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[Quête] Chat part d'âge (Victor Sven, Lena Skye)

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MessageSujet: [Quête] Chat part d'âge (Victor Sven, Lena Skye) Mer 17 Oct 2012 - 21:28
Une nouvelle nuit, de nouveau Dreamland. Cette nouvelle vie était décidément des plus agitée.
Après un véritable cirque géant, Victor se retrouva cette fois-ci dans une grande plaine inhabitée. De quoi choquer un spécialiste de la géographie. Quelques arbres clairsemés et des reliefs faibles transformait ce désert de pelouse verte en une plaine accueillante. Mais le plus important du lieu était sans doute l'immense tour blanche qui se dressait droite comme un I au milieu de celle-ci.

En réalité, cette description devait être précisée : il s'agissait plutôt d'un I type majuscule non pas d'imprimerie mais plutôt d'écriture attachée dans un style très stylisé. Voire stylisé à l'extrême après des années de recherche de manière à obtenir une forme semblable à un I tout en s'en éloignant au maximum.
Cette tour biscornue se dressait donc, blanche au milieu de l'immense étendue d'herbe verte. De nombreuses créatures aux formes aussi diverses que variées (parfois sur un seul individu) tournaient autour de celle-ci dans le ciel tout comme au sol.

Car en effet, la tour était bondée. Une foule écrasante se pressait au pied de l'édifice, tant et si bien qu'il était impossible de faire dix pas sans entrer en collision avec quelque chose. Victor en vint à se demander, après sa visite à Circus Attraction, si Dreamland était toujours aussi bondé. Les bruits des conversations diverses se mêlaient aux sons des animaux en un brouhaha constant, si bien qu'il fut impossible à Sven de déterminer la raison de cet attroupement jusqu'à ce qu'il trouve une pancarte immense plantée dans la pelouse.


Évènement Unique à ne surtout pas rater !!!

Demain, exceptionnellement, la Tour des Arts vous présentera une exposition
des plus belles œuvres créées contant l'histoire de Dreamland !


Nombre de places limitées et entrée sur réservation uniquement !

Ouverture des guichets : il y a une heure cinquante-neuf déjà,
Dépêchez-vous ! 

Alors que Victor relisait fixement l'affiche, le temps passa à 2h pile et l'annonce se changea en « Tout retard non pardonné ! » ce qui fit sourire le Padre.
Néanmoins, une découverte plus en profondeur de Dreamland pourrait lui être des plus bénéfique. Il en apprendrait plus sur ce lieu, son histoire, et peut-être sur sa géographie ce qui lui permettrait d'arrêter d'être perdu tout le temps. Cela ne faisait que deux fois qu'il venait, mais il avait déjà l'impression que c'était trop.
Il se faufila alors entre les personnes en en bousculant une ou deux au passage avant d'arrêter de les compter, pour finalement trouver un des stands sur lesquels étaient écrits : « Ticketterie ». Il s'en approcha lorsqu'il prit conscience d'une chose effroyable... La foule énorme qui se pressait autour de lui était en fait une seule et unique queue pour accéder au stand ! Il n'y avait en effet qu'une seule billetterie, et tout le monde espérait y arriver avant les autres. Ils formaient ainsi un agglomérat de forme vivante à en faire paraître l'heure de pointe du métro comme une randonnée en solitaire dans les pures montagnes des Alpes.

Alors qu'il était occupé à bailler au corneille devant cette absurdité Dreamlandesque, un petit être s'approcha de lui et lui lança : « Êtes un voyageur ? »
Victor dut baisser les yeux pour distinguer l'origine de la voix. Il s'agissait d'un petit bonhomme de forme humaine, comprenez par là un corps avec deux bras, deux jambes et une tête. Il ne faisait pas plus d'un mètre vingt et avait un crâne désespérément lisse. En-dessous de celui-ci on pouvait voir une tête grosse et fripée de rides à travers laquelle perçait deux petits yeux au-dessus d'un petit nez. La bouche, quant à elle était totalement invisible sous une moustache plus fournie que la fourrure d'un chien de montagne. Ce qui ressortait, en revanche, c'était ses oreilles fines et pointues immense qui devaient bien faire la moitié de sa taille.

« Heu... Oui, en effet, répondit poliment Victor.
- Voulez entrer, suppose. Est une occasion unique. Mais dois vous prévenir : tarif est cher et attente est longue. Peux vous faire entrer quand même si voulez. Êtes intéressé? »

Si Victor avait connu un peu mieux Dreamland, il aurait su que les derniers mots à prononcer dans ce genre de situation sont : « Bien sûr, pourquoi pas ? » . Manque de pot, il n'était pas au courant.

C'est ainsi que Victor se trouva à suivre le gnome difforme vers la salle des veilleurs de la Tour des Arts.
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MessageSujet: Re: [Quête] Chat part d'âge (Victor Sven, Lena Skye) Ven 26 Oct 2012 - 16:08
*vrrrrr …. vrrrrr …. *

Lena ouvrit les yeux. Après ces deux nuits difficiles passées à pourchasser Ethan Blake, le voyageur déserteur du royaume de la musique auquel appartenait la jeune femme en tant que voyageuse, elle ne désirait qu'une chose, un peu de tranquillité. Ça commençait par une grasse matinée. Rester allongée juste les yeux fermés, sans penser à autre chose que le repos. Un exercice auquel elle se livra sans problèmes, du moins jusqu'à ce que son téléphone se mette à vibrer, la sortant de la douce torpeur dans laquelle elle s'était enfermée. Elle se saisit de son portable en restant allongée sur le côté, et lorsqu'elle vit le fameux numéro, elle décrocha, prête à décocher sa beuglante :

« - Dis donc les gars, faudrait voir à respecter un minimum mes besoins en sommeil, même si je sais que vous prenez un malin plaisir à me faire chier. Et pis d'abord, z'avez rien d'autre à foutre que de me réveiller pour me raconter vos salades habituelles ? Ou vous êtes juste une bande de vieux croûtons célibataires qui vous plaisez à harceler une jeune femme?

- C'est bon, tu as fini ? - dit-il en riant, ce qui exaspéra encore plus son interlocutrice – A ce que nous avons pu voir la nuit dernière en tout cas, tu es réellement celle qu'il nous faut. Oui … des « sept », tu a été la plus rapide à comprendre le fonctionnement de ton pouvoir et à t'en servir dans des combats réels. J'ai particulièrement apprécié ton discours face à ce facétieux Ethan … Content pour Discoland qu'il soit revenu sur sa décision.

- Mais bordel, comment vous savez tout ça ? Vous me pistez en permanence ou quoi ? Vous espérez avoir ma confiance, mais vous vous contentez de me résumer que vous étiez sur place et que vous avez vu tout ce que j'ai fait. AAAAllo, y a pas marqué « stagiaire café » sur ma gueule hein, donc si vous voulez que je continue la partie, plutôt que de me laisser lancer les dés sans comprendre comment j'avance, ce serait bien de m'expliquer un peu les règles!

- Tu n'as pas tort … Sache que vous, les « sept », vous êtes sous notre protection, à nous. Si nous vous surveillons, c'est pour s'assurer que vos dons à tous les sept fassent de vous les armes qui nous permettront de stopper les agissements de « philosophalia » … Mais je ne peux pas t'en dire plus pour le moment. Sache juste que ton premier contact est proche ….

- Euh … Je crois avoir mal compris, VOUS ETIEZ LA TOUT LE LONG quand l'autre pédale était en train de nous éclater ?  »

L'homme ne répondit pas, se contentant d'éclater de rire, et de raccrocher brusquement. Il avait le don de l'énerver celui là … Lena se jura intérieurement qu'elle l'étriperait le jour où elle tomberait dessus. Quelques secondes plus tard, elle reçut un sms : « cette nuit, tour des arts ». Encore un ordre ? Bordel, elle avait l'impression d'être juste un pion que l'on déplaçait à son gré, en la guidant à coups de promesses. Effectivement, la perspective de pouvoir obtenir les indices qui la conduiraient à l'assassin violoniste était pour elle une réelle source de motivation, mais savoir que pour y parvenir, elle devait se plier aux ordres de types dont elle ne savait rien … C'était la plus terrible des abnégations. Repensant aux propos de l'homme mystérieux, elle se rappela ceux qui l'avaient marqué : les « sept » … Ils seraient donc plusieurs à être suivis de la sorte ? « Philosophalia » ? Qu'est-ce que c'était encore que cette connerie ? Hé oh, les organisations de vilain qui capturent les innocents et révèlent à la fin de l'histoire leur enième plan pour conquérir le monde, c'était dans les jeux, les films, pas dans la réalité. Là, on parlait d'un groupe de tueurs qui était loin d'en être à sa première victime, et particulièrement efficaces … Pas une trace sur le lieu de crime, aucun indice, hormis une partition de violon. Et aucun lien apparent entre les victimes, du moins pas dans les données que permettaient d'obtenir les bases de données officielles de la police. Renonçant pour la journée à trouver des réponses au propos du type qui se jouait d'elle, elle se prépara, s'affairant pour rejoindre la fac. Le fait qu'elle était juste à côté lui permettait de partir détendue, de réduire l'effort demandé par la marche au maximum, et surtout d'esquiver au mieux les contacts humains en partant à quelques minutes de la sonnerie … Elle appréciait cela.

