pas indiqué de porter secours à ce jeune homme ? Il n'est pas convenable de s'exposer ainsi devant une foule aussi nombreuse. "

"Vu comment il se débat, il a pas l'air d'aimer. Normal, puisqu'il est gay, non ?" Commenta d'un ton acerbe Saënoris, toujours autant dégoûté par l'attrait des hommes envers d'autres hommes.

Ignorant les insultes visant la tendance sexuelle mise en chanson la nuit dernière, l'invocateur démoniaque admit la pertinence de la remarque de Laënoris et se porta par conséquent auprès des représentants de la police locale, tout d'or protégé, en ayant auparavant prié Germaine de bien vouloir le pardonner, qu'il ne serait pas long, qu'il avait adoré sa prestation et la justesse du ton ainsi que les chansons, qu'il adorait encore plus son travail et d'autres flatteries habituelles.

La réponse à la question posée par le pantois chef de la patrouille s'accompagna d'un sourire jovial
 :

"Veuillez excuser cette effusion de sentiments ardents. Ce n'est que mon amie qui témoigne son affection à un artiste. "

Derrière le sourire feint venait d'éclater une brutale pulsion initié par un démon sadique ne se tenant plus. L'onde de violence avait parcourut l'échine pour bander les muscles et rétrécir furtivement les pupilles de l'aristocrate anglais. A son esprit, la vague se déversait sous un torrents de mots criés avec rage par une bouche pourvue uniquement de dents effilées :

"Tues les ces connards ! C'est qui d'abord ? La police ? T'as vu comment ils sont fringués ? Plaqué or. Ils sont friqués. Butes les ! Allez, sautes leur dessus … Arraches leur la gorge … Tu seras plus … détendu … Avec l'autre folle en chaleur à côté … Sanglant … T'as vu comment il te regarde de travers ? Il t'insulte ! Ecrase moi les ! Ils ne méritent pas ton attention … pas de vivre … c'est que de la chair … et des os … et du sang … oui, du sang ! Sens ce sang sans dessus dessous ! C'est pas difficile … Ta main broyant … frappant … Je veux … Veux … Tues … CARNAGE !"

Chaque mot résonnait dans le crâne de l'invocateur qui maintenait au mieux son masque d'amabilité face à un policier interloqué. La mâchoire serrée et le raidissement de la droite posture du voyageur démoniaque témoignaient de sa démence naissante.
Fort heureusement, le démon majordome tempéra les vociférations du démon sadique, assisté par le jumeau démoniaque. Leur confrontation face à la tempête de violence ébranla l'esprit de l'invocateur. Un véritablement affrontement s'engagea et les coups fusèrent. Tenter de stopper une bête assoiffée de sang était fou. Ce qui ne dérangeait pas le moins du monde les invocations d'un être possédant un esprit … déviant légèrement du standard. Leurs forces réunies vinrent à bout de la rage destructrice et calmèrent l'esprit échauffé de leur invocateur. Comme toujours, Laënoris énonça la remarque judicieuse 
:

"Il est impensable de laisser libre cours à de meurtrières pulsions dans ces circonstances. Trop de témoins sont présents, trop dangereux."

Et Khildar ajouta avec malice :

"De plus, l'ambiance ne s'y prête pas."

Bien que sa rage sanguinaire eut été temporairement perdue, Saënoris n'en démordit pas et ironisa :

"L'ambiance ? Parlons en ! Faudrait pas aussi calmer Luëst à ce compte là ?"

S'apercevant que Matthieu Furt risquait de bientôt perdre le peu de dignité qui lui restait et dans un soucis de ne pas contrarier son bouillonnant démon sadique, le voyageur élégamment vêtu vint enfin apporter son aide, ignorant superbement les nouvelles questions de la police.
Nonobstant le fessier ostensiblement agité sous son noble nez, Il apostropha sa chaleureuse amie et invocation d'un ton léger
 :

"Luëst … ma chère … Puis je vous suggérer de vous séparer un instant de votre … idole ? Ceci afin de vous signaler un léger désagrément."

