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Dreamland cache des trucs ! [Quête]

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MessageSujet: Re: Dreamland cache des trucs ! [Quête] Dim 26 Aoû 2012 - 16:06
Les mains qui s'étaient emparées de lui étaient toutes composées de chairs pourries, mangées par les vers et les asticots et puants la mort à plein nez. Une, deux... cinq.. Sept mains !! Sept mains de non-morts le tenant et l’empêchant de faire le moindre mouvement. C'est alors qu'un squelette datant manifestement du moyen-age vint avec une gigantesque hache à deux mains, bien que l'on aurait plutôt dit une hallebarde. Le tas d'os leva son objet de mort au dessus de la tête de Jake, puis l'abattit de toutes ses forces, fissurant l'air du tranchant de la lame de mauvais augure.
Il réussit à esquiver un tantinet le coup, faisant en sorte que ce soit l'un de ses assaillants qui se prenne le "coupe-tête" en pleine face, mais il n'en ressorti pas indemne : une grande entaille fit son apparition sur son épaule gauche, provoquant en lui douleur et fracas.

Jake devait voir la réalité en face. Il ne pouvait pas se voiler la face plus longtemps vu la situation actuelle des choses. Un squelette avec une hache gigantesque, des foutus zombies l'encerclant et le retenant de leurs mains, des morts un peu partout, sa vie de voyageur en danger... Il se devait de faire face.

"Okay... ARRÊTONS DE FAIRE SEMBLANT !!" cria-t-il avec fureur.

La hache du pourfendeur squelettique c'était ancrée dans le sol et avait du mal à s'en extirper, ce qui laissa à Jake le temps d'utiliser sa nouvelle force accumulée afin d'échapper aux mains de ses ravisseurs. Les ongles et les os raclèrent ses chairs, faisant couler son sang sur le sol souillé du bar et lui donnant toujours plus de puissance .
Il balança son bras en avant, projetant ainsi deux des zombies l'entravant vers les réserves du bar, ensuite, il entama une série de mandales dans le reste des mangeurs de chair qui le tenaient encore.
Le spectacle ne ressemblait pas à grand chose de loin, si ce n'est à une boucherie pure et simple, tandis que du point de vue de Jake, la scène s'avérait toute autre : Ses poings s'écrasant contre les visages disloqués de ses adversaires, le sang giclant sur "Titernia", les râles de souffrance provenant de leurs gorges ainsi que les morceaux de chair s'éparpillant sur le sol déjà assombri par la noirceur de cette bataille. Jake s'emportait, il devenait fou, incontrôlable, sentant son désir de détruire grandir de plus en plus. Désir qui risquait d'atteindre son paroxysme une fois qu'il perdrait conscience de ses faits et gestes.
Le squelette à la hache réussit enfin à retirer son arme du sol, fixant à nouveau Jake de ses orbites, il s'avança dans sa direction, espérant certainement atteindre sa cible avant que celle-ci n'ait conscience de ce qu'il se passe, mais Jake n'était pas comme ça. Bien qu'il ai perdu le contrôle durant quelques instants, le jeune homme se ressaisit et se retourna pour faire face à la créature ayant voulu porter atteinte à sa vie.

"Ramènes toi enfoirasse" dit-il d'un ton des plus sérieux.

C'est alors qu'il sentit une arme, un objet, s'enfoncer dans ses chairs au niveau du ventre, à coté de la colonne vertébrale. C'était l'un des zombies qu'il venait tout juste de frapper qui s'était relevé lentement après avoir saisi un couteau de cuisine et après le lui avoir planté. Un sourire carnassier vînt couvrir son visage en lambeaux, comme si la fierté du monde entier venait se réfugier en lui. Ce sourire et ce visage énervèrent Jake au point qu'il envoya un coup dans le crâne du squelette pourfendeur, se saisit de la grande hache, et la fit tournoyer au dessus de sa tête, l'abattant quelques secondes plus tard sur le zombie poignardeur. Cet acte eut pour effet de fendre le crâne de la victime en deux, laissant quelques filets de sang s'échapper du cervelet et fit s'écrouler le corps détruit du monstre.
Jake abandonna alors la hache et la laissa figée dans le crâne de sa dernière victime, puis se retourna afin de refaire face à l'ancien possesseur du dit objet. Celui-ci venait de se reformer, son corps ayant cherché la tête et l'ayant remise sur pied. Jake fixa alors le mort de ses yeux blancs, chose dut à l'état de berserk, glissa ses mains dans la cage thoracique du concerné, puis écarta si ce n'est dire "explosa" les os du squelette. Les éparpillant dans toute la zone, maculant le corps du contrôleur de de la souffrance avec le sang de son adversaire.
Jake continua ainsi sa route vers cette sanglante barbarie, se prenant divers coups volontairement et répliquant avec force et conviction.

Le combat était en train de basculer, les gens du bar et les "gentils" zombies regagnant peu à peu du terrain mais les plus coriaces d'entre les cannibales restaient tout de même impassibles à leurs attaques.
Il continuait de faire face aux vagues de mort vivants, en abattant deux autres dans la mêlée. Son pouvoir avait presque atteint ses limites, le sang dégoulinant de ses membres et traçant sur le sol de longues et larges lignes sanguines. La douleur de chaque pas, de chaque mouvements, de chaque tremblements faisait grandir son pouvoir, mais le tout l'affaiblissait aussi considérablement, le réduisant bientôt à marcher tel un ivrogne, lentement et en trainant la jambe. Jake laissa échapper quelques gémissements, la souffrance commençant à dépasser le cota autorisé pour un corps normalement constitué. Ce qu'il lui arrivait l'obligea à s'assoir à même le sol tout de sang revêtu, s'adossant au comptoir du bar.
Là, un zombie se releva d'entre les décombres, sa régénération l'ayant permit de survivre aux attaques des "alliés". Celui-ci se dirigea alors vers le jeune homme puis, se laissa tomber vers le garçon affaiblit, ouvrant grand sa bouche afin de le mordre à l’atterrissage. Jake réunit alors le peu de force qu'il lui restait, et dans un dernier élan projeta son poing dans la gueule béante de la bête, explosant dans une violente intonation le crâne de l'ennemi.
Tout cela avait été épuisant, et il estima qu'il avait droit à un tant soit peu de repos. Il souffla d'exaspération, contemplant ses propres limites.

C'est alors que Jake aperçu Sabake, se battant dans un sombre décor, décor fait de restes cadavériques jonchant le sol et tapissant certains endroits du bar. Il avait fait un carnage, une vraie tuerie invisible, mais IL sentait que Sabake n'était pas encore au maximum de ses capacités.

"Sabake ! Montres moi que tu n'es pas aussi faible que tu le laisses paraitre !" adressa-t-il à l'attention du concerné.

* Montres moi ta force..*

C'est avec cette dernière pensée qu'il ferma les yeux, respirant l'air qui avait été sa drogue durant un temps, et se laissa porter par les sons de la bataille qui prenait doucement fin...
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MessageSujet: Re: Dreamland cache des trucs ! [Quête] Dim 26 Aoû 2012 - 17:40
Sabake se tenait au milieu de l’assemblée, les pieds baignant dans le sang et le sol jonché de reste d’os mêlé aux débris du mobilier du bar, taché d’hémoglobine. Il trônait en vainqueur au dessus des deux adversaires qu’il venait de vaincre avec une barbarie sans nom. Il s’arrêta en cours de massacre pour se délecter de sa victoire dans ce combat et reprendre un autre souffle de fureur. Sa courte pause lui permit de contrôler la situation dans le bar. Il fut ravi de pouvoir constater que toute la salle était en effervescence. Chaque participant à cette bataille mettez toutes ses forces dans l’affrontement pour triompher de ses adversaires. Il pouvait en regardant sur la gauche admirer l’anéantissement de toute masse de chair sur un cadavre qui ne faisait que convulser sous la frénésie de coup que lui assénait un client du bar, visiblement un habitué de se genre de combat.
Son analyse lui permit d’observer le combat entre Ozo et cinq zombies qui tentaient tour à tour de l’attraper et de le mordre à la gorge. Mais Ozo était extrêmement vif et esquivait avec facilité les multiples assauts sanguinaire des morts vivants qui n’arrivait pas à le saisir ni à le toucher. Il semblait employer une technique de combat plutôt confuse et difficilement prévisible, ses coups venaient de nulle part et ses postures étaient intrigantes. Il maitrisait la technique de combat de « l’homme saoul », avec une dextérité impressionnante. Sabake voyait le clown lancer ses pieds en direction du visage des zombies qui étaient sans cesse projeté au sol malgré leur faculté de régénération. Le clown philosophe n’avait pas qu’une verve débordante, il savait mettre des coups meurtriers. Et ce n’est qu’après une série de coup de poing sur l’ensemble de ses assaillants qu’il se prépara à une technique redoutable, le « Hands’ Walk ». Il se retourna à la vertical en utilisant ses deux mains pour marcher à l’envers et laissant libre expressions à ses jambes destructrices. Ses ennemies se relevèrent péniblement après la série de coups qu’ils venaient de recevoir et qui pour certains les avaient délesté de quelques-uns de leurs membres. Soudain, une vague d’énergie parcouru le corps d’Ozo et sa technique allait se dévoiler à sa pleine puissance. Ses jambes, puis ensuite tous le corps du clown se mit à tourner au dessus de la tête des zombies qui cherchait une nouvelle fois à l’encercler. Mais la technique était à son maximum et à présent les jambes du clown possédaient une puissance capable de décapiter les corps animés des morts vivants. Les crânes se fracassaient et le bruit des os s’arrachant du corps de leurs propriétaires résonnait dans toute la salle. Le combat du clown montrait à Sabake toutes les possibilités et toute la puissance que l’on pouvait acquérir dans Dreamland.

Son attention se porta ensuite sur la situation de Omar et Ursula qui en tant qu’amant de longue date, se battait ensemble à grand coup de bouteille et autres armes de poing. Omar avait sortit son poing américain spécial de combat. Muni de trois grandes lames qui entouraient tous son avant bras et qui s’étendaient jusqu’à son poing formant presque une arme de pugilat meurtrière. Ursula, elle avait sortit une bouteille format familial de « Vod-Katacombe » qu’elle avait cassé sur un coin du bar. Elle possédait maintenant une lame de verre aussi tranchante qu’une lame.
Les deux époux se tenaient derrière le bar et attendaient que les ennemis viennent à eux gardant le bar comme bouclier pour freiner l’avancée des zombies. Mais quand Sabake porta un regard plus curieux sur le bar, il put constater un amoncellement de corps convulsant sous les assauts sanglant du couple. Mais rester à couvert derrière le bar ne leur permettait pas d’achever les corps au sol et d’en finir une bonne fois pour toute avec leurs adversaires.
Une énergie se dégagea du tas de cadavre qui siégeait devant le bar, au pied d’Omar et d’Ursula. La réanimation était en cours et ils commençaient tous à se relever. Leur sursaut de vie était plus rapide que les fois précédentes. Il semblait que plus ils se relevaient et plus leur technique prenait de l’ampleur, ne laissant pas à Omar le temps de les achever.
Quand Sabake prit conscience de la situation il s’empressa de rejoindre en courant ses hôtes afin de leur venir en aide pour qu’ils puissent se dégager de cette horreur.

