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This is how we rescue Christmas

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MessageSujet: Re: This is how we rescue Christmas Sam 15 Déc 2012 - 17:02
15 Décembre :





La démotivation de Felen tenait à trois choses : la première, c’était qu’à la base, il n’en avait rien à foutre des décors de Noël, de la chorale et de toutes ces conneries de merde. Lui, il avait juste pris du bon temps et un vieux gâteux moustachu avait miaulé et tout et tout, puis il s’était retrouvé là. Second élément, ses deux collègues s’étaient tirés comme des lâches. Il ne voyait plus Ned et Nayki, et avait donc l’impression qu’on le prenait pour le dindon de la farce. Dernier élément : il avait fait tout ça pour rien. Mais pour rien ! Felen tiqua. Il avait l’impression d’être un gamin puni à l’école à copier cent fois une phrase débile sur le tableau, et arrivé à la moitié du boulot, la femme de ménage rappliquait pour tout effacer avec son chiffon. Il ne restait plus qu’Hikari et Riku. Bah, il pouvait bien les laisser faire et se tirer. Il avait un nouveau jeu rigolo. Le Roi allait payer pour l’avoir fait chier. Il rencontra trois enfants qui étaient en train de faire leur bonhomme de neige, reniflant sous le froid. Felen se passa la langue sous les lèvres et leur dit :

« Vous faîtes quoi les enfants ?
_ Un chat de Noël. Pour que le Père Noël revienne.
_ Ah nan, mais vous avez rien compris, les petiots. Le Père Noël est passé, personne n’a été sage, allez vous faire mettre. Il reviendra pas.
_ Si d’abord ! Y a des Voyageurs qui sont partis en moto et tout, pour aller le chercher !
_ Putain mais vous avez rien compris ? Le Père Noël a aucun cadeau à vous donner ! C’est terminé. Fallait être sage. A l’année prochaine.
_ C’est faux…
_ Pourquoi le Père Noël est parti alors ? »


Il laissa les trois enfants qui se remirent à chouiner. Parfait. Ça, c’était rigolo. Passons aux prochains groupes.

__

Au théâtre, Matthieu faisait déjà son apparition :


« Bonsoir chérie ! Excuse-moi d’être rentré si tard, la tempête de neige ainsi que mon patron m’ont extrêmement ralenti.
_ BORDEL, MAIS TU POUVAIS PAS ALLER PLUS VITE ??!! TU CROIS QUE LE BEBE, IL EN A QUELQUE CHOSE A FOUTRE DE TON PATRON ??!!
_ Euh, quoi ?
_ Parfaitement ! Tu parles, t’es allé traîner dans un bar quelconque avec des amis soudards ! Tu m’as laissé toute seule comme une conne pendant vingt min… toute la journée ! »
éructa Alice qui n’avait aucun problème à feindre la colère.

Vingt minutes à rien faire devant un public qui n’attendait que la fin pour que le Père Noël revienne. La pauvre n’en pouvait plus, et c’était son caractère caché sous une couche de patience féminine qui ressurgissait maintenant, en plein dans la face de Matthieu. Celui-ci tenta de décortiquer les émotions de son épouse pour mieux lui répondre. Il tenta de prendre un air triste, elle l’ignora, et la discussion pourrait ainsi gagner un quart d’heure en plus en petites gueulantes, en mouvements excédés, et en une réconciliation. Voilà, mais maintenant, ils n’avaient plus de grain à moudre. Matthieu tenta sans idée :


« Alors… Il va bien le bébé ?
_ Et bien… Il donne des coups de pied.
_ Ah… C’est parfaitement normal, non ? Pour un bébé ? S’il donnait pas de coup de pied, bah, c’est qu’il est fainéant.
_ Ou mort.
_ Oui, voilà »
, continua Matthieu sans se rendre compte qu’ils disaient des trucs horribles. Il reprit : « Bah, comment on va le nommer sinon ?
_ Pourquoi tu dis ça ?
_ Bah, je sais pas. On doit ?
_ Normalement, oui.
_ Oh.
_ C’est marrant, hein ?
_ Mais on ne sait pas si ça sera un garçon ou une fille. »
, répliqua astucieusement Alice, pour le grand malheur de Matthieu. L’échographie, ça avait été inventé quand déjà ? Il tenta :
« Ca n’empêche rien. On peut trouver un nom masculin, et un nom féminin. Voire un nom mixte. Genre, Emmanuel ou Claude. » Un autre silence. Alice renvoya la balle très en fond de terrain :
« Sinon, tu as fait quoi, aujourd’hui ?
_ Ah… Euh, du merchandising.
_ Euh, mais on a une étable.
_ Bah ouais, justement. J’ai vendu les produits de notre étable. Je suis mercantile, quoi. Et toi, t’as fait quoi ?
_ Rien. Oh si, je t’ai attendu. Mais sinon, rien. »
Un autre silence. Ils se regardèrent, puis ils se quittèrent. Il fallait faire quelque chose bon sang, mais quoi ? Matthieu se creusa la tête sans trouver de réponse. Ses seules expériences théâtrale n’étaient véritablement pas celles recherchées aujourd’hui. Devait-il faire une partie de pierre-feuille-ciseaux ? Et tiens, ne pourrait-il pas invoquer Germaine pour l’aider ? En impro, elle devait être indémontable.

« Sinon, t’as vu ? Il fait plutôt froid dehors ? »
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MessageSujet: Re: This is how we rescue Christmas Dim 16 Déc 2012 - 22:06
16 Décembre :





Le Père Noël traversa la faille spatio-temporelle sans avoir réussi à se débarrasser du phoque qui tenait bon et n’hésitait pas à tirer un bon coup en l’air pour rappeler qu’il était armé. Fino insulta le gros bonhomme en réussissant à se maintenir au prochain virage. Il retomba juste à-côté du Père Noël, esquiva une énorme main qui voulait l’attraper et rechargea son fusil en utilisant ses dents. Sur la banquette, il ne pouvait plus le louper. Le Père Noël gémit une nouvelle fois en tenant les rênes, essayant de survivre le plus longtemps possible à cet enragé :

« Ecoutez, vous ne comprenez pas ! IL veut tous nous détruire. ILS veulent tous notre peau ! Mais ILS veulent survivre !
_ Je comprends rien, pauvre truffe ! Ce que je sais, c’est que t’as pas été sage. Alors maintenant, pour le concours de déco, je veux tout simplement que tu… »


Fino ne s’attendait pas à ce que le Père Noël préfère tenter de le désarçonner avec un autre virage malgré le canon fumant pointé vers lui. Fou furieux de voir ses cent mille EV bafoués, Fino tira sur le Père Noël, en plein dans la tête. Mais les balles s’écrasèrent contre une paroi invisible. Le cerveau du phoque comprit la situation très rapidement, et il tourna son regard avec Jacob qui avait été surpris des soubresauts indiqués par le Père Noël. Fino le couvrit d’une flopée d’injures, et il redoubla quand le Voyageur coincé dans sa bulle le priva de son fusil et jeta ce dernier dans les airs. Le Père Noël saisit tout de suite l’opportunité : il prit le phoque entre ses moufles et le jeta par-dessus bord sans raison. Jacob n’eut pas assez de réflexes pour le rattraper, mais de toute façon, le bébé phoque l’avait certainement cherché. Le Père Noël soupira très fortement. Il avait eu la peur de sa vie, mais il savait que ça ne ferait que commencer. Jacob comprenait le dilemme du Père Noël menacé par Fino, mais il ne sut voir au-delà. Il se retourna et vit les gigantesques gratte-ciels du Royaume de la Main Invisible. Etait-ce leur dernière destination ?

__

Nayki et Ned réussirent à rentrer à leur tour dans la faille céleste avant de se rendre compte qu’ils étaient dans le Royaume de la Main Invisible. Aucun enfant ne devait habiter là-bas, mais c’était une réflexion dénuée de tout fondement. Le Père Noël était à trois cent mètres devant et il s’approchait des immenses immeubles. Ned fit claquer les fouets et les hérissons reprirent leur chevauchée de plus belle. Il ne fallait pas se laisser distancer. Nayki avait plissé les yeux, et par-dessus le vent qui soufflait fort dans les cieux, il réussit à dire à son compagnon en lui hurlant dans les oreilles :


« T’as vu ?! Y a un Voyageur qui tire le traîneau ! Tu crois que c’est normal ?
_ Dans ce monde, j’aurais dit oui ! Mais ses liens ressemblent trop à ceux des rennes !
_ Comment tu peux voir d’aussi loin ?!
_ J’ai de bons yeux ! Mais c’est pas la question ! La question, c’est de se dire que le Père Noël a été victime probablement d’un attentat pour arrêter la course de Noël ! Et cette même personne semble avoir réussi à le dévier de son projet initial ! »
Nayki salua l’esprit d’analyse de son collègue. Mais il surenchérit :
« Je crois qu’on se fout de notre gueule ! Notre commanditaire commun ! Il est salement au courant des complots secrets !
_ Ou alors c’est un proche du Père Noël !
_ Ou alors c’est les deux ! »


Un type dans l’entourage du Père Noël pouvait être le suspect ? Alors pourquoi le Royaume de la Main Invisible ? Des questions qui n’allaient pas tarder à être répondues s’ils ne faisaient rien.
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MessageSujet: Re: This is how we rescue Christmas Lun 17 Déc 2012 - 16:24
17 Décembre :





Tenkensu et Kaijin se sentaient vraiment crétins en fait. Depuis que Lithium et Khildar étaient partis vers la place principale pour tenter de voir ce qui se passait, les deux combattants avaient arrêté leur duel morts de fatigue et attendaient qu’on vienne les interpeller pour on ne savait trop quoi. En fait, ils partaient du principe que la situation était gravissime et donc qu’on allait avoir besoin d’eux quelque part pour assurer la survie du plus grand nombre, et que s’il le fallait, ils se remettraient à se battre. Ils comprirent vite que non merci, on n’avait pas besoin d’eux. Que d’autres se débrouillaient très bien. Tenkensu et Kaijin, l’un-à-côté de l’autre se regardèrent sans trouver dans la pupille de l’autre l’envie de reprendre le combat. Un match de tennis ou de football, okay, pouvait y avoir une mi-temps. Mais un combat à mort, un truc sérieux, interrompu au beau milieu par une espèce de catastrophe libérale, nan, ça coupait tout épique (et oui, le combat à mort et le sexe avaient ce point commun).

Des deux, ce fut quand même Kaijin qui semblait le plus perturbé. Il était encore jeune, pensait Tenken en regardant le visage fatigué de son adversaire, mais il y avait longtemps qu’il ne devait plus croire aux miracles du Père Noël. Tout de même, la réaction du jeune homme aux cheveux bleu semblait un peu étrange. Kai décida de partir sans demander son reste. Tenken, sans savoir pourquoi, l’interpella :


« Hey ! Tu pars ?
_ OUI ! Je pars ! »
, répondit d’une voix forte Kai sans se retourner. Ses sentiments mêlés de colère et de tristesse surprirent fortement l’Invocateur de Yoyo.
« Mais pourquoi ?
_ Pour rien ! »
Dire qu’il avait aussi écrit sa lettre de Noël au début de la nuit et qu’il n’allait rien recevoir. Mais plutôt mourir que de l’avouer à Tenkensu.

Et il disparut dans une rue opposée. Le statut de Tenken en tant que « rival aigri » l’empêcha de poursuivre son adversaire. Il n’y avait aucune fierté à résoudre ce mystère, il pourrait passer pour... brrrr, un ami. Tenkensu se gratta le nez. Il avait froid maintenant, et il était fatigué. L’adrénaline retombée, il ne savait maintenant plus quoi faire. Il se frotta les mains et chercha à s’éloigner de la place principale. Il se sentait vaguement con quand même. Il commençait à rentrer dans des ruelles de moins en moins fréquentées (il y eut même une sorte de petit séisme plutôt surprenant), et quand il passa devant une petite obscure allée, il faillit mourir de peur devant une paire de yeux de félins qui l’observaient. S’étant légèrement arrêté, il préféra masquer son petit coup de frayeur par un acte sociable :

« Bonsoir. Vous allez bien ? C’est pas la fête, hein ?
_ Effectivement, c’est pas la fête. Ce n’est pas la fête du tout. Tu es arrivé au mauvais moment, Voyageur, au très mauvais moment. Gros Fido. Viens dire à Monsieur comme c’est vraiment pas le moment. »


Un énorme chat apparut alors de la ruelle. Un énorme chat ainsi qu’une quarantaine de Chats Cauchemars qui semblaient légèrement sur les nerfs (en même temps, vu l’argent de l’herbe à chat qu’ils venaient de perdre, il ne fallait pas chercher plus loin). Tenkensu se dit alors qu’il n’aurait pas eu le temps d’avoir froid.

__

Dans le Royaume de la Main Invisible, une poubelle couverte de neige tomba soudainement sur le sol comme si une météorite l’avait percutée. Cette météorite, c’était un phoque extrêmement en colère. Fino se remit de la chute en insultant les environs. Il retrouva son fusil, checka d’un regard la direction du traîneau. Celui-ci s’arrêta en-haut d’un énorme immeuble (il n’y avait que ça dans ce Royaume). Fino sourit férocement, chargea son arme, et se dirigea vers le gratte-ciel :


« Ah ouais, Papa Noël... Ah ouais, on veut jouer à ça. Mais pas de problème, je suis super joueur. Y a pas plus joueur que moi. D’ailleurs, je voudrais pour Noël le coffret du petit chimiste, parce que tu vois, Papa Noël, j’adore les expériences un peu fofolles. Par exemple, si je te fais bouffer ta propre merde, que je t’arrache l’estomac avec une aiguille enduite de jus de citron et que je te le REFAIS bouffer, est-ce que ça aura le même goût ?! »

Fino laissait une traînée de neige derrière lui. Il était habitué à ce climat de merde, il devait être un des rares à ne pas du tout avoir froid de ce mauvais traitement. Son fusil traînait derrière lui et cliquetait sur chaque pavé. Le bébé phoque continuait de déclamer sa logorrhée personnelle en crachant une ou deux fois des insultes quand un flocon venait le défier. Il n’y avait personne dans le Royaume (tout le monde travaillait), laissant Fino comme le seul être vivant de l’extérieur. Il vit d’ailleurs qu’un second traîneau se posa aussi sur l’immeuble, bien plus petit. Super, fallait toujours un peu de volaille pour agrémenter les boyaux. Le bébé phoque continua à avancer et trouva l’entrée de son immeuble. Il y avait des baies vitrées pour faire chic. Fino tira un coup, ce qui fit exploser une énorme fenêtre qui se déversa dans le hall. Le bébé phoque avança dans l’immeuble :

« Bouts de verre de merde ! Il m’en faudrait un bien tranchant tiens. Pis je ferais une compèt’ entre ses deux yeux : qui sera le plus résistant ? Une taillade par-ci, hey cool, il est pas encore crevé, puis une taillade par-là, tiens, lui non plus. Et on recommence jusqu’à ce qu’on ait un gagnant. Et la récompense, ça serait de quitter sa maison, hein, on quitte cette foutue arcade sourcilière, et on va ramper sur le solo maintenu par son petit nerf. Que j’écraserai, et que je tirerai. Papa Noël, je t’ai à l’œil. »

Il rentra dans un ascenseur de luxe. Il n’y avait pas de bouton, ce qui arrangea les affaires de Fino. Appuyer sur eux avec son canon de fusil aurait été chiant. Il annonça le dernier étage, là où était certainement le Père Noël, ou plutôt, là où il pourrait retrouver sa trace. La neige et le vent, ça devait faire des semelles dégueulasses, hein ? Facile à repérer sur la moquette rouge qui tapissait les lieux. Fino sentait que la fureur se faisait de plus en plus forte et il se mit à chanter :

« Petit Papa Noël...
Quand je te descendrai du ciel...
Avec... mon canon scié...
Oublie pas... ton pull rembourré... »


Et l’ascenseur s’arrêta net. La lumière était encore là, donc il n’y avait pas de coupure de courant. Quelqu’un avait juste empêché l’ascenseur d’arriver à bon port. Fino se mit à hurler :

« BANDE D’ENFOIRES !!! LAISSEZ-MOI GRIMPER !!! LAISSEZ-MOI VOUS COUVRIR DE CÂLINS, DE CADEAUX, DE BISOUS DE MERDE DE CHIENNE !!! » Il agrémenta sa litanie d’un tir de fusil extrêmement bruyant. « EH OH !!! JE SUIS DANS L’ASCENSEUR, LES PEDALES !!! FAUT PAS M’OUBLIER, HEIN ?! PARCE QUE MOI, JE VOUS OUBLIERAI PAS, OH NON, J’AI LA MEMOIRE ENCORE PLUS DOUILLETTE QUE LA GACHETTE!!! »

Et merde ! Le Père Noël était une ordure.
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MessageSujet: Re: This is how we rescue Christmas Mar 18 Déc 2012 - 16:28
18 Décembre :





Evidemment, il était parti ! Clem sua à grosses gouttes après le sprint et l’utilisation de son pouvoir. Kala était déjà bien plus en forme et cherchait du regard une tête blonde aux airs prétentieux et un peu débile, il fallait dire. Ils interrogèrent les habitants et comprirent rapidement que le crétin de frère aîné Ed était déjà parti à la rescousse de Noël… Comment ça, à la rescousse de Noël ? Ils apprirent les derniers faits, mais ils oublièrent de se sentir concernés. Le rouquin leva les épaules et dit à son compagnon qu’ils n’avaient plus rien à faire là. Une sorte de vieux chat à la moustache et à la barbe blanche comme un drap dans une pub de lessive leur demanda s’ils ne voulaient pas rejoindre les trois Voyageurs qui étaient partis sauver ce jour béni.

« On n’a plus de motos mais on a des chameaux. Ou des poussepousses.
_ C’est super gentil papy »
, répondit Clem en cherchant des yeux le bout de la rue au cas où Ed serait encore là, « mais on n’est pas trop là pour ça.
_ C’est que Noël quoi. »
, continua Kala en se rendant compte qu’en fait, ça sonnait plutôt inquiétant. Noël qui ne se ferait pas, ça restait un sinistre. Mais il pouvait se permettre de dire ça parce qu’il avait bien bouffé avant d’aller se coucher et qu’il avait eu ses cadeaux. Un Noël en doublon, c’était cool, mais pas indispensable. Le manque d’empathie ne répondait pas toujours présent chez un Voyageur qui avait pensé qu’il participerait à un énorme combat. Le chat parut offusqué mais il lâcha quelque chose de plus grave :
« La fin de Noël, c’est la fin de Dreamland !
_ Oulà, Papy, faut pas exagérer non plus.
_ La fin du Monde ! Vous vous en souvenez ! De tout ! L’Apocalypse ! Le 21 Décembre 2012 !
_ Bah justement, on est le 24, voire même le 25 »
, continua Clem d’un ton acide.
« L’antéchrist est né le 21 ! Qui sait pourquoi il n’a pas détruit le monde dès sa naissance ?
_ L’antéchrist »
, fit Kala en fronçant les sourcils, « Vous croyez vraiment à ces conneries ? »

Les deux Voyageurs firent le lien en même temps que Melinda les retrouvait avec le bébé dans les bras, minuscule. Puis aussi, la peau entièrement rouge, avec la croix inversée sur le front. Il ne manquait plus qu’un post-il sur le front pour deviner l’éventuelle identité du bambin retrouvé en plein milieu de la route. Les deux eurent une sorte de boule dans la gorge. Ça ne se pouvait pas… Ah oui, Clem redoutait déjà la sentence de la Voyageuse au sale caractère. Elle avait le bébé dans les bras et commençait déjà à gueuler :


« Hey Clem ! Tu te paies ma gueule ! C’est quoi ce mioche ?!
_ Je… Je vais le reprendre, merci.
_ C’est tout ! Tu me le lâches, je te retrouve, et tu me le prends ! C’est quoi le problème ?!
_ Euh, tu ne devrais pas crier, Melinda, tu risques…
_ JE CRIE SI JE VEUX !!! »


Les trois protagonistes entendirent une sorte de petit cri plaintif. La figure du bébé se congestionna, attendit, puis lâcha finalement son cri. Une dizaine d’ondes de choc d’immense puissance explosèrent le sol, les murs des maisons les plus proches et faisaient voler la neige jusqu’à cinquante mètres. Tout le monde mis à part Melinda s’étaient fait étalés sur le sol.
Bon bah, okay, c’était bien l’antéchrist. Et il était ravi de voir que tout le monde faisait attention à lui maintenant. Il suffisait qu’il se mette à pleurer pour détruire tout ce qui se trouvait autour de lui, et il savait au plus profond de lui que s’il hurlait bien, fort, longtemps, et bah il pourrait vraiment tout tout tout tout tout détruire. Il hésitait entre se tenir tranquille (il était si bien avec cette torpeur peu naturelle) et brailler de nouveau. Il choisit. Il se concentra très fort pour voir jusqu’où pouvait aller ses caprices de bébé. Et un Voyageur lui sauta dessus.

__

Gray s’ennuyait dans ce foutu Royaume ; il avait à peine remarqué que le Père Noël était en train de s’enfuir en l’air. Il n’était pas dans des rues très fréquentées en même temps. Il refusa de la beuh que deux types morts de froid lui tendaient. Et il tombait sur des civils paniqués. Il s’en fichait un peu de ce qu’ils pensaient, donc il continua son chemin sans les écouter déblatérer. Il avait besoin d’action, il avait besoin de montrer qu’il était bon. Gray avait des rêves de grandeur cette nuit-là. Mais il savait que sa principale qualité, c’était de se foutre dans des situations merdiques au possible. Quand il y avait un problème sur le trottoir, Gray arrivait à se plonger dedans sans aucune difficulté, en saut de l’ange s’il vous plaît. Pourtant, cette nuit, il le sentait bien ! Il allait se passer un truc de ouf’, et…

Et un séisme rugit sous ses pieds, et faillit le faire trébucher. Gray se stabilisa : c’était quoi cette foutue énergie qui venait de déborder là, à l’instant ? Plusieurs chats hurlèrent en disant qu’il y avait l’antéchrist sur la place et qu’il allait détruire le monde. L’Immortel comprit que c’était là sa chance de pouvoir montrer à tous ce qu’était un vrai gars avec des couilles bien remplies. Il sprinta vers la place, traversa la foule de badauds qui fuyaient ou se remettaient debout, trouva l’antéchrist dans les bras d’une Voyageuse, sauta en plongé, rattrapa le bambin qui allait pousser une grosse colère, fit une roulade sur la neige, se releva, plaqua le bébé contre son torse et se fit exploser. Tout simplement.

Quelques secondes plus tard, chacun put voir que le Voyageur fou était intact. Mais que le bébé aussi. Aucune égratignure. Par contre, au lieu de se mettre à pleurer, il rigolait d’un bon rire de bébé. Gray se dit que ce n’était pas vraiment l’effet escompté. Un albinos à quelques mètres lui hurla :


« Hey ! Continue à faire ton truc ! Faut surtout pas qu’il pleure ! Sinon, il va détruire Dreamland ! »

Gray voulut dire qu’il ne pouvait pas faire ça indéfiniment, mais des gazouillis inquiétants du bébé l’interpellèrent.
Il venait tout juste de comprendre qu’il était à nouveau dans la bonne grosse merde.
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MessageSujet: Re: This is how we rescue Christmas Mer 19 Déc 2012 - 16:45
19 Décembre :





La salle était immense, ainsi que le pentagone de bureaux massifs plongé dans une semi-pénombre qui cachait les visages des douze hommes en costard-cravate. Ils étaient assis, et même si on ne pouvait voir leur visage, on savait qu’ils étaient tous tournés vers le Père Noël qui se tenait devant eux, gêné. On pouvait déceler chez les poignets ou les vestes de quelques-uns des signes de féminité. Six hommes, six femmes. Une théorie consistait à dire que plus on avait une mentalité tordue, mieux on la cachait. On pouvait en conclure que les douze personnes étaient des fous furieux. A raison.

« Vous avez été lent. », fit une voix impeccable sortant des ténèbres.
_ J’ai été retardé. Mais je suis là à temps.
_ Très bien. »
, commenta une autre voix aux timbres clairs de bureaucrates chevronnés. « Avec le chèque que vous venez de nous transmettre, tous vos fonds ont été transférés sur le compte de Mr. Carl, ainsi que les bénéfices qui ont été fait cette nuit. Notre cher Directeur va pouvoir passer aux choses sérieuses. »

Il y eut quand même un soupçon de crainte quand le nom du Directeur avait jailli. Le Directeur Carl était un tyran, dans le sens patron du terme. Personne ne lui désobéissait, mais l’astuce était d’être à sa botte, même s’il était facile de se retrouver sous. Moins d’un centimètre de mauvais comportement pour se faire virer, estropier, et condamner à la pauvreté.

Noël and Co. était une multinationale qui envoyait des matières premières au Père Noël et qui récoltait tous les bénéfices des cadeaux envoyés sous les sapins, puisque le vieux barbu était un symbole qui se refusait à prendre de l’argent depuis des décennies entières. Cependant, la firme était pourrie comme toutes les firmes, et les douze actionnaires devant le Père Noël ne cherchaient pas à briser cette image de malhonnêteté.


« En tout cas, nous sommes satisfaits. Monsieur Nicolas, vous avez failli tous nous faire trépasser à cause de vos vieux sentiments.
_ Mais je pensais que…
_ L’antéchrist est né le 21 Décembre comme prévu et il a failli tous nous détruire. Heureusement, nous sommes arrivés et nous avons tout fait pour l’empêcher de pleurer.
_ Nous l’avons installés dans un bain de jouet où tous ses désirs ont été comblés. Sans oublier de lui installer une puce à endorphine près de son cerveau afin de perpétuellement le calmer. Mais ça ne veut pas dire que c’était totalement sans risque.
_ Il est proche d’ici ?
_ On l’a envoyé dans un Royaume au loin il n’y a pas plus tard que trois heures. Son cri est l’épicentre de la destruction, être loin nous permet de gagner du temps. Nous avons réussi en l’empêchant de piquer une crise de colère, à repousser la fin du monde. Ce ne fut pas chose aisée. Nous voulions…
_ Gagner du temps jusqu’ à ce que je fasse ma tournée…
_ Et qu’on gagne suffisamment d’argent. Monsieur Nicolas, vous savez pertinemment que le prix pour l’Arche de Noé est extrêmement, extrêmement coûteux. »


L’Arche de Noé… C’était comme ça qu’on avait appelé une dimension parallèle créée de toute pièce par des appareils ultrasophistiqués pour accueillir des survivants à l’Apocalypse. Les places étaient limitées, et donc forcément hors-de-prix. Seuls les plus richissimes habitants de Dreamland (et les plus informés aussi) pouvaient donc se payer un billet pour la dimension des survivants. Les actionnaires de la firme Noël and Co avaient rapidement compris qu’il fallait pousser l’Apocalypse après Noël afin de retirer tous les bénéfices de cette nuit fructueuse, et ainsi pouvoir survivre. Dès qu’ils paieraient le ticket, une porte s’ouvrirait vers d’autres dimensions et accueilleraient une quinzaine de personnes maximum. Les douze actionnaires, Carl, et évidemment, le Père Noël s’il le voulait bien (il restait leur business tout de même). Les actionnaires se frottaient déjà les mains mais une femme intercepta un appel. Vingt secondes plus tard, elle referma le clapet :

« Très mauvaise nouvelle. Le Directeur vient de m’appeler, Monsieur Nicolas. Vos fonds ne sont pas assez suffisants pour couvrir le prix du ticket. Il nous manque environ 8000 EV.
_ J’étais pourtant persuadé que…
_ Mais taisez-vous ! Il y a un enfant qui a demandé une lettre de Noël particulièrement onéreuse. Donnez-lui son cadeau et nous aurons notre argent.
_ Nous n’avons pas assez de temps »
, fit une autre voix masculine.
« Ne vous inquiétez pas, » fit le Père Noël en sortant son propre mobile d’un geste las, « Je vais appeler un faux Père Noël sur place pour qu’il s’en charge. Je lui envoie un message.
_ L’enfant en question s’appelle… Zared. Dans le Royaume des Chats. Et voici sa liste de jouets… »


Il y eut un silence d’une minute tandis que le Père Noël donnait ses instructions à contrecœur, et que deux Voyageurs les épiaient. Ned et Nayki avaient entendu toute la conversation. Effectivement, ils étaient dans une affaire qui dépassait l’entendement. Ils écoutèrent la suite de la discussion qu’un actionnaire reprit :

« Dès que le cadeau est passé, et que nous avons nos tickets pour l’Arche, nous annulons les effets euphoriques de la puce sur l’antéchrist. Et le monde devrait être détruit… allez, dans les minutes qui suivent. Quelques secondes avec un peu de chance. Mais nous, nous serons protégés. »

Nedru et Nayki comprenaient qu’il fallait arrêter absolument ce second Père Noël. Nedru sortit son propre portable et appela le seul numéro qui était susceptible de l’aider : Felen, leur collaborateur crétin. En quelques secondes, il réussit lui à faire un résumé efficace de la situation.

« Donc je dois tout faire pour arrêter un second Père Noël avant qu’il distribue son cadeau à Zared ?
_ Et tu sauveras le monde.
_ T’es franchement une inutile salope, tu sais ? »
Et la communication se coupa. Nedru espéra qu’il ferait ce qu’il lui avait demandé. Nayki reprit derrière :
« C’est peut-être le Père Noël qui a lui-même cherché à saboter Noël en tuant son renne.
_ Peut-être. En tout cas, il est temps de sortir et de tenter de les arrêter. On en sait assez. »
Mais Nedru trouvait que ça puait. Il se retourna express. Pile pour voir une matraque en acier lui tomber sur la gueule. Et l’assommer. Et idem pour Nayki. Cette chose était un gigantesque ours en peluche. Il jeta aux pieds du Père Noël les deux Voyageurs.

« Zlezaitrouvé. Carlzerapacontent.
_ Merci Mr. Pointillé. Monsieur Nicolas, c’est à vous de vous en débarrasser.
_ Pourquoi moi ?
_ Ils sont certainement arrivés en vous suivant, et nous ne voulons pas laisser de traces de deux Voyageurs dans notre entreprise. Relouland pourrait en être informé et nous aurons des ennuis. Faîtes ça loin.
_ Je vais les emmener chez moi alors.
_ Cela veut-il dire que vous ne venez pas avec nous ?
_ Non. Je préfère mourir que de survivre avec ce poids sur le corps. Adieu.
_ Adieu alors, Monsieur Nicolas. Merci pour vos efforts. »


__

Felen referma à son tour son portable. Arrêter un Père Noël de merde, il devrait en être capable. Fallait juste le trouver ; C’était vraiment une tâche facile, comme l’avait laissé suggérer Nedru. Il soupira et se mit en chasse du faux Père Noël.

Evidemment, et malheureusement, la tâche ne serait pas aussi simple. Dans l’obscurité d’un hangar, le faux Père Noël se prépara. Il mit son chapeau, sa veste de Noël, prépara sa hotte et les jouets qu’il devait emmener, fit craquer sa nuque. Puis sa main se transforma soudainement en lance-roquettes. Il défonça la porte de l’entrepôt dans une immense déflagration. John McKanth, dit le Major, avait un cadeau à distribuer et il ne faillirait pas :


« C’EST NOËL !!!!! »
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MessageSujet: Re: This is how we rescue Christmas Ven 21 Déc 2012 - 1:51
20 Décembre :





« Allez, explose encore une fois !
_ JE VOUS DIS QUE C’EST PAS POSSIBLE, BANDE DE MALADES !!! »


Gray n’avait plus de vie en stock. Le bébé riait encore une fois mais il serait moins amusé quand il comprendra que le super jeu était terminé. Il n’avait aucune trace de blessure. Il était tout bonnement invincible. Indestructible. Et chiant comme tout.

Le bébé eut effectivement une moue déprimée quand il vit que Gray le tenait à bout de bras sans rien faire d’autre. Il y avait un cercle d’habitants autour de lui qui se rongeaient les ongles d’inquiétude devant ce spectacle sordide. Les Voyageurs présents allaient-ils arriver à calmer le bébé de l’Apocalypse ? Le sol se mit à trembler quand le bébé ferma les yeux de colère. Clem hurla au Voyageur de la Vie de le lui envoyer. Le bébé échangea de bras et Clem se mit à faire comme n’importe quel parent : lancer le bébé en l’air. Sauf que Clem agrandit la distance entre ses bras et le ciel. Au final, le bébé n’était pas projeté à un mètre de hauteur, mais plutôt à dix. Une super attraction le concernant.

__

Tenken se battait comme un beau diable. Un yoyo par-ci, un yoyo par-là, des chats qui se prenaient une branlée. Mais il ne les aurait pas tous, c’était certain. La fatigue de son combat précédent lui pesait énormément. Et les chats le submergeaient. Comme un véritable combattant, il résistait à chaque attaque, se relevait, supportait les blessures et renvoyait les agités d’une bonne trempe dans leur gueule. Il se retourna et vit cinq griffes lui chercher la gorge. Mais le propriétaire se prit une gigantesque mandale dans la gueule. Une belle femme aux cheveux noirs était maintenant de la partie et souriait quand elle vit que sa nouvelle victime se traînait sur le sol en gémissant. Tenken lui dit entre deux coups :


« Merci beaucoup !
_ Pas de quoi ! Je suis ravie de t’aider ! »
, répondit sincèrement Megan alors qu’elle envoyait un coup de pied sur un bandit un peu trop entreprenant. Elle allait pouvoir remplir la mission de Pijn sans même mettre son karma en jeu. Donc, évidemment, elle était toute guillerette. Plus que les chats qui se roulaient par terre sous ses coups en tout cas.

Cependant, l’apparition d’un Gros Fido particulièrement camé marqua les esprits. Les bandits se reculèrent rapidement quand l’énorme chat aux yeux rouge fit son apparition et regarda les deux intrus. Il grogna et se mit à marcher vers ses deux prochains pâtés en croute. Il est important de souligner ici qu’un énorme néon de trois mètres de haut en forme de « P » (le reste des néons accrochés aux toits formaient maintenant PA A NOEL) s’écrasa sur la tête de Gros Fido dans un déluge ébouriffant de verre brisé, de métal tordu et d’électricité libre. Sur cette lettre explosée, on pouvait voir un Voyageur roux qui se grattait la tête en constatant les dégâts. Il aurait pas dû sauter de lettre en lettre comme ça, il savait que la construction était fragile, que les câbles tenaient pas.
Ce Voyageur, c’était Dox.
Nodox.

"Oups."


__

Clem éloignait l’ennui du bébé. Il ne s’attendait pas à sauver le monde comme ça. Mais ses muscles commençaient à fatiguer, son pouvoir lui dévorait ses réserves énergétiques et il ne savait pas du tout combien de temps il réussirait à tenir. Autour de lui, il sentait plus d’une centaine de regards suivre le bébé qui montait et descendait en lâchant quelques rires de joie. S’ils ne s’occupaient pas du bébé, tout le monde crèverait, c’était simple à comprendre. Clem se demanda surtout ce qu’il fallait faire maintenant. Ils n’allaient pas s’occuper de l’enfant pendant des heures et des heures !

Il fut moins concentré, certainement à cause de la lassitude, pendant une seconde. Ce fut le temps qu’il fallut pour ne pas réceptionner le bébé et le laisser s’écraser dans la neige face en avant, comme une crêpe. Une seconde de silence. Et un nouveau séisme en réponse qui fendit le sol, conséquence d'un hurlement chérubin étouffé par la neige. Melinda se dépêcha de sauter de plaques de terre en plaques de terre pour se saisir du bébé et lui faire le vieux coup du :


« Il est où le bébé… ? » Un silence où on cacha sa main dans devant son visage. « IL EST LA !!! », se répondit elle-même Melinda en ayant couvert son corps d’écaille. Le bébé fut surpris et arrêta de trembler. Melinda réitéra le processus en enlevant et remettant ses écailles, essayant de conserver l’intérêt du bébé jusqu’à ce que… jusqu’à ce qu’un miracle se produise. Ou qu’elle se réveille.

__

Les trois Voyageurs avaient décidé de fuir, courageusement. Megan, Tenkensu et Nodox étaient en train de courir dans les rues poursuivis par une centaine de chats Cauchemars totalement fous furieux. Ils n’étaient pas en colère contre le néon tombé du ciel qui avait transformé Gros Fido en descente de lit originale (et éclairée), mais une petite voix commune à tous leur avait dit que s’ils ne redoublaient pas d’agressivité pour compenser la perte de leur Grosse Bertha personnelle, ils allaient y passer. Puis les renforts étaient arrivés et d’autres continuaient à venir. Ils cherchaient à encercler les Voyageurs et réussissaient déjà à les faire changer de trajectoire quand le barrage était assez grand ; dans le cas contraire, des éclairs jaillis des doigts de Dox se chargeaient de les disséminer un peu partout. La course-poursuite commençait à s’éterniser. Il fallait un endroit où se cacher. Ou au moins se défendre. Megan pointa du doigt un bâtiment avec d’énormes fenêtres. Tenkensu se dépêcha de faire voler ses yoyos pour briser les vitres et les trois Voyageurs sautèrent à l’intérieur de la grande baraque. Maintenant, le siège pouvait commencer.

__

Tandis que la pauvre Melinda s’épuisait à jouer au même jeu avec le bébé, Kala cherchait de nouvelles idées pour l’après « Iléoulebébé ? ».


« Melinda ? Tu pourrais le… lui donner le biberon.
_ J’ai pas de biberon, abruti. Oui, oui, bébé, je suis là. Il. Est. Où. Le Bébé ?
_ Je voulais dire… donner le biberon sans biberon ? »
, fit Kala en s’étant creusé les méninges pour tenter de soigner la forme.

Melinda lui jeta un regard qui voulait dire que si elle n’était pas en train de sauver le monde-là maintenant tout de suite, elle lui répondrait d’une énorme baffe. L’idée de l’albinos remua tout de même la foule. Trois minutes plus tard et Kala se tenait avec un (énorme et généreusement fourni) biberon dans les mains. Il en avertit Mel dont les respirations se faisaient de plus en plus lourdes :


« Euh, c’est bon. Je te passe le biberon ?
_ Tu crois que je suis quoi ? Une esclave ? »
vociféra-t-elle. Elle donna plutôt le bébé à Kala qui tenta de le caler entre ses bras. Il fit avaler à l’antéchrist une bonne dose de lait. Il se demanda alors s’il devait être fier ou honteux de son geste.
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MessageSujet: Re: This is how we rescue Christmas Ven 21 Déc 2012 - 2:09
21 Décembre :


LE MAJOR VOUS SOUHAITE UNE JOYEUSE APOCALYPSE !!!





Felen se laissa distraire de sa route par un spectacle de rue magistralement mal exécuté. Il se demandait si se pointer sur scène et avertir tous les enfants de la non-réapparition prochaine du Père Noël serait une bonne idée ou pas. Peut-être un peu trop visible ; le Roi le tuerait vraiment dans ce cas-là. Puis, les deux acteurs principaux aussi à l’aise que des anguilles sur une pizza près d’un four italien étaient des Voyageurs. Nul doute quand on regardait leurs oreilles rondes. Tiens, ils lui seraient utiles, non ? Ainsi que tous les spectateurs. Il se dépêcha de traverser la foule et de grimper sur scène devant une Marie et un Joseph hallucinés. Voilà, il était bien avec tous ces regards interrogateurs qui le dardaient. Il attendit trois secondes pour que chacun ait remarqué sa présence puis il déclama d’une voix un peu fière :

« Salut. Je cherche Zared. » Puis il se gratta les fesses et attendit. Et par miracle, quelqu’un se manifesta dans le public. Un jeune Voyageur aux cheveux couleur dégueulasse répondit en levant la main :
« Ouais ! C’est moi ! Kaijin Zared !
_ Euh, excusez-moi... »
, fit Matthieu en posant son épaule sur la main de Felen, ce qui fit subtilement hérisser les poils de celui-ci qui n’était pas habité au contact masculin, « On joue une pièce, là, on raconte une histoire. » Le Voyageur Chat préféra ne pas s’excuser. Il y avait une (très très très) charmante demoiselle sur le plateau, mais elle ne dit rien, et son expression semblait hésiter entre lui coller un pain dans la gueule ou le remercier pour ce deus ex machina. Il ne sut comment le prendre et répondit en haussant les épaules :
« Ouais, mais Noël va être détruit. »
Sa phrase fut soulignée par une gigantesque explosion qui pulvérisa toutes les coulisses et le décor, ne laissant qu’une partie de la scène intacte. Un Papa Noël Terminator s’avança dans la fumée et hurlant :
« NOOOOOOOEEEEEEEEEEEEEL !!! » Felen venait de se rendre compte à quel point il avait dit la vérité. Il entreprit le seul acte courageux qu’il ait jamais fait de toute sa vie : fuir. Fuir, oui, mais pour la bonne cause. Le Père Noël fou avait certainement un GPS pour détecter l’enfant qui allait avoir son cadeau droit dans la gueule.

Par pure folie, Alice et Matthieu s’enfuirent aussi dans la même direction en tranchant une foule qui se dispersait en hurlant devant l’individu armé. Le Major n’attendit pas que les quatre Voyageurs soient tous hors de portée : il prit un cadeau dans sa hotte et l’envoya de toutes ses forces vers les fuyards. Le lancé fut tellement violent que le paquet s’enfonça à moitié dans le sol dans un énorme bruit, à cinq centimètres des chevilles d’Alice. Constatant que l’effet recherché n’était pas assez efficace, il transforma sa main en lance-missiles : cinq petites fusées de couleur treillis décrivaient des trajectoires en spirale avant de provoquer de terribles déflagrations dans la rue. La fumée soulevée cependant empêcha de savoir ce qu’il était advenu des quatre cibles. Le Major continua imperturbablement à avancer, continuant à tirer avec une mitrailleuse à tout hasard.


« PRENEZ VOS CADEAUX !!! »
__


Alice et Kaijin s’étaient réfugiés dans un bâtiment, les vêtements déchirés, brûlés et quelques blessures à cause des caillasses projetées par l’onde de choc des explosions. Ils se cachèrent dans une pièce, tout en frayeur. Par contre, ils n’avaient aucune idée de ce qu’il était advenu des deux autres. Ils préférèrent ne pas imaginer le pire.

__


Felen et Matthieu étaient cachés au premier étage du bâtiment d’en-face, et le Voyageur félin racontait tout ce qu’il savait à l’Invocateur. Ce qui pouvait se résumer simplement par : si Kaijin recevait son cadeau, alors ça serait la fin du monde. Matthieu préféra ne pas demander comment on en était arrivé à là et jetait un coup d’œil par la fenêtre : le Major s’avançait parmi les décombres de la rue et s’apercevait que les ennemis n’étaient plus là (il avait certainement oublié sa mission principale). Matthieu soupira : il allait devoir combattre pour ralentir ce Voyageur Papa Noël. Il invoqua son huître au milieu de la rue et lui ordonna mentalement de tirer sur l’ennemi. Des perles explosives furent envoyées contre le Major mais il réussit à les éviter avec des réflexes surhumains, et il riposta même de quelques tirs de catling vers la position de l’huître qui fut rapidement mise à mal. Matthieu changea de stratégie et fit apparaître son chiton. Le mollusque se mit en boule et fonça vers le McKanth. Mais malgré l’élan qu’il eut, il buta totalement contre l’obstacle, fut même soulevé par le choc comme s’il avait roulé sur un tremplin et sentit sa carapace se fendre. Le Major avait à peine vacillé.

« Putain ! Il est totalement invincible ou quoi ? », cria Matthieu en rappelant son chiton inutile. Il ne savait même si Germaine pourrait arrêter le Voyageur.

Mais pire que tout, le Major l’avait vu. Il avait senti leur énergie à tous les deux. Il ne restait plus qu’à déglutir. Felen se dépêcha de lui montrer du doigt quelque chose : Matthieu remarqua enfin à travers la fenêtre que les deux autres Voyageurs, dont Kaijin, étaient cachés en face. A moins de trois mètres du Major. La situation était trop tendue, il préféra appeler sa carte-maîtresse.

Ce fut à Germaine d’arriver au milieu de la rue, mais cette fois-ci, elle n’était pas seule. Deux Voyageurs totalement drogués, le pet éteint à la main, regardaient dans le vague sans vraiment comprendre où ils étaient. La limace avait un Voyageur devant elle et elle s’apprêtait à lui faire signer des documents comptables comme elle seule savait les imaginer, mais elle fut coupée par un Major tremblant de rage devant ses pires ennemis :


« Vous êtes des hippies ! Des foutus hippies de merde !
_ Ah ? »
, fit Alan, transporté dans la douzième dimension.
« HIPPIES !!! BOUFFEUR DE TACOS !!! », lâcha le Major en transformant ses deux bras en énorme revolver Casull.

Profitant de son état d’énervement face à deux Voyageurs sortis de nulle part, Matthieu se dépêcha de sauter en bas de la rue, de se réceptionner comme il put et de gueuler le nom de Kaijin pour qu’il sorte de sa cachette. Juste après, il invoqua sa dernière invocation en date : Gaston. Le jeune Voyageur courut vers la sortie et sauta sur le gros gastéropode que l’Invocateur faisait déjà démarrer. A leur grande surprise à tous les deux, alors que le véhicule avalait déjà les premiers mètres, Alice prit aussi place sur le véhicule. Matthieu tourna dans un virage tandis qu’il laissait Germaine et les deux « hippies » se charger de ralentir le Major (disons que les deux Voyageurs sautaient comme ils pouvaient pour éviter les balles tandis que Germaine tendait des papiers, totalement impassible face à la situation). Le conducteur serra ses virages dans les rues et ruelles du Royaume des chats, mais pas aussi vite qu’ils l’auraient voulu :


« Alice ! Gaston a déjà du mal avec deux passagers !
_ BONJOUR !!! »
, hurla-t-elle en réponse. Matthieu tourna sa tête pour tenter d’appréhender cette curieuse réponse, et il vit qu’elle possédait maintenant deux pistolets. Il préféra ne rien dire de plus et continuer à mettre le plus de distance entre lui et le Major.

Le Major qu’il vit rapidement derrière lui, deux ailes d’avion dans le dos lui permettant de voler aussi sûrement qu’une libellule (un tank-libellule plutôt). Matthieu se dépêcha de foncer dans les ruelles les plus étroites du Royaume (passant à quinze mètres d’une énorme bagarre impliquant de nombreux Chats Cauchemars cherchant à rentrer dans un bâtiment), obligeant le Major à survoler les maisons plutôt que de les suivre dans la rue. En réponse toutefois, il les aspergea de salves de balles qui heurtaient les pavés dans des sifflements meurtriers. Matthieu changea encore une fois de trajectoire pour éviter de se faire découper en rondelle. Le Major s’approchait dangereusement d’eux. Alice se dépêcha de tirer ses coups de poing en appuyant frénétiquement sur la gâchette. Plus par réflexe que par réflexion, le Major perdit de la vitesse pour éviter les projectiles. Il connaissait les armes à feu, et partait du principe que ça pourrait lui faire du mal. Alice continua ainsi à le maintenir à distance, sans réussir à vraiment viser leur adversaire. Kaijin jetait un coup d’œil en arrière voir comment elle se débrouillait.
__

Felen chercha des mioches près du théâtre. Il avait une nouvelle version à donner aux enfants qu’il croiserait sur sa route maintenant. Oui, il allait leur dire qu’ils n’avaient tellement pas été sages que le Père Noël avait décidé de les éliminer. Et que c’était comme ça qu’il y avait plus de gentils sur Terre que de méchants. Ouais, ça allait être super drôle. Il trouva d’ailleurs deux enfants terrorisés par l’incident du spectacle. Il sourit méchamment, car il savait qu’ils le croiraient plus facilement que les autres.
__

Une seule explosion bien placée avait permis de jeter le véhicule par-dessus bord. Les trois Voyageurs tombèrent sur le sol en effectuant des roulés boulés (Alice eut moins mal, car elle avait gardé son coussin sous sa jupe. C’était fou les petits trucs qu’on pouvait oublier dans le feu de l’action). Kaijin fut toutefois le premier à se relever, devant un Père Noël qui aurait pu transformer Schwarzenegger en bretzel avec un doigt et demi.


« SOLDAT KAIJIN ZARED !!!
_ Vi ?
_ AVEZ-VOUS COMMANDE CINQ NOUVELLES CONSOLES DE JEUX ONIRIQUES AINSI QUE QUATRE-VINGT JEUX DIFFERENTS, AINSI QU’UN JACUZZI DANS VOTRE DOMAINE, LE DOMAINE EN QUESTION, AINSI QU’UNE SALLE DE SPORT, AINSI QU’UNE PANCARTE EN OR MASSIF SUR LEQUEL IL Y A ECRIT « JE SUIS LE PLUS FORT DE TOUT DREAMLAND ET JE M’APPELLE KAIJIN ZARED », AINSI QU’UNE BARRE DE CHOCOLAT ??!!
_ Oui, je crois.
_TES CADEAUX !!! »
répondit le Major en lui envoyant un énorme paquet de Noël dans la gueule si violemment que le Voyageur (plus son cadeau) fut envoyé à quinze mètres avant de retomber dans la neige totalement assommé. Le Major s’envola à nouveau en pensant qu’il était un héros américain.
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MessageSujet: Re: This is how we rescue Christmas Sam 22 Déc 2012 - 23:47
22 Décembre :





Nedru fut réveillé par les chuchotements de son collègue Nayki. Sans ouvrir un œil, il comprit un seul petit truc qui changeait pas mal de choses : il était attaché à une chaise par une corde aux nœuds serrés, et c’était pareil pour son partenaire. Quand il ouvrit les yeux, il mit quelques temps avant de s’habituer à la semi-pénombre qu’il régnait. Il était dans une large pièce, plus que large même. On aurait pu faire tenir cinq hangars à avions là-dedans. Elle n’était éclairée que par quelques néons donnant un aspect sordide à l’endroit. Quand les pupilles réussissaient à s’adapter, on pouvait voir que la salle était parcourue de chaînes de montage extrêmement multiples à tous les niveaux, arrêtées. En faisant le rapprochement, Nedru chuchota à son compagnon d’infortune :

« On est dans les ateliers du Père Noël.
_ Oui, je sais. Et on n’est pas seuls. »
Nedru se pencha sous les indications de son camarade afin de voir qu’à la gauche de Nayki (lui-même étant à sa droite), il y avait un lutin solidement accroché à une chaise en plastique. Ce lutin, c’était Friendly. Il se présenta comme tel avec de grands yeux implorants avant de dire :
« J’ai avoué au Père Noël que c’était moi.
_ Qu’est-ce que t’as avoué ? »
, fit Nedru en fronçant les sourcils, mais ce fut Nayki qui lui répondit :
« C’est lui qui a fait exploser le renne Rodolphe afin d’empêcher Noël.
_ Oui, le Père Noël devait être un peu furax.
_ Salement furax, oui.
_ Oui, salement furax. Mais je crois que vous vous trompez tous les deux sur les véritables raisons de sa colère. »


Nayki et Friendly regardèrent bizarrement Nedru. Il avait prononcé sa dernière phrase instinctivement, alors que des rouages dans son cerveau s’étaient mis doucement en branle et s’activaient de plus en plus. Y avait un hic dans l’histoire. Nedru tenta de poser des questions rhétoriques afin d’expliciter ses pensées et la terrible situation dans laquelle ils se trouvaient :

« Nayki, pourquoi on a été attachés par le Père Noël ?
_ Parce des connards le lui ont demandé, Nedru.
_ Tout de même, ils ne le surveillent plus, et devraient être dans l’autre dimension. A un moment, ils s’en foutent de savoir s’il nous exécute ou pas. Alors pourquoi ?
_ Bah... Maintenant que tu le dis, c’est très bizarre. Je me suis aussi demandé comment ils ont pu faire une erreur de 8000 EV entre ce qui était prévu avec les bénéfices et le compte du Père Noël.
_ Le Père Noël est passé dans d’autres Royaumes avant celui des Chats. Puis il a dû être arrêté par les actionnaires en prévision de ce que le Père Noël allait rapporter avec ses propres fonds.
_ Donc le Père Noël leur a délibérément menti. Ou à apporter moins. Pourquoi ?
_ Je viens de penser à un truc con, mais le Père Noël ne gagne pas d’EV de ses tournées, parce que c’est un symbole.
_ Exactement, la preuve en est les actionnaires qui raflent tout.
_ Et si j’étais le Père Noël et que je voulais quand même survivre à la fin du monde en récupérant l’argent de mes tournées, je ferais comment ?
_ Oulà, tu penses à quoi ? »
, demanda Nayki en se triturant les méninges. Nedru lui répondit alors, sans savoir si c’était ses talents naturels ou son pouvoir qui lui avaient soufflé le parallèle :
« Un type avec de la barbe, couleur rouge, distribuant à tous, un peu gros. Tu penses à qui ?
_ Le Père Noël.
_ Exact. Le Père Noël, et Karl Marx. Juste un parallèle idiot. Karl. Je crois que le Père Noël est le Directeur Carl de la firme Noël and Co.
_ Afin qu’ils puissent retrouver l’argent qu’il perdait de ses tournées à cause de son statut de symbole. »
, acheva Nayki en hochant la tête.

La gigantesque pièce fut soudainement allumée, des centaines de néons surpuissants éclairant les environs dans des claquements qui résonnaient en écho. Le Père Noël avança dans la salle vers ses prisonniers, suivis de Mr. Pointillé, le nounours géant qui les avait assommés, ainsi qu’un immense dragon fait en kapla qui gardaient ses ailes en bois refermés contre son ventre. Encore derrière venaient les rennes qui tiraient le traîneau plus un Voyageur aux cheveux violets qui ne semblaient strictement rien comprendre à la situation. Le Père Noël portait derrière son dos un immense sac de toile. Il regarda ses trois prisonniers d’un ricanement, et jeta son sac sur le sol.


« Alors les enfants, comment vous vous sentez ? J’espère que j’ai serré les nœuds, ça tient chaud. Il ne fait jamais chaud ici. Le climat environnant. » Le Père Noël affichait un faciès bien plus malsain que quand il était apeuré. Il était maîtrisé, sûr de lui et avait une ambition qui lui bouffait le ventre. Friendly lui hurla alors :
« Pourquoi, Père Noël ?!
_ Friendly, je te suggère de te taire. Tu m’as beaucoup énervé à tenter de saboter Noël. Pour la bonne cause peut-être, c’est ce que tu devais croire. »
Il voulut continuer à parler mais ce fut Nayki qui l’interrompit :
« Vous faîtes ça pour payer le ticket de l’Arche de Noé ?
_ Evidemment. J’ai envie de sauver mon cul comme tout le monde.
_ Pourquoi vous avez refusé l’offre des actionnaires ? Il voulait vous emmener avec eux.
_ T’es naïf, mon gars. Comme s’ils allaient laisser le témoin de cette sombre affaire vivre. Et même s’ils avaient accepté, je n’aurais pas pu emmener mes rennes avec moi. Pas assez de places.
_ C’est plutôt diabolique. »
, commenta Nedru d’une voix neutre.

Le Père Noël lui répondit d’un sourire mauvais. Puis il défit le nœud du sac de toile, et de l’EV en poudre s’en échappa L’essence de vie se transforma en tourbillon et commençait à créer une porte vers une autre dimension. Il fallait attendre un peu pour que la construction soit terminée, mais le Père Noël sauterait dedans dès qu’il en aurait l’occasion. Le spectacle était beau, mais il serait certainement de courte durée. Jacob quant à lui, tentait de comprendre la situation. Il préféra ne pas agir ; les Voyageurs étaient certainement des connards de toute puissance que le Père Noël avait réussi à coincer alors qu’il discutait tranquillement avec les gentils actionnaires de sa firme. Heureusement qu’il comprenait la situation, sinon il agirait comme une buse. Le Père Noël regardait la construction se continuer, une arche en pierre doucement se former, et il retourna vers ses prisonniers :


« Alors, je ne pense pas vous tuer, mes enfants. Je vais plutôt partir, tout simplement. Maintenant que j’ai tout, j’ai envoyé un SMS aux actionnaires sous l’identité de Carl afin qu’ils se réunissent dans mon bureau et qu’ils attendent que la porte se construise. Les petits idiots. Le bébé est actuellement hors-de-contrôle, il n’a plus d’endorphine. Le monde va s’écrouler d’une minute à l’autre. Je vous souhaite bonne chance à vous trois. Et mes meilleurs vœux.
_ HEY, SALOPE ! »
, hurla une nouvelle voix près de l’entrée. « Oublie pas ton traîneau ! »

Le concerné se retourna pour voir ledit traîneau qui avait été jeté dans sa direction. Le projectile géant fut dévié par la gargantuesque queue du dragon en kapla. Sur le seuil du hangar se tenaient trois Voyageurs, qui eux aussi portaient chacun un énorme sac. Lithium, Khildar et Ed. La première armée d’armes à feu, le second avec un sourire pervers et le dernier qui faisait craquer sa nuque.
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MessageSujet: Re: This is how we rescue Christmas Lun 24 Déc 2012 - 1:34
23 Décembre :





La route avait été longue pour les trois Voyageurs motards. Guidés par les super lunettes de Ed, ils avaient avancé en direction du Royaume de la Main Invisible, mais la lumière étincelante du traîneau avait pris la route vers un nouveau territoire. L’énergie surpuissante de la faille spatiotemporelle qui avait transformé le traîneau en comète avait servi de fil conducteur pour les trois Voyageurs qui se retrouvaient maintenant dans le hangar du Père Noël. Et chose encore plus stupéfiante, ce dernier ne semblait pas innocent face à ce qu’il se passait. Les trois Voyageurs avaient donc décidé de prendre les devants.

« Vous allez vraiment m’agresser ? Moi, le Père Noël ?
_ De toute façon, t’existes pas. »
, répondit Ed. Il semblait en colère de voir à quel point son idole avait mal tourné.

Le Père Noël eut un drôle de gloussement (« Oh Oh Oh », mais en mode pas super sympa), et il se retourna entièrement vers les trois individus. Il devenait vraiment effrayant. Même emmitouflé dans son gros manteau rouge, la tête surmontée du bonnet, les moufles en main et la barbe débonnaire, il réussissait à paraître menaçant.


« C’est illusoire, les enfants, c’est illusoire. J’ai tout contrôle sur mes jouets, et il se trouve que je suis dans ma fabrique. »

Il décida d’expliciter son idée en envoyant le dragon de kapla et l’ourse en peluche gigantesque muni d’une matraque en acier. Mais ce ne fut pas tout. Une centaine de petits bonshommes en bois surgirent de nulle part et rejoignirent l’assaut. Des poupées appuyèrent l’attaque, une locomotive presque en grandeur nature hurla en crachant un jet de fumée, des vaisseaux Star Wars de petite taille fabriqués en légo rejoignirent la bataille. Et encore d’autres jouets sortaient de nulle part pour assiéger les trois Voyageurs.

Un immense portail engloutit déjà tous les petits soldats de plomb pour les envoyer balader dehors dans la neige. Ed se dépêcha de refermer la grande porte coulissante du dépôt dès qu’ils les avaient tous attrapés afin d’être certain qu’ils ne reviendraient pas. Dès qu’il termina son geste, il se dépêcha de sauter sur l’énorme tête du dragon en kapla qui avait tenté de le croquer. Il envoya un coup de pied dans la truffe de celui-ci, ce qui brisa une partie du crâne. Le dragon s’envola avec Ed en tournoyant sur lui-même.

Lithium esquiva d’un saut de côté la locomotive à vapeur qui s’écrasa contre le mur. Elle l’aspergea d’une rafale de balles avant d’esquiver un couteau maintenu par une petite poupée. Elle lui envoya un coup de pied dans la tête et vida le reste de son chargeur sur le Père Noël. Des boîtes de chocolat volèrent jusque devant le papy pour bloquer toutes les balles. Lithium jura et se dépêcha d’éviter les assauts d’autres jouets tandis qu’elle sortait un papier et un crayon.

Khildar récupéra un couteau sur les poupées qui venaient vers lui d’un pas folâtre. Il se mit à les tailler en pièces. Voilà, deux couteaux maintenant. Il les soupesa d’une main, évita d’un mouvement de nuque un X-Wing miniature avant de découper sa réplique qui le suivait en deux. Il vit ensuite l’ours géant venir à lui. Il riposta aisément face à la lourde matraque et taillada d’un geste vif le pauvre ours qui en perdait son coton.

Réussissant à se tenir aux multiples prises en kapla qu’affichait le dragon, le blond n’eut aucun problème à se maintenir malgré les pirouettes dans le hangar de la bestiole. Il réussit même à détruire une des ailes du dragon. Profitant de la perte d’équilibre de celui-ci, il alla vers l’autre aile qu’il défit d’un coup de panneau de signalisation. Le gros lézard tomba sur le sol dans un rugissement de plainte. Ed se dépêcha de profiter de l’étourdissement de la bestiole. Il la découpa en deux avec ses portails, juste avant d’exploser la tête d’un swing magnifique. Mais des pièces de puzzle était apparus et l’entouraient en cherchant à lui griffer le visage. Ed tentait quand bien mal de se débarrasser de cet essaim en les cognant avec son arme.

Lithium s’attaqua directement au Père Noël. Une épée rapidement dessinée s’invoqua et la blonde réussit à l’attraper en vol. Mais déjà des dizaines et des dizaines de livre fonçaient pour l’assommer. L’épée trop lourde pour les découper, elle préféra les éviter rapidement (même si elle s’en prit sur le coin du crâne) pour taillader le Père Noël. Mais de nouvelles boîtes de chocolat avaient remplacé les anciennes et servaient de boucliers à l’adversaire. Lithium recula l’espace d’un instant à cause de la masse de son arme tandis que le Père Noël sortit des oranges de ses manches et les envoyait comme des boulets de canon sur l’Invocatrice. En même temps qu’elle parait les projectiles comme elle le pouvait, elle se rendit compte que des soldats en plastique de couleur uniforme grandeur nature commençaient à se mettre en ligne pour mettre en joue tous les protagonistes. Mais ce qui abasourdit l’Invocatrice, ce fut que l’ours en peluche réussit à assommer proprement son compagnon : Khildar fut jeté à terre, une flaque de sang sur le sol. Le Père Noël se dépêcha de commenter :


« Et un en moins.
_ Non. Deux en plus. »


Le Père Noël se retourna pour constater l’effroyable vérité : le Voyageur n’avait pas été assommé. Pire encore, il était en train de détacher les trois prisonniers avec son couteau. Il lâcha un juron dans sa barbe tandis que Khildar remercia son démon personnel et le désinvoqua. Nayki se dépêcha d’intervenir : ses cartes volèrent pour se coller devant les pistolets des soldats et les yeux pour les empêcher de tirer.

Comprenant que le Père Noël était en difficulté, les rennes se mirent tous en position de combat. Ils étaient tous des experts, ils pourraient opposer de la résistance en attendant que le Père Noël fasse appel à des jouets plus sérieux. Mais ils furent tous pris par surprise : si Jacob n’avait rien compris à la situation précédente, il estimait que Ed n’était pas assez con pour s’attaquer au Père Noël sans preuve. Il avait rapidement choisi son camp. Les rares rennes qui ne s’étaient pas fait étalés par terre tentaient de se rebeller contre Jacob mais ils ne parvinrent pas à esquinter sa bulle. Ils rejoignirent très vite leurs camarades au sol.

Le Père Noël fou de rage se dépêcha d’appeler d’autres jeux à l’aide : des jeux vidéo. Le Père Noël reçut deux armes extraterrestres que les puristes reconnaîtraient sans peine. Deux needlers de Halo dans les mains, le Père Noël reculait vers la porte de l’Arche bientôt terminée en gueulant :


« Que personne ne bouge, bande de petits salopards ! Ou je fais feu de tout bois ! » Il avait tout de même la posture de quelqu’un qui était plus menacé qu’autre chose. Mais ses doigts promettaient une gâchette facile si quelqu’un tentait d’intervenir.

__

Pendant ce temps-là, Tenkensu, Nodox et Megan tenaient le siège comme ils pouvaient dans leur bâtiment. Le premier enlaçait ses victimes de ses yoyos, frappait les autres, et n’hésitait pas à leur roussir le poil, Megan réussissait à écarter la grande partie de la menace grâce à ses pouvoirs craints, et Dox s’occupaient du reste de la bande en balançant des éclairs partout. Le siège durait longtemps, le combat était sans fin, mais les Voyageurs résistaient bien. Ils recevaient tous des coups et griffures à force mais la crainte de mourir ici leur donnait l’énergie nécessaire pour se défendre efficacement. Malheureusement, Nodox fut valdingué par un coup de patte puissant dans l’estomac. Il fut éjecté contre un meuble qu’il faillit briser en deux. En tout cas, le choc avait fait tomber des liquides inconnus sur le Contrôleur. Celui-ci s’énerva, mais bien. Une jeune fille était en danger et il ne savait pas quoi faire d’autre que de rester allongé ? Avant même de se mettre debout, il mit son armure d’électricité. Ce qui fut une grossière erreur. Ou un foutu miracle comme le montrerait le jour 24.
Parce que si les Voyageurs avaient pris plus d’attention à regarder là où ils étaient, ils se seraient rendus compte qu’ils étaient dans une salle de classe. Une salle de classe de chimie. Et que Nodox avait parcouru d’étincelle toutes les potions, les mélanges explosifs et autres liquides aux noms incompréhensibles qui étaient tombés sur lui. S’en suivit une gigantesque explosion. Une gigantesque déflagration qui fit voler Nodox comme un bouchon de champagne le soir de Noël sous les mains de richards extrêmement assoiffés.
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MessageSujet: Re: This is how we rescue Christmas Lun 24 Déc 2012 - 19:58
24 Décembre :





Hikari et Riku n’avaient plus rien à faire chanter aux petits chatons, et ceux-ci commençaient à énormément s’inquiéter. Il n’y avait plus moyen de les faire patienter d’avantage. La Voyageuse les félicita et leur dit que le Père Noël ne devrait plus tarder. Riku était déjà bien plus sceptique et il se creusait la cervelle. Il leva sa tête vers le ciel et une petite étoile filante fila à travers le cosmos. Oui, peut-être que ça fonctionnerait. Riku frappa dans ses mains pour annoncer son ordre prochain :

« Les enfants ! Hikari ! Tous sur la place ! Je crois avoir une idée pour sauver Noël ! »

Ni une ni deux, tout le monde se dépêcha d’aller vers la grande place, et Riku fut agréablement surpris en constatant qu’il y avait déjà des centaines et des centaines de chats présents. Il remarqua que le centre de l’attention était dirigé vers plusieurs Voyageurs qui s’occupaient d’un bébé à peau rouge. Riku devait se faire entendre. Il grimpa sur un lampadaire et hurla enfin :

« Votre attention ! J’ai besoin de toute votre attention ! » Toutes les têtes se tournèrent, sauf un Voyageur albinos qui était tellement concentré sur donner le biberon à un bébé au drôle d’aspect qu’on aurait cru qu’il écrivait l’apothéose d’un opéra. Riku reprit : « Le Père Noël refuse de nous voir ? Alors, nous allons lui rendre visite ! Je veux que chacun scrute le ciel, et à la première étoile filante, notre vœu collectif sera de rejoindre le Père Noël !
_ Ça va marcher ? »
, s’enquerra un chat en agitant les oreilles. Ce à quoi Riku répondit :
« La magie de Noël. A Dreamland. On a nos chances, oui. »

Cinq cent chats levèrent la tête vers la nuit et attendirent. Ils ne mirent que cinq minutes avant d’observer une énorme étoile filante qui traversait la nuit, extrêmement proche de la terre. Mais ça ne changea rien, car en un battement de sourcils, tout le monde dans les trois cent mètres fut téléporté. Sauf l’étoile filante en question. Qui s’écrasa contre le clocher. Nodox avait réussi à survivre à l’explosion mais il était proprement assommé par la trajectoire oblongue que lui avait fait prendre l’explosion titanesque. La magie de Noël avait tout de même fonctionné ; elle n’était pas très regardante.

__

« Que personne ne bouge ! Je vous le répète, les petits merdeux, vous allez tranquillement me laisser aller dans l’Arche. »

Lithium, Khildar, Nayki, Ned, Jacob et Ed ne semblaient pas l’entendre de cette oreille. Ils formaient un demi-cercle menaçant qui s’approchaient de plus en plus du Père Noël qui cherchait à braquer tous les Voyageurs avec seulement deux armes. Jacob allait intervenir pour le mettre hors d’état de nuire, mais il remarqua que Nedru parlait :

« Bien tenté, Père Noël. Je dois avouer que votre plan était bien huilé. Vous avez juste sous-estimé à quel point les gens vous adoraient.
_ Bien sûr ! Quels gens ? Les futures victimes de l’Apocalypse ? Faut bouger son cul quand il le faut.
_ Arrêtez de déblatérer des conneries, s’il vous plaît. Vous auriez été Père Noël de quoi là-bas ? Ils crèvent, vous crevez avec eux, c’est aussi simple, où que vous soyez.
_ C’est pas parce que tu n’as pas eu d’opportunités de fuir que tu dois faire la morale à ceux qui peuvent ! »
Il jeta un très rapide coup d’œil derrière lui ; ça ne serait qu’une question de seconde. « Y a quinze places, vous savez. Assez pour moi et mes rennes, et vous. Survivre, ça ne vous tente pas ? » Ce fut Nayki qui répondit cette fois-là :
« Vous croyez vraiment qu’on a envie d’être des Voyageurs si Dreamland disparaît, et qu’on soit entourés de gros richards de merde ? Père Noël, vous représentez énormément pour eux. Est-ce que vous détestez les enfants à ce point ? »

Le Père Noël ne répondit rien ; il n’avait pas envie de mentir à ce qu’il semblait. La réponse était facile à deviner. Bien sûr qu’il les aimait. Mais que pouvait-il y faire ? L’Apocalypse devrait se déclencher d’une seconde à l’autre, et c’était déjà incroyable qu’ils ne soient pas tous morts. Il réfléchit soigneusement à ce que lui disaient les Voyageurs. Il était immobile, ses needlers ne cherchaient plus à menacer qui que ce soit. Puis plus de mille personnes atterrirent dans le hangar comme par magie.

Des centaines et des centaines de chat, Melinda, Kala, Gray et Clem avec le célèbre bébé, Hayato et Alex d’un côté avec leur fresque, Hikari et Riku entourés de chatons émerveillés. Il y avait même Felen, Kaijin, Alice, Matthieu, le Major, sans oublier Megan, Alan, Germaine, Diego, Tenkensu. D’autres Voyageurs étaient là : un certain Alan Stain qui s’était couché tard, ainsi que Dazh qui se demandait s’il n’avait pas forcé sur la fumette. Il y avait pas mal de monde qui avaient été téléportés, en fait. Nedru trouvait que le timing était parfait. Il pointa la masse arrivée par surprise et il commenta :


« Alors, Père Noël ? Ils sont là pour vous, tous inquiets de votre sort. Pour eux, la fin du monde peut bien arriver tant que vous allez bien. » Il se trouvait affreusement mièvre.

Le Père Noël ne dit rien, fixant tous les nouveaux arrivants. Il se laissa prendre les flingues par Jacob, totalement immobile. La porte était terminée derrière lui mais il n’en avait cure. Derrière sa stupéfaction, il ne savait plus quoi faire et que penser. Il était parfaitement ému de ce spectacle incon…


« J’AI PLUS DE LAIT !!! », hurla Kala avec terreur devant le biberon vide. En réponse, le bébé eut un gémissement qui provoqua un mini tremblement de terre. L’horreur resurgit à la face de tous les protagonistes. L’antéchrist avait été transporté dans la fabrique en même temps que tout le monde. Chacun se mit à paniquer et Nedru fut le premier à réagir :
« PASSEZ-NOUS LE BEBE !!! »

Kala ne sut pas qui avait crié, mais Melinda eut plus de réflexes que lui : elle lui arracha l’antéchrist des mains et le balança en l’air vers la source de la demande. La trajectoire fut incorrecte mais Ed utilisa une paire de portails pour que la chute du bébé finisse miraculeusement dans ses bras. Le blondin rattrapa le colis et cherchai le visage de Nedru du regard. Il comprit après un signe de la main quoi en faire. Mais il sentit de profondes entailles parcourir ses bras quand le bambin hurla une nouvelle fois, et lâcha le bébé qui s’étala par terre. Le sol se fissurait, les murs tremblaient et le plafond menaçait de s’écrouler. Ce fut Jacob qui s’y colla. Il récupéra l’enfant sur le sol, visa après avoir vu les indications gestuelles de Nedru, et lança l’antéchrist à travers la porte de l’Arche. Dès que le baba disparut dans la dimension parallèle, les tremblements de terre s’éteignirent comme par magie.

Tandis que chacun hurlait sa joie, le Père Noël se sentit vraiment bête. Vraiment, vraiment bête. Il regarda les Voyageurs qui le dévisageaient maintenant qu’ils avaient sauvé le monde et il haussa les épaules. Il leur dit qu’il allait d’excuser, devant tout le monde. Personne ne l’arrêta. Le Père Noël s’éclaircit la voix, leva les bras et accapara la foule. Celle-ci attendit docilement qu’il parle. Il prononça une syllabe quand un miracle arriva : un traîneau de Noël miniature, tiré par de petits hérissons arriva dans la fabrique. Tous les chats regardèrent cet étrange et fabuleux spectacle. Etait-ce le Père Noël du Père Noël ? Une sorte de miracle pour fêter le sauvetage de l’ensemble de Dreamland ? Nedru et Nayki avaient tout de suite reconnu leur traîneau et se demandaient qui l’avait pris. Mais ce fut le Père Noël qui reconnut le personnage installé à l’intérieur. Et il reconnut même le fusil à canon scié :


« Tu l’as pas volé celle-là, fils de pute ! »

Une décharge de chevrotine lui explosa le ventre, et pire encore, l’éjecta en arrière, dans la porte de l’Arche. Le Père Noël disparut dans la dimension piégée avec des yeux surpris. Non, il ne s’était pas attendu à ça. Fino repartit encore plus vite qu’il n’était venu en faisant faire un demi-tour aux hérissons, rigolant sur le sort du papy avant de quitter la salle. Khildar fut certainement le seul à applaudir la scène.

Mais la joie (et la stupéfaction des autres) fut de courte durée. Car les secousses de l’Apocalypse reprirent. Et la foule replongea dans l’horreur. Nedru cria aux plus proches qu’il fallait absolument fermer la porte, car le bébé pouvait encore exploser les deux mondes. Mais celle-ci se révéla être indestructible aux assauts de Lithium qui y alla au bazooka, et l’indic se demanda comment fermer la porte sans faire passer des quidams à l’intérieur. Heureusement, ce fut Germaine qui sauva la situation. Elle s’était traînée vers Kaijin qui déballait ses cadeaux avec extase, flairant le bon coup. Elle dit au jeune homme :

« Monsieur Razoswky, votre compte atteint 130 EV, ce qui est bien insuffisant pour les 56798758 EV que valent vos cadeaux. J’ai bien peur de devoir annuler ceux-ci.
_ Hey, vous ne pouvez pas… !
_ C’est exactement ce que je voulais vous dire, Monsieur Razoswky, c’est exactement ce que je voulais vous dire. »
Elle inclina sa tête vers le Major. « Voulez-vous retirer les cadeaux à cet individu ?
_ CHEF OUI CHEF !!! »
beugla le Major en retour, confondant le flegme de la limace avec celui de son supérieur ; ils devaient être du même grade. Genre général.

Le Major transforma sa main en canon et tira sur les paquets cadeaux à plusieurs reprises, manquant de tuer Kaijin. Dès que le tout fut détruit, les 8000 EV empruntés disparurent, détruisant la porte vers l’Arche. Et annulant les secousses pour une dernière fois. Le passage en pierre se disloqua en poussière, annonçant ainsi le véritable sauvetage du monde.

Ce fut arrivé tellement vite que les gens restèrent interdits. Et maintenant, ils faisaient quoi ? Ils devaient être très loin de leur Royaume, non ? Ça allait ressembler à une sorte d’exode. Mais encore une fois, les secousses se firent sentir. Les premiers hurlements (certes un peu lassés) se turent quand ils entendirent Hayato rigoler :


« Ah putain ! Je vous ai bien eus, hein ? »

Le Contrôleur de séisme défiguré par les coups qu’il avait reçu gémissait dans un coin de la fabrique. Tout le monde se préparait à partir mais Lithium interrompit le monde :

« Pourquoi ne pas faire un goûter de Noël ? On a des cookies et du lait. On partira ensuite, ça nous fera gagner des forces. »

Tout le monde acquiesça, ça les avait creusé cette histoire. Sauf Ed et Clem qui se battaient dans le fond.

Voilà. Ca termine comme ça. Sur un frugale repas de Noël.
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MessageSujet: Re: This is how we rescue Christmas Mar 25 Déc 2012 - 13:04
Papy termina de narrer son histoire avec un vague air de nostalgie dans le regard. Tout ce qu’il fallait pour bien détester les prochains cris des enfants :

« MAIS ELLE EST POURRIE TON HISTOIRE, PAPY !!! » Papy se dit justement qu’il avait bien fait de ne rien leur avoir offert pour Noël. Heureusement, il évita de se saisir la lampe la plus proche pour l’envoyer sur les gamins car la mère venait déjà :
« Venez manger les enfants ! Repas de Noël !
_ OOOOOUUUUUUUAAAAAAAAIIIIIIISSSSSSS !!!
_ Et après, peut-être que le Père Noël passera.
_ OOOOOUUUUUUUAAAAAAAAIIIIIIISSSSSSS !!! »


Les mômes s’enfuirent tous dans la salle à-côté en faisant claquer les portes. Papy se dit qu’il faisait froid et qu’il était temps de démarrer un feu dans la cheminée, au cas où. On savait jamais, avec tous ces voleurs. Il n’avait pas rejoint la salle d’à-côté, toujours en train de mâchonner ses pensées. La mère revint le voir :

« Papy, on t’attend pour dîner.
_ Mais comment veux-tu que je dîne ? Alors que vous n’êtes mêmes pas en train de tenir ma bibliothèque !
_ C’est le jour de Noël, il n’y aurait eu aucun client.
_ Mes couilles.
_ Papy !
_ J’arrive, j’arrive. »


Papy se releva doucement et regarda par la fenêtre, profitant de la solitude. Ça avait été une vache de nuit, qu’on se le tienne pour dit. Il voyait à travers la vitre de l’appartement de Rennes une magnifique nuit, quoique un peu polluée. Il détourna rapidement le regard ; il avait pas envie de voir encore une fois sa grand-mère tomber du ciel. Il se lâcha à lui-même et à tous les autres protagonistes de l’histoire :

« Joyeux Noël de merde, bande de fils de pute. »
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MessageSujet: Re: This is how we rescue Christmas Aujourd'hui à 21:22
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This is how we rescue Christmas

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