L'interpellée se retourna vivement et darda son regard vers celui qui avait osé interrompre son entretien. Lorsqu'elle s'aperçut de l'identité de son interlocuteur, à savoir son invocateur, son air s'adoucit tout en demeurant revêche.
Comprenant que la demoiselle devait être prise avec des pincettes, l'invocateur poursuivit d'un ton doucereux 
:

"En effet … votre emportement … Vous voilà à terre avec votre vedette … Ce n'est pas très convenable … De plus, dans votre élan, vous avez omis de présenter vos félicitations à Germaine."

Comme parcourut d'une décharge électrique, la démonette de la luxure se redressa d'un bond, produisant un mouvement rebondissant sur sa poitrine et libérant le voyageur horizontalement maintenu pour se précipiter vers la limace ovationnée.
Souriante et débordante d'enthousiasme, Luëst inonda Germaine de compliments ponctués d'intonations aiguë, de sautillements qui mirent le fin débardeur rouge à rude épreuve pour contenir la généreuse poitrine
.

"C'était tellement beauuuu … Et siii romantique. Les chansons étaient si bien choisies ! Oh oui ! Et surtout, vous ! Vous chantez super bien, je suis presque jalouse. Et comment vous sentiez vous ? … Moi j'aurais eu le trac. Quelle chance vous avez ! Vous pensez que je pourrais un jour participer à une Comédie Musicale ?"

"A Luxuria, et ça s'appelle une strip tease …" Se moqua Saënoris.

Et ainsi de suite, Luëst submergeant Germaine d'un flots de paroles qui n'avaient rien à envier aux torrents administratifs que la limace comptable était capable de produire. Tandis que son invocation sensuelle ne tarissait pas d'éloges auprès de l'invocation récemment consacrée, l'invocateur démoniaque aida l'invocateur de mollusques à retrouver une position un peu plus verticale.
Tout en dépoussiérant le jeune homme, et ainsi effleurer innocemment la peau mise à nue, Oscar s'exprima d'une voix un brin gêné mêlée d'amusement, comme si la tentative de coït en public n'était au final qu'un banal impair, un accident sans aucune conséquence :


"Veuillez accepter les excuses de mon amie … Elle possède une manière particulière d'exprimer ses sentiments. Mais elle ne pense pas à mal. Vous lui avez fait forte impression la nuit dernière. "

Une fois assuré que ce qui restait de la tenue arrachée avec amour affichait un semblant de rigueur et de bon maintien, l'homme au papillon enchanté se présenta derechef, répétant les mêmes gestes que ceux effectués devant le placide gastéropode, d'une voix tout aussi enjoué :

"Et vous m'avez aussi fait forte impression. Je suis Lord Khildar Oscar Allan Louis Alexander BlackSilver, parmi vos plus grands admirateurs. Quant à celle qui vous a offert ses chaleureuses félicitations, dans l'hypothèse où vous n'auriez point entendu son nom, elle se nomme Luëst. "

Alors que la démonette se retournait à l'entente de son patronyme, l'impatience des policiers montait doucement mais sûrement, le claquement du pied sur le pavé en témoignant, ainsi que l'approche du chef en direction de Matthieu, préférant éviter tout contact avec Germaine, comptable reconnue au sein d'un royaume basé sur l'argent.
Coupant court à l'esquisse de début de phrase, Oscar prit la parole d'un ton léger et innocent, son sourire chaleureux illuminant son visage teint de blanc
 :

"Vous voyez ? Tout est bien, vous assistez à de simples effusions de sang … sentiments. Rien n'est méchant."

Puis il rapprocha son visage et prit une mine navrée pour dissimuler un sourire narquois :

"Toutefois, il serait de bon ton de disperser ces curieux, ne serait il pas ? Ils indisposent les artistes qui tiennent à leur vie privée."

