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Visite de courtoisie... Ou presque.

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Ed Free
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie... Ou presque. Visite de courtoisie... Ou presque. - Page 2 EmptyMer 9 Jan 2013 - 19:42
La réunion se terminait, hein ? Dès qu’on revint, la fin des négociations s’enchaîna rapidement et Megan disparut dans un petit nuage de poussière. Effectivement, je supposai que mon tour n’allait pas tarder à venir. Je me grattai la tête tandis que les Seigneurs s’échangeaient les dernières modalités sous le regard d’un autre Seigneur Cauchemar (ou d’un Duc Obscur, qui savait ?). Je préférais les laisser entre-eux : tout ce qu’ils disaient ne m’intéressaient pas. En tout cas, pas sur le court terme. Je les laisserais bavasser autour de la table pendant deux heures s’il le fallait. J’avais survécu à une rencontre, certes extrêmement superficielle du Royaume Obscur et il me tardait de me réveiller et de conclure quelques articles (aussi chiants soient-ils) pour le travail. Rester dans cette salle, je pouvais faire, même si l’énergie malsaine qui se dégageait de Mickaël ne me mettait pas à l’aise. Après tout, ce n’était pas parce qu’on avait joué avec un monstre et qu’il nous avait servi de guide touristique qu’il ne représentait plus un danger pour le complot qui était en train de se jouer et auquel on m’avait attaché sans mon consentement.

Maze se leva en même temps que Pijn tandis que je sentis que le chemin du retour allait bientôt être arpenté. Maze fit craquer sa nuque, à ce qu’il paraissait une habitude quand il était assis tant il ne bougeait pas, et on regarda les marches de l’escalier. Pijn nous salua mais me lâcha un dernier mot personnellement (savait-il au moins la frousse qu’il me foutait en se penchant vers moi comme ça ? je savais pertinemment que si l’envie l’en prenait, il pourrait appuyer sur le haut de mon crâne et toucher le cerveau d’un petit spasme musculaire). Il me dit que le Royaume Obscur semblait misérable, mais qu’il pouvait devenir, dans un futur proche, un endroit plus… « convivial » ? Mon esprit lui tira une grimace devant ses conneries. Allez, quoi, le Royaume s’épanouira quand lui serait roi, c’est ça ? Quelle aubaine ! Quelle coïncidence de fou. Je n’étais pas aussi optimiste que lui mais avait trop de respect pour ma langue pour donner à autrui l’envie de l’arracher. J’aimais pas Pijn, il me terrifiait. Quand je faisais des cauchemars quand j’étais gosse, ça aurait très bien pu être sa gueule de dingo qui aurait pu rejaillir de l’ombre et me faire pisser au lit. Je ne pus rien faire contre ma face qui semblait l’insulter. Je devais quand même lui répondre, ce que je fis d’un ton presque… pincé :


« Je crois pas que le Royaume Obscur est destiné à être un paysage de carte postale de toute façon. » Pijn reprit, et Maze écouta soigneusement la partie de la réplique qui lui était destiné et répondit à son tour :
« Onze jours alors. Dans onze jours, je reviendrai. Avec Ed.
_ Justement, parlons de…
_ Tu as quelque chose à dire sur mes ordres, Ed ?
_ Nan, je voulais juste dire que j’étais ravi.
_ A dans onze jours alors, Pijn. »


Maze ne savait pas ce qu’il devait tirer de cette réunion ; il attendait encore les récompenses qu’on pourrait lui promettre. Il savait que Pijn s’était tu là-dessus, non pas parce qu’il n’avait rien prévu, mais plutôt parce que c’était certainement la dernière chose à laquelle il devait penser dans ce fatras qu’était ce complot d’une audace extrêmement rare dans Dreamland. Ca se terminerait certainement en guerre cette saloperie, et le but de Maze était d’apporter un soutien qu’on ne pas pourrait oublier sans toutefois qu’en cas de défaite, on puisse reprocher sa culpabilité. Le grand écart était peut-être impossible à tenir mais Maze était entraîné et ne se soucierait pas de perdre de l’honneur au passage. Mais il entrevoyait déjà tout ce qu’il pourrait faire avec le soutien de Pijn. Il entrevoyait tout, et si tout se passait dans le meilleur des mondes… alors il y aurait des chapeaux à haut-de-forme blanc qui tomberaient de leur tête.

Les deux Claustrophobes traversèrent encore une fois le chemin obscur, et Maze fut heureux de constater que son Voyageur ne semblait plus aussi craintif que les ténèbres qu’auparavant. Une bonne petite leçon, ça, il devrait le faire avec tous ses Voyageurs. Il ne fallait pas qu’ils craignent le noir au moment venu, si ce moment venait. Il attendit d’être sorti du couloir sombre, et du Royaume en général, afin de parler des ressentis à Ed. Même s’il n’était pas le plus loyal de ses serviteurs, il n’empêchait que son avis comptait. Si quelqu’un d’aussi opposé à lui qu’Ed était d’accord pour la bataille, alors ça devrait être un bon début. Malheureusement, son suspense fut détruit par la matinée : tandis que Maze se dirigeait à l’aveugle dans les boyaux du Royaume, il sentit que son Voyageur avait disparu dans le monde réel. Maze leva les épaules avant de reprendre son chemin. Au pire, il demanderait à une de ses Voyageuses, Julianne, d’utiliser la magie noire qui régnait dans le monde pour les prévenir, un sort dont il n’avait rien compris sinon les aboutissants et qu’on appelait…
…le doodle.


__

« Aïe, putain !
_ Tu manques singulièrement de classe, Ed.
_ Pardon ?
_ Rien, je disais que tu n’étais pas doué.
_ Moi ?
_ Oui, je disais que tu pourrais faire meilleur impression. »


Je préférai arrêter de poser une autre interrogation par monosyllabe, sinon, Maze pourrait continuer de lister mes défauts inlassablement. Mais bon, c’était pas ma faute si le Royaume Obscur avait pas la foi d’embaucher un électricien, et que ce foutu couloir de la mort était toujours aussi sombre. Mon pied droit venait de rendre dans une dalle et la douleur se propageait dans mes orteils tandis que le gauche tentait de rattraper Maze l’impassible qui s’éloignait sans aucune compassion. Je réussis à retrouver ma place près de lui tandis que je sentais qu’on arrivait. On se retrouvait une nouvelle fois dans cet amphithéâtre et je sentais déjà la pression monter. Je vis Megan et la plaignis aussitôt.

Il fallait dire que Maze était tendu. Ça ne se voyait pratiquement pas, certes, mais je le sentais extrêmement… enfin, pas extrêmement… mais ça se sentait. Quand il parlait, il semblait avaler ses propres sentiments pour éviter qu’ils ne déboulent entre ses phrases. J’avais rapidement compris que l’affaire du DreamMag l’avait fait bien chier comme il fallait, ce qui était parfaitement compréhensible. Si la tête de Megan ne servait pas encore de décoration de Noël, c’était tout simplement parce que le Royaume de la Claustrophobie n’avait pas été cité dans l’article. Mais Maze n’avait qu’une seule envie : retrouver la personne à qui Megan avait parlé et surtout, surtout, savoir si elle lui avait parlé du partenariat avec la Claustrophobie. Enfin, ça ne faisait rien : le sort de la personne-mystère était réglé. En fait, je du même avouer que ça me fit bizarre de voir que Megan était encore à Dreamland. Peut-être que si Pijn avait été moins passionné de la torture, la fille ne serait plus là. En tout cas, on eut le droit aux salutations habituelles :

« Salutations Pijn. Et bonsoir à Megan ainsi qu’à Mickaël. » Je répétai les formulations derrière tandis qu’on s’assied une nouvelle fois à la table. Maze s’inquiéta de l’absence de Dulcis mais il parut ne pas trop s’en faire : il aurait mis trop de sentiments en jeu et il n’aimait pas vraiment ça. Par contre, il se dépêcha de tourner sa tête vers Megan, ses deux coudes sur la table et ses mains liées formant l’appui contre son menton. Il la regardait d’un air tellement dur qu’il en aurait détruit physiquement parlant les verres derrière lesquels ils étaient cachés. Je sentais déjà venir la discussion et préférais faire semblant de rien, en mode « trop cool, du vin, et ça tombe bien, mon verre est vide. »


« Megan, nous aurions besoin de savoir le nom de la personne à qui tu as refilé les informations, ainsi que l’intégralité de ce que tu lui as dit. »

C’était tout, sans fioriture. Du Maze, tout craché, et son visage était légèrement avancé vers Megan afin de lui filer encore plus la pression, au cas où un Seigneur Cauchemar au visage impénétrable et aux épaules de rhinocéros seraient pas suffisants. Si Megan me regardait en tout cas, je lui ferais un joli regard bien appuyé pour lui conseiller de tout déballer maintenant. Maze n’aimait pas quand les choses compliquées pouvaient être simples : une attente qui pourrait se terminer tout de suite au lieu de plus tard avait intérêt à se terminer salement tout de suite. Parce que peut-être qu’il n’y aurait plus de plus tard. Sur ces choses-là, Maze avait la patience d’un drogué qui avait perdu sa came depuis deux semaines et qui devait attendre qu’un petit vieux tout tremblant et tout lent traverse la route en aller-retour pour la lui fournir. Si Megan attendait pour répondre, alors que peut-être que la table allait commencer à voler. Et si ça continuait ainsi, si Megan persistait dans son silence, alors la table volerait encore une fois. Avec la moitié de Meg collé sur le côté.
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie... Ou presque. Visite de courtoisie... Ou presque. - Page 2 EmptyMer 9 Jan 2013 - 23:16


L'ambiance était au plus bas dans l'amphithéâtre. Megan fixait son verre en silence, ses doigts pianotant son genoux dans un rythme nerveux. Elle ne savait pas quoi faire ou dire, vendre Clem revenait à le mettre à mort et peut-être même qu'elle risquait sa vie. Enfin si elle ne disait rien, sa tête quitterait surement le reste de son corps. Mais si elle parlait? Resterait-elle en vie? Mickaël leva son verre et afficha un grand sourire. Maze et Ed entraient dans la salle. Les deux claustrophobes saluèrent tout le petit monde qui en fit autant. L'invocateur quand à lui se leva en bougonnant. Il siffla alors et son volatile obscur revint à une vitesse affolante: percutant le corps du jeune homme pour se changer en tatouage. Ce qu'il comptait faire avec son invocation? Seul lui le savait, mais apparemment, ça n'avait pas marché. Le seigneur et son voyageur prirent place à la table pour discuter et boire un verre. Pijn s'était levé, content de voir son allié. Il se rassit et lança un regard à Mickaël, surement espérait-il que l'invocateur se tienne bien cette fois. C'est alors que Maze prit la parole et un nouvel interrogatoire commença. Destiné à Megan cette fois ce qui la stressa encore plus. Lui aussi voulait savoir à qui elle avait parlé du complot et surtout, il voulait savoir ce qu'elle avait dit, mot pour mot. Elle avala sa salive avec difficulté. Ses espérances qu'on change de sujet avec leurs arrivées, venaient de tomber à l'eau. Mickey rigola et se leva alors lentement pour lancer un regard à toute la table. Pijn le foudroya du regard et l'invocateur poussa un soupire. Prétextant qu'il allait chercher Dulcis qui devait être en chemin. Le seul allié potentiel et surtout de taille pour Meg' venait donc de partir, ce qui raccourcissait son espérance de vie. Elle se doutait que Ed ne tenterait rien pour la sauver, car c'était bien trop risqué pour lui...

"J'aimerai dire qu'elle a déjà été correctement puni pour sa boulette. On est d'accord Maze? Inutile de la tuer. Mais si le besoin s'en fait sentir, on peut la torturer."

Durant plusieurs secondes, il y eut comme un voile étrange devant les yeux de la jeune femme. Elle repensait à cette terrible nuit. La nuit où Pijn avait décidé de la punir pour cette boulette comme il venait de dire. D'abord obligée de torturer des rêveurs, elle avait ensuite dut s'auto mutiler pour enfin finir crucifiée au mur... Elle avait même tenté de mettre fin à ses nuits, c'est pour dire dans quel état elle était. Les yeux de nouveau orientés sur son verre, elle ne savait quoi dire. Elle avait même l'impression qu'elle allait vomir si elle ouvrait la bouche.

"Alors Megan? Ce nom?
-J'ignore son nom...
-Tu raconte ta vie et mes plans à un inconnu?
-Je ne connais que son prénom...
-Et bien c'est déjà ça. Et donc, son prénom?
-Tout d'abord... Je... J'ai raconté que... Le seigneur claustrophobe était venu vous voir seigneur Pijn... J'ai raconté votre plan. C'était... C'était juste pour me vanter un peu car il connaissait plus de choses que moi et... Je voulais lui prouver que je savais une chose qu'il ignore...
-Tu as tout raconté?
-J'ai parlé de Maze, je n'ai pas mentionné le nom de Ed... J'ai également parlé de Mickaël mais pas de votre autre allié... Ainsi que vos idées pour vaincre le seigneur de ce royaume...
-Par chance, le DreamMag ne mentionne pas qui fait partie du complot... Si tu n'avais pas déjà morflée, je pense que je t'écorcherai vive. SON NOM?"

Les derniers mots de Pijn résonnèrent plusieurs secondes dans toute la salle. Megan en avait sursauté, elle sentait tout son épiderme picoter, elle savait que d'une seconde à l'autre, elle allait vraiment être dépecé. Elle se sentit alors vidé de tout espoir, elle savait qu'elle était seule et qu'elle allait mourir d'un instant à l'autre. Elle sentait ses larmes monter et elle allait sombrer dans un sanglot, comme une petite fille. Son estomac était noué et son ventre lui faisait mal. Elle serra ses poings, ses ongles s'enfonçant dans ses genoux au point que ses jointures blanchirent. Elle entendit alors des pas et tourna les yeux. Mickaël et l'autre duc entrait dans la salle. C'était donc lui qui l'avait si déprimé?

"Ah Dulcis! Content de voir que tu es venus! Prend donc une place! On règle une petite affaire et on attaque le vif du sujet. Il tourna les yeux vers Megan. Son nom? Je te laisse encore dix secondes. Après, je laisse Maze s'occuper de toi. Et je ne ferai rien, mais absolument rien pour toi.
-Il... Il s'appelle Clem... J'ignore son nom...
-Voyageur, donc son pouvoir nous suffira. Quelle est sa phobie?
]-Je l'ignore...
-Tu mens. Son pouvoir?
-A... Il est... Agoraphobe...
-Voilà! Maintenant, on sait qui trouver et tuer pour être tranquille! Merci!"

D'un coup, son stress disparut. Megan se sentit bien, comme si elle était soulagée et elle l'était: Pijn ne la torturait pas et il allait parler d'autres choses à présent. Mickaël passa alors à coté d'elle, sa main se posa un instant sur l'épaule de l'algophobe, comme pour dire qu'il était de son coté, qu'il la soutenait. Elle sentit ses larmes monter et ce n'était pas le pouvoir de l'autre. Elle venait de vendre Clem, elle venait de le mettre à mort et elle se dégoutait elle même d'avoir fait ça. Quelle conne! Même pas foutu de mettre sa vie en jeu pour protéger un allié, un ami... Un amant? Peut-être, sur ce dernier point, elle ne saurait le dire exactement, mais elle tenait à lui. Pourtant... Pourtant elle venait de le vendre et elle en éprouvait un incroyable soulagement. Elle se sentait mal, indigne et monstrueuse... L'invocateur prit place, il semblait si différent, enfin aux yeux de Maze et Ed surtout, il semblait plus calme et limite discipliné. Megan l'avait vue comme ça la nuit où elle avait été torturé. Pijn avait surement trouvé une carotte à mettre sous son nez et ça fonctionnait à merveille. Elle se souvint alors que le voyageur lui avait dit avoir une dette envers le duc. Mais qu'il l'avait remboursé en participant à sa torture. Il faut croire qu'il n'avait pas tout dit... La jeune femme vida son verre en silence, préférant ne plus prendre la parole sauf si on lui demandait. Rester discrète était primordial: Maze pouvait quand même vouloir sa mort. Dulcis prit un verre de vin qu'il vida d'un trait. Megan sentit de nouveau une vague de dégout monter en elle. Clem... Qu'allait-il devenir? Elle devait absolument le voir et lui dire. Elle devait se racheter, quitte à mourir pour le protéger! Elle ne pourrait vivre en sachant que Pijn ou Maze voulaient sa mort. L'algophobe pensa alors à ce que l'agoraphobe avait dit: les claustrophobes avaient toujours voulu le tuer. Il était donc habitué, mais là, les algophobes allaient s'en mêler...

"J'accepte donc de t'aider Pijn. Je veux une très bonne place comme duc par la suite et je veux énormément de rêveurs pour devenir plus fort. Je veux le temple de minuit. On est claire?
-Parfaitement claire Dulcis. Je suis content de savoir que ma proposition te conviens. Je regarderai pour attirer des rêveurs dans ton temple. Je peux utiliser Megan et un autre algophobe pour t'envoyer ça. Ils pourront surement faire peur à quelques rêveurs qui se retrouveront par la suite ici.
-Cela me conviens.
-Parfait! Donc, maintenant... Maze, tu voulais des alliés? Et bien Dulcis, comme tu as pu l'entendre. Nous suivra et me sera fidèle. Ensuite, Mickaël?
-Quoi encore?
-Te souviens-tu de nos discussions?
-Malheureusement... Ouais... Donc... Rah ça me fais chier! Alors en gros: je vous aiderai et ferai ce qu'on me dit. Dans la limite du possible et que j'estimerai correct. J'irai pas jouer la chaire à canon quoi. Je dois un coup de main à Pijn donc j'accepte...
-Je croyais que tu expliquerais exactement pourquoi tu as une dette envers moi?
-T'es lourd Pijn. Bon Maze, avant, il ni avait ici que des ducs obscur, des créatures de ce monde. Hors Pijn n'est pas l'une d'elle. Car pas mal de ducs sont morts. Mais l'ancien de la seconde heure n'est pas mort durant la guerre... Le seigneur des lieux l'avait envoyé me tuer car j'étais parait-il, un problème. Pijn qui cherchait un moyen d'entrer dans ce royaume, m'a aidé à tuer le duc. j'ai ainsi obtenu la plus puissante de mes invocations et lui, il a obtenu le rang de duc de la seconde heure. Sans lui, je serai mort... Et il doit aussi me trouver une clé des songes.
-Une clé des songes?
-Ouais, une clé des songes."

Aucune explication à ce qu'était une clé des songes, mais il semblerait que c'était ce qui tenait le plus à cœur de l'invocateur. Son utilité? Son pouvoir? Megan l'ignorait, mais sa curiosité venait d'être piquée à vif et elle comptait bien l'apprendre. Quitte à s'énerver avec Mickaël pour qu'il s'explique. Elle tourna les yeux pour voir si Ed était tout aussi intrigué ou si lui savait ou comprenait de quoi l'invocateur pouvait bien parler. Pijn se leva alors et fit plusieurs pas dans la pièce, tournant autour de la table en souriant. Il s'arrêta alors devant le mur et y laissa glisser ses doigts. Une feuille de marbre se décrocha alors et des mots se gravèrent tout seul dessus. Satisfait de la calligraphie, le seigneur apporta la plaque à Maze et lui donna en affichant un air ravi.

"Voici. La preuve de notre alliance. Pas avec moi, mais avec ce royaume. Bien sur cette plaque officielle ne prend effet qu'une fois que je serai le chef de cet endroit. Je m'engage donc à t'aider si tu en as le besoin. Que ce soit pour élargir ton royaume, mais si je pense qu'un claustrophobe se moque de ça. Ou que ce soit encore pour participer à un conflit et t'aider à remporter la victoire. Qui que soit ton ennemi, je m'engage, moi et ce royaume à t'aider. Et je pense même pouvoir faire ça avant d'être le maitre des lieux. Ceci te conviendrais?"

Le duc lâcha la plaque et retourna vers son trône en cuir. Il fit un sourire à Dulcis et lui glissa quelques mots. Surement pour garder sa confiance, mais le ton de sa voix ne semblait pas être remplit de complot. Megan pensa alors à la dernière chose que Maze avait demandé la dernière fois: un autre allié. C'est alors qu'une voix résonna et la fit sursauter. Elle baissa les yeux et vit son pot de fleur collé à sa canne en sucre. Le vase hurlait qu'il voulait voir ce qui se passait et surtout: voir ses nichons. Elle soupira, un peu gênée que les autres assistent à une telle chose. Elle posa donc son vase magique voir maudit sur la table et tourna les yeux vers Pijn. Le duc ayant déjà vue cet objet, fit un sourire, d'un claquement de doigts, des fleurs (mortes) tombèrent dans le pot qui cessa directement de parler. Mettre des fleurs dedans suffisait à le faire taire, heureusement. Elle s'excusa de ce qui venait de se passer, rouge de honte. Mickaël ne put en supporter d'avantage et il éclata de rire. Megan sentit de nouveau son estomac se nouer. Clem... Pourquoi penser encore à lui? Pourquoi ne pas simplement compartimenter et oublier? Simplement car elle ne pouvait pas et elle ne voulait pas. Elle avala difficilement sa salive et leva les yeux. Fixant à tour de rôle Maze puis Pijn.

"Pour Clem... Il a promit de ne jamais en parler... J'ai insisté pour qu'il se taise. Pour me protéger et pour se protéger... Il est inutile de lui courir après. Ou alors... Elle prit une longue inspiration et parut extrêmement déterminée. Je voudrai m'en occuper moi même..."

Elle espérait qu'on lui confit la tâche de le tuer. Ainsi, elle irait se faire tuer par son ami qu'elle avait vendu après lui avoir dit ce qu'il risquait. Oui, c'était le mieux à faire: mourir en le protégeant. Ou alors elle arriverait peut-être à le faire passer pour mort. Enfin, si elle pouvait le voir, elle arriverait peut-être à échafauder un plan. Elle regretta presque d'en avoir parlé, si elle n'avait rien dit, elle aurait pu le voir en douce et ainsi, elle aurait pu le prévenir... Détourner l'attention porté sur Clem. Oui, trouver quelqu'un d'autre sur qui envoyer Maze et Pijn, mais comment faire?

Hésite pas à utiliser les PNJ si besoin ^^

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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie... Ou presque. Visite de courtoisie... Ou presque. - Page 2 EmptyLun 14 Jan 2013 - 17:08
Megan semblait avoir mal choisi son moment pour faire durer le suspense. Si je n’avais pas eu peur de dévoiler un défaut de Maze, je l’aurais incité verbalement avec une pointe de crainte dans ma voix de lui obéir avant que les choses ne décollent sérieusement (les choses pouvant être tout ce qui n’étaient pas particulièrement bien vissées au sol, et les choses pouvaient très bien être des personnes). Heureusement, Pijn comprit rapidement que le Seigneur de la Claustrophobie avait un débit de patience quasiment nul pour des sujets délicats et il intervint en disant que Megan avait déjà été puni, et en l’interrogeant elle-même.

Un frisson me parcourut l’échine tandis que je regardai la pauvre Voyageuse d’un air triste. Pijn semblait un peu trop porter sur la torture facile et il ne lui manquait pour ainsi dire, que des bonnes occasions, ou des excuses. J’étais infiniment triste que Megan fut apparut dans le royaume merveilleux de Dreamland juste pour se faire torturer par un Seigneur sadique adepte de la souffrance. Je comprenais tellement de choses sur l’exode d’Ophélia, maintenant. Je n’imaginais pas comment elle avait été traité, elle. Megan était-elle une forte tête, ou bien était-ce le sort moyen que réservait Pijn à chacun de ses serviteurs ? Mon désir de l’exploser fut encore plus fort que tout ; je haïssais de plus en plus cet enfoiré, et je promettrais, alliance ou pas alliance, qu’il allait crever. Je ne savais pas ce qu’en penserait Maze mais j’avais toute une mâchoire contre ce type qui me forçait à vouloir arracher la sienne. Peut-être qu’il faudrait que j’en parle à mon Seigneur, un de ces quatre, s’il ne l’avait pas deviné. Peut-être que si le complot foirait mais que je réussissais mon assassinat, mon Seigneur hausserait les épaules devant l’accusation et dirait juste au Seigneur Obscur que c’était bien la Claustrophobie qui l’avait sauvé, et s’il pouvait envoyer cinq de ses Ducs écraser le Royaume de l’Agoraphobie, il lui en serait éternellement reconnaissant.

Pijn interrogea Megan d’une façon plus doucereuse que mon Seigneur, mais lui aussi commençait à perdre patience face à la nervosité et la gêne de Megan qui ralentissaient ses réponses. Ses défenses mentales perdaient du terrain et il était évident qu’elle allait céder d’un moment à l’autre, qu’elle n’avait pas envie de répondre aux questions que l’assemblée lui proposait, mais qu’elle allait quand même tout déballer parce qu’elle marchait maintenant sur une corde raide qui s’étiolait rapidement, au-dessus d’un Enfer terrible. J’en venais même à être agacé, tant elle savait qu’elle ne pourrait pas tenir plus longtemps et qu’elle continuait à résister en ne fournissant que des bribes d’informations les unes après les autres. Mais ce qu’elle ne dit ne fut pas des bonnes nouvelles : oui, elle avait parlé du complot et du lien qu’il avait avec la Claustrophobie. J’entendis nettement un craquement, et une partie de la table fut arrachée par des les doigts rageurs de Maze qui s’étaient acharnés sur le pauvre bout. Il ne s’excusa pas et envoya le morceau derrière lui et attendit la suite. Retrouver le Voyageur devenait maintenant vital puisqu’il détenait des informations capitales susceptibles de bouleverser le complot, ou la bataille, qui viendrait. Maze s’approcha lentement de la jeune fille pour expliciter l’échéance qu’il lui restait. Il ne tenait pas en place, ça se voyait, et je dû avouer que j’aurais bien collé une gifle à la demoiselle pour lui apprendre à colporter n’importe quelle information aussi cruciale à n’importe qui. Les nouveaux avaient encore du mal à considérer Dreamland comme un deuxième monde, et il fallait quelques mois pour qu’ils comprennent enfin que les terres oniriques n’étaient pas un terrain de jeu.

Et enfin, elle balança le nom. Clem. Ce fut à moi de me crisper, et Maze fut tellement surpris du prénom et anticipait déjà ma réaction qu’il s’arrêta sur place. On attendait juste la confirmation qu’il était bien celui qu’on pensait. Et le nom de son Royaume claqua dans la salle comme un couperet : l’Agoraphobie. LE Royaume par excellence qui ne devait pas être informé du complot. Clem Free, Royaume de l’Agoraphobie qui détenait toutes les informations pour réduire en cendre une partie du Royaume Obscur et de déclarer la guerre à un de ses plus fidèles alliés. Mais pire que tout que sa nature, c’était son identité qui me choquait. Et je me rendais compte qu’en plus d’avoir trahi plusieurs Royaumes, elle avait condamné à mort son interlocuteur. Cette petit blonde de merde...

Il me fallut cinq secondes avant de comprendre tous les tenants et les aboutissants de cette réponse, mais la conséquence fut inévitable : j’allais la cogner. Sûr et certain. Elle venait juste de condamner mon frère à mort, de l’envoyer ad patrès, tout ça pour se mouiller le vagin sur ses exploits. Je savais que Clem était mon principal rival sur Dreamland (en compétition avec Jacob, et l’albinos abruti), qu’on ne s’aimait pas tant que ça, mais il y avait des limites entre se cogner gentiment et signer son arrêt de mort pour des frivolités pareilles, pour un manque de jugeote dont Fino aurait pu écrire un livre de plus de huit-cent pages. J’avais le droit de frapper Clem, parce que c’était le jeu. Un jeu fraternel qui ne regardait que lui et moi et dont on assumait parfaitement les éventualités d’un duel à mort. Parce que c’était entre nous. Mais sinon, il était mon frère, celui avec qui j’avais pissé aux chiottes, celui avec qui j’avais pris un bain, avec qui j’avais fait des châteaux de sable, avec qui j’avais pleuré, je m’étais plaint des voyages de plus de dix heures, je m’étais battu à coups de poing, de Mario Kart et de dizaines d’autres jeux vidéo différents, avec qui on avait fait les quatre cent coups à Cartel, avec qui on s’était fait engueuler par les parents, avec qui on avait chouiné sur la mort de proches. Et même quand nos relations s’étaient refroidies, j’avais demandé moi-même à Maze de ne pas tuer mon frère s’il en recherchait la possibilité, et qu’il devrait me laisser ce plaisir. Un moyen comme un autre de le protéger des Claustrophobes qui ne feraient qu’une bouchée d’un pauvre Agoraphobe un peu bêta.
C’était Clem, et il était à moi.

Une chaise tomba par terre et je fonçai sur Megan à une vitesse que la colère rendait incroyable. Mais je n’avais pas fait la moitié du parcours que je m’écrasai contre un mur sorti de nulle part, qu’un cube de trente centimètres d’épaisseur m’entoura, que des portails pour m’empêcher des les détruire complétait l’ensemble, et que le cube fut envoyé au loin, à travers un mur, dans un couloir inconnu et loin de la discussion. Moi, dedans, à moitié assommé par les techniques de Maze, je hurlai des injures que seuls moi pouvaient entendre, ma voix ne pouvant aller plus loin que les portails collés contre les murs en pierre, sol et plafond compris, qui m’entouraient. J’étais coupé du monde, comme une merde, et des envies de frapper un visage continuait à élancer mes poings si bien que je tentai de frapper tout ce qui était à ma portée dans cette cellule indestructible de deux mètres sur deux. Mais les portails ne renvoyaient que sur moi-même, et mes poings se frappaient eux-mêmes en explosant mes doigts et mes phalanges. J’arrêtai bien vite et tentai de me calmer. Mais ça ne serait pas possible. Pas tout de suite. Quelle petite pute que cette Megan de merde !

__

Maze avait parfaitement su lire dans les gestes et avait arrêté son Voyageur avant que les premiers coups ne portent. Il envoya la prison en-dehors de la pièce et s’excusa pour l’attitude de son subordonné. Curieusement, il n’était pas aussi en colère qu’il aurait dû l’être. La situation était catastrophique, mais la mauvaise humeur avant la réflexion ne durait qu’un temps, et c’était Ed qui lui avait volé la sienne. Maze avait retrouvé son sang-froid malgré la situation et était prêt à s’occuper de ce problème lui-même. Il lui restait cependant à expliquer le comportement de son Voyageur, et il ne se pria pas de le dire, presque visage contre visage, face à la Voyageuse, instillant de la haine contre ses paroles qui se voulaient être de la compassion pour Ed mais qui n’était en fin de compte, que le reflet de sa propre humeur :


« Mon Voyageur a cherché à te frapper parce que tu viens tout juste de condamner son frère, Clem Free, à la mort. J’espère que la prochaine fois, petite crétine, tu feras attention aux poids de tes actes et de tes paroles. Et tu peux t’estimer heureuse d’appartenir à Pijn et d’avoir été déjà puni pour ton imbécillité... »


Il rejoignit sa chaise pour s’éloigner de Megan et la tentation de la cogner, et se rassied d’une humeur bougonne. Le complot allait se passer très mal s’il n’agissait pas vite. Il était peut-être temps de tirer sa révérence, ou de prendre les devants et accuser Pijn face au Seigneur Obscur tout de suite. Cela pourrait être une bonne idée pour ne rien risquer, mais exit la destruction de son pire ennemi. Il devait réfléchir, réfléchir seul, se prendre la tête, se triturer les méninges, et Maze détestait ça.

On passa à la suite du conseil, et ce fut à Pijn de dégainer ses alliés en montrant à nouveau un Dulcis (cette fois-ci, on fut préparé à la vague de solitude qui le suivait partout) et qui s’assied près de Pijn. Il demanda tout simplement la place du Duc de Minuit. Maze trouvait que la récompense était grande mais il n’en pipa mot. Il pouvait tenter de se caler dessus pour demander sa propre demande. Mais il resta muet le temps que Pijn officialise la participation de Mickaël au complot. Il était seul, un Voyageur puissant, mais seul. Cependant, il offrait des opportunités qu’il faudrait saisir, et son alliance était ainsi intéressante. Mais Maze demandait plus. Il voulait être certain que la victoire pouvait être arrachée. Il n’était pas kamikaze, ni stupide. Le Royaume Obscur était aussi puissant que réservé, deux qualités qui empêchaient qu’il aille ruiner les territoires voisins. Et il faudrait plus que deux Ducs Obscurs et un Royaume pour s’attaquer à une pareille engeance. Et maintenant que le Royaume de l’Agoraphobie avait des chances de se retrouver dans la balance, la côte était encore plus défavorable pour eux. Il y eut finalement une autre affaire entre le Voyageur Obscur et Pijn qui concernait une clé des songes mais dont Maze n’avait cure. C’était une affaire entre eux et il n’avait rien à voir avec des Artefacts légendaires.

Pour la suite, c’était Pijn, en maître de cérémonie, qui préparait déjà un papier annonçant la récompense qu’il donnerait à Maze une fois le complot terminé. Le Seigneur se saisit du document et le lut trois fois tandis que Pijn parlait. Tiens tiens tiens, il pourrait l’aider avant même que le complot n’ait été fait... Maze se renversa sur le dossier de sa chaise et se dit que l’occasion était bonne. Il faudrait écraser le Royaume de l’Agoraphobie avant même qu’il ne puisse s’allier au Seigneur Obscur. Mais les renforts que pourraient donner Pijn seraient moindres que s’il était sur le trône, ce qui dérangeait Maze : plus ils auraient une force de frappe puissante, et moins ils auraient de pertes. Le black ne voulait pas de pertes si possible, et donc les minimiser au maximum. Un autre dilemme auquel il devrait faire face et qui allait lui coûter des heures de réflexions et lui coller des insomnies.

Il pourrait remettre la réponse à plus tard selon deux facteurs qui allaient évoluer avec le temps et qui l’aideraient à se décider. Le premier d’entre eux, c’était la force que pouvait réunir Pijn. S’il trouvait des dizaines de Seigneurs prêts à le suivre en levant une armée, alors il y avait de fortes chances pour que Maze rejoigne le lot et mette à disposition son armée de Voyageurs. Un autre facteur, car évidemment, il n’imaginait pas que Pijn puisse promettre monts et merveilles à vingt conquérants, c’était la relation entre l’Obscurité et l’Agoraphobie, qui restaient deux Royaumes ennemis, par extension de l’alliance entre l’Obscurité et la Claustrophobie. Il y avait de fortes chances, premièrement, que le Royaume Obscur ne parle jamais avec Héliée, le Seigneur Agoraphobe et refuse tout contact (oral, lettres, émissaire, etc.), et que deuxièmement, on ne le croit pas. Un ennemi qui vous voudrait du bien et qui diviserait votre force en retournant une fraction contre une autre, c’était une technique à jouer contre les imbéciles. Peut-être que le Seigneur Obscur ne serait pas dupe. Mais cela, dans l’hypothèse que le Seigneur Obscur n’était pas au courant du complot qui se jouait, et il y avait des chances pour qu’il le sache, mais qu’il laisse couler. Pour des raisons obscures. Dignes de sa nature.

Maze rangea le parchemin enroulé dans une de ses larges poches en remerciant Pijn, mais il préféra ajouter tout de même :


« Cependant, je n’officialise en rien notre alliance tant qu’on n’en saura pas plus sur la position de l’Agoraphobie par rapport à tout ça, et tant que tu n’auras pas trouvé d’autres alliés. Tu sais ce que c’est, Pijn. On avance quand on est sûr qu’il n’y a pas de fossé à un mètre. »


Sa voix était détachée mais il restait absolument sérieux, ce qui pourrait contrarier le Seigneur de la Douleur. Ce dernier savait certainement que Maze ne mouillait sa main qu’après une étude de marché sur la température de l’eau.

Soudain, Megan parla, et dit que si quelqu’un devait s’occuper de Clem, c’était elle. Maze fit d’énormes yeux devant l’énormité de ce qu’elle devait dire. Interpellé par la demande, il réagit même avant Pijn :


« C’est très mignon de ta part, mais est-ce que tu sais ce que ça fait, de tuer quelqu’un ? Et je ne pense pas que tu mérites qu’on te laisse porter la victoire de notre machination selon si tu réussis ou non, à tuer ton ami que tu voulais ardemment défendre. Non, c’est un Agoraphobe, donc c’est à moi de m’en occuper. Clem Free sera mort dans moins de dix heures. »


Il allait demander à un de ses Voyageurs présents cette nuit-là (il supposait que c’était inutile de demander à Ed) d’envoyer des mails à des Voyageurs Japonais, Américains, Européens de rêver de Clem au plus vite pour le tuer et le faire taire à tout jamais. Et puisque c’était un ennemi du Royaume de la Claustrophobie, personne ne trouverait ça bizarre et se poserait des questions sur le pourquoi de cet assassinat. Ed gueulerait certainement encore un peu, mais ce n’était pas comme s’il ne pouvait plus voir son rêve dans la vie réelle. Alors il n’y avait pas lieu à s’inquiéter. En espérant qu’Héliée n’avait pas réagi de son côté, bien évidemment. Maze reprit enfin :


« Pijn, as-tu trouvé des alliés depuis la dernière fois ? Quant à la récompense, je te remercie grandement et nous en discuterons plus tard si j’y trouve matière à discuter. En vu du peu de l’avancement du projet, je n’ai pas encore demandé à mes Voyageurs ce qu’ils pensaient de ce plan. Je leur ferais un topo quand nous serons au clair sur de nombreux éléments... »
[i]
Maze attendait maintenant la réponse de l’assemblée. Il savait qu’il avait un grand rôle à jouer, mais qu’il n’était pas le poids dominant. Il était extérieur au Royaume et jouait son alliance avec le Royaume de l’Obscurité, un allié de poids que même Héliée lui enviait. S’il perdait cette alliance (et la tête), il serait plus vulnérable (sachant que tout était relatif). Tout ce qu’il savait, c’était que sa puissance venait du nombre de ses Voyageurs, ce qui entraînait que le Royaume était bien plus puissant quand il attaquait quelqu’un et donc qu’il avait pu se coordonner avec des Voyageurs du monde entier, que recevoir une attaque. Héliée était dans même optique. S’ils se mettaient à se battre, celui qui attaquait avait de grandes chances de gagner. Il ne restait plus que la crainte des renforts pour empêcher des raids destructeurs comme ceux-là, non seulement composés des Voyageurs ennemis qui arriveraient sur Dreamland en pleine forme et qui se seraient coordonnés dans leur coin, mais surtout des Royaumes extérieurs. Le Royaume Obscur était un side-kick non négligeable, et même s’il intervenait rarement (voire jamais) dans les affaires extérieures, on ne pouvait s’empêcher de douter de son intervention si on s’attaquait à ses très rares alliés.
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie... Ou presque. Visite de courtoisie... Ou presque. - Page 2 EmptyLun 14 Jan 2013 - 23:40


Voir Pijn se raidir un peu au nom de Clem passe encore. Voir Maze tirer une drôle de tête, sachant que les claustros sont en guerre avec les agoraphobes, normal et prévisible. Mais voir Ed se lever d'un bond, faisant valser sa chaise pour foncer sur elle avec une telle hargne. Cela l'avait terrorisé. Elle ne comprit pas pourquoi il réagit ainsi, mais la peur qu'elle venait de ressentir l'avait paralysé. Son cerveau semblait même s'être figé. Elle en perdu le fil et ne comprit pas un mots de ce qu'expliqua Maze sur le lien familial entre Ed et Clem, son cerveau assimilera peut-être plus tard...

