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[biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned)

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Riku Kaisuki
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MessageSujet: [biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned) Dim 7 Oct 2012 - 19:33
Chapitre 13 : La lecture peut parfois se révéler une activité risquée ...

Bordel. A cet instant c'était le seul mot qui défilait dans l'esprit de Riku alors qu'il était entouré d'une dizaine de types bien plus baraqués que lui et armés qui lorgnaient sur le bouquin qu'il gardait précieusement contre lui. Le souffle court, la peau entaillée à divers endroits, il commençait sérieusement à se demander ce qu'il foutait là. Et ce n'était pas non plus son « collègue » Nedru qui le sortirait de là, parce qu'il était autant dans la panade que lui.

*Pourquoi a-t-il fallu que j'écoute cette putain de conversation ….

A cet instant, il avait beau réfléchir, il ne savait pas trop comment s'en sortir, à part si un miracle se manifestait dans les cinq secondes, avant qu'il se retrouve troué comme une passoire. Zeel avait déjà encaissé trop d'attaques, et le maintenir coûterait trop d'énergie au necromancer. Son comparse se trouvant actuellement à l'autre bout de la ville, aucune chance qu'il le rejoigne en renfort à moins de courir à la vitesse d'un avion de chasse. Riku soupira, songeant aux événements qui l'avaient conduit à une telle débandade, alors qu'autour de lui, les tueurs levèrent leurs armes, et leur chef s'avança pour prendre la parole …

***

Bip …. Bip … Bip … Le réveil de Riku sonnait depuis au moins vingt minutes, de même que son portable qui n'arrêtait pas de vibrer. Affalé les bras étendus sur son lit, il ouvrit difficilement les yeux, poussant l'habituel grognement du zombie au réveil :

« Fais chier … Saloperie de réveil ... »

Attrapant son portable d'une main tandis que l'autre reposait sous sa tête lovée dans l'un des coussins, le jeune homme l'ouvrit, puis le temps de réhabituer ses yeux à la lumière, il jeta un regard sur l'heure : 14h30. Décidément, il n'aurait jamais dû aller à cette soirée d'anniversaire, même s'il s'agissait de celui d'un bon ami, non seulement il avait vraiment fini dans un sale état, mais en plus il n'avait pas pu voir Hikari qui n'avait pas voulu s'incruster auprès des amis du jeune homme qu'elle ne connaissait pas du tout. Riku avait insisté de longues minutes, mais le sourire de la jeune fille acheva de le convaincre de la laisser décider. Par conséquent, il y était allé seul, et au final c'était une bonne chose, parce qu'il s'était retrouvé dans une beuverie un peu trop grave à son goût. La décadence de l'être humain s'était exprimée en quelques heures par le biais de quelques vingtaines de bouteilles et de produits divers fumés. Le jeune homme s'était laissé entraîner par l'ambiance de la fête et bu tout son soûl, mais cela l'avait laissé le matin suivant pantois et hagard, l'estomac retourné, et surtout une part de souvenirs en moins qu'Hikari tentait de lui expliquait par téléphone depuis tout à l'heure. Cette soirée avait eu au moins le mérite de lui faire comprendre qu'il ne fallait pas rééditer cette expérience, il était clair que la prochaine fois il déclinerait l'invitation et passerait la soirée avec celle qu'il aimait plutôt qu'à boire pour finir bêtement à Délirium City, où ce fut une nouvelle fois la jeune femme qui vint l'aider. Quelques remontrances, des combats et enfin de la tendresse avant le réveil et au final il termina sa « nuit » dans un sourire béat.

Passé l'étape du réveil et du coup de téléphone à Hikari, Riku alla prendre une douche et se prépara un café intense. Le tout lui permit de récupérer une fraction non négligeable de ses capacités physiques qui lui faisaient défaut depuis qu'il avait ouvert les yeux. Après une rapide collation, il envoya un sms à Hikari pour la retrouver dans l'après-midi et le passer avec elle. Une semaine chargée l'attendait au niveau de ses cours, et il souhaitait passer un maximum de temps auprès d'elle, surtout dans le monde réel. Certes, Dreamland leur permettait en tant que voyageurs de se retrouver toutes les nuits, mais il appréciait également de la voir dans un contexte où il ne risquait pas de mourir tous les dix mètres à cause d'une quelconque bestiole ou d'un complot dans lequel il aurait une fois de plus sauté à pieds joints. Il sortit après s'être coiffé et rasé, enfilant une veste en cuir par dessus sa chemise.

Le reste de la journée fut particulièrement agréable pour le jeune voyageur qui profita d'une longue balade avec celle qu'il aimait, l'emmenant voir un film qu'elle lui avait vivement conseillé, puis allant faire un tour dans la galerie commerciale pour enrichir leur garde-robe respective, et enfin terminant sur un passage en boîte de nuit au cours duquel le jeune homme dût apprendre à danser, et vit rapidement que cela lui plaisait. Riku commençait beaucoup plus tôt qu'Hikari le lendemain, donc après s'être embrassés une dernière fois il la déposa chez elle avant de rentrer à son appartement. Finalement, il s'endormit le sourire aux lèvres, prêt à entamer une nouvelle nuit à Dreamland, se rappelant qu'il avait reçu un mms pendant la soirée, qu'une fille qui était là lui avait envoyé dans l'espoir de tirer autre chose du jeune homme qu'une réponse polie si cette dernière venait à le saluer. Curieux, il jeta un œil au contenu. Elle lui avait envoyé plusieurs photos pour le moins … le premier mot qui vint à l'esprit du voyageur en les voyant fut « salope », conséquence évidente de la vision de la demoiselle qui s'exposait ainsi à lui sans même lui avoir adressé la parole. Le tout était accompagné d'un message qui invitait le jeune homme à lui rendre visite quand il le souhaitait, dans une phrase qui s'achevait sur les fameux trois points de suspension sensés entretenir le mystère sur les intentions de la péronnelle. Riku n'en fit pas cas et supprima derechef le message, souhaitant bonne nuit à Hikari avant d'éteindre son téléphone. Mais au moment de s'endormir malgré lui, ses instincts de mâle amenèrent subtilement dans son esprit l'image des photos qu'il venait de voir ….

***

Lorsque le necromancer ouvrit les yeux, il se trouvait dans le genre d'endroit où il pensait ne jamais finir à Dreamland. Il crut dans un premier temps avoir atterri à Délirium, mais le fait qu'il n'ait rien bu ni fumé avant de s'endormir lui fit comprendre qu'il ne pouvait pas être dans la ville du n'importe quoi. Néanmoins, le lieu où il était à cet instant était semblable au premier dans bien des aspects ; tout d'abord, là aussi la décadence semblait régner en maître, l'on y voyait l'alcool et les dames de joie circuler comme de simples passants en plein jour. On aurait pu parler d'eau à un quidam local que celui-ci nous aurait répondu qu'il ne savait pas de quel alcool on pouvait lui parler.
De la même manières, il semblait qu'ici la luxure et les fantasmes en tout genre étaient monnaies courantes dans les divers clubs et bars qui faisaient la fierté locale. L'endroit donnait envie de vomir au jeune homme qui y voyait là la concrétisation et l'amalgame de tout ce qu'était la débauche et les pires aspects de l'humanité. A cheval entre Délirium City et Sboob Land, l'endroit n'était qu'un cloaque immonde où rêveurs, voyageurs, et créatures des rêves laissaient libre cours à leurs pêchés. Le necromancer soupira, se dirigeant vers ce qui semblait être la place centrale de la ville, dans l'espoir d'en trouver une hypothétique sortie. Il vit alors un bar à l'enseigne gigantesque qui dominait tous les autres bâtiments alentours. Riku avait une chance de trouver là les informations dont il avait besoin pour éviter de finir la nuit comme tout les êtres qu'il croisait.

Lorsqu'il franchit le seuil du débit de boisson, personne ne réagit à son arrivée. L'ambiance était complètement folle, des foules de personnages enivrés dansaient et chantaient un verre à la main, d'autres posant leurs mains sur l'épaule ou d'autres zones des demoiselles qui les accompagnaient. Il soupira, commandant une bière légère au barman, et s'installa avec sa choppe à une table isolée, dans le coin de la grande salle. Il remarqua aussitôt l'assemblée qui s'était réunie à la table proche de la sienne. D'abord parce qu'il n'avait pas l'air d'être là pour faire la fête, tous affichaient des mines sérieuses et un air sombre sous leur grand costumes noirs, ensuite parce qu'aucun d'entre eux n'avait pris de boissons et menaçait quiconque les approchait du regard. Riku se désintéressa vite de ce groupe inconnu, préférant se concentrer sur sa boisson avant de chercher un moyen de quitter les yeux, lorsqu'il surprit une bribe de conversation qui émanait de la table adjacente, et qui capta aussitôt son attention.

« Nous aimerions que vous retrouviez pour nous le carnet de bord qu'a rédigé il y a quelques années le voyageur Sean O'Brien, mieux connu sous le nom d'Hadès. »

Malgré lui, le necromancer sursauta à ces mots, retenant un cri de surprise. Ainsi Hadès, le voyageur qui servait autrefois sous les ordres de Chiron et qui avait été la cause de ses ennuis à Circus Attractions avait écrit un carnet de bord ? Il devait sans doute contenir des informations capitales pour retrouver la piste de celui que le jeune homme considérait à l'heure actuelle comme son ennemi numéro un. Il attendit que le groupe se sépare et suivit alors celui que les hommes en costume avaient commandité pour retrouver ledit carnet. Il paraissait tout à fait normal, vu de loin du moins. Il portait une longue veste noire, et avançait d'un pas leste, apparemment pas particulièrement préoccupé par ce qui se passait autour de lui. Une fois les molosses suffisamment loin, il prit son courage à deux mains et se plaça juste devant l'être qui avait été lancé sur l'objet de sa convoitise. Sans prendre le temps de reprendre son souffle, il lui dit :

  « Hé toi, t'es un voyageur pas vrai ? J'ai entendu un bout de votre conversation au bar, et je dois te prévenir que ce qu'il t'ont envoyé chercher m'intéresse probablement autant qu'eux. Mais comme je roule pas sur l'or je peux pas t'embaucher à leur place, et j'ai sincèrement pas envie de me fighter. Donc ce que je te propose, c'est de venir avec toi pour récupérer ce bouquin, et je te le laisse après avoir lu son contenu. Tu peux en faire ce que tu veux après je m'en fous. »

Il avait dit ça sans la moindre animosité, cherchant avant tout à faire comprendre à son interlocuteur non seulement le fait qu'il était sérieux, mais surtout qu'il n'avait réellement aucune intention belliqueuse. L'être qu'il avait face à lui avait l'air totalement déconnecté, et à un moment, le necromancer douta même qu'il l'eût entendu ; il arqua un sourcil vers le haut, apparemment plus surpris qu'autre chose, et s'apprêta à répondre, mais le jeune homme ne put entendre sa réponse car il s'évapora.

***

Riku rumina en constatant que son réveil avait sonné un quart d'heure trop tôt à son goût, maugréant contre son travail qui l'obligeait à se lever et l'avait empêché d'en savoir plus, mais il finit par accepter son sort et se leva en repoussant les couettes à l'autre bout du matelas et en se saisissant de son téléphone et de ses vêtements, puis alla prendre une douche. Une fois propre et habillé, il s'offrit un petit déjeuner copieux tout en entamant sa discussion de la journée avec Hikari, puis quitta ensuite son appartement pour se rendre au cabinet où il faisait son apprentissage.

Son travail n'était pas des plus formidables ; il le faisait seulement dans l'optique de gagner un salaire et parce que c'était nécessaire pour lui d'engranger de l'expérience avant de passer en expertise. Il y accomplissait un travail répétitif et barbant, à scanner des documents, à saisir des comptabilités de toute sorte, répondant parfois au téléphone pour engueuler les clients pas sérieux. Finalement, sa journée passa très vite, et il fut content de recevoir un message d'Hikari à l'heure où il sortait du bureau. C'est tout sourire, et repensant au voyageur de la veille qu'il s'endormit, espérant le recroiser pour mettre la main sur l'ouvrage qu'il convoitait …

***

Dreamland. Et cette fois, plus de ville débauchée, il faisait face à ce qui semblait être la plus grande bibliothèque qu'il ait jamais vu de sa vie, une sorte de jungle tentaculaire dont les branches étaient des nouvelles de toutes sortes, et dont les troncs n'étaient que des encyclopédies juxtaposées les unes aux autres dans un équilibre des plus précaires. Ça et là, on pouvait voir des petits êtres dont la tête évoquait la forme d'un livre ouvert, qui guidaient les gens dans les sections de ce royaume plus que vaste. Riku contempla les lieux un long moment, jusqu'à buter sur quelqu'un. Il se retourna aussitôt pour s'excuser, et reconnut aussitôt la personne qu'il avait bousculé : le voyageur de la veille !

  « Tiens comme on se retrouve ! Alors c'est ici qu'il faut aller chercher ce livre ? Puisqu'on se voit pour la deuxième fois, je me permets de me présenter. Moi c'est Riku, voyageur necromancer. Et toi ? »

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Nedru Etol
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MessageSujet: Re: [biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned) Mer 10 Oct 2012 - 14:26
Comme toujours, le détail des affaires du Renard relèverait d’une comptabilité trop complexe pour être résumée en quelques lignes. Disons donc simplement que cette affaire commença ici;

Nous aimerions que vous retrouviez pour nous le carnet de bord qu'a rédigé il y a quelques années le voyageur Sean O'Brien, mieux connu sous le nom d'Hadès.

Et ce n’était pas pour satisfaire le jeune homme. Ils refusaient d’acheter l’information ! Nedru toisait ses interlocuteurs d’un oeil princier. Ils avaient l’air d’avoir les moyens. Les signes extérieurs de richesse n’étaient pas les même dans Dreamland et dans le monde réel, mais certaines constantes survivaient. Notamment dans un Royaume comme celui dans lequel il se trouvait. Au milieu d’une fange délectable, d’un royaume composé de misère, de vice, partout, sembler en bonne santé physique autant que mentale et avoir des vêtements impeccables suffisait amplement.
Alors pourquoi refusaient-ils de lui acheter l’information qu’il leur promettait ? Le dénommé Charly était en train de lui apporter la réponse;


On ne peux pas faire confiance aux Voyageurs. Pas comme ça, d’un coup. Si vous retrouvez l’objet, alors nous pourrons considérer que vos informations valent la route. Et nous vous paierons la remise de l‘objet.

Charly était calme. Presque trop. Un mafieux en costume grand et fin, les yeux dissimulés par de fines lunettes de soleil, les seules particularités du costume étant composées de ses oreilles pointues dépassant de son petit chapeau de qualité. Et ses dents, qui n’étaient pas pointues figurativement. Le fin sourire qu’il esquissait en ce moment était réellement terrifiant. Nedru l’avait détaillé en parvenant à utiliser activement sa capacité d’analyse et il n’avait pas été déçu. Charly n‘était pas l‘homme de main privilégié de Giovanni pour rien.

-Si vous me garantissez que je n’aurais pas à refaire ça, je vous retrouve le carnet. Je ne suis pas un vulgaire coursier.
Evidemment. Mais vous ne comptez pas que l’on vous signe un reçu ?
Non. Je sais faire payer mes débiteurs.