Le voyageur s'improvisant agent artistique désigna de son haut de forme tour à tour la comptable aux lunettes soulignant ses yeux las et le voyageur menacé d'intimes caresses. Alors que le corps policier s'outrait de l'insolence de l'interpellé, l'aristocrate insista d'une voix ferme, s’arrogeant une autorité empruntée :

"Vous êtes responsable de la sécurité et du maintien du calme au sein de ce magnifique royaume. Ce n'est point de notre fait si vous n'êtes pas capable de gérer une situation impliquant des célébrités et leur public endiablé."

Le chef policier tenta :

"Mais …"

L'agent artistique compléta en prenant un air peiné :

"Néanmoins, nous avons aussi notre part de responsabilité. En effet, la venue de la merveilleuse Germaine et du grand Matthieu Furt, star de la Comédie Musicale Beautiful Gay ne vous a nullement été communiqué. Chaque partie est fautive."

Etouffant une nouvelle réplique, il poursuivit avec un grand sourire affable et une invitation de la main :

"Restons en là. Ainsi, chacun sera satisfait, n'est ce pas ? Vous vous occupez de la foule et nous nous occupons des artistes et de leur bien être."

"Mais …"

"Vous êtes bien aimable."

Alors qu'il rebroussait chemin pour prendre sous son aile la petite troupe (et sauver l'icône de l'homosexualité d'une nouvelle atteinte à ladite sexualité), le Lord culotté demanda avec désinvolture :

"Par hasard, vous ne connaîtriez pas un bon hôtel ?"

Ce n'était plus tenable. Il n'avait pas pu placer une seule parole depuis que ce péteux avait ouvert sa putain de bouche mais maintenant que l'occasion lui était donnée, le chef de la patrouille abandonna sa stupéfaction pour laisser exploser sa colère :

"Vous vous foutez de ma gueule ? Je vais vous …"

Hélas, la menace se perdit par la réplique prononcée avec une peine exagérée :

"Jamais en public, c'est inconvenant. Je constate que vous n'êtes pas en mesure de fournir l'indication idoine. Nous ne vous en tenons aucune rigueur. Veuillez passer une agréable soirée Sir. "

Et de pousser l'ensemble des concernés à travers la foule tout en s'éloignant rapidement des membres de la sécurité abasourdis, suivit de près par le nœud papillon aux ailes argentés. Les témoins de la scène s'écartèrent pour leur ouvrir un passage, certains continuèrent de prendre des photos pour alimenter un DreamMag entier, d'autres, ayant pris conscience de ceux qu'ils avaient devant eux s'empressèrent de demander des autographes, vivement repoussés par une garde du corps … très proche du corps. Le temps que la police reprenait ses esprits en se demandant ce qu'ils venaient de vivre, les deux célébrités, leur garde du corps sensuel et leur agent aristocrate avait disparu, avalés par la masse grouillante de rêveurs, de voyageurs, d'habitants des rêves et d'autres choses qui finirent par se disperser, en quête de richesses ou d'autres événements distrayants.

Alors qu'ils marchaient tranquillement dans une des sublimes et magnifiquement éclairées avenues de Kazinopolis, Oscar s'adressa en riant à un Matthieu dont le bras était presque en train de fusionner avec la poitrine de Luës
t :

"Que d'émotions ! Mais quel plaisir ! Que diriez vous de profiter pleinement de cette soirée ? En tant que votre agent artistique, il est de mon devoir de vous satisfaire. Je vais par conséquent vous organiser une nuit magique … que dis je magique … une nuit fabuleuse !"

La démonette de la luxure accueillit cette idée par de petits bonds et des applaudissements. Elle allait mettre à profit ce temps offert avec son idole pour vérifier si il était aussi homosexuel que Beautiful Gay le prétendait. Une charmante nuit en perspective.
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MessageSujet: Re: La rançon du succès [pv Khildar] Aujourd'hui à 13:14
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La rançon du succès [pv Khildar]

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