Pijn avait donc expliqué que Dulcis et Mickaël seraient des alliés de confiance. Il avait même offert un contrat d'alliance à Maze qui stipulait l'aide de la douleur et de quelques créatures obscures s'il avait besoin de bras pour un conflit. Se doutant pertinemment que Maze avait des embrouilles avec le seigneur agoraphobe et que cela allait empirer d'ici peu de temps suite au problème: Clem. De son coté, Ed avait été projeté hors de la salle, traversant un mur dans une cube d'énergie à peine visible, on avait pu distinguer les formes avec le fracas dans la pierre. La cage magique s'était vite changer en mur qui ne permettait pas de voir ni d'entendre l'homme à l'intérieur. Il disparut ainsi dans un couloir du temple. Le duc de la douleur croisait les bras, son regard émeraude posé sur le noir à lunettes.

Megan eut comme un déclic et proposa de s'occuper de Clem, comme si c'était une bonne idée. Ne réalisant même pas l'étendu des dégâts, n'imaginant même pas la réaction de Ed s'il l'avait entendu. Elle ne captait plus rien, trop abasourdit par diverses choses: avoir vendu un ami qu'elle appréciait beaucoup, avoir vue un mec qu'elle qualifiait de sympa se jeter sur elle pour la tuer. Le risque d'une torture par son seigneur ou d'une mort violente par un autre ou encore le désespoir infini engendré par le troisième. Ses morts pouvaient être très variés, ses chances de survie proches du néant.

Maze expliquait qu'il n'officialiserait rien du tout, que le rapport de force ne lui convenait pas et qu'il voulait plus. Pijn comprenait que Maze était prudent, trop même et dans un sens, vue l'ennemi à affronter, c'était normal voir prévisible. Le seigneur fit un sourire et laissa son invité continuer de parler, le laissant exposer son opinion. Mickaël jetait des regards vers le trou, surement inquiet de l'état de Ed. Il lançait également des regards à Megan, vérifiant si son état végétatif était passé ou non. Mais la brune semblait encore ailleurs et son étant n'allait pas en s'améliorant. Le maitre de la claustrophobie continua donc mais pour l'algophobe, disant qu'elle était mignonne mais qu'elle n'avait surement jamais tué quelqu'un. Un rictus se forma sur le visage de la brune: s'il savait... Elle s'était déjà battu, elle avait déjà voulu tuer, elle avait torturé et massacré des rêveurs, des créatures de ce monde et tuer un voyageur s'il lui voulait du mal ne la dérangeait pas. Mais tuer un ami... Elle ne pourrait pas. Ce qu'elle voulait, c'était pouvoir aider Clem, trouver une porte de sortit. Sachant que Maze pourrait ouvrir ce portail pour mieux l'attraper après. Reste qu'il voulait s'en charger lui même, que c'était son problème.

Elle percuta alors et ses yeux s'élargirent de manière comique. Clem était le frère de Ed! Ed avait comme petit frère Clem!! Bordel de merde! Alors Clem avait parlé tout ce temps du blond en disant qu'un claustrophobe voulait le tuer, elle comprenait enfin! Enfin, pourquoi Ed voulait-il le tuer? Rivalité mal placée, surement... Vue sa réaction, c'était forcément ça, une sorte de jeu entre eux. Mon dieu... Qu'avait-elle fait? Elle avait condamné à mort son frère: elle venait de lui offrir toutes les raisons du monde de vouloir la tuer. Normal qu'il ait réagit ainsi. Des larmes coulèrent sur ses joues et elle baissa la tête, n'écoutant même plus Maze ou Pijn. Elle se leva d'un bond et voulu se rendre vers Ed. Elle devait s'excuser, elle devait tout lui expliquer, elle devait lui dire que pour eux: comparer leurs nuits était un jeu, savoir lequel des deux avaient le plus risqué sa peau, lequel avait apprit un truc incroyable. Enfin, elle l'avait prit ainsi et n'aurait jamais imaginé pareil conclusions. Une voix froide la fit alors s'arrêter.

"Où vas-tu Megan?
-Voir Ed... Je dois... J'ai besoin de lui parler.
-Non.
-Si! Elle se retourna. Il faut qu'il sache toute la vérité!
-Quelle vérité?
-Cela ne te regarde pas! Il s'agit de son frère! Il a le droit de savoir, vous, vous savez ce qui vous intéresse. Alors foutez moi la paix! Tu ruines ma vie Pijn! Depuis que je suis ici, je torture et tue des rêveurs, tu joues avec moi et ma liberté. Et là! Tu veux exécuter un ami à moi car je lui ai parlé? Vas te faire foutre, toi, ton complot, tes alliés et ce royaume!!
-Tu en es sure?"

A peine posa-t-il sa question que la jeune femme décolla du sol pour se retrouver très haut dans la salle. Son corps percuta l'immense lustre de cristal et son ventre fut perforer par l'armature en titane. Les bouts de cristal pointues lui transpercèrent les mains et les cuisses pour la maintenir coincée. Elle hurla de douleur et comprit que son endorphine n'avait plus aucun effet. Son sang coula et se fracassa sur le table du banquet, sous le regard de toute l'assemblée.

"Désolé Maze... Poursuis donc."

Affichant un sourire, comme si rien ne s'était produit, Pijn reposa son cul obscur sur son trône et croisa les bras. Maze posa donc sa question la plus importante: à savoir si Pijn avait trouvé des alliés. Il disait aussi que vue l'avancement du projet, il n'avait pas consulté ses voyageurs. Oui, il restait en retrait, préférant ne pas trop se mouiller pour le moment. Le seigneur de la douleur souriait et ses yeux brillaient. Il se leva alors, attrapa un verre de vin et marcha tranquillement dans la salle. Délectant chaque secondes, avant de prendre la parole. Même Mickaël qui était souvent là ne le savait pas, mais oui, Pijn avait trouvé. Justement, l'invocateur se leva et s'éloigna vers le trou dans le mur, personne ne le retint et personne n'aurait pu. Une aura violette s'échappait de son corps, il semblait en rogne et avait peut-être besoin de se défouler.

Le seigneur obscur vida tranquillement son verre de vin et proposa à Dulcis et à Maze de boire. Il prenait bien son temps, réfléchissant bien à toutes les variables de son plan. Vaincre Une Heure serait un travail titanesque, il le savait. Déjà, il devait abattre Minuit. Mickaël avec quelques autres combattants pourraient peut-être y parvenir. Restait les autres ducs et le seigneur. Il avait négocié avec d'autres, jouer la fourberie et avait finalement obtenu ce qu'il voulait. Mais certaines conditions ne lui plaisaient pas, il devrait donc jouer en finesse, passer de l'officiel à l'officieux sur certains points.

"Alors... Connais tu: Amvrossi? C'est le seigneur hydrophobe. Il a toujours détesté le royaume obscur et surtout son seigneur. Je lui ai proposé de m'aider dans le travail consistant à créer un ordre nouveau dans ce royaume. Il a d'abord été quelque peu récalcitrant. Il fit un sourire amusé. Normal, s'allier à la douleur est surement pire ou équivalent à l'obscurité pour lui qui se dit être un justicier. Mais nous sommes finalement tombé d'accord. En échange de son aide, ses voyageurs auront le droits de venir dans ce royaume sans être mit à mort. Bien sur, ce royaume reste ce qu'il est, ce n'est pas un parc d'attraction et donc, les voyageurs qui oseront venir ne seront pas en sécurité, mais ils risqueront moins que avant. Et l'émissaire de l'eau lui ne risquera rien. C'est une première condition... Il prit alors son temps pour la suite et sourit. Il a aussi demandé à ce que j'arrête d'envoyer mes voyageurs torturer des innocents hors du royaume... J'ai bien évidemment accepté! Mais il ne m'en tiendra pas vigueur si mes algophobes foutent le bordel quand même, je ne peux les contrôler dans les autres zones."

Bien sur, Pijn continuerait d'envoyer ses voyageurs pour torturer les gens, mais il serait plus discret et irait jusqu'à en torturer quelques uns si Amvrossi venait à dire quelque chose. Megan serait la proie parfaite pour faire un exemple afin de satisfaire le maitre de l'eau. Tout était parfait donc! Il avait un allié en plus et rien n'obligeait à poursuivre l'alliance une fois le seigneur mort. Il pourrait même tuer Amvrossi dans le feu de l'action.

L'invocateur obscur marchait d'un pas décidé dans le couloir. Il explosa le crâne d'une créature d'un revers de la main et arriva enfin devant un mur de pierre qui n'aurait pas du être là. C'était donc là qu'était Ed, toujours dans ce bloc d'énergie qui le tenait à l'écart? Lui évitant de commettre un acte qu'il regretterait surement plus tard, Maze avait réagit à temps. Mickaël comprenait que Ed puisse en vouloir à Megan, c'était logique. Mais il voulait tenter d'arranger les choses à sa manière. Est-ce que le claustrophobe pouvait l'entendre? Surement que non. Un tatouage sur son poignet se libéra et un papillon noir apparut, l'insecte se dédoubla et l'un disparut alors que l'autre se posa sur l'épaule de l'invocateur. Le papillon apparut alors dans la cage du claustrophobe: sortant de son ombre pour voler paisiblement et se poser sur la branche de ses lunettes, remuant à peine les ailes.

"Ed? Tu m'entends? Cette créature peut se rendre partout tant qu'il y a une ombre. Il permet de communiquer qu'importe la distance... Je sais que tu es en colère, je sais ce que tu peux ressentir. Je suis comme je suis, mais j'ai un cœur et j'ai aussi eu mon lot d'emmerde ici..."

Pijn se frottait les mains, content d'avoir lâché sa première information à Maze. Il prit un autre verre de vin et le fit tourner entre ses longs doigts fins. Fixant le liquide rouge sang avec un intérêt peu commun. Il affichait toujours se sourire satisfait. C'est alors qu'une goutte tomba dans le verre: du sang, celui de l'algophobe accrochée au lustre en train d'agoniser. Le seigneur vida son verre, se délectant de ce divin nectar: celui de la douleur, des regrets, de la tristesse et du désespoir. Tout ceci était condensé dans le sang de la jeune femme et il pouvait le sentir, le goutter.

"Encore une chose... Le nom de Chironheim Noctis t'es surement familier j'imagine? Le seigneur de la mort et des cadavres. Ancien allié de Une heure. Et bien, leur alliance a prit fin il y a déjà un moment. Chose qui est restée sous silence car cette amitié était quelque peu effrayante pour beaucoup. Une heure semble ne plus vouloir s'allier à qui que ce soit. Et Chiron a prit sa pour une insulte. Je l'ai donc contacté pour lui proposer de se venger et de s'allier à moi: lui promettant de ne jamais lui tourner le dos et j'aimerai aussi l'aider à régler un petit souci qu'il a. Il devrait normalement nous rejoindre et exposer ses conditions. Enfin venir, c'est un bien grand mot. Un émissaire viendra pour lui normalement."

Pijn jeta alors son verre avec force. Celui-ci explosa contre un mur et le regard du duc se posa sur Maze. Il fixait le claustrophobe avec une insistance particulière comme il ne lui avait encore jamais fait. Des questions lui brulaient les lèvres et il avait hâte de les poser. De son coté, Megan tenta de bouger, mais la douleur était trop atroce, elle pissait le sang et sa mort était proche. Elle pleurait: pas de peur de mourir, juste d'avoir trahit deux personnes en une même nuit. Quelle conne elle faisait! Crever sans même pouvoir aider Clem, sans même pouvoir s'excuser auprès de Ed: au moins, on la faisait souffrir pour sa débilité, mais la douleur n'était rien comparé à ce qui se détruisait dans son âme. Remonter le temps, réparer ses erreurs, c'était un fantasme qu'elle savait impossible... Mais elle pourrait peut-être rattraper ses conneries si elle survivait. Mais survivre, pour faire quoi? Ed voudrait la tuer et Maze ne tarderait pas à envoyer quelqu'un s'occuper de Clem... Agir vite et correctement. Le problème, c'était la seconde règle du sorcier. Quoi donc? Un truc qu'elle avait lut dans un livre qu'elle adorait. Cette règle disait que: sans connaissance et réflexion, on pouvait faire énormément de mal en voulant bien faire, donc il était préférable de ne rien faire. Une manière de dire que: les pires choses découlent souvent d'une bonne intention... Comment pouvait-elle donc faire? Un papillon tout noir telle une tache d'encre apparut et se colla à sa poitrine. Elle le vit sans vraiment y faire attention et pensa que c'était inutile de se poser la moindre question, surement un jeu de Pijn. C'est alors que la voix de Mickaël résonna dans sa tête.

"Megan? Je suis vers Ed... Dans quelques secondes, tu pourras lui parler d'accord? Pèses bien chaque mots et dis ce que tu tiens vraiment à dire. j'ignore si tu survivras alors surtout: ne crains pas d'être honnête et de dire la vérité. J'me fais chier à être sympa avec toi, alors fais pas de la merde comme tu sembles en avoir prit l'habitude... Il parla alors à Ed sans que Megan puisse entendre. Ed? Megan peut te parler. Je sais: tu ne veux pas lui parler. Je veux juste que tu m'écoute, puis tu décideras si tu veux ou non lui. Je voudrais simplement que tu sache que... Elle vient d'envoyer chier Pijn et Maze au passage, car elle voulait te rejoindre. Elle voulait te dire toute la vérité de ce qu'il s'est passé avec Clem. Elle a prit le risque de se faire tuer, juste pour venir s'excuser vers toi en sachant que tu es le frère de Clem et que tu refuserais probablement de l'écouter, sans oublier que tu voudrais surement la tuer... Acceptes-tu de l'écouter? Si tu refuses, je coupe mon pouvoir et je te laisse tranquille. Je ne forcerai pas les choses."

Mickaël avait croisé les bras et s'était assit devant Ed, éloigné d'un bon mètre de sa cage en pierre. Il avait roulé un cône et l'allumait alors en soufflant la fumée bleuâtre vers le plafond. Son regard posé inlassablement sur un mur de brique: qu'allait donc répondre le blond? La brune cracha du sang et tenta de calmer ses pleures, elle pourrait parler à Ed, s'excuser, lui dire qu'elle n'avait jamais voulu que Clem souffre, qu'elle n'avait jamais pensé à mal et que bien qu'elle sache que ce complot était important. Elle ne pensait pas que Clem risquerait autant... Comment pouvait-elle savoir que le DreamMag savait tout? Mais surtout: comment aider Clem? Comment faire comprendre à Ed qu'elle regrettait ça et aurait préféré mourir que de mettre son frère dans une telle situation? Elle hurla alors de désespoir ce qui fit frémir de plaisir son seigneur qui leva les yeux et jubila de cette scène morbide.

Le duc retourna à sa place et jeta des regards vers le couloir, espérant surement voir les deux autres seigneurs arriver. Il faudra également penser à un autre endroit pour les prochaines réunions: faire ça directement sous le nez du seigneur obscur... C'était une bonne idée car il ne chercherait surement pas là, mais en même temps trop risqué s'ils venaient à être découvert. Sauf que Pijn aurait quelque peu de mal à s'éloigner de son temple. Il lança un regard à Maze et fit un sourire froid, sadique et calculateur. Maintenant, lui aussi avait des questions pour le claustrophobe.

"Donc Maze, résumons... Je t'ai proposé une alliance. Des alliés pour mon objectif afin d'obtenir ta contribution. Mais à présent, j'ai l'eau et la mort de mon coté ainsi que la solitude. Toi, tu reste encore en retrait, craignant de te bruler le bout des doigts si jamais tu avance encore un peu. J'ai pris des risques en parlant avec les autres seigneurs, en t'invitant ici. Et tu me parle encore de trouver des couvertures pour ta petite personne? Je veux bien que tu joue la sécurité, mais moi je prend tous les risques... Donc j'aimerai savoir: en quoi serait-ce si important et utile que tu m'aide? J'avoue que tu es puissant, mais pas irremplaçable. J'ai proposé une alliance entre douleur et claustrophobie, mais toi? En échange? A part me jeter des doutes au visage, qu'est-ce que tu as à m'offrir? Puis-je te faire confiance et attendre quelque chose de toi?"

Voilà, il entrait dans le vif du sujet: savoir ce que ferait Maze et ce qu'il proposerait pour l'alliance. Pijn lui promettait une aide militaire avant et après le conflit, mais lui en retour, que proposerait-il? Ce n'était pas de la vanité car il avait à présent d'autres alliés. Il voulait juste savoir s'il pourrait compter ou non sur Maze. Pour l'instant, Pijn le voyait prêt à se rétracter à la première occasion et il n'avait pas besoin de ça dans un tel conflit... Il avait besoin d'alliés sur qui réellement compter, car tôt ou tard, cela allait dégénérer.

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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie... Ou presque. Visite de courtoisie... Ou presque. - Page 2 EmptyLun 21 Jan 2013 - 21:43
A ma connaissance, il n’y avait qu’un seul moyen pour me permettre de me calmer : dormir. J’avais été ravi de constater que Dreamland n’avait pas affecté cette soupape de sentiments. Je pouvais vous dégueuler, je pouvais vous détester, je pouvais vous abhorrer à cause d’un truc que vous aviez fait, mais sept heures de sommeil et vous étiez redevenus un individu lambda. Le seul défaut à cette échappatoire sentimentale était qu’il n’existait pas d’autres moyens pour faire diminuer la moutarde. Et que si j’étais encore en pétard contre vous-même après une nuit de sommeil ou à Dreamland… alors vous aviez du souci à vous faire. Je grimpai facilement au poteau si on m’en laissait l’occasion, d’autant plus sur les terres oniriques où je pétais facilement des câbles à cause d’une assurance dingue (et à peine justifiée). Comme dirait l’autre, le temps pulvérise les petites choses et sublime les grandes.

Le débat n’était pas tant de savoir si mon humeur était assez forte pour survivre à mon réveil (même si ça pouvait intéresser Megan pour des nuits ultérieures), mais pour expliquer que je ne pourrais pas me calmer. Même si je m’agitais moins dans l’obscurité, même si je m’asseyais en grognant, j’étais toujours furieux. J’économisai mes forces pour en plus d’être superbement en colère, je ne sois pas exténué. J’espérais que Maze ne me libérerait pas avant que je me réveille, parce que je ne rêvais que de prendre la tête de Megan entre mes mains et lui hurler des insanités dont je m’en voudrais une fois devant mon petit-déjeuner. La cogner, c’était bon. Je n’avais eu mes gestes déplacés que par la surprise, et même si l’envie ne manquait pas, je pourrais me contrôler si on changeait de discussion et qu’on me faisait fumer quelque chose de lourd qui me ferait partir chez les Toupoutous. J’avais déjà parlé de tout ce que je lui reprochais, ça ne servait à rien de ruminer et de vous faire subir les péchés dont je l’accusais. Aussi personnel que général, tout le monde devait avoir une dent contre Megan qu’on voulait lui planter dans l’iris pour lui apprendre à se taire. Cependant, je savais que Maze réfléchissait déjà à une situation de secours. Il ne donnait la peine de penser que pour retourner un élément déplaisant à sa convenance. Trahir Pijn pour se faire bien voir du Seigneur Obscur, ou annoncer la vérité à tout Dreamland, dire qui le suivrait pour arrêter le Seigneur Obscur qui avait fomenté la bataille du Royaume des Chevaliers de la Table Pentagonale (et la vérité, on l’enculait au passage) afin de renforcer sa réputation dans tout Dreamland.

Donc, non, je n’avais pas envie de voir Megan, certainement pas. Quand j’étais en colère… j’étais en colère et j’avais hâte d’en faire profiter les autres. Qu’une personne me parle, et si c’était une bonne nouvelle, je ferais semblant de l’ignorer. Si ce n’était rien de cela, alors je l’enverrai dans les roses. Quelle que soit l’identité de la personne. Quand j’avais la haine dans les tripes, j’avais la haine contre le monde entier. J’étais pire qu’une tête de mule, j’avais le poing facile, la réplique cinglante que je crachai en rêvant de voir le monde brûlé. Rien à voir avec des minuscules piques de colère que je surjouais à Dreamland, sous le coup de l’adrénaline. Je ressentais maintenant une colère de bas-fond, un truc qui me dévorait et que je ne pourrais vomir malgré mon acharnement jusqu’à ce que je guérisse d’une nuit. Tout ça pour dire que quand arriva soudainement la voix de Mickaël (je vis cependant, dans le noir complet, une forme de petit papillon grâce à mes lunettes) qui me dit qu’il comprenait ce que je ressentais, je restai sur ma mauvaise foi. Je pouvais le croire, mais je n’en avais rien à foutre. C’était mon problème, qu’il aille se faire mettre, lui comme les autres. Laissez-moi en quarantaine, que j’élimine les pensées impures qui me chuchotaient de retrouver Megan pour la lui faire payer.

Il me dit alors qu’il allait me mettre en contact avec Megan. Non, mec, jamais. Mickey tenta de rajouter que la fille avait envoyé chier les Seigneurs pour me parler. Désolé, blessure trop vive dans mon esprit. Vingt-quatre heures plus tard, j’aurais certainement compati, il ne fallait pas se mentir. Je n’étais pas quelqu’un de cruel ou de sadique. Il me fallait du temps pour guérir, pas de la voix de Megan. Je répliquai d’une voix sèche au Voyageur Obscur qui se découvrait un cœur :


« Mickey, qu’elle aille se faire mettre. Si je lui parle, je l’insulte à coup sûr. Ses excuses… c’est le dernier truc que je veux entendre. Si je l’entends s’excuser, là, je lui ferais payer plus tard où qu’elle se trouve. Alors, non. »

J’avais réussi à être aimable : je n’avais pas insulté Mickaël. Même si les intonations de ma voix le faisaient pour moi : graves, basses, accusatrices. Je pensais chaque syllabe que je crachais. Je me rendis compte que m’entendre parler était la confirmation que n’était pas venu le temps pour le pardon. De son côté, ou du mien. Le chemin de l’enfer était pavé de bonnes intentions, cachant un cœur de stupidité. Nan, qu’on me laisse seul. Mickaël pouvait toujours continuer à me parler, mais je détruirai ce foutu papillon si j’entendais encore sa voix de merde.

__

Megan se fit embrocher. Maze contempla d’un regard neutre la Voyageuse qui hurlait sous la douleur, accrochée au lustre comme un vulgaire paquet de viande. Il n’aimait pas ça, Maze. Il était trop proche de ses Voyageurs pour leur faire subir la même chose de sang-froid. Il n’avait pas été choqué par les réactions de Megan, il savait que la majorité de sa verve était dirigée contre son propre Seigneur. Mais Pijn était un monstre. Le Seigneur de la Claustrophobie ne se demanda pas si c’était une bonne idée que Pijn accède au trône obscur ; tant que lui avait sa récompense, il était content et les guerres civiles pouvaient éclater tant qu’elles ne nuisaient pas à son propre effort de guerre. Dans le Royaume Obscur, le plus puissant était au sommet. Le complot de Pijn tenait plus à tuer les deux Créatures au-dessus de lui que remporter le pouvoir : il allait lui incomber de toute façon si ses supérieurs tombaient.

Pijn continua tranquillement sur le ton de la discussion et présenta ses deux alliés à Maze. Le premier n’était autre que le Seigneur de l’Eau. Le Seigneur ne se demanda pas les relations que le Duc entretenait avec Amvrossi. Il l’avait berné, surtout. Il l’utilisait en lui faisant croire que le Seigneur Obscur était un pourri, alors qu’il n’était autre qu’un type relativement calme se foutant totalement de ce qu’il se passait à Dreamland. Les conditions qu’avaient exigées Amvrossi de Pijn étaient aberrantes, et ce dernier avait accepté. Il ne tiendrait certainement pas ses promesses. Maze avait suffisamment compris comment fonctionnait Pijn (Megan au plafond criait encore et pleurait sous la douleur) pour savoir que celui-ci ne pensait pas un mot de ce qu’il avait dit au Seigneur de l’Eau, ou alors qu’il n’allait pas résister. C’était dans sa nature. Si le Seigneur de l’Eau était assez bête pour croire Pijn, alors il méritait de participer à la bataille sans autre récompense que le travail abattu. Maze espérait que le blondinet ne se rendrait pas compte de la supercherie avant qu’elle ne lui tombe sur la tête.

Le prochain sur la liste était le Seigneur de la Mort, Chiron… Là, le choix du Seigneur était bien plus approprié, convenait mieux à ce qu’ils espéraient faire. Maze ne connaissait pas du tout cet allié, mais il savait qu’il n’était pas négligeable du tout. Et il avait des raisons de vouloir le plus puissant des Ducs perdre sa tête. C’était très convenable. Cinq fous contre le Royaume Obscur… Cela sonnait bien… Le prix à payer serait extrêmement lourd, mais la récompense, en tout cas pour Maze, serait extraordinaire. Les choses se présentaient bien, il trouvait. Hormis la bourde de Megan mais Clem allait être massacré le plus rapidement possible. Maze pensait même à parler à un de ses Voyageurs présents, et lui dire de se coucher dès qu’il se réveillerait à l’aide de médicaments. Clem pourrait être ainsi abattu cinq fois plus rapidement, en moins de deux heures si la chance était de leur côté. Tout concordait, et si le Destin donnait son consentement, le complot serait bien parti pour réussir.

Cependant, Maze descendit de son petit nuage (en plomb, et il volait pas bien haut, certes, mais tout de même) quand Pijn s’adressa à lui avec une méfiance et des gestes théâtraux qu’il prit pour de la provocation. Maze supportait les cirques dans ce genre quand ils étaient justifiés. Cependant, il n’eut pas le temps de savoir si la colère revenait lui piquer du nez car Pijn était en train de le lancer sur un terrain qu’il affectionnait et serait ravi d’en parler. En quoi lui, était indispensable ? Alors comme ça, Pijn voulait la confrontation, voulait savoir le tour de centimètres de ses muscles ? Normalement, Maze n’aimait pas se vanter. Il n’en connaissait pas la définition exacte pour tout dire, mais si on lui permettait de parler de son sujet favori, alors il se lançait sans considération de l’image qu’il pouvait renvoyer. C’était à lui de se lever. C’était à lui de montrer ce qu’il valait. Très bien, si Pijn le cherchait.

Maze claqua des doigts et un portail se créa près de la demoiselle. Il la retira du lustre en l’attrapant au col, et la fit revenir sur le sol tandis que les portes disparurent. Il créa aussitôt une nouvelle paire de portails afin d’arrêter l’hémorragie qui s’en suivrait. Le sang et les boyaux étaient bloqués par les portails. On arrêtait une grande blessure comme on pouvait, mais ça permettrait à Megan de conserver son hémoglobine, et même de pouvoir marcher. Le processus était un peu tiré par les cheveux mais il avait déjà fait ses preuves sur le champ de bataille. Maze retournait la provocation, légère. Il pourrait dire à son homologue que torturer ses Voyageurs ne les rendait que plus hargneux envers lui, mais ça serait peine perdue. Que pourrait penser Amvrossi s’il connaissait bien le Seigneur de la Douleur ? En tout cas, Maze parla de sa voix grave, lentement, mais il faisait bien moins de gestes que Pijn :


« Je suppose que tu as des journées bien remplies, Pijn. Tu as un Temple à gérer, et à préserver des autres Ducs aussi ambitieux que toi. Moi, je n’ai rien à faire de mes journées. Je peux gérer mon Labyrinthe, mais ça ne me prend pas beaucoup de temps. Alors, je lis. Je lis pas mal, journaux, romans, vieux parchemins, et livres théoriques. Parmi ces derniers, y en a beaucoup qui ont été écrit par des Voyageurs pour des Voyageurs. Y a de la sociologie, de la psychologie, que des conneries condescendantes. Mais certains traitent de guerre, de bataille. Il y avait une notion qui m’avait plu : la courbe de puissance. Ce n’est pas très originale, mais c’est une courbe exponentielle, qui augmente, et qui augmente de plus en plus au fur et à mesure de sa progression si tu veux, et ce que dit cette courbe, c’est qu’une personne puissante peut avoir du mal à gérer plusieurs opposants faibles, mais qu’à partir d’un certain seuil de force, cette personne peut devenir tellement supérieure à ses confrères qu’ils pourraient être plus de vingt que la bataille est déjà terminée. Pour faire simple, prenons ta Voyageuse et Mickaël, et accordons-leur une puissance imaginaire que je comparerai de la manière suivante : Mickaël est deux fois plus fort que Megan – ce qui est loin d’être la vérité, excuse-moi Mickaël. Si Megan peut combattre deux sbires obscurs, la logique voudrait que Mickaël puisse en battre quatre. Mais avec la courbe de puissance, Mickaël peut en battre en fait… plus d’une centaine. Si on pousse la logique plus loin, il pourrait en combattre même mille fois plus tant que la fatigue ne lui fait pas défaut. Il y a un moment où quand votre adversaire est plus fort que vous, bien plus résistant, plus agile, a plus de réflexe…. Il y a un moment où même le nombre ne peut plus grand-chose pour faire pencher la victoire de votre côté. C’est ça, la courbe de puissance. A partir de là, tu vois où je veux en venir ? Et oui, Pijn, et oui, ça paraît bête mais il faut quand même le dire : les Ducs Obscurs sont tous avantagés par cette courbe. »

Maze ne marchait pas, mais ses bras soudainement s’écartèrent, paumes tournés vers le ciel. Il était partisan d’aller directement à l’essentiel, mais la ronde des requins autour de leur cible était une beauté en soi. S’approcher n’était pas ralentir.

« Et cela signifie que nous pourrions envoyer des milliers et des milliers d’hommes, ils perdraient. Pour que la logique de la courbe de puissance s’inverse, il faut mettre en face pour chaque lieutenant un ou plusieurs adversaires de niveau égal ou inférieur – mais alors pas trop inférieurs, pour les vaincre. Les Ducs Obscurs à combattre sont au nombre de neuf. Onze, moins Dulcis et toi. Partons du principe de l’équivalence, il faut que nous puissions les gérer. Dulcis, toi, Amvrossi, Chiron. Quatre contre neuf pour le moment. Je rajoute Mickaël, ce qui fait une cinquième personne. Mais à ce que je sache, les Voyageurs sous vos ordres ne seront pas suffisants pour combler l’écart. Chacun a un très bon élément, je suppose, mais qui ne pourra rivaliser avec un Duc sauf si on les met ensemble. Et je ne garantis pas la victoire de tous les côtés. Surtout qu’il y a Minuit et le Seigneur lui-même, bien plus puissant que nous. Je te fais confiance Pijn, tu peux battre n’importe qui d’autre. Et Chiron pourrait réussir à en vaincre un costaud avec de la chance. Mais Dulcis, ne le prends pas mal, mais tu ne pourras éliminer que les Seigneurs Obscurs les moins costauds, et c’est pareil pour Amvrossi. Et Mickaël, ce n’est qu’avec grâce que je l’ai placé sur le même rang de valeur que des Seigneurs. Le calcul reste inéquitable même en étant généreux. On en vient à mon alliance, Pijn. Et dans la balance, je rajoute ma propre personne qui doit être de force équivalente à la tienne, ou presque. Et je rajoute une Voyageuse extrêmement puissante, asiatique, qui a déjà battu des Seigneurs Cauchemars pour moi, certes pas aussi importants que celui du Feu ou des Araignées. Mais elle vaut bien Dulcis. On passe de cinq à sept. Et ensuite, Pijn, je rajoute dans la balance tous mes Voyageurs. »

La dernière phrase, Maze n’avait pas résisté à afficher un sourire de fierté. C’était sa grande passion, son armée de Voyageurs, sensiblement plus grande que la moyenne. L’Agoraphobie avait une armée équivalente, mais ensuite, personne n’affichait autant de soldats pareils dans tout Dreamland. Non seulement, ils avaient le potentiel, mais en plus, ils en profitaient. Ils n’étaient pas comme le Seigneur Obscur, qui n’en avait rien à faire. Par contre, Maze manquait de sbire, de Créatures des Rêves, pour compléter son armée. Il avait bien une petite armée, mais moins terrifiante que celle de ses voisins. Mais elle était compensée par la puissance et le nombre de ses Voyageurs.
Maze ne se sentait plus, maintenant qu’il était lancé sur son sujet-phare :


« Les Enfants Terribles avaient compris que les Voyageurs étaient des piliers d’une armée. J’en dispose énormément, et tu le sais. Mais contrairement à Héliée qui gère ses Voyageurs comme s’il n’en possédait que quatre, moi, je gère les miens comme l’armée qu’ils sont. Je suis peut-être le seul Seigneur à disposer d’une armée rompue à des tactiques de bataille à grande échelle que ne peuvent imiter les autres Seigneurs par le nombre réduit de leurs Voyageurs. Ils n’ont que des commandos qui font des tactiques de commandos. J’ai une armée qui fait des tactiques d’armée. Mieux encore, beaucoup me sont fidèles et sont entraînés régulièrement dans mon palais. Conséquence : ce sont des Voyageurs de très bonne qualité.

Je me souviens qu’une fois, ils ont chargé. Une partie du Royaume s’est soulevée, commandée par un de mes anciens lieutenants qui n’étaient pas d’accord avec ma façon de gouverner. »
Le style nonchalant et paresseux avait effectivement de quoi énerver, mais Maze n’avait jamais vu ça comme ça. « Il avait appelé des mercenaires de Royaumes voisins, et ils avaient installé leur base dans une forteresse. Et mes Voyageurs ont chargé. Dans la forteresse. Normalement, des batailles dans des milieux clos créent des goulots d’étranglement souvent meurtriers entre les deux parties. Ça avance couloir par couloir et tout est jonché de cadavres. Mais j’avais des Voyageurs Claustrophobes. Comment voulez-vous vous battre contre des petits gars qui peuvent bloquer des passages comme un rien, blinder des positions, créer des boucliers sans aucune difficulté, et écraser des adversaires sous des tonnes de brique ? Comment voulez-vous gérer des Voyageurs qui peuvent modifier la disposition des lieux à leur avantage, qui peuvent modifier des couloirs, en créer, fabriquer des culs-de-sac pour les renforts ennemis ? Comment voulez-vous tenir une position quand vos ennemis peuvent apparaître derrière vous par des portails, ou en traversant tout bonnement les murs et les étages ? On a évidemment écrasé les opposants, sans aucune perte du côté de mes Voyageurs.

Tu vois, Pijn, c’est cette armée que je te mets à disposition. Et le Royaume Obscur n’est qu’une somme de galeries ; parfait pour mes gars. Ils sont habitués à écraser n’importe qui ou n’importe quoi, quel que soit le nombre ou quel que soit la taille tant qu’il y a des murs autour. Ils sont expérimentés, résistants, polyvalents et flexibles comme un rien. S’ils ne peuvent pas combattre un Duc Obscur d’égal à égal, malgré de très bons éléments dedans, ils peuvent combattre les sbires Obscurs sur leur propre terrain. Tant qu’ils sont dans un bâtiment, tant qu’ils ont un plafond et des murs, le terrain est entièrement à leur avantage. Je mets sur le tapis cette force de frappe surpuissante, et aussi, un plan pour gérer les Ducs Obscurs. On ne peut en bloquer que sept pour le moment. Avec ma petite idée, Pijn, c’est encore toi qui va prendre des risques, mais je crois que tu vas… adorer. »


Le ton ne laissait nul doute : ils en parleraient quand ils seraient tous les deux seulement. Maze se rendit compte qu’il en avait bien trop dit, mais il était assez confiant en ses Voyageurs tout de même. Avec la panoplie de stratégies qu’il réservait à un défenseur, même si celui-ci était au courant des possibilités de l’envahisseur, il ne pourrait pas bloquer. Maze ne voyait pas comment… mais Maze était très très en confiance. Peut-être trop. Mais il adorait ce qu’il avait créé : ses Voyageurs, leur somme sur le champ de bataille… étaient la fierté de sa vie. Et il adorerait pouvoir le montrer à tout Dreamland.
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Megan Cole
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie... Ou presque. Visite de courtoisie... Ou presque. - Page 2 EmptyMar 22 Jan 2013 - 0:05


L'invocateur attendait une réponse du claustrophobe mais ce dernier ne semblait pas spécialement décidé à répondre. Surement cherchait-il à se calmer ou à se défouler. Reste que Mickaël avait le temps, beaucoup de temps, c'était pas comme s'il dormait presque en permanence ou qu'il passait sa vie à trainer dans les couloirs sombres et humides de ce royaume. Il pensa alors qu'il devrait sortir un peu plus souvent. Oui, mais pour faire quoi? Jouer le petit bleu de la ligue Baby qui s'émerveille devant une connerie? Se foutre sur la gueule avec des Killers pour faire régner la justice et dire que l'amour triomphe? Mouais... C'était pas trop son genre. Et devenir killer lui refilerait trop de boulot. Il avait déjà suffisamment à faire au royaume pour survivre que d'en plus devoir avorter des complots de voyageurs envers sa personne. Il tira une autre bouffée dans sa clope de l'espace et vit le monde autour de lui prendre une teinte verte pastel. Il entendit alors la voix de Ed, enfin décidé à lui répondre. C'était pas trop tôt putain! Il refusait de lui parler, il refusait d'entendre les excuses de l'algophobe car s'il l'entendait, il voudrait la tuer ou lui faire payer une nuit ou l'autre. Logique et prévisible... Enfin, il aura essayé. Le jeune homme haussa les épaules et fit un sourire. Il se sentait nostalgique... Lui aussi avait eut droit à des embrouilles pas possible autrefois. Jeune, il était devenu voyageur, il avait risqué sa vie dans ce royaume. Puis, il avait fait comme tout nouveau blaireau et était donc parti explorer ce monde. Il s'était fait des amis, il avait pas mal bourlingué sans savoir comment fonctionnait son pouvoir... Résultat, il misait tout sur sa condition physique. Difficile fut le jour où il apprit être malade dans le vrais monde. Maladie incurable qui allait le mettre en pièce et rendre son physique aussi utile qu'inexistant. Il avait alors sombré dans la colère et était revenu ici pour savoir quel était son pouvoir, trouver un moyen d'être plus fort. Laisser une trace de son existence dans ce monde... Le résultat? Et bien huit ans plus tard, il était encore là: dans ce royaume. A jouer le petit chien pour un seigneur craint de tous, à jouer les comploteurs avec Pijn. Certes, il avait un pouvoir et savait s'en servir. Il était même très doué... Mais il n'avait pas encore obtenu ce qu'il cherchait depuis tant d'années alors qu'il savait qu'il était proche, quelque part à coté de lui, caché par l'obscurité. En huit ans, il avait vu ses anciens compagnons venir le chercher, voir s'il était en vie ou encore le venger... Tous étaient à présent morts. Tués par des créatures ou des ducs. Et sa meilleur amie, une amie qu'il connaissait réellement en plus, il avait été obligé de la tuer de ses mains devant le seigneur des lieux. Pourquoi? Car sinon, elle aurait été torturé toute les nuits, elle aurait supporter des supplices pires que la mort. Il trouvait à présent que ça faisait cliché, le mec ténébreux qui a perdu ses amis et qui a endossé la vengeance, sauf qu'il s'en branlait de se venger... Il voulait juste vivre et trouver un moyen de passer outre la mort qui se rapprochait de lui à grand pas. Reste qu'il avait quand même tué sa meilleur amie, qu'elle ne s'en souvenait pas et donc, il la voyait encore, un peu, c'était largement suffisant... Tout ça car, elle était la raison de Mickaël, elle était la balise qui l'empêchait de sombrer et ainsi, elle était compromettante aux yeux de ce royaume qui voyait l'invocateur comme un objet. Les voyageurs sont rares ici, mais ceux qui peuvent y être sont exploités pour servir le seigneur et sont considérés comme de la merde. Quoique... Il était l'unique représentant et n'avait donc aucun autre exemple pour affirmer ce qu'il pensait.

"D'accord Ed... Je te laisse donc tranquille. Le papillon reste avec toi. Si tu veux parler, je suis là. Je peux également couper le son pour que tu n'entende pas ce que Maze et les autres racontent."

**********

Megan avait écouté Pijn parler de ses alliés. Le seigneur de l'eau donc? Il comptait empêcher ses voyageurs de torturer hors du royaume? Et ce Amvrossi y croyait vraiment? Mais c'était quoi ce crétin? Bien évidemment que Pijn n'arrêtera rien du tout! Elle comprit aussi que s'il devait y avoir un exemple, ça serait encore pour sa pomme. Elle cracha du sang et attendit que Ed lui parle ou que Mickaël lui dise qu'elle pouvait lui parler. Elle ignorait quoi dire, elle ne savait comment s'excuser, mais elle espérait y arriver... Il devait la détester, vouloir la tuer, la voir souffrir. Dommage que le papillon ne retransmettait pas les images, Ed aurait apprécié la vue: elle, accrochée à un lustre et se vidant de son sang. Ses tripes à l'air... Elle tenta de bouger mais la douleur la figea dans son geste, elle hurla et sombra entre ce monde et l’inconscient...

**********

Pijn leva légèrement les yeux pour voir sa Voyageuse hurler et il afficha un sourire satisfait. Cette petite pute avait osé l'insulter et le défier! Elle méritait bien ce petit châtiment, en plus, elle pourra être remise facilement sur pied alors qu'elle arrête de se plaindre! N'avait-il pas montré à quel point il était généreux avec elle? Megan avait déjà fait une boulette, il l'avait punit et épargné et là, elle osait le défier une fois encore. Cette fille n'apprenait donc jamais rien? Devait-il lui graver à même la chaire pour que cela rentre enfin dans sa petite tête? Il ramena enfin son regard sur la personne la plus importante dans cette pièce: Maze. Le seigneur se leva et d'un geste, il décrocha la voyageuse du lustre pour qu'elle se retrouve à coté de lui. Utilisant encore ses pouvoirs, il parvint à arrêter les saignements, la remettant plus ou moins en état. C'était donc ça son utilité? Soigner les idiotes semeuse de troubles? Ou cherchait-il simplement à défier Pijn pour lui montrer sa valeur? Reste que le duc trouvait cela très intéressant, voir amusant. Il fit un sourire et se servit un autre verre de vin. Mickaël réapparaissait enfin dans la salle, cône aux lèvres, surement s'était-il enfin détendu, mais le seigneur de la douleur s'en branlait royalement de savoir ce qu'il avait fait.

Maze prit enfin la parole. Il disait que Pijn devait être pas mal occupé avec son temple, les autres ducs et les tortures qu'il faisait régulièrement. De son coté, le claustrophobe n'avait pas grand chose à faire et donc il lisait énormément. Il parla alors de courbe de puissance, expliquant ainsi que plus on était fort et plus la différence était flagrante. Il prit Megan et Mickaël en exemple, disant que l'invocateur était deux fois plus fort que la contrôleuse. Si elle pouvait vaincre deux ennemis, lui pourrait en battre quatre, mais selon la courbe, il pourrait en vaincre une dizaine voir plus. Et donc, cette courbe s'appliquait aux autres ducs. Il expliqua que Dulcis et Amvrossi étaient moins forts et donc leurs utilités étaient réduites. Le maitre de la torture pinça les lèvres, ainsi, Maze voulait dire que ses alliés étaient mauvais? Qu'il les avait mal choisit? Il se retint d'exploser le verre qu'il tenait et tenta de rester calme, d'écouter le claustrophobe avant de décider s'il devait ou non lui arracher la langue.

Il ignorait où il voulait en venir, mais sa façon de tourner autour du pot devenait agaçante. Pijn était bien connu pour son absence de patience. Sauf quand il torturait quelqu'un, dans ce cas là, il faisait preuve d'une patience sans égal lui permettant d'arracher des plaintes à sa victime durant des heures sans jamais la tuer. Il était suffisamment doué pour faire souffrir n'importe qui et éviter de changer un rêveur en voyageur sans le vouloir, il savait doser pour ne jamais franchir la limite et jouer avec sa proie. Il avait juste un petit souci: lui et la douleur psychologique, c'était pas son truc... Il avait longtemps refilé cette tâche à un allié mais à présent, le poste était vacant. On va me dire que Megan est une exception? Et bien non, elle, c'était un larbin du duc qui s'en chargeait. Pijn n'était là que pour regarder la scène et profiter du spectacle. Ce fut pour lui une surprise de voir son sbire se faire mettre en pièce par la jeune femme fraichement devenue voyageuse. Maze tira le duc de sa réflexion en reprenant la parole, il parla cette fois en disant qu'ils devaient opposés des ennemis de même force ou presque à chaque duc. Et qu'il ajoutait donc ses voyageurs à cette guerre. Il semblait fier de lui en disant ça. Pijn savait parfaitement que le claustrophobe avait la plus grande armée de voyageurs et surement celles constituées du plus grand nombre de petits chiens fidèles. Pijn en avait quelques-uns, triés sur le volet, mais c'était risible comparé à ceux de Maze.

**********

Megan tituba et retourna s'assoir, ne se souciant même pas une seconde de ce que racontait son sauveur. Elle s'en moquait et voulait juste poser ses fesses car rester debout était un calvaire. Elle aperçu alors Mickaël qui vint s'assoir à coté d'elle. L'invocateur lui fit un sourire timide qui exprimait surement des excuses vu qu'il ni avait eut aucune réponse de Ed ou alors, l'invocateur l'avait passé sous silence. Ce qui en soit ne présageait rien de bon... Dans un sens, c'était pas plus mal, qu'aurait-elle réussit à dire à Ed pour s'excuser et le calmer? Probablement rien... C'était une idiote qui parlait trop sans réfléchir. En revanche, réfléchir à ce qu'elle pouvait dire, ce n'était pas son fort... Elle faisait sur le moment et ne préparait jamais rien à l'avance... Impulsive jusqu'aux bouts des ongles le petite algophobe. Elle usa de son pouvoir, maintenant libérée de l'emprise de Pijn, l'endorphine pouvait faire effet et ses douleurs commencèrent à s’amoindrirent même si cela restait insupportable. Mickey lui proposa un verre de vin en lui faisant un sourire. Elle le lui rendit mais refusa de boire. Tout ce qui venait de ce royaume lui était pour l'instant en horreur...

**********

Maze, Pijn et Dulcis ne posèrent même pas un regard aux deux voyageurs, ils ne s'en souciaient pas un instant. Et le claustrophobe à lunettes reprit donc son monologue. Il parla des enfants terribles, que eux, avaient comprit l'utilité des voyageurs et que c'était ça qui ferait pencher la balance. Il expliquait une petite anecdote d'un royaume voisin, d'un coup d'état et de la participation de ses troupes. Il résuma avec un plaisir non dissimulé ce qu'il se déroula: ses troupes avaient disséminer les ennemis en jouant sur la configuration du terrain. Il expliquait que ses hommes étaient tous entrainés pour se battre, que lui, il n'usait pas d'un petit groupe aux allures de commandos, mais qu'il les employait comme une armée pour faire le boulot d'une armée. Ce qui était différent. Un petit commando fera une attaque chirurgicale, pourra donc percer une brèche pour aider une stratégie. Alors qu'une armée, la stratégie entière tournait autour de son efficacité. Intéressant, très intéressant pensa Pijn en vidant son verre. Maze savait amener les choses et susciter l'intérêt, il pouvait au moins lui reconnaitre ça. Cette armée dont il venait de faire l'éloge, il la mettrait à son service pour vaincre le seigneur obscur, qui dans ce royaume se verra incroyablement dangereuse vu que tout avait l'allure de couloirs, de petites pièces. C'est vrai que ce royaume avait une configuration parfaite pour ses hommes. Mais Pijn eut un sourire. Croyait-il vraiment que TOUT le royaume était ainsi fait? Le temple de la douleur en était ainsi car Pijn aimait l'endroit mais il avait juste modifié la décoration, l'architecture venait de l'ancien duc. Minuit avait un temple tout différent et celui de Une heure était également différent. Il ne connaissait pas trop les autres temples, il savait juste que le centre du royaume était, à ce qu'on dit, une immense plaine obscure avec des créatures d'une dangerosité sans précédent. Même Mickaël qui allait partout, évitait soigneusement cet endroit... Mais dans les grandes lignes, Maze marquait énormément de points, son armée et ses pouvoirs seraient un atout majeur pour cette affaire.

Le duc fit un sourire, laissant voir ses canines. Sa langue glissa avec avidité sur ses lèvres. Maze avait donné de bonnes raisons sur son utilité, mais ça, Pijn le savait déjà. Enfin, il savait que c'était un allié de choix et surement le meilleur choix qu'il avait pu faire jusqu'à présent. Mais le claustrophobe n'avait pas mit le pouce sur la seule chose qui l'intéressait vraiment. Sa contribution! Tout ce que voulait Pijn, c'était entendre Maze dire: Oui, je participe à ce putain de complot de merde! Enfin avec ses mots à lui évidemment. Là, il ne faisait que d'agiter sous son nez des choses alléchantes en disant que peut-être il y aurait droit. Lui il voulait juste savoir si oui ou non il y aura droit! Sachant que s'il ni avait pas droit, ça risquerait de barder dans le temple de la douleur. Vous l'aurez comprit, la créature cauchemar était décidée à ce que Maze ne parte pas sans dire s'il participait à cette guerre ou non. Quitte à devoir l'écorcher vif pour savoir ou si jamais la réponse ne lui plaisait pas. C'était risqué car en terme de puissance, ils étaient proches l'un de l'autre. Et Pijn lui même ignorait qui aurait l'avantage. Il oublia alors son agacement suite à ce que disait l'homme à la peau ébène. Il avait un plan pour les ducs et ce plan mettrait une fois encore Pijn dans une mauvaise situation mais qu'il allait, apparemment, adorer ça. Mais il n'en parlerait qu'une fois seul à seul. Le duc afficha un grand sourire en apprenant cette nouvelle.

**********

Megan avait plus ou moins suivit la fin. Elle avait comprit l'histoire de l'armée surentrainée et dangereuse qui pourrait -théoriquement- ravager le royaume. Ce fut la fin qui l'intéressa également, à savoir que son duc allait encore prendre tous les risques pour occuper les ducs obscurs. Megan ne savait pas en quoi consistait l'idée, mais elle comprit qu'elle allait surement se retrouver dans une nouvelle galère. Car Pijn allait forcément trouver un moyen de l'utiliser. Mais Maze ne semblait pas être du genre à miser sur une simple voyageuse, surtout sur une gamine de la ligue B, donc peut-être que son plan arriverait à éloigner l'algophobe de tout problème. Même si un doute persistait.... Elle releva la tête, sa vision était trouble. Un bruit s'échappa de sa gorge et quelques regards convergèrent vers elle. Encore parler sans réfléchir, sauf que là, elle n'avait pas la force de parler, par chance. Elle voulait demander ce qu'était son plan, savoir si elle allait risquer sa vie encore une fois ou si on allait enfin la mettre sur le banc de touche. Mickaël lui proposa un autre verre de vin, l'invitant à boire en lui disant que cela lui ferait du bien. Elle finit par accepter et écouta alors Pijn qui se levait de son siège, son engin de torture...

"Je reconnais que tout ceci est alléchant. Que ton armée fait rêver et que je suis honoré et ravis d'apprendre que tu accepte de la mettre dans la bataille. Je n'attendais pas un tel monologue ou de telles éloges sur tes voyageurs. J'attendais simplement de savoir si oui ou non tu rejoignais nos rangs pour décapiter ce seigneur et maitre de l'obscurité. Car jusqu'à maintenant, tu as posé des conditions pour me rejoindre, tu as toujours souligné un défaut: manque d'alliés, manque de confiance envers Mickaël, le besoin de savoir ce qu'en pensait tes voyageurs. Je comprend que tu sois prudent... Mais j'aimerai savoir si je peux compter sur toi. Si oui ou non tu accepte de participer à ce grand projet!"

Il fit un sourire amicale et se rassit sur son trône pour croiser les jambes et posa ses mains sur son genou. Il était comme ça, il voulait la confirmation de sa bouche sur sa participation. Vu ce que Maze avait dit avec son armée, il était évident qu'il participerait, mais Pijn ne voulait avoir aucun doute, il voulait l'entendre le dire clairement. Il semblait calme, un peu trop même surtout que l'excitation et la curiosité ravageaient son être à l'idée de savoir ce qu'était ce fameux plan pour s'occuper des ducs. Qu'avait donc en tête Maze pour que cela puisse autant attirer sa curiosité et qu'il ne veuille en parler que en tête à tête? Il ne tenait plus, ne voulait pas poser la question pour ne pas montrer qu'il attendait beaucoup de son allié, qu'il lui faisait un peu trop confiance. De tous les alliés qu'il avait, Maze était surement le plus utile et le plus sur. Chose qu'il savait depuis le début, ses explications n'ayant fait que renforcer ce qu'il pensait déjà. Il ne tint alors pu et voulu que Megan et Mickaël se réveillent, il voulait remercier Dulcis également, il voulait qu'ils partent tous! Il voulait parler avec Maze, il voulait savoir! Il avait besoin de savoir pour ne pas perdre patience! Un rêveur, il lui fallait un rêveur à écorcher!

"Donc ce fameux plan... Je comprend et cela me plais. Nous verrons donc ça en temps et en heure."

Ce fut alors Dulcis qui se leva sans crier gare. Il lança un regard noir à Maze et ses mains heurtèrent la table, renversant une bouteille et plusieurs verres. Pijn posa les yeux sur le seigneur de la solitude et se demandant si Maze avait touché son égo en disant que ce duc ne pourrait pas avoir une grande utilité ou seulement contre les ducs les plus faibles. Dans un sens, Maze avait raison. Mais Dulcis connaissait presque aussi bien le royaume que Mickaël vu qu'il errait sans but autre que la puissance.

"Comme ça, tu me considère comme un allié peu utile et pas suffisamment puissant? Une vague de solitude mêlée de déprime se répandit dans l'air. Tu crois qu'il suffit d'ouvrir un portail, de créer un mur en brique ou simplement d’écorcher quelqu'un pour être fort? Megan, tout comme Pijn et Mickaël sentaient en eux une solitude et un désespoir incroyable, ce qui devait être pire pour Maze, cible direct de Dulcis. Je pourrai te broyer l'esprit sans avoir à te toucher! Je pourrai..."

Il ne termina jamais sa phrase et commença à s'éloigner de la table. Apparemment vexé des propos de Maze et avare en parole, il préférait faire le gosse et bouder. Un spectacle bien étrange de la part d'un seigneur cauchemar... Pijn le suivit des yeux et fit un petit sourire amusé devant tant de ridicule, il trouvait que son allié faisait un caprice et il avait envie d'en rire. Il secoua sa tête et ses épaules, comme pour se réchauffer. Sa voix résonna alors dans tout le temple.

"Dulcis. Pourrai-je savoir où tu vas? Penses-tu sincèrement que je peux te laisser sortir d'ici sans m'assurer que tu n'as pas retrouvé au préalable ton calme? Afin de m'assurer que tu n'iras rien raconter de fâcheux...
-Me prendrais-tu pour cette idiote de Voyageuse? Je sais tenir ma langue. Et j'ai dis que je t'aiderai! J'ai juste une raison supplémentaire de participer: Prouver à ce type. Il pointa Maze avec dégout. Ce que je vaux vraiment!"

Et sans attendre, le duc de la solitude se volatilisa. Devenu invisible dans le noir ou simplement invisible grâce à son pouvoir. Il était partit. Pijn poussa un soupire puis éclata de rire. Malgré le litige, il semblait s'amuser de cette situation et se réjouissait de voir Dulcis motivé à bloc pour se battre. Il avait craint que le seigneur de la solitude préfère rester dans son coin et déprime tout seul pour soit-disant devenir plus fort.

"Hahahahahahahaha!! Désolé pour cette mise en scène théâtrale. Même si cela est dans mes gouts, je jure que je n'avais pas prévu ça..."