L’échange de sourire était au moins aussi meurtrier dans un sens que dans l’autre. La poignée de main qui suivit fut, en comparaison, étrangement douce. Charly n’était pas assez vulgaire pour lui broyer la main même si sa carrure le lui permettait, et cette attention, cette pitié, insupporta le Gris au plus profond de lui-même. Il se jura qu’un jour, Charly mourrait et qu’il mourrait lentement. Ils se quittèrent en échangeant des politesses hypocrites.

Nedru se dirigea lentement vers la sortie de l’établissement, plus qu’enclin à se changer les idées en profitant de l’ambiance. Comment osaient-ils ?! Ils n’avaient qu’à le tuer s’il mentait, et voilà tout ! Il ne mentait pas, c’était un pro, ses informations étaient sûres. Leurs manières étaient aussi ouvertement suspectes que détestables. Le Renard ne parvenait pas à flairer de où et comment viendrait le piège. Le royaume où était stocké le carnet était-il particulièrement dangereux ? Il interrompit le cours de ses pensées tandis qu’un inconnu se plaçait ouvertement dans son chemin.

Un Voyageur. La simplicité de sa tenue, en ces lieux, était un aveu suffisamment criant. Cette casquette, surtout…Pas de mauvais gout, mais tellement inappropriée… Il plongea furtivement ses yeux dans ceux du Voyageur. Aucune agressivité ne s’y lisait. Alors seulement, Nedru expira tout son dédain pendant que l’inconnu exprimait sa requête.


Hé toi, t'es un voyageur pas vrai ? J'ai entendu un bout de votre conversation au bar, et je dois te prévenir que ce qu'il t'ont envoyé chercher m'intéresse probablement autant qu'eux. Mais comme je roule pas sur l'or je peux pas t'embaucher à leur place, et j'ai sincèrement pas envie de me fighter. Donc ce que je te propose, c'est de venir avec toi pour récupérer ce bouquin, et je te le laisse après avoir lu son contenu. Tu peux en faire ce que tu veux après je m'en fous


Hum ? Il avait entendu ? Fallait-il l’éliminer ? Son sourcil se haussa. Non, ce n’étaient pas ses affaires. Du reste, comme il l’avait dit une seconde avant, il n’était pas un coursier. Celui là ferai bien meilleur office. Il le jaugea lentement, avant de s’apprêter à répondre…
A une bouffée de fumée !

Certes, la nuit touchait à sa fin, mais tout de même !.. Enfin, au moins étaient-ils du même fuseau horaire, c‘était toujours ça de gagné. A la réflexion, c’était parfait, tellement parfait que Nedru testa le tranchant de ses canines du bout de la langue. Un plan germait dans son esprit. Un plan qui impliquait la présence d’un coursier…

Il se réveilla peu de temps après, parfaitement détendu par les spectacles auxquels il assistait ça et là.

~~~~~~

La journée suivante se déroula sans que rien de particulier ne se produise. Le jeune homme assista à pas moins de deux de ses cours, s’amusa avec ses camarades de classe et continua de flirter quelques filles de sa promo. Oui, il faut bien sauver les apparences… Il envoya même quelques messages pleins d’espoir à une dénommée Jenny. Puis il se replongea dans ses recherches et ses parties de cartes en ligne, impatient de pouvoir terminer son travail, l‘esprit concentré sur les pièges que pouvaient lui tendre les mafieux et les répliques qu’il devrait prévoir.

S’endormir en pensant à un livre est une tâche plus ardue qu’il n’y parait. En pensant à son contenu, très bien ! en parcourant des yeux un ouvrage particulièrement soporifique, certes ! Mais l’attention est un chiot trop curieux lorsque vient le moment de s’endormir, et penser à un titre inséré sur la couverture d’un livre pendant toute la mise en veille d’un organisme est un exercice relativement difficile. Heureusement, notre renard avait ses habitudes et son chiot introspectif n’était plus qu’une machine bien rodée, patiente et disciplinée, qui tourna et retourna la chose jusqu’à ce que Morphée se lasse.

Et puis, tout de même, il pensa plutôt au Royaume où le carnet était stocké, qu’il connaissait plus vaguement et où son imagination pourrait s’évader plus librement, pour le laisser s’endormir sans poser de soucis. Peut être une réaction qu’attendait Dreamland lui-même, puisque Nedru s’endormit aussitôt… Allez savoir, ce monde avait peut être une conscience scénaristique et se refusait de rendre les choses trop faciles ? Du reste, il était simplement impossible de s’endormir auprès d’un objet en y songeant.

Mais revenons à nos livres.

~~~~~~



Après quelques minutes d’analyse statique, sous sa capuche rabattue juste au dessus de ses yeux, le Renard ne pouvait que constater que le Royaume Bibliothèque portait mal son nom. La jungle de livre était immense, labyrinthique, et les indications y étaient aussi rares que se qui compose (outre des ouvrages) une bibliothèque normale; un bibliothécaire acariâtre mais, au moins, aussi utile pour trouver les ouvrages perdus qu‘un ordinateur moderne. Il n’avait pas espéré d’ordinateur, mais au moins l’acariâtre…
Quelques apprentis sorciers se promenaient ça et là, mais la plupart des rêveurs et créatures qui hantaient les lieux avaient l’air de simples… rats de bibliothèque. Cette image s’effaça de son esprit alors qu’un petit rongeur lui passait en courant entre les jambes.
Nedru se surprit à rire lorsqu’il aperçu un rêveur manifestement terrifié par la présence d’autant de livres autour de lui et qui se jetait contre les troncs en bégayant, les yeux révulsés.

Beaucoup plus problématique; certaines zones du Royaume étaient fermées. Ca et là poussaient des baobabs faisant office de tours, closes par des portes-livres épaisses de quelques mètres où étaient inscrits le noms des tous ceux dont l’accès était autorisé. D'après ce qu'il avait appris, dans la canopée se trouvaient les ouvrages les plus précieux, gardés par des créatures aussi rares que sournoises et cupides de leur savoir.

Au moins était-il apparu du bon coté du Royaume; l’autre partie était « normale », c’est-à-dire composée de murs et d’escaliers. Elle présentait l’avantage de bénéficier d’une certaine organisation, mais il savait que le carnet n’était pas de ce côté. D’après ses informations le carnet était…


Tiens comme on se retrouve ! Alors c'est ici qu'il faut aller chercher ce livre ? Puisqu'on se voit pour la deuxième fois, je me permets de me présenter. Moi c'est Riku, voyageur necromancer. Et toi ?

Celui là ?! Vilaine manie que de le couper, mais… Tant d’informations ! Le Renard les assimila avec jubilation. Son coursier était donc un necromancer ? Un invocateur de morts ? Il n’en connaissait pas beaucoup à ce sujet mais cette fonction lui convenait amplement. Ca ne valait pas un contrôleur, mais inutile d’en demander trop… Nedru rabattit sa capuche

Très bien Riku, je t’explique rapidement. Tu cherches à me doubler, tu es mort. Ce livre est recherché par des personnes trop puissantes pour nous deux réunies, et autant d’amis dont tu peux disposer. Aucune opposition au fait que tu le parcoure des yeux à part ça, alors ravi de t’avoir avec moi. Appelle moi Nedru

Il fit l’effort d’être aimable. Non… pas aimable… Plutôt quelque chose comme de la politesse, et aucun mépris. Il fit de son mieux pour paraitre neutre, voilà. Il tendit une main et un sourire à Riku.

Tu comprendras que je ne peux pas te dire où se trouve exactement le carnet de crainte que tu n’y ailles sans moi. Commençons par aller vers un endroit moins peuplé. O’Brien n’aimait pas la compagnie. Son carnet n‘est pas à la portée de n‘importe qui.

En l’absence de guide, il doutait de mettre la main sur le carnet aussi facilement. D’après ses informations, quelque part dans le marais des brouillons se trouvait l’objet convoité. Mais il n’avait aucune idée d’où se trouvait ce marais… Au moins un marais de brouillons n’irait pas se perdre dans une canopée de livres précieux, c’était déjà ça de gagné.

Ne traînons pas.
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MessageSujet: Re: [biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned) Ven 12 Oct 2012 - 14:58
La première chose que Riku put constater fût que son « allié » avait apparemment un don pour choisir ses clients … Mais il n'émit pas de remarque lorsque le voyageur lui expliqua que les hommes qu'il avait vus à Luxuria faisaient partie d'une organisation tout sauf composée de rigolos. Chouette, rien de plus rassurant que l'ombre de mafieux surpuissants au dessus de sa tête ! Il répondit avec un bref sourire à la poignée de main de Nedru, et écouta attentivement les informations dont disposait son compagnon temporaire. Il se demandait comment il pouvait en savoir autant, tandis que lui qui avait mené une quantité impressionnante de recherches dans les archives du pandémonium, mais après tout, les mafieux qui l'avaient employé devaient avoir recueilli un dossier complet sur l'invocateur qu'il poursuivait. Le voyageur lui indiqua une direction sur laquelle il devaient s'engager, dans les tréfonds de la jungle bibliothécaire. Mais tout comme l'auteur du livre qu'ils allaient y chercher, rien ne permettait de dire où ils devaient se rendre. Néanmoins, ils avaient quelques indices, c'était déjà un élément important.

Il s'engagea donc sur le chemin qu'ils avaient en face d'eux et qui s'enfonçait dans la junglede livres, qui se faisait à chacun de leurs pas plus dense et sombre. En réalité, le royaume d'apparence paisible n'avait rien de rassurant en son sein, et le necromancer doutait que leur recherche se fasse sans heurts … Il ressentait d'ailleurs depuis leur entrée dans les lieux comme une présence proche d'eux et qui les suivait de près, mais pour le moment, il préféra laisser cette sensation sur le compte de son appréhension. Ils marchèrent ainsi tous deux en silence un long moment qui parut une éternité, sans croiser d'autres choses que des livres, des livres, et encore des livres à perte de vue, telle une ligne droite à l'infini. Jusqu'à quel point ce royaume était-il vaste ? Riku avait l'impression d'avoir fait des kilomètres entiers dans ce chemin. Finalement, alors qu'il s'apprêtait à entamer la conversation avec Nedru pour briser ce silence pesant, il aperçut une petite créature, se tenant derrière ce qui semblait être un comptoir d'enregistrement. L'être onirique, qui ne devait pas dépasser le mètre vingt, haussa un sourcil à leur approche, comme surpris de voir des gens s'aventurer jusqu'ici, et toussota avant de prendre la parole :

« - Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas vu de voyageurs venir au comptoir des ouvrages perdus. Vous cherchez un livre en particulier? »

Riku hésita avant de répondre. Devait-il dire à cette créature dont il ne savait rien le titre exact de l'ouvrage dont ils allaient s'emparer ? Qui sait si cette révélation n'allait pas leur valoir d'être poursuivis par une armée de gardes ou une autre galère du même genre ? Il s'approcha de Nedru et murmura le plus doucement possible :

« Je ne sais pas ce que tu en penses, mais on ne devrait sans doute pas lui dire le titre exact du bouquin, on sait jamais ce qu'il pourrait faire en l'apprenant, des fois que ce soit un bouquin dangereux ou un truc du genre ... »

Pendant ce temps, la créature continuait de les fixer de ses petits yeux noirs et redressant régulièrement ses lorgnons en toussotant. Le necromancer réfléchit encore un instant. Il ne pouvait pas lui répondre qu'ils étaient là par hasard, l'être trouverait ça bizarre. Il allait devoir trouver quelque chose. Il fut cependant interrompu dans sa réflexion par leur interlocuteur qui sauta sur la bûche de bois moisi et verdâtre qui lui servait d'après ce que Riku pouvait voir de bureau, avant de reprendre la parole :

« Vous savez, vous n'êtes pas obligés de me dire ce que vous êtes venus chercher dans cet endroit. Je ne suis là que pour vous guider, et aussi pour enregistrer votre venue. Cela fait bien longtemps que notre royaume décadent a renoncé à assurer la sécurité des lieux. Certains voyageurs ne franchissaient ce seuil que pour venir écrire leurs propres histoires. D'autres pour voler des livres … Regardez donc. »

Il avait dit cela en désignant d'un grand geste circulaire les « arbres » de livres qui prenaient leurs racines dans la zone autour d'eux. La plupart d'entre eux avaient un tronc verdâtre de livres poussiéreux et recouverts de champignons, comme si ces livres n'avaient pas été sortis de leurs emplacements depuis des siècles. L'être onirique soupira un long moment, avant de reprendre son récit :

« Autrefois, nous étions un royaume des rêves parmi les plus puissants ; Les rêveurs s'y rendaient chaque nuit en rêvant de ces histoires qu'on leur lisait, de ces romans qu'ils avaient découverts ou relus encore et encore, et ici ils forgeaient leurs propres histoires … Les voyageurs qui se rendaient au cœur de la canopée enrichissaient ces magnifiques arbres étagères de leurs propres mémoires, contant leurs récits de batailles et leur exploits. Mais cette époque est révolue, les gens se sont désintéressés de la lecture, et plus les années passent, plus cette jungle dépérit, ses arbres ne sont désormais plus que les restes d'un temps que l'on regrette tous ici. La dernière fois qu'un voyageur est passé par là remonte à au moins vingt ans … Je ne me rappelle plus ce qu'il faisait, mais son nom est resté dans mon registre. O'Brien …  »

Riku sursauta lorsqu'il entendit le nom de celui dont ils étaient venus chercher le carnet de voyage. Ainsi il serait venu ici ? Que faisait-il dans ce lieu ? L'allié du necromancer lui avait expliqué qu'Hadès aimait la solitude … Était-il venu en ces lieux pour écrire ses mémoires ? Recherchait-il quelque chose dans cette zone reculée ? Il devait savoir que plus personne ne s'aventurait aussi loin dans la jungle bibliothécaire. Les éléments commençaient à se regrouper dans l'esprit du jeune homme, et il s'apprêtait à poser les questions qu'il avait en tête à la créature, mais celle-ci n'avait apparemment pas terminé son explication.

«- Je ne suis maintenant plus que le roi d'un monde en perdition. Mais peut-être désireriez-vous poursuivre vers le cœur de la jungle et les zones un peu plus isolées ? Venez donc porter votre nom au registre, il n'y a pas de restrictions particulières, si ce n'est que je dois tout de même vous mettre en garde. Ces livres, ces textes que vous croiserez dans la jungle, chacun d'entre eux a accumulé une mémoire bien plus grande que tout ce que vous avez connu. Ne les sous-estimez pas, ou vous pourriez subir leur châtiment … Jeune homme, vous désiriez me poser une question?

- le nom de marais des brouillons vous est-il familier ?

- Je vois, c'est donc la décharge de ce royaume qui vous intéresse … Je ne saurais vous l'indiquer de manière précise, comme tous mes congénères, cela fait bien longtemps que je ne me suis pas déplacé, et j'ignore à présent totalement comment me rendre dans les sections les plus profondes. Je ne me souviens que d'une chose : le marais ne sera jamais là où vous souhaiterez qu'il soit. Et méfiez-vous de ce que vous pouvez lire ... »

Génial, le vieux n'avait servi strictement à rien. Évaluant la dangerosité de la créature comme nulle du fait de son immobilisme total et de ce que l'on pouvait qualifier comme un état avancé de gateuisme, Riku se dirigea vers le fameux registre et inscrit son nom à l'aide de la plume sale qui reposait entre les pages de l'ouvrage en guise de marque-page. Il commença à avancer sur le chemin face à eux sans regarder si son « allié » avait fait de même, et reprit sa marche vers le cœur de la forêt.

Le temps passa à nouveau plus que lentement, et Riku commençait à douter de croiser une quelconque zone un tant soit peu différente du reste avant leur réveil. Il entreprit finalement de discuter un peu avec l'autre voyageur :

« Au fait Nedru … Qu'est-ce que tu penses toi de ce que nous a raconté ce vieux ? J'ai pas trop compris son histoire de danger avec les livres ...  »

Le necromancer écouta attentivement la réponse de son compagnon de route, et n'eut pas à attendre plus longtemps pour comprendre ce que voulait dire l'être onirique ; il buta sur un livre étagère alors qu'il ne regardait pas le chemin devant lui, et en tombant, l'un des livres s'ouvrit et des pages jaunies surgit soudain une dizaine de créatures semblables à de petits lutins mais avec une peau violacée, des yeux rouges, des dents aussi acérées qu'un sabre, et surtout un couteau de boucher dans chaque main.

« Oh merde … C'est quoi encore ce délire ! Gaia !!  »

l'invocation ne se fit pas prier et surgit aussitôt dans un halo argenté. Sans prendre le temps de sermonner son invocateur sur la place des femmes dans la société, elle créa une barrière de roche, et repoussa les diablotins une première fois. Lorsque ceux-ci revinrent à la charge, elle attendit qu'ils soient tous à sa hauteur, et fit tomber des menhirs de sa taille juste sur les créatures, qui s'évanouirent dans un nuage de fumée. Riku enchaîna en lui ordonnant de détruire le livre au cas où, ce qu'elle fit sans ménagement, le broyant à l'aide d'un rocher.

Reprenant son souffle, écoutant sans broncher les habituelles remontrances de la contrôleuse, il soupira et lança à Nedru :

« Bordel tu parles d'une surprise … J'espère qu'on va pas tomber sur pire que ça, ou on risque pas de faire long feu dans cette forêt !

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MessageSujet: Re: [biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned) Sam 20 Oct 2012 - 17:33

Le Renard évoluait dans la jungle avec une exaspération aussi croissante que palpable. Non pas parce qu’il avait foncièrement l’impression de chercher une aiguille dans une botte de foin; il avait trouvé des mentions d’un « guide » à l’Est (au soleil local) qu’il trouverai en partant d’un point de repère qu’il avait rapidement identifié en s’éloignant du Royaume. Et de toute évidence, il avait bien fait de se munir de cette information vu la façon dont la « bibliothèque » était entretenue . Non, son agacement lui venait du mutisme de son compagnon, qu’il aurait tout autant détesté s’il s’était mis à parler pour ne rien dire. Un nécromancien qui cherchait le carnet du surnommé Hadès -sur lequel il n’avait fait aucune recherche approfondie à son grand dam- avait forcément des choses intéressantes à lui raconter. Sans parler du fait qu’il était obligé de se taper un travail de trouffion en dépit d’un emploi du temps chargé…
Mais au moins -se convainc t-il- tenter de marcher discrètement dans cette jungle en ondulant entre les branches, en disposant son poids où il fallait lorsque l’on marchait sur un tapis de feuilles craquante constituait un exercice raisonnablement productif.

Enfin, ils rencontrèrent la créature qu’il cherchait. Riku, consciencieusement, formula une mise en garde lourde de sous entendus; il ne voulait pas que l’on sache qu’il cherchait ce carnet. Pour Nedru, concernant ses affaires professionnelle et vis-à-vis d’une mafia influente c’était tant mieux. Mais que ce jeune homme propose cela, à brûle pourpoint ? C’était comme lui avouer en face qu’il avait l’intention de voler le carnet. Il prit note de cette information sans rien en laisser paraitre et hocha simplement la tête, laissant à Riku le soin de se placer entre la créature et lui.

Qui étala sa vie en l’espace de quelques secondes.

Tu parles d’un guide ! Un autochtone gâteux et inutile, au mieux ! S’il ne s’était pas été lancé sur une logorrhée verbale gênante pour répondre à sa question -formulée en des termes on ne peux plus clair ! - le Gris l’aurait sans doute insulté. Le marais bougeait ? Jamais où l’on voulait qu’il soit ? Conneries ! Voilà bien pourquoi il détestait Dreamland.

Lorsqu’il leur proposa de signer un registre, il fit simplement volte face et s’avança sans attendre Riku. Qu’il note lui-même leur passage, ce vieux bon à rien !

Et puis…Attends… Tous les Voyageurs de passage? Nedru retourna sur ses pas et feuilleta le livre reposé par Riku. Deux noms venaient d’apparaitre sous ses yeux, alors qu’il n’y avait personne pour les écrire ! Mais là où l’encore utilisée par Riku était verte, l’encre « magique » était d’un bleu sombre classique. Qu’est ce que ça signifiait ? Il ouvrit le registre par le centre. Encre verte et bleu se succédaient, avec une large préférence pour le bleu, mais tout du moins le vert était encore présent. Il continua sa lecture sans faire attention à Riku qui s’enfonçait déjà, seul. Il parcourut des yeux les différentes encres sans se soucier des noms jusqu’à la fin. La dernière encre verte avant Riku était de la main d’O’Brien. La conclusion lui parvint dans la milliseconde suivante; Vert, jungle. Bleu, bâtiment. Une encre pour chaque facette du Royaume. Par curiosité, il lit les noms bleus. Jusqu’à ce que…

Son cœur rate un battement. Était-ce une plaisanterie ? Lui, un Voyageur ? Lui, l’excentrique, le fou, le génie mais surtout; le richissime ? Impossible ! Il lui fallait en avoir le cœur net, dès demain ! Ses mains tremblèrent légèrement. Arriverait-il à se servir efficacement de ce genre de personnage ?

Il signa en tremblant le registre d’un simple « Nedru, Informateur ». Autant se faire un peu de publicité. Puis il trotta pour se placer à la suite de Riku, sans s’amuser à quelque discrétion. Il ne se serait sans doute pas remis de cette information sans la chute de l’étagère une poignée de minutes plus tard, l’attentat des lutins qui s’échappèrent d’un livre et l’invocation du nécromant. Nedru la contemplait encore lorsque, de très loin, lui parvint;


 Bordel tu parles d'une surprise … J'espère qu'on va pas tomber sur pire que ça, ou on risque pas de faire long feu dans cette forêt !


Il plaqua ses yeux où brillait faiblement une lueur d‘admiration dans ceux du garçon. Puissant et modeste. Ca compensait presque sa maladresse.

Je crains qu’il nous faille monter. A part le vieux croûlant de tout à l’heure, les seules créatures dotées d’un brin de raison dans cette partie du Royaume vivent dans la canopée. Ils sont dangereux et fourbes. D’après ce que j’en sais, c’est une race reptilienne; des serpents géants, similaires à nos boas constrictors. En beaucoup plus gros. Proches des dragons des légendes en ce qu’ils sont plus cupides que n‘importe qui, à ce qu‘il parait...

Il laissa au Voyageur le temps d’assimiler l’information. Au cas où. Certains d’entre eux étaient si stupides…

Notre seule chance de survivre si nous en croisons un est de lui promettre une connaissance qu’il ne possède pas. Heureusement pour nous, c’est dans mes cordes. N’invoque pas tes… créatures avant mon signal.
…Enfin, si elles peuvent nous aider à monter discrètement, pour le moment, toute aide serait le bienvenu.


Il leva ses yeux vers la voûte. La base de la canopée était visible, une trentaine de mètres plus haut. Beaucoup trop haut pour tenter l’escalade d’un de ses baobabs. De plus, les reptiles surveillaient probablement ces entrées. Quelques lianes immenses pendaient bien de la du plancher végétal, mais même si certaines pendaient effectivement au ras de la cimes des « petits » arbres de ce niveau, l’escalade n’en serait pas moins mortellement périlleuse.
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MessageSujet: Re: [biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned) Lun 29 Oct 2012 - 20:02
Nedru parut à la fois surpris et intéressé en voyant la technique de son « collègue ». Pour le moment, Riku ne savait rien de lui à part son nom. Il ignorait totalement sa capacité, et son calme apparent laissait sous entendre qu'il cachait beaucoup de choses .. Le necromancer n'aimait pas particulièrement que l'on se serve de lui, ou qu'on lui cache des choses, mais il préféra n'émettre aucune remarque, et se contenta d'écouter les explications du voyageur en acquiescçant :

« je crains qu’il nous faille monter. A part le vieux croûlant de tout à l’heure, les seules créatures dotées d’un brin de raison dans cette partie du Royaume vivent dans la canopée. Ils sont dangereux et fourbes. D’après ce que j’en sais, c’est une race reptilienne; des serpents géants, similaires à nos boas constrictors. En beaucoup plus gros. Proches des dragons des légendes en ce qu’ils sont plus cupides que n‘importe qui, à ce qu‘il parait... »

La canopée hein ? Cette partie de la jungle que constituaient la cime des arbres serait donc leur destination … Mais une question importante subsistait. Comment grimper ces arbres gigantesques ? Le plus petit d'entre eux atteignait des dimensions relativement importantes pour un être venu du monde réel, ils devaient bien atteindre les trente mètres, et de là où ils étaient, ils pouvaient certes discerner la base de la canopée, mais il leur serait totalement impossible de grimper à l'un de ces arbres sans danger, d'autant plus que si comme il le disait les hauteurs étaient peuplés de ces créatures reptiliennes, dotées d'une intelligence supérieure, ils risquaient de mal le prendre si les deux voyageurs débarquaient clandestinement dans les sphères supérieures du royaume qu'ils occupaient, et Riku préférait éviter de se confronter à trop de dangers, déjà que dans ce lieu le moindre bouquin pouvait devenir un piège mortel … Il était en pleine réfléxion pour trouver un moyen d'atteindre la canopée en toute discrétion lorsque Nedru reprit :

« Notre seule chance de survivre si nous en croisons un est de lui promettre une connaissance qu’il ne possède pas. Heureusement pour nous, c’est dans mes cordes. N’invoque pas tes… créatures avant mon signal. …Enfin, si elles peuvent nous aider à monter discrètement, pour le moment, toute aide serait le bienvenu.  »

Le voyageur baissa un moment les yeux, cherchant une solution. Son allié semblait avoir le moyen de négocier avec les autochtones, ce qui en soi était un point fort d'une extrême importance, même s'il ignorait totalement comment comptait s'y prendre son énigmatique compagnon. Les livres semblaient chacun avoir des fonctions différentes selon leur contenu, ainsi, on pouvait penser que si l'on ouvrait les livres de ces arbres, on pourrait y trouver un quelconque outil ou animal qui les aiderait à grimper, d'autant plus que dans le cas présent aucune de ses invocations ne leur permettrait de grimper à un arbre … Il leva les yeux vers Nedru qui semblait réfléchir tout autant que lui, puis finit par s'emparer de plusieurs livres, les jetant en désordre, ne se préoccupant pas des diverses créatures et objets qui en sortirent, Gaia s'occupait très bien de transpercer les animaux et autres démons qui tentèrent de dévorer son maître, et la plupart du temps, hormis des armes ou d'autres objets plus surprenants (l'un d'entre eux fit apparaître une cravache, Riku préféra ne pas réflechir à son contenu), les ouvrages ne contenaient rien d'intéressant. Il commençait à désespérer jusqu'à ce que l'un d'eux fasse sortir une sorte de singe faisant deux fois la taille d'un homme. A plusieurs endroits sa peau était rapiécée, et ses yeux n'étaient que deux orbites révulsés. Son visage était à moitié dévoré également. Un singe zombie géant … L'idée était plutôt originale, quoique douteuse, et le necromancer douta dès lors que le livre l'ayant fait apparaître soit du meilleur goût.

Appelant Gaia, il lui demanda d'immobiliser la créature du mieux qu'elle pouvait, afin de lui permettre de pactiser avec. Il recula pour laisser la place à la contrôleuse, qui recouvrit ses bras de roche pour parer l'attaque du singe zombie, puis sauta au dessus de lui pour lui décocher un crochet du droit qui eut pour effet d'envoyer voler le monstre dans un arbre. Evidemment, la douleur n'eut pas d'effet sur le cadavre ambulant qui se releva dans sa démarche titubante, et grimpa aussitôt au premier arbre qu'il trouva pour préparer une attaque en hauteur. Dans sa course, il renversa plusieurs livres dont le contenu se manifesta sous les yeux du voyageur : araignées, princes, lames, éléphants, Gaia les repoussa tous de ses poings rocheux en écrasant les ouvrages dont ils étaient originaires. Riku se retourna pour avertir son collègue :

« A part si tu as la capacité de retenir la chute d'un singe zombie pesant au bas mot une tonne d'après moi, tu ferais mieux de reculer ! Je ne pense pas que même avec la force de mon invocation on va pouvoir le stopper. Il va falloir le pousser à la chute pour le bloquer, et espérer pactiser avec lui, il pourrait nous être utile pour rejoindre la canopée. A moins qu'une autre idée ne te vienne à l'esprit …  »

Le zombie simiesque n'attendit pas la fin de leur conversation. Une fois parvenu à la cime de l'arbre, il prit son élan et bondit en plaçant devant lui ses poings à la peau violacée et aux griffes jaunâtres. Gaia créa une stalactite et l'envoya contre l'arbre pour gêner la chute de l'animal qui s'écarta de sa trajectoire de quelques mètres, et il retomba sur une stalagmite qu'avait préparé la contrôleuse sous la terre. Il s'empala dessus, et ne pouvait dès lors plus se dégager. Le necromancer s'avança après s'être assuré que le zombie était bien immobilisé, puis posa sa main sur la tête de la créature en fermant les yeux. Le rituel avait commencé … C'était cependant la première fois que le voyageur tentait de pactiser avec un être issu d'un livre, il n'était donc pas certain de la réussite de son entreprise. Mais il fut vite rassuré, car étrangement, la conscience de l'être était similaire à celle de n'importe quel cadavre … Comme si un être issu du monde onirique avait été implanté dans le texte … Gardant cette hypothèse pour lui-même, il poursuivit son travail. Il parcourut les limbes de l'esprit de la bête, traversant le flot de pensées millénaires qui emplissaient son être, jusqu'à enfin atteindre son but, une lueur bleutée, qui représentait le « subconscient » de la créature, sa mémoire, son disque dur. En touchant cette lueur, il put entrer en contact avec le zombie, et inspecter le flot de ses souvenirs … Point de paroles avec les animaux. Juste un échange d'images mutuelles, pour s'accorder une confiance totale, et obtenir l'asservissement du sondé. Le tout prenait plusieurs minutes, et selon le niveau de conscience de l'être en face, l'opération était plus ou moins éprouvante. Dans le cas présent, le singe n'opposa pas une résistance farouche, et au bout d'une dizaine de minutes, la créature se transforma en une lueur qui rejoignit le dos du necromancer où il portait son sceau d'invocations. Il se tourna vers Nedru après avoir repris son souffle :

« Bon, récupérer le zombie, ça c'est fait. Maintenant, reste à tester si le singe peut réellement nous emmener là haut. Pour la discrétion, ça va être limite par contre à mon avis. Si tu as une objection, je t'écoute. Par contre, on a pas un temps infini pour explorer l'endroit donc, ce serait plutôt bien que tu décides rapidement. Si tu as réellement de quoi appâter les bestioles là haut, pas besoin d'être discrets, non ? En plus, depuis qu'on est dans cette forêt, j'ai l'impression qu'on est suivis, donc on devrait plutôt se dépêcher de monter dans la canopée.

Riku écouta la réponse de son allié, puis rappela Gaia dans son sceau, appelant cette fois-ci son nouvel allié passif, qu'il gratifia du petit surnom de « mongrave » (monkey+grave, chercherez la traduction sur google …) et grimpa sur son dos, invitant son compagnon à faire de même. Le singe obéit aux ordres mentaux de son maître grimpant cette fois avec beaucoup plus de grâce que lorsqu'il attaquait furieusement, s'aidant des lianes qui pendaient. Ils finirent par atteindre la cime des arbres, où des centaines de plates-formes reliées les unes aux autres semblaient conduire à plusieurs bâtiments. Le necromancer observa les lieux, jusqu'à entendre une voix au dessus-d'eux :

« Il y a bien longtemps que je n'avais pas vu des voyageurs venir dans la canopée en grimpant … J'espère que vous avez de quoi me rassasier, parce que vous avez commis un grave crime en entrant illégalement dans la canopée voyageur. »

Génial … Sitôt arrivés, sitôt repérés. Riku espéra fortement que Nedru ne mentait pas lorsqu'il lui avait dit pouvoir gérer le besoin informatif du saurien qui devait bien dépasser les dix mètres d'envergure, et pouvait les taillader à n'importe quel instant …
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MessageSujet: Re: [biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned) Mer 31 Oct 2012 - 19:52


Nedru, horrifié, ne put empêcher Riku de commettre le désastre. Renverser plus de livre, en faire sortir des créatures hurlantes pour les tuer dans l’instant (ce qui, aux yeux de quelqu’un d’autre que lui serait certainement passé pour un génocide de la pire espèce dirigé envers les créatures du royaume) en même temps qu’un bazar digne des contes de mille et une nuits. Le Renard avait espéré être discret. Il cracha une malédiction entre ses dents.

Apparemment, le nécromancien ne s’en souciait aucunement, il poursuivait les gestes qu’avait inspiré son idée sans s‘émouvoir des dizaines de corps sans vie jonchant le sol à ses pieds, sans plus se soucier d’un Nedru qui, doucement, s’écarta de la scène. Un vacarme soudain se produisit et Riku sembla lui crier quelque chose. Mais Nedru s’était déjà éclipsé, à une vingtaine de mètres de là. On ne l’y reprendrait pas à choisir des partenaires sur le tas ! Néanmoins, la curiosité fut la plus forte. Alors que le vacarme diminuait, il sortir de son trou pour constater que le dénommé Riku « absorbait » une sorte de cadavre de gorille. L’avait-il déjà tué, ou bien une coïncidence épatante venait de mettre à sa disposition un cadavre avec qui, en qualité de nécromancien, il pourrait conclure un de ses fameux « pactes » ?

Ce devait être la chose qu’il cherchait dans tous les livres renversés. « Un cadavre doué pour l’escalade. » Tu parles d’un plan débile ! Nedru s’apprêtait à partir lorsque son camarade posa les yeux sur lui et l’interpela.

« Pour la discrétion, ça va être limite ?! ». Le Gris s’étrangla.


Je m’épate que tu connaisse le sens du mot discrétion ! Enfin, si tu as trouvé quelque chose d’utile, fichons le camp d’ici en vitesse !

Nedru foudroya du regard son camarade avant de courir dans la direction opposée du massacre. Après une dizaine de minutes il ordonna de se tapir encore vingt minutes (c’était peu, mais ils étaient loin d’être arrivés à destination et le jeune homme n’avait pas envie d’être en retard dans ses délais) avant que Riku n’invoque son monstre. Un singe zombie. Burlesque.

Mais efficace. Si le Renard se plaça sur son dos en putréfaction avec dégout, l’escalade fut de courte durée. Désagréable, mais rapide. Rapide… mais tellement peu discrète. Enfin, il trouvèrent un passage permettant de traverser le sol de la canopée. Ce dernier étant instable, composé de fichiers partiellement pourris et d’un terreau de petits caractères d’imprimerie, il leur fallait monter sous peine de s’enfoncer au travers par mégarde. Les déplacements seraient uniquement arboricoles à partir d’ici, ce que le stratège ne jugea guère pratique en termes de combat et de rapidité... Impossible de garder le singe avec eux cependant; il était trop voyant, et Pire beaucoup trop odorant. De toute façon, il avait accompli son office.

Bien. Maintenant, trouv…

Un frémissement. Le serpent arboricole se déroula lentement, sûr de lui. Des présentations en bonne et dues forme. Et l’animal leur proposait déjà l’échange d’information en guise d’échappatoire ! C’était terriblement illogique. Perplexe, Nedru ne jeta pas ses cartes trop tôt. Il voulait en savoir plus.


Mes respects. Nous manquions de temps. Quelqu’un à caché quelque chose ici, nous devons nous assurer qu’il est en sécurité. Il nous fallait trouver quelqu’un de plus compétent que l’archiviste.

Nedru inclina la tête imperceptiblement, baissa quelque peu les yeux avant de replonger ses cobalts abyssaux dans les fentes du reptile. Ne pas dévoiler trop d’informations en même temps était chez lui quelque chose d’habituel, de l’ordre du reflexe. Inutile de dire qu’ils étaient venus voler l’un des précieux bien des sauriens du coin. Contre toute attente, les yeux du serpent s’illuminèrent d’un éclat amusé.

Vous êtes à peine surpris… Ces Voyageurs, décidemment. Bien bien bien… Vous m’intriguez. Il se peut que je vous laisse la vie sauve. Que cherchez vous que l’archiviste ignore ?

Une fois de plus, Nedru prit la parole. Immédiatement cette fois, histoire que l’autre imbécile se tienne à carreau.

L’objet en question se trouve dans le Marais des Brouillons. Nous ignorons où il se trouve en ce moment, et à peu près tout dudit marais.

Hohoho, quel ravissant endroit pour dissimuler quelque chose, en effet. Et… quelle est cette chose ?

Disons que c’est un secret. Que vous n’obtiendrez pas de force. Soit vous nous aidez, soit vous nous tuez. Mais inutile d’essayer de trouver la chose en question par vos seuls moyens, seul l’un d’entre nous dispose des moyens d’y avoir accès.

Nedru était tout sourire. Le serpent s’était montré courtois, son intonation était des plus élégante, bien que légèrement chuintante, aussi devait il répondre sur le même ton s’il ne voulait pas que la situation explose. Pourtant, le reptile tenta de la pousser à bout ;

Du chantage hein ? C’est amusant. J’avais envie de me montrer gentil, mais vous m’avez mis en colère, moi le Mangeur de savoir le plus vieux de cette canopée. Vous pensiez que je ne vous avait pas vus ? Je vous suit depuis… ce que vous appelleriez trois bons quarts d’heure… Moi qui comptait vous aider pour rien…

Mais rassurez vous ! Je ne suis pas ingrat. Je connais le code qui permet de déchiffrer la préface du « Cryptographie pour débutant ». Pour peu, il serait à vous…

Un ouvrage des plus déroutants. Son auteur y expliquait mille et une façon de coder un texte ou de déchiffrer lesdits codes, et donnait dans sa préface un exemple de code, simple, pour que le novice s’exerce. Mais personne n’en était jamais venu à bout et l’auteur lui-même avait abandonné, affirmant officiellement qu’il avait dû commettre une erreur. La réalité était toute autre et ce code était censé révéler des secrets bien gardés sur une personnalité publique proche de l‘auteur. Il se trouve que Nedru avait eu accès à cette information rare et précieuse, mais pourtant invendable ;le code ne pouvait être répété qu’à quelqu’un qui le garderait pour lui. Le moment était venu de trahir la confiance de celui qui lui avait divulgué. Car le saurien, même en tentant tout ce qu’il pouvait pour dissimuler son émoi, était définitivement grillé par le pouvoir de l’analyste. Il voulait connaitre ce code. Il siffla, l’air menaçant ;

C’est impossible !

C’est mon métier. Nedru, informateur, pour vous servir. Et d’habitude, je fais payer cher. Alors; vous nous guidez au marais et je vous divulgue le code ? En bonus, vous découvrirez sans doute ce que nous cherchions. Et si je reviens intact de mon séjour, il se peut que je repasse vous offrir d’autres informations gardées sous le coude, en échange de votre infinie sagesse ? Vous voyez bien que la violence est inutile.

Son sourire narquois avait disparu, et il inclina à nouveau la tête. Le message était; « repartons sur de bonnes bases ». De l’hypocrisie pour et dure, sans abstraction. Mais la créature arboricole n’avait pas grand-chose à perdre. Elle accepta la proposition d’un air soudainement joyeux.

Et dire que vous n’avez pas le droit d’accéder à ces lieux ! C’est une honte ! Faites en sorte de devenir une Plume, et nous nous discuterons plus posément sans que vous n’ayez à faire tout ce raffut ou vous servir de cadavres simiesques… Bon, suivez moi. J‘ai aperçu votre Marais il y a quelques jours, je suppose qu‘il est resté là depuis. Ici, cela n’intéresse personne. Les brouillons du Marais sont d‘une vulgarité… A propos, je me nomme Oqwi.

Et le Mangeur de Savoir tint parole. Il guida Riku et Nedru au travers de la canopée, aussi discrètement qu’un être centenaire et fourbe sait le faire, déjouant la vigilance d’autres créatures locales en tous genre, de systèmes ingénieux dissimulés ici et là pour avertir de la présence d’intrus… Le Gris comprit qu’Oqwi ne voulait pas qu’il se sache qu’il dissimulait quelqu’un. Les autres auraient devinés qu’il avait une bonne raison et ils se seraient battus pour accéder à cette parcelle de savoir littéraire qu’ils ignoraient. (car seul le savoir littéraire les préoccupaient). Ce vieux lézard était bien plus utile que le champignon d’en bas, indéniablement.

Après maints détours, Oqwi les mena vers une sorte de « clairière » dans la canopée où s’était installé le Marais. Qui n’avait rien d’exceptionnel, sinon sa taille. Un bon hectare, au bas mot, et il paraissait profond. Des pages arrachées et chiffonnées, à la consistance humide et gluante (mais bien plus solide que du papier mouillé classique) s’y entassaient mollement, pourrissant quelque peu.


Quelques créatures vivent dedans. Mais rien de bien méchants, aucuns « prédateurs » au sens propre. Tout au plus, ils tenterons de vous noyer, mais vous n’êtes pas du même gabarit. Enfin j’imagine que vous le savez. Je vous viendrai en aide, au besoin. Une telle mine d’information, ça se chouchoute n’est ce pas ? A propos, nous avions un marché…

Parfaitement.

Nedru lui souffla le code sans sourciller. D’une complexité et d’une simplicité remarquable à la fois, il suffisait de connaitre la bonne phrase pour que les suites algébriques s’en déduisent. Toutefois, les calculs à faire une fois l’algèbre déterminé restaient relativement complexes, aussi laissa-t-il Oqwi déchiffrer la chose tandis qu’il s’écartait avec Riku.

Bon, tout à l’heure, c’était bidon. Le carnet est tout simplement au fond du Marais, n’importe qui peut y avoir accès. Le marais est profond, et les créatures qui s’y terrent peuvent être dangereuses, alors y aller en apnée n’est pas conseillé. Si tu as quelque chose qui nous permettrait d’aller le pêcher, ne te prive pas.

Même sachant que le carnet était au fond, il n’y arriverait pas facilement. Le fond n’était pas forcément au cœur du marais, nager au milieux des pages était aussi dangereux que tenter un concours de plongeon dans des sables mouvants; remonter s-avèrerai quasiment impossible. Il faudrait une corde, du matériel, ce genre de choses. Il fit par à son « camarade » de ses observations avant de le laisser choisir de la méthode.

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MessageSujet: Re: [biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned) Sam 3 Nov 2012 - 19:08
Nedru paraissait relativement excédé à l'égard des récentes action du necromancer, ce que ce dernier préférait ne pas relever, notamment parce qu'il jugeait sa réaction justifiée. Après tout, le voyageur avait recommandé la plus grande discrétion et lui avait parlé du danger des habitants de la canopée, ce à quoi le jeune homme s'était empressé de répondre par l'exacte opposée. Restait tout de même un point que l'encapuchonné ne pouvait pas nier, ils étaient arrivée là haut. En causant un bordel effroyable, en se faisant aussitôt repérer par un autochtone, certes, mais ils y étaient. Préférant lui laisser l'initiative après son « exploit » pour éviter de nouvelles bévues, il s'adossa contre le tronc de l'un des arbres littéraires, surveillant chacun de ses pas sur le sol instable de la zone où ils se trouvaient, observant avec un intérêt non dissimulé l'habile négociation menée par son « collègue ».

Ce dernier savait parfaitement jouer des mots et de son attitude, profiter des intérêts du reptile face à lui. Dans un calme à toute épreuve, il commença par flatter l'ego de son interlocuteur, le désignant comme bien plus compétent à leurs yeux que la créature qu'ils avaient rencontré plus bas (l'archiviste), ce qui, connaissant les capacités cognitives de la créature face à eux ne paraissait pas être des paroles en l'air. L'animal parut amusé, et tenta d'en savoir plus sur leurs objectifs réels. Riku ne prit pas la parole – il n'en aurait de tout manière pas eu le temps – et laissa Nedru attirer le serpent de leur côté, l'appâter. Il lui expliqua même que le serpent n'aurait aucune chance d'atteindre ce qu'ils étaient venus chercher, que seuls des voyageurs comme eux pourraient le faire. Finalement, dans un calme à la fois oppressant et surprenant, Nedru abattit l'une de ses cartes et promit une information, un code plus exactement, au saurien, qui parut plus qu'affamé par cette révélation, qui concernait un ouvrage apparemment sur la cryptologie, notion dont le necromancer avait évidemment connaissance, sans pour autant être conscient des enjeux de l'information qu'apportait son allié. Néanmoins, cela parut crucial vu que le mangeur de savoirs accepta d'être leur guide dans la canopée, et se présenta à eux sous le nom d'Oqwi. Il était surprenant de voir que la simple promesse d'une information qu'il n'avait pas pouvait rendre cette créature qui aurait pu les tuer sans effort aussi docile …


L'être onirique les guida alors à travers la cime des arbres, et comme il le leur avait promis, il leur apporta sa protection ; il tenait à l'écart les créatures de la canopée en quelques mots, conseillait les deux voyageurs pour avancer discrètement en évitant des pièges qui auraient pu être mortels sans son aide … Une chose était sûre, il tenait à la survie de sa source d'informations comme à sa propre vie, et faisait également en sorte que la venue des deux comparses reste inconnue des autres « mangeurs de savoirs ». Riku le constatait, cet endroit représentait également de nombreux travers de la société décadente à travers ses « sages » serpents, tous plus félons les uns que les autres. Ils gardaient égoïstement les connaissances qu'ils recevaient, et ne les partageaient à personne. Mais il avait eu le temps de l'observer, dans ce royaume, savoir était clairement synonyme de pouvoir, une chose qui ne se partage pas. Le règne de la sagacité à son apogée, les coups bas plus nombreux encore qu'ailleurs. Dans une cour où chaque sujet est un fin stratège, la domination se joue telle une partie d'échecs, on peut être surpris à tout moment. Totalement hors des conversations entre le reptile et Nedru, le necromancer fermait la marche. Ses interrogations étaient de plus en plus nombreuses, notamment au sujet de son allié. Bien qu'il soit satisfait du fait que ce dernier soit parvenu à convaincre Oqwi de les épargner et de leur servir de guide jusqu'au marais des brouillons, il ne parvenait pas à cerner le personnage ; impossible de connaître son pouvoir jusqu'ici il n'avait fait que parler, jouer de manipulation orale … Il se prétendait informateur, mais qui sait si même cette information n'en dissimulait pas des centaines d'autres ! Riku avait l'impression de se dresser face à une encyclopédie incomplète, où chaque information ne serait donnée que par énigmes, amener à chercher d'autres informations qui seraient aussi données par énigmes …. Un puzzle vivant, dans lequel il manquerait perpétuellement une pièce. Bref, cette affaire puait, mais il avait besoin du livre s'il comptait retrouver la trace d'Hadès. Il n'émit donc aucune remarque, et avança en silence derrière ses compagnons temporaires.

Ils débouchèrent finalement sur une vaste clairière dans laquelle, comme le reptile l'avait indiqué, le marais s'était installé. Mais plus qu'un marais, le necromancer le voyait comme une fange immonde. Une décharge immense, où reposaient entassées les unes sur les autres des feuilles consistantes, humides et gluantes, dont les textes n'étaient que ratures et taches d'encre. Il n'y avait là aucun texte « noble », que des rebuts, les histoires dont personne n'avait voulu, pas même leurs auteurs, des écrits condamnés pour l'éternité à rester incomplets. On en serait presque à plaindre ces textes si on oubliait leur nature. Oqwi leur fit une rapide description de l'endroit, leur expliquant au passage qu'il renfermait également son lot de créatures, « à priori » pas dangereuses … ça commençait à faire beaucoup de guillemets, trop de suppositions, cette histoire était un bordel ambulant. Nedru révéla comme il l'avait promis le code au serpent qui en parut enchanté, puis le voyageur revint vers Riku en lui faisant un rapide topo de ses analyses. Le carnet se trouvait certainement au fond, y aller à la nage était impossible – tenter l'apnée dans ce trou sans même en connaître la profondeur aurait sûrement été aussi sécurisé que de monter dans space mountain sans barre de sécurité – et il leur aurait fallu un minimum de matériel pour descendre, du moins évaluer la profondeur du lieu. Il lui proposa de faire appel à l'une de ses invocations pour les aider, vu que la discrétion n'était plus de mise, mais pour le moment, le necromancer ne voyait pas de quelle manière son pouvoir pourrait leur venir en aide …. Les roches de Gaia ne descendraient sûrement pas jusqu'au fond, L et R étaient bien trop stupides pour identifier le carnet, de même pour mineboy, Zeel n'était qu'un bouclier, Mongrave coulerait juste à pic sans rien apporter … Et en plus, il ne partageait la vision d'aucun d'eux. Difficile donc de leur faire suivre un trajet défini. Soudain, une idée lui vint à l'esprit, mais il avait besoin de vérifier auprès d'Oqwi. Il se leva donc pour aborder le mangeur de savoirs :

« - Oqwi, accepteriez-vous de répondre à ma question, si je vous fournis une information hautement secrète? Elle concerne mon seigneur, Chironheim Noctis.

- Il y avait bien longtemps que je n'avais pas entendu prononcer le nom du seigneur de la mort. Et bien petit, que pourrais-tu m'apprendre que je ne saurais pas à son sujet?

- Par exemple … Le secret à l'origine de son immortalité et de sa condition actuelle de seigneur, par quel procédé Eternalis le seigneur de la vie l'a contraint à rester reclus dans son mausolée ….  »

A ces mots, le serpent marqua un temps d'arrêt. En effet, la méthode par laquelle le seigneur de la vie avait transformé son ancien bras droit en un seigneur cauchemar, et l'avait contraint à vivre pour l'éternité sous la forme d'un cadavre ambulant, prisonnier de son tombeau restait un mystère pour tous. Personne n'avait assisté à ce fameux jour, et Chiron restait muet comme une tombe à ce sujet, son unique faiblesse, sa défaite. A la simple évocation de sa condition, le mort-vivant se murait aussitôt dans le silence et renvoyait Riku. Il y avait donc quelque chose d'exploitable …

« - Je ne vois pas par quel miracle un gamin comme toi pourrait savoir quelque chose à ce sujet … Mais soit. Si tu m'apportes une information de cette classe, j'accepte de répondre à ta requête.

- Très bien. J'ai quelques hypothèses à ce sujet, notamment après avoir parcouru les ouvrages de mon seigneur. Je pense qu'il s'agit d'une clé des songes qui a été enfermée à l'intérieur de son corps. Pour vérifier cette information, je compte lire le rapport d'un ancien serviteur de Chiron, un voyageur qui était connu sous le nom d'Hadès. Mon seigneur ne m'en a parlé que par bribes, mais il semblerait qu'il ait fui avec son carnet après avoir appris « certaines » choses …

- Tu parles beaucoup, voyageur. Mais ce ne sont là que des suppositions. Comment puis-je accorder la moindre valeur à cette information sans fondement ?

- Soyez assuré que je vais passer ma vie de voyageur à chercher les preuves de ma théorie. Et que je reviendrai vous voir pour vous prouver mes dires.

- Ta parole sera répétée dans tout Dreamland, voyageur. Saches que si tu ne m'apportes pas le paiement de ma réponse, alors tu seras pourchassé par nos frères …

- … Très bien. Je voudrais savoir, ces textes, n'auraient-ils pas une « conscience »?

- Une question surprenante. Néanmoins pertinente. Et bien saches que oui, ici tous les textes ont leur propre conscience et pensent. Je pense donc que tu as compris ce qu'il faut faire ici.  »

Riku avait souri à cette réponse. Effectivement, il avait trouvé une solution. Avec quels résultats, il l'ignorait encore, mais cela leur permettrait peut-être d'aller chercher le livre. Il appela donc l'une de ses invocations, à laquelle il n'aurait jamais pensé autrement : il convoqua Wallet, le porte-feuille trousse. Une créature qui pouvait contenir de petits objets utiles en toutes circonstances.

« Wallet, j'ai besoin d'une gomme, s'il te plaît. »

L'invocation s'exécuta, et sa « bouche » s'ouvrit, laissant sortir une gomme blanche. Riku s'en empara en rappelant dans son sceau l'invocation, puis se tourna vers Nedru :

« Ces écrits sont conscients. Et incomplets. Ils n'ont donc peur que d'une chose : disparaître. Et quoi de mieux qu'une gomme pour effacer un brouillon ?  »

Sans attendre, il s'approcha de la surface du marais en tenant la gomme à bout de bras. Aussitôt, la fange trembla, elle réagissait à la présence de l'engin effaceur. Les pages s'écartèrent lentement devant le jeune homme, l'une d'entre elles s'approcha, une simple phrase écrite en gras au milieu des ratures :

« Que voulez-vous ? »

Riku sourit. C'était le résultat escompté. Il pensa alors simplement, « nous sommes venus chercher un carnet qui est tombé au fond de vos eaux. » La feuille se laissa retomber, et le marécage changea de forme, certaines pages s'empilèrent pour créer des marches vers une abysse dont le fond était imperceptible de là où ils étaient. Le necromancer se tourna vers Oqwi et l'encapuchonné, et leur indiqua de le rejoindre alors qu'ils commençait à descendre.

La cavité dans laquelle ils s'enfonçaient était étroite, délimitée par un mur de pages entassées. Le tour était très sombre, et un silence de mort y régnait. Soudain, un hurlement retentit, et une sorte de poisson encre géant sortit du mur de feuilles pour leur bondir dessus toutes dents sorties. Riku réagit en convoquant Zeel, qui créa un bouclier autour d'eux, repoussant la créature. Finalement, le necromancer décida de le maintenir, parce qu'il leur procurait en plus la lumière nécessaire pour progresser.

« Des créatures « pas dangereuses » … Mon cul !  »

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MessageSujet: Re: [biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned) Mar 27 Nov 2012 - 14:05


Le jeune brun aurait aimer se mordre la lèvre à s’en faire saigner, mais ce n’était pas son genre. Ce genre de réactions disproportionnées ne lui ressemblait pas. Ni même battre du bout de l’ongle la couture de son jean. Non, en fait, aucun signe extérieur ne trahit son agacement tandis que Riku allait s’entretenir avec Oqwi. Il allait les faire tuer tous les deux, probablement, imbécile qu’il était ! Dire qu’ils étaient venu voler le carnet, quelque chose dans ce gout là. La peste soit des abrutis dont on a besoin !

Finalement, après une éternité pendant laquelle le cerveau du Gris avait élaboré quelques dizaines de plan de fuite, Riku revint et invoqua l’un de ses pantins. Le corps du jeune homme se tendit. La fatale connerie allait arriver d’un instant à l’autre. En sautant à droite et en passant sous cette cavité plus loin, Nedru gagnerait quelques secondes sur Oqwi. Puis il s’enfoncerait vers le territoire d’un autre saurien géant et il n’aurait plus qu’à marchander sa protection.


« Ces écrits sont conscients. Et incomplets. Ils n'ont donc peur que d'une chose : disparaître. Et quoi de mieux qu'une gomme pour effacer un brouillon ? »

Plait-il ? Riku tendit une gomme vers la surface et l’effet fut immédiat. Les pages s’écartaient. Le temps d’un bref dialogue entre l’invocateur un brouillon (ils faisaient la paire) et un escalier se formait ! Fascinant… Oqwi était donc assez aimable pour venir en aide aux simples d’esprits sans qu‘ils n‘aient d‘information de valeur ? Ou alors, le simple d’esprit en question n’était pas si inutile ?.. Ba ! Qu’importe…

Riku le précéda dans l’escalier qui s’ouvrait devant eux. Oqwi restait dehors, évidemment. Inutile pour lui de se mettre en danger; il n’aurait qu’à récolter les fruits de leur labeur quand ils sortiraient. Nedru aurait aimé pouvoir faire de même mais il n’avait simplement pas assez confiance en l’autre hurluberlu.

Ainsi se retrouvaient-ils tous les deux dans cet endroit lugubre, répugnant, froid et humide. Les « parois » de papiers gluant tremblaient faiblement, comme une gelée moite qui, au sol, accueillait chacune de leurs foulées d’un bruit de succion écœurant. Et ils descendaient. De combien de mètres ? Beaucoup trop. Soit le papier leur jouait un tour en les faisant évoluer autour d’une vis qu’il remontait à mesure qu’ils descendaient, soit le marais était relié à un autre endroit que la canopée. Une autre « dimension » l’informa son pouvoir de façon irritante alors que la logique de Nedru penchait en faveur d’un complot de brouillons frustrés et criminels.

Soudain, la première attaque. Riku était pris pour cible, grand bien lui fasse. Il se débarrassa du poisson qui avait voulu le dévorer grâce à une autre de ses marionnettes à la spécificité appréciable. Le Renard se rapprocha un peu du nécromancien tandis qu’il intimait à son cœur de se calmer.


Des créatures « pas dangereuses » … Mon cul !

Cette fois l’analyste devait s‘exprimer.

Un peu de silence si tu veux éviter qu’elles ne reviennent ! Il est impossible que ce genre de « poisson » nous ai repéré à dessein. Les feuilles ne sont pas collées à nous; aussi nous ne modifions pas la surface de l’eau d’une manière suffisamment fluide pour que les sens des bêtes qui habitent ici nous identifient comme des proies. Aucune chance pour qu’il ne comprenne… Quand une créature nage, elle envoie des … ondes dans l’eau. Nous ne projetons pas d’ondes dans les pages ici, car elles sont trop loin de nous. Au mieux les pages envoient elles des ondes en se déplaçant pour nous laisser passer, mais alors les prédateurs du coin doivent croire que nous mesurons… Environ six mètres carrés. Une proie trop grosse pour ces machins. Mais je doute qu’ils ne nous repèrent, même comme ça. Alors « éteins » ça et ne fais plus de bruit.

Le jeune homme n’avait pas à mâcher ses mots. Sa voix était tranchante, glacée et autoritaire. Même pas particulièrement discourtoise; c’était là sa façon d’être la plus naturelle, privée de la plupart des artifices qu’il utilisait habituellement. Presque une forme de respect. Son cow-boy d’allié allait le faire tuer mais au moins était-il relativement compétent pour réparer ses bourdes.

Pressons.

Aucune autre créature ne croisa plus leur route, comme prévu. Quelques filaments tentaculaires d’un noir insondable perçait parfois leurs murs de papiers et sondaient l’air, probablement à la recherche d’une proie quelconque, puis disparaissaient dans les ténèbres. Pour inquiétantes qu’avaient ces manifestations, elles ne leur causèrent pas le moindre problème. Riku savait se faire discret, quand il voulait.

Et le colimaçon s’acheva enfin. La température était descendue largement, en dessous de cinq degrés. Le Renard ferma sous manteau en contemplant la condensation qui s’échappait de leurs respirations, s’interrogeant sur la nature de l’air qu’ils respiraient en ce moment. Sous leurs pieds, à quelques centimètres de la surface, on apercevait des objets de toutes sortes et de toutes époques, trésors éparses mêlés aux cadavres en décompositions de créatures diverses du poissons géants aux vertébrés plus… humanoïdes. Le carnet était certainement perdu quelque part, de la même manière.

Mais les pages du Marais savaient où elles allaient. Elles formèrent un dôme voûté au dessus de leurs tête et un début de couloir s’enfonçant à l’horizontale, droit devant eux. A mesure qu’ils marchaient, le couloir dans leur dos s’effaçait, pour laisser de la place vers l’avant. Si Riku perdait la gomme, ils seraient engloutis sur le champ et s’ajouteraient à la collection du sous sol du Marais. Mais il ne lâcherait pas la gomme. Ce genre d’individus étaient dotés d’un instinct de survie aussi remarquable que celui des rats. Le Gris aurait tout de même préféré disposer de sa propre gomme. Raison pour laquelle il ne la lâchait jamais du coin de l’œil, prêt à l’attraper au vol au cas où elle serait tombée. Enfin, les pages arrêtèrent de les mener plus avant, se disposant autour d’eux en un cylindre parfait. A leurs pieds, elles s’étaient écartées suffisamment pour qu’un carnet, au fond, à côté d’un crâne cornu, émerge. La chance voulu que Nedru avait justement le pied dessus lorsqu’il se dégagea dans un bruit de ventouse repoussant.


Tu voulais lire le carnet; il est là. Je vais tenir ma parole. Mais pour être sûr que tu tienne la tienne, je préfère prendre des garanties. D’abord, j’aimerai l’avoir entre mes mains pour m’assurer que c’est ce que je cherche. Puis, j’aimerai avoir la gomme pendant que tu liras le carnet. Enfin, tu le liras ici même, et pas plus de dix minutes. Après quoi je te rends la gomme, nous nous en allons et nous sommes quittes. Qui sait, nous pourrions même nous rendre d‘autres services par la suite ?

Personne n’aimait se battre en étant gelé jusqu’à la moelle. Nedru moins que quiconque, mais il avait son manteau pour lui. Enfin, cela ne lui serait pas d’un très grand secours en cas de confrontation. Il fallait qu’il aie bien jugé son collègue. C’était tout. Mais le jugé, c'était dans ses cordes.
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MessageSujet: Re: [biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned) Sam 1 Déc 2012 - 18:12
Nedru, contrairement à ses habitudes, – du moins de l'idée que s'en faisait le necromancer- intervint cette fois tout de suite après la remarque de Riku, lui expliquant ensuite le danger qu'ils encouraient si il maintenait son invocation, et faisait trop de bruit. Le croyant probablement incapable, il se permit de lui répéter une deuxième fois de façon simplifiée les faits, ce qui, loin de vexer le jeune homme, ne fit en fait qu'ajouter à sa suspicion à l'égard de son allié. Sa personnalité réelle était impossible à discerner, impossible de savoir quand il mentait, et quand son comportement était naturel. Jusqu'ici, il avait fait preuve de manière alternée d'un parfaite maîtrise de soi combinée à un talent pour les discours mielleux, et d'un certain emportement froid et à la limite de l'agression verbale parfois, comme il venait de le faire à cet instant. Riku était d'ailleurs convaincu que cette facette était naturelle chez son interlocuteur, et que l'autre n'était que le masque qui servait ses affaires... Mais quelles affaires, pourquoi tout ce bordel avec la mafia, pourquoi user de tels artifices ??? Et en plus, il n'avait toujours pas révélé son pouvoir, du moins pas visuellement. Son nom même était-il un mensonge ? Impossible de le savoir, il y avait trop de zones d'ombre autour de cet encapuchonné en lequel le necromancer n'avait absolument aucune confiance.

De la même manière, Oqwi lui paraissait bien trop amical. Il l'avait constaté au moment où ils avaient été attaqués, le serpent savait jouer de sa langue comme le voyageur brun, et rien ne permettait de savoir s'il leur faisait réellement confiance... Aux yeux du jeune voyageur, la créature avait accepté un peu trop facilement son offre, qui était pourtant purement hypothétique. Il était plus probable qu'il ait joué le jeu du jeune homme pour ensuite mieux le piéger... Mais pourquoi, dans quel sens ? Désirait-il s'emparer du carnet lui aussi ? Y avait-il une quelconque puissance derrière tout ça ? Oqwi les attendait-t-il plus haut en compagnie de bestioles autochtones, prêt à les tuer sans pitié pour voler le fruit de leurs efforts ? Autant avec Nedru, le necromancer avait plutôt l'impression d'être constamment sur une route plongée dans l'obscurité au bout de laquelle dans un hypothétique horizon qui n'arrivait jamais, les informations cherchées l'attendaient, autant avec Oqwi, il avait plus l'impression d'être juste au dessus des flammes d'un feu dont il se rapprochait à chaque pas qu'il faisait, le serpent n'attendant que le dernier moment pour l'y laisser tomber et le dévorer. On pouvait parler aisément parler de paranoïa, Riku, lui, préférait parler de prudence accrue. Dans le monde onirique où chaque branche pouvait être un danger potentiel insoupçonné, il fallait savoir se méfier de tout et de tout le monde. Et à cet instant, alors qu'ils poursuivaient leur descente dans l'obscurité totale du tunnel – il avait tout de même rappelé Zeel pour ne pas qu'un poisson encre leur retombe dessus – Nedru était la plus grande inconnue. Il avait envie de lui poser des questions à son sujet pour tenter d'en savoir plus, vérifier au moins un semblant de compassion, de pitié, un semblant de sentiment humain somme toute, mais il ne rêvait pas trop. Il se retint donc, à mesure que la température diminuait, leur respiration commençant à dégager des exhalaisons de vapeur chaude. Nedru referma son manteau, et Riku fit de même afin d'éviter d'attraper froid, ce qui aurait été un comble après avoir échappé aux crocs de monstres géants, et à des tentacules noirs que les deux voyageurs pouvaient distinguer au cours de leur progressions...

Lorsqu'ils arrivèrent suffisamment profond, l'escalier changea de forme, et devint un couloir horizontal qui s'enfonçait dans les ténèbres. Le necromancer prit la tête de la marche, suivi de près par son allié qui ne perdait pas de vue la gomme, outil essentiel à leur survie sous les pages du marais, probablement prêt à sauter dessus si le jeune homme la faisait tomber. Ce manque de confiance vexa quelque peu le voyageur mortuaire qui avait pourtant fait divers efforts, et également permis de nombreuses actions que n'aurait pu faire seul son allié. Ils avaient atteint la canopée et découvert le secret du marais grâce à lui, il lui devait ça. Mais il n'en fit pas la remarque et se contenta de soupirer en avançant dans la direction que prenaient les pages qui, telles un sous-marin, avançait sous les « eaux » de la fange, au fond de laquelle ils pouvaient apercevoir divers secrets et objets perdus ou cachés de la même manière que le journal qu'ils étaient venus chercher. Voyant tout ce qu'impliquait la possibilité de l'obtenir, Riku commençait à comprendre pourquoi Hadès était venu dans ces lieux dangereux pour y enfouir ses secrets et découvertes. Diverses créatures se mêlaient également aux trésors que les deux voyageurs pouvaient observer de là où ils étaient, certaines peu rassurantes, d'autres de forme plus étrange. C'était un spectacle à la fois fascinant et effrayant, qui s'acheva lorsque les pages se stoppèrent, formant un cylindre au fond duquel, posé à côté d'un crâne cornu, reposait un petit carnet à la couverture noire et aux pages jaunies... On pouvait lire sur sa tranche écrite en lettres d'or, la mention « Hadès » ; ils avaient trouvé ! Nedru, qui avait le pied dessus, le ramassa avec un sourire satisfait, et posa immédiatement ses conditions au necromancer qui n'était pas loin de lui sauter dessus pour obtenir le journal qu'il convoitait :

« Tu voulais lire le carnet; il est là. Je vais tenir ma parole. Mais pour être sûr que tu tienne la tienne, je préfère prendre des garanties. D’abord, j’aimerai l’avoir entre mes mains pour m’assurer que c’est ce que je cherche. Puis, j’aimerai avoir la gomme pendant que tu liras le carnet. Enfin, tu le liras ici même, et pas plus de dix minutes. Après quoi je te rends la gomme, nous nous en allons et nous sommes quittes. Qui sait, nous pourrions même nous rendre d‘autres services par la suite ? »

Riku prit aussitôt une moue surprise, lançant un regard noir à son allié. Dans cette situation, il était clairement en position de force, le jeune homme ne pouvait pas renoncer à la gomme, le marais leur retomberait dessus aussitôt. Pas le choix, il devait le laisser étudier l'ouvrage, et lui remettre leur bouclier, d'autant plus qu'il préférait éviter l'affrontement avec un voyageur dont il ne savait rien. Il hocha la tête en guise de réponse, et laissa donc le voyageur encapuchonné lire le contenu du carnet qu'il feuilleta rapidement, puis le jeune homme lui remit la gomme qui ne quitta pas leur main, et s'empara de l'ouvrage pour le lire comme prévu. Dix minutes seraient insuffisantes, il le savait, mais il trouverait bien une combine pour s'en emparer... Ouvrant délicatement le journal, il en parcourut les premières pages, lorsqu'un halo lumineux surgit du crâne sur lequel l'objet de leur convoitise reposait quelques instants plus tôt. Une voix caverneuse en sortit :

« Si ce crâne réagit, c'est qu'un necromancer a trouvé la trace de mes mémoires... Sois prudent, voyageur, car les informations que tu y trouvera chambouleront l'image si parfaite que tu avais de ton gentil seigneur. Es-tu prêt à assumer cela ? Mais rassure-toi, mon plan sera bientôt sur pied, s'il ne l'est pas déjà. Et je tuerai Chiron. Peut-être serons-nous amenés à nous croiser.... »

Riku avait sursauté en voyant le crâne briller. Mais le discours était clair, O'brien avait découvert des
informations capitales, et le seigneur Noctis était devenu son ennemi dès lors... Il déglutit, observa son allié pour voir sa réaction, à l'égard de ce qu'il venait de se produire, et entama sa lecture, minutant en même temps la durée qu'il lui restait impartie. Pour optimiser sa lecture, il s'assit, et feuilleta l'ouvrage pour en voir les grandes lignes. Tout commençait par une rapide présentation du voyageur. Il racontait l'origine de sa peur, son arrivée à Dreamland en tant que voyageur, le profond respect qu'il vouait à Chiron qui le voyait comme le futur grand soldat de son armée. Puis les écrits se font plus sombres... Il commence à parler d'une guerre, d'un ex-soldat du royaume appelé Umbrae qui était devenu un mort-vivant surpuissant et parcourait le pandémonium en quête de vengeance, des necromancers qui tombaient les uns après les autres sous ses yeux... Il ignorait pourquoi il avait survécu ce jour là, mais il avait assisté à la rencontre entre le traître et son seigneur, et découvert d'horribles vérités à son égard. Ainsi, les voyageurs sous ses ordres n'étaient destinés qu'à devenir de la chair à canon pour mourir sous les coups d'Eternalis et l'affaiblir ? Chiron, sous son masque de bienfaiteur, n'était qu'un immonde tyran qui n'hésitait pas à sacrifier ses hommes ? Hadès mit du temps à accepter ces faits après la guerre et l'enferment d'Umbrae dans la crypte de l'oubli. C'est à partir de là qu'il avait décidé d'enquêter sur le seigneur des morts, et de s'enfuir dès que sa force le lui permettrait. Un projet germait. Il avait découvert l'ultime secret de son seigneur... Son immortalité, il la devait à une clé des songes scellée dans son corps ! Satisfait, O'brien détruisit la moitié du pandémonium avec son armée de morts, et s'enfuit avec les deux voyageurs qu'il avait rencontré un jour au cours d'une mission. Leurs noms... Kaisuki. Riku resta un long moment sur ce nom, avant d'être interrompu par Nedru qui le rappela à l'ordre dans un raclement de gorge. Soupirant, un peu déçu et surtout plus qu'intrigué, le necromancer tendit le journal à son allié, et récupéra la gomme. Il murmura alors à l'attention des brouillons de leur créer un chemin vers la surface, et ces derniers s'exécutèrent immédiatement, reprenant à l'inverse le trajet qui les avait conduit au fond du marais.
Nedru avait pris la tête de la marche, et semblait satisfait de la réussite de leur mission. Riku, quand à lui, réfléchissait à un plan d'action pour subtiliser le carnet. Pas cette nuit, il devait garder dans son camp l'encapuchonné au moins jusqu'à ce qu'ils reviennent à Luxuria. Et il préférait éviter toute manœuvre trop risquée en présence d'Oqwi, qui saurait les tuer sans la moindre hésitation au moindre geste suspect. Après plusieurs minutes de marche, L'obscurité de l'eau fut remplacée à l'horizon par un trou de lumière qui leur indiquait la proximité de la surface. Au moins, il n'avaient pas fini noyés, c'était déjà une bonne chose... Du moins, jusqu'à cet instant. Alors que Nedru n'était plus qu'à quelques marches de la surface, une tentacule surgit d'un seul coup du mur de papier pour l'attirer dans les eaux sombres du marais. Pris par surprise, le necromancer poussa un hurlement et se retrouva coincé, incapable d'invoquer l'un de ses serviteurs dans cette position pour se débarasser de la bestiole. Sa main se crispait et était sur le point de lâcher la gomme lorsqu'il cria à l'attention de l'encapuchonné :

« J'espère qu'à part draguer des serpents avec tes beaux discours tu sais faire des trucs un minimum utiles parce que là, on est dans la merde ! »

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MessageSujet: Re: [biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned) Lun 3 Déc 2012 - 18:49

Le cowboy acceptait ses conditions… C’était bien la moindre des choses que de se plier aux exigences d’un être supérieurement intelligent, mais certains avaient du mal à l’accepter. Bien, celui-ci possédait au moins une once de bon sens ! Le Renard, sans se l’admettre, se rasséréna.

Nedru tourna le dos à Riku, la tête tournée dans un angle qui lui permettait de le surveiller du coin de l’oeil et s’assit en tailleur, posant avec dégout son postérieur sur la surface molle et froide. Il tira délicatement le carnet à lui, décrochant au passage la pointe de la corne du crâne qui traînait à côté. Le titre de l’ouvrage était suffisamment évocateur. Après avoir parcouru des yeux quelques phrases du carnet qui éveillèrent grandement son intérêt, il prit un soin extrême à arracher une page sans faire le moindre bruit, se raclant la gorge d’un air irrité au passage, tout en surveillant les réactions de l’invocateur qui trépignait d’impatience. Grand bien lui fasse ! Il fallait bien que quelqu’un lui enseigne quelques vertus !

Rien dans son comportement d’indiquait qu’il avait remarqué quoi que ce soit. Parfait. Du bout de la corne, qu’il trempa pas moins de quatre fois dans la vase noirâtre, il traça quelques mots sur la page qu’il glissa à la fin du carnet, assez solidement encrée entre les pages pour qu’elle ne tombe pas à moins que le livre ne soit brutalement secoué. Sa sécurité était en place. Il se releva lentement et tendit le carnet à Riku, en l’échange de la gomme, cœur battant. Main gauche contre main droite. La chose se fit aussi naturellement que possible, comme s’ils étaient deux écoliers échangeant des affaires de classe. Aucun accrochage « imprévu » n’eu lieu. Parfait. Le jeune analyste aurait aimé pouvoir glisser ses mains dans ses poches, mais il se devait de rester en alerte. Quelque chose pouvait se produire. Allait se produire. Certainement.

En fait, s’il sursauta, ce ne fut pas du fait de Riku, mais de la tête spectrale qui sortit du carnet après que ce dernier l’ait parcouru. Pour une surprise! Alors ce qu’ils avaient inventé était vrai; seuls certains Voyageurs étaient capable de percer à jour les secrets du carnet ? Il fallait être nécromancien ? Comment diable ce maudit carnet savait-il qui était nécromancien et qui ne l’était pas ? D’après ce qu’il savait, les Voyageurs n’irradiaient pas une signature distinctive liée à leurs capacités ! Si ?

Cette idée le mit plus mal à l’aise que le message émit, simple oiseau de mauvais augure qui ne le concernait pas plus que cela.

Après quoi, cinq longues minutes s’écoulèrent, rythmée uniquement par un « tic-tac » mental que l’analyste comptait sans tricher.

Plus rien ne se produirait ? Riku n’allait pas se retourner contre lui ? Allons, il tremblait d’excitation, c’était flagrant ! Le froid n’était plus responsable; Riku avait oublié le monde qui l’entourait; leur cage silencieuse, glauque et mortelle, et même peut être la présence du Gris à ses côtés, il tournait les pages et les parcourait des yeux comme si sa vie en dépendait ! Une minute de plus.

Tout allait se jouer maintenant. Les sept minutes trente étaient écoulée. Dix aux yeux de quelqu’un d’un peu pressé, sans aucun doute; Nedru n’avait aucunement envie de tenir parole. Le silence aidait à faire paraitre le temps plus long, le froid inconfortable aussi. Tant pis pour Riku. Il exigea de lui le carnet sans exprimer plus de sympathie que nécessaire. S’il se rebellait, ce serait maintenant.

Nedru tendait les mains pour rendre leur rempart de caoutchouc et récupérer son du. Et le second échange eu lieu, bien plus tendu que l’instant d’avant. Les doigts glacés se frôlèrent avec appréhension, comme deux tigres se frôlent pour se jauger.

Mais rien ne devait se passer. Pas à ce moment là. Riku reprit le chemin du retour, sans desserrer les dents. Très bien ! Une nuit auprès du Renard lui avait été profitable ! Il savait maintenant se taire et faire preuve de patience ! Ils remontèrent lentement, sentant progressivement la chaleur remonter tandis que l’obscurité se faisait moins dense.

Mais pas encore assez. Quand les choses se passaient trop bien, c’est que quelque chose n’allait pas. Les tentacules de ténèbres jaillirent sans crier gare, incapacitant totalement Riku en une seconde à peine. Comme la créature poussait Riku vers les abysses, les pages s’écartaient d’autant, se rapprochant dangereusement de Nedru tandis que le nécromancien se faisait tirer plus avant. Puis, la créature s’immobilisa. Elle semblait avoir compris. D’une torsion, sa prise sur le bras de Riku se raffermit. Elle voulait qu’il lâche la gomme. Sans quoi elle ne pourrait pas le noyer.

Inutile de chercher une solution. Les idées avaient eu tout leur temps pour germer et fleurir depuis qu’ils étaient sous le Marais, le Renard avait envisagé un certain nombre de cas de figures. Se fiant uniquement à sa chair, Nedru se jeta sur Riku. Tout son être se tendit vers un point précis, ridicule, qui glissait lentement des doigts de l’invocateur.

Le corps avait déjà pris le relai sur l‘esprit; il effectua un enchainement de gestes déjà plusieurs fois répétés en pensées, uniquement focalisé sur le bon fonctionnement de ses muscles, veillant à ce que chacun effectue son rôle sans entrave. D’abord, ses mollets et ses cuisses se tendirent et il bondit vers l’avant, sur le nécromancien. Tout son dos se raidit dans l’instant, pour lui permettre de conserver sa posture en vol. Ensuite, ses épaules aidées des avants bras portèrent le bras droit à hauteur convenable tandis que chaque tendon s’allongeait, jusqu’au bout de ses doigts. Lesquels, fins et longs, accueillirent la gomme délicatement. Ses jambes le soutinrent tandis qu’il se réceptionnait sur le sol mou et déjà sa main droite se portait vers sa bouche. Alors, la mâchoire s’éveilla; s’entrouvrant en un éclair pour découper immédiatement un bout de gomme que la langue plaça à l’endroit idéal.

Enfin, sa main gauche plaqua le carnet contre la poitrine de Riku tandis que les biceps de son bras gauche se gonflaient pour porter un coup ascendant vers l’un des tentacules sombres dans la foulée, ses abdominaux se contractèrent vivement et il cracha la gomme vers la masse gélatineuse, environ soixante centimètres en dessous de l’endroit d’où jaillissaient les appendices ténébreux.

Le tout ne prit pas plus de deux secondes. Le résultat fut aussi exemplaire que son esprit surnaturellement aiguisé l’avait prévu; les pages s’écartèrent brusquement pour laisser passer le bout de gomme fatal. Conséquemment la créature, privée de matière pour porter son corps et aspirée par cette variation soudaine de son espace, chuta d’autant que les pages s’étaient écartées; sur une trentaine de centimètres. Le puissant coup chronométré que porta le Gris à ses membres soudain tendus plus que prévus l’obligea à lâcher prise. Effet de surprise aidant.

Jusqu’à ce que les pages se referment avec indignation et que la créature revienne à l’assaut, ce qui ne tarderait pas à arriver. Nedru poussa vivement Riku au sol, à ses pieds, et souleva son rempart de caoutchouc comme on brandit une torche pour effrayer un fauve excité. Il n’avait pas lâché le carnet des yeux. Il avait dû le lâcher pour sauver la gomme, et sa vie avec. C’était, après tout, le principal. Même s’il sombrait dans les eaux, une fois encore, le carnet pouvait être retrouvé. Ce dernier (Riku avec, ce dernier avait replié un bras avide dessus ) était sauf. Fort de ce constat, Nedru déplia ses phalanges douloureuses en grimaçant.


On dirait que je t’ai surestimé. Rends moi ça maintenant.

Dans un souffle, il tendit le bras vers l’invocateur sans détacher ses yeux des parois froides, d’une transparence noire, sale et insondables, vue et ouïe en alerte. Il porta la main droite à la bouche et les parois de papier s’approchèrent dangereusement, submergeant partiellement ses mollets. Il n’aurait plus l’occasion de diviser la gomme. D’un geste rageur, il écarta les froides et sales impudentes.

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MessageSujet: Re: [biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned) Mer 5 Déc 2012 - 16:08
Riku fut probablement le premier surpris par l'action qui s'ensuivit de la part de son allié. Sans ciller, sans hésiter, il s'élança d'un bond vers le necromancer, les doigts tendus en direction de la gomme. Que pensait-il faire ? Prendre leur seul bouclier et s'enfuir avec en abandonnant à son sort le pauvre voyageur sans qui il n'aurait pas pu parvenir jusqu'ici ? Le laisser tomber et confirmer sesz soupçons ? Sa vie de voyageur se jouait sur ces quelques instants, et il espérait que ses hésitations à l'égard de son collègue étaient injustifiées. Son cœur battait la chamade, et sa vie défila alors que les doigts fins du voyageur brun se rapprochaient dangereusement de l'objet protecteur. Un instant, inconsciemment, ses propres doigts se raffermirent, dans un sursaut d'instinct de survie, vite brisé par l'espoir fou que l'encapuchonné ne le trahirait pas. Ce dernier plaqua le carnet contre la poitrine de son allié, et s'empara de la gomme de l'autre. En vol, il mordit dedans pour venir placer un morceau sur sa langue, et enchaîna dans la foulée sur un puissant coup ascendant qui repoussa en arrière les tentacules sombres qui soutenaient encore l'invocateur, dont les mains étaient toujours coincées et incapables d'agir. C'était sans compter sur l'action suivante du second voyageur qui se servit du morceau de gomme qu'il avait gardé en bouche pour l'expulser sur la créature et les « eaux » du marais, qui s'écartèrent, laissant là le monstre sans la moindre substance pour l'accueillir. Finalement, la créature chuta, aidée par l'attaque du brun, et relâcha le necromancer qui, sans se faire prier, en profita pour se détacher de l'étreinte des plus encombrantes du monstre gélatineux. Nedru le poussa ensuite afin de lui éviter un nouvel assaut, brandissant au dessus de lui leur bouclier de caoutchouc qui acheva d'éloigner leur assaillant, qui battait l'air de ses tentacules en signe de protestation. Mais leur bouclier était réduit à cause de son découpage, et peu à peu, les eaux recommençaient à prendre la place. Riku lui, observait cela, commençant à repartir vers la surface proche en serrant contre lui le précieux carnet, voyant dans sa récupération la chance unique de pouvoir s'en emparer et de le conserver.

Mais l'encapuchonné ne l'entendait pas de cette oreille. A peine fût-il remis de leur mésaventure qu'il tendit sa main vers le necromancer pour récupérer le précieux ouvrage qui constituait sa marchandise dans cette affaire, jetant un regard froid au jeune voyageur, cherchant par la même à l'intimider, de sorte qu'il se soumette et lui remette l'ouvrage de lui-même. Il était peut-être moins intelligent que le brun, mais il savait parfaitement que s'il faisait cela, il n'aurait aucune chance de revoir le carnet, et il en avait encore besoin. Il le resserra donc contre lui par réflexe alors que les pages continuaient inexorablement à se rapprocher, submergeant leurs pieds. Riku leva les yeux sur son allié, et se mit à courir vers la surface, en retardant ainsi l'échéance inévitable :

« Sortons d'abord de cette merde, tu veux bien ? Pas que je suis réticent à l'idée de te filer ce bouquin, mais là, on est à deux doigts de se noyer ! »

Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est d'être stoppé dans sa course au moment d'atteindre la surface, poursuivi qu'il était par le second voyageur, furieux qu'on lui désobéisse ainsi. Il était certes compréhensible que la perspective d'être trahi par le jeune voyageur puisse quelque peu l'énerver, mais de là à ce qu'il s'emporte en le coursant à toutes jambes... Finalement, le son de son réveil et sa disparition dans un nuage de fumée avaient probablement été salvateurs, bien plus qu'il n'osait se l'imaginer, alors que du point de vue de l'encapuchonné, son collègue venait limite de s'enfuir, l'objet de son travail dans les mains ! La loi de Dreamland....


***

Le réveil ne fut pas des plus faciles. Encore sonné par les événements de la nuit précédente, Riku mit un certain temps à ouvrir les yeux. Il jeta un œil critique à la petite radio qui trônait sur sa table de nuit : elle indiquait neuf heures et demie. Fuck. Il était en retard, l'histoire de la veille l'avait tellement occupé qu'il n'avait pas fait attention au réglage de son réveil. Il soupira en grognant, détestant particulièrement se réveiller en retard, et se saisit de son portable qu'il alluma. Quatre messages... L'un venait d'Hikari, le traditionnel bonjour. Le jeune homme y répondit avec un large sourire, sa petite amie savait toujours lui redonner la joie par de simples mots. Il consulta ensuite les trois autres, deux provenaient de camarades de classe qui se demandaient en plaisantant ce qu'il fichait, le dernier provenait de son patron qui l'informait de l'urgence d'un dossier qu'il aurait à traiter dès le lendemain. Là, c'était tout de suite moins réjouissant, mais le monde réel, tel Dreamland, savait toujours rappeler à ses pauvres petits habitants humains d'un coup de poing dans la gueule informatif que leur vie était à 50% de la merde. Il ne répondit pas à ces trois sms, se contentant de lire en boucle celui de sa copine, jusqu'à ce qu'il trouve la motivation de se lever. Il en profita pour s'emparer d'un bol et d'un verre dans le placard de sa cuisine, et se prépara un petit-déjeuner tranquille. Il allait prendre son temps, et ne se présenterait que l'après-midi, de toute manière, par chance peut-être, cette matinée avait été banalisée pour une quelconque présentation de professionnels en mal de reconnaissance sociale et qui se sentaient le besoin de parler de leur profession « passionnaaaaaaaaante » devant un public médusé d'étudiants qui ne demandait qu'un lit pour retourner dormir les heures dont il n'avaient pas pu profiter. Riku eut un petit rire à cette pensée, dans un sens, son instinct l'avait préservé de ce rassemblement horripilant. Il déjeune devant la télévision, zappant aléatoirement sans vraiment s'intéresser aux programmes sordides qui passaient à cette heure là, puis après une rapide douche et préparation, il enfila sa tenue de la journée, prépara son sac, et se rendit à son école.

L'après-midi se déroula sans encombres. Les professeurs n'avaient pu lui reprocher son absence du matin, faute d'un antagonisme quelconque ou de mauvais résultats qui auraient pu leur permettre un argumentaire suffisant pour s'en prendre au jeune homme. C'était là l'avantage d'être apprécié de ses professeurs, on évitait parfois les explications inutiles pour justifier des absences pour lesquelles certaines passeraient presque en cour martiale aux yeux des enseignants. Le tout passa rapidement, Riku nota ses devoirs pour le lendemain, puis quitta l'institut pour aller rejoindre sa petite amie. Elle devait passer à une séance photo avant leur repas, mais le jeune homme n'était pas gêné par ce détour, d'autant qu'à présent, tout le monde le connaissait au travail de la jeune femme, après la séance au cours de laquelle il avait accepté de poser aux côtés d'Hikari. Mona, l'agent de sa copine les accueillit avec un grand sourire et offrit au jeune homme une place où s'installer pour observer dans un silence respectueux le travail de la jeune femme, si belle, si naturelle. Le tout dura deux heures, et fût enchaîné par un petit repas en tête-à-tête des plus sympathiques au cours duquel les amoureux échangèrent un long moment les nouvelles qu'ils n'avaient pas eu le temps de s'annoncer respectivement, puis Hikari fût de nouveau appelée pour son travail. Ils se séparèrent donc devant le bâtiment de l'agence, puis après une dernière embrassade, Riku regagna son appartement, prêt pour une nouvelle nuit à Dreamland.

Un terrible dilemme vint tout de même le narguer au moment de se coucher, après quelques émissions nazes à la télévision dans son canapé. Devait-il retrouver Nedru la nuit suivante ? Si la logique dreamlandienne était respectée, en disparaissant avec le carnet, le necromancer le retrouverait sûrement sur lui à son éveil dans le monde onirique. Pourrait-il fuir avec ? Nedru risquait de le poursuivre là où il atterrirait, et il serait autrement moins amical que la nuit précédente. Et que dire de ses clients ? La mafia. Le genre d'organisation à pas énerver, surtout quand sa puissance laisse encore à désirer pour se frotter à ce genre de groupes. Il avait donc un choix des plus cornélliens à faire avant de sombrer dans le sommeil, devait-il suivre son sens de l'honneur et son honnêteté, retourner à Luxuria et y retrouver Nedru pour lui rendre le carnet et très probablement rester en vie, ou bien s'enfuir avec le carnet, et passer sa vie onirique à courir, priant en permanence pour sa survie ? Non, le plus important était de rester en vie, même s'il devait renoncer à la précieuse source d'informations pour cela. Il soupira, et décida donc de s'endormir en repensant à l'endroit où il s'était retrouvé la nuit d'avant.

***

Luxuria était toujours fidèle à elle-même. Ses nombreux clubs et autres bars respiraient toujours la décadence, et partout, les dames de joie officiaient, attirant à elle les gros bonnets, stéréotypes même de la clientèle locale. En revanche, aucune trace de l'encapuchonné autour de lui. Le carnet, lui, était bel et bien là, dans une sacoche que portait pour l'occasion le jeune voyageur, bien fermée et accrochée à son bras droit. Il attendit un moment là où il avait atterri, pensant voir arriver le brun, furieux certes, mais satisfait de voir sa marchandise revenir, mais il restait désespérément seul. Il décida donc de se rendre au bar de la dernière fois, là où il avait justement surpris la fameuse conversation qui l'avait conduit à cette aventure, ou plutôt mésaventure au pays des livres. Le chemin ne fut pas très long, il dût juste se dépêtrer à plusieurs reprises des bras de putains qui tentaient de l'attirer et ainsi de faire leurs affaires de la nuit, et éviter nombre de maquereaux, en quête de potentiels pigeons. Riku faillit en venir aux mains avec l'un d'entre eux mais se contint, soucieux d'éviter les ennuis dans une ville de la zone 3, où il n'aurait probablement aucune chance en cas de combat direct avec l'un des gardes. Une fois parvenu au bar recherché, il s'installa comme la dernière fois au fond, dans le coin, près de la fenêtre aux verres teints d'une couleur parme, plutôt enivrante. Ce ne fut qu'après plusieurs et interminables minutes que déboulèrent les patibulaires mafieux de la dernière fois, guidés par un homme certes plus petit que le reste du groupe, mais qui n'en avait pas moins l'air redoutable. Le groupe s'assit au même emplacement que la dernière fois, et une conversation s'engagea :

« - Il semblerait qu'il ne soit pas venu Charly.

- Peuh ! On ne peut décidément pas faire confiance à ces rats de voyageurs. De toute manière, quoi qu'il fasse, nous savons qu'il a le carnet, et nous saurons le retrouver.

- Ouais ! On va bien le tuer !

- T'as tout compris p'tit loup. Et on s'occupera aussi de son pote, un certain Kaisuki... J'en ai entendu parler dans le Dream Mag. Il aurait accompli quelques trucs, mais rien d'exceptionnel, un minable de plus. Il risque pas de nous échapper non plus ! »

Aussitôt, par réflexe, Riku sauta de sa chaise en retenant un cri. Ils avaient prévu de les tuer depuis le début ! Et ils avaient été suivis, les mafieux connaissaient son identité … Il devait quitter discrètement le bar avant qu'ils ne le reconnaissent ; si en plus ils découvraient qu'il avait le livre sur lui, c'était la fin... Il se rua vers la sortie, lorsque le dénommé Charly hurla à son encontre :

« Hé gamin ! T'as fait tomber un truc! »

Horreur, stupeur. Le carnet venait de glisser au sol, et les mafieux le reconnurent aussitôt. L'un d'entre eux pointa un doigt vers le necromancer et se mit à crier :

«  C'est lui, je le reconnais, Riku Kaisuki ! Et il a le carnet! »

Riku n'avait même pas pris le temps d'écouter la fin de l'exclamation, et s'enfuit du bar à toutes jambes, entendant derrière lui plusieurs coups de feu, et surtout la voix de Charly qui hurlait « ATTRAPEZ MOI CE PETIT ENFOIRÉ !! ». Par réflexe, il avait immédiatement appelé Zeel, qui aurait au moins le mérite de lui permettre de fuir bravement et d'éviter de finit la peau trouée de balles pendant quelques minutes, un maigre espoir de survie en soi, c'était toujours ça de pris. D'ailleurs, la première attaque ne tarda pas, et une douille vint rebondir sur le corps gélatineux du spectre qui accusa le coup, se retrouvant avec une brûlure importante au niveau de la zone touchée. Courant au hasard des rues d'une cité dont il ignorait tout, il trébucha plusieurs fois, s'entailla la peau, et en même temps que son sang coulait, et que son souffle lui faisait défaut, il devait maintenir son invocation qui se retrouva rapidement criblée de balles, laissant apparaître plusieurs trous; plus de bouclier, il allait devoir poursuivre sa course en plongeant comme il pouvait pour sa survie, et c'est ce qu'il parvint dans une relative mesure à accomplir. Du moins Jusqu'à ce qu'il débouche sur … Un cul-de-sac.

*bordel ….

C'était fini, plus de fuite possible. Face à lui, les mafieux arrivèrent par dizaine, bloquant son unique sortie. Pas possible de lutter, il le sentait, les créatures étaient bien trop fortes pour lui. Et bientôt, ce fut le chef du groupe qui s'avança au milieu des flingues braqués sur la tête du necromancer, qui tenait fermement le livre. Charly tendit la main vers le voyageur, et lui lança d'une voix presque compatissante :

«  Allez petit. On a assez joué comme ça. Tu t'es débarrassé de Nedru en fait hein ? Tu comptais nous doubler depuis le début et te tirer avec le livre ? Tu m'as bien amusé pour le coup. Si tu me remets ce livre, mes hommes et moi nous retirerons et te laisserons la vie sauve. »

Comment faire confiance à un mafieux ? Il y avait une embrouille, pas possible autrement. Mais là, sa vie de voyageur était en jeu, il ne pouvait pas tenter grand chose en dehors de ça pour préserver son existence onirique. Il tendit donc l'ouvrage à Charly, alors qu'un petit feuillet en glissa. Les deux hommes baissèrent le regard sur le morceau de papier, et le chef mafieux le ramassa, lisant la mention qui y était inscrite à la hâte :

«  Voici le coursier pour le journal. Nedru, votre informateur. »

Le mafiosi sembla perplexe un instant, puis il éclata de rire en repartant avec ses hommes, laissant la vie sauve au necromancer qui les observa s'éloigner, avec sa source d'informations. Nedru l'avait sauvé, il devrait le remercier la prochaine fois qu'il le verrait. Et une fois plus fort, il reviendrait botter le cul de ces mafieux pour récupérer son dû, il se le promit.

-FIN DU CHAPITRE -

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MessageSujet: Re: [biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned) Sam 8 Déc 2012 - 21:47



Et quoi maintenant ? Riku ne pouvait pas refuser de lui donner le carnet; Nedru pouvait facilement le faire noyer en s’enfuyant avec la gomme. Le nécromancien n’avait nulle part où aller. Néanmoins, il ne posa pas le carnet dans la main du Gris. Plutôt, il s’était recroquevillé dessus, et lorsque l’analyste tendit la main plus avant, il recula de quelques pas. Pas beaucoup. L’espace dans lequel ils se trouvaient était trop étroit pour qu’il puisse s’éloigner assez loin. Nedru estima que la distance entre Riku et son bras tendu était d’un mètre environ; Riku ne voulait plus se permettre de se coller trop près des parois. L’analyste fit un pas en avant; le nécromancien recula en même temps. Sale petite merde ! Le Renard cracha entre ses dents.


Je t’ai sauvé la vie, misérable ! Puisque tu n’es pas du genre à tenir ta parole, sois au moins reconnaissant !

Ce n’était évidemment pas vrai. Il avait, dans l’ordre, sauvé la gomme, donc sa propre vie, puis le carnet et donc par ricochet, la vie de son « compagnon » . Mais Riku n’était pas obligé de l’avoir réalisé. Cet abruti ne pouvait pas l’avoir réalisé. Ce traitre de pauvre con bruyant et inutile ! Nedru tendit la main une dernière fois, les yeux aussi froid qu’un banc sur un quai de gare en hiver de bon matin. (c’est dire)

Mais Riku ne changeait pas d’avis. Il n’avait même pas l’intelligence de la trahir dans un moment favorable; dans cette position, il n’avait que programmé le moment de sa mort. Nedru porta la gomme à sa bouche et les parois de papier tremblotantes s’approchèrent dangereusement, pour éviter qu’il ne tranche le bout de caoutchouc et ne les « blessent » une nouvelle fois. Riku allait donc se faire submerger. La vase poisseuse était en train de recouvrir son torse lorsqu’il disparut dans une évaporation de fumée caractéristique.


Raaaah !

Il s’était réveillé ! Nedru écarta les brouillons trop proches d’un mouvement de gomme circulaire, en écorchant quelques un au passage.

Faites moi sortir immédiatement, ou je jure que je vous détruirai toutes !

Quelle idée absurde ! Le trahir ! Lui ! Les pensées et idées de vengeance du Renard jaillissaient à une vitesse impressionnante tandis que les pages formaient de mauvaise grâce un escalier escarpé qui le mena rapidement à l‘air libre. Oqwi était encore là. Bien. Nedru pouvait s’arranger pour qu’il tue Riku la prochaine fois que ce dernier mettrai un pied dans sa canopée. Une fois le pied posé au sec, Nedru, sans même y penser, coupa la gomme en trois du bout de l’ongle et jeta par-dessus son épaule les morceaux dans le Marais. C’est à peine si la joie d’entendre le Marais bouillonner de rage derrière lui atteint sa conscience, derrière la profondeur de sa fureur. Il allait ouvrir la bouche pour tenter d’embobiner un Oqwi circonspect lorsqu’il disparut à son tour.

***********

Ses yeux s’ouvrirent sur son plafond blanc. Ebloui. Un fin rai de lumière avait percé son store pour le frapper juste au niveau de la paupière. Il avait prévu de passer une longue nuit, rideaux tirés, réveil éteint. Mais non. Cette nuit était un échec sur toute la ligne.

Il se massa le visage, tira la couette et posa simultanément ses pieds sur le tapis au pied de son lit selon son rituel habituel. Il leva les stores et se prépara un petit déjeuner, pensif. Ses idées, dans le monde réel, étaient plus simples mais plus claires, plus ordonnée. S’il focalisait ses pensées sur le mauvais sujet, dans Dreamland, il se perdait dans des considérations obscures et trop complexes. C’était un défaut de taille. Il avait perdu son sang froid, et son pouvoir ne lui avait plus passé en boucle qu’un nombre impressionnant de moyens par lesquels Riku souffrirait milles morts (et il ne s’en souvenait même plus). S’il focalisait ses pensées sur le mauvais propos, il devenait inutile.

Alors qu’à la réflexion… Riku et Nedru étaient des Voyageurs. Quel intérêt y a-t-il à voler à visage découvert quelque chose à un Voyageur ? Il n’avait qu’à s’endormir une fois de plus pour retomber sur le cowboy à cadavres.. Certes, Nedru n’était pas vraiment plus puissant , mais la mafia se ferait sans doute une joie de trouver le détenteur du carnet à ses côtés… Et puis après tout, ils lui avaient donné trois jours. Au pire, il n’avait qu’à se trouver cette nuit un mercenaire pour l’accompagner le dernier soir, et ensemble ils auraient raison du nécromancien.

Mais serait-ce seulement la peine ? Riku avait paniqué. Il s’était blotti contre le carnet sans réfléchir mais la journée porte conseil; il allait forcément comprendre, du haut de son intellect de primate, que ne pas rendre le carnet était synonyme de mort. Après tout, les animaux ont un bon instinct de survie.

Il établit la marche à suivre: en partant du postulat que Riku s’endormirait en pensant à lui, Nedru devait se rendre à Luxuria. De là, il pourrait rendre le carnet, ou tendre une embuscade à Riku avec des alliés si le nécromancien s’avérait être trop belliqueux ou trouver des mercenaires et avertir la mafia s’il ne se montrait pas.

Il soupira d’un air contrit, se morigénant pour sa conduite passée. Et puis, il restait le mot qu’il avait laissé dans le carnet, prévu justement à cet effet dans le cas où il aurait à mener ( subtilement) la bande de Charlie sur lui… Nedru fit chauffer de l’eau pour se préparer une boisson digne d’un petit déjeuner anglais en élaborant divers plans pour la nuit, ainsi que les suivantes. Tout allait bien se passer.

Le reste de la journée se déroula ainsi d’une manière parfaitement normale, avec en arrière plan mental une série de déroulement possibles de la nuit suivante, lesquels n’angoissaient pas l’analyste plus que de nécessaire. En s’y prenant bien, tout irait bien.

Il se coucha bien plus tôt que nécessaire et s’endormit en pensant à Luxuria, teintant ses songes par le profil de l’un des hommes de mains de Charlie, au cas où. Par mesure de précaution, il se fantasma même dans des vêtements moins distinctifs que d’habitude, sans réellement se souvenir si cela aurait une influence notable.

******


A peine réveillé, Nedru sut qu’il était au bon endroit. Même s’il av… bordel ! Il se plia en deux, et détourna la tête. Son accoutrement de moine dont la bure était partiellement couverte de cuir et de chaines façon SM était d’un gout exquis, mais heureusement très à propos dans le quartier où il se trouvait.

Charlie passa à côté de lui sans le remarquer, laissant à Nedru le soin de soupier d‘aise. Tomber dans un nid de serpent avait parfois ses bons côtés. Au travail.

Il tenta de forcer son pouvoir à l’informer des stratégies, du mode de fonctionnement des organisations criminelles mais ce dernier ne devait pas fonctionner comme il le faisait parfois, d’une manière instantanée; il lui fallait apprendre cette fois. Il suivit donc le groupe des cinq hommes de Charlie de loin, très loin, en se déplaçant à peine et de façon erratique, jusqu’à distinguer que quelques uns restaient en retrait, surveillant l’ensemble.

Nedru se mit sur la route de l’un d’eux, plié en deux, mains sur les genoux, capuche rabattue à l’extrême, non sans s’être furieusement gratté le visage avant avec des doigts qu‘il avait laisser trainer le long des murs et caniveaux. Un maquillage de balafres sales naquit ainsi le plus douloureusement du monde. Il arrêta le jeune voyou sur ses gardes d‘un geste haletant.


MeeEeec, tu connais ChaaaAArlie ? FfauUut que j’lui paArle.

Il encaissa le coup de pied dans le ventre qui suivit par un grognement festif, prenant un plaisir non feint à refouler ses pulsions meurtrières -là où il avait échoué hier. C’était au programme. Le voyou lui cracha dessus et s’en alla en marchant, sans se retourner. Comme le schéma classique de l’informateur louche l’induisait, Nedru croassa dans son dos;

C’est poOur le caArnet ! Il est ICI !

Et l’autre mordit à l’hameçon. Il se retourna, surpris. Les petites frappes ne pouvaient pas se retenir de vouloir toucher à des informations sensibles. L’attrait de la promotion, ce genre de choses... Nedru ne se força pas pour ricaner en se relevant plus difficilement qu’il n’eut fallu.

J’appréééciIeerai que tu arrÊêtes de me frapper.

Restait que le carnet n’était peut être pas ici. Il ne fallait donc pas que l’autre le capture et le mène devant Charlie. Bon, faisons les choses dans l’ordre. L’autre lui aboyait déjà l’ordre de vider son sac.

Un dénoOmmé RikuU le gaArde iciI. Il traîîIne, ici et lààA. Oon en PaArle dans le DreamMAg, vous le louUperez pas. Il fit mine de s’en aller, lâchant derrière lui un dernier; AuUu baAr d’hier, sans doUuute ?

Et le jeune freluquet fit mine de vouloir le retenir par l’épaule. Comme prévu. C’était sous-estimer (mais n’était ce pas le but de tout ce cinéma ?) le moine face à lui. Nedru mit en application son entraînement à l’aikido; renversa brutalement le sous fifre et le gratifia d’un bon coup de pied dans les parties intimes avant de s’enfuir sans demander son reste. Personne ne devait le poursuivre. Sa victime fila fournir à Charlie les renseignements voulus, dans l’espoir d’écoper de mieux qu’une baffe, espoir rendu vain par sa nouvelle démarche claudiquante.

Et puis, la suite est connue. La chance voulu que les mafieux tombèrent sur Riku plus tard dans la nuit, scène à laquelle assista Nedru de derrière un nouveau déguisement, délesté à un ivrogne qui traînait là, alors qu’il cherchait lui-même à résoudre un nouveau problème dans lequel il s’était fourré malgré lui (ce Royaume avait des aspects on ne peut plus irritant).
Il ne devait pas avoir l’occasion de connaitre l’issue de la course poursuite cette nuit là, mais du moins était-il certain que le bien qu’il avait eu à livrer atteindrait sa destination. Si Riku en mourait, tant mieux. Si quelques mafieux passaient par les armes en même temps, il faudrait être de mauvaise foi pour lui en tenir rigueur !

Il allait laisser cette histoire décanter un peu. Celle impliquant le Voyageur qui avait signé le registre de la bibliothèque était bien plus juteuse.


Lord Blacksilver, j’espère que vos songes sont agréables.
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[biblioland] A la recherche des chroniques perdues ... (pv : Ned)

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