[Sabake] « Omar ! Je suis là pour vous aider à les vaincre. J’ai l’impression qu’il faut salement les amocher pour qu’ils ne se relèvent pas et que le meilleur moyens d’y arriver c’est de leur exploser le crâne, ou tout du moins les délester de leur tête. Après pour ne pas prendre de risques il vaut mieux démembrer les restes.
Ton arme à l’air d’être spécial et de pouvoir faire de gros dégâts. Tu va te charger de l’offensive et je te couvrirais avec mon pouvoir pour que tu puisses en finir sans te faire avoir. Ursula t’épaulera au cas où il y ait un problème. Je ne veux pas trop l’exposer, elle n’ait pas aussi bien équipé que toi. Tu me fais confiance ?
»

[Omar] « Merci, petit ! On s’inquiétait moi et ma femme et on commençait à être encerclé par tous ses enfoirés. Ozo à l’air d’être très occupé il n’a pas réussi à venir nous aider mais il à l’air de s’en sortir. Mais maintenant je vais faire un carnage.
Ton plan est convainquant, tu réfléchis vite petit. Je t’ai vu combattre les deux autres ton pouvoir est très puissant et vient du royaume obscur, je sais que tu seras à la hauteur pour les vaincre. Et je te remercie pour ma femme, elle est pleine de courage et de force mais je ne veux pas qu’elle soit blessée, se serait de ma faute…
Bon on y va ?
»

Sabake lança un dernier regard à Omar et Ursula en hochant de la tête pour marquer le départ d’une escarmouche sanguinaire et acharné. Omar monta sur le bar contemplant la totalité de la pièce, envahit d’une atmosphère guerrière. Il s’élança en direction du tas de zombie qui venait de reprendre vit et au vol attrapa une bouteille qu’il balança directement sur un des mort vivant pour le désorienté. Une fois arrivé devant lui, il le lacéra de coups poings accompagné de son arme tranchante, entamant le massacre. Tandis que les membres du zombie se dispersaient dans la salle, les autres morts vivant ne paraissaient pas s’inquiéter de leur sort et fonçaient en direction d’Omar. Le nombre d’assaillant était trop important et il ne pouvait contenir une attaque de cette ampleur. La férocité avec laquelle les non-morts se jeter dans la bataille n’avait d’égal que la brutalité du tenant de la taverne. C’est là que Sabake intervenait pour venir au secours de son compagnon et stopper la progression de la horde. Il entama le rituel de la prison d’âme en puisant l’énergie nécessaire à l’immobilisation des corps. Omar attendait que Sabake active sa technique pour exécuter les corps des zombies, qui après avoir subit la technique du contrôleur serait rendu inerte.
Sabake haussa maintenant ses deux bras en direction des monstres et concentra son énergie autour d’eux, formant une aura noire autour de la zone de combat et stoppant net leur mouvement, les couchants au sol. Omar pouvait s’en donner à cœur joie et détruire l’ensemble des zombies à grand coup de poing marteau sur le crâne et les dépouilles encore chaude et humant la mort de ses adversaires. Mais un mort venu de nulle part reprit vit et sauta sur Omar. Sabake avait été pris de court et n’eut pas le temps de l’arrêter à temps. Ursula vint alors au secours de son mari en déboulant bouteille à la main, l’éjectant du corps de son aimé et l’expulsant plus loin. Le jeune rodeur activa sa technique pour mettre à terre son adversaire et laisser au squelette, l’occasion de se venger par un coup violent porté au visage du mort vivant.

[Omar] « Merci petit ! Tu te bats avec acharnement et tu ne retiens pas tes forces dans la bataille. Tu nous as défendu férocement et pour ça je te remercie ainsi que ma femme. Nous vous récompenserons toi et tes amis. Si nous sommes encore en vie c’est grâce à vous. »

[Sabake] « Bon t’as compris comment il fallait en venir à bout, je vais te laisser maintenant. Prend soin d’Ursula et protège là. Essayez de ne pas vous trouver trop exposé à ces monstre vous pourriez ne pas vous en sortir. Gardez vos distances et anticipez leurs mouvements pour ne pas vous faire déborder par la horde. J’y retourne, il y en à d’autre et je ne veux pas tous laisser à Fenraer et Dante qui ont l’air de bien s’amuser d’ailleurs. »

Après ces échanges musclés avec les zombies, la salle commençait à voir réduire son nombre d’envahisseur. Les pertes étaient minimes et les combattants avaient tous l’air de maitriser leur combat en anéantissant tous les restes des adversaires tombés au combat. Et Sabake observait les actions de ses camarades qui se battaient dur comme fer, défendant leur vie au prix d’un combat qui allait laisser des cicatrices. La vraisemblance que la bataille tendait vers une victoire écrasante du camp de Sabake, animait encore plus les guerriers d’une rage commune.
Jake qui était sous les yeux de Sabake, lui offrait un spectacle barbare, faisant jaillir hémoglobine et déchiquetant chair et os sans pitié. Sous son regard observateur apparaissait un contrôleur de la douleur se faisant une joie de se faire frapper et de rendre les coups qu’on lui assénait. Pour un coup qu’il prenait il le rendait à son adversaire avec une fureur et une force décuplé. Au point qu’il étripait et écartelait ses ennemis à la main. Cet affrontement faisait la lumière sur un des mystères qui entouraient le contrôleur de la douleur, son pouvoir.

[Sabake] * Intéressant… Son pouvoir serait donc d’augmenter sa puissance quand il est touché…Non plutôt quand il est blessé ou frappé par un ennemi. Je comprends pourquoi il ne craignait pas les coups dans la brume, ça le rend encore plus fort. Mais j’imagine qu’il y a une contrepartie à cette technique. Il doit surement essuyer de lourds dégâts avant d’être vraiment puissant. Pourtant il à l’air de se faire un plaisir à démembrer tous ces monstres, il s’en sort bien. J’espère que Dante s’en sort aussi bien mais je ne le vois pas, il doit être au prises avec ces monstres. *

Sabake scruta autour de lui pour tenter de trouver le nécromancien qui devait logiquement être en plein combat avec ses ennemis. Et c’est en tournant la tête sur la gauche qu’il pu voir son compagnon crapahutant dans la salle en utilisant le pouvoir de son rat mort vivant pour se déplacer entre les cadavres animé. Il ne tarda pas à trouver sa cible, une masse, un colosse qui lui aussi, ciblait Dante. Ce dernier qui attaqua son ennemi par une frappe direct qui visait le ventre du zombie. Mais il fut surpris par sa résistance au choc et se laissa déborder par la situation, se faisant plaquer au sol par le sumo qui venait manifestement d’utiliser une technique empruntée à sa discipline. Sabake voulait réagir mais la corpulence du monstre l’empêchait d’atteindre le Dante, le laissant gesticuler sous son énorme ventre. Il prit donc la décision de le laisser utiliser ses pouvoirs pour en venir à bout.

[Sabake] « Et gamin ! Ne te fais pas avoir comme ça. Relève-toi et éclate-les ! On est là pour casser du zombie. Il faut mettre toutes ses forces dans la bataille et tu la, cette force. Elle te vient de ta peur. »

D’un mouvement de tête, il observa une scène qu’il avait laissé en suspend, celle où Jake utilisait toute son énergie à abattre et à repoussé chaque corps qui se dressaient devant lui. Se délectant de l’horreur qu’il provoquait autour de lui et qui alimentait l’émulation des combattants pour leur fournir de nouvelles forces et une volonté de vaincre. C’est lors d’un affrontement entre deux zombies qu’il s’égosilla et qu’il fit ressortir dans ses mots, sa fureur et son ardeur. Le combat de Jake se prolongeait au fur et à mesure que la victoire totale s’approchait. Jake alla jusqu'à repousser ses limites pour terrasser l’ensemble des morts vivants qui ne cessait de l’attaquer. Jake en quelques mouvements d’une démesure surprenante, finit son carnage dans une multitude de bouts de chairs, d’os et de décombres, volant en l’air, et dansant avec les giclées de sang marquant ainsi la fin du massacre. Et c’est en constatant qu’il venait d’épuiser son énergie dans cet assaut final qu’il lança fièrement à Sabake, un regard qui fit comprendre aux deux voyageurs de quelle trempe ils étaient. Et c’est qu’une fois qu’il eut compris ça que Jake s’adressa à Sabake et lui lâcha une réplique digne d’un « Western » américain.

[Fenraer] « Sabake ! Montres moi que tu n'es pas aussi faible que tu le laisses paraitre ! »

« Quoi ! Ce que je viens de faire ne te suffit pas ?! Parce que tu en as amoché pas mal tu crois pouvoir juger de ma force. Soit tu as au moins le mérite de m’avoir dévoilé ton pouvoir à sa pleine puissance allant jusqu'à épuiser toute ton énergie. Je t’en dois au moins autant pour que tu comprennes vraiment qui je suis et pourquoi je ne crains pas ton pouvoir. » Rétorqua Sabake sous le regard de son interlocuteur épuisé.

« Et toi gamin observe comment on anéanti ses ennemis. Tu vas pouvoir comprendre pourquoi mon pouvoir que je tire de mon royaume est celui de…La Solitude » dit-il en s’adressant à Dante et en dévoilant son pouvoir à ses camarades

Sur ces mots Sabake exécuta son ultime attaque. Son sang bouillonnait dans tous son corps, faisant palpitait son coeur à une vitesse folle. Il concentrait ses dernières forces et il réclamait le sang des derniers monstres encore en vie. Sa silhouette s’entoura d’un nuage sombre, formé d’agitation et de grouillement d’une matière noir venue du royaume obscur. Tous le monde pouvait le contempler pendant qu’il atteignait sa pleine puissance et qu’il invoquait le pouvoir de l’empire des ténèbres. Les ombres formaient maintenant un trou noir dans lequel Sabake s’engouffrait peu à peu. Il était maintenant dans la dimension de son portail d’isolation qu’il avait optimisé au maximum pour se déplacer plus rapidement jusqu'à ses ennemis. Trois zombies était debout en face de lui. Il fonça sur le premier en réapparaissant juste avant de le frapper puis re-disparu et enchaina ainsi les zombies. Il les avait tous mis à terre et était maintenant au milieu des trois réanimés. Il allait déclencher la prison d’âme avec toute son énergie. L’aura qui le poursuivait jusque là, s’éleva au dessus de la salle, tournoyant et crépitant de force. Cette force vint s’abattre comme une pluie ou un éboulement sur les corps ranimé des cadavres. Sous la pression de la technique, les âmes des squelettes hurlaient comme pour demander la fin de ce supplice. Sabake accéda à leurs requêtes, se saisissant d’un pieu, transperçant leurs boites crâniennes et disloquant leurs membres.
Il jeta un dernier regard à Jake et Dante et se retourna pour aller se reposer plus loin.
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MessageSujet: Re: Dreamland cache des trucs ! [Quête] Lun 27 Aoû 2012 - 3:31
Musique d'ambiance : Obscure raisonnement

Tout était d’une infâme noirceur, et Dante s’y laissait glisser, tandis que la vie s’échappait de son corps, dans un râle régulier et continu, tel un ballon qui se dégonfle peu à peu. Dante regardait tout autour de lui, cherchant un moyen de se débarrasser du zombi, mais il ne trouvait rien. Sa force le quittait peu à peu, tandis que la circulation de son sang était coupée, produisant des fourmillements dans ses jambes et dans ses bras. Le jeune homme n’avait plus les idées claires, et avait du mal à ne serait-ce que tenter d’évaluer la situation. La masse qui lui écrasait le thorax était trop importante, un peu comme si une outre géante gonflée se retrouvait prise sous un éléphant.