Le reste de la matinée se déroula sans encombres, elle assista à ses cours, s'amusa à contredire les cours dispensés par ses professeurs, réfutant chacun de leurs arguments, lançant ses propres théories, le cours s'achevant sur la mine pantoise du professionnel qui devait s'incliner. Au fond, chacun d'eux appréciaient d'avoir une élève aussi brillante, mais le fait était que c'était particulièrement désagréable d'être écrasés par les hypothèses d'une jeune femme même pas sortie de ses études … Jubilant une nouvelle fois en quittant la salle, gratifiant son professeur d'un « au revoir » des plus narquois, elle décida ensuite de sortir un, histoire de profiter de Paris, d'en découvrir un peu les lieux si touristiques dont parlaient les guides. Mais pas la Tour Eiffel ou un monument basique où la foule s'amassait. Non, elle choisit plutôt d'entrer dans le premier musée qu'elle trouva, afin d'en observer les toiles. Elle n'avait pas l'âme d'un artiste, bien que plutôt douée en dessin, mais en revanche, elle avait le don de savoir apprécier les peintures et autres œuvres d'art, cherchant dans chacune d'elles leur sens, tentant de décrypter la personnalité de l'auteur. Esquivant plusieurs conversations qui tendaient pour la plupart à obtenir son avis sur les toiles de la galerie, elle finit par rentrer chez elle en soupirant. Elle avait apprécié ce moment, mais trop de temps dans la foule finit par tuer la foule … Du moins dans l'esprit de Lena. Elle rejeta un œil sur le sms qu'elle avait reçu le matin, qui lui parlait d'un lieu qu'elle ne connaissait pas à Dreamland. Elle n'avait pas réellement envie de s'y rendre pour rendre service à l'autre type, mais elle n'avait réellement envie de se rendre encore une nuit dans son royaume pour le moment, elle avait eu sa dose de tests et de discours mielleux, elle avait besoin d'explorer un peu. Observant le nom de l'endroit, Tour des arts, elle se demanda par quel moyen elle pouvait décider de se rendre dans cet endroit, puis finit par penser que si elle visualisait les œuvres qu'elle avait vues dans la journée, peut-être cela la conduirait dans ce royaume inconsciemment par les pensées accumulées dans son subconscient …
*Tu parles d'une idée à la con …* pensa-t-elle, mais elle s'exécuta tout de même,et tout en fermant les yeux, elle se remémora les émotions qu'avaient créées tous ces tableaux chez elle ….

***

Dreamland. Lena ouvrit les yeux au beau milieu de ce qui semblait être une file d'attente. Etendue sur une distance improbable dans une plaine complètement vide d'intérêt et vide physiquement aussi d'ailleurs hormis de l'herbe et quelques arbres disséminés un peu partout. Reportant son attention sur la foule étant donné qu'il n'y avait que cela d'intéressant à regarder – c'était dire l'ennui que la jeune femme trouvait aux lieux pour s'intéresser à ce que faisait une foule … - et vit que la populace du royaume onirique s'était amassée autour de ce qui semblait être une tour des plus … Stylisées. Sa forme était celle d'un I d'imprimerie, peut être même plus parfaite que ne pourrait le faire la plus perfectionnée des machines. Pas un centimètre de trop, symétrie parfaite, couleur parfaitement peinte, pas de dégradé désagréable. Certes, l'endroit n'en était pas plus intéressant, mais Lena dût concéder qu'il y avait là un réel goût de l'harmonie. Détestant plus que tout faire la queue, elle s'extirpa autant qu'elle put (elle était maintenant habituée grâce à la foule en permanence massée à Discoland le soir) et s'avança vers l'entrée, sans se soucier des remarques des badauds qu'elle dépassait sans s'excuser.

Une fois parvenue devant l'entrée, elle remarqua alors ce qui était la cause de ce rassemblement énorme ; fixée dans le sol, une immense pancarte indiquait en lettres tout autant stylisées que le seul bâtiment du coin, et indiquait :

Évènement Unique à ne surtout pas rater !!!

Demain, exceptionnellement, la Tour des Arts vous présentera une exposition
des plus belles œuvres créées contant l'histoire de Dreamland !


Nombre de places limitées et entrée sur réservation uniquement !

Ouverture des guichets : il y a une heure cinquante-neuf déjà

C'était donc ça … Une exposition d'oeuvres rares du monde onirique. Intéressante perspective que de découvrir l'art de ce monde inconnu, mais c'était peine perdue avec une telle foule … Il devait bien y avoir une combine qui lui permettrait d'entrer sans subir la terrible épreuve de la file d'attente, autrement sa nuit serait perdue. Une voix désagréablement familière retentit derrière la jeune femme à cet instant, la sortant de sa réflexion :

« - Alors c'est là que t'as débarqué cette nuit ? Je croyais que ça te faisait chier d'être au milieu de la foule …

- Qu'est-ce que tu fous là toi ? Comment t'as su où j'arriverais?

- Ha ha ha, toujours aussi agréable à ce que je vois … Tu ne savais pas que si on s'endort en pensant à quelqu'un on s'endort, on arrive à ses côtés à Dreamland ? Pas que ce soit un plaisir de penser à une grognasse dans ton genre, mais Nezumi m'a demandé de faire équipe avec toi, au moins jusqu'à ce que on ait atteint le niveau d'Ethan.

- C'est pas vrai … Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à me surveiller !!! Rah, tant pis, je suppose que t'as l'intention de me suivre toute la nuit de toute manière, donc rappliques, et aides moi à entrer là dedans, autrement je vais être obligée de tuer des gens pour m'occuper.

- Hé, c'est pas parce qu'on est dans un monde onirique que les meurtres sont tolérés crétine ! J'ai pas envie de me faire arrêter par ta faute. Bref, si tu cherches une solution pour entrer, je crois avoir vu un pépé gnome chercher des voyageurs pour l'aider, mais j'ai pas écouté. On devrait aller voir ... »

Lena soupira. Elle n'avait pas vraiment envie de travailler ce soir là, mais elle désirait tout de même satisfaire sa curiosité en entrant dans cette tour … Elle hocha la tête, et suivit Matt qui la conduisit à l'arrière de la tour, où une petite créature, qui semblait effectivement d'âge avancé, scrutait le paysage devant lui en silence. Lorsqu'il aperçut les deux voyageurs devant lui, l'être onirique s'approcha d'eux, et leur dit d'une petite voix flûtée :

« Etes-vous un voyageur?

- Ouais, ouais … Apparemment, tu peux nous faire entrer là dedans, alors accouche.

- Pardonnez-la, elle a juste un souci de politesse, des problèmes liés à l'absence d'un père alcolo dépendant qu'elle a malgré elle toujours admiré …Bwargh ! - Il fut gratifié d'un coup de poing dans les côtes -

- N'écoutez pas cet abruti fini, et dites-moi ce que vous pouvez pour moi.

- Si vous travaillez pour nous, vous pouvoir entrer dans Tour, et voir œuvres. File attente trop longue, entrée chère, et vous avoir l'air pauvres …

- Putain c'est pas la politesse qui l'étouffe celui-là … Et si on en veut pas de ton taf?

- Toi le crétin fini, tu la fermes. Et en quoi consiste exactement ce …. Travail?

- Vous verrez, d'abord entrer, et chef des gardes expliquer vous. Autre voyageur déjà là pour aider, avec vous trois. »

Lena en avait réellement ras le bol des gens qui voulaient lui confier des missions sans lui en expliquer tout de suite le contenu … Mais la vérité était là, elle n'avait pas du tout envie de passer la nuit à converser avec l'autre abruti, qui avait au moins le mérite de l'amuser parfois. Elle acquiesçant donc, sans se soucier des remarques houleuses de son collègue, et entra dans les couloirs de la Tour, guidée par la créature, qui les amena jusqu'à une petite salle, où les attendaient un voyageur, plutôt fin et de grande taille, avec des cheveux bruns mi-longs, un haut vert, et un large pantalon blanc. Une autre créature, bien plus imposante que leur guide se tenait également là, vêtue d'un uniforme bleu qui n'était pas sans évoquer ceux des gardiens de nuit du monde réel. Armé d'une lourde matraque, il accueillit avec un grommellement de satisfaction l'arrivée de la voyageuse et de son compère qui bouillait sur place, retenant de nouvelles insultes à l'encontre de la jeune femme. Elle entra, lança un regard neutre et parfaitement calculé à l'assemblée, et se contenta du plus simple mot pour les saluer, sur un ton froid.

«Salut.  »

L'arrivée de Matt fut quant à elle, des plus poétiques, bien moins neutre que celle de sa collègue :

« Fais chier, vivement qu'on ait fini cette histoire, je te jure, la prochaine fois je choisis le royaume plutôt que de penser à l'autre grognasse … Ouais, salut. »
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MessageSujet: Re: [Quête] Chat part d'âge (Victor Sven, Lena Skye) Jeu 1 Nov 2012 - 15:41
Victor se retrouvait donc dans une salle entièrement blanche également. Quelques meubles cassaient l'absolue propreté du décor tels que des bureaux et des chaises, mais surtout des casiers rangés contre un mur. Une large créature à la tête cubique ridée et l'air renfrogné vêtue d'un uniforme bleu marine façon sécurité l'y attendait et n'ouvrit pas la bouche jusqu'à l'arrivée de deux nouveaux voyageurs.
La première était une voyageuse plutôt charmante à l'allure sportive apparemment un peu plus jeune que lui, aux cheveux verts, aux habits verts... En fait, à l'apparence verte. Le second semblait l'accompagner de façon plus ou moins forcée à en juger par son allure renfrogné et son discours d'entrée. Victor leur lança un léger sourire pour leur souhaiter la bienvenue, bien qu'il ne savait pas beaucoup plus qu'eux ce qu'il fichait ici.

La grosse créature se racla alors bruyamment la gorge d'un bruit profond comme si on avait frotté une boule de marbre contre la paroi d'une grotte. Ce qui, vu son air de rocher et l'esprit de Dreamland, était tout à fait possible. Il regarda alors les trois voyageurs de haut et leur dit d'une voix grave et lente :

« Bienvenus à la Tour des... Arts. Aujourd'hui nous avons à protéger une exposition d'une grande... valeur racontant l'histoire de Dreamland. Parmi ces œuvres, il en existe notamment une représentant le fameux groupe des... Lucky Stars dont on ne présente plus les... exploits. »

Il avait tendance à s'arrêter devant certains mots comme pour mettre en place une sorte de suspense, ou plutôt à la manière d'un professeur qui fait son cours et attend désespérément que les élèves répondent à sa place. Chose qui, nous le savons tous, ne se produit jamais. Il y avait quelque chose d'irritant dans cette façon de faire.