Il s'essuya le coins des yeux, des larmes avaient perlé à force de rire. Il ne s'ennuyait pas au moins, c'était déjà ça et peut-être sa récompense pour risquer sa peau dans un tel projet. Ou simplement ne voyait-il pas que ce litige entre claustrophobie et solitude pourrait apporter des ennuis très problématique par la suite? Non, il ni aurait rien de ce genre. Dulcis resterait fidèle à Pijn et Maze pourrait le tuer si jamais il venait à déraper sur la mauvaise pente. Perdre Dulcis serait fâcheux mais pas catastrophique. Perdre Maze repousserait le plan et le figerait même d'un coup. Enfin, pour le moment, inutile de s’inquiéter pour cette broutille. Il sortit alors un magazine qu'il avait sous ses fesses, posé sur son fauteuil de torture. Il balança le livre devant Megan et lui fit un sourire, l'invitant à jeter un regard. La jeune femme hésita, craignant surement de voir une autre boulette qu'elle aurait pu faire.

"Megan Cole, petite nouvelle à Dreamland et déjà considérée comme une Blue Star pour être dans les quinze premiers de la ligue Baby. Finalement, tu vois que tu peux être utile. Je ne pensais pas que tu ferais tant briller l'algophobie mais tu t'en sors à merveille dirait-on. Et aucune bourde parlant de moi ou de Maze. Peut-être devrais-je m'excuser pour la torture... Peut-être devrais-je te montrer que je suis généreux et extrêmement patient avec toi?
-Généreux... Patient... La bonne blague...
-Megan. J'essaie d'être sympa avec toi. De prendre exemple sur notre invité qui a comprit l'importance de ses voyageurs. Et toi, tu continues de faire ta mauvaise tête. Comment veux-tu que nous arrivions à avancer?
-Voilà que ça va encore être ma faute... Me disais bien que ce ton condescendant cachait quelque chose... Le lustre aura pas suffit?
-Oui tu as raison, moi même je n'y crois pas trop à ce petit jeu. Avant ton réveil, je te donnerai des nuits de liberté, ton sceau semble bientôt à zéros. C'est largement suffisant."

Prise de conscience ou simplement une envie de jouer? Reste que Pijn semblait décider à voir s'il pourrait appliquer les méthodes de Maze sur ses propres voyageurs. Il ne voulait pas d'une armée, il pouvait avoir toutes les créatures de ce monde pour le suivre. Mais savoir que ses Voyageurs lui seraient fidèles quoiqu'il arrive... Oui, c'était surement plaisant. Enfin, il en avait deux sous ses ordres, deux en qui il avait confiance. Les autres? Ils n'obéissaient que comme le faisait Megan: sous la contrainte. Mais cette petite était amusante: quoiqu'il dise ou fasse, elle répliquait à tous les coups. Combattive voir stupide, cette fille ne cessait de l'étonner. Même si elle était l'élément le plus rebelle de ce complot, elle était utile, très utile. Il suffisait de voir sa progression dans le classement de la ligue B pour comprendre qu'elle était prometteuse et qu'il serait idiot de la tuer. Il devait juste trouver comment la catalyser, comment s'assurer qu'elle lui mange dans le creux de la main.

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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie... Ou presque. Visite de courtoisie... Ou presque. - Page 2 EmptyLun 28 Jan 2013 - 0:33
« Coupe ce foutu son, alors », crachai-je à Mickaël avant de retourner bougonner entre mes genoux, essayant comme je pouvais à arrêter de couler dans le siphon de la colère qui ramenait invariablement à une Megan en train de planter un couteau dans le dos de mon frère juste pour le fun.

Mais aucune de mes pensées ne pouvait s’éloigner de cet astre de réflexions. Perdu dans ce petit cube noir dressé à la va-vite par mon Seigneur, je maugréais mes pensées et savais pertinemment que me laisser incuber sans pouvoir éclater quelque chose ne me ferait que méditer là-dessus et continuer à ruminer ma haine envers cette débile. Je ne savais pas combien de temps j’allais rester enfermé, mais c’était certain que même au réveil, tandis que je nourrirais mon chat, tandis que je subirai une nouvelle journée de cours infernale d’ennui, j’adresserai toute ma mauvaise humeur à la fille. Encore. Elle venait de pourrir ma journée à venir en explosant mon moral.

Mais ensuite, que ferais-je ? Devrais-je prévenir Clem ? Il serait certainement trop tard au moment où je l’appellerais, et de toute façon, que pourrait-il faire ? Il y avait des dizaines de Voyageurs qui pourraient s’endormir en pensant à lui rien que pour l’égorger sans ajouter mot. Qu’il se couche maintenant, dans une heure, à vingt heures, à vingt-trois heures, à minuit, ou encore plus tard… toutes les plages horaires pouvaient être quadrillées par Maze sans aucun souci. Il avait l’armée de Voyageurs pour se permettre de mobiliser des Japonais, des Texans ou des Esquimaux. L’appeler ne pourrait certainement rien arranger, sinon le préparer à ne plus voir Dreamland. Je soupirai dans mon trou… De toute façon, il y avait fort à parier que Maze allait m’ordonner de ne pas interférer. Si c’était inévitable, alors autant laisser les choses comme elles étaient. Les gars avec des couilles m’auraient hué et affirmé que j’avais pas de testostérone, que j’avais pas d’honneur, et que si j’en avais un tant soit peu, j’irais défier la Claustrophobie. Mais voilà, c’était le monde des Rêves, fallait pas y accorder autant d’importance, et un mort ne pouvait pas venger ses proches. Puis ensuite, Clem… Dreamland ne le regretterait pas trop. Je n’avais jamais senti qu’il avait été en connexion avec Dreamland comme je l’avais été. En même temps, j’étais un cas un peu spécial. Peut-être que moi, j’y accordais trop d’importance.

__

Maze se rassied doucement à sa table tandis que son point final retentissait encore dans les airs. Il avait beaucoup parlé ; il n’était pas habitué. Cependant, il avait remarqué que Pijn tenait encore à sa réponse. La réponse officielle de son allégeance au serment. Le Seigneur de la Claustrophobie grinçait des dents. Il avait déjà répondu à cette question, mais il semblait que sa réponse n’avait pas assez plu à Pijn pour qu’elle lui rentre dans la tête. En tout cas, tant mieux qu’il ait beaucoup palabré et que cela ait contenté son allié. Car il allait pouvoir fléchir sur le cours des négociations avec. Maze réfléchit correctement à ses prochains mots, fixant du regard l’intéressé. Pouvait-il accepter tout simplement, et ne pas faire comme s’il avait été avec lui ? Agir de toute manière de la même façon qu’il accepte ou qu’il tente de s’accorder un délai ? Non, s’il pouvait gagner du temps et ne pas s’exposer inutilement, il n’était pas contre. Tant que la question ne serait pas répondue en interne avec son Royaume, il ne devait décider de rien. La réponse ne dépendant pas de Pijn et de ses alliés, mais de tous les Voyageurs qu’il avait sous son contrôle. Maze se caressa le menton imberbe et parla avec la même gravité que le discours, sans se laisser démonter par l’acharnement du Duc :


« Il me semble que je t’avais déjà répondu, Pijn, c’était il y a à peine deux semaines… Je dois demander à tous mes Voyageurs ce qu’ils en pensent, car après tout, c’est leur baroud qui pourrait nous donner la victoire. Tu vas dire que j’abuse de ta patience, mais je rétorque que j’attendais d’avoir plus de détails afin de poser une question claire, avec les informations complémentaires, afin qu’ils puissent choisir en tout discernement. » Pour marquer que la discussion sur ce terrain était terminé, il s’avança un peu contre la table afin de se donner plus de poids. « Nous ne reviendrons pas sur le sujet ; je refuse de céder sur ce terrain-là. Cela se fera avec l’accord de mes Voyageurs ou cela ne sera pas. Considère que je suis avec toi, évidemment, mais que je peux décommander en cas de refus de mes soldats. »

Il sentait qu’il avait abusé, mais il espérait que Pijn se consolerait en gagnant du terrain à d’autres sujets où Maze serait plus conciliant, et il chercherait à l’être. Il pensait à trahir Pijn avant que la bataille n’éclate en changeant de camp, mais celui-ci pouvait tout aussi bien conspirer dans son dos pour le remercier de sa dureté et de son comportement obtus et borné. Cependant, Pijn méditait déjà sur son secret qu’il ne dévoilerait à personne. Personne ne devait être au courant, c’était vital. Cependant, il semblait qu’il pouvait y avoir des chances de réussite non négligeables, et que l’apport pourrait aller au-delà de leur espérance à tous les deux. Surtout de Pijn, en fait. Mais son idée ne coûtait rien, coûterait peu à Pijn, et beaucoup à d’autres. Pijn en serait le premier bénéficiaire, mais Maze pourrait récolter un investissement qui pourrait s’avérer extrêmement fructifiant lui aussi. Seul le temps pourrait dire, mais son idée n’était vraiment pas risquée : chances de réussite raisonnables, et risque proche de zéro de retour de flammes. Il serait bête de ne pas se priver.

Maze jeta un coup d’œil sur la Voyageuse : il se fichait de son sort, mais il devait s’avouer que voir un être torturé sans raison autre que le bon vouloir d’un Duc lui courrait sur les nerfs. Megan était une conne, mais elle était une conne que Pijn avait intérêt à bien éduquer afin d’en récolter tous les bénéfices. Cependant, elle semblait aller assez bien, si on partait du principe qu’elle avait un trou dans le corps. La peau et les plaies s’étaient déjà effondrées sur elle-même, mais le Seigneur se demandait si en regardant bien, les portails auraient laissé un petit tunnel dans lequel on pourrait voir à travers le corps de la jeune femme.

Mais son attention fut surprise et se dirigea vers une nouvelle source de turbulence : le Seigneur Dulcis. Maze sentit tout Dreamland se résumer à lui-même, se morfondant. Plus de Voyageur, plus de Royaume, juste lui et un néant, un néant qui n’était pas vide, mais un tout rempli d’hostilité. Le chauve se reconcentra et fixa la Solitude dans les yeux, combattant comme il pouvait les capacités psychologiques d’un être soudainement furax. Dulcis l’accusait de le sous-estimer, et de se bonifier, alors que ses pouvoirs étaient ridicules. Il était normalement un être renfermé sur lui, la première victime et le premier bénéficiaire du thème dont il représentait la tête, et il était soudain de le voir exploser comme ça, renvoyant à Maze toutes ses piques. Celui-ci tentait de combattre les malédictions que l’autre lui envoyait, avec plus ou moins de succès, et il faisait tout son possible pour écouter aussi ce que son agresseur avait à lui dire. Ce n’était pas une provocation ridicule, donc le sang du black ne bouilla pas. Il trouvait une certaine légitimité dans les paroles, et il ne surenchérit pas dans la discussion en étalant à nouveau ses biceps. S’il n’était pas avare en compliment sur ses Voyageurs et ce qu’ils étaient capables de faire, Maze restait une personne modeste dans les autres sens, ne cherchant pas à s’étaler, mais juste à regarder les choses de façon objective. En tout cas, il répondit d’une voix ferme :


« Dulcis, tu bouilles d’ambition, tes exigences le prouvent. Mais il y a bien une raison pour laquelle tu n’es pas le Duc d’un temple plus élevé, et c’est ta force. »

Maze ne chercha pas à démontrer la véracité de ses propos en lui proposant un combat. Il préféra attendre et écouter la suite du scénario alors que Pijn intervenait à sa manière. Il eut le droit lui aussi à une réponse sèche devant le visage imperturbable de Maze, caché derrière ses lunettes de soleil et attendant que l’orage passe avant de critiquer et de proposer une solution si Dulcis devenait un… « problème ». Mais celui-ci disparut avant de présenter un index rageur vers l’origine de sa colère. Maze nota qu’un seul trait de comportement pouvait arriver à ce point, si on oubliait que tous les Ducs Obscurs étaient détraqués, mentalement parlant (Regardez, Pijn ambitionnait le trône du plus puissant, il torturait sans cesse ses Voyageurs, et on en passe et des meilleurs) : un sérieux complexe d’infériorité. Très amusant, ce Dulcis. Où avait-il développé ce complexe et surtout, par rapport à quoi ou à qui ? Peu importait. La conséquence de son état ne promettait pas d’être lourde, et dans le meilleur des cas, cela ne ferait que le motiver. Mais Maze ne comptait pas dessus. Il comptait sur un Dulcis normal. Ne pas faire de prévision stupide. Quand on déplaçait une pièce sur un échiquier, on ne s’inquiétait pas de ses sentiments. On lui demandait de bouger, point barre. Maze ne mettait pas en doute les compétences de Dulcis, tant que ce dernier ne s’estimait pas plus fort qu’il ne l’était. Ça serait une faute terrible de le perdre si son égo l’avait déplacé sur une case mortelle. Il expliqua de suite son avis à Pijn :

« C’est peut-être amusant, mais il ne faut pas qu’il se décale du plan de bataille que l’on mettra en place parce qu’il veut prouver qu’il est puissant. Pijn, il l’est, mais pas assez pour qu’on le mette en face de Ducs Obscurs comme Minuit ou tout simplement des Ducs au-dessus de lui dans la hiérarchie. Ça sera à toi de le caler là où il faut sans que son égo ne se sente meurtri. D’une bêtise pourra naître notre défaite, d’un seul atout mal placé. »

Pour clore ce sujet, Pijn sortit un DreamMag et félicita Megan pour son nouveau titre de Blue Star. Maze trouvait ça infiniment absurde autant d’attention après autant de cruauté. Pijn était un foutu salaud totalement incapable d’interagir avec ses subordonnées. Il était trop dans son monde, trop fou pour réussir à se lier d’amitié avec ses Voyageurs. Pijn était un cas désespéré, mais à sa décharge, il n’avait pas la passion un peu étrange qu’avait le Seigneur de la Claustrophobie. Cette espèce de sentiment de fierté, d’amour. Les Seigneurs pouvaient utiliser leur Voyageur comme apparat. Par exemple, rien que de montrer un Voyageur puissant à ses côtés était une façon de montrer sa main et les bijoux qu’il y avait dessus. Mais pour Maze, cela consistait plus à montrer ses bijoux, dire de quelle pierre ils étaient faits, comment il les avait eus, et où il les rangeait dans son tiroir. Ça en devenait presque une obsession.

Et en parlant d’obsession… Maze sentit une nouvelle aura se diriger vers eux, qui passait même par la porte d’entrée. Ce n’était pas assez puissant pour être Dulcis qui retournait à table, mais ce n’était pas non plus anodin. Le Voyageur devait être aussi puissant que son blondinet qui rageait dans sa prison ; il était cependant beaucoup plus imposant et dégageait une assurance qu’Ed n’arrivait pas à transmettre (malgré tous les efforts de Fino, ce qui voulait dire beaucoup). Maze ne le reconnut pas ; en fait, il ne le connaissait pas du tout mais il semblait être un autre Algophobe à la botte de Pijn. Un long manteau beige descendait jusqu’aux genoux, un pantalon rentrait dans ses bottes, et un polo serré par des pectoraux, il descendit tandis que Pijn le regardait descendre, d’un air intéressé, mais habitué :


« Bienvenue, Gabriel. Ca faisait longtemps. Je te présente le Seigneur de la Claustrophobie, Maze.
_ Enchanté, Seigneur »
, fit Gabriel d’une voix sérieuse et d’un petit hochement de tête, avant de se poser à son tour à une chaise.
« Enchanté, Gabriel.
_ Vous êtes là pour ce que je pense ?
_ Exactement »
, répondit Pijn. « Mais nous avions presque terminés. Sinon, tu rapportes des nouvelles ?
_ Aucune, Seigneur.
_ Même sur elle ?
_ Oui, c’est bien ce que j’avais compris quand vous aviez parlé de nouvelle. Mais non, elle refuse toujours, évidemment. Et elle continuera à refuser.
_ Elle le regrettera… »
, termina-t-il d’une voix rendue rauque par la colère. On sentait qu’il avait écouté le même discours pendant un bon bout de temps.
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie... Ou presque. Visite de courtoisie... Ou presque. - Page 2 EmptyMar 29 Jan 2013 - 14:29


Il est amusant de voir qu'on peut se détacher d'une conversation importante. Être là, sans vraiment l'être. Megan avait de nouveau perdu le fil de la discussion, elle s'intéressait à autre chose, un truc futile mais qui lui semblait plus intéressant: le bruit de gouttelettes qui se fracassent sur un sol dur et froid. C'était comme si son ouïe était amplifiée, elle percevait chaque goutte de son sang qui tombait de son corps et cela résonnait dans son esprit comme un décompte mortel. Blue star alors... C'était quoi encore ce truc dont avait parlé Pijn? La brune était dans les quinze premiers de la ligue B et ça faisait d'elle quelqu'un d'important ou d'incroyable dans ce monde onirique. Dire que dans la vraie vie, ce n'était qu'une misérable serveuse dans un pub et on allait lui faire croire que ici, elle avait de l'importance. Si cela avait été dit par quelqu'un d'autre que ce satané duc obscur, peut-être que ça lui aurait fait plaisir, mais là, elle ne savait comment le prendre... Reste qu'il avait quand même parlé de lui offrir d'autres nuits de libertés, enfin un truc intéressant qui récompenserait cette torture. Elle fit un sourire. A chaque fois qu'elle avait défié son seigneur, ce dernier l'avait gratifié en alimentant son sceau pour la laisser libre. Être mentionnée dans un article de presse où on disait qu'elle avait vendu la mèche du complot et elle s'était retrouvée ici à subir une punition pour enfin être libre. Là, elle venait d'insulter Pijn et il lui parlait encore de liberté. Il voulait prouver quelque chose? Dire qu'il était bien plus gentil qu'il n'y semblait? Ou simplement se foutait-il de sa gueule? Oui, il est amusant de voir qu'on peut se détacher d'une conversation, qu'on peut simplement s'intéresser à ce que l'on dit sans se soucier un instant de ce que cela peut faire à l'autre. Pijn jouait avec elle sans la moindre pitié et elle comprit enfin une chose totalement logique: il était la douleur, la torture et le sadisme.... Mais jamais il n'avait précisé ne s'occuper que de la douleur physique et Megan venait de comprendre l'influence psychologique qu'il avait sur elle. Ce type la rendrait simplement folle avant même qu'elle ne s'en rende compte.

Elle songea un instant à se lever mais ses jambes tremblantes lui firent comprendre directement que c'était pour le moment impossible. Mickaël, comme s'il lisait dans ses pensées, lui posa une main amicale dans le dos et lui fit un sourire. Le tatoué semblait s’inquiéter de son état de santé malgré tout. Il avait été pareil la fois où elle avait finit accroché à un mur mais il n'avait pas levé le petit doigt pour elle, car il suivait les indications de Pijn. Et là, il montrait qu'il avait une certaine humanité et qu'il était même capable d'avoir de la compassion. Ce type n'était pas barge ou psychopathe comme l'avait pensé Megan, non, il était comme tout le monde et il cachait son humanité pour survivre dans ce monde. Elle laissa sa tête tomber sur l'épaule nue de l'invocateur et sentit les larmes monter alors que le jeune homme la serra gentiment contre lui. Voilà une chose qu'elle n'aurait jamais cru: trouver du réconfort auprès de lui...

************

Pijn souriait toujours malgré les explications de son invité: Maze voulait l'avis de ses voyageurs. Et bien qu'il en soit ainsi. Il semblait d'accord pour participer mais il ne voulait pas se jeter à corps perdu dans cette affaire. Et donc, il gardait un minimum de recul grâce à l'avis de son armée. Le seigneur pouvait comprendre mais lui ne pouvait en faire autant: il y était jusqu'au cou et il ne pourrait jamais trouver une excuse pour s'en sortir si jamais cela tournait mal. En même temps, Pijn était le grand organisateur du bordel qui allait une nuit faire trembler tout le royaume du noir. Si quelqu'un devait payer les pots cassés, c'était lui et il le savait, ce qu'il acceptait même avec le sourire. Que risquait-il au final? Se faire torturer pour avoir trahit le royaume? La bonne blague! Il avait déjà hâte de voir quel abruti serait chargé de le torturer, qui serait suffisamment con pour vouloir infliger une torture physique ou psychologique au maitre de la douleur et des blessures! Mais pourquoi vouloir le trône suprême? Car c'était dans l'ordre des choses... La douleur était une chose connue de tous qui devait être crainte de tous. Maze avait donc donné son avis sur le cas Dulcis et le duc comprenait parfaitement ce qu'il voulait dire.

"Ne t'en fais pas Maze. Dulcis ne fera rien de stupide. Il vient peut-être de prouver qu'il avait le sang chaud, mais son rôle est déjà tout prévu dans cette guerre. Il servira uniquement de soutient mais de manière à flatter son égo, à montrer qu'il est d'une utilité sans borne. Je pensais simplement qu'il pourrait utiliser son pouvoir pour lâcher sur les troupes ennemis des vagues de désespoir, qu'il répande dans tout ce royaume la solitude sur nos ennemis afin de les déstabiliser. Ce qu'il pourra faire, mais rien que ça lui demandera énormément d'énergie. Et si ça marche, ce que je ne doute pas, nos ennemis auront alors moins de répondant. Tu as du le sentir je pense, mais son pouvoir est incroyable pour atteindre l'esprit des gens. Pas mortel, pas douloureux, mais incroyablement troublant. C'est juste ce qu'il nous faut pour immiscer le doute dans le cœur de nos ennemis. Sur un champ de bataille, l'hésitation est synonyme de mort."

Pijn ne possédait peut-être pas une armée comme celle de Maze, mais lui aussi savait réfléchir pour trouver des plans et élaborer des stratégies. En revanche, il attendait beaucoup de tout le monde et ne faisait pas dans la demi mesure, ce qui expliquait aussi le rôle important de Dulcis malgré sa position de duc. Mais là encore, il avait d'autres prévisions: si la solitude ne suffisait pas à déstabiliser l'ennemi, elle pouvait se battre et répandre de plus petites vagues de désespoir. Plus petites, mais plus puissantes. Et Mickaël ou Amvrossi serait avec Dulcis pour le seconder afin de décimer les troupes ennemis. Tous avaient à ses yeux un rôle important et un second rôle à jouer dans cette histoire. Mickaël de par sa puissance pourrait servir à seconder un seigneur ou détruire des troupes ennemis mais il pourrait et surtout, libérer l'ancien duc en lui pour affronter et massacrer des ducs inférieur à Trois heure par exemple. Sauf qu'il était compliqué pour l'invocateur de libérer cette invocation et donc, son rôle principal était la destruction des troupes ennemis, seulement et seulement s'il parvenait à libérer toute sa puissance, il pourrait affronter un duc. Le problème, c'est que le jeune homme avait tendance à agir à sa façon. Mais là aussi, Pijn voyait comment faire. Il fit un grand sourire et eut presque un élan d'affection en voyant la tête de Megan qui reposait sur l'épaule du Voyageur. Voilà, entendez vous bien, attachez vous, c'est parfait ainsi. Plus vous serez proches et plus il sera facile de vous manipuler en se servant de l'autre.

C'est alors qu'un bruit le fit sortir de sa réflexion. Il leva les yeux et vit un être faire son entré dans l'amphithéâtre. Le visage blafard de Pijn s'illumina d'un grand sourire froid et sadique. Les frottements d'un manteau qui se balance au dessus du sol et accompagné par celui que provoque des bottes vinrent rompre le silence dans la salle. Un jeune homme bien bâti et imposant par une certaine force et surtout du charisme, faisait irruption dans la pièce avec une certaine classe. Pijn le regardait, habitué de cette vision et son texte fut le même que la dernière fois, qui était le même que la dernière fois et ainsi de suite... Il lui semblait répéter ses mots depuis une éternité, ce qui en était devenu lassant voir même ridicule. Avoir des nouvelle d'elle, savoir s'il l'avait retrouvé et convaincu de revenir. Bien sur, il présenta Gabriel à Maze, la politesse est une chose importante, même pour lui. Ainsi, le voyageur n'apportait aucune nouvelles... Il devait retrouver cette fille et la ramener, mais il lui avait aussi confié d'autres petites affaires et s'il n'en parlait pas, c'est que tout c'était bien déroulé. Il bouillonnait de rage et une envie de meurtre venait de gangrener son esprit: cette fille l'agaçait, elle refusait de revenir et s'était mise en tête de l'affronter, de tout faire pour lui mettre des bâtons dans les roues. Il ferma les yeux et prit une longue inspiration: ce calmer, cette histoire ne regardait que lui et il était préférable que Maze ne cherche pas à savoir qu'il avait perdu le contrôle sur l'une de ses voyageuses. Il pensa machinalement qu'il devrait être plus flexible avec Megan, pour éviter de se retrouver plus tard avec une seconde Ophelia.

**************

"De qui parlez vous?"

Le duc tourna alors les yeux vers sa Voyageuse et Gabriel en fit autant. Megan ne se préoccupa pas qu'on la fixe ainsi. Elle avait posé une question et estimait qu'elle avait droit à une réponse vu ce qu'elle avait encore subit, vu qu'on l'obligeait à participer à ce merdier, autant qu'on lui explique tout. Elle avait relevé la tête, repoussé tant bien que mal l'invocateur obscur et s'était redressée sur sa chaise pour montrer qu'elle était encore là et qu'elle n'était pas morte. Pas encore. Le duc leva alors la main et Megan se retint de respirer en pensant qu'une nouvelle vague de douleur allait ravager son corps. Mais il n'en fut rien, elle sentit de simples picotements sur son épaule.

"Avant que j'oublie... Tu as donc dix nouvelles nuits de liberté. Profites-en pour finir première dans la ligue Baby et évite de trop faire de vague en parlant encore de moi et de mes ambitions.
-Merci... Mais ça ne répond pas à ma question. De qui parlez vous?
-D'une affaire qui ne regarde que Gabriel et moi.
-Hum... Malgré tout, la brune était parvenue à enclencher de nouveau son cerveau. Serait-ce en rapport à cette fille... Ophelia? Elle avait repensé à sa discussion avec Ed, vieille de plusieurs semaines déjà.
-Je vois que toi aussi tu te tiens bien informée. Il fit un sourire. Et bien oui, c'est bien d'elle qu'on parle. Mais comme je l'ai dis, cela ne te regarde pas.
-Elle vous a trahis et elle parvient à échapper au contrôle du sceau?
-Ne parle pas de ce que tu ignore, d'accord?"

Le ton de sa voix était monté dans les aigus, la colère ponctuait sa voix et ne présageait rien de bon. Megan quand à elle, se contenta de pousser un soupire alors que Mickaël lui soufflait à l'oreille qu'il lui expliquerait une autre fois si elle tenait sa langue pour le moment. Après tout, elle venait d'obtenir dix nouvelles nuits, inutile donc de se faire encore accrochée au lustre pour obtenir des réponses que Pijn refuserait de donner.

*************

Pijn semblait satisfait de l'absence de réponse de Megan. Aurait-elle enfin apprit à se taire? Il faut le croire. Il reporta donc son attention à Maze et il pensa de nouveau à ce plan intéressant qui ne pourrait être dévoilé qu'une fois en tête à tête. Il avait envie de remercier tout le monde pour être seul avec lui et apprendre enfin ce qu'il se tramait dans la tête du black à lunettes. Il se rappela alors que les deux autres alliés ne devraient plus trop tarder, ils étaient supposés venir pour prouver qu'ils acceptaient de participer à ce complot ce qui servirait surtout à renforcer la confiance du claustrophobe. Il invita Gabriel à s'assoir et prendre un verre, pour l'instant, il ni avait que ça à faire.

"Et sinon, d'autres choses à me dire?"

Mais le Voyageur ne dit rien, il se servit un verre de vin en silence. Pijn soupira... Ophelia était une petite enquiquineuse et il ne voyait pas comment solutionner ce problème mit depuis longtemps en suspend. Il ne pouvait la tuer car elle était importante, mais il ne pouvait la laisser se promener dans Dreamland sans rien dire. Elle savait beaucoup de choses et elle pourrait surtout avoir un rôle important dans cette guerre. Comment faire? Ed peut-être? Il la connaissait et pourrait peut-être lui faire entendre raison. Le problème, c'était que le blondinet était actuellement en isolement pour comportement excessif sur sa petite Voyageuse. Il serait donc idiot que de lui demander son aide alors qu'on prévoyait d’exécuter son petit frère pour ne pas avoir un autre problème sur les bras. Il leva les yeux au plafond, poussa un soupire et lâcha même un juron: à croire que la petite brune avait une influence sur lui et le voilà qu'il l'imitait. Il rebaissa la tête et fixa Maze.

"Je te respecte mon ami... J'aimerai avoir ta patience et ton adoration pour les Voyageurs... Moi, ils ont juste tendance à m'agacer et à me trouver des emmerdes. Il faudra qu'on parle un peu de ça une fois et que j'apprenne peut-être la signification exact du mot: patience."

Il fit un sourire amusé. Voilà qu'il complimentait Maze et qu'il lui disait même qu'il ne cracherait pas sur quelques conseils pour gérer et apprivoiser correctement ses soldats. Comme quoi, on a tous nos faiblesses.

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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie... Ou presque. Visite de courtoisie... Ou presque. - Page 2 EmptyJeu 7 Fév 2013 - 19:10
Pijn rebondit de suite sur la stratégie qu’il prévoyait, et qui donc permettrait à Dulcis d’occuper un poste important et ainsi, se charger de sa « lucidité » et brider ses vantardises. Maze fronça les sourcils (un acte bien camouflé derrière des lunettes de soleils) et attendit patiemment la tirade de Pijn pour intervenir. Celui-ci était à fond dans le complot, c’était indéniable. Il avait déjà préparé des plans de bataille, le poste de chacun. Il y mettait du cœur, et ça devait être chose rare pour Pijn. Le chauve l’écouta jusqu’au bout, et tandis que Pijn étayait une partie de sa stratégie, Maze réfléchissait déjà à ce qu’Ed lui avait dit sur le Royaume Obscur : il existerait des puits d’obscurité disséminés dans le Royaume, et il se demandait ce qu’il se passerait si on les obstruait ou si on les détruisait. Il n’en fit pas mention à Pijn, pas tout de suite, mais il garda cette idée dans sa tête et la solliciterait quand il aurait besoin d’elle. Dès que son interlocuteur eut terminé, Maze reprit derrière :

« Pijn, avant de mettre Dulcis en soutien, ce qu’il devrait très mal prendre en plus, vu qu’il a l’air de vouloir me prouver une valeur au combat, mais tu dois le connaître bien mieux que moi, il faudrait que vous fassiez des tests sur des sbires obscurs qui… disparaitraient mystérieusement. Nous ne nous combattons pas contre des hommes, voire de simples créatures, mais de bêtes créées à partir d’obscurité, voire totalement créées à partir d’obscurité. Je ne suis pas sûr qu’un pouvoir basé sur les sentiments marche. De plus, tu m’as entendu énoncer les renforts stratégiques afin de bloquer les Ducs Obscurs, dont une perte ou un gain d’une personne pourrait faire la différence. Dulcis en moins, et c’est un nouveau combattant surpuissant qu’il faudra trouver à sa place. »

Maze écouta sans se concentrer le petit dialogue ponctué de signes d’habitude entre le nouveau Voyageur et son Seigneur de la Douleur. Il imaginait sans peine de quel sujet ils parlaient, même si ça ne le concernait absolument pas. Les problèmes de Pijn, indépendants au complot, ne devaient certainement pas être évoqués devant lui ; Pijn était encore un petit enfant, avait un comportement de gamin immature sur certaines choses, et ses colères pouvaient se montrer extrêmement brusques. Et Maze, sans l’avoir vérifié, pouvait deviner que le Duc ne resterait pas calme longtemps sur un sujet qu’il n’affectionnait pas et sur lequel on s’immisçait. Même si Maze avait des accès de colère tellement imprévisibles quand on ne le connaissait pas et tellement violentes que les interlocuteurs comprenaient à peine sa rage qu’elle s’expulsait déjà et occasionnait des dommages collatéraux, il estimait qu’il avait de la patience pour tout et n’importe quoi et qu’il était capable de la contrôler sans problème tant que les problèmes ne concernaient pas ses points sensibles. Par contre, Pijn pouvait trouver de nouvelles raisons d’avoir les nerfs à vif chaque jour, et rapidement, et il n’était pas difficile de savoir que ses principales colères naissaient de ses Voyageurs, voire du rapport qu’il entretenait avec les autres de façon générale. Pijn était instable mentalement.

D’ailleurs, Maze crut pertinemment que Megan allait payer une nouvelle fois malgré son état comateux quand elle s’immisça dans la discussion entre les deux personnages. Pijn réussit à calmer sa patience sous de la condescendance, ou ce qu’il tentait de faire passer pour tel et ignora les suppliques de Megan. Tu m’étonnais, Pijn. Si Megan savait que ton ancien bras droit s’était fait la malle pour de mystérieuses raisons, ça n’aiderait pas à créer un climat de confiance entre tes Voyageurs, n’est-ce pas ? Tu comptes faire comment, crétin de Duc Obscur, quand tes sbires, ou surtout tes Voyageurs, se rendront compte qu’ils peuvent faire front commun contre toi et qu’ils ont des chances de réussir à te renverser ? Cependant, les exemples de rébellions matées étaient assez terrifiants pour arrêter toute autre idée de revanche et de liberté. Maze connaissait un exemple qui lui avait dressé des cheveux métaphoriques sur la tête. On ne pouvait pas dire que le grand black aimait les Voyageurs de manière générale (les siens évidemment, ne comptaient pas). Indépendants, pire, autonomes, trop autonomes, et bien souvent incontrôlables. Et évidemment, le trait de caractère qui magnifiait les précédents et qui faisaient enfin que les Voyageurs étaient devenus des ennemis de Dreamland plus ou moins officiels : leur connerie dictée par leur ego. Cependant, quand Pijn s’était vanté de ce qu’il avait subir à une de ses Voyageuses, Maze avait failli le frapper. Il respectait la vie, en quelque sorte, ou plutôt, respectait une rationalité qui, une fois débordée, n’apportait au mieux que de l’inutilité aberrante et discréditant l’auteur de l’hyperbole.

Mais ceux qui connaissaient Pijn pouvaient-ils ne pas connaître Ophélia ? En fait, ils étaient tout de même très peu à savoir ce qui s’était vraiment passé, et le Seigneur de la Claustrophobie devait avouer que sans des témoignages et des bouquins, il n’aurait jamais compris l’histoire dans son ensemble. Selon les dires les plus objectifs de Pijn, Ophélia était juste partie parce qu’en plus de ne pas comprendre tout ce qu’il faisait pour elle, la fille était un peu stupide sur les bords, trop réservée par rapport à ses ambitions et sa façon de dicter le Royaume en général. Quel contraste par rapport au temps où tout allait bien entre eux, et que la fille était son soldat préféré. C’était peut-être pour cette raison, ou peut-être parce que Pijn ne faisait pas encore appel à Dulcis pour contrôler les vas-et-viens de ses Voyageurs, qu’Ophélia n’avait eu de tatouage de solitude. A cette époque, de toute façon, elle était particulièrement loyale à Pijn, et commettre des atrocités était tout à fait normale. Étrange pour une fille particulièrement normale dans le Monde Réel, à ce qu’on disait. Plus qu’étrange. Et on pourrait rapidement faire le lien avec une maladie psychiatrique, très couramment appelé le Jumeau de Minuit, qui consistait en une schizophrénie plus ou moins violente (dans la grande majorité des cas, presque indétectable), et qui pouvait transformer un agneau dans le monde réel en un tueur en série sur Dreamland. Les experts, les théoriciens et toute cette rase de beau-parleur avaient trouvé une corrélation entre l’importance avec laquelle on prenait Dreamland avec le Jumeau de Minuit (sans évidemment compter les renfrognés qui pouvaient enfin commettre des crimes qu’ils ne pouvaient pas commettre sur leur monde) ; en effet, quelqu’un comme son Voyageur, Ed, qui prenait très à cœur les terres oniriques, ne chercheraient pas à changer de comportement car il estimait qu’il devait avoir autant d’éthique ici et là-bas. Par contre, ceux qui prenaient Dreamland pour un terrain de jeu, pour un monde sympathique où passer ses nuits, où les crimes les plus graves n’étaient finalement que des bêtises car finalement, tous ceux-ci se passaient dans leur tête, hein ? et bien tous ces gens-là pouvaient rapidement se laisser emporter par des pulsions étranges et mortelles.

Pour cette raison, principalement, le reste n’étant que pure spéculation, Ophélia était devenue non seulement dangereuse, mais aussi dévouée aux ordres de Pijn. La claque sur ce dernier avait dû être d’autant plus dure que le pauvre Duc Obscur n’avait certainement pas compris que la folie et la loyauté d’Ophélia ne tenaient qu’à une maladie psychiatrique, dont elle avait réussi à se débarrasser miraculeusement au cours d’une mission, d’un seul coup. Plus de tueuse, plus de folie meurtrière, juste une Ophélia parfaitement normale reprenant peu à peu le contrôle de son corps de Voyageuse et se rendant compte des horreurs qu’elle avait faites. La rupture avec Pijn avait été brutale. Et celui-ci l’avait évidemment, très mal pris. Savoir que sa machine à tuer préférée (et assez puissante pour lui permettre de s’en vanter) était devenue une pacifiste pure et dure, une pacifiste qui cherchait à se repentir, ça devait tenir du domaine du surréaliste. En regardant le Voyageur de Gabriel, le nouvel arrivant, le Seigneur de la Claustrophobie se rendit compte rapidement que Pijn n’était pas le seul à avoir très mal pris cette défection soudaine. Il demanderait des détails à Ed, à l’occasion. Il pourrait certainement apprendre quelques informations très utiles. Très, très utiles, même.