Dante regarda son bras : s’il réussissait à s’en servir comme d’un levier, alors… Une idée brillante lui vint à l’esprit. Il tenta de la mettre en pratique… mais l’effort requis lui fit perdre conscience. Sa vision se troubla, puis des tâches de couleurs aveuglantes apparurent, avant que tout ne deviennent noir. Des voix, des cris, des craquements lui parvinrent, semblant venir d’un autre monde. Cette soudaine torpeur lui apporta une sorte de réconfort : il ne pensait rien, plus rien du tout, ne sentait plus rien, ne voyait plus rien, il était en paix…


« Et gamin ! Ne te fais pas avoir comme ça. Relève-toi et éclate-les ! On est là pour casser du zombie. Il faut mettre toutes ses forces dans la bataille et tu l'as, cette force. Elle te vient de ta peur. »

Cette voix… elle semblait venir de loin… si loin. Dante sortit peu à peu de l’inconscience dans laquelle le manque d’air l’avait plongé. La voix avait raison, il ne devait pas se laisser abattre… mais il y avait si peu d’air… Dante repensa à son père, à sa mère qu’il n’avait pas connu, à toutes les fois où il s’était fait frappé. Il se souvint aussi de sa vie avant Dreamland, pleine de solitude, mais aussi cette seconde venue à Dreamland où il pouvait enfin affronter et vaincre ses peurs, mais aussi se faire des amis. Il pensa à Néfertiti, à Fenraer, puis à Sabake. Il pensa à Ozo, mais aussi à tous les gens qui croyaient en eux. Il réalisa qu’il ne pouvait rester des heures en dessous de ce gros monticule de chair : il devait se libérer par ses propres moyens. Pensant à Rudolf, et enfin à son père, il ferma les yeux, prenant son énergie du désespoir le plus profond, de la fatalité la plus grande, et tendit son bras droit. Il donna ensuite un immense coup dedans, serrant les dents, entendant un profond craquement. Le sang afflua, jaillissant d’une puissance commune à celle d’un jet d’eau, tandis que le bras se rompait en deux, plié au niveau du coude. Le sumo bascula sur la droite, privé de son support, et Dante, le côté droit de son corps couvert de sang, son propre sang, entreprit de s’appuyer sur sa jambe gauche, afin de se relever, ayant du mal à tenir sur ses jambes.

« Et toi gamin observe comment on anéanti ses ennemis. Tu vas pouvoir comprendre pourquoi mon pouvoir que je tire de mon royaume est celui de…La Solitude » dit-il, semblant s’adresser plus à Dante qu’au berserk.

Musique d'ambiance : Création d'un monstre...

La tête penchée en avant, le regard caché dans l’ombre occasionnée par le manque d’éclairage, Dante se mit à trembler, de tout son corps. Un rire démentiel et profond emplit la salle, si bien que la plupart des belligérants, mis à part les zombis, tentèrent d’en trouver la source. Dante continua de rire, relevant soudainement la tête, ses yeux dilatés par une pure démence, issue d’une peur irrationnelle de la mort, ainsi que d’une puissante détermination à tenir tête à cette dernière. Il ne lui restait plus qu’un bras de valide, mais Dante marcha. Un pas, deux pas, trois pas. Rudolf avait été révoqué. Quatre pas, cinq pas. Sabake venait d’en finir avec plusieurs morts-vivants, et s’éloignait en quête d’un repos bien mérité. Six pas, sept pas, huit pas. Le sumo, qui s’était relevé depuis un bon moment, restait insensible au comportement étrange du jeune nécromancien, qui avançait pour le coup tel un zombi, alors que son bras droit pendait mollement par quelques lambeaux de chairs, et que le sang continuait de s’écouler de sa blessure plutôt grave.

Neuf pas. Dante était en face du colosse, qui l’attrapa d’une main ferme, et l’amena jusqu’à sa mâchoire. Regardant la créature droit dans les yeux, Dante continua de rire, arrachant d’un coup sec son bras droit avec toute la force contenue dans celui de gauche. Il planta ensuite son « arme » improvisée dans le crâne du sumo, l’os brisée de son bras détaché formant une pointe acérée, et s’écroula ensuite sur son adversaire.

Autour de lui, huit zombis l’entouraient, dont deux d’entre eux, certainement d’anciens footballeurs américains, étaient des armoires à glace. Dante récupéra son bras, et le planta fermement dans la masse de chair et d’os broyés à l’extrémité de son membre sectionné. Transformant toute sa douleur en la jouissance la plus absolue, il se concentra, réussissant à capter les derniers résidus de Non-Mort afin d’entourer son bras de lambeaux de chairs plutôt épais. L’os se mit soudainement à pousser, se réparant à une vitesse grandiose. Ce qui avait été le bras droit de Dante, était à présent un amalgame de chairs putréfiés, dans lequel semblait plantée une immense lame osseuse.

Les zombis se jetèrent sur lui, mais Dante, repassé en « Faust’s Walk », se retrouva presque instantanément derrière eux. Ses rires redoublèrent de vigueur, tandis qu’il assénait d’un coup rageur une droite dévastatrice, qui traversa le torse du zombi le plus proche comme s’il ne s’était trouvé être qu’une simple motte de beurre. Le nécromancien avait fait exprès de ne pas viser des points vitaux, afin de s’amuser un peu plus. La régénération du zombi fut rapide, et quand il se trouva à l’endroit où Dante était, le trou s’était résorbé. Mais Dante n’était déjà plus là… Une goutte de sang tomba du plafond…


« Hahahahahahaha… Est-ce la donc toute la puissance dont ces pitoyables vermines sont capables ? » s’exclama t’il, tout en léchant le sang se trouvant sur sa lame composée d’os.

Les zombis ne tardèrent pas à lever la tête, cherchant l’instigateur de cette exclamation. Tout ce qu’ils eurent le temps de voir, fut une masse vermeille ainsi qu’un éclat étincelant d’un blanc laiteux, qui décapita deux zombis proches. Mais deux autres zombis arrivèrent, attirés par l’odeur du sang. Ils formèrent ainsi un cercle mortel, se refermant sur le jeune homme, qui s’appuyait nonchalamment sur sa lame, l’air presque sérieux.

« Hum… Vous vous décidez à adopter une meilleure stratégie d’approche… pas mal… pas mal du tout… »

Sautant ensuite en l’air, avant de retomber en un roulé-boulé qui sectionna verticalement un des nouveaux arrivants, il posa un pied au sol en guise d’appui, se penchant en avant.

« Mais totalement inefficace, et donc inutile… »

Reculant son pied droit, il fit basculer son centre de gravité, tout en déplaçant sa lame dans un mouvement latéral vers la droite, ce qui trancha les zombis présents de ce côté. Finissant son mouvement, il en fut ramené au milieu du cercle meurtrier… qui ne comptait plus que la moitié des membres de départ. Nettoyant une nouvelle fois sa lame avec sa langue, il éclata d’un rire une nouvelle fois démentiel. Il s’avança à pat lent vers le reste du groupe, qui ne recula pas même d’un seul pas.

« Vous savez, c’est ce que j’adore chez vous… Même maintenant, vous ne pouvez ressentir la suave âpreté de la désespérance la plus complète. Jetez-vous sur moi ! Je veux sentir vos morsures sur ma chair ! » s’écria Dante, levant les bras tel un prédicateur atteint de démence.

Comme s’ils l’avaient compris, les zombis se jetèrent sur lui, tous crocs dehors. Loin de tenter de se protéger, le nécromancien les laissa absorber son sang. Il se passa alors quelque chose d’étrange, les morts-vivants se mirent à grandir, et enfler comme des tiques, tandis que Dante criait de plus en plus, le visage renversé vers le haut :

« Voca sanguinis ! Voca sanguinis ! Voca sanguinis ! Voca sanguinis ! » psalmodiait-il, d’une voix éraillée.

Les corps grossissaient de plus en plus, sous le regard intéressé et sombre d’une créature étrange, affalée sur un monticule de cadavre. Cette créature était couverte de bandages, et aux endroits où sa peau apparaissait, l’on voyait de multiples yeux fendues, dont trois apparaissant juste à l’emplacement de son visage. Une gueule remplie de dents indéniablement humaines s’étirait en un large sourire, froid et calculateur. On remarqué que des sortes de tentacules noirs partaient de dessous des bandages, et étaient connectés à beaucoup de cadavres en dessous de lui, cadavres qui semblaient se ratatiner au fur et à mesure que le temps passait.

« Je t’ai imposé la marque du Maudit, jeune voyageur… Elle te restera dissimulée, jusqu’au jour où tu m’appartiendras corps et âme… En attendant, elle te maintiendra en vie… » murmura pour lui-même l’étrange créature, avant de disparaître dans un éclat de lumière violette.

Dante continua de psalmodier, tandis que les zombis avaient atteints la taille d’une antique statue grecque. On ne voyait plus le jeune Néromancien, dont le corps semblait s’être fait totalement dévorer. Le seul liquide vermeil coulant au sol semblait être la seule subsistance du voyageur.

« SANGUIS VOCATIONEM ! » hurla une voix grave et rauque, faisant trembler les murs.

Les corps boursouflés de tous les zombis éclatèrent, laissant échapper des litres et des litres d’un sang fluide et clair, qui s’écoula ordonnément, se rassemblant autour d’ossements, issues de l’explosion des « tiques ». Un corps ne tarda pas à se former, celui d’un jeune adolescent que nous connaissons bien : Dante Di Stefano. Il était aussi pur et doux que celui-d’un nouveau-né, ne gardant plus aucune séquelle du combat ayant eu lieu. Le reste de sang se répandit autour de lui, le revêtant des habits qu’il possédait avant sa réanimation. Il semblait dormir d’un paisible sommeil et, le combat ayant cessé, de nombreux survivants se rapprochèrent de lui, venant s’enquérir de son état. Néfertiti fut l’une des premières.

Musique d'ambiance : Un réveil au calme

A son réveil, Dante était entouré d’une vingtaine de personnes. Sabake et Fenraer ayant eu leur lot de remerciements, ils avaient eu la mesquinerie d’envoyer leurs admirateurs au chevet du nécromancien, qui avait été transporté dans l’une des chambres de l’auberge. Car même si les morts ne dormaient plus, ils leur arrivaient de s’amuser, comme dans le bon vieux temps.

Parmi les gens présents dans la pièce, ce fut un squelette familier qui s’avança : Omar. Ce dernier n’était pas accompagné de sa tendre moitié, et prit la parole.

« Tu t’es bien comporté, Bloody Necromancer. En effet, tu t’es battu aux côtés des morts, afin d’aider les morts, ce que bon nombre de voyageurs n’auraient pas fait. A l’instar de tes trois amis, tu mériterais une petite rétribution. Mais tes amis ont dit ne pas la désirer tout de suite, qu’ils viendraient la récupérer plus tard… après avoir accompli une sorte de quête, dit Omar, avec ce qui sembla être un clin d’œil complice. Au fait, ils t’attendent dehors, alors dépêche-toi ! »

Ne se formalisant pas de la manière dont on l’avait nommé (« Bloddy Necromancer » ? Mais qu’avait-il bien pu faire pour obtenir ce surnom ?), il se précipita dehors, étant déjà habillé. Il retraversa donc le passage qu’ils avaient emprunté, et aperçut ses nouveaux amis, montés sur de grands destriers squelettiques. Parmi eux, il y avait Ozo, qui n’avait accepté de les guider que jusqu’à l’entrée des Marécages du Désespoir.

Néfertiti tenait la selle d’une monture, qu’elle lui présenta sans un mot. Il s’en saisit, l’enfourcha, et sans échanger un seul mot, les cinq compagnons s’éloignèrent au trot, chevauchant comme s’ils avaient passés leur vie en croupe. Le silence ne gênait pas Dante, bien au contraire, mais il se demandait ce qui justifiait l’attitude fermée de ses camarades. De plus, la dernière chose dont il se souvenait été de s’être cassé le bras. N’en pouvant plus, il finit par demander, d’une voix qui se voulait calme et posée :

« Excusez-moi, mais je ne me souviens plus de ce qu’il s’est passé hier. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer ce qu’il s’est passé après que je fus écrasé par ce sumo, et pourquoi vous êtes tous aussi graves et sérieux ? Qui m’a sauvé ? » demanda Dante, le plus calmement possible, même si ses poings serrés trahissaient son anxiété.
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MessageSujet: Re: Dreamland cache des trucs ! [Quête] Lun 27 Aoû 2012 - 10:01
La bataille avait été au final une victoire plus que satisfaisante. Les pertes ennemies avaient étés... importantes, très importantes, tandis que celles des alliés n'avaient étaient que des moindres. Tout le monde c'était battu avec courage et acharnement, repoussant ainsi avec succès le flot incessant de zombies mangeurs de chair.