« Vous avez un équipement qui vous attend dans ces... casiers. Une lampe et une... carte de la Tour qui se greffera sur votre... bras. »

Victor tiqua et demanda finalement à la créature : « Attendez... Excusez-moi, mais j'ai pas bien compris. On m'a dit de venir ici pour accéder à l'exposition, il n'a jamais été question d'y jouer à la sécurité.
- Vous aurez accès aux... œuvres sans payer. C'est la moindre des ...choses compte tenu du... service rendu !
- Alors on doit juste surveiller les salles gratuitement en l'échange de l'accès gratuit ?
- Tout à... fait
- Mais vous n'avez pas déjà un service de sécurité ?
- La Tour des... Arts craint une atteinte aux... œuvres tout particulièrement aujourd'hui à l'ouverture des... portes. Cette peinture des Lucky... Stars est une œuvre majeure d'une grande... valeur. Sa disparition serait des plus... regrettable ! »

Cette histoire puait. Victor n'était peut-être pas un spécialiste de Dreamland, mais sa connaissance des gangs lui avait appris qu'une offre aussi simple n'était jamais désintéressée. Il jeta un regard rapide aux deux autres voyageurs qui ne semblaient pas beaucoup plus au courant que lui. Le rocher continua tout seul :

« Quelques gardiens sont déjà... présents dans la Tour, expliqua-t-il en étalant une carte sur une table face à lui. Une fois équipés vous vous... posterez ici et ici. Puis votre travail sera de... veiller à la sécurité des... œuvres. Restait sur vos gardes, un vol peut très vite... arriver ! »

Puis il rangea la carte d'un mouvement large et tendit la main vers les casiers.

« A vos... équipements ! »
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MessageSujet: Re: [Quête] Chat part d'âge (Victor Sven, Lena Skye) Mar 6 Nov 2012 - 18:32
Le troisième voyageur dont Lena et son collègue ne savaient rien répondit à leur salut par un sourire. Apparemment, il ne savait pas plus qu'eux en quoi allait consister le travail pour lequel on les avait amenés ici. L'être qui était semble-t-il le chef des gardes avec son uniforme bleu foncé, et sa matraque leur fit un bref topo de sa voix rocailleuse et lente :

«  Bienvenus à la Tour des... Arts. Aujourd'hui nous avons à protéger une exposition d'une grande... valeur racontant l'histoire de Dreamland. Parmi ces œuvres, il en existe notamment une représentant le fameux groupe des... Lucky Stars dont on ne présente plus les... exploits. »

Dans le cas présent, la violoniste ne savait strictement rien de ces soi-disant super célèbres Lucky Stars, donc cette annonce la laissa indifférente. Matt lui souffla quand même un rapide résumé des exploits du groupe, et Lena dénota un point commun avec le sien, eux aussi avaient un goût prononcé pour foutre le bordel partout où ils allaient … Ce qui en soi était loin d'être une qualité. Elle écouta à peine les explications barbantes de la créature, qui en plus avait une voix des plus soporifiques, qui avait le don de détruire totalement votre attention en quelques mots. Elle parvint tout de même à se concentrer lorsqu'il leur donna ses consignes :

« Vous avez un équipement qui vous attend dans ces... casiers. Une lampe et une... carte de la Tour qui se greffera sur votre... bras. »

Une lampe, une carte de la tour, un équipement banal. Mais là Lena, tout comme son camarade, avait compris en quoi consistait le travail qui les attendaient, ils allaient devoir jouer les agents de sécurité ! Passionnant comme programme … Ce fut d'ailleurs la première chose que s'empressa de relever le trompettiste :

«  - Donc en fait, concrètement, il nous prennent pour leurs larbins là ! C'est quoi c'boulot à la con ? Désolé les mecs, mais à moins que vous n'ayez l'intention de me fournir le goûter et le caviar pour tenir, je bosse jamais gratuitement. Lena, tu restes ici si tu veux, moi j'me casse.

– Tu vas rester ici. De toutes façons t'as pas le choix, c'est la mission gardiennage ou marcher dans des plaines à la con jusqu'à ton réveil. J'imagine que le choix est facile, même pour un attardé comme toi.

- Un jour j'aurais ta peau ….

- C'est ça, c'est ça, t'es mignon.  »

Matt continua de pester dans son coin, grommelant que la prochaine fois il se coucherait plus tôt pour être sûr de choisir le royaume, pendant que Lena écoutait avec attention la conversation entre le troisième voyageur et le chef des gardes. La contrepartie de leur travail était donc de pouvoir visiter librement l'exposition, et ce sans payer … Autant les payer avec des cailloux, mais c'était ça ou poireauter dehors, et d'après les dires du caillou sur pattes, un danger guettait la tour, ce qui signifiait de l'action en perspective. Elle hocha la tête lorsque la créature leur indiqua d'aller chercher leur équipement, en tirant Matt par le bras pour qu'il cesse de protester et les suive, puis ouvrit le casier qui lui était destiné. Comme annoncé, il contenait un badge, une lampe torche, et une sorte de carte, qui, lorsqu'elle entra en contact avec la peau de la jeune femme, se déposa sur son bras, et se mêla à sa chair. Dans un cri de surprise, la voyageuse vit la carte devenir une part même de son bras, ce qui était un spectacle des plus étranges, elle-même en étant effrayée.

Une fois équipée, elle jeta un coup d'oeil à la carte pour vérifier l'endroit où elle devait se rendre. Matt était déjà parti en compagnie de plusieurs gardes vers sa zone, en soupirant longuement, et en grommelant intérieurement, proférant très certainement des menaces à l'encontre de sa collègue le tout dans un langage poétique comme il avait l'habitude de le faire. Lena, elle, se retourna pour poser une question au chef des gardes. Il y avait quelques points obscurs, elle n'allait pas se laisser lâcher ainsi sans rien. Elle s'approche de la créature, tira sa manche, et attendit qu'il se retourne pour prendre la parole :

« - Dites-donc, c'est bien marrant tout ça, mais j'ai quand même une TOUTE petite question … On est sensés surveiller quoi ? Contre quoi exactement ? C'est bien beau de nous annoncer un potentiel danger et de nous embaucher comme ça, mais faudrait pas voir à nous voir juste comme des larbins moins cher que vos employés.

- Je… Comprends… Et bien… Nous avons reçu… Il y a… Plusieurs jours.... Un carton, sur lequel … On nous annonçait que... le tableau représentant les Lucky Stars... serait volé au cours de l'exposition … Nous pensons que.... Des voyageurs seraient... Les meilleurs renforts... Ne vous en... Faites pas vous... Serez payés pour... Ce travail.

- Parfait. Les points essentiels ayant été fixés, je peux rejoindre mon poste. Essayez tout de même d'en savoir plus sur ce voleur, parce que là on est un peu dans le vague...  »

La conversation avait duré plus longtemps que prévu, notamment à cause de la lenteur maladive de la créature, mais Lena l'avait écouté jusqu'au bout, et sa réponse l'avait partiellement satisfaite. L'annonce du salaire avait permis de réduire son envie incommensurable de quitter les lieux – et de laisser là Matt juste pour l'emmerder – mais là, les choses étaient différentes. Visite gratuite et salaire au bout ? Pas besoin de contrat, tout était ok.

Elle se déplaça de couloir en couloir, se rendant à son poste, qui se situait dans l'aile la plus haute du bâtiment. La jeune femme avait été affectée à la surveillance directe du tableau, c'était elle qui avait le plus de chemin à faire. Elle croisa au passage le troisième voyageur qui travaillait avec eux qui avait été affecté au couloir qui menait à l'aile du tableau, et Matt, lui, avait été affecté au hall d'entrée. A cette heure-ci, il y avait encore beaucoup de visiteurs, et les salles ne désemplissaient pas, c'en était énervant pour la jeune femme qui devait circuler dans une masse grouillante de créatures, ce qui la répugnait, et lui donnait des envies de meurtre... Elle finit par atteindre ladite salle, dans laquelle était déjà postés deux gardes bourrus, semblables au chef, à la différence qu'ils ne mesuraient pas dans les deux mètres,eux. Lena leur sourit brièvement et de manière totalement hypocrite, et s'assit dans un coin de la salle, se mettant à observer les foules qui venaient admirer la « fameuse » œuvre.

Il était indéniable que la toile était de belle facture. Une somptueuse peinture à l'huile qui représentait quatre personnages dans un savoureux mélange de couleurs claires et foncées. L'un d'entre eux avait les cheveux en pic, d'un bleu pâle, et portait sur son épaule ce qui semblait être un poisson, le deuxième avait les cheveux rouges, de dos, on voyait un tatouage semblable à une porte orner sa peau, et une flamme brûlait dans sa main gauche. Le troisième paraissait être une sorte de hippie portant dans son dos un énorme pinceau. Enfin, la seule fille du groupe, avec de longs cheveux blonds, et de son débardeur sortait une créature difforme et impossible à identifier. Les quatres personnages étaient debout, face à un horizon que l'on ne pouvait identifier, ¾ profil, et la lueur d'un soleil couchant venait éclairer leur visage d'une couleur orangée des plus magnifiques. C'en était presque compréhensible qu'un individu quelconque veuille s'en emparer, Lena n'osait même pas en imaginer la valeur, surtout si les personnages représentés dessus étaient réellement de si grandes légendes de Dreamland ….

Plusieurs heures s'écoulèrent, la violoniste s'ennuyait à mourir dans sa petite salle, les visiteurs commençaient à se faire moins nombreux, et rien de particulier ne s'était déroulé. Soudain, Matt arriva en trombe, secouant sa collègue pour la sortir de sa torpeur :

« Hééé, qu'est-ce que tu fous ?! T'es pas sérieuse là, à t'endormir ? Putain, le chef a eu raison de me dire de te rejoindre... On peut vraiment pas te laisser seule deux secondes, crétine.... aaaaah, bouge ton cul, merde!»

Lena sentit alors ses forces revenir d'un coup, en une poussée d'adrénaline. Elle se retourna, et vit alors ce qui avait fait réagir son camarade : ce qu'elle pensait être le tableau venait de s'écrouler, enfin plutôt de « glisser » … Il avait été remplacé par un simple drap ! Pourtant, elle n'avait rien remarqué, et même dans ce cas, elle voyait mal comment quelqu'un pourrait emporter une toile de cette envergure sans être repéré. Elle entendit alors un miaulement, et quelques secondes plus tard, un nuage de fumée emplit la pièce. Les deux voyageurs et leurs collègues gardes toussotèrent le temps que le nuage se dissipe, et la jeune femme remarqua alors une forme qui s'éloignait à pas de velours, dont elle identifia le pelage :

« Poursuivez-moi ce chat ! C'est lui le voleur bordel! »

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MessageSujet: Re: [Quête] Chat part d'âge (Victor Sven, Lena Skye) Dim 18 Nov 2012 - 14:47
Les trois équipiers avaient finalement pris le chemin de la salle ou l’œuvre menacée était conservée. Chacun d'entre eux avait une carte de la tour greffée à leur bras sur laquelle était indiquée leur position respective et une grosse lampe torche qui pourrait peut-être s'avérer utile. Les deux voyageurs pénétrèrent directement dans la salle sans dire mot tandis que Victor était en charge du couloir d'accès. Il réussit néanmoins à entrevoir la peinture qui avait l'air des plus étonnante. Explosives, pleines de couleurs... Les poses étaient classiques et pourtant on ressentait une grande puissance et un destin impressionnant.
Alors que Sven s'interrogeait sur les actes qui auraient bien pu valoir à ce petit groupe autant d'admiration, le grand cailloux bleu le rappela à l'ordre pour qu'il revienne à sa place. Victor obéit avec une moue de frustration, mais il s'était engagé. S'il avait su qu'au lieu de se balader dans la Tour afin d'en découvrir les moindres recoins il allait rester sans bouger à un endroit précis de l'édifice, il aurait réfléchi à deux fois avant de s'engager...

Cela faisait un moment que Sven était resté là sans rien faire. Ses coéquipiers l'auraient même certainement traité de branleur s'ils en avaient eu l'occasion. Il lui fallut attendre une éternité dans ce couloir avant qu'un bruit ne le réveille : celui d'une vitre cassée dans une des pièces adjacentes. S'éveillant en sursaut, Victor se rua vers la-dite salle afin de découvrir l'origine du bruit. En arrivant sur les lieux, il chercha des yeux dans chaque recoin de la salle...

Rien.

Curieux, il aurait pourtant juré avoir entendu un bruit... Et il aurait aussi juré ne jamais avoir fermé cette porte en entrant. Sven s'avança jusqu'à la porte et la poussa, mais elle restait fermée. Peu importe ce que le Padre pouvait tenter, la porte refusait de s'ouvrir. C'est alors qu'il commençait à la violenter méchamment qu'un cri lui parvint :

« Poursuivez-moi ce chat ! C'est lui le voleur bordel! »

Le vol avait déjà eu lieu ! Le chat en question avait dû l'attirer ici afin de pouvoir fuir impunément une fois le crie commis ! Sans attendre, Victor transforma son bras et fonça avec puissance contre le mur qui explosa en disséminant les gravas dans le couloir. Alors qu'il se tournait vers la provenance des cris, il vit un chat de forme humaine, élégamment vêtu, le regarder d'un air déconfis. Sans doute n'avait-il pas prévu ce genre de mouvement de la part du gardien.
Il ne lui fallut qu'une seconde pour se reprendre et foncer dans une salle afin de perdre les gardiens. En regardant son plan, Victor vit qu'elle accédait à un escalier donnant sur le niveau inférieur. Il cria alors aux deux autres voyageurs qui était un peu plus éloignés de la salle :

« Vous deux, trouvez un autre chemin pour lui barrer la route ! Je pars après lui ! » puis il s'exécuta.

Il s'agissait d'un immense escalier en colimaçon qui semblait n'en plus finir. Sven se demanda s'il n'allait pas arriver au rez-de-chaussée au lieu de celui d'en-dessous lorsqu'il sortit enfin de la montée, essoufflé. Il se trouvait maintenant dans une immense salle ronde donnant sur plusieurs escaliers descendant et quatre portes chacune ouvertes sur un long couloir. Un grand nombre à côté de lui indiqué le nombre 15, et au centre de celle-ci, on trouvait une immense statue de ce qui devait être des Seigneurs de Dreamland, peut-être nouveau, sans doute anciens. Restait que le détail qui le perturba était la forme agile qui l'escaladait, accédant du même coup à la grande ouverture qui donnait sur le niveau supérieur.

« Et merde... » grogna-t-il en parcourant la salle des yeux. « Pas foutus de nous filer un moyen de communication entre nous, bande d'imbéciles ! »

Il avait beau scruter les environ, aucun escalier montant était en vue. Il choisit alors un couloir au hasard et le suivit pour arriver dans une autre salle plus petite où se trouvaient des ascenseurs montant. Victor se rua sur le premier ouvert et appuya sur la flèche du haut.

Puis il attendit.

Encore.

Et encore un peu.

Pendant qu'il attendait sur une musique de smooth-jazz étonnamment relaxante, il se demanda ce que pouvait bien faire les deux autres voyageurs.

La porte s'ouvrit enfin sur... le 17ème étage.

« Et merde !... »
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MessageSujet: Re: [Quête] Chat part d'âge (Victor Sven, Lena Skye) Ven 23 Nov 2012 - 17:11
Ainsi donc, leur adversaire serait un putain de chat. Lena n'était pas particulièrement fan des animaux, elle détestait pour ainsi dire leur propension à demander de manière permanente de l'attention à leur maître. C'était probablement pour une raison semblable qu'elle avait choisi de rester célibataire et ne s'était jamais vraiment intéressé à la recherche d'un éventuel petit ami, déjà que ses critères étaient élevés pour être simplement « bon camarade » avec elle.... Mais on s'éloigne du sujet là. Ce que la violoniste put constater, c'est que le félin avait des réflexes plus qu'étonnants, plus qu'un chat lambda à vrai dire, et puis d'où un chat se baladait avec des fumigènes sur lui ? Azy ce monde c'était vraiment n'importe quoi des fois. Mais un peu d'action ne faisait jamais de mal, et Lena en était vraiment très demandeuse après avoir passé des heures à glander dans une salle, seule. Pis d'ailleurs, ils avaient foutu quoi les autres gardes pendant ce temps ? Merde quoi, toujours les même qui doivent se taper tout le boulot.... S'élançant dans le couloir, elle vit le troisième voyageur sortir d'une salle en défonçant la porte avec un … Bras des plus étranges. Mais le moment n'était pas aux questions, et la violoniste avait autre chose sur le feu, la poursuite d'une saloperie de voleur, qui risquait de lui coûter son salaire si elle n'arrivait pas à le rattraper.... Par chance, la tour était très vaste, et il mettrait un certain temps à sortir à cause de la foule, même si cela signifiait devoir traverser un amas de champs pour retrouver un chat ; autant chercher une cravate rouge dans Wall Street !

Leur compagnon de galère leur indiqua de prendre un autre chemin pendant qu'il s'engageait dans l'escalier face à eux, poursuivant la bestiole dans la droite lignée de ses pas. Hochant la tête et obéissant malgré elle – parce qu'elle préférait chercher par elle-même et que se séparer était une meilleur solution, elle aperçut un monte-charge de l'autre côté du couloir qui commençait à descendre en transportant des plateaux de nourriture vides, vers quel étage elle l'ignorait, mais elle refusait de prendre l'ascenseur, bondé de monde. Elle tira son collègue par le bras sans écouter ses protestations exaspérantes et le jeta dans l'orifice avant de le rejoindre ; sous le poids combiné des deux voyageurs, l'engin se déséquilibra et chuta d'un seul coup dans un horrible grincement, laissant les deux voyageurs s'écraser au milieu de la vaisselle sale dans ce qui semblait être le fond des cuisines. Les créatures qui travaillaient là cessèrent aussitôt leur travail pour venir voir ce qui avait causé tout ce barouf, trouvant là une voyageuse qui se relevait difficilement en se tenant au meuble le plus proche, et son compagnon qui rouspétait en grognant de douleur des insultes en tout genre à l'encontre de sa 'connasse de partenaire', et surtout un monte-charge éclaté dans un tas d'assiettes démolies et de denrées écrasées. Un joyeux bordel qui provoqua la colère des cuistots qui s'approchèrent avec l'intention de régler leurs comptes avec les deux voyageurs... Matt réagit aussitôt en sortant sa trompette, et appela sa panthère qui en un instant se faufila entre les cuisiniers et leur subtilisa leurs couteaux et ustensiles, les relâchant plus loin. Un sourire narquois du voyageur, et les rebelles s'éloignèrent en tremblant de tous leurs membres. Le trompettiste jubila en faisant disparaître son invocation, puis se tourna vers Lena qui observait la scène avec dédain :

« - Pauvre cuistos... t'aurais pu au moins t'excuser pour la casse avant de leur faire peur... M'enfin, j'imagine que pour toi c'est jouissif de dominer des pauvres petites créatures de ce genre, vu qu'tu peux rien dominer d'autre...

- On verra ça le jour où j'taurais dans mon lit ! En attendant, t'es gentille, plutôt que d'me casser à chaque fois que j'ai une idée, on pourrait avancer, parce que le voleur va pas nous attendre pour prendre le thé hein !  »

Elle ne releva pas le début de sa phrase, puéril et purement prévisible de la part d'un homme aussi fier que Matthew, mais en revanche elle éclata de rire sur le reste, notant au passage la moue boudeuse de son collègue. Il avait tout de même raison sur un point, ils devaient se dépêcher. La violoniste jeta un œil à sa carte, ils avaient atteint le 8eme étage. En comparant par rapport à l'escalier que le troisième voyageur avait pris, ils se trouvaient sept étages plus bas, et le voleur était sûrement encore loin. Mais sans moyen de communication approprié, impossible de suivre les déplacements de leur cible ou de se coordonner avec leur allié. La voyageuse jeta alors un œil à la salle où ils avaient atterri dans laquelle étaient exposées plusieurs statues de poissons aux formes diverses, entourant celle de l'un des lucky stars, qui portait en gros la mention « Savane, le numéro 1 des fishmaker de Dreamland ». Un invocateur de poissons, des statues représentant des poissons, CQFD. Reprenant sa réflexion, elle alla aussitôt voir le chef des gardes qui se tenait près de la statue principale, sifflotant. Lena arriva face à lui, essoufflée, et l'être onirique réagit aussitôt en leur indiquant de le suivre. Ce qu'ils firent sans broncher, et ils atteignirent un petit poste de garde comportant plusieurs écrans de surveillance. Le rocher vivant leur montra un écran sous lequel on pouvait voir un petit panneau indiquant « 15eme » . La violoniste jeta un œil sur le moniteur et aperçut alors leur comparse poursuivre le voleur, qui s'engouffra dans un passage bien trop petit pour le voyageur. Ce dernier courut jusqu'aux ascenseurs les plus proches et s'engouffra dans l'un d'eux, qui se rouvrit sur le 17eme étage. Il parut surpris d'arriver là. Lena releva les yeux vers leur « patron » et lui demanda :

« - Où conduit ce passage ?

- Au... 16eme... Il n'y a pas... D'ascenseur pour... Cet étage... Il est très spécial... Réservé aux... VIP.....

- Et comment on fait pour s'y rendre ? Je vous signale que si on le laisse faire il va nous échapper avec la peinture !

]- Calmez... Vous... J'ai ordonné... Que l'on ferme... Toutes les portes... De l'étage.... Vous le rejoindrez... Par le chemin.... Des gardes...

- Ah. Ok. Et... C'est où ce chemin ?

- Attendez... Je vais... Ouvrir la porte... Mais... Il faudrait... Prévenir votre collègue...

- Pour ça j'ai mon idée. En attendant, filez-nous des putains de talkies-walkies! »

Ecouter la créature lui avait bien fait perdre dix bonnes minutes, mais au moins, le chat était coincé, toutes les issues de la salle VIP avaient été condamnées. Ne restait plus qu'à s'y rendre. L'être rocheux appuya alors sur un panneau de commandes dissimulé derrière une armoire métallique factice, et le mur au fond de la pièce coulissa, laissant apparaître un escalier. Lena s'y engagea, après avoir pris un talkie-walkie pour elle et demanda à Matt de rester là et de faire l'annonce dans les hauts-parleurs de ce qu'elle avait écrit sur un morceau de papier.

« - Bordel j'suis pas ton larbin, Lena....

- On a pas le temps pour ça Matt. Tu fais ce que je te dis et tu restes à cet étage, on sait jamais des fois qu'il arrive à s'échapper et à rejoindre l'endroit où tu es, faut que l'un d'entre nous reste en bas. Compris ?

- Ouais, ouais... La prochaine fois j'te jure que c'est toi qui devras m'obéir! »

La voyageuse éclata de rire et s'élança dans l'escalier qui était des plus raides, chaque marche devant bien faire l'épaisseur d'un bras du chef des gardes, c'est dire si elle ne devait pas les grimper littéralement pour passer de l'une à l'autre. Pendant ce temps, la voix nasillarde de son compère résonna dans les hauts-parleurs de la tour, appelant Victor :

« Le petit voyageur au bras chelou est attendu à l'accueil par ses charmants compagnons... Il trouvera là un talkie-walkie qui lui sera sûrement plus utile que la tentative de stopper par lui-même un certain chat... Ah au fait, Lena, mon lit t'attend pour ma récompense !  »

Oh oui, il l'aurait sa récompense le petit sacripant. Un bon coup de pied dans les parties, et une humiliation en public une fois qu'elle l'aurait attaché à poil en plein milieu de Discoland. Mais en attendant, elle avait presque atteint la porte qui indiquait « 16eme », l'étage VIP, l'étage bourge, un peu comme à Paris pensa-t-elle. Elle espérait au passage que Victor avait compris le message et rejoint Matt au rez-de chaussée... A deux, et avec les talkies-walkies, il pourraient certainement établir une stratégie pour coincer la bestiole. Comme son homologue plus bas, la porte secrète du poste de garde coulissa à son arrivée, et laissa place à un agent de taille moyenne qui semblait pressé. Il s'excusa après avoir poussé légèrement la voyageuse, et se mit à courir pour, disait-il « apporter du renfort aux équipes plus bas ». Elle acquiesça, et entra dans l'étage VIP, découvrant alors un spectacle des plus surprenants. Tout le monde était dans les vapes. Les murs couverts de traces de griffe, les riches dépouillés de leurs richesses. Les gardes étalés, l'un d'entre eux dévêtu. Et une étrange odeur qui se dégageait d'un gaz verdâtre. Par réflexe, la violoniste plongea dans l'escalier secret en se couvrant la bouche, et se rendit compte à cet instant que sa manche avait été légèrement trouée... Par des griffes. L'agent, c'était le chat ! Elle se saisit de son talkie et hurla à l'intention de Matt :

« - Ce putain de chat sait se déguiser et il est encore plus armé qu'on le pensait ! Il a étalé tout le monde au 16eme, on s'est complètement faits avoir ! Essayez de le coincer dans l'escalier, faites sauter cet endroit, j'en sais rien, mais STOPPEZ-MOI CE CHAT !!!

- A tes ordres poulette.  »

Aussitôt, une énorme secousse fit s'écrouler l'escalier dans lequel se trouvait la voyageuse, qui tomba dans un grand cri au milieu des gravats. Elle eut juste le temps d'amortir sa chute en utilisant son violon et un wind opera vers le sol qui lui permit d'atterrir plus ou moins bien. Au final, elle s'en sortait avec plusieurs bleus, des entailles légères, et surtout une rage folle. Quand elle disait de faire sauter l'endroit, elle ne pensait pas que cet abruti allait réellement détruire l'escalier ! Néanmoins, cela avait fonctionné, car un peu plus loin, elle vit se relever une forme plutôt gracile qui s'échappa de sa tenue d'agent et partit à toute vitesse dans l'étage qui restait accessible. Au dessus de la porte, on pouvait lire « 7eme ». Elle s'élança à sa poursuite ?

« - Alors, ça fait quoi de voler, chérie ?

- Tu verras ce que ça fait quand je t'aurais botté le cul avec toute ma rage enfoiré. Allez, bougez-vous! »

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MessageSujet: Re: [Quête] Chat part d'âge (Victor Sven, Lena Skye) Mer 4 Sep 2013 - 11:55
Bon. Il ne restait que sept étages à Lena pour stopper la fuite de ce foutu matou. C'est dire si la marge de la jeune femme s'était considérablement réduite à cet instant. Non seulement la bestiole était rapide, mais en plus elle était maligne et bien équipée pour éviter tout affrontement qui compromettrait son vol. Ce qui laissait penser que s'il devait se retrouver dans un corps à corps, il serait clairement désavantagé. Ce point rassurait quelque peu la violoniste, qui pouvait ainsi penser qu'il lui restait un espoir, même infime et qu'il lui suffirait de coincer cette saloperie de chat dans un coin pour le mettre à terre et reprendre ce putain de tableau. Et d'ailleurs il l'avait planqué où ? La toile devait bien mesurer dans les trois- quatre mètres de hauteur, pas vraiment le genre de truc que l'on peut trimballer discrètement dans un bâtiment rempli de gens en permanence, surtout quand il s'agit du clou de l'exposition en cours. D'ordinaire, Lena aurait privilégié la piste du complice tandis que celui qu'elle poursuivait n'était qu'une diversion, la fumée qui empêcherait de voir le vrai voleur, mais le fait de se trouver dans un monde onirique l'obligeait à penser à l'hypothèse d'un quelconque objet magique qui lui permettait de ranger tout et n'importe quoi. Somme toute un objet des plus pratiques et que la manieuse lui piquerait bien au moment de l'arrêter, mais pour le moment, elle était encore loin de pouvoir songer à l'idée même de le rattraper ; la créature allait bien trop vite. Elle pouvait encore la voir d'où elle était, zigzaguant d'un pas gracile entre les gens dans la foule qui s'amassait autour des œuvres. Pour le moment, aucune idée ne germait dans l'esprit de la jeune femme pour empêcher le chat de s'enfuir, et ce dernier filait tranquillement dans l'étage dédié, comme son numéro l'indiquait au septième art ; dans le cadre de l'exposition, il affichait un peu partout des écrans qui diffusaient des exploits réalisés par les lucky stars, un spectacle autant suivi par la foule qu'ignoré par la violoniste qui se contentait de suivre avec attention le cheminement de sa cible dans ce conglomérat d' « humanité » - il eut été vulgaire d'employer un autre terme bien qu'il ne soit pas des plus appropriés étant donné le faible pourcentage de créatures d'aspect humaines dans le bâtiment – qui répugnait la jeune femme tout autant qu'elle ressentait le besoin de le traverser aussi vite que possible et de mettre fin à cette foutue course-poursuite. Et une fois qu'elle l'aurait chopée, oh putain il allait prendre ce matou. Mais pour le moment, elle avait le droit aux remarques désobligeantes de Matt qui travaillait de concert avec les chef des gardes pour condamner un maximum d'issues et ralentir leur cible, et surtout à la mauvaise nouvelle que leur camarade de la nuit était porté disparu. Réveillé ? Et ben, y a qui se levaient tôt quand même. - elle oubliait totalement le décalage horaire éventuel, ce qui démontrait clairement l'état de confusion dans lequel elle était avec cette histoire – Elle avait envie de tout casser et de balancer des morceaux dans la gueule de cette saloperie de bestiole, mais le fait de travailler pour l'endroit qui exposait tous ces trucs n'aidait pas à se diriger vers cette option, parce que mine de rien, elle avait tout de même envie de toucher son salaire.

Sauf que le chat avait disparu. Lena était pourtant sûre de n'avoir suivi que lui pendant de longues minutes, se cognant même dans plusieurs personnes sans s'excuser tant elle n'était concentrée sur rien d'autre et suivait machinalement le voleur, mais là, force était de constater qu'alors qu'elle avait enfin pu se détacher de la foule à l'approche de la dernière cage d'escalier ouverte pour l'étage suivante qui avait été fermée par les deux feignasses en bas, le matou n'était plus là. Avait-il eu le temps de filer à l'étage en dessous ? Elle espérait, priait que non. Elle hurla à Matt de vérifier les vidéosurveillances du 6eme, mais il ne vit aucun signe de leur cible. Cela signifiait qu'il était toujours là, quelque part, guettant la moindre occasion de blouser la violoniste pour reprendre un maximum d'avance sur elle. Elle dévisagea chaque personne dans l'assemblée, tentant d'identifier parmi tous ces hipsters une oreille de chat ou un quelconque signe que sa cible était bien là. Elle allait la traquer cette saloperie, jusqu'au bout... Enfin durant a moins cinq bonnes minutes en tout cas. Jusqu'à ce que son esprit ne tienne plus au milieu de la foule et lui ordonne de s'isoler un peu, ce qu'elle fit en soupirant, attardant son regard sur une vidéo quelconque de l'exposition sans vraiment chercher à s'y intéresser, laissant simplement son esprit vagabonder pendant quelques minutes pour ne plus penser à rien, éliminer un peu la pression qui avait tendance à s'accumuler un peu trop, les mission de merde n'aidant pas particulièrement à améliorer cet état de fait. Elle était toute à sa réflexion quand une voix plutôt mielleuse résonna derrière elle :
«  Un art magnifique que le cinéma n'est-il pas ? Il n'est rien de plus beau que de voir l'art en mouvement, comment le réalisateur peut restituer la moindre émotion à l'aide d'une simple caméra... Il y a tant de choses que l'on nous communique à travers les films. Mais vous mademoiselle, vous ne semblez pas des plus sensibles à cela, me trompe-je ?  »

Lena fit volte-face dans un bond, sursautant brusquement à ce prise de contact à laquelle elle ne s'attendait pas du tout, d'autant plus qu'elle n'était absolument pas concentrée sur le monde extérieur avant que ce crétin ne décide de l'aborder. En un sens il avait raison, la violoniste n'avait jamais eu la fibre artistique. Elle avait toujours trouvé parfaitement futile le fait d'étudier en profondeur un tableau, une musique un film...Elle s'arrêtait au point de vue pragmatique de la chose, à savoir le résumé du film ou l'image dessinée. Oui, elle détestait les musées, abhorrait les émissions musicales, crachait sur les cinémas. Elle se contentait de voir ce qu'il y avait de visible, et ne s'intéressait à rien d'autre qui n'ait pas d'intérêt d'ordre scientifique ou logique. Pour elle, toutes ces critiques sur l'art, c'était de la pure fumisterie. Un alignement de mots faisant « classe » pour désigner des trucs sans aucun sens, parfois ne ressemblant même à rien. Au fond, même elle pouvait se la jouer grande maîtresse de l'art en dessinant un point noir sur un fond blanc et en le désignant comme l'expression post apocalyptique d'un besoin infondé de nourriture dans une société de consommation en crise sanitaire... Et dire que tout ça pouvait se vendre à prix d'or. Elle n'en copmprenait pas le sens ni l'utilité, et au fond, c'est cela qui l'énervait plus qu'autre chose. Mais elle décida de mettre fin à cette auto-critique interne des plus pessimistes pour étudier son interlocuteur. Et elle faillit bien l'étrangler sur place ; il s'agissait d'un chat ! Semblable à ceux qu'elle avait pu croiser dans leur royaume, il était de la taille d'un humain moyen, se tenant debout sur ses deux pattes arrière, il portait un smoking élégant dont le nœud papillon d'une soie particulièrement travaillée luisait à la clarté du jour. Son allure gracile, son monocle, et surtout le baise-main qu'il lui fit pour la saluer convenablement lui donnaient des airs de noble, mais au fond, ses manières de gentleman faisait louche...Et puis cette nuit-là, la jeune femme avait tendance à avoir envie de suspecter le moindre chat sur son chemin d'être la cible à qui elle rêvait d'arracher la tête. Elle fit le choix de jouer son jeu tout en restant prudente, afin de savoir quels étaient ses intentions, et surtout tenter de déceler si oui ou non elle avait affaire au voleur.

« - Sur ce point, je suis obligée de reconnaître que vous avez raison. Mais puis-je savoir à qui j'ai affaire ?

- Oh pardon, je vais à l'encontre de toute conversation polie en m'adressant à vous sans même me présenter... Je me nomme Oscar LeBel. Mais pour une aussi jolie demoiselle que vous, Oscar sera bien suffisant. Entendre votre voix est déjà une poésie bien agréable pour mes oreilles.

- Et... Puis-je savoir ce qui vous a amené ici mon cher Oscar ?

- Cela me paraît évident... Comment un être aussi raffiné que moi pourrait-il résister à l'appel puissant de l'art et du nouveau ? Cette exposition comporte des pièces très intéressantes... J'ai même entendu parler d'un tableau plutôt fameux représentant ce groupe de voyageurs si célèbres. J'aurai aimé le voir, mais il semblerait qu'il ait disparu.

- Et oui, c'est bien dommage... Attendez une minute, comment savez-vous qu'il a disparu ? La salle n'était pas encore ouverte au public! »

Et bam. Grillé, c'était bien cette enflure. Et que comptait-il faire maintenant qu'il était démasqué ? La situation avait l'air de l'amuser plus qu'autre chose, et il eut même un petit rire alors qu'il croisa le regard inquisiteur de la manieuse, qui semblait prête à en découdre. Ce fut sur un ton tout aussi amusé qu'il répondit en reculant légèrement :

« - Ha ha... Décidément, vous êtes particulièrement intéressante ma chère. J'aurais aimé pouvoir discuter plus longtemps avec vous en des termes bien plus amicaux. Mais mes employeurs attendent ce tableau avec impatience, et voyez-vous, j'ai encore sept étages à descendre, d'autant plus que vous ne me facilitez pas vraiment la tâche...

- Et quoi ? Ça t'étonne ? Allez, rends nous bien sagement le tableau et je te laisse te barrer sans même prendre le plaisir de te frapper.

- Vous me voyez honoré d'être le potentiel bénéficiaire d'une telle grâce de votre part... Car après tout, votre beauté n'a d'égale que votre violence et votre promptitude à agir de manière assez... Bourrine pour parler en termes crus. Je vous propose un petit jeu. Si vous me rattrapez et parvenez à me coincer, alors je vous rendrai ce tableau, dans le cas contraire, vous pourrez lui dire adieu...

- Un jeu hein ? Moi aussi j'en ai un à proposer, ça s'appelle « étripons du matou ! » ça te tente ?

- J'aurais été très heureux de prendre part à ce jeu mais je sens que ses règles ne sont pas réellement à mon avantage... Et puis je préfère courir. Allez, bon courage très chère! »

Et sans même lui laisser le temps d'en placer une, le chat repartit dans sa course folle à travers la foule, se laissant glisser dans un conduit d'aération pour rejoindre l'étage inférieur. Ah bon sang...Depuis le début il aurait pu se barrer, mais il avait choisi exprès de rester pour narguer la violoniste et lui filer sous le nez une fois de plus. Frappant dans le mur de toutes ses forces, elle brisa l'écran devant elle et s'entailla au passage la main, mais la douleur n'était rien à côté de la rage profonde que ressentait la voyageuse. Cette connasse de bestiole s'était bien trop foutu de sa gueule, elle allait lui régler son compte une bonne fois pour toutes...

«  Matt ? J'ai un petit jeu à te proposer. Ça s'appelle « cassons-tout pour mieux casser la gueule du voleur ! »  »

Elle avait un plan. Il ne lui échapperait pas une fois de plus.

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MessageSujet: Re: [Quête] Chat part d'âge (Victor Sven, Lena Skye) Mer 4 Sep 2013 - 13:56
Matt avait eu un large rictus à l'annonce de sa collègue. En réalité, il aurait aimé être à sa place en ce moment, bien que cette mission l'ait fait chier depuis le début. Il aurait préféré courir à la poursuite du voleur plutôt que d'appuyer machinalement sur deux trois ou boutons, le nez collé devant un écran en espérant pouvoir coincer leur cible et l'empêcher de descendre plus loin. Mais le salaud était rusé... Il passait par des recoins qui n'était pas visibles des caméras, il se déguisait, il passait au milieu de la foule à quatre pattes... Il savait éviter ses poursuivants, il était expérimenté, c'était clair. Pas le petit amateur qui pense avoir fait le coup du siècle et connaît deux trois caméras, les oubliant rapidement après deux trois étages avec quelqu'un au cul. En plus, leur allié avait disparu. Tout cela accumulé faisait que la mission était devenue particulièrement relou, bien plus encore qu'elle ne l'était à la base, et que le manieur n'en pouvait plus d'être enfermé dans cette petite salle où le chef des gardes, paniqué, bougeait frénétiquement dans tous les sens pour voir tous les écrans et fermer toutes les issues – même si en parlant de lui, frénétiquement désignait plutôt une espèce de chorégraphie pathétique où le gros caillou vivant bougeait les bras aussi lentement qu'un zombie en pleine noyade – sans même se soucier des déplacements de Lena. C'est pourquoi il sauta presque de joie quand elle lui indiqua qu'ils allaient passer au plan destruction pour chopper ce putain de chat. Enfin ils allaient passer aux choses sérieuses et avoir un peu d'action. Matthew était plutôt feignant, du genre à se plaindre de tout et de rien n'importe quand, mais il appréciait ces rares moments à Dreamland où il pouvait choisir de se battre. Et là, en plus, il avait le droit de tout casser, c'était jubilatoire. Bien évidemment, le trompettiste était loin de la violence de Ciara ou du caractère bourrin bien trempé de la violoniste, ce qui lui permettait de faire bien plus souvent attention aux règles de base que ses collègues, notamment lorsqu'il s'agit de destruction de biens publics, mais il était parfaitement capable de mettre sur le compte de sa réussite la casse qu'il aurait à faire. Le garde ne semblait pas particulièrement apprécier l'idée, bien qu'il ne connaisse pas exactement l'étendue du plan de Lena – et pour tout dire Matt non plus n'en savait rien – mais le manieur faisait confiance à sa collègue bien qu'il lui arrive parfois de dépasser les bornes, et il s'élança sans se faire prier dans l'escalier pour rejoindre le cinquième étage, celui dédié à Sabba. L'étage avait été pour le coup transformé en une espèce de serre géante où les œuvres d'arts étaient les plantes joliment entrelacées les unes dans les autres et au parfum agréable si on fait fi des effets secondaires de certaines d'entre elles. Une arche formée de vignes à raisin argenté trônait à l'entrée principale de l'étage, ouvrant un passage vers des haies taillées finement, sur lesquelles du lierre avait été parfaitement et symétriquement placé, une allée entière bordée de petits lampadaires constituant le seul éclairage, légèrement tamisé de la salle qui créait une ambiance zen et mystérieuse à la fois. Mais Matt non plus ne s'intéressait pas particulièrement à l'art, et s'engagea dans l'allée, son talkie-walkie en main en appelant Lena :

« - Hé la gonzesse ! Je suis là où tu m'as dit d'aller, pile au centre du cinquième étage. Je dois faire quoi exactement ?

- J'ai eu le temps d'étudier la carte de tous les étages. Tu vois le cercle de ronces filets un peu à droite ? Celui qui est entouré de colonnes.

- hmm... Ouais ! Je le vois. Et donc ?

- L'étage dans lequel je me trouve est constitué de plusieurs grandes dalles à mosaïques, chacune soutenue par quatre piliers à l'étage en dessous. Je vais faire en sorte d'attirer notre cible par là, et au moment où je te le dirai, je veux que tu détruises ces piliers. Compris ?

- Oh bon sang... Ouais, j'ai compris. T'es carrément dingue Lena.

- Contentes toi de faire ce que je te demande. Les avis sur ma personne, on verra plus tard.  »

Le trompettiste accepta bon gré mal gré, et fit mine d'explorer un peu l'étage végétal, restant à proximité du cercle de ronces que lui avait désigné sa collègue, réfléchissant à l'invocation qui serait la plus efficace dans le cas présent. Squiky pourrait le faire, mais Matt ne pourrait pas l'invoquer plus de deux fois cette nuit. Et surtout, il risquerait de faire plus de dégâts que prévu. Mais de toute manière, la tortue et la panthère ne pourraient pas faire grand chose pour l'aider ici. L'éléphanteau tournait joyeusement autour de son maître, complètement blasé par la tournure des événements. Non, il n'en pouvait décidément plus. Mais avait-il le choix ? Nezumi lui avait ordonné de suivre Lena, et d'écouter ses consignes si la situation tournait mal. Etait-il si peu digne de confiance ? Il poussa un soupir. Lui-même reconnaissait qu'il manquait clairement d'implication pour espérer être un leader. Il avait plus l'étoffe du type qui écoute les ordres à contrecœur que de celui qui pourrait en donner. Il se résigna donc et attendit, espérant que l'action ne mettrait pas trop de temps à venir à lui.

***

Lena avait un plan en tête. Elle avait mis le temps à trouver quoi faire pour déstabiliser leur adversaire et le stopper dans sa fuite, mais de lui courir après lui avait donné le temps de lire entièrement la carte de chaque étage et de savoir exactement quelle architecture chaque salle possédait. L'emplacement des caméras, les œuvres exposées... Elle pouvait voir chaque détail qui l'intéressait en temps réel, et cela lui donnait un avantage considérable sur le voleur qui devait la jouer à l'improvisation et ne pouvait compter que sur ce qu'il voyait pour trouver une issue. Or à cet étage, les bouches d'aération étaient bien trop fines pour constituer une porte de sortie, et les portes avaient toutes été condamnés sur ordre de la voyageuse. Confiante, elle sentait déjà s'approcher le moment jubilatoire où elle exposerait sa victime aux yeux de tous en l'étalant bien au passage. Il suffisait de trouver le moyen de l'attirer dans le coin qu'elle désirait, et pour cela, elle avait déjà trouvé une idée brillante, qu'elle avait pu trouver alors que son ennemi avait décidé de son propre chef de lui adresser la parole dans son si beau smoking. Et alors qu'ils s'approchaient dudit coin dans cet étage dédié à Terrence, le leader de la bande des Lucky Stars, un membre du staff, conformément à la demande de la violoniste, qui avait pris un tableau factice que l'auteur original avait gracieusement offert à la galerie pour les remercier d'exposer ses œuvres, annonça à toute la foule qu'il allait y mettre le feu en l'honneur du contrôleur du feu. Et la réaction ne se fit pas attendre ; alors que les spectateurs s'étaient massés autour dans l'attente de voir la toile prendre feu, une forme gracile griffa le visage de l'employé et le contraignit à s'enfuir, s'emparant du précieux tableau en soufflant sur la foule. Il était tombé dans le panneau ! Ni une ni deux, la manieuse s'était emparé de son talkie-walkie au moment même où elle avait vu leur ennemi bondir vers leur complice pour ordonner à son collègue :

«  MAINTENANT MATT !!  »

Heureux de pouvoir enfin faire quelque chose de vraiment intéressant, le trompettiste transforma à l'aide de son instrument son éléphanteau de compagnie dans sa véritable forme, celle d'un puissant éléphant guerrier. Squiky connaissait déjà les pensées de son maître, et il s'était élancé sans même attendre de quelconques ordres ; sa cible était toute indiquée, face à lui. Et dans un terrible fracas, il entra en collision avec le pilier juste devant lui, le faisant chuter dans un horrible bruit de roche brisée, et provoquant la panique générale. Le trompettiste, lui, observait avec une certaine pointe de fierté et d'amusement l'action de son invocation qui acomplissait son rôle à la perfection et faisait en plus fuir tous les passants, ce qui était le comble du bonheur pour le manieur qui n'en pouvait franchement plus de tout ce bordel. Et quand le premier pilier alla s'encastrer dans le second et que la dalle au-dessus d'eux se mit à pencher dangereusement, il rappela à lui l'éléphant avant que celui-ci ne soit broyé sous les quelques tonnes que devait peser l'oeuvre qui alla s'écraser dans l'immense buisson de ronces qui se trouvait en dessous, levant une effroyable quantité de poussière qui aveugla temporairement le jeune homme. Mais il avait fait son boulot. C'était à Lena de jouer à présent. Et cette dernière n'attendit pas que la dalle se soit complètement écroulée, se jetant en plein milieu en attrapant le chat qui se débattit pour ne pas être entraîné dans le chute, le serrant aussi fort qu'elle put sans céder face aux coups de griffe qui lui lacéraient la peau, et lorsqu'il furent bien au-dessus des ronces, elle s'empara de son violon en relâchant sa cible, jouant alors les premières notes du wind opera en regardant le chat d'un air narquois.

«  Un premier point pour moi, biatch. »

La bourrasque envoya le matou droit sur plantes à épines, et il s'ensuivit des miaulements de douleur continus alors que la bestiole tentait vainement de se dépêtrer de là. Satisfaite, Lena se laisse retomber à côté de son collègue qui avait tant bien que mal observé la scène en toussotant. La violoniste lui tapota le dos et lui lança d'un ton un peu plus joyeux :

« - Hé, pas mal, tu vois que tu peux faire du boulot correct quand tu t'y mets !

- Ouais, ouais c'est ça. En attendant, je sais pas comment tu comptes aller chercher ce foutu tableau au milieu de ces ronces miss génie.

- Oh... Un petit coup de flammes devrait suffire. J'ai des raisons de croire qu'il a un quelconque objet magique pour ranger ses vols bien à l'abri. Il suffira de le récupérer sur son... »

Mais avant que Lena n'ait pu finit sa phrase, une explosion retentit juste derrière elle, soufflant une partie de la salle ainsi que des plantes s'y trouvant. Aveuglée, un sifflement strident dans les oreilles, déstabilisée, la jeune femme ne put voir qu'au dernier moment leur cible ensanglantée emprunter l'escalier qu'elle avait ouvert en usant de l'un de ses « gadgets ». Foutu chat. Tout était à recommencer, et il ne restait plus que quatre étages....

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MessageSujet: Re: [Quête] Chat part d'âge (Victor Sven, Lena Skye) Lun 9 Sep 2013 - 0:01
« Matt, relèves-toi putain ! »

La voix de la violoniste résonnait sans cesse dans l'esprit du jeune homme, complètement sonné après cette explosion. Ils ne devaient pas rester dans cet étage. Les vapeurs qui se dégageaient des plantes carbonisées n'auguraient rien de bon pour les gens qui auraient le malheur de les respirer, et l'étage ne tarderait pas à en être envahi. Ils devaient sortir avant de crever, mais rien à faire, le trompettiste était incapable de faire un mouvement de plus. Soupirant, maudissant une fois de plus sa malchance devenue presque naturelle dans ce monde, et traîna son collègue jusqu'à l'escalier le plus proche, indiquant ce qu'il venait de se passer au chef des gardes qui envoya sur le champ une équipe de décontamination. Il était triste de voir ce qui était un aussi beau jardin il y a quelques minutes réduit en cendres pour la cupidité d'un putain de chat, mais au fond d'elle, la jeune femme enrageait surtout de s'être fait avoir une fois de plus. Elle n'arrivait pas à rester calme, son allié était dans les vapes, et l'autre courrait toujours, et se rapprochait à chaque minute de la sortie. Ils auraient pu mettre toute une garde que cela n'aurait rien changé. La bestiole était à la fois trop maligne et trop agile pour tomber dans des pièges bien trop simples. Néanmoins, la manieuse conservait un certain élément de satisfaction ; le voleur saignait et laissait des traces derrière lui à présent. Le suivre serait bien plus simple. Et ses mouvements se ralentiraient progressivement à cause de l'anémie. C'était plutôt positif, à condition que les effets s'en fassent ressentir avant qu'il ne soit sorti, et autant dire que c'était plutôt mal engagé. Lena avait encore suffisamment d'énergie pour se battre, mais Matt était complètement out. Ils ne pourraient pas bénéficier de l'aide de Squiky, ce qui constituait une importante perte tant son potentiel de destruction aurait pu être utile. Mais l'heure n'était plus à la réflexion. Il fallait le rattraper et en finir. La violoniste gifla son camarade jusqu'à ce qu'il daigne ouvrir les yeux, et ce dernier reprit lentement ses esprits en grognant quelque chose à propos des conséquences d'un plan à la con, ce qu'ignora royalement la jeune femme, en lui indiquant de se rendre dès qu'il le pourrait au niveau de la grille d'entrée de la tour. Il constituerait, avec le chef des gardes, l'ultime rempart qui pourrait leur permettre d'espérer stopper dans sa course leur adversaire.