Pijn soupira après l’entretien et posa un regard dépité vers Maze en lui disant qu’il respectait sa patience envers ses Voyageurs. La patience, hein ? Ce n’était pas tant un problème de patience qu’un autre problème. Maze prit à nouveau un verre de vin et se servit une dizaine de centilitres qu’il finit d’une seule petite traite, conformément aux lois de l’impolitesse humaine. Heureusement que Pijn n’était pas aussi frileux qu’une ménagère de quarante ans qui se croyait bourgeoise. Il reposa le gobelet en essuyant sa lèvre inférieure. Comme ça, Pijn se préoccupait de ses Voyageurs maintenant… Un projet qui nous tenait à cœur pouvait changer bien des choses. Ensuite, il ne restait plus qu’à savoir si le Duc cherchait à présenter une façade afin d’adoucir ses Voyageurs, ou s’il cherchait véritablement à changer, tant le sacrifice lui paraissait bégnine comparé à la réussite de son plan. Maze répondit premièrement, sans avoir besoin de chercher ses mots :


« Tu as remarqué, Pijn, je ne suis pas excessivement patient dans certaines situations. Mais on va dire que ma patience pour les Voyageurs tient à l’amour que je leur porte. Et je ne suis pas sûr qu’on peut parler de patience. Plutôt d’impatience de ta part, Pijn. Me dis pas que tu n’as pas envie de torturer quelques-uns de tes sbires juste pour le plaisir de voir l’incompréhension dans leur regard. »


Maze avait une suite au discours, mais elle relevait tellement du savoir universel qu’il ne pensait pas que Pijn puisse l’incorporer aussi facilement que n’importe qui d’autre sur Dreamland. Il jeta un coup d’œil aux deux Voyageurs assis l’un-à-côté de l’autre. Sans savoir pourquoi il pensait à cela, Maze trouvait qu’ils avaient l’air effrayés, presque recroquevillé, pas seulement face à Pijn, mais aussi face à un Seigneur Obscur dans son ensemble, prêt à avaler tous les Voyageurs Obscurs. Ils étaient en danger quand ils se baladaient ici. Et même Megan ne pouvait trouver d’îlot de sécurité dans son propre Temple. Le Seigneur de la Claustrophobie préféra au moins distiller le conseil en suivant, en ayant une légère pensée pour Megan :

« En tout cas, je te conseille d’arrêter de torturer tes Voyageurs, même si tu ne souhaites que les punir, et MÊME si tu penses qu’ils le méritent. Ça serait déjà un bon pas.
_ Je vous prierai de ne pas donner des leçons à notre Duc de façon aussi hautaine »
, intervint soudainement Gabriel dont le dos s’était un peu dressé. Maze aurait bien voulu lui envoyer Ed dans la tête mais le blond n’était pas là, et n’avait certainement pas la tête à ça. Ce fut Pijn qui rabroua lui-même son subordonné :
« Tu es trop vif, Gabriel, silence quand notre allié parle. Oui, Maze, je vois ce que tu veux dire. Je ne sais pas si je pourrais réussir à appliquer ton conseil avec autant de fermeté que tu ne penses. Je marche… par pulsions. »

Comment répondre à cela ? Pijn était né pour être le cauchemar de tous les êtres de Dreamland. Personne n’aimait souffrir, car souffrir, c’était le début de la mort, un début particulièrement détestable, et chaque être voulait vivre. Qui savait les sentiments qui naissaient en lui à chaque instant ? Chaque fois qu’il respirait une sorte d’humeur positive, c’est que ça allait mal pour quelqu’un, ou qu’une personne allait bientôt souffrir. Il ne s’amusait que devant la douleur, que devant la souffrance, et cette obsession l’avait rendu plus dingue que la plupart des Seigneurs Cauchemars. Avec une thématique aussi puissante, en même temps, on devenait peut-être accro.

Mais Maze s’arrêta de parler car de nouvelles auras étaient en train d’approcher de l’amphithéâtre. Plus ou moins éloignée l’une de l’autre, elles arrivaient dans le couloir d’obscurité. Même s’il était inutile de prendre la parole, Maze secoua son verre et tourna la tête vers la porte que les auras allaient emprunter, tout en haut de l’escalier :


« Pijn, je crois que tes invités arrivent. »
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Riku Kaisuki
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie... Ou presque. Visite de courtoisie... Ou presque. - Page 2 EmptyMer 13 Mar 2013 - 21:45
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Chapitre hors-série : La venue d'Athos

Le temps commençait à être vraiment long depuis que la créature avait quitté son royaume. Vêtue d'une armure rouge sang dont les plaques luisaient faiblement à la lueur du soleil couchant, son corps n'était composé que d'os entourés d'un halo verdâtre. Des gantelets en fer, des jambières de la même matière venaient compléter l'équipement tandis qu'une épée de belle taille était attachée dans son dos ; la lame était recouverte d'inscriptions runiques qui brillaient faiblement d'une lueur rouge, et son tranchant semblait aussi grand qu'au moment où elle avait été forgée ; assurément une arme magique. Athos avait les moyens. En tant que second de l'armée du seigneur des morts, il avait été l'un des touts premiers guerriers éveillés pour servir l'ange déchu, tel que le surnommaient ses premiers fidèles. Il s'était mis au service de ce bienfaiteur sans la moindre hésitation ; car Athos, tout comme son maître, avait été « tué » par la malédiction du seigneur de la vie, cet Eternalis... Le commandant autoproclamé s'était juré de toute mettre en œuvre pour délivrer son seigneur et l'aider à tuer cet enfoiré. Si son sceau ne l'empêchait pas de se déplacer hors du royaume, il n'en était pas moins un stigmate particulièrement embêtant ; en effet, il lui était interdit de s'approcher de Chiron sous peine de perdre définitivement la vie. Cela faisait donc maintenant plus de quatre cent ans qu'il avait été condamné à vivre loin de son maître vénéré, à recevoir ses ordres à distance. Un bien triste sort pour son plus fidèle serviteur... C'est pour cela qu'il s'était toujours porté volontaire pour les missions extrêmement dangereuse, pour montrer son implication. Il avait toujours cherché le moyen de délivrer son seigneur, mais il avait découvert qu'aucune créature du royaume ne pouvait approcher la panacée tant voulue... Il en informerait son seigneur plus tard. Pour le moment, il fallait qu'il se rende au royaume obscur pour délivrer le message de son seigneur.

En effet, quelques jours plus tôt, un émissaire de ce royaume à la sinistre réputation s'était rendu dans le cimetière, affirmant avoir un message pour Chironheim Noctis. Athos s'était aussitôt rendu sur place pour recevoir leur visiteur, et le guider personnellement à travers les différentes zones du royaume. A dos de chevaux squelettiques, ils rejoignirent rapidement le centre du royaume, là où résident les commandants de l'armée et le seigneur lui-même dans son Pandémonium. Là, il laissa les gardes guider le messager et attendit patiemment de nouveaux ordres ou une nouvelle menace à contrer. Ce fut Kashaa, l'une des commandants sous ses ordres qui vint le chercher par la suite, lui expliquant le contenu de l'entrevue, ainsi que les ordres du maître des morts. Pijn, l'un des ducs obscurs, complotait en secret pour vaincre le seigneur obscur et prendre sa place. Apparemment, Maze, le seigneur de la claustrophobie, s'était déjà rallié à ce plan. L'opportunité paraissait trop belle de récupérer des alliés de poids en cas de conflit contre le seigneur de la vie, ou encore ce Hadès qui avait trahi le royaume et déserté en emportant l'une des armes magiques qui y reposaient. Athos fut ravi de voir que son maître avait été considéré comme un potentiel allié pour cette guerre à venir, cela montrait que l'on commençait à considérer sa puissance, et nul doute que ce dernier ne décevrait pas ses compagnons. C'est donc tout naturellement qu'il se dévoua pour apporter lui-même la réponse de son seigneur, et insista même pour partir seul au royaume obscur. Il y avait suffisamment de commandants pour protéger le royaume, et lui préférait agir en solo. Personne pour le gêner, lui seul pour recevoir de la gratitude. Il accomplirait sa mission même s'il devait en crever. Il s'était alors empressé d'apprendre le message de Chiron, et avait regagné sa monture en compagnie de l'émissaire obscur pour rejoindre le royaume du noir.

La route avait été longue jusqu'au royaume obscur, il avait fallu traverser de nombreuses contrées, toutes plus dangereuses les unes que les autres, et affronter des ennemis de toutes origines, bandits, et autres voyageurs prétentieux. Mais finalement, les abords de la légendaire forêt noire qui entourait le royaume apparurent à l'horizon, plus inquiétantes encore que ne le prétendaient les rumeurs ; un silence oppressant, des arbres au feuilles noires comme l'encre, et cette impression que l'on va entrer dans le pire endroit du monde, un vrai coupe-gorge pour n'importe quel ennemi du royaume. Athos, malgré son courage, malgré sa puissance reconnue dans tout son royaume, déglutit et hésita un long moment avant d'entrer dans ce sombre bois qui ne lui augurait rien de bon. Heureusement qu'il était accompagné d'un habitant des lieux ; il était impossible de trouver son chemin par soi-même dans cet endroit, et l'obscurité y était tellement profonde que même la lueur qui se dégageait du corps du squelette n'éclairait qu'à peine le chemin devant ses pieds. Le héraut du royaume tenait la monture du commandant par la bride et la guidait dans la forêt sans la moindre hésitation, comme si ses yeux lui permettaient de le faire. Un phénomène intéressant à observer, mais à cet instant, Athos ne songeait qu'à sortir rapidement de là où il était. La route lui parut bien plus longue que tout le chemin qu'ils avaient fait jusqu'ici, et lorsque les contours d'une énorme cité se dessinèrent devant lui, il poussa un soupir de soulagement ; il arrivait à y voir quelque chose maintenant. Mais ce qu'il avait sous les yeux n'était guère plus rassurant que l'obscurité de la forêt noire. La « ville » était en réalité un immense réseau de galeries souterraines dont on pouvait distinguer les entrées ça et là, et d'où s'échappaient des sons qui étaient tout sauf rassurants. Au fond de lui, le commandant n'en menait pas large malgré le long passif qu'il avait derrière lui et le courage sans faille qu'il avait l'habitude d'afficher durant ses missions. Et au moment de s'engager dans l'une des nombreuses entrées sous le regard inquisiteur de milliers de créatures obscures qui n' attendaient qu'une seconde d'inattention pour attaquer l'intrus. Fort heureusement, le héraut obscur repoussa chaque créature qui tenta une approche un peu trop menaçante. Se voulant rassurant, il indiqua au commandant qu'il ne craignait rien. Ce qui n'eut pas de réel effet sur le stress de l'être zombifié totalement incontrôlé.

Ils traversèrent ainsi des dizaines de couloirs dans une obscurité quasi-totale, que compensait légèrement l'aura d'Athos qui tentait d'en savoir plus sur l'architecture de l'endroit dans le but hypothétique de servir d'espion pour son seigneur et leur allié, et observait les moindres recoins de l'endroit. Des panneaux, des portes, des escaliers, quelques créatures de l'ombre ça et là. Rien de bien particulier si ce n'est que l'endroit était particulièrement labyrinthique, le genre d'endroit où, si l'on s'y rendait sans être guidé par un habitant des lieux, on s'y perdrait pour l'éternité. En clair, il ne fallait pas s'aventurer ici sans y avoir d'alliés. Un avertissement net et sans ambiguïtés pour quiconque oserait penser à attaquer le royaume. Ingénieux... Athos ferait part de ses observations à son maître, cela pourrait lui servir pour moderniser l'architecture du royaume et améliorer sa défense... Mais il se stoppa dans sa réflexion car le guide l'avait amené dans une salle bien plus éclairée où il y avait des serviteurs, mais surtout là, à la table, deux créatures à l'aura particulièrement imposantes ; probablement le duc qui les avait invités à se rendre ici, et le seigneur de la claustrophobie Maze. Athos ne les avait jamais rencontrés, il était impossible donc de dire qui était qui. Mais comme l'un des deux était assis en bout de table, le commandant supposa qu'il s'agissait de Pijn. L'autre avec ses lunettes était donc le premier allié du duc de la douleur, seigneur d'un royaume particulièrement puissant. Athos savait qu'il était loin d'égaler ces deux créatures, mais cependant, il ne se démonta pas, pas après tout ce chemin. Il laissa son guide s'en aller, et s'approcha à pas lents de la table, une main posée sur sa ceinture, l'autre reposant le long de son corps. D'un ton très formel, il s'annonça à son hôte :

« Bonsoir, seigneurs Pijn et Maze. Je me nomme Athos, et je suis envoyé par mon seigneur Chironheim Noctis, maître des morts. Vous avez appelé notre royaume à former une alliance, et je suis ici pour vous transmettre les mots de mon seigneur. Il n'a malheureusement pas pu se rendre parmi vous ici car un sceau le retient dans son palais, mais soyez assurés que nous aurons rapidement réglé ce problème. Nous avons un voyageur prometteur que nous enverrons pour cette tâche. De plus, mon maître affirme son intention de joindre ses forces aux vôtres, mais à la condition qu'en cas de conflit futur de son côté, cette alliance soit réciproque ; mon seigneur tient à être certain d'avoir des alliés pour l'épauler. Mais il soutient totalement votre projet et ses troupes sont à votre disposition. Moi Athos, commandant de l'armée des morts en fait le serment. »

Voilà. Il avait accompli sa mission. C'est donc satisfait qu'il se joignit à la table des seigneurs en attendant l'arrivée de leur dernier allié.

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Kala Kourou
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie... Ou presque. Visite de courtoisie... Ou presque. - Page 2 EmptyLun 1 Avr 2013 - 23:11
« Donc là... Nous nous trouvons au Royaume Obscur, n'est-ce pas ? »

« Oui Uzma. »

Ils marchaient l'un à côté de l'autre. La première personne savait ce qu'il faisait, il savait qu'il pourrait être trahi mais il avait besoin que l'ennemi disparaisse. De toute façon, ce n'était mieux que rien. Et puis, étrangement, de plus en plus de gens commençaient à avoir une phobie de l'eau et il savait que tôt ou tard, ils allaient devenir voyageurs. Et il pourra redevenir puissant comme il était autrefois, pour au moins égaler le seigneur du feu et ne plus permettre le même massacre qui s'était passé des années passées. Il ne pouvait plusse permettre encore une fois de ne pas défendre son honneur, son royaume. Il était le seigneur déchu aux yeux de tous. Mais tel un phénix, il renaissait de ses cendres et revenait, plus puissant que jamais. Mais cela lui demandait du temps, il était au moins patient.
La deuxième personne semblait plutôt inquiète. Mais elle était fascinée, excitée, surprise et en même temps terriblement contente d'être là, d'être enfin sortie du château et de pouvoir découvrir ce monde si dangereux, fantastique et en même temps si... Magique. Il lui avait dit que pour sa première sortie, ils allaient entrer dans un territoire dangereux pour les novices et même pour les expérimentés. Elle supposait qu'il lui parlait sur le plan de la puissance mais non, c'était évidemment sur le plan de l'expérience à Dreamland. Et même les habitués risquaient gros en venant ici. Il lui avait rapidement dit la raison pour laquelle ils allaient dans ce territoire si « dangereux et hostile », pour une question de politique... Cela lui tapait légèrement sur les nerfs car dans le monde réel, il y avait aussi de nombreux problèmes de politique et elle était un peu déçue. Mais bon, si elle voulait continuer de pouvoir jouir de son pouvoir et de sa liberté même limité, il fallait qu'elle se taise et qu'elle continue d'avancer, aux côtés de son seigneur pour ne pas qu'il ait honte d'elle.

Amvrossi connaissait bien l'endroit, il y était déjà allé pour plusieurs raisons, la plupart étaient assez mystérieuses mais en tout cas, il savait où il allait. Dans ce dédale de couloirs ressemblants au labyrinthe du Minotaure, ils tournaient à droite, puis à gauche, puis descendaient des escaliers, montaient des escaliers. Uzma commençait à en avoir marre à la longue, elle semblait ne plus avoir peur et voulait tout simplement user de son pouvoir pour s'amuser. Mais elle essayait de se contenir, car elle était en présence de son seigneur et si elle se déchaînait, elle se sentirait mal car cela voudrait dire qu'elle ne respectait pas son seigneur et elle respectait son seigneur, c'est seulement la première personne qu'elle respectait de tout l'Univers. Ensuite venait le Docteur. Mais ça, c'était un personnage imaginaire. Quoique... Dreamland devait sûrement avoir un endroit où grouillait tous les personnages fictifs du monde réel en des personnes à part entière. Si Amvrossi lui laissait plus de libertés, elle essayerait sûrement de trouver cet endroit.
Son pied rencontra du papier, comme un journal ou quelque chose comme ça. Elle le ramassa et le lut, avec la faible luminosité qui régnait dans ce labyrinthe, mais elle pouvait lire plutôt normalement car sa vue s'adaptait avec l'obscurité présente. Il datait de deux ou trois mois et il semblait que quelqu'un l'avait fait tombé sans le faire exprès. Elle parcourut rapidement les pages lorsqu'elle tomba sur une rubrique du journal, qui s'appelait le DreamMag et dont l'article semblait être la rubrique préférée des lecteurs de ce journal. Et elle vit la photo de son frère, ainsi qu'une rapide description de lui. L'article disait qu'il avait été tatoué par un chat complètement loufoque et irresponsable et qu'il se baladait maintenant avec un tatouage avec un super pouvoir. Mais elle s'en foutait en fait. La seule chose qu'elle retenait était qu'il était voyageur et qu'il était... Hydrophobe, tout comme elle. Tant pis pour l'irrespect sur lequel elle allait culpabiliser ensuite, elle fallait qu'elle sache :

« Seigneur, qu'est-ce que c'est exactement ? Vous m'aviez dit qu'il n'y avait pas d'autres hydrophobes à Dreamland que vous ne connaissiez pas. Alors est-ce que celui-ci vous dis quelque chose ? En plus, c'est mon frère ! »

« Calme-toi Uzma, la colère ne te servirait à rien. Et puis, si tu continues à t'énerver, tu vas ameuter les créatures qui vivent dans le noir. Continuons à marcher, nous n'en sommes plus très loin. Lorsque l'on se retrouvera au château, je t'expliquerais tout en détail. Mais pour le moment, je veux que tu tiennes tranquille. »

Il avait parlé doucement, si bien que la jeune voyageuse fit en sorte de se calmer et de concentrer vers la porte avec de la lumière, qui commençait à se rapprocher. Elle plissa les yeux et put voir distinctement plusieurs secondes après : elle vit tout d'abord une créature démoniaque, tel le diable en personne mais il avait plutôt des couleurs sombres, attablé à une grande table avec à côté un grand black à lunettes noires qui semblait ne pas bouger. Autre chose encore plus étrange, il y avait notamment un squelette à armure assis sur une chaise et qui dégageait une sorte de lumière-fumée, sûrement ce qui lui permettait de maintenir ses membres entre eux. Il y avait aussi une fille au visage pâle, qui avait plusieurs blessures d'ailleurs mais elle avait le regard vide et semblait regarder un point fixe sans attention. Il y avait également un homme mais il était plutôt dans l'ombre, elle ne le vit pas parfaitement pour le moment.

« Bonsoir, Pijn. Cela faisait à un moment qu'on ne s'était pas vu. Je te présente Uzma, une de mes voyageuses. Vas-y Uzma, prends place. »
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Visite de courtoisie... Ou presque.

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