Jake s'était laissé porté par la musique des derniers combats, ses blessures étant trop importantes pour le moment pour lui permettre le moindre mouvement, c'est sur ses amis qu'il compta aveuglément. Il avait ressenti le pouvoir de Sabake dans toute la salle, faisant vibrer chair et os, sang et larmes; Un grand pouvoir se disait-il. Ensuite, il crut entendre quelques rires... sadiques tout du moins; ces mêmes rires graves et profonds, ceux qui vous font trembler lorsque la nuit vient happer la lumière, ceux qui vous font peur le soir avant de vous coucher, ceux de votre imagination fertile, bouillonnants lorsque les ténèbres ont pris part en vous... Ces rires avaient l'air d'être de Dante... mais il n'en était pas vraiment certain.
Toutes ces choses, il les avait entendues, ressenties. Ses compagnons avaient réussis à exterminer le moindre ennemi, laissant ainsi aux oreilles de Jake le doux son d'une victoire durement acquise.

Une fois que tout paraissait apaisé, Jake décida d'ouvrir les yeux, de lever le voile obscur qu'avaient étés ses paupières afin de contempler les restes du "carnage". La lumière vint tout d'abord éclairer son regard, l'éblouissant et l'aveuglant comme si la foudre venait s'abattre devant sa personne. Après un temps d'adaptation, il put apercevoir Sabake qui paraissait plutôt en forme malgré l'épuisement qui pouvait légèrement se lire sur son visage qui d'habitude restait impassible. Jake regarda alors ses blessures, puis se releva péniblement, ses blessures assaillant son corps déjà ébranlé par tout ce qu'il venait de faire. Il s'appuya alors sur ce qu'il restait du comptoir, vit un verre au sol, le nettoya lentement pour ne pas plus enflammer sa douleur puis se servit de l'eau fraîche. son regard se porta alors sur le reste de la salle :
La scène de danse avait été détruite suite à son affrontement avec le "colosse", l'estrade des musiciens avait été recouverte de boyaux et autres organes, laissant couler de petites rivières de sang, Il y avait encore le cadavre du nain "charlie chaplin" empalé au plafond, le bar ne ressemblait plus à rien, les tables avaient toutes étaient endommagées... bref, une vraie pagaille.
C'est alors qu'il aperçut Dante. Son visage avait l'air de retranscrire le repos, le sommeil profond mais lorsque Jake attarda son regard sur la vision globale de la chose, il se rendit compte d'un détail plus qu'important et décida d'alerter toute la salle de ce qu'il se passait :

"Euh... ON A UN P'TIT GARS DANS LE COMA PAR ICI !!"

S'en suivit alors tout une multitude de "personnes" inquiètes de l'état du nécromancien, s'affolant et s'entassant au dessus du corps endormi.

Après ces évènements, les festivités pouvaient continuer, mais Omar ainsi que sa femme Ursula tenaient absolument à ce que tout le monde aide au nettoyage du bar, Ursula s'étant équipée de deux bouteilles de "Vod-katacombe" brisées et menaçant dorénavant les habitués du lieu et les incitants ainsi à faire plus que le grand nettoyage; même Omar et Ozo paraissaient apeurés par la furie guerrière de la femme, si ce n'est dire du démon.
C'est après ce grand ménage que Jake s'en alla se reposer dans l'une des diverses chambres proposées par les tenants du bar, guérissant lentement de ses blessures et prenant ainsi le repos qu'il avait cherché durant la bataille et qu'il n'avait pas su entièrement trouver.
Il passa alors la nuit, affalé sur son lit, réfléchissant à tout ce qu'il venait de se passer. Il savait qu'il avait atteint ses limites, qu'il avait été au bout de ses forces, dans ses derniers retranchements.

* Je ne suis pas assez fort... Il me faut encore plus de puissance... Si je galère avec si peu de zombies, qu'adviendrait il à mes amis si l'on tombait sur quelque chose de plus gros, de plus féroce, de plus puissant ?*

Ces choses le tourmentaient. Elles le tourmentèrent durant un long moment et ne voulaient manifestement pas s'estomper. Il décida alors de visiter les lieux, mais tout ceci dans un but précis : trouver Sabake et lui parler.
Jake vagabonda ainsi donc dans l'établissement, regardant les portes et cherchant le personnage sombre et solitaire qu'était son compagnon d'aventure. C'est en redescendant au bar qu'il le trouva. Il marchait tranquillement, son regard n'exprimant que la réflexion et l'isolement mais révélant aussi une part plus "ouverte" de celui-ci. Jake se dépêcha d'aller le voir, se mettant en face de sa personne, puis commença ce qu'il tenait à lui dire :

"Ecoutes, je sais que tu détiens un grand pouvoir, j'ai pu le ressentir alors que mes yeux étaient clos."

Il prit alors une petite bouffée d'air, revitalisant ses poumons.

"Je tiens à te dire que je te remercie de nous aider, de nous supporter Dante et moi. Tu as une quête à toi et je ne tiens pas à la connaitre, mais.... "

Il reprit un temps, réfléchissant aux mots qu'il allait prononcer.

"Mais... saches juste que je te respecte."

Jake s'en alla sur ces paroles, s'isolant de-nouveau dans sa chambre afin d'y trouver calme et sérénité.

* Un Temps Plus Tard...*

Jake c'était déjà levé depuis un certain temps et c'était déjà précipité en bas, là ou se trouvait le comptoir afin de parler plus amplement avec Ozo à propos de la conversation qu'il n'avait quasiment pas écouté.
Il y avait déjà Sabake sur les lieux, et Jake pensa que ceci ne pouvait être qu'une bonne chose : il ne voulait pas être le seul à être plus informé sur ce qui allait les attendre au dehors.
C'est Omar qui renseigna les deux aventuriers sur les informations complémentaires de la "quête".

"Ecoutez. Etant donné que nous ne pouvons aller chercher la source de ce chaos et y mettre un terme, c'est à vous que reviendra la tâche d'amoindrir ce mal qui pèse sur le cimetière. Je sais, j'ai l'air d'aggraver la chose, mais vous avez pu constater par vous même et puis cela est nécessaire, car cette mission est des plus importante. Vous allez partir d'ici peu de temps, en compagnie d'Ozo. Il sera votre guide et vous mènera jusqu'à la "tanière" d'un vieil ami à nous. Ozo ne pourra vous accompagner que jusqu'à l'entrée des marécages... Alors profitez de sa présence afin d'avoir de plus amples renseignements."

Jake fit une grimace et repensa aux phrases pseudo-philosophiques du clown, phrases que Jake n'appréciait pas réellement.

"Nous vous fournirons des montures pour accélérer le voyage. Bon ! Vous partez maintenant, je vois qu'Ozo à l'air d'être prêt !"

Les deux compagnons d'aventures fixèrent alors le clown qui leur servait de guide. Ozo s'était apparemment remaquillé et revêtu d'habits plus... clownesques. Son maquillage ajoutait un côté encore plus terrifiant à son apparence de non-mort, chose que Jake remarqua dès le premier regard et qui le fit frissonner de toute part.
Le guide leur fit signe de venir avec lui au dehors, le sourire au lèvres bien que sa mâchoire inférieure était toujours pendouillante.
Ils réempruntèrent l'escalier qui les avait menés dans le bar, puis une fois arrivés dans la crypte servant de "cachette", sortirent à l'extérieur. Il y avait là quatre destriers squelettiques.

*Vache on se croirait dans Harry potter...* pensa Jake avec admiration.

Ozo s'empressa de monter la sienne et fit signe aux deux aventuriers ainsi qu'a Nefertiti d'en faire autant, bien que la jeune demoiselle décida plutôt d'attendre son ami. C'est alors que le jeune Dante apparut devant eux, manifestement remit de ses blessures et entièrement rétabli, son teint pâle ayant laissé place à une nuance plus chaude.
Le voyage commença alors, laissant au groupe la chance de distinguer un peu plus du cimetière, les destriers étant plutot grands, les aventuriers possédaient un large champ de vision.
Après une petite demi heure de trot dans un silence quasi biblique, le jeune nécromancien deigna manifester sa présence de sa voix d'adolescent :

« Excusez-moi, mais je ne me souviens plus de ce qu’il s’est passé hier. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer ce qu’il s’est passé après que je fus écrasé par ce sumo, et pourquoi vous êtes tous aussi graves et sérieux ? Qui m’a sauvé ? »

Jake regarda alors le garçon et lui dit :

"Bah le truc c'est que moi je n'en sais strictement rien. Je t'ai trouvé sur le sol, tout habillé et sans la moindre blessure et plongé dans un "coma". Demandes aux autres, mais pas maintenant, on a plus important à faire..."

Leur route continua alors durant un temps, découvrant le décor désolé du cimetière dans son entière splendeur. Ils s'arrêtèrent alors en face d'une petite chaumière faite de terre et de branchages qui avait l'air abandonnée.
Le clown descendit de sa monture, attendit que les voyageurs suive son exemple, puis toqua à la porte de la chaumière.
Un long silence avait prit place après l'action d'Ozo, mais cela n'allait pas pour autant perturber nos compagnons. Ils attendirent alors encore quelques instants, mais Jake ne pouvait plus tenir, son besoin de frissons et d'aventure se faisant ressentir tout au fond de lui; il décida alors de pénétrer dans l'habitation avant même que tout le monde ait pu faire quoi que ce soit.

"Non ne fait pas ça !!" s'écria Ozo d'un ton sévère.

Jake pénétra dans la chaumière, découvrant à l'intérieur de celle-ci une immonde puanteur ainsi qu'une gigantesque forme se dressant en face de sa personne. Un rugissement sortit de l'ombre, faisant trembler la terre à des lieux d'ici...
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MessageSujet: Re: Dreamland cache des trucs ! [Quête] Mer 29 Aoû 2012 - 0:55
Après le combat Sabake prit la décision de s’éloigner volontairement du reste de la masse, désormais prise dans l’euphorie de la victoire. Cette ambiance joviale ne lui plaisait que modérément car il voulait faire le point sur les événements qu’il venait de se produire. C’est dans une arrière salle du bar qu’il trouva son havre de réflexion et où il n’hésita pas à se laisser aller, loin du regard de ses compagnons. Il s’installa sur le sol, s’adossant à un tonneau de « Necro-Beer » et comprimait son crâne de chaque coté avec ses mains, laissant glisser ses doigts entre ses cheveux noir. Avant tout il reprit son souffle après son combat épique contre les morts vivants et laissa ses muscles se détendre sous le coup d’un éclair de douleur qui lui parcouru tout le corps. C’était un signal d’alerte de son esprit qu’il lui manifestait son exténuation et qui marqua les limites de sa force. Sa détermination et sa volonté avait été poussées à leurs maximums durant l’échange de joutes physique entre les combattants. Il avait dû employer une grande force de l’âme pour ne pas perdre le contrôle de son pouvoir et garder en tête la maitrise de la situation, sans quoi il aurait peut-être laissé se faire blesser ses camarades. Mais cet effort ne pouvait être déployé sans ressentir les effets de la fatigue que cette prouesse requiert. Et Sabake se rendait bien compte qu’il n’avait plus la force de retourner au combat et qu’il lui était nécessaire de prendre du repos avant de repartir en quête. Et si d’ordinaire il n’aime pas perdre son temps sans rien faire et plutôt foncer vers le danger et l’inconnue, là il était soumis aux peu de limites que Dreamland possède.
Il commença à faire l’analyse de ce qu’il avait vu. Jake s’était laisser aller à une sauvagerie incroyable et s’était lui aussi épuiser jusqu'à la résignation de sa propre raison. Les deux voyageurs n’échangeaient presque aucunes paroles pendant le combat mais à chaque regard les deux jeunes contrôleurs comprenaient bien plus de chose que bien des discours. Il savait que même s’ils s’étaient adonnés à une tuerie macabre, il l’avait fait dans le but de sauver les clients du bar et de se défendre. En se regardant ils se montraient qu’ils approuvaient que leur combat était digne de leurs quêtes et de l’idée que chacun se faisait de ce genre d’affrontement. Dans cette bataille aucune expérience, aucune ancienneté n’avait fait la différence entre les compagnons. Tous avaient déployés une puissance équivalente et avait produit des exploits au prix de nombreux effort et pour certains de quelques déboires. Comme Dante qui n’avait pu garder le contrôle de son pouvoir, troquant puissance contre raison. Dans l’excitation du combat il avait laissé se libérer un pouvoir que Sabake et Jake s’était efforcé de refreiner, utilisant leur volonté pour garder cette raison. Le « Bloody Necromancer » avait cherché dans sa folie meurtrière une force qu’il n’avait ni le pouvoir ni la force de maitriser et se fit consumer par elle. Il avait délibérément laissé son esprit se faire écraser par l’excitation du moment et tomba dans le coma après avoir vaincu ses ennemis.
De la pièce dans laquelle se trouvait Sabake on entendait les gens se réunir autour de Dante pour le soigner et l’emmener dans un endroit plus sur, en attendant qu’il soit rétabli. Et c’est en attendant ce moment que Sabake pris la décision de retourner dans le bar pour se changer les idées. Il fit interpellé par Jake qui au moment de s’adresser à lui prit un ton cérémonieux.