Dans l'attente de cette aide potentielle, la violoniste reprit sa course dans ce musée géant, esquivant la foule, passant chaque obstacle sur sa route en ne songeant plus qu'à une chose ; l'ultime chance qu'il lui restait d'accomplir son boulot pour cette nuit. Si elle échouait, non seulement ce bâtard de chat pourrait se tirer avec le tableau, mais en plus ses employeurs pourraient lui sucrer son salaire... Plus le droit à l'erreur, il fallait frapper fort, une bonne fois pour toutes, et en finir avec lui. Une idée germait peu à peu dans l'esprit de la jeune femme, qui allait devoir encore casser un peu le mobilier de la tour, mais savait que la seule arrestation du voleur et la récupération de la pièce maîtresse de l'exposition lui suffirait à se faire pardonner. Elle se trouvait à présent au deuxième étage, suivant toujours les traces de sang, alors que Matt était parvenu à temps avec le chef des gardes au rez-de chaussée pour fermer les dernières issues et permettre à la manieuse de rejoindre sa cible plus rapidement, cible qui se manifesta rapidement, titubante légèrement au milieu de passants plus préoccupés par les œuvres qui les entouraient que par la traînée sanglante que laissait derrière lui le félin blessé. Ce dernier semblait avoir subi pas mal de blessures suite à sa chute, tout son corps étant couvert d'entailles plus ou moins profondes d'où le sang s'écoulait par flots constants. Il avait également le poil noirci à cause de l'explosion qu'il avait lui-même provoqué pour s'enfuir, souffrant tout de même à ce prix là de quelques brûlures. Il jetait sans cesse des regards autour de lui pour s'assurer qu'il avait distancé la jeune femme lancée à ses trousses depuis le premier étage, mais il ne parvenait pas à la repérer, sa vision se floutant chaque fois qu'il avait le malheur de tourner un peu trop la tête. Et il ne pouvait pas se permettre de lâcher prise avant d'être sorti de cette tour... Les gens qui l'avaient payé pour ce vol l'attendaient dehors, dissimulés dans la file d'attente. Il n'avait qu'à tenir encore un peu jusque là bas, et il pourrait alors trouver un coin où se reposer. Mais dans l'immédiat, il devait penser au moyen d'échapper à la vigilance de cette humaine, qui se révélait une adversaire bien plus embêtante qu'il ne l'aurait prévu au moment où il l'avait trouvée somnolente dans la salle où se trouvait l'objet de son contrat. Là, elle était une vraie chasseuse, au regard braqué sur lui en permanence, et qui jouait prudemment, un coup après l'autre, jusqu'à le mettre en échec et à le coincer. Elle préparait minutieusement des pièges complexes en quelques secondes à peine, sa capacité de concentration forçait l'admiration du matou, qui avait pour habitude de contempler la beauté de chaque femme plutôt que d'en observer les capacités cognitives... Et pour le coup, il n'était pas déçu. Il avait déjà eu à affronter des détectives plutôt bons dans sa carrière, mais jusqu'ici, aucun n'avait en plus les pouvoirs d'un voyageur et une telle rapidité de réflexion, surtout en pleine poursuite. Les voyageurs étaient réellement des personnes fascinantes. Lui, le voleur jusqu'ici jamais attrapé était au bord de l'arrestation. La prison lui pendait au nez. Mais que l'adrénaline et l'excitation qu'il ressentaient à cet instant étaient vivifiants ! Il était si amusant d'être ainsi poussé dans ses retranchements et de devoir faire preuve d'encore plus d'inventivité qu'à son habitude ! Il aurait aimé rencontrer plus tôt encore cette jeune femme, vivre encore et encore de tels duels qui le faisaient se sentir plus vivant que jamais.. Mais pour le moment, l'heure n'était pas à ce genre de pensées. Il devait vite trouver une solution pour pouvoir une bonne fois pour toutes échapper à la violoniste et son acolyte.

***

Matt n'en pouvait décidément plus de cette soirée. S'il avait pu trouver un peu d'amusement à participer à l'action de sa camarade quelques étages plus haut, cette dernière s'était plutôt mal terminée pour sa pomme, et il avait été assommé dans l'explosion provoquée par ce putain de chat. Bestiole qu'il aurait bien confié au restau chinois en face de son appartement histoire de se faire quelques nems, tant il avait de chefs d'accusation à son encontre au sujet de la nuit de merde dans laquelle une fois encore son royaume l'avait plus ou moins indirectement entraîné. Il avait dû suivre la violoniste, et voilà où il en était, brûlé de partout, sûrement des bleus couvrant toute la longueur de ses bras, des contusions en veux-tu en voilà... Comme à son habitude, il traîna des pieds pour rejoindre l'endroit qu'on lui avait indiqué, songeant que s'il avait su que la mission du jour serait une merde pareille il n'aurait pas suivi cette connasse aux cheveux verts qui l'avait humilié en le battant dès son deuxième jour dans le monde des rêves. Rêves... Tu parles ! S'il y avait bien un endroit qui pouvait correspondre à la définition d'une arnaque, c'était cette saloperie de monde. Dreamland aurait tout aussi bien pu s'appeler cimetière que ça lui serait allé à merveille. On y voyait chaque jour des gens crever, des histoires pas possibles arriver, entre les guerres de territoire, les ambitions destructrices à souhait de voyageurs au sommet de la hiérarchie, les monstres en tout genre en permanence à la recherche d'un quatre heures... Et pour couronner le tout, Dreamland ajoutait à ses tares fantastiques le défaut d'être calqué sur la société qui l'avait crée ; on y retrouvait les mêmes crimes, la même corruption, la mafia... En clair, le monde onirique trouvait le moyen d'ajouter aux problèmes récurrents du quotidien une touche de catastrophes totalement inexistantes dans le monde réel, qui avaient en plus la mauvaise idée d'être souvent bien pire que leurs consoeurs. Il haïssait ce monde, il haïssait sa malchance, il se haïssait lui-même pour avoir eu l'idée à la con de vaincre sa peur. Depuis, il attachait tout de même une grande importance au fait de rester en vie, malgré le fait qu'il déteste son existence de voyageur, cherchant à éviter autant que possible les ennuis que cet endroit pouvait lui attirer, même si cela devait signifier pour lui de devoir se traîner l'image de boulet de la troupe et de gros lâche parmi les voyageurs. Tout à ses réflexions pessimistes et sombres au possible, il atteignit tant bien que mal le poste de garde du rez-de-chaussée où l'attendait un chef sur le pied de guerre qui avançait aussi vite que possible – à la vitesse d'un grand-père en déambulateur donc – pour rejoindre le voyageur, et lui indiquer le système de fermeture de la grille. Mais plutôt que de s'intéresser à ce petit tableau de commandes, il demanda :

« Et... Elles sont où les fondations de cette arche qui sert d'entrée ? »

***

Elle le tenait presque. Ils descendaient le dernier escalier à présent. Elle entamait les premières marches, lui était à peu près au milieu, zigzaguant entre les gens tout en tenant sa principale blessure au côté pour éviter qu'elle ne saigne trop, et regardait constamment par-dessus son épaule afin de s'assurer qu'il y avait suffisamment de distance entre lui et la violoniste. Il le savait, les prochaines minutes seraient décisives. Les mains dans sa besace, il cherchait quel artefact de son attirail pourrait bien lui sauver la mise cette fois-ci. Mais il ne lui restait plus grand chose. Son sac qui contenait la plupart de ses outils était resté à l'étage d'où il était tombé dans les ronces. Il ne lui restait rien à part quelques fumigènes, mais il n'aurait pas d'effet de surprise avec ces gadgets, la jeune femme possédait un artefact qui pouvait souffler des bourrasques... Il ne pouvait compter que sur les forces qui lui restaient pour tenter un dernier rush et les semer à travers la foule de la file d'attente. Il allait devoir traverser toute une ligne droite à découvert, mais le risque était à prendre. C'était sa dernière chance. Et il allait la saisir. Ni une ni deux, il s'élança en faisant fi de la douleur qui le tiraillait, il bondit en avant, évitant plusieurs personnes qui s'écartèrent ensuite pour laisser passer la furie qui s'était lancée dans un sprint à toute vitesse pour ne pas perdre de vue ce putain de chat avant qu'il n'atteigne la grande porte. Elle se saisit de son talkie-walkie, et hurla à l'intention de son collègue :

« Hé l'bigleux ! J'espère que t'es prêt, on aura pas de deuxième chance. »

Matt lui répondit que oui, évidemment il était prêt, mais la manieuse avait du mal à lui faire confiance, surtout après toutes ces galères ; il devait vraiment se sentir particulièrement feignant cette nuit-là, et ne plus rêver que de son lit, mais il savait aussi l'importance de cette mission pour les deux voyageurs qui avaient besoin de s'affirmer en tant que tels afin que Nezumi daigne leur confier des missions un poil plus intéressantes et parfois plus confortables. Cette perspective le motivait plus que tout autre. Et tandis qu'il réfléchissait à ce qu'il allait faire, il vit une forme orangée et sanguinolente arriver à toute vitesse dans sa direction, tandis que le chef des vigiles secouait frénétiquement les bras – tout du moins les bougeait à un rythme un chouïa plus rapide que d'habitude – en invectivant le trompettiste de faire quelque chose, ce dernier se saisissant alors de son instrument pour appeler une nouvelle fois l'éléphant guerrier, qui s'élança droit vers... Les piliers du portail ! Sans même faire attention aux protestations lentes de son supérieur du jour, il courut dans la direction du chat voleur, avant qu'un pied sorti de la foule ne le fasse brusquement tomber, atterrissant dans les pieds de sa cible qui perdit totalement l'équilibre, et alla s'écraser contre le pilier que renversait l'invocation du voyageur. Ce dernier hurla alors de toutes ses forces, encore surpris par la tournure des événements, cherchant le coupable de ce croche-pied salvateur :

« SQUIKY ! Choppe moi ce putain de sac et fais ton boulot ! »

L'éléphant, dont les pensées étaient liées à celles de son invocateur, poussa un barissement puissant avant de se saisir de la besace qui pendait encore au corps inerte du voleur, alors qu'au dessus de sa tête, l'arche en pierre de l'entrée commençait à s'effondrer sur elle-même. Il l'envoya alors à son maître qui lui ordonna de faire son travail, nullement concentré sur la foule alors qu'un blondin descendait son pied et s'en allait satisfait d'avoir accompli sa mission à lui. Quelques coups suffirent à faire s'écrouler la structure, dont les morceaux recouvrirent peu à peu le corps du voleur dans des craquements d'os assez insoutenables. C'était terminé. Ils n'avaient pas attrapé le voleur, mais avaient mis fin à sa course, et surtout récupéré le fameux tableau. Ils allaient pouvoir encaisser leur salaire, et revenir fièrement à Discoland annoncer leur succès... Matt s'écroula au sol, Lena se laissa choir sur un siège qui servait habituellement d'oeuvre d'art présentée au public. Le chef des gardes arriva pour les féliciter de sa voix rocailleuse au débit aussi rapide qu'une chasse d'eau bouchée, et c'est avec un immense plaisir que lui et le directeur ouvrirent la salle principale qui renfermait le tableau au public. Le corps du chat ne fut pas retrouvé. On ignore encore si Oscar le voleur œuvre toujours....


[FIN DE LA QUËTE]
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[Quête] Chat part d'âge (Victor Sven, Lena Skye)

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