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"Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar)

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MessageSujet: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Sam 29 Sep 2012 - 12:02
La porte s’ouvrait de façon définitivement irrégulière, laissant ainsi entrer dans le magasin à intervalle tout aussi apocalyptique les premiers frimas d'automne. l'été était bel et bien mort et chaque matin à pas d'heure, Clem se réveillait et marchait dans plusieurs rues glacées avec l'assurance météorologique que ce sera pire le lendemain. Il attendait avec appréhension les journées aux alentours de l'équinoxe qui lui assurrerait la nuit noire quand il rentrerait et sortirait de son lieu de travail. A croire que les contrats de travail c'était un peu comme les vacances, mieux valait les engager le printemps. Enfin toute fois il pourrait quand même profité des tants attendues vacances de Noel... ah non merde c'est vrai qu'il bossait dans le privé mercantile. Les alentours de l'anniversaire du Christ allaient compter comme sa pire période de l'année.

Pour l'heure il n'y avait pas vraiment à désespérer, il continuait de travailler (comprener par là "vendre, conseiller et glandouiller dans le seul magasin de Paris où son patron avait bien voulu de lui) sans ce soucier du lendemain. D'ailleurs s'il ne se souciait pas du lendemain c'était bien parce que le proche futur n'avait rien à lui offrir de bienheureux. Prenons par exemple la période de Noel où... et voila c'était reparti ; ça tournait en boucle depuis le début de la matiné. Vivement qu'il retourne à Dreamland tient. Peut-être qu’il arrivera à se vider la tête là bas.
Et hop ! Après s’être littérallement plombé le ventre en finissant une boite de pâté en croute sans pain (la faim justifiant les moyens), la seule façon d’échapper au monde triste et gris d’un Paris commençant à subir une vague de froid (et aussi aux terribles conséquances chimiques qui s’occasionnent à l’intérieur de son estomac du à l’ingestion de son indigeste repas) est de retourner dans le monde des rêves. Les chances de mourir ettoufé sous une pluie d-soudaine de sardine en boite y étaient plus élevés mais c’était une des bonnes raisons qui expliquaient qu’on ne s’y ennuyait pas.
A Circus Attraction non plus on ne s’ennuyait pas parait-il. Une véritable fête foraine coloré par autant de néons que Las Vegas et d’une taille relativement géante. Pour obtenir ce genre de royaume de façon industrielle, il faudrait mettre dans un même mixeur un clown, une grande roue, un vendeur de barbe à papa, des pétards et du tabasco et de répandre le mélange sur la surface d’action d’une bombe nucléaire.

Après comme aucun royaume n’est parfait, dans celui-ci on pouvait y trouver des clowns blancs. C’est comme ça il faut faire avec. Certains sont assujetis à une guerre éternelle entre deux factions destructrices, d’autres sont sujettes à des coulées de lave qui sortent du sol ou des pluies de macarons et c’était comme ça.

Pendant que Clem se balaait au hasard entre deux étals de vente de ballon gonflable à tête de clown, il se disait qu’il n’aimait pas trop les macarons, qu’il arrivait toujours à devenir l’ennemi juré de deux factions rivales destructrices sans déployer trop d’effort et sans vraiment l’avoir demandé.
Il aurait certainement eu une pensée à formuler à propos des clowns blancs s’il n’avait pas heurté sans le faire exprès ce voyageur.

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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Sam 29 Sep 2012 - 13:57
« Qu'est-ce-que c'est que ce bordel... »

Le grand et fin Victor Sven se retrouvait soudainement dans son habit vert pomme et blanc cassé dans une des villes les plus étranges qui lui eut été donné de voir. Si tant est, d'ailleurs, que l'on puisse qualifier ce coin de ville... En réalité, on aurait dit une gigantesque fête foraine qui s'était installé ici de manière définitive. On avait donc monté des espèces de chapiteaux en béton ou en brique qu'on avait ensuite peint de couleurs si vives que les bâtiments semblaient eux-mêmes bouger.

La question, en fait, n'était pas tant dirigée vers le lieu que vers le pourquoi du comment s'était-il retrouvé ici ? Alors qu'il venait juste d'embarquer avec sa moto sur le navire à destination de la France, Victor avait été pris d'un soudain coup de fatigue. Sans doute à cause de sa nuit de deux heures, peut-être en raison de la longue route qu'il avait dû faire pour venir au port, et probablement en rapport avec le fait que depuis trois ans il ne dormait pas plus de trois ou quatre heures par nuit.
Il avait donc été garer sa moto à l'endroit prévu, puis avait rejoint sa chambrée pour y ranger proprement ses affaires (l'ordre ne souffre d'aucun répit !) et faire une sieste en attendant d'arriver.

Et voilà qu'à peine les yeux clos, il les rouvrait sur cette espèce de fiesta colorée et bruyante. En fait, il ne les avait pas ouvert. Le spectacle lui était subitement apparu devant les yeux, comme s'il y avait été transporté.
La même sensation qui l'avait habité la nuit dernière était présente. Comme s'il n'était pas réveillé, mais conscient malgré tout. Rien à voir avec la fatigue, non, plutôt une espèce de voyage dans l'inconscient... Était-il en train de faire un de ces rêves ressemblant à la réalité ?
Les créatures qui évoluaient autour de lui étaient tout aussi bizarre que les bâtiments. Un véritable exploit pour ces humanoïdes colorés à longues oreilles et ces espèces de lézards à deux pattes et au nez rouges. Et ceux-ci n'étaient que ceux dont la description restait réalisable dans le vocabulaire de Victor, d'autres bien plus étranges peuplaient la terre et le ciel, sûrement même les souterrains.

Alors qu'il se laissait emporter par les bruits en tout genre et les couleurs criardes qui hurlaient tout autour de lui (le royaume de Circus Attraction était peut-être le seul endroit dans tout Dreamland où les couleurs hurlaient aussi fort que les bruits alentours), Victor ne vit pas le jeune homme qui marchait vers lui pensivement et le percuta sans ménagement.
Le choc le sortit de sa torpeur et il tourna sa tête brusquement vers le nouveau venu. Son regard hébété devait en dire long sur son degré de perdition. Il voulut s'excuser, mais le contrôle de sa bouche et ses pensées lui échappa, et il s'entendit demander de but en blanc :

« Je suis où, là ? »
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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Dim 30 Sep 2012 - 23:29
It's a small world …

Le ciel était bleu. Le soleil brillait. Les nuages flottaient. Des évidences, n'est ce pas ? Les rires s'élevaient jusqu'aux nues. Les sourires ponctuaient chaque visage. La joie de vivre irradiait les lieux. Du bonheur, n'est il pas ? Une foule dense qui s'empresse et vous presse. Des enfants qui courent et vous marchent sur le pied. Des visiteurs qui s'arrêtent et repartent sans raison. L'horreur ne pensez vous pas ?
Lorsque parût dans ce Royaume fêtard qu'est Circus Attraction le voyageur démoniaque, une vive envie d'ôter la vie au premier venu lui vint. Les yeux bleus ouverts sur cette plèbe criarde le raidirent et il manqua de choir dans la fange à cause d'un groupe de rêveurs en bas âge venu se divertir. Les mains gantées de blanc comme il se doit se serrèrent pour former des poings rageurs dont l'objectif consistait à éclater le sourire permanent des chérubins innocents. Alors qu'il amorçait sa marche, les démons qui hantaient son esprit s'éveillèrent et le saluèrent par forces cris et salutations plus ou moins distingués
.

"Tiens, voilà le crétin ! Alors, t'as pas d'autres crimes à faire ? "

"Nyaaaa, c'est trop dur de t'attendre mon Oscarinou. Tu as passé une bonne journée ?"

"Soyez le bienvenue, maître."

"Tu compte vraiment les buter ?"

Cette assaut de questions freina son élan et il reposa son pied chaussé d'une chaussure noire, tout comme l'autre, les chaussettes allant de paire de la même manière, mais dans une teinte plus rougeâtre.
Récif échoué dans un univers beaucoup trop joyeux pour lui, l'invocateur démoniaque bloqua le flux de personnes avides de distractions tandis qu'il discourait avec ses démons. Grâce au bruit ambiant des bousculades et des bambins braillards ses paroles passaient pour des balbutiements et il put se donner tout à loisir dans la conversation
 :

"N'as tu donc pas toi-même quelques méfaits à commettre ?"

"Ouais, vu où on est, je me f'rais bien une belle brochette de mioches, histoire de savoir combien de temps ça gueule le bide ouvert."

"Cesse donc, tu pourrais me tenter …" Soupira sadiquement Oscar.

"Moi aussi je veux te tenter Oscarouchou ! Tu veux pas trouver un coin tranquille pour que je te masse partout ? Tu te sentiras bien mieux entre mes mains et mes seins." Minauda Luëst en mimant les mouvements lascivement.

"Tu vois pas qu'il a envie de tout découper autour de lui ? Que cette avalanche de joie, de bonne humeur et de ballons le font vomir ?" La remarque du démon sadique tombait juste.

"Maiheuu. Je peux te calmer mon Oscarinouchet … Faut pas penser qu'à détruire." Malgré sa voix de petite fille, elle ne parvint pas à atténuer l'envie de meurtre en masse de son invocateur.

"Luëst a raison maître, vous devez vous contenir, les témoins sont trop nombreux." Approuva Laënoris.

"On s'en fout des témoins, ça nous fera de la pub de plus ! Allez, gros, laisse moi sortir de ce corps de merde et je te tranche une belle rondelle de cette grosse truie là bas."

"Plutôt ces rêveurs insouciants, là bas, qui semble se diriger vers un spectacle …" S'exprima d'une voix sadique Oscar.

"Comme tu veux, tant que je peux trancher dans le vif."

"Vous n'y pensez pas maître !" S'offusqua le démon de majordome.

"Ne t'inquiète pas, Laënoris, ça sera délicieusement sanglant …"

Et il suivit la petite troupe avec détermination, un sourire malsain sur les lèvres et ses doigts s'agitant pour témoigner de sa nervosité. Ses longs cheveux teints en blancs battaient à chaque pas. Les pans de sa longue veste légère s'écartaient au gré de sa marche et créaient une traînée blanche derrière lui. Seulement, l'effet en était réduit à cause de la proximité omniprésente. Son pantalon blanc ne le resta pas longtemps ; la poussière soulevée par les pas traînant venant se déposer. Ainsi il fendit la foule et foula le sol sans faiblir en faisant son possible pour suivre la petite troupe innocente qui discutait avec enthousiasme d'un spectacle qui s'annonçait. Véritable pierre blanche ricochant à la surface d'une populace dense, l'aristocrate poursuivait son chemin et imaginait avec l'assistance de ses démons le meilleur moyen d'apaiser sa soif de souffrances.
Les cris de joie devaient être transformé en hurlements de terreur. Les visages bienheureux devaient être lacérés d'horreur. La destruction devait régner en ces lieux trop joyeux pour être honnête. Car c'était une des raisons qui expliquait l'irritation de l'anglais envers ce Royaume forain. Ceux qui arpentaient les différentes attractions oubliaient leurs soucis, se défaisaient de leurs maux et s'amusaient dans l’insouciance de leur inconscient. Oscar serait là pour leur rappeler la dure réalité. Le monde est cruel, quel-qu’il soit. Pourquoi ignorer l'évidence ? Il ne supportait pas les yeux clos et les ouvraient à coup de haches.

C'est alors que le spectacle commença et que l'attention du voyageur fut attirée par la scène qui se déroula sous ses yeux émerveillés. Harley Quinn se trouvait présente non loin de lui et débutait un numéro contre Batman. Il n'en fallut pas plus pour l'anglais adorateur de l'univers sombre de Gotham et l'envie de meurtre s'évanouit pour céder la place à un ébahissement enfantin. Il ria aux cabrioles de l'agile Harley, s'enchanta de l'échange verbal opposant les deux protagonistes et désira suivre le reste de la représentation au grand daim de ses démons qui s'indignèrent d'une telle puérilité
 :

"T'es quoi ? Un gosse ? Putain, mais en plus ils jouent maaaaal, mais maaaaal. Personne n'y croit. "

"Et puis elle est toute plate, je vois pas ce que tu lui trouve. Tu veux aussi que je m'habille comme ça ? Ça te donnera envie de jongler avec mes seins ? Dis moi oui …" Souffla la démonette de la luxure, vexée d'avoir comme rivale une pétasse mal habillée.

"Et c'est quoi ce costume ridicule ? Et pourquoi une chauve souris ? Non mais ça craint ! "

"Je vais lui sonner les grelots à cette pouffiasse."

"Et moi je vais lui montrer que sa tenue, c'est que du pipeau !"

"Allez, on y va !"

"Personne ne sort !" Cria Oscar juste au moment où la tension était à son comble. Le public se retourna et le dévisagea avec étonnement. Quant aux deux créatures, elles le fusillèrent du regard. Il n'en fallut pas plus pour le voyageur qui s'inclina piteusement et quitta la rue colorée de noir pour la représentation.

Tout au long de sa marche, il marmonna des insultes à l'égard de ses démons. De loin, cela donnait l'impression qu'un homme d'une vingtaine d'année, à la peau entièrement blanche, aux cheveux teints de blanc, à la longue veste blanche, au pantalon blanc, à la chemise rouge et aux chaussures noires parlait tout seul dans sa barbiche rouge. Toutefois, il n'était pas rare de voir des clowns circuler à travers Circus Attraction et leur maquillage était bien plus varié que celui de ce voyageur.

Soudain, Oscar se rendit compte de quelque chose d'horrible. Il ne l'avait pas remarqué à cause de ses démons mais désormais qu'il pouvait réfléchir un peu plus posément, malgré le brouhaha ambiant, l'évidence lui était apparu. Ce manque le stoppa sur place et l'être aux nombreuses pattes qui marchait derrière failli le renverser.
Le voyageur regarda en l'air, à droite, à gauche, par terre, sur son épaule, sur l'autre. Nulle trace. Il avait perdu son nœud papillon enchanté.
Pris de folie, il se mit à courir partout mais sans crier, car son papillon n'avait même pas de nom. Il était son compagnon silencieux et n'en avait pas besoin. Du coup, les recherches allaient être difficile. Néanmoins, il ne désespéra pas et se mit à interroger tout ceux qu'ils croisaient. Dont deux voyageurs qui avaient entamé une conversation. Il demanda d'une voix légèrement essoufflée
 :

"Veuillez pardonner mon impolitesse à l'égard de votre conversation. Cependant, je suis actuellement à la recherche d'un papillon aux ailes d'argent, pas plus grand que ma main. Ne l'auriez vous point vu dans les parages ? Je vous en serais reconnaissant."

Il leur souriait avec franchise. Un coup d’œil à l'un des deux voyageurs lui en rappela un autre, plus grand, plus blond. L'autre lui était totalement inconnu et pourtant il ressentait comme une mauvaise impression. La suite lui donnera tort ou raison.
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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Mar 2 Oct 2012 - 17:56
« Je suis où, là ? »

Clem émit un vague mot désolé avant de se mettre à tenter de remettre sa tenue en place alors qu’elle n’en avait nul besoin. Il leva les yeux vers la personne qu’il venait de bousculer et deux années d’expériences à Dreamland lui lancèrent le même message en se basant tout deux sur la posture et le regard hagard du voyageur devant lui. Un nouveau petit à Dreamland. Enfin "petit" était un mot relatif, l'inconnu donnait l'impression d'être plus agé que Clem mais même un rêveur ne faisait pas cette tête hallucinée reconnaissable entre toute. L'agoraphobe ne lui donnait même pas une semaine d'activité dreamlandesque. De façon générale, Clem aimait assez informer aimablement les nouveaux venus. Souvent parce qu'ils lui faisaient de la peine. Et ils lui faisaient de la peine principalement parce que quand il en voyait, l'agoraphobe se revoyait aussi à ses débuts, complètement paumé, méfiant et innocent à la fois. Sauf que lui, aucun cador ou quelqu'un s'en rapprochant ne lui avait fait de cours détaillé sur le fonctionnement du monde onirique. Il avait appris sur le tas, il avait par ailleurs commencé sa première nuit après son "éveil" par un voyageur exactemment dans son cas. Donc Clem renseignait aimablement les nouveaux voyageurs parce que, quelque part, il se rendait service à lui-même dans une autre dimension métahorique.

Sauf que ce soir, il se trouvait dans un royaume inconnu qui avait apparament énormément à offrir en très peu temps. La dernière chose dont il avait envie à ce moment là en fait, c'était d'un voyageur à instruire qui allait lui retarder sa découverte du royaume. Sans vouloir être (excessivement) méchant, s'il ne faisait pas attention, il allait avoir affaire à un boulet qui menaçait de lui trainer dans les pattes. Jouant une ecrète botte sociale, il continua son chemin en repondant de façon à laisser penser qu'il avait mal interprété la question du voyageur ou plutôt sa situation.


"Là ? Circus Attraction. Zone 1. Bonne journée."
Bon d'accord, la partie conne de Clem (excusez moi je voulais dire "altruiste") se mit un nstant à la place du nouveau : elle devait être semblable à celle des héros de bandes dessinées ou des films fantastiques ou le héros atterrissait dans un monde dont les règles lui étaient inconnus et dont les insulaires (qui avaient, cela dit en passant, l'air énervé par la présence de ce nouveau-venu) lui apportait de brèves réponses laconiques quand il leur posait des questions. Quelque fois la chance (scénaristique) faisait que les débuts de réponses, associés aux observations qu'il se faisait de ce nouveau monde lui permettait d'ébaucher un début de réflexion géographique. Seulement ça marchait si l'univers dans lequel il se trouvait était cohérant ou sensé. Dreamland n'était rien de tout cela. Il allait falloir lancer beaucoup de question au hasard, ainsi qu'un esprit incroyablement tordu, pour en deviner toutes les règles.

Ou alors, un voyageur agréable au teint halé, au sourire chaleureux et à la conversaton charmante allait le prendre sous son aile et devenir son tuteur onirique le temps d'une nuit. Et c'était incroyable de remarquer qu'après une rapide introspection de lui-même, Clem n'avait ce soir, aucune envie d'être agréable, chaleureux et charmant. Il laissait ce rôle là à quelqu’un d’autre cette nuit là.
Alors qu’il s’apprêtait à continuer son chemin comme si de rien n’était, une autre voix l’interrompit encore.

"Veuillez pardonner mon impolitesse à l'égard de votre conversation. Cependant, je suis actuellement à la recherche d'un papillon aux ailes d'argent, pas plus grand que ma main. Ne l'auriez vous point vu dans les parages ? Je vous en serais reconnaissant."
Cette demande satinée venait d’une personne qui ne devait son appartenance à la caste des voyageurs que grâce à la rondeur de ses oreilles. La pilosité rougeâtre associée à une teinte de peau crème... ce n’était pas vraiment très en vogue chez les êtres humains constitués de toutes leurs capacités sociales. On aurait dit que le nouveau venu avait plutôt comme habitude de se balader dans l’air frais du soir en guettant du coin de l’oeil les fenêtres ouvertes donnant sur une chambre de jeune fille imprudente afin de s’y infiltrer et de leur sucer le cou.
Ses vêtements étaient blancs, son papillon était d’argent. Enfin ça c’était lui qui le disait. Habituellement, Clem ne se ferait pas un plaisir d’accomplir une demande aussi triviale mais l’aurait tout de même fait par pure solidarité humaniste (et aussi parce que ça ne coûtait rien et que ça n’était pas une tâche dangereuse). Seulement sans vouloir être particulièrement défaitiste, retrouver un papillon de la taille d’une main dans un foutoir aussi dense que Circus Attraction, c’était un peu comme chercher le seul grain de sable violet à la pointe du Hoc : mission foutrement impossible.

Seulement comme le voyageur avait formulé de façon particulièrement polie, Clem éprouvait le besoin de lui répondre avec peu ou prou le même ton (il moins il voulait lui répondre, s’il avait été dans un de ses mauvais jours il aurait laissé le nouveau voyageur tout seul avec le vampire). Un réflexe social qui avait souvent empêché deux nobles de s’entretuer.


“On était pas en train de... Enfin qu’importe. Non, désolé mais je n’ai rien vu. S’il est très important tu peux toujours tenter de le repérer du haut de la grande roue. Mon pouvoir fait l’effet d’une loupe il pourrait t’aider.”
Au fur et à mesure qu’il parlait, Clem se demandait pourquoi il continuait à parler. Il n’avait pas excessivement envie d’aider à ce point ce drôle de voyageur, il n’avait jamais pensé à utiliser son pouvoir de cette manière (même s’il était sûr que ça marcherait) mais vu qu’il paraissait que les paroles impromptues étaient le fait du subconscient, l’agoraphobe en concluait qu’il avait peut-être plus envie d’aider son prochain qu’il ne le pensait ce soir. En tout cas se qui était sûr c’était qu’il avait envie de monter sur la grande roue, c’était toujours chouette une grande roue mais alors une en plein milieu de Circus Attraction devait être terrible. Sans trop savoir non plus pourquoi, il tourna la tête vers le voyageur qu’il avait bousculer en s’adressant d’abord aux deux voyageurs, puis à ce dernier :

“J’ai furieusement envie d’y allez en tout cas. Tu veux venir aussi ? Tu t'appelles comment ?"

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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Jeu 4 Oct 2012 - 11:33
La première surprise n'avait pas été des moindres, mais la réponse de l'inconnu fut des plus courtes.
Circus Attraction ?
Zone 1 ?
Ce baragouinage n'avait évidemment aucun sens pour le pauvre nouveau voyageur qu'il était. S'ils avaient été dans un manga, un gigantesque point d'interrogation serait apparu au-dessus de son crâne.
Alors que Sven s'occupait à s'embrouiller sagement dans les idées nouvelles qu'on venait de lui présenter (ou plutôt de lui balancer en pleine face), un homme des plus curieux au teint blafard et aux poils rouge vint vers eux. A son approche, Victor eut une forme de malaise. Cet homme était un parfait inconnu et pourtant, quelque chose en lui semblait le reconnaître, ou plutôt l'identifier. Mais ces pensées s'en allèrent bien vite à l'écoute de la conversation la plus bizarre qui lui eut été donné d'entendre : l'homme cherchait un papillon en argent dans ce qui semblait être la zone 1 d'un champ de cirque, et l'autre lui répondit le plus naturellement du monde qu'ils pouvaient monter dans la grande roue pour le retrouver grâce à un pouvoir de loupe.

En deux lignes de dialogue, Sven fut complètement largué. Il avait complètement perdu le fil lors de cette courte conversation, mais son sang froid naturel avait fini par avoir raison de la surprise. Il essayait à présent de se concentrer pour réunir les différentes informations et essayer de comprendre ce qui lui arrivait. Regardant fixement le sol d'un air concentré, il se mit à réfléchir intensément.
Il se trouvait donc, d'après le premier interlocuteur, dans la zone 1 d'un lieu nommé Circus Attraction, peuplé de gens bizarres (si, quand même un peu !) et de créature louche (à ce moment précis, une limace cornue couverte d'écailles en damier rouge et jaune lui passa au-dessus de la tête en battant de ses ailes ridiculement petites avec un grand sourire bêta). Les gens bizarres semblaient connaître le lieu, avoir des pouvoirs tout aussi bizarres qui devait s'apparenter à de la technologie (une loupe géante sans doute).
Pourtant, il y avait un instant de cela, il était dans le bateau en route pour la France. Il était allé se coucher, et s'était subitement retrouvé ici. Il devait donc rêver. C'était la seule explication à tout ce bordel. Il se serait bien pincé, mais ça n'aurait absolument rien prouvé. L'esprit humain est effroyablement talentueux en matière d'adaptation au réel comme lui avait prouvé les nombreuses souffrances qu'il avait endurées au cours des dernières nuit.

Une question le sortit soudainement de la torpeur. Il releva la tête l'air calme et interrogatif vers ses deux interlocuteurs.

« Plaît-il ? Oh... Pardon, je m'appelle Victor Sven. Désolé pour mon comportement tout à l'heure, mais... »

Il hésita un instant, semblant réfléchir, puis enchaîna :

« Ça peut vous paraître un peu fou, mais j'ai besoin de vous poser la question : est-ce-que je suis en train de rêver ? Il y a encore un instant j'étais en route vers la France à bord d'un bateau, je me suis allongé et soudainement je me retrouve dans un parc de cirque géant bizarre avec des monstres étranges et des inconnus qui parlent de pouvoir de loupe ! Ça vous paraît sans doute confus dis comme ça... »

Ne sachant pas quoi ajouter d'autre, Victor se retrouva à laisser sa phrase en suspend. Il y avait deux solutions : soit il faisait un rêve ayant l'air particulièrement réel mais tout n'était que le produit de son imagination, soit il avait un problème neuronal assez grave.
Il priait intérieurement pour la première solution.
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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Mar 9 Oct 2012 - 0:00
... after all. It's a small world ...

La clameur joyeuse qui montait au ciel resplendissant témoignait de la bonne ambiance qui continuait de régner au sein du Royaume faisant office de fête foraine perpétuelle. De toutes parts éclataient des cris de joie, de surprise et bien souvent des rires accompagnaient ces marques de bonne humeur. En concurrence de ces sons de masse en liesse tentaient de s'imposer les plaintes des rails composant les attractions à sensations fortes. Cependant, les gorges des passagers couvraient toujours le déplacement des wagons.
Des ballons multicolores s'envolaient parfois pour rejoindre les rares nuages et coloraient le ciel. Ainsi, même en regardant en l'air il était possible de s'émerveiller de la dynamique joyeuse qui était omniprésente. Qu'importe où les yeux se posaient, ce n'était que couleurs et merveilles, sourires enfantins et éclats de rires. L'atmosphère du Royaume était telle que même les couleurs riaient ou vous enchantaient. Tout était lumineux, joyeux, merveilleux.
Et les narines n'étaient pas en reste puisque l'air embaumait la barbe à papa, les pommes d'amour et tant d'autres sucreries délicieuses qui agrémentaient avec plaisir les parcours au sein des attractions. Toujours plaisantes au goût, les douceurs vous faisaient patienter avant que votre estomac se retrouve en diverses positions plus ou moins agréable. Et quand ce n'était pas le sucré qui occupait votre nez, les frites et les saucisses bien grasses le remplaçaient promptement.
Cette foule de rêveurs et de voyageurs et de créatures des rêves se plaisaient à profiter de l'environnement festif et le montraient par des visages ravis et les cris de joie précédemment mentionnés. Cette plèbe hétéroclite s'amusait avec bonheur et oubliait tout les soucis de la vie pour des instants basés sur le divertissement et l'agréable surprise. Composée de créatures étranges ou de voyageurs désirant ne pas se confronter à la violence, elle évoluait de manière tentaculaire à travers le Royaume et se répandait insatiablement en quête de distractions.
Parmi les personnes qui arpentaient ce monde de fêtes, il était donné de croiser des clowns au faciès plein de peintures et aux accoutrements ridicules, des créatures grotesques aux proportions monstrueuses et parfois même des humains simplement amusant par leur normalité. Montés sur des échasses évoluaient avec grâce des artistes adroits qui débutaient par moment quelques pas de danses irlandaises. Ces brusques mouvements firent s'envoler le papillon enchanté qui avait élu domicile sur l'un des hauts de forme. Le volatile argenté quitta l'agitation soudaine et son vol le mena en direction d'un des nombreux chapiteaux où la satisfaction du public pouvait clairement s'entendre par des claquement de la main. Evitant le bruit, le papillon vira et se dirigea vers une montagne russe où l'addition des huit dépassait le raisonnable (et la vingtaine). Au moment du passage du papillon aux ailes argentés, les wagons débutaient leur lente montée avec à leurs bords des enfants appréhendant la suite des événements et des voyageurs hilares pour faire bonne figure. Une main innocente voulue saisir l'ornement vivant qui ne l'entendait pas de cette antenne. Il échappa à une étreinte trop forte et descendit en piquée vers la foule, évita une licorne aux proportions aberrantes (et aux couleurs encore plus aberrantes) pour terminer sur une barbe à papa. L'avide propriétaire le chassa de ses gros doigts boudinés. Débuta alors une série de voltiges pour esquiver les passants et trouver une place tranquille. Or, peu d'endroits répondaient à cette description. Hormis peut-être cette gigantesque structure métallique rappelant que l'homme pouvait créer quelque chose de rond.



Le voyageur à la chevelure blonde répondit par la négative concernant la vision d'un papillon argenté mais exposa une idée judicieuse tout en apportant son aimable participation. L'atmosphère de bienveillance générale paraissait avoir aussi pris le pas sur ce voyageur. Toutefois, une impression fugace fit douter la véracité de la gentillesse exprimée. Comme si le jeune homme agissait à contre cœur. Mais cela demeurait qu'une simple impression. De plus, la proposition d'utiliser un pouvoir pour retrouver une créature aussi petite piqua la curiosité de l'aristocrate anglais. Désirant en savoir plus et profiter lui aussi de la vue sûrement splendide vue que pouvait offrir l'immense attraction, il joignit ses mains autour de celle de Clem et le remercia chaudement en accompagnant son geste d'un franc sourire
.

"Souffrez d'accepter mes plus vifs remerciements, vous m'êtes d'un grand secours."

Il relâcha soudainement les mains du voyageur blond en se rendant compte de son emportement et s'inclina légèrement pour excuser son débordement. Il conserva son sourire et ses yeux bleus à demi clos sans défaire son attention de l'autre jeune homme au regard perdu.
Une chaîne d'une centaine d'échassiers passèrent d'un pas chaloupé en sifflant des chansons légères et jonglant avec des quilles enflammées. Le public ravi applaudissait et suivait la file avec entrain, les enfants écarquillant les yeux d'enchantement. Les joies du spectacle ne quittait jamais ces lieux pleins de vie.


"J'vais l'buter, je vais me l'faire ce connard !" S'impatientait Saënoris.

"Mais pourquoi diable voudrais tu l'occire ?" S'interrogeait Khildar.

"J'le sens pas. Il est pas net avec sa gueule d'ange. J'le supporte pas, faut le buter avant qu'il le fasse."

"Moi je le blottirais bien contre mes seins, il est mignon …" Minauda Luëst.

"T'es vraiment qu'une chatte en chaleur !"

"Et toi un pauv' con de fou furieux !"

"Salope !"

"Couteaux de cuisine !"

"T'es bonne qu'à …"

"Cessez sur le champ ces simagrées !" S'interposa Laënoris. "Je savais que ce jeune homme me rappelait quelqu'un. Il ressemble fortement à Ed Free, le voyageur qui fait beaucoup parler de lui."

"C'est ça ! C'est ce con qui peut pas s'empêcher de ramener sa gueule. Je me le ferais un jour, vous allez voir … "

"C'est ça, on verra …" ironisa Khildar.

Tandis qu'Oscar grimaçait légèrement en entendant les inepties de ses démons, le voyageur éperdu exprima son désarroi. A la découverte de son majordome, l'invocateur ouvrit les yeux de surprise mais cela pouvait très bien s'accorder avec la révélation d'ignorance de la part de ce Victor Sven, comme il prétendait se prénommer.
D'ailleurs, une certaine méfiance s'installa au sein des démons envers le nouveau venu. Car il avait la plupart des symptômes d'une arrivée à DreamLand récente. L'évocation d'un bateau vers le France puis de sa venue en cette contrée onirique coïncidait avec un endormissement. Et en tenant compte de ses questions, soit il jouait à la perfection l'ignorant, soit DreamLand était pour lui encore un concept assez flou. Néanmoins, la méfiance ne tirait pas son origine de son aspect novice. Elle prenait source dans l'aura qu'il dégageait. Très faible aura mais qui diffusait une essence que les démons appréhendaient à reconnaître. Préférant laisser le doute planer, ils ne pipèrent mot tout en demeurant attentifs au moindre signe.

Tenant à respecter les conventions malgré la foule aberrante et le bruit incessant, Oscar s'inclina face à Victor, une main sur le cœur et se présenta d'une voix claire, visant aussi Clem dans son salut 
:

"Je me présente, Lord Khildar Oscar Allan Louis Alexander BlackSilver, pour votre distraction."

Il se redressa et évita le rase motte d'une mouette à trois têtes hautes en couleurs pour expliquer au mieux tout en appuyant ses propos par des mouvements balayant les environs (et manquant d'éborgner un troll déjà borgne) :

"Magnifique déduction, vous êtes bien en train de rêver ! Vous vous trouvez au sein du monde onirique nommé judicieusement DreamLand et plus particulièrement dans un des royaumes composants ce monde. "

Il se rapprocha et sourit de plus belle, l’œil lorgnant sur un détail de la tenue de Victor pour s'en éloigner aussitôt et reprendre, tout guilleret :

"Ce royaume n'est autre que Circus Attraction, où la fête est foraine et perpétuelle ! Vous semblez nouveau au concept."

Il jeta un regard intéressé à Clem et proposa en tendant le bras dans une direction aléatoire (mais surtout dans les jambes d'une grue, la machine, pas le volatile, qui passait par là) :

"Pourquoi ne pas se diriger vers cette grande roue ? Non seulement nous serons à notre aise pour discourir mais bien évidemment pour mettre à jour l'emplacement de mon papillon."

L'enthousiasme avait emporté l'envie de meurtre pour le moment mais elle demeurait ancrée dans sa chair et ses démons se feraient un plaisir de le lui rappeler. Alors Circus Attraction verrait ses couleurs disparaître pour assister à l'avènement de ses douleurs.
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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Mer 17 Oct 2012 - 18:54
Comme tout être constitué d'une vie sociale manifestement équilibré, Clem vivait nuits oniriques où il préférait être seul et d'autres où il préférait avoir une ou deux personnes à ses cotés (voir dix fois plus) afin d'avoir de la conversation. Le problème était que, même s'il n'était pas très regardant envers lesdites personnes (surtout après un ou deux verres dans le nez), il restait quand même certaine catégorie de personne dont il restait allergique. Les maniaques homicidaires figuraient en tête de liste suivi par les psychopathes, les communistes et autres gens du même acabit. Toute fois, même si elle est longue en synonyme, il n'y a qu'une seule sorte de classe sociale qui nous intéresse dans cette suite. Ce sont les aristocrates. Ceux là étaient sur la corde raide des cercles sociaux de Clem entre indifférence appuyée et le désir qu'il éprouvait à leur mettre son poing sur la figure afin de se soulager (et de partir en cabane par la même occasion parce que ces salauds ont de la maille). Avec ce nouveau venu aux cheveux opalins, c'était pareil mais en plus appuyé. Comme tous les éléments du monde réel qui trouvait un écho dans le monde onirique : pas de demi mesure en somme. Dreamland n'aimait pas ça et l'agoraphobe qu'il était en se couchant non plus n'appréciait pas ce qui n'était pas un tant soit peu drastique. Le problème était que, quand on vous attrapait les épaules, comme il le faisait, pour remercier chaleureusement le cadet Free (comme il le faisait), Clem ne pouvait, ni l'ignorer, ni lui envoyer le poing sur le nez. Encore que cette dernière option serait peut-être assez drôle du point de vue d'un certain humour potache ou trash mais également mortelle à très court terme. Il y avait quelque chose dans le regard ou dans la posture de cette étrange personne.

Qu'on s'entende bien : Clem n'était pas un expert pour repérer ex nihilo un psychopathe homicidaire (mais c'était bien parce que personne ne pouvait réellement être un "expert" sur autant d'êtres hors norme, original et rare). Toutefois son expérience principalement dreamlandesque lui avait appris à repérer des caractéristiques plus ou moins constantes. Il avait rencontré au fil de ses pérégrinations oniriques. Une belle brochette de psychopathe parlant à leur mère dans leur tête et racontant à leur ours en peluche la belle journée sanglante qui venait de se passer ou tout simplement ceux qui vous tuaient simplement parce que ça leur semble une bonne idée sur le moment. Le problème avec la personne s'étant présenté sous le patronyme d'Oscar (le seul nom que l'agoraphobe avait retenu de son titre), s'était que, parmi tous les moyens dont Clem disposait afin de confondre les personnes à mentalité divergente, il n'arrivait à en placer aucune sur Oscar. Sauf une. Il avait l'impression qu'un sacré glaçon descendait lentement sa colonne vertébrale et lui tannait les nerfs comme du cuir tendu quand il le regardait. Il ne correspondait à aucun de ses stéréotypes mentaux de sociopathe mais son corps réagissait comme s'il en avait un beau en face de lui. Dans le doute, Clem préférait faire confiance à son instinct et il devait maintenant se faire violence pour ne pas dévisager le voyageur, qui était en train d'expliquer au newbie un peu plus précisément que l'agoraphobe l'endroit où ils se trouvaient. Dans la même idée, il tâchait de ne pas tressaillir quand il croisait le regard de l'onirique aristocrate. Ce dernier en avait un très dérangeant aux yeux de Clem. Si celui-ci était habitué à la sensation de converser avec des gens qui donnaient l'impression d'avoir un ange et un démon sur chaque épaule qui discutait du fond moral des décisions de leur propriétaire ; Oscar lui donnait la sensation viscérale qu'il avait au fond de ses yeux, non pas le couple ineffable habituelle mais deux jumeaux démons qui lui chuchotaient des idées d'horribles meurtres ; qui de se battre, ces dernières s’encourageaient mutuellement.


Bien sûr, tout cela n'est qu'une façon littéraire et romanesque de retranscrire les sensations que lui dictait son instinct paranoïaque. L'agoraphobe savait bien qu'il avait là des pensées abscons qu'il ne fallait pas prendre au pied de la lettre. Il savait bien qu'il devait forcément se tromper quelque part (le nombre de démon dans la tête de Khildar par exemple. Pareil pensée n'a jamais atteint les synapses de Clem mais c'était pourtant bien là qu'il se gourait principalement). Il fallait juste qu'il tire une conclusion de ses sensations et ladite conclusion lui enjoignait à la prudence. Ce qu'il aurait fait de toute façon mais c'était en quelque sorte, une façon de se rassurer que de trouver des raisons à sa nervosité.

Lorsque l'aristocrate eut fini d'indiquer au nouveau voyageur les mêmes explications que l'agoraphobe avec plus de mots et moins de rudesse. Ce premier agréa à la proposition du dernier et les enjoignit à partir pour la grande roue. Clem le rejoint avec un
"j'en suis." atone qui ne rendait pas du tout justice à son enthousiaste de voir un royaume aussi haut en couleur que celui-ci d'une excellente hauteur. Il n'était pas véritablement une huitre en ce qui constituait sa capacité à dévoiler ses émotions apparentes mais la présence (ou ce qu'il aimait appeler, "le champ de résonance") d'Oscar le rendait nerveux. Il espérait juste que cela ne se voyait pas. En chemin vers le pied du grand édifice ciblé, il ouvrait un mince passage à travers la foule que ses toutes nouvelles connaissances pourraient suivre en maugréant tout bas quelque chose à propos des rêveurs à la con qui lui bouchaient le chemin avec leur parfaite indifférence générale des gens qui les entouraient et maudit le sort qui les avait enjoint à rêver les mêmes conneries que les autres bande de mouton.

________________

à peu près au même moment, un peu plus loin dans une loge.

Skippy se repassa une minuscule couche de maquillage rouge autour de ses lèvres et se regarda dans le miroir, l'air satisfait. Sa combinaison jaune à carreau violet était agréablement serré autour de son imposant tour de taille et il se frappa amicalement le ventre afin de vérifier l'amplitude de son vêtement. L'air satisfait la encore, il mit en place son gros nez rouge à son emplacement corporel habituel avant de se préparer à quitter sa tente et faire son numéro aux enfants humains rêvant actuellement... ben, de lui. Il adorait les enfants pour cette raison. Il savait que certains humains passaient leur vie à se demander si celle-ci avait un sens ou s'ils étaient important pour des gens et que ceux-ci pensaient à eux. En tant que créature des rêves, Skippy n'avait pas ce genre de considération vu que le simple fait qu'il existe lui prouvait qu'il avait bien une place dans l'univers et l'imaginaire collectif ambiant. C'était toujours bon à prendre bien que quelque fois il s'était surpris à regretter que l'imaginaire collectif ne soit un peu plus rempli d'agent secret au service de sa majesté, beau garçon et charmeur de ses dames. N'importe comment son cœur avait été fait pour qu'il rende service et il aimait bien la plupart du temps faire son métier. Oh... disons neuf jour sur dix. Plus précisément quand il n'était pas de service avec le Clown Blanc.

Un bruit de froufrou indiqua qu'un pan de toile fut soulevé et le Clown Blanc pénétra dans la tente. Aussitôt, un gémissement plaintif sortit des lèvres de Skippy auquel le nouveau-venu n'y prêta aucune attention. Il se planta sans un mot devant le gros clown et examina la tenu de ce dernier comme s'il la découvrait pour la première fois, avec une grimace de dégout.
Mais à sa décharge, le Clown Blanc ne connaissait pas d'autre expression faciale. Son maquillage tout en blanc avait pourtant été pensé pour qu'un grand sourire éclaire son visage de quinquagénaire en suivant la courbe où celui-ci aurait du monter mais ses lèvres restaient désespérément pointées vers le bas, donnant à sa grimace morne une double signification malheureuse, en plus d'un bas du visage hypnotique.

La légende raconte qu'en ses premiers temps, un voyageur killer voulant causer un maximum de dégât dans le royaume s'était retrouvé par hasard devant le Clown Blanc et s'était arrêter perplexe devant la frimousse de sa nouvelle futur victime. Il aurait alors fait jouer son couteau près du visage du clown en lui demandant pourquoi il avait un air si sérieux. Après quoi le Clown Blanc lui avait simplement attrapé la tête et l'avait écrasé contre une poêle faisant habituellement rôtir des popcorns et lui avait ensuite embroché l'oreille avec une barbe à papa.

Ah oui... parce que le Clown Blanc était méchant ; il faisait pleurer les enfants.

Ainsi quand il entrait dans votre tente et vous dévisageait exactement comme il était en train de le faire avec Skippy, c'était qu'il avait en tête de vous inclure en tant que faire valoir à une de ses petites opérations souvent extra-légales et où la direction fermait les yeux parce que la direction savait quelle légendes étaient fausses et lesquelles on avait transformé en légende afin de ne pas trop réduire le flux de visiteur.
Après un long examen au cours duquel Skippy avait eu le temps et l'envie de faire plusieurs fois dans sa culotte, Le Clown Blanc conclue son inspection avec un reniflement méprisant.

"Vous allez me suivre... clown Skippy, j'ai un travail à vous confier". Le clown parlait d'une voix sans aucun rythme excepté duquel ses étranges pauses comme s'il pensait à ce qu'il allait dire la deuxième moitié de sa phrase seulement après avoir terminé la première. Pris au fait d'une terreur intense, Skippy commit l'erreur de tenter de discuter.
"Mais, j'ai mon tour à faire, ensuite on pourra...
-Non, d'abord vous me suivez... et ensuite vous faîtes votre tour. Allez dépêchons, vous partez devant, retrouvez moi... à la queue de la grande roue.

-On va monter dessus ? Skippy affichait un visage ravi et frappait ses mains l'une contre l'autre. Contre toute attente mais n'importe quel plan démoniaque organiser par un clown à moitié dépressif n'effaçait pas l'enthousiasme d'un autre clown à moitié surexcité de faire une attraction familiale.
-Oui et non, nous allons surtout... chercher un papillon.

__________

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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Lun 29 Oct 2012 - 16:49
Dreamland.
Le nom avait finalement été lâché.

Le dénommé Oscar lui avait donné raison : Victor rêvait. Un concept des plus fou sortant de l'imagination d'un artiste qui se voyait prendre réalité. Cette révélation le laissa pantois un instant, le temps d'intégrer dans son esprit l'idée d'un monde onirique et pourtant réel 

Pendant qu'ils suivaient l'individu aux cheveux roux qui semblait maugréer contre l'humanité entière, Victor se posait un nombre de questions tel qu'il ne sut dans quel ordre les poser et resta muet. La plaine entière du Royaume des Doutes n'aurait pas suffit à réécrire le nombre d'interrogations qui lui trottaient dans la tête, se bousculant pour toutes sortir en même temps se réussir à décider d'un vainqueur, bloquant ainsi leur seule issue.
Il finit tout de même par s'exprimer en demandant : « Circus Attraction... Dreamland, cet univers, a donc une carte ? J'ai cru comprendre que nous nous trouvions ici dans la zone 1. Il y en aurait d'autres ? »

Pendant leur discussion, les trois compères s'approchaient de la grande roue. Cette gigantesque attraction n'aurait jamais pu voir le jour dans le monde réel tant sa structure semblait précaire et changeante. En effet, la roue ne se contentait pas de tourner bien sagement. Non, cela n'aurait eu aucun intérêt pour Dreamland. Celle de Circus Attraction non seulement tournait à vitesse variable, mais en plus rebondissait plus ou moins légèrement sur elle-même, comme montée sur un piston, alors que les sièges semblaient pouvoir se surélever selon leur bon bon vouloir.
Inutile de préciser que la queue pour atteindre cette attraction unique en son genre était longue. Les gens se pressaient autour de l'entrée sous les cris divers et variés des rêveurs et créatures de rêves qui jubilaient ou étaient effrayés des péripéties aléatoires de la roue rouge métallisé avec, en son centre, une gigantesque étoile jaunâtre.

Le stand était une petite tente de toile blanche et rouge dans laquelle se trouvait un petit clown chauve au maquillage criard. La créature hurlait régulièrement de rire sans raison apparente. On entendait d'ailleurs distinctement cette éructation malgré le brouhaha ambiant continu.

Alors que le petit groupe s'approchait du stand pour entrer, Skippy, qui poireautait un peu plus loin, fut rejoint par le Clown Blanc. Tous deux se dirigèrent vers l'entrée de l'attraction, non loin derrière les voyageurs.


hrp:
 
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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Mer 7 Nov 2012 - 21:39
It's a small, small World

L'humeur du voyageur à la tignasse blonde dénotait avec la liesse qui soulevait de manière perpétuelle la foule qui se mouvaient au sein de ce Royaume festif. Malgré sa réticence exprimée par une réponse aussi simple que dénuée d'enthousiasme, il acceptait l'idée de partager quelques instants en compagnie de l'aristocrate et du nouveau venu au monde des voyageurs. Après tout, l'idée de s'élever pour mieux appréhender l'environnement qui les entourait et faciliter l'identification de la position du nœud papillon était de son fait. De plus, il avait proposé de porter assistance à cette recherche grâce à son pouvoir.
Ce manque d'allégresse fut remarqué par le voyageur démoniaque dont les invocations ne cessaient de lancer des imprécations à l'encontre du jeune homme rappelant une figure montante de la scène de DreamLand. Cette ressemblance frappante avec le dénommé Ed Free titillait une curiosité qui réclamait sa ration. Venait s'ajouter à cela l'attitude étrange du voyageur blond et il lui était impossible d'échapper aux regards en coin de la part de yeux bleus glacial. D'ailleurs, il semblait à l'invocateur que le jeune homme évitait de croiser son regard avec celui pourtant pétillant du propriétaire du papillon enchanté. La raison de cette méfiance attisait la verve sadique du démon préposé à la torture qui n'en finissait pas de conter un menu sanglant où le pauvre Clem composait l’entièreté des plats mais pas en un seul morceau. Les divers assortiments de chair et de sang s'agrémentaient de recettes malsaine où l'utilisation d'un chat et d'un chien paraissait indispensable, ainsi que d'une pomme et d'une cuillère.
Étrangement, le reste de la troupe démoniaque avait finit par rejoindre le mouvement et chacun y allait de sa pique. Apparemment, la ressemblance avec le trop renommé Ed Free n'aidait pas à s'attirer les sympathies du public. Les remarques acerbes sur son physique de brindille de la part de Luëst succédaient aux critiques ouvertes sur son manque d'éducation qui offusquait Laënoris tandis que Khildar ricanait dans son coin en évaluant ses chances de survie. Toutefois, Oscar ne rejoignait en rien ces avis négatifs et ne souhaitait pas pour le moment importuner ce jeune homme timide. Celui qui l'inquiétait plus était l'autre protagoniste. Il était ardu pour le voyageur à la barbiche teinte de rouge de connaître les raisons de son ressentiment. Néanmoins, il était indéniable que si l'occasion lui était donné d'interroger ce nouveau voyageur un couteau à la main, la lame glisserait rapidement sur la peau dans le but avoué de creuser des sillons sanglants. Il émanait de cette personne à l'air perdu une impression de dangerosité, sans qu'il en ai conscience. En fait, tandis qu'Oscar avançait tranquillement en jetant des coups d’œil à ses deux compagnons nocturnes et en brisant le courant des rêveurs et des créatures d'une détermination placide, le voyageur issu du Royaume des Démons comprit d'où lui venait les alertes de son instinct. Cet être lui rappelait son royaume. Cet endroit qu'il avait si peu visité qu'il aurait été incapable d'en retrouver le chemin. Quand bien même il aurait été capable de le faire, la volonté de s'aventurer dans un tel endroit lui avait toujours fait terriblement défaut, au grand désespoir de son Seigneur.
Ainsi lui était apparu aux détours de ses réflexions ponctuées des envies sadiques de ses démons l'origine de sa méfiance envers ce Victor Sven.

Cependant, la bienséance et l'envie d'en savoir plus sur ces deux personnages dissimulèrent les méandres de son esprit derrière un visage souriant et des gestes grandiloquents, au risque d'éborgner plus d'un bambin dans les bras d'une mère. Seuls ses yeux reflétaient sa véritable nature, à la fois froide de meurtre et bouillante de curiosité. Une subite envie de projeter avec flegme un de ces enfants braillards contre un mur pour ensuite lui enfoncer la tête avec acharnement dans une machine à barbe à papa le traversa, mais elle ne dura qu'un bref instant.
Il répondit alors, écartant les bras, ce qui fit soulever les pans de sa longue veste blanche ouverte et dévoila sa chemise rouge, d'une voix digne des annonciateurs d'un numéro de cirque exceptionnel
 :

"Et comment ! La dangerosité des lieux augmentent avec les zones. "

Le ton se fit plus confidentiel. Il se rapprocha pour souffler :

"Point de carte à ma connaissance, beaucoup s'y sont essayés, peu y sont parvenus, tant le travail est de Titan."

Il s'écarta à nouveau et demande poliment, gardant un rythme de marche instable ; accélérant le pas lorsqu'une faille se profilait puis ralentissant brusquement à la fermeture d'une muraille plus ou moins humaine :

"Ainsi donc vous êtes nouveau au concept de rêvé éveillé. Auriez vous souvenir de vos récentes nuits, qu'avez vous vu ?"

Il se retourna complètement et prit par les épaules Clem pour ajouter :

"Nous sommes très intéressés. N'est ce pas … Mais la pensée me traverse, votre nom m'est inconnu !"

Il regardait le jeune homme d'un air faussement indigné et attendait la réponse avec impatience. L'idée de la manœuvre était naturellement de connaître son identité. Grossière ou non, qu'importe, il devait savoir.

Alors que la conversation se poursuivait, ils atteignirent la file d'attente menant à la grande roue, destination principale pour le moment. Emporté par son élan, Oscar fendit la foule et ne se soucia guère des rêveurs qui patientait tranquillement en commentant le passage de clowns ou d'échassiers, ou encore d'un lion à trois cornes sur un monocycle.
Finalement, son mouvement se vit brutalement arrêté par l'intervention d'un groupe de rêveurs plutôt agressifs. Ils témoignaient d'un niveau intellectuel bas et d'une position sociale que l'aristocrate jugerait d'inconfortable. Issus de quartiers défavorisés, nourrit au Rap percutant et élevé dans la dure loi du plus fort, les intervenants arboraient des vêtements dont Oscar n'userait même pas pour une œuvre représentant la plèbe française et dont Saënoris ne se torcherait même pas le cul.
La main présentée pour signifier l'arrêt et la réplique qui suivit n'éleva pas le niveau et l'anglais soupirait déjà
 :

"Tu passe pas, mec, ou on te charcute le bec."

"Jolie rime". Commenta Oscar.

"J'vais te charcuter tes dents et m'en servir comme rasoir pour t'arracher les poils de cul !" La cible changea pour Saënoris, mais la verve était toujours de mise.

"Quelle vulgarité. Elle transpire par tous les pores de leur peau crasse." Le regard hygiénique de Laënoris avait déjà relevé bon nombre de défaut de lavement.

"Un coup dans les boules, ça devrait leur remettre les idées en place à ces connards !" La démonette ne supportait pas ses stéréotypes ambulants qui dévalorisaient l'image de la femme.

Bien que l'intervention soit totalement justifiée et que l'agressivité exprimée ne soit pas si blessante, la réaction des démons demeuraient exagérés.
L'aristocrate anglais ouvrit à nouveau la bouche aux lèvres blanches pour prononcer d'une voix glaciale
 :

"Ayez l'obligeance de vous ôter de mon chemin, malandrin. Dans le cas contraire, il sera de mon devoir de vous apprendre le respect par des détours qui vous égratigneront certainement."

"Hein ? "

L'air ahuri des cinq gaillards fit pouffer Luëst et augmenta l'envie sanglante du démon sadique. Cependant, Oscar demeura de marbre. Il ne bougeait plus et son maquillage intégral intensifia l'impression que les rêveurs provocateurs s'échinaient contre une statut. Une sorte d'humiliation par l'inaction.

Pendant ce temps là, deux clowns avançaient eux aussi dans la file d'attente avec pour objectif un papillon aux ailes argentés. Papillon enchanté qui contemplait silencieusement le ciel alors qu'en bas, une bagarre se profilait. A moins que la tension ne soit éventée par une intervention salvatrice.
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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Jeu 8 Nov 2012 - 18:43
Dans un sens purement intellectuel, Clem se considérait bien distinct de l’énorme majorité du règne animal. Pensant comme tous les profanes philosophiques que sa pensée se situait au delà du mammifère moyen. Il rejetait donc tout naturellement l’idée qu’il puisse être doté d’un instinct ou d’un quelconque sixième sens arachnide l’avertissant d’un danger. Plusieurs fois il avait sentit ses entrailles se tordrent et tous ses sens lui indiquant qu’il se trouvait dans le voisinage d’un maniaque homicide ; seulement ces sensations avaient lieu après confirmation du danger. Là, il y avait droit avant. Son penchant naturel pour la paranoïa l’obligeait à en tenir tout autant compte. la menace pouvait bien évidemment venir d’un élément quelconque mais il choisit de soupçonner les deux voyageurs qui l’accompagnaient. Quoique qu’entre le nouveau à l’air inoffensif et l’inconnu au regard fallacieux, il avait vite fait de choisir qui surveiller. Pour l’instant, le voyageur au teint laiteux répondait au question de Victor avec un ton et un choix de mot que Clem ne pouvait s’empêcher de trouver menaçant. Après qu’il en ait fini sur le chapitre cartographique de Dreamland, l’agoraphobe ne pu s’empêcher de se tourner vers le tout nouveau voyageur et de compléter les informations données par leur troisième compagnon :

« En tout cas on sait maintenant que Dreamland est découpé en cinq zones, la deuxième et la troisième étant les plus grandes et les plus peuplés. Après oui, plus leur chiffre accolé est grand et plus le risque associé de s’y aventurer est élevé mais c’est relatif : dès la zone un, le danger reste mortel. »

Ils continuèrent de marcher, Oscar demanda poliment (c’en était presque un euphémisme… bordel Oscar était tellement maniéré qu’il pouvait certainement vous tuer poliment) les précédentes aventures du newbie mais c’est quand il fit volte-face et prit Clem par les épaules que le voyageur faillit se mettre en garde et se déloger de son étreinte. La question était innocente et le simulo-aristocrate s’enquierait seulement du vouloir connaître le nom de l’agoraphobe mais ce dernier trouva tout simplement la formulation malsaine. L’utilisation de la première personne du pluriel lui donnait l’impression de converser avec Gollum, la question laissé en suspens juste après n’améliora pas les choses. Même si la présence de Victor pouvait expliquer l’utilisation de ce pronom personnel. « Clem Free » répondit t-il gêné, et l’intermède patronymique s’arrêta là.

Ils arrivèrent finalement à la queue de la fameuse grande roue. Oscar ne prit même pas la peine d’y pénétrer et passa sur le coté instantanément comme si de sa vie, le principe d’une fil d’attente ne lui fut jamais expliqué. Clem lui donnait raison de ce coté là. Certainement composé en énorme majorité de rêveur ; ceux ci sont tellement atones que personne ne devrait intervenir pour empêcher le groupe de voyageur de passer. Sauf si bien sûr, des personnes se prenant pour des justiciers rêvaient qu’ils empêchaient un groupe de grugeur de leur passer sous le museau.

Et le moins que l’on pouvait dire, c’était que ces justiciers là ne ressemblaient pas à ceux des contes populaires : Clem soupçonnait ceux-ci de sortir d’un groupe social faisant des recherches sur la capacités de l’homme à redescendre à l’état primate. L’esprit de meute, la meute, l’habituel intimidation introductive du mâle dominant ; l’agoraphobe s’attendait à tout instant à recevoir un fruit sec sur la tête.
Etant donner que leur mâle dominant à eux répondait au leur (mais, de manière bien plus classe, il fallait bien le dire ; l’autre était déjà perdu), Clem recula de suffisamment de pas pour se mettre au niveau de Victor :


« Ces mecs là ont les appelles des rêveurs. Des humains comme toi et moi sauf qu’ils ne sont pas devenu des voyageurs… comme toi et moi. ils sont généralement lent d’esprit, apathique, faible et ils ne se rappellent qu'un seul de leurs rêves sur dix enfin, pas la peine de t’expliquer comment tu étais quand tu rêvais « normalement ». Et vu que tu es nouveau, il faut que tu apprennes à te battre : plus un voyageur passe de temps à Dreamland et plus sa force augmente. Notre ami Oscar ici présent n’aurait aucun mal à prendre l’un d’entre eux pour taper sur un autre. Oh et inutile de te dire qu’ils n’ont pas de pouvoir. »

Clem savait que son rapide cours était terriblement lacunaire en information mais Victor n’aura qu’à poser des questions que l’agoraphobe devinait à l’avance vu qu’il savait quel élément il avait volontairement omis de préciser vu que ladite précision allait amener d’autre sujet de conversation aussi long à expliquer. Et il ne fallait pas oublier qu’ils étaient techniquement en train de se faire agresser. Enfin « techniquement »… trois voyageurs contre un, deux, trois… cinq rêveurs ; cela s’apparentait plus à un génocide qualifié.

L’agoraphobe s’avança ensuite pour se mettre au côté de Oscar pour lui apporter un relative soutien. Enfin… pas tellement : il voulait surtout s’amuser comme il l’avait fait en usant d’un langage soutenu qu’ils ne devaient pas entendre tous les jours. Ce genre de situation amusait terriblement Clem et il comptait jouer un peu aussi (même en considérant qu’Oscar avait parler de sa façon usuelle ce qui était parfaitement possible) :

« Je ne saurais vous conseiller d’écouter les conseils de mon compagnon, car en n’y prenant pas garde, vous risquer de provoquer une certaine hostilité de sa part. Une malveillance si extrême qu’elle se manifestera sans doute en actions punitives d’une telle sévérités que vous souffrirez de transformations anatomiques aussi douloureuses que traumatisante. »

Après avoir bien profiter de la vision d’une belle bande de regard ahuri, Clem tourna la tête et fit un clin d’œil encourageant à Victor, comme pour lui indiquer que c’était à son tour de s’amuser.

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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Ven 9 Nov 2012 - 15:17
Ainsi, Dreamland était un immense univers composé de différentes zones de plus en plus dangereuses dont il n'existait aucune carte. Ce mystère était des plus intéressant et Victor sentit qu'il allait se plaire ici. Bien que, semblait-il, on puisse mourir dans ses rêves. Il voulut d'ailleurs poser une question à ce propos mais Oscar le devança :

« Ainsi donc vous êtes nouveau au concept de rêvé éveillé. Auriez vous souvenir de vos récentes nuits, qu'avez vous vu ? Nous sommes très intéressés. N'est ce pas … Mais la pensée me traverse, votre nom m'est inconnu !
- Clem Free, se contenta de répondre le troisième larron avant de continuer sa route d'un air morose.
- Heureux de vous rencontrer... » répondit Victor dans son dos. Après un court instant, il répondit à l'homme au langage soutenu : « Eh bien, c'est ma première nuit ou je ressens réellement cela. Enfin... Mis à part la nuit dernière dans cette étrange cathédrale. J'ai eu l'impression de m'éveiller puis je me suis... et bien, réveillé. J'étais bien loin de me douter que la nuit suivante serait du même acabit. »

Le temps de discuter, les trois voyageurs étaient arrivés à destination. Il fendirent la foule sans s'embarrasser de l'attente jusqu'à tomber sur un groupe de cinq individus qui leur barrèrent la route ne semblant rien comprendre aux piques fort développées de Messire Oscar.
Clem se recula à sa hauteur, et lui expliqua qu'il s'agissait ici de rêveurs et que ceux-ci n'avaient pas de pouvoirs avant de s'avancer vers eux et prendre part à la discussion d'intimidation.

Des pouvoirs ?
Donc Victor aussi était censé avoir des pouvoirs ? Il avait cru comprendre, en effet, que Clem en avait via ses dires. Mais d'ici à ce que lui en ait également, c'était étonnant ! Et la puissance d'un voyageur augmentait au fil du temps passé à Dreamland ?

Bon sang, dans quel jeu était-il tombé...

Les cinq individus, préférant obéir gentiment aux stéréotypes qui permettaient ensuite aux gens qu'ils critiquaient de pouvoir continuer leurs critiques, se virent complètement démunis d'un point de vue vocabulaire face aux deux voyageurs. En effet, ces derniers utilisaient des mots bien trop compliqués pour eux, et rien de ce qu'ils disaient ne pouvait avoir d'impact.
Victor connaissait ce genre de petites frappes s'appelant eux-mêmes des racailles. Il n'existait que deux solutions face à eux : battre en retraite pour leur donner une illusion de mâle dominant sur leur petite jungle imaginaire, ou les détruire physiquement puisque les mots ne pouvaient les atteindre. Quelque part, leur ignorance était leur faible force.
Au vu du comportement de ses deux compagnons, Victor comprit que eux, en tout cas, ne battraient pas en retraite. Il s'avança donc vers le porte-parole des troubles-fête en faisant signe aux deux hommes qui l'accompagnaient de le laisser parler, et lui annonça :

« Ecoute-moi bien car je ne me répèterai pas. On n'est pas là pour chercher la merde que ce soit avec vous ou avec d'autres. Donc reste cool et laisse-nous passer, on vous emmerdera pas. »
Le jeune homme s'occupa de prendre un rire moqueur exagéré immédiatement suivi par sa petite troupe de fanboys.
« Eh ! Toi et tes potes bourges, là ! Vous croyez pas faire la loi ici ! Nous on te prend quand on veut alors fout le camp ou on te fout une branlée !
- Je ne peux qu'être impressionné par le courage qu'il vous faut pour m'attaquer à cinq contre un, vraiment. C'est très impressionnant ! Néanmoins les cons dans ton genre je les connais. Vous faites pas le poids toi et ta bande de poules ricaneuses. Alors si vous voulez la baston, c'est vous qui voyez. Mais faudra pas venir vous plaindre quand vous arriverez plus à parler, la gueule en sang et les gencives à terre.
- T'as dit quoi, là ? J'vais t'éclater la tête !
- … On va jouer, répondit calmement Victor en se plantant droit comme un I face à celui qui semblait être son futur adversaire. Je te laisse un coup gratuit. Allez vas-y, j'attends ! »

La racaille auto-proclamée exulta d'un rire moqueur en se tournant vers ses camarades. Le voyageur, quant à lui, resta planté sans bouger. L'autre se retourna soudain en lançant un coup de poing à destination de la mâchoire de Sven. Celui-ci s'y était préparé et esquiva le coup sans le moindre effort en attrapant de la main gauche le bras de l'agresseur. Le tenant toujours et une lueur sadique dans le regard, il commenta d'une voix calme : « Raté. » en reculant son bras droit paré à frapper.

C'est là que le phénomène se produisit.
Alors que son bras était toujours en arrière, des milliers de filaments noirs huileux se propagèrent à vitesse grand V depuis son épaule sur tout le bras recouvrant celui-ci d'une large peau noire et le faisant doubler de volume. Victor frappa alors son adversaire qui, sous l'impact, fut projeté en arrière et traversa le stand d'en face en une explosion de planches colorées.
Ce n'est qu'à ce moment là que le Padre découvrit son bras. La vision de ce monstre noir griffu lui arracha un cri de surprise et le fit reculer d'un pas. Puis il comprit soudainement et fixa sa main en la tournant sous tous les angles.

« Ce serait donc mon pouvoir ?... »

Il n'eut pas plus de temps pour admirer son œuvre. Les quatre sous-fifres étaient passés à l'action et l'un d'eux asséna un violent coup de poing à la tempe de Victor qui chuta au sol, sonné. Les rêveurs n'avaient certes pas de pouvoir, mais il s'agissait de leur rêve et leur force en devenait totalement imprévisible.
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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Jeu 15 Nov 2012 - 16:44
Too small World ...

La statue immaculée qui faisait face contre les assauts verbeux et vulgaires se fissura en un fin sourire lorsque le blond voyageur apporta sa part dans la démonstration de la pauvreté intellectuelle des opposants aux habitudes vestimentaires situées au même niveau que leur capacité d'expression. L'intervention de Clem fut salué par une ouverture buccal générale que jalouserait la démonette de la Luxure si elle n'était pas occupée à insulter d'une verve féministe ces représentants du mâle misogyne.

"Après cette magnifique diatribe, il est de bon ton de revoir notre jugement concernant ce jeune homme. Son langage ne fait écho aux agissements de son frère." Laënoris avait apprécié les paroles relevées.

Bien que la nouvelle de son affiliation avec le trop nommé Ed Free avait enflammé sur le moment le mécontentement des démons qui ne supportait pas la sur médiatisation du frère et avait catalogué le cadet à la même page de voyageur m'as-tu-vu, la rencontre avec les phénomènes de basses extractions avait détourné leur attention. De plus, après cette marque de noblesse verbale, Clem était monté dans l'estime de la plupart des démons. Saënoris l'avait déjà oublié et cherchait diverses moyens d'arracher les membres tout en produisant le plus de sang possible. Luëst se ravissait de ne pas s'être trompé sur le compte de ce mignon jeune homme et repartait dans des discours où la place de la femme rappelait les amazones. D'ailleurs, Oscar trouvait dommage qu'il soit le seul à en profiter. Quant à Khildar, il se contentait de ricaner en insufflant des remarques déshonorantes.

Seulement, la puissance des mots ne reçoit parfois aucune écho, même dans le cas de crâne vide de toutes réflexions et l'apprentissage oral devient une cause perdue. Cette configuration désespérante s'était matérialisée en la personne de cinq gaillards beuglants.

C'est alors que Victor Sven s'avança et usa d'un langage plus familier avec des interlocuteurs plus enclin à laisser parler leurs poings. L'interprète suscita des réactions plus vive et un haussement de sourcil de la part du voyageur démoniaque qui demeurait parfaitement droit, les bras le long du corps à détailler les expressions faciales du meneur de cette bande de grognards.
La pilosité sourcilière ne fut pas la seule chose qui s'éleva et le ton suivit le mouvement ascendant. Suite à un rire moqueur, le guide anti-spirituel des dénués de pensées désira asséner à celui qui comprenait leur langue un coup de poing. Ce poing fut bien déçu de voir qu'on avait raté son rendez-vous et son propriétaire fut bien marri de voir son attaque bloquée d'une main experte
.

"Et si ferme …" Minauda Luëst. "Ces mains me laissent rêveuse …"

Par contre, la suite produisit moins de rêve et un mouvement de recul de la part de l'aristocrate qui afficha un visage des plus surpris. Il se rattrapa prestement en espérant ne pas avoir perdu trop de prestance et ne put se détacher de la vision de filaments à la consistance et couleur évoquant une encre épaisse recouvrir peu à peu le bras du nouveau voyageur.
Derrière son visage de marbre ses démons s'agitaient et la cible des remarques changea derechef. Tandis que le bras aux allures cauchemardesques envoyait le meneur dans l'étreinte boisée d'un stand, la méfiance inspirée par l'aura qui se dégageait de Victor était confirmée par le rayonnement un peu plus intense de cette aura si particulière pour ceux issus du No man's Land. L'homme qui prenait désormais conscience de son pouvoir appartenait à ce royaume, c'était indéniable. Les commentaires allèrent bon train à l'esprit d'Oscar qui se félicitait de son instinct et ne bougeait toujours pas, même lorsqu'un autre membre de la bande frappa l'insolent qui avait osé toucher (et de fait sonner) leur chef adoré
.

"Bute le, bute le, bute le, BUTE LE BORDEL DE MERDE !" Criait Saënoris. "Je refuse de retourner sous la direction du vieux con. Tu vas me faire le plaisir de lui écraser la tête, vite fait, sang frais."

"Tu avais raison Oscarou, c'est un méchant. Fais lui cracher ses tripes à ce salaud !" Luëst était entrée dans une colère étrange et si elle avait été de sortie, il n'aurait pas resté grand chose du pauvre Victor. ( De Clem aussi, mais pas pour les mêmes raisons)

"Pour notre sécurité, il me paraîtrait judicieux de mettre fin à l'existence de ce voyageur." Avare de paroles superflues, le majordome démoniaque allait à l'essentiel d'un ton glacial.

"Oscar, fais attention. Je sais à quoi tu pense mais n'oublie pas que nous ne savons rien de lui." Khildar avait le privilège d'accéder à une partie plus importante de l'esprit de son créateur et connaissait par conséquent des pensées que les autres ne pouvaient entendre.

L'aristocrate hocha la tête et conserva son sourire pour le transformer en témoignage de son envie carnassière. Il détourna ses yeux bleus flamboyant de meurtre du corps étendu de son nouveau rival et prêta une esquiva attentive au poing maladroit d'un membre.
Non content de considérer son attaque comme futile, le gars continua avec une détermination propre aux imbéciles. Chacune des manœuvres d'évitements l'exaspérait encore plus et sa dépense en énergie augmentait exponentiellement. Toutefois, contrairement à cette merveilleuse fonction, lui n'était infini. Après avoir joué d'indifférence face aux poings et pieds lancés contre son auguste personne, l'invocateur démoniaque recula d'un bond léger pour prendre appui sur sa jambe gauche et envoya son genou droit saluer aimablement le menton du vulgaire. Projeté en arrière, la tête entraîna le corps au sol.
Le sublime soleil fut obstrué du regard du gars par la vision terrifiante d'un visage au sourire exagérément étiré aux yeux éclatants de sadisme. Une vive douleur dans le thorax l'informa qu'un pied tentait de briser son plexus. Puis ses nerfs prirent le relais et indiquèrent que certains côtes venaient d'être brisées par un poing ganté. Enfin, Son entrejambe lui jeta la pire des nouvelles : un talon avait explosé un testicule.

Se redressant avec grâce dans la fumée provoquée par le réveil douloureux du rêveur, Oscar observa les alentours en quête de souffrances plus festives à donner. Le chef s'échappait des planches du stand et secouait la tête, hésitant à la marche à suivre. Clem se débrouillait contre ses adversaires. Victor Sven émergeait des limbes. Deux clowns semblaient discuter de la marche à suivre pour atteindre la grande roue. Une girafe à vélo passait non loin. Les rêveurs se désintéressaient de l'attraction à cause de l'agitation présente. D'autres voyageurs restèrent pour regarder. Des clowns bleus chargés de la sécurité se profilait au loin sur des monocycles.
Le voyageur à la longue veste blanche se posa devant l'autre voyageur démoniaque et lui tendit la main, que le bras ait retrouvé son état original ou non. Il n'avait cure de cette forme et était capable de résister. De plus, la manœuvre consistait à attraper le morpheur et à l'envoyer contre un des rêveurs bagarreurs pour équilibrer le combat.

Une nuit pleine de surprises, vraiment.
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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Lun 19 Nov 2012 - 19:14
Quand Victor s’avança à son tour vers la drôle de compagnie auquel ils faisaient face, il usa d’une dialectique bien plus terre-à-terre et rurale. Cette dernière eut au moins le mérite d’être compréhensible par la gangrène sociologique à laquelle il s’adressait. Les cinq membres du groupe se concentrèrent vers cette troisième tête. Leur meneur lui répondit, même ; comprenant enfin le langage avec lequel on s’adressait à lui. Un exploit qu’Oscar et Clem n’avait pas atteint (à dessein pour le second et sans avis pour le premier : Oscar parlait peut-être à son poisson rouge comme à Louis XIV). Seulement, en digne gentlemen du trio, le dénommé Sven laissa son futur adversaire porter le premier coup ; ce qui était gentil. ce qui l’était moins, c’était de parer ledit coup et de contre-attaquer dans la foulée. Un vrai gentlemen badass se prenait le poing sur la figure intentionnellement, reculait d’un ou deux pas s’il avait envie de donner dans la fausse modestie avant de cracher du sang (un de la glaire, si son adversaire était véritablement une petite frappe) et de déclarer qu’il n’avait rien senti ; un sourire carnassier esquissant ses lèvres.

Même si Clem ne se prêtait généralement pas à ce petit jeu d’intimidation, il en connaissait les règles. Son pouvoir n’était pas assez impressionnant pour pousser d’éventuels adversaires à la fuite. Il fallait quand même lui donner ça, à Clem : il n’avait pas un pouvoir qui donnait à son bras un mix symbiotique entre l’Ogdru Jahad et un Alien sortit d’un film expiant les peurs de l’Occident sur le feu nucléaire.
Hmm… on s’égare ? Bon et bien pour résumer, disons que Victor avait tout d’un démonophobe. Clem comprenait un peu mieux à quoi faisait référence sa mention d’une « étrange cathédrale ». Le jeune adulte préférait ne pas tenter d’imaginer ce à quoi Victor avait été confronté quand il avait du vaincre sa peur au cours de son « premier songe » comme disait Clem. Tout à ses pensées, l’agoraphobe ne remarqua absolument pas le recul et l’expression menaçante et songeuse de l’aristocrate. Victor se tourna ensuite vers ses deux compagnons et leur demanda si cette manifestation symbiotique que n’aurait pas renié l’Anté-Christ était la manifestation de son pouvoir. Il se fit ensuite plus ou moins assommer d’un coup dans le dos (enfin, plutôt d’un coup à la tête mais pas au dos de la tête, plutôt un coup à la tempe qui venait… ben heu… du dos). Victor venait d’apprendre un peu abruptement qu’il valait mieux éviter de poser des questions en plein combat. L’ennui quand on apprenait à ses dépens, c’était qu’on avait droit qu’à une seule leçon. Fort heureusement pour le démonophobe, Clem et Oscar allait s’assurer qu’il puisse encore prendre des cours.

Comme le cadet Free s’en doutait, l’aristocrate sel et poivre n’avait vraisemblablement pas besoin d’aide. Sa petite passe martial avec son adversaire dura tellement plus de temps qu’elle n’aurait du en consommer et l’avantage partait tellement du coté du voyageur que Clem soupçonnait ce dernier de jouer avec sa victime plus qu’autre chose. Un peu comme quand vous jouiez à un jeu vidéo dont le gameplay vous permettait d’affronter une bonne dizaine adversaires comme si le nombre composant leur groupe était un détail négligeable. On usait souvent de toute sa science destructrice pour estourbir promptement les neufs premiers malandrins. Le dernier se faisait le plus souvent éliminer du combat après un affrontement à sens unique où le héros y mettait une lenteur à achever le pauvre bougre qui confinait au sadisme. C'était comme ça que l'agoraphobe voyait le "combat" entre Oscar et ce rêveur. Clem aimait bien trop les chats pour comparer ce voyageur avec un félin jouant négligemment avec sa proie sans défense.

La façon dont le rêveur termina le combat sous les coups d'Oscar fit embuer les yeux de Clem par pure empathie. On aurait pu s'attendre qu'une personne aussi maniéré que ce voyageur mystérieux ait un certain sens du civisme lors d'un pugilat mais peut-être que chez Oscar, son civisme se manifestait par le fait qu'il n'avait donner qu'un seul coup de talon... peut-être.

C'est quand les deux derniers rebuts (ou rébus ?) sociologique s'avancèrent vers Clem qu'il put maudire encore une fois son physique de carotte. Le fait d'être gaulé comme un petit doigt attirait ce genre d'individu comme le sang attirait les requins où que le fromage de chèvre attirait les mouches. Même si son statut de voyageur lui laissait les meilleures chances de succès, Clem était toujours parti pour, non se battre à fond, mais se battre sans jouer. Cela incluait le fait que son style martial était brutal, rapide et un peu vulgaire il fallait l'admettre. N'importe comment il ne cherchait que l'efficacité.
Au lieu de reculer d'un pas quand son premier adversaire vint lui porter un coup, l'agoraphobe avança. Même bien entrainé, un combattant n'avait pas forcément l'habitude de voir son nemesis infiltrer ainsi sa sphère privée et le charlot perdit du temps à analyser l'attitude de Clem. Ce dernier lui enfonça dans le même mouvement son poing au niveau du foie. Avec pour effet instantané une perte temporaire de la sensation provenant des jambes. Pendant que son adversaire s’affaissait sur lui-même, Clem lui attrapa le bras et leva ce dernier pour tendre le membre et lui présenter l’articulation du coude. L’agoraphobe donna un violent coup de pied dedans, il y eut un craquement immonde (signe souvent indubitable que Dame nature et la Physique se livrait une petite guerre interne) et le voyageur lâcha un adversaire hurlant qui avait à présent un bras se pliant selon un sens de orthodontie qui prêtait à grimacer. Devenu une boule de chair tremblante de douleur, il ne constituait plus une menace.

Il allait à présent s’occuper du deuxième quand il aperçu du coin de l’oeil la manœuvre de ses deux compagnons. Émettant intérieurement de sérieux doutes quand à l’efficacité de lancer ainsi Victor comme un fléau démoniaque, l’agoraphobe recula ; histoire de ne pas se le prendre dans le blaze.

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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Lun 8 Avr 2013 - 22:49
"Come on, everybody let's funk with it ! "

Parmi les attractions qu'il était possible de rencontrer dans un cirque se trouvait le canon humain. Le principe était enfantin et lorsque tous les artifices autour disparaissaient, il ne restait plus qu'un banal homme qui se faisait propulser dans un filet pour le bonheur des plus gentils et la déception des plus sadiques. Beaucoup de bruit pour pas grand chose finalement. Circus Attraction possédait naturellement ce genre de spectacles, souvent adaptés à une sauce que certains jugeraient trop épicé.
Par le lancé de Victor le voyageur aristocrate à ses heures perdues tentait de reproduire ce genre de phénomènes, avec des intentions touchant plus la destruction que la distraction, même si les deux allaient de paires dans son cas.

Cependant, le sort est bien facétieux et notre invocateur, qui se ravissait déjà du choc qu'allait produire la rencontre percutante entre un démonophobe récemment éveillé et un rêveur continuellement endormi, se vit bien marri de constater que son projectile avait décidé de lui fausser compagnie.
C'est donc un nuage de fumée noirâtre et rose à la fois qui vint embrumer le rêveur remplit de vengeance à l'encontre de Clem à cause des souffrances que subissait son compagnon. La surprise déposa un voile sur ce visage tiré de colère et provoqua une remarque fort pertinente d'Oscar 
:

"Oups …"

Qu'à cela ne tienne. Ni une, ni deux, notre invocateur démoniaque ne perdit pas pied et tout sourire s'enquit de l'état physique du meneur de ce groupe d'abruti tandis que son démon sadique n'en pouvait plus de rires. Son hilarité bruyante mena à un léger mal de crâne, toutefois bénin en comparaison à la joie qu'allait procurer les douleurs subies par le leader.

Dépassant en riant les actuels opposants restant s'élevant au nombre de deux, Oscar se dirigea donc d'un pas léger en direction du plus véhément de la troupe. Cette attitude particulière laissa les deux rêveurs pantois sur l'instant. Cependant, ils reprirent ce qui leur servait d'esprit et décidèrent que, puisque leur chef allait s'occuper de ce bourge tout blanc, eux allait faire bouffer le sol à ce bourge tout roux. Quelques jointures craquées et un regard pour leur camarade souffrant du bras plié dans un sens contre nature plus tard, ils partirent à l'assaut, ou vers leur fin, selon le point de vue adopté. Notons qu'il est tout à fait possible que devant une trop grande résistance de la part de l'algoraphobe, une réflexion fort opportune pourrait les mener à une fuite raisonnable, bien que déshonorante. Mais après tout, faut pas rêver !

Extrait du stand depuis un certain temps, le dominant des idiots avait observé les différents combats avec circonspection (même si il ne connaissait pas la teneur du mot, il pouvait toujours l'illustrer, à l'instar de ce cher Monsieur Jourdain parlant en prose sans le savoir, mais nous nous écartons du sujet). Le temps passa tant et si bien que lorsqu'une conclusion germa dans la grotte qui lui faisait office de crâne, la pousse se fit bien gentiment (mais durement tout de même) écraser par la vision de l'aristocrate qui marchait tranquillement vers lui. Et en riant, en plus.

Cet enfoiré osait le défier en arrivant, comme ça, tranquille, alors qu'il l'avait insulté et qu'il venait de massacrer son pote ! Il se foutait de sa gueule ! Et ça, c'était pas possible. On ne se foutait pas de sa gueule comme ça sans rien récupérer en retour. Il allait lui faire bouffer ses dents, à ce putain de bourge décoloré. Il allait lui montrer.
Le chef se redressa donc, arma son poing et canalisa sa rage dans son bras, attendant le moment propice. Autrement dit, le moment où sa cible serait à distance de son poing. Ce qui ne tarda pas à arriver. Décochant un formidable et puissant coup de poing dans le vide, la surprise perça le flot de colère pour se faire à nouveau emporter. L'élan obtenu fut conservé et un nouveau coup s'enchaîna, rencontrant à son tour du vide. Ne perdant ni force, ni courage et encore moins de rage, le rêveur aux poings puissants (toute relativité conservée avec la puissance d'un voyageur, cela va s'en dire, mais je le dis quand même) enchaîna plusieurs frappes de poings, de pieds, de coudes, de tête, toutes évitées malicieusement par le voyageur qui eut l'affront de continuer à rire, de ce petit rire mesquin témoignant de la hauteur à laquelle il s'élevait en comparaison de l'être insignifiant que représentait son attaquant.
Les manœuvres d'évitement étaient gracieuses, élégantes et amples. Le corps entier du voyageur démoniaque se mouvait dans un ballet à sens unique. Les coups à éviter ne possédaient pas une vitesse extraordinaire, épargnant ainsi une fatigue superflue. Oscar était devenue la lumière que le balourd de chat qu'était le rêveur essayait vainement d'attraper.

Finalement, jugeant le jeu suffisamment exploité et désormais ridicule après quelques minutes de danses endiablées parfois ponctuées de quelques paroles provocantes telles que
:

"Belle tentative ! Il ne s'est fallu que d'un cheveu.

Quelle puissance ! J'en suis tout abasourdi.

Votre rage vous honore autant que votre bêtise est édifiante.

Cessez donc là ces simagrées et buvons à la santé de vos camarades.

Ne prenez point la mouche, car à la fin de l'échange … je touche !"


Une dernière esquive et l'aristocrate anglais tournoya, s'inclina, laissa passer le rêveur emporté par l'élan d'un énième coup, se redressa et porta un formidable coup de pied dans le dos de son adversaire. D'un bond, il fut sur lui, le retourna avec quelques efforts ; les muscles pesant leur poids, épargna son visage d'un poing vengeur et frappa avec une assurance froide la gorge de son opposant. L'étouffement fut brutal mais non mortel, ce que s'empressa d'arranger Oscar en écrasant avec autant de fermeté que de flegme la gorge du talon de sa chaussure noire.
C'en était terminé.

Rejoignant Clem avec un sourire aimable sur le visage, Oscar sermonna le jeune homme d'un ton faussement sévère 
:

"Il n'est point raisonnable que d'abandonner à d'aussi terribles souffrances de pauvres innocents rêveurs. Imaginez donc le martyr qu'ils subissent !"

Secouant la tête d'un air peiné, le voyageur démoniaque s'approcha de ceux qu'avait combattu Clem et les achevèrent d'un coup de talon dans la nuque ou la gorge selon l'angle le plus approprié, opérant avec une rigueur chirurgicale.
Une fois ce détail réglé, il revint tout joyeusement vers son camarade nocturne et s'enquit avec enthousiasme, risquant presque de prendre par l'épaule le jeune homme, en désignant la grande roue :


"Venez vous ? Nous avons un Royaume à contempler du haut de cette haute tour !"

La marche put reprendre et après s'être épousseté du dos de la main avec détachement, Oscar entama de reprendre la route qu'il avait préalablement emprunté afin de dépasser la file d'attente. Qui d'ailleurs n'existait plus vraiment, certains rêveurs s'étant enfui, d'autres ayant simplement pris leur tour pour monter dans l'attraction.
Tout en marchant, l'aristocrate anglais s'exprima avec emphase alors que ses démons prenaient aussi la parole, mais dans son esprit 
:

"Votre conversation m'est forte agréable. Du moins, de ce qui en était saisissable lors de cette discussion houleuse avec ces gêneurs. Vous usez du verbe avec élégance. Cela se perd, je le crains. J'en suis chagriné."

"Putain, Oscar, t'aurais pu jouer un peu plus avec eux, bordel. Même pas drôle. Y avais même pas de sang." Enragea le démon sadique

"Ça va mieux maintenant mon chou ?"

"La disparition du voyageur démonophobe était fort suspecte. Nous devons nous méfier. Qui sait ce que nous prépare Satarmonia ?" S'inquiéta le démon majordome

"Ce vieux bout d'os ne peut nous atteindre de son trône … Je craindrais plus les Optimus Daemones."

"Ceux là, je les croise, je me les fais !"

Tandis que le débat s'engageait sur la capacité des démons à vaincre le groupe de voyageurs d'élites du Royaume Démoniaque, suscitant quelques irritations et par extension quelques grimaces, Oscar poursuivit d'une voix animée :

"Si vous me permettez, vous ne semblez pas de même que votre frère. Ces échos dans la presse le dépeigne comme dangereux et impulsif alors que vous conservez une retenue qui vous honore. Les affres de la génétique et de la famille se révèlent parfois insondables …"

"Il est vrai qu'il n'est pas du même acabit." Nota Laënoris.

"Et de toute façon, il est trop chouuuu. Son regard me rend tout chose …" S'excita Luëst.

"Ah non, pas d'épanchements de je ne sais quoi ! Ça va puer après." S'exaspéra Saënoris.

"Je ne sais qui de vous deux sent le plus …" Titilla Khildar.

Parvenu à la hauteur du portique, les deux voyageurs durent patienter avant que la roue ne s'arrête dans son mouvement.

A cet instant, le papillon enchanté qui s'ennuyait sur l'imposante structure décida de changer d'emplacement et s'envola dans le ciel radieux, se dirigeant vers le sol sans réel but. Peut-être que des choses intéressantes se passeront en bas ?
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MessageSujet: Re: "Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar) Lun 4 Nov 2013 - 17:13
Une bagarre à main nue, dans l’immense majorité des cas, était composé de violence, de coup de poing, de coup de sang et autre joyeusetés violentes qui riment symboliquement avec rixe. Un cocktail d’ensemble euphorisant (pour autant que cet adjectif puisse être accolé à l’adrénaline) généralement repartit de façon uniforme par l’ensemble des participants. Un combat à main nue entre des voyageurs et des rêveurs (ces derniers ayant, au mieux, l’intelligence et la lucidité d’un quinquagénaire éméché), c’était à peu de chose près la même situation, mais il fallait séparé scrupuleusement l’éventail de sensation ressenti indiqué plus en détail plus haut afin qu’elles soient équitablement partagées entre les deux groupes des protagonistes.

Aux voyageurs, on leur donnait de bon droit l’adrénaline, les coups donné au petit bonheur la chance, les joies d’une sortie entre amis et les petites attaques à moitié porté juste pour rigoler.

Aux rêveurs, on leur laisse tout ce dont ils se seraient bien passé : le sang, la douleur, les os retournés, les mains qui étaient désormais capable de saluer les genoux, les dents au fond de la gorge et les gémissements réellement pitoyable de ceux qui sont à terre faute d’avoir eu le temps de simuler.

Que du bonheur en somme. En fin de compte le rêveur, c’est un peu l’équivalent du papier bulle du voyageur : ça fait des bruits rigolos quand on le pousse à bout, et on ne se lasse jamais de l’éclater. Tel la règle dans les jeux vidéo ludiques obéissant au doux schéma simpliste « vous contre le monde », les manières pour un voyageur de se débarrasser d’un rêveur sont tout aussi diverses et variées qu’elles sont faciles. Le dernier adversaire, tout particulièrement, à droit à un coefficient de réflexion légèrement supérieur à celui adressé à celui de ses petits camarades qui se sont succèdes le long de la lutte ; eut égard à la position spéciale qu’il occupe lors du combat, son traitement (ici équivalent puriste de « mise à mort ») se doit de traîner un peu plus en longueur que les précédents et d’être à la fois spectaculaire et/ou si possible, créatif.

Dans le cas de Clem, la situation était si simple. L’agoraphobe ne goûtait tout simplement pas à la mise en scène tapageuse et préférait se débarrasser promptement de ses adversaires. Il ne fallait pas pour autant croire qu’il répudiait ces effets de style, bien au contraire. Il s’adonnait bien souvent lui-même dans la théâtralité à condition qu’elle soit justifié, comme pour un effet intimidant par exemple. Mais là ce n’était absolument pas approprié à la situation ; il suffisait juste de choper deux trois rêveurs par le colbak avant de les envoyer sur Vénus. Clem mit rapidement un terme aux intentions belliqueuses des deux autres rêveurs qui s'étaient avancés dans sa direction. Trahissant pour une fois son leitmotiv qui consistait à attendre que son adversaire se découvre en donnant le premier coup, l'agoraphobe profita de la vitesse et de la puissance qui était le propre à un voyageur qui arpentait Dreamland depuis la même durée que lui et envoya son poing serré fracasser la mâchoire du rêveur le plus proche avant d'opérer un sec volte-face à angle droit afin d'enfoncer le plexus solaire du second belligérant avec son coude. Ce fut tout juste si le corps des deux rêveurs touchèrent le sol au même instant. Il regarda ensuite le combat opposant Oscar au dernier rêveur, même si l'appellation "combat" restait un bon mot en faveur de ce dernier étant donné qu'il entendait placer une certaine égalité entre les deux antagonistes. De fait, l'affrontement tenait surtout d'un ensemble de cabrioles à but d'esquive enchaîné par le voyageur dont la preuve de sa dextérité tenait plus à de la moquerie vis à vis de son adversaire plutôt que de la réelle nécessité de sa part pour ne pas se prendre de coup. Les piques verbales qu'Oscar adressait au rêveur allait dans ce sens en tout cas. Il fallait croire que le compagnon de Clem faisait partie de cette race de voyageur dont les sympathiques et relativement normales tendances sadiques présentait des symptômes dans leur style de combat envers les adversaires monstrueusement plus faible qu'eux et qui étaient présentés plus en détail en haut. Tout l’inverse de l’agoraphobe, qui prônait dans tous les combats la rapidité et l’efficacité (à ses yeux synonymes dans ce cas précis).

Une fois tous les rêveurs à terre, l’aristocrate se mit à achever (pour apporter plus de précision à ce récit, il convient de rapporter qu’il se mit à les achever de façon létale) les rêveurs. Et quand bien même il donna à Clem de façon fluide les meilleurs raisons du monde (qui pourraient grosso modo se synthétiser en un “C’est des rêveurs on s’en fout”). L’agoraphobe ne put s’empêcher de développer un certain malaise au son des carotides perdant leur duel de force face au talon d’Oscar. Le problème ne venait pas du bruit creux et dégoûtant produit par ce dernier quand il forçait la résistance ultime des larynx appartenant aux rêveurs (Clem avait déjà entendu ce genre de note sortir de ses propres os et il était maintenant habitué à la chose... en tout cas au son). Non le problème venait définitivement de enthousiasme que mettait le voyageur à accomplir cette sale besogne. Au fait que son sourire que l’agoraphobe qualifiait dorénavant de sadique ne l’avait absolument jamais quitté, du début des hostilités à la fin où il prit la parole comme si rien ne s’était passé. Pour un peu, Clem se vanterais de pouvoir identifier un psychopathe si d’aventure il en croisait un ; et il était en train de se demander s’il n’avait pas en face de lui un merveilleux spécimen.

"Venez vous ? Nous avons un Royaume à contempler du haut de cette haute tour !"

L’idée de le planter là et de partir voir si les gens étaient plus normaux ailleurs lui traversa l’esprit (plusieurs fois, en fait : Clem ne laissait jamais ce genre d’idée s’éloigner bien loin de ses synapses). Après tout, dans un environnement aussi ouvert que ce royaume et par une foule aussi dense, le pouvoir de l’agoraphobe lui assurait une potentialité de fuite quasiment parfaite. Un tour de main et il serait intraçable et caché. Seule l’idée que l’aristocrate soit doté de puissantes capacités de perception l’empêchait de prendre la poudre escampette.

"Votre conversation m'est forte agréable. Du moins, de ce qui en était saisissable lors de cette discussion houleuse avec ces gêneurs. Vous usez du verbe avec élégance. Cela se perd, je le crains. J'en suis chagriné."

Non c’est complètement faux. Si tu n’es pas encore parti c’est tout simplement parce que tu n’en a tout simplement  pas envie. Tu as comme cousin ce drôle de petit poisson qui nage à deux doigts derrière son prédateur naturel pour ne pas se retrouver en face de lui. Tu n’aimes pas spécialement le risque mais tu aimes  encore moins ne pas garder un œil sur lui. Et en faîtes tu t’amuses profondément bon Dieu. Tu kiffes ça. Tu adores être à deux doigt du danger et à ne pas devoir ne serait-ce qu’essuyer la poussière sur tes vêtements. Jauger une situation dangereuse et partir quand ça devient trop risqué. C’est ce qui t’a maintenu en vie à Dreamland tout ce temps et maintenant tu y as pris goût.  

Et puis, il faut bien l’avouer, massacrer des loubards tout en se curant le nez, c’est fou le bien que ça fait, pour un peu j’y retournerais bien.

“C’est circonstanciel, je le crains : soit inversement proportionnel à la qualité rhétorique de mon interlocuteur, soit quand je suis sûr que cela sera bien reçu. Pour résumer en contraste, soit je parle bien quand je sais que tous mes mots vont être compris, soit quand je sais que pas un seul ne le sera.”

A peine plus tard :

"Si vous me permettez, vous ne semblez pas de même que votre frère. Ces échos dans la presse le dépeigne comme dangereux et impulsif alors que vous conservez une retenue qui vous honore. Les affres de la génétique et de la famille se révèlent parfois insondables …"

A ce sujet, Clem ne pouvait faire autrement qu'acquiescer ; en aucun cas il n’appréciait quand son frère intervenait physiquement ou indirectement dans une conversation et l’agoraphobe ne faisait jamais rien qui encouragerait cette dernière de continuer plus en avant dans cette voix là.

Ils arrivèrent vite à prendre place sur une des nacelles de la grande roue. la queue qu’ils suivaient auparavant venait tout simplement de disparaître. le violent combat qui venait d’avoir lieu en était certainement la raison la plus probable. Et tandis que la susmentionnée nacelle montait lentement (la faute aux arrêts fréquents qui sont une constante de ce genre d’attraction), l'agoraphobe présentait son pouvoir à son compagnon.

"Bon, ça, c'est un wormhole, énonça Clem en faisant apparaître son pouvoir et en donnant la boule à Oscar. N'en déplaise à Einstein, c'est comme ça que j'ai appelé cette sphère qui divise les distances autours de son centre par un chiffre entre cinq et dix. Le procédé n'est pas très précis et je sais qu'on a un peu l'impression de regarder à travers un miroir déformant sans teint quand on l'observe, mais l'effet agrandissant est bien là." Clem sauta naturellement l'évidence : à savoir que les chances de trouver un papillon perdu dans une fête foraine de la taille d'un petit royaume était d'une sur plusieurs milliers, mais que les probabilités descendraient certainement sans ce petit stratagème.

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"Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants." (Pv Victor et Khildar)

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