[Jake] « Ecoutes, je sais que tu détiens un grand pouvoir, j'ai pu le ressentir alors que mes yeux étaient clos.
Je tiens à te dire que je te remercie de nous aider, de nous supporter Dante et moi. Tu as une quête à toi et je ne tiens pas à la connaitre, mais....
Mais... saches juste que je te respecte.
»

[Sabake] « T’inquiète pas. Pas besoin de se faire un tas de compliments. Je te remercie aussi ce que tu dis me fait plaisir mais je pense que toi aussi pendant le combat tu as compris qu’on se battait dans la même direction. Je me ferais plutôt du souci pour Dante, il a perdu le contrôle pendant le combat. Heureusement, il n’a blessé personne et il n’y avait plus trop d’ennemis. Imagine qu’on est eu besoin de lui, il n’écoutait personne, juste sa soif de sang. Je doute même qu’il se souvienne de ce se qu’y est passé. Il faudra lui expliquer qu’il doit se maitriser et contenir sa rage sinon il risque de devenir dangereux, pour lui comme pour les autres. Il faut pouvoir compter sur ses alliés et non les craindre. Soit prêt à agir en conséquence. »

Les deux compagnons se séparèrent, retrouvant un lieu de repos pour se rétablir dans les meilleures conditions. Ils ne se retrouvèrent que lorsqu’Omar leur expliqua un peu plus en détails les paramètres de leur quête. Toujours à l’abri des oreilles des habitants du cimetière qui ne se doutaient pas qu’il faisait partie du mouvement de la « LDPAM ». C’est ainsi que le tenant du bar expliqua qu’ils allaient devoir quitter l’établissement pour rejoindre un autre endroit, plutôt mystérieux. C’était « la tanière », apparemment encore un endroit appartenant à un membre de la ligue clandestine du cimetière. Selon Omar, ils trouveraient surement des informations importantes et peut-être une piste sérieuse pour les mener à la source de la brume. Et c’est après l’arrivait d’Ozo le clown que la pseudo-réunion se termina et qu’ils se dirigèrent tous vers la sortie pour être fournie en monture. C’est d’ailleurs à l’écurie du cimetière qu’ils retrouvèrent Dante qui n’attendait que ses compagnons pour partir.
En quelques minutes ils eurent le temps de préparer les chevaux squelettes et de les monter, laissant Ozo emboiter le pas. Et ce n’est qu’après une demi-heure de voyage que le nécromancien se décida à poser des questions qui le tourmentaient. Il voulait savoir ce qui c’était passé à la fin de son combat, juste avant qu’il ne tombe en léthargie étalé sur le sol, ne laissant que son souffle comme action de vitalité. Jake resta évasif dans sa réponse et ne souhaitait apparemment pas faire part à Dante de l’emportement qu’il avait eu. Il est vrai que Jake n’avait pas pu voir la scène car il avait délaissé la fin du combat au profit de ses compagnons et n’ayant pu même pas trouver la force de garder les yeux ouvert. Cependant, le jeune rôdeur avait pu constater la folie à laquelle c’était adonné son camarade. Il ne tarda pas à lui faire part de ses inquiétudes.

[Sabake] « Ecoute, gamin. Tout à l’heure je t’ai vu dans le bar. Je t’ai vu chercher en toi de la puissance à n’importe quel prix. Tu étais prêt à tout pour battre tes ennemis et tu étais même prêt à perdre le contrôle de ton pouvoir. Tu as voulu briser tes limites et tu as lâché prise. Alors certes tu as, on peut le dire, décimés tes ennemis, mais à quel conditions ? Il faut qu’on puisse compter sur toi en combat. J’ai vu en toi de la force, énormément de force et tu n’as pas besoin d’en faire trop. Il te faut juste apprendre à la maitriser et à la contenir pour l’utiliser de la bonne façon. »

Sur ces paroles ils continuèrent leur chemin vers la tanière de leur contact qui habitait dans une zone du cimetière entouré d’arbres qui ne s’écartaient que pour laisser place à la maison qui était situé en plein milieux de cette forêt. Ils s’approchaient de la chaumière lentement, en prenant soin de ne pas faire de bruit et constatant l’absence de vie dans ce lieu. Aucuns sons ne s’échappaient de la maison et dans le jardin aucune plantation, seulement une terre aride et sèche. Ils prirent un instant de pause devant la porte pour vérifier qu’il n’y avait personne mais Jake encore sous l’effet de l’adrénaline ne perdit pas de temps et entra dans la maison sans l’accord de son propriétaire.
A l’intérieur il n’y avait pas de lumière, seul le clair de lune arrivait à éclairer quelques zones d’ombre dans la maison. En revanche, une odeur infecte filtrait par la porte et venait polluer l’air ambiant. C’est quant ils furent tous entrés qu’ils aperçurent un géant qui faisait face à Jake, gourdin à la main. Le vent fit claquer un volet qui en s’ouvrant laissa un rayon de lune inonder la pièce. Les trois compagnons pouvaient contempler le monstre qui se dressait devant eux. Visiblement c’était un guerrier. Il était rempli de taches de sang des pieds à la tête et son arme semblait avoir servi, vu la concentration d’hémoglobine qu’il y avait à la zone d’impact. Le géant était le propriétaire des lieux et pris de fureur à cause de la profanation de son domicile, il tenta d’atteindre Jake avec son engin. Mais Ozo vint s’opposer entre les deux hommes et stoppa net les hostilités.

[Ozo] « Jeunes gens, je vous présente mon ami, celui qu’on appelle le « Troll assommeur », Fen Mwalkrane. Fen vient d’un autre royaume qui a malheureusement disparu depuis longtemps et il est venu se réfugier ici après que les siens aient été exterminés. Il est nerveux de nature mais en ce moment il est encore plus sur les nerfs.
Il subi régulièrement des attaques de ces morts vivants. Il arrive à les contenir la plupart du temps mais ces derniers temps, elles se font plus massives et plus fréquentes. Il passe son temps à se battre contre eux et il les hait. Il semblerait que sa maison se trouve dans une zone exposé. On aura sûrement des réponses ici. Vous avez pu constater qu’autour de la maison il n’y a pas de brume. C’est le signe que l’activité des morts-vivants est très faible et qu’ils sont loin. Mais quand ils passent à l’attaque, la brume est encore plus épaisse que ce que nous avons vu.
»

[Sabake] « Il faut commencer à réfléchir. On est peut-être à l’endroit où se trouve des maléfices protecteurs ou une source d’énergie maléfique. Il faut se méfier et se préparer à se faire attaquer. Ce qui veut dire être prêt à l’affut et ne pas foncer dans le tas. Compris Fenra ? Et toi Dante sa ira ? »
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MessageSujet: Re: Dreamland cache des trucs ! [Quête] Ven 31 Aoû 2012 - 5:55
Musique d'ambiance : En pleine réflexion


Suite à sa question, le silence se fit, et toute l’attention du groupe fut dirigée sur lui. Dante contemplait cet ensemble disparate de personnes, observant tout à tour Ozo, Sabake, Néfertiti et enfin Fenraer. Ce dernier lui lança un regard compréhensif, derrière lequel Dante sembla percevoir de la pitié. Le jeune berserk se rapprocha du jeune homme, puis ouvrit la bouche.

« Bah le truc c'est que moi je n'en sais strictement rien. Je t'ai trouvé sur le sol, tout habillé et sans la moindre blessure et plongé dans un "coma". Demandes aux autres, mais pas maintenant, on a plus important à faire... » commença le jeune homme, mal à l’aise.

Plus important à faire ? Mais d’ailleurs, qu’étaient-ils censés faire ici ? Ils allaient aux Marécages de l’Oubli, cela ne faisait aucun doute, mais Ozo tenait apparemment à faire autre chose durant le voyage. Le balancement régulier et le claquement des os du destrier squelettique maintenaient Dante éveillé, durant tout leur périple. La brume les entourant n’avait apparemment aucun effet sur les puissants membres inférieurs des chevaux, qui ne ralentissaient jamais, avalant les kilomètres aussi vite qu’un lapin affamé mangeant des carottes. Une main se posa alors sur l’épaule de Dante, qui tourna sa tête du côté gauche.

« Ecoute, gamin. Tout à l’heure je t’ai vu dans le bar. Je t’ai vu chercher en toi de la puissance à n’importe quel prix. Tu étais prêt à tout pour battre tes ennemis et tu étais même prêt à perdre le contrôle de ton pouvoir. Tu as voulu briser tes limites et tu as lâché prise. Alors certes tu as, on peut le dire, décimé tes ennemis, mais à quelles conditions ? Il faut qu’on puisse compter sur toi en combat. J’ai vu en toi de la force, énormément de force et tu n’as pas besoin d’en faire trop. Il te faut juste apprendre à la maitriser et à la contenir pour l’utiliser de la bonne façon » expliqua Sabake, qui s’était mis à la hauteur du nécromancien.

*Mais de quoi me parle-t-il ? s’inquiéta Dante, qui ne comprenait aucunement ce que disait le jeune rôdeur. De la force ? Moi ? Briser mes limites ? Tout ce dont je me souviens, c’est de cet effroyable sumotori qui m’écrasait sous sa graisse, l’air qui s’échappait de moi, puis, plus rien…*

Ne répondant pas à son interlocuteur, il se contenta d’un regard appuyé afin d’exprimer son assentiment aux paroles de celui-ci. Il ne voulait pas éveiller sa méfiance, mieux valait que tout le monde ignore le fait qu’il puisse perdre le contrôle, déjà que les liens unissant le groupe n’étaient pas clairement définis…

Honteux des pensées qu’il entretenait, Dante détourna le regard, espérant que Sabake n’avait pas perçu l’étincelle de doute qui était passé dans son regard, aussi brièvement qu’un éclat de lumière, provenant du miroir utilisé par un naufragé en détresse. C’était un peu ce qu’était Dante, en ce moment, échoué dans un monde dont il ne parvenait pas à saisir toute l’ampleur du règlement.

Musique d'ambiance : Une forêt bien sombre


Le terrain ne tarda pas à changer, les sépultures, mausolées comme pierre tombales, laissant place à de sombres arbres, dont les squelettes noueux et arides évoquaient les silhouettes grimaçantes d’une horde de supplicié. En passant entre les branches, le vent se muait en sifflement, tel le cri strident d’une quelconque créature cauchemardesque. Le clair de lune se dévoilait à travers les branches osseuses, s’étirant vers lui comme des phalanges suppliantes. L’ambiance était lourde, très lourde, et Ozo fit avancer les chevaux au pas, ces derniers semblant terrifiés au plus profond de leurs êtres.

Dante sentit une sueur froide couler le long de sa colonne vertébrale. Il garda tout de même un air serein, en apparence, afin de rassurer quelque peu Néfertiti qui semblait se sentir plutôt mal à l’aise. Seul Ozo, parmi les morts-vivants, semblait épargné. Cela avait-il donc un rapport avec la mort ? En tout cas, la brume s’était intensifiée et Dante n’avait aucune idée d’où ils pouvaient bien aller, à une allure pareille. Il ne tarda pas à avoir sa réponse.

En effet, une vieille bâtisse ne tarda pas à se découper au lointain. Plus ils s’en approchaient, moins la brume était dense. Ils furent bientôt assez près pour pouvoir l’observer attentivement. La pierre composant cette demeure était plutôt vieille mais pas encore envahie par la végétation, ce qui devait être dû au fait que la terre aux alentours était d’une aridité extrême, ce qui ne manqua pas d’étonner Dante : n’y avait-il pas quelques arbres, certes secs et dénudés, qui poussaient non loin de là ? Ne percevant aucun bruit, aucune lumière ne laissant présager de l’occupation des lieux, ils firent une courte pause que Fenraer rompit en se ruant à l’intérieur de la chaumière. De la porte brusquement ouverte s’échappa alors une violente odeur quelque peu oxydée, de sang séché et de viande faisandée, qui prit Dante à la gorge. Une bourrasque de vent fit claquer un volet, laissant la lumière de la lune éclairer l’intérieur : un géant, ensanglanté, fait face au jeune téméraire.

Géant… C’était bien le mot… Des épaules massives encadraient un faciès grimaçant et haineux, culminant à trois mètres de haut, toisant Fenraer de ses petits yeux porcins, luisants de rage. Comme si cela ne suffisait pas, la créature était armée d’un gigantesque gourdin, maculée de sang. Ses bras, disproportionnément musclés, semblaient prêt à s’abattre en un mouvement vertical répété de nombreuse fois, comme un bucheron levant sa hache, inlassablement, afin de couper du petit bois.

La tension monta, Fenraer se crispa, prêt à agir. Sabake lui-aussi semblait lui aussi être sur le qui-vive, sa nervosité étant trahie par la manière dont il crispait ses poings. Soudain, Ozo s’interpose entre les deux possibles belligérants.


« Jeunes gens, je vous présente mon ami, celui qu’on appelle le « Troll assommeur », Fen Mwalkrane. Fen vient d’un autre royaume qui a malheureusement disparu depuis longtemps et il est venu se réfugier ici après que les siens aient été exterminés. Il est nerveux de nature mais en ce moment, il est encore plus sur les nerfs.
Il subit régulièrement des attaques de ces morts vivants. Il arrive à les contenir la plupart du temps mais ces derniers temps, elles se font plus massives et plus fréquentes. Il passe son temps à se battre contre eux et il les hait. Il semblerait que sa maison se trouve dans une zone exposé. On aura sûrement des réponses ici. Vous avez pu constater qu’autour de la maison il n’y a pas de brume. C’est le signe que l’activité des morts-vivants est très faible et qu’ils sont loin. Mais quand ils passent à l’attaque, la brume est encore plus épaisse que ce que nous avons vu. »
expliqua le clown mort-vivant, tout en désignant son grand ami.

Le géant, ne semblant pas capable de s’exprimer verbalement, se contenta d’hocher la tête. Pointant du doigt sa bouche, et mimant quelqu’un en train d’arracher quelque chose, il fit comprendre aux voyageurs qu’on lui avait arraché la langue. Dante n’osa imaginer la puissance de la créature capable d’infliger semblable tourment à une si impressionnante créature. Tandis qu’Ozo s’entretenait avec le géant dans un langage des signes parfaitement maitrisée, Sabake s’approcha du reste du groupe.

« Il faut commencer à réfléchir. On est peut-être à l’endroit où se trouve des maléfices protecteurs ou une source d’énergie maléfique. Il faut se méfier et se préparer à se faire attaquer. Ce qui veut dire être prêt à l’affut et ne pas foncer dans le tas. Compris Fenra ? Et toi, Dante, ça ira ? » demanda le jeune rôdeur, se tournant vers Dante tout en prononçant ses derniers mots.

« Aucun problèmes pour ma part, répondit calmement Dante, d’une voix assuré. Mais je suis plutôt d’avis pour qu’on se prépare justement à être attaqué, et que donc, on prépare des pièges, des lignes de défense. Car, bien que je ne me souvienne…non, bien que je me sois comporté comme un parfait barbare, avide de sang, il me semble que nous avons remporté la victoire grâce à la participation d’autres morts-vivants. Or, nous ne sommes que six, bien que ce géant semble aussi fort que dix hommes, et sans aucune défense, nous n’y réchapperons pas tous. Il ne faut pas nous cacher, il faut nous préparer à faire front… N’êtes-vous pas d’accords ?»

Fidèle à son idée, Dante entreprit d’évaluer ce qui pourrait s’avérer utile à la défense de l’habitation. Il monta donc à l’étage, mais il n’y trouva rien d’intéressant. Il se demandait aussi pourquoi Ozo tenait tant à ce qu’ils défendent cette maison, était-ce pour qu’Ozo puisse trouver des indices ? Tandis que Dante se posait toutes ces questions, des cris se firent entendre depuis le rez-de-chaussée. Le jeune homme s’empressa de descendre les marches de l’escalier quatre à quatre, son inquiétude se lisant sur son visage.


♦♦♦


Musique d'ambiance : Un étrange individu


Longeant les rangées de tombes du cimetière, les pieds couverts par une épaisse brume, un individu singulier marchait, paisiblement. Se laissant guider par les intonations lointaines d’une musique digne du grand Slash, l’étranger marchait, les mains cadavériques sorties de la terre meuble semblant s’évaporer à son contact. Plutôt grand et couvert de bandages, la créature se tenait droite, un large sourire sur son visage, dévoilant des dents dont la taille et la largeur n’avait rien à envier aux pierres tombales. Une langue longue et épaisse vint caresser l’arête fendue d’une des sépultures, se repaissant du goût de la moisissure et de la décomposition des êtres que cette dernière avait abritée. Effectuant une dernière ronde, cette chose baveuse et écœurante rejoignit la gueule de son propriétaire.

Dans une sorte d’éclaircie parmi les mausolées, un squelette jouait d’une guitare au design plutôt sympathique. En effet, c’était une guitare électrique, mais décorée d’ossements et d’autres objets en rapport avec son possesseur. Le squelette possédait de longs cheveux dont il semblait prendre grand soin, et un chapeau ressemblant à si méprendre au chapeau haut-de-forme du Baron Samedi. De lui et de sa musique se dégageait un incroyable charisme, si envoûtant que les morts semblaient lui obéir.

Mais l’inconnu pénétra dans cette clairière et sa présence sembla neutraliser momentanément le charisme du Rockeur, tel le grain de sable qui se loge dans l’engrenage. S’avançant vers le Nécroguitariste, il fit une révérence moqueuse.


« Tiens, tiens… mais c’est ce bon vieux John Hudson, toujours à donner des concerts privés, à ce que je vois… » dit la créature, d’une voix grave aux inflexions moqueuse.

« Parce que tu penses qu’il te suffit de peindre des yeux sur tes bandages pour voir, Umbra ? Je vois que la folie n’a pas emporté que ton apparence… » répliqua John, tout en arrêtant de jouer.

Les morts-vivants, libérés de leur asservissement musical, fuirent devant ces deux grandes volontés écrasantes, qui se jaugeaient, face à face. Umbra restait mesuré et calme, totalement détendu, tandis que John lui faisait face, ses phalanges crispées par la colère.

« Combien de temps cela fait-il, mon cher John ? Dix ans ? Vingt ans ? Ah, le temps passe, mais je remarque avec une certaine émotion que tu n’as pas pris une ride depuis la dernière fois que l’on s’est vu… »

« Tes traits d’humour ne me font même pas sourire, nécromancien ! Tu sais très bien à quoi t’attendre en venant sur mon territoire ! » l’interrompit brutalement le guitariste, hors de lui, ne pouvant plus se contenir plus longtemps.

Umbra Cadaver se demandait comment il allait si prendre : il devait persuader John de garder un œil sur son futur réceptacle, durant son absence, mais ce dernier n’avait pas l’air tellement d’accord. Avait-il donc oublié les événements qui s’étaient passés lors de leur dernière rencontre ?

Une musique, mouvementée et furieuse, fut produite par la guitare de John, la fameuse Death Guitar. Il s’agissait de la « Death Metal Attack », une technique spécifique à John Hudson qu’il possédait déjà, il y a cent ans. En quelques secondes, des centaines de zombis sortirent du sol, et se jetèrent sur Umbra Cadaver…


HJ: La seconde partie du RP est juste une description d'évènements se déroulant dans le cimetière de Dreamland, tandis que Dante et ses camarades sont chez le géant, elle n'aura donc aucune influence sur vos RPs, de plus vous n'en parlerez donc pas non plus dans vos RPs ^^
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MessageSujet: Re: Dreamland cache des trucs ! [Quête] Sam 8 Déc 2012 - 23:30
Lorsque Dante arriva au rez-de-chaussée, il ne put cacher son étonnement : la maison était percée de part en part, telle une noisette à la merci des oiseaux. Mais le plus étonnant était que là où se trouvaient ses amis et le géant, il n’y avait plus que quatre corps momifiés. Se précipitant vers eux, il prit leur pouls. Le débit était faible mais saccadé, ils étaient encore en vie (ou plutôt en Non-Mort pour le clown et le géant.) Après avoir vainement tenté d’arracher les bandelettes les entourant, Dante se demanda avec inquiétude où était sa chère ingénue.

Il chercha autour de lui, son regard étant absorbé par les paysages lointains que dévoilait le trou spacieux à sa droite. De vagues silhouettes menaçantes s’avançaient lentement et silencieusement, encerclant la maison à plusieurs lieues de là. Elles se découpaient dans l’horizon, telle une marée avide et funeste gangrénant peu à peu les terres du cimetière. Une violente pulsion animale hurla dans le cœur du nécromancien, l’enjoignant de quitter sans plus tarder la protection si dérisoire de cette maison, afin d’échapper à cette horde lugubre et décomposée. Mais une autre émotion prit le dessus : son amour pour Néfertiti, qui lui permit de rester là et de fouiller les autres pièces de la maison.

Après une folle course désespérée dans les dédales du sous-sol de la demeure, Dante finit par apercevoir une silhouette fouillant activement un vieux bureau, tel un mort-vivant éviscérant un cadavre. Pénétrant la pièce plongée dans la pénombre, il s’en approcha sans bruit, pénétré par un familier parfum. Tous ses sens lui hurlait de déguerpir, il n’en fit toutefois rien. La créature ne semblait même pas s’apercevoir de sa présence, toute à sa recherche. Alors qu’il ne lui restait qu’un pas à franchir, Dante aperçut une chose longiligne qui trainait sur le sol : c’était une bandelette…


« Comme tu me l’as déjà dit, rien de ce qui vit sous terre ou fut vivant à une autre époque ne peut m’effrayer. N’est-ce pas, Néfertiti ? » s’exclama soudainement le jeune homme, prenant enfin conscience de ce qui se tramait.

La momie se retourna, et Dante ne parvint que difficilement à la reconnaître : ses yeux étaient éclairées d’une lueur sanguine tandis que ses lèvres arboraient un rictus mauvais, dévoilant une rangée de dents un brin trop aiguisés. Ses bandages, qui dissimulaient auparavant ses formes avantageuses, dévoilaient de larges trouées qui laissait voir une grande partie du squelette de la jeune femme. Les bandelettes s’étaient dressées telle une horde de serpents et formait une ligne défensive autour de leur maîtresse.

« Nefertiti ? Ce n’est pas -et n’a jamais été- mon nom. Et je ne suis pas non plus une momie tourissssssssste, déclara la créature, accentuant son sifflement railleusement. Tu te crois sans doute perspicace, gamin ? Mais j’ai encore besoin de toi, après tout, il te reste encore une utilité… »

Et dans un brusque bond en avant, que Dante n’avait pu anticiper, elle se jeta sur lui et l’embrassa. La langue du jeune homme se perdit dans des méandres de saveurs néfastes, subtil mélange de décomposition d’insectes et de chair vicié, quand il ne s’agissait pas de la dureté anguleuse d’un os de la mâchoire. Il sentit une chose humide et de grande circonférence s’enfoncer dans sa gorge, obstruant ainsi sa respiration. Elle descendit le long de son corps, semblant se détacher de sa source, avant de se nicher dans ce qui devait être son estomac. Après ce dernier choc, Dante s’écroula, marionnette au destin funeste à qui sa manipulatrice a coupé les fils. Les dernières choses qu’il entendit furent le rire joyeux de la traîtresse, ainsi que les crépitements provoqués par l’arrivée de la marée mort-vivante.


♦♦♦

Sous un ciel obscur, dont la seule lumière provenait de l’astre lunaire, une foule aux allures dantesque se profilait, menaçante. Composée de cadavres décomposées aux faciès grimaçant, cet ensemble disparate s’agitait, se convulsait, tel une nuée de vers rosâtre s’acharnant sur un lambeau de chair. Au milieu de toute cette agitation, les créatures les plus voraces s’entredéchiraient, comme des assoiffés avides, se disputant l’eau tant désirée.

La scène se déroulait dans une partie ancienne du cimetière, bordée de vieilles pierres sculptées, antiques pierre tombales, témoignages de l’horreur sans-nom des guerres du 20ème siècle. La brume lancinante ondulait, serpentait entre les sépultures, au rythme d’une musique envoûtante, teintée de noirceur et tirant ses inflexions du bon vieux Métal. Des fourmis sur une plaque de miel, voilà le spectacle qu’offraient les morts-vivants. N’étant plus vêtue que de vieilles loques, ils étaient unis et semblables dans leur inhumanité, n’étant plus que de pâles simulacres, de sinistres imitation, des êtres qu’ils avaient été de leur vivant.

Un squelette vêtu de noir orchestrait les mouvements saccadés de ce titanesque amalgame de chair cadavérique, manipulant ses marionnettes grâce à la musique qu’il tirait de sa guitare, la fameuse et recherchée Death Guitar. Cet homme, ou plutôt ce squelette au haut-de-forme si reconnaissable, se trouvait être John Hudson, le légendaire Nécroguitariste du cimetière de Dreamland.

Face à lui, enseveli sous des centaines de cadavres animés, gisait certainement son adversaire, qui devait être victime de la faim dévorante et éternelle des non-morts. Cette même faim qui avait eu raison de bon nombre de voyageurs, rêveurs ou même habitants des rêves.

Soudain, un rire effroyable couvrit la musique envoûtante et furieuse de John. Il n’était épouvantable que par son aspect dérangeant, déplacé, dans ce cadre morbide. Car il ne pouvait émaner que d’une seule entité : l’ennemi du rockeur. Une sombre psalmodie retentit alors, semblant provenir de tous les endroits à la fois :


« Voca sanguinis, voca sanguinis, voca sanguinis… »

Un frisson soudain parcourut la colonne vertébrale du squelette, produisant une série de cliquetis plutôt désagréable. La psalmodie couvrait sa musique, et il perdait peu à peu le contrôle de ses pantins de chair qui se ruait vers le centre des festivités. Les plus proches se mirent à gonfler.

« Voca sanguinis, voca sanguinis… »

Cette psalmodie… John aurait aimé ne jamais l’avoir entendu. Il joua de toutes ses forces, réfrénant toute sa haine, se soutenant en pensant à son frère Jack, au jour de leur premier concert, afin justement de ne pas tomber dans la furie meurtrière qui s’était emparé de son armée. Des cadavres boursoufflées roulaient sur le côté, tandis que d’autres s’abreuvaient à leur tour, gonflant eux-aussi. Plusieurs secondes s’écoulèrent, les mâchoires indicibles des bêtes affamées s’ouvrant et se fermant, se calquant sur la psalmodie, tandis que d’autres se refermaient sur la chair tendre du Great Devourer, dont il ne restait qu’une carcasse frémissante. Bientôt, il ne resta plus rien, tandis qu’une cinquantaine de créatures affamées attendaient leur tour, enviant les corps gonflés de leurs prédécesseurs.

« Sanguinis vocationem ! » acheva une voix désagréable, provenant de derrière John.

Tous les corps éclatèrent dans une pluie de sang noir et poisseux, aspergeant le rockeur et les environs. Ce dernier sentit une main ferme se refermer sur son épaule.

« Sis pulvis pulverem reverteris…» susurra la même voix, à ce qui avait été l’oreille de John.

Du corps de l’individu sortit de nombreuses tentacules noires, qui partirent dans toutes les directions, attrapant les cadavres encore debout. Ces cadavres s’effritaient alors, tandis que leur énergie alimentait Umbra. L’épaule du squelette commença elle aussi à s’effriter, se désagrégeant dans un nuage de poussière osseuse. Le rockeur fit un bond en arrière, avant que les dommages ne soient irréparables.

« Ainsi c’est donc vrai… Ta puissance n’a eue de cesse d’augmenter depuis notre dernière rencontre… » déclara John dans un souffle, se tâtant l’omoplate.

Le ciel sembla se déchirer en deux, tandis qu’une vague de nuages sombres cachait la faible lueur dispensée par la lune. Les appendices noirâtres se retirèrent des corps visqueux et ratatinés qu’ils avaient absorbés, se rassemblant autour de leur maître tel une armure vivante, pulsant d’un battement sombre, indicible.

« Ma puissance, dis-tu ? Tu sais que tu es vraiment désopilant pour un vieux tas d’os décrépit ! Tu pourras parler de puissance quand tu seras capable de mesurer ton impuissance… » répondit Umbra Cadaver, d’une voix fielleuse.

Sur ces mots, l’intégralité de ses tentacules se rua sur le squelette, emplissant l’air de leur présence sinistre et menaçante. Sentant qu’appeler d’autres groupies ne serait d’aucune utilité contre ce formidable adversaire, John décida d’appeler son allié le plus puissant. La musique se fit plus lente, plus grave, plus gutturale, descendant vers le sol tel un appel vers les profondeurs de la terre. Elle devint si forte qu’elle fit trembler la pierre. Plus que quelques centièmes de seconde avant que les tentacules le touchent… Une énorme main surgit du sol, et amena le squelette dans les airs, le mettant hors de portée des tentacules. Une seconde main tout aussi gigantesque arracha le reste d’appendices, à la grande stupeur d’Umbra.

Loin de s’engorger de ce soudain retournement de force, le Skull Rocker resta calme, continuant de jouer de manière plus forte, plus appuyée. Les tentacules étant minuscules à côté de l’énorme main, elles n’avaient pas pu absorber une once d’énergie de Non-Mort. Contemplant ses tentacules frémissantes dans la main cadavérique gigantesque, semblables à de longs vers se tortillant dans tous les sens, Umbra prit un air pensif tout en se tenant d’une main le menton.
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MessageSujet: Re: Dreamland cache des trucs ! [Quête] Mar 11 Déc 2012 - 14:06
HRP : Dans le cas où vous reviendrez, Sabake et Fenra, sachez que vos corps et ceux d’Ozo et du géant n’ont pas été dévoré par les zombies. En effet, lorsque les zombies ont commencé à grignoter le géant, ils l’ont libérés et avec sa force herculéenne il en a écrasé un bon paquet, avant de vous attraper et de courir vous mettre à l’abri.

Rouge profond étaient les nuages, bleue était la nuit. Un éclat vif-argent émanait de la lune, dansant et virevoltant, insouciant des affres de l’obscurité. Au rythme d’une musique muette, les astres virevoltaient, se déplaçaient, dans un concerto de lumière. Il y avait un ostinato de rouge, suivi d’un decrescendo de bleu. Mais le noir ne restait pas en reste attendant son heure, calme crescendo dont l’intensité augmentait, ténébreuse avancée du monde obscur. Seul l’éclat vif-argent venait troubler les sombres machinations qui se perdaient dans cette mer sombre d’obscurité. Puis, l’ostinato de rouge se brisa tandis qu’émergeait de la mer noirâtre une flamme pure et étincelante qui s’élevait doucement vers le ciel. L’éclat vif-argent fut absorbé par cette flamme ainsi que les étoiles, la lune, le ciel. Même l’étendue ténébreuse vacilla puis s’embrasa, aussi rapidement qu’un frêne frappé par la foudre lors d’une nuit d’été. Les flammes carbonisèrent tout puis s’éteignirent, laissant l’univers dans le noir le plus profond. Une voix résonna dans ce calme absolu :

« Réveilles-toi ! »

Dante se leva difficilement, s’attendant à trouver une personne à son chevet. Son dos le faisait souffrir et le sol était d’une fraicheur comparable à un iceberg. Il était seul, enfermé dans la noirceur d’un écrin. S’appuyant contre le mur le plus proche, il tenta de diminuer le tremblement de ses jambes. Il parcourut à tâtons la distance qui le séparait du rez-de-chaussée, aveugle dans ce sous-sol labyrinthique. Il arriva finalement à sa destination, où il trouva de nombreux cadavres dont le manque de fraicheur ne laissait place à aucun doute. Il ne trouva heureusement pas ces amis parmi ces derniers et, ne se résolvant pas une seconde à admettre leur mort, il décida de continuer leur quête seul. C’est ainsi qu’il continua en direction des Marécages du Désespoir.

Musique d’ambiance : En route vers la Crypte de l’Oubli


Dans la pénombre du crépuscule, au milieu de multiples pierres tombales et autres sépultures, un jeune homme marchait. Ses pas, d’une lourdeur sans pareille, laissaient supposer qu’il portait un immense poids, plus moral que physique. Autour de lui, les arbres, que la vie avait quittés, évoquaient d’antiques squelettes décharnés, d’une grandeur sans pareille et le vent, sifflant entre leurs branches squelettiques, faisait retentir dans tout le cimetière son cri discordant, qui n’était pas sans rappeler celui des banshees. Mais le voyageur n’en semblait pas affecté, continuant son chemin, en proie à de plus sombres pensées. Il semblait las et désorienté, comme s’il était le survivant d’une atrocité et qu’il cherchait à se venger.

La réalité était quelque peu différente. Si Dante, car il s’agissait de lui, voulait se venger de quelqu’un, c’était de lui-même. Des larmes avaient roulés sur ses joues, rendues blafardes par le froid. En effet, un mince tee-shirt noir couvrait le jeune nécrophobe, trop léger pour le protéger contre l’humidité moite de cette ambiance nocturne. Si le jeune homme pleurait, c’était d’impuissance. Impuissance à aider ses compagnons, impuissance à se protéger soi-même. S’il avait fallu lui donner un surnom, « le Fardeau » aurait été le plus réaliste, en tout cas, c’est ce que Dante pensait.

Ayant constaté sa totale inutilité afin de protéger ses compagnons, et ayant perdu ces derniers, il avait décidé de trouver la Crypte de l’Oubli, se refusant d’utiliser Rudolf tant qu’il ne serait pas capable de se défendre seul. Il arpentait donc le cimetière, attendant de trouver la crypte. Cette dernière était une sorte d’antique réserve pour les Nécromanciens du Royaume Obscur. Ils y étaient scellés leurs créations, jusqu’à être assez puissant pour les utiliser. Certaines créatures s’y trouvant ont demandé la maîtrise de centaines de Nécromanciens afin d’y être scellées, faisant perdre à la vie à plusieurs dizaines d’entre eux. Elles attendent maintenant dans les étages inférieurs de trouver un maître assez doué pour les dompter puis les invoquer. La Crypte de l’Oubli est donc restée dans le Cimetière de Dreamland, même après que les Nécromanciens en furent chassés par les armées des Royaumes du feu, de la foudre, et de la glace.

Mais les morts-vivants y étant enfermés ne sont pas la seule caractéristique importante de cette crypte. En effet, le terme Oubli n’y est pas associé pour rien. Plus l’invocateur passe de temps dans la Crypte, plus il perd petit à petit de la mémoire. L’effet s’estompe progressivement après être sorti de ce lieu maléfique, même s’il semble que les morts soient épargnés par cette malédiction. Il arrive donc que le voyageur oublie tout d’abords ce qu’il est venu faire ici, puis de repartir et enfin, son nom ou même sa propre existence. Il devient généralement fou, et finit par mourir, ses ossements rejoignant ceux de ses chères invocations. Une seule chose peut lutter contre l’Oubli : la Volonté, et ce sera l’alliée la plus importante de Dante lors de son périple dans ces infernales salles mortuaires. Mais revenons à Dante.

La terre était plutôt humide et meuble sous ses pieds. Une terre meuble où pousseraient de nombreuses plantes, dont l’engrais serait les restes dégradés des cadavres enterrés. L’idée même de vie dans ce dédale désertique semblait si absurde, qu’elle fit lâcher à Dante un rire crispé, qui emplit l’atmosphère de manière sinistre. Mais le jeune homme n’avait que faire de la peur, il ne lui restait plus qu’une seule peur : celle de n’être utile à personne, et de ne jamais revoir son père. Il pensait qu’être voyageur serait cool, qu’avec ses pouvoirs il serait surpuissant, que la seule limite serait son imagination… Il se trompait. Ce monde obéissait à des règles, même si ce n’était pas celles de la physique.

Soudainement, un subtil changement se fit : la terre se fit plus solide, plus ferme, comme si… s’il y avait des galeries en-dessous et qu’elle avait été renforcée afin que le sol ne s’effondre pas. Devant les yeux de Dante se trouvait une vieille bâtisse de pierre noire, dont les murs semblaient faits d’une matière proche des ossements humains. C’était une crypte… la crypte. Le vent s’engouffrait dans l’entrée, comme il l’aurait fait dans la gueule d’une indicible créature, qui ne semblait qu’attendre la venue de Dante.

Laissant toutes ses peurs et tous ses doutes de côté, ce dernier pénétra dans l’entrée, effleurant au passage l’un des crânes incrustés dans la pierre. La première salle n’avait rien de bien surprenant, elle était semblable à sa première nuit dans le monde des rêves : de sinistres chandelles éclairaient la pièce et une dizaine de pierres tombales la remplissaient. Dante savait que la quatrième en partant de la gauche était vide maintenant, mais pouvait-il en être certain ? Où allaient les invocations quand leur maître n’en avait pas besoin ? Il semblait logique qu’elles aient leur lieu de repos…

La seconde salle, elle, n’avait rien à voir. Si la première était construite dans la même matière que l’entrée de la crypte, celle-ci était faite dans un style plus moyenâgeux, la pierre étant taillée dans le style château-fort. Des torches, renforçant cette impression, dispensait la pièce d’un éclairage plutôt faible, laissant plein de zones ténébreuses. Étrangement, certaines ombres évoquant des silhouettes d’individus semblaient mener un ballet frénétique. Une atmosphère étrange régnait, une mauvaise impression… Dante avait la sensation d’avoir oublié quelque chose d’important, mais quoi ?

« Oublié »… Voilà, c’était ce mot, cette crypte s’apparentait à l’Oubli, et Dante avait failli oublier de s’en méfier… Il lui fallait rester concentré, utiliser toute sa détermination afin de rester concentré, malgré cette ambiance déconcertante. Mais Dante était trop concentré pour se laisser effrayer par ces choses, il s’était préparé à rencontrer la Mort, au sens propre comme au figuré. Il finit par s’approcher des rangées de tombes.

Certaines l’attiraient… d’autres le révulsaient, certaines évoquant un mélange d’algues et de corail en putréfaction, d’autres évoquant des amalgames de chair putréfié, à la respiration haletante. Seul l’une des tombes parvint à retenir l’attention du jeune nécromancien : elle évoquait la carcasse éventrée d’un squelette. Il s’en approcha, sans aucune hésitation, et posa sa main sur la tombe. Une souffrance indicible le saisit, et il tomba tête la première sur les ossements glacés. Une voix sinistre retentit dans son esprit :


« Ainsi tu désirais t’accaparer mon pouvoir, Nécromancien. Tu vas donc affronter la pire des épreuves que cette crypte peut réserver : le supplice des Stigmates… »

Se relevant péniblement, encore étourdi par cette douleur inattendue, Dante vit que sa main droite présentait d’étranges symptômes : elle était rougeâtre, rugueuse et des boutons rose la parsemaient. Au fur et à mesure que son effroi grandissait, le mal se densifiait continuant son travail diabolique. Plus une seule parcelle de son corps n’était épargné par ce fléau. Puis, alors qu’il se frottait espérant faire partir ces stigmates comme s’il s’était agi d’une épaisse boue, il se rendit compte d’un phénomène encore plus sinistre : sa peau se détachait, laissant voir les muscles rougeâtres et les vaisseaux sanguins qui le parcouraient. Mais étrangement, aucune substance ne se détachait de son corps, comme si ce n’était pas réel, comme s’il était victime d’une illusion… Alors que cette dernière pensée le rassérénait, c’est à son grand désarroi qu’il se sentit se liquéfier tandis que son fluide vital s’écoulait de son être, souillant la tombe squelettique. Les os de cette dernière se déplacèrent tels les tentacules d’une pieuvre macabre et attirèrent les restes de son corps contre la carcasse. Le sang se fondit en un crâne rougeâtre, dont les orbites luisaient d’une pure malveillance. La mâchoire se souleva, produisant une série de craquements, et des mots résonnèrent, transperçant de part en part le jeune Dante :

* Tu ne pensais quand même pas t’emparer du pouvoir de Noctis, le plus grand Nécromancien de tous les temps ? *

Il sembla attendre une réponse, mais n’en reçut aucune : Dante n’était pas en mesure de parler. Semblant quelque peu déçu, il continua :

* Un jeune Nécromancien néophyte en plus ? Peuh ! *

Dante serait bien incapable de lui donner tort : jamais il ne s’était senti si près d’être happé dans les abymes, jamais ! Et s’il avait encore eu un visage et des glandes lacrymales, il en aurait pleuré de rage. Il n’était plus qu’une éponge de chair et de sang qui continuait désespérément de vivre, haletant et se vidant peu à peu de ses forces.

Rudolf tentait désespérément de réveiller son maître, étant libre de vagabonder dans la Crypte. Le jeune homme semblait profondément endormi, mais peu à peu sa peau se colorait d’une teinte rosâtre : il était victime du supplice des Stigmate. C’était une épreuve des plus difficiles, qu’adoraient pratiquer les créatures de la Salle des Stigmates, salle contenant les invocations de numéro 700 à 710. C’était donc étrange qu’une si faible invocation soit en mesure de l’imposer à son maître. Après une énième tentative vaine, le rat gémit et se roula en boule, en proie à un désespoir complet : il ne pouvait sauver le jeune Nécromancien.

Son sang se répandait encore plus et Dante ne savait que faire, il ne comprenait même pas le fait qu’il soit encore en capacité de penser. Le crâne avait attendu une réponse et, n’en ayant pas eue, avait conclu qu’il n’était qu’un débutant. Si cette assertion était vraie, cela voulait dire qu’un nécromancien plus expérimenté aurait pu répondre au crâne, et donc aurait été en mesure de s’échapper de ce pétrin. Mais comment ?

Premièrement, n’ayant plus d’yeux et plus de visage, comment pouvait-il voir la scène et ce crâne au sourire si cruel ? La voix du crâne avait retentit dans son esprit, et il percevait donc la pièce par le biais de ce dernier. Cela signifiait que ces maux n’affectaient peut-être que sa conscience, comme une sorte d’illusion, et que donc son corps était indemne. Le jeune homme était en pleine réflexion, le désespoir laissant place à un calme méditatif. Mais dans le ciel bleu de sa sérénité, une tour croissait, telle une épine menaçant de s’y implanter. Un chant sinistre écarta les chairs viciés du Nécromancien pour s’échapper et résonner dans le caveau de sa pensée. Un filament noirâtre s’échappa des immondices de chair placés sur le tombeau glacé.


« Intéressant… vraiment intéressant… murmura Noctis, l’air songeur. La malédiction de Cadaver et le baiser de Leh, tout cela en un seul être… Je me demande ce qu’il a de tant intéressant… En tout cas, je ne peux le laisser mourir. Il ne me reste plus qu’une solution. »

Une chaleur soudaine emplit Dante, qui se réveilla. Rudolf se jeta sur lui, et lui lécha affectueusement le visage ce qui ne manqua pas de le faire grimacer. Un crâne était posé à ses pieds, le toisant d’un air dubitatif.

* Il semblerait que je n’eusse que le choix de t’obéir pour le moment. Après tout, il est possible que tu puisses être un moyen de retrouver mon corps. Je te donne en conséquence le droit de m’invoquer, aussi longtemps que j’aurais besoin de toi * déclara Noctis.

« Hum, est-ce une manière de parler à son maître ? Méfie-toi, après ce que tu m’as fait subir, j’ai une furieuse envie de me venger », répondit calmement Dante, se massant douloureusement le corps afin de faire partir la teinte rosée qu’avait pris ce dernier.

A ces mots, Rudolf bondit sur le crâne et se mit à le ronger, arrachant quelques bouts osseux qui se régénéraient. Noctis l’embrocha avec ses appendices osseux, mais cela ne fut guère d’une grande utilité puisque les chairs du rat se refermaient déjà. Après avoir constaté son incapacité de se débarrasser de son adversaire, il grommela dans la tête de Dante :

* Ah, si j’avais mon corps… Je savais que j’allais regretter mon choix, mais je ne pensais pas qu’il y aurait un Lassie chien fidèle…*

*Lassie ?* répondit mentalement Dante.

*Juste un chien qui passait à la télé de mon vivant, laisse tomber. Et dis à Médor de se coucher !*

*Je te signale que Médor, il te crache dessus ! s’écria une troisième voix, d’un air rageur.

Dante ressentait la présence de ces deux autres entités au creux de son esprit et cela le perturbait profondément ; cette sensation d’intrusion, désagréable comme la présence d’un bout de verre dans la bouche. Ce concerto de voix était dérangeant pour le jeune homme, qui ne désirait qu’avoir les idées claires. Associant les deux présences intestines à deux couleurs distinctes, il put ainsi isoler leur domaine d’influence.

Dans le ciel étoilé de son esprit, où chaque constellation représentait le fil conducteur d’une de ses pensées, chacun des esprits était une constellation plus importante. Le noir était la couleur de Noctis, dont les sombres desseins obscurcissaient les pensées auparavant claires de Dante. Les étoiles le composant était d’une noirceur extrême et absorbaient ou repoussaient toute pensée qui passait à leur portée. Rudolf, quant à ce petit être, était associé à une couleur verdâtre, semblable au lierre sauvage qui lie l’arbre et le mur, la civilisation et la nature. Ses étoiles gravitaient autour des pensées de Dante, se contentant de les approuver et de les renforcer avec sa détermination de rongeur.

Cette classification permit à Dante de mieux isoler ses « parasites », et de surveiller chaque pensée qui pouvait glisser par inadvertance du côté de Noctis ; il ne savait pas comment l’idée d’une telle entreprise lui était venue mais le résultat le satisfaisait amplement. Après avoir enfermé Noctis et Rudolf dans leurs habitations, ayant compris que, même s’il ne les invoquait pas, ils partageait son esprit, il s’étendit sur la pierre froide et décida de piquer un somme, oublieux pour le coup des précautions à prendre dans ce lieu maudit…


♦♦♦

Umbra Cadaver semblait en bien mauvaise posture : d’une part, son adversaire s’était mis hors de portée grâce à la main d’un allié titanesque et d’autre part, l’autre membre de ce dernier en avait profité pour arracher ses frémissants appendices noirâtres. La musique lente et gutturale du squelette, qui achevait de donner au paysage une atmosphère lourde, n’arrangeait pas les choses, bien au contraire. Petit à petit, la fine couverture du royaume des morts se morcelait, laissant paraître une peau granuleuse et d’un gris d’outre-tombe. Pour la première fois depuis plusieurs siècles le doyen des morts-vivants, incarnation même de l’immuabilité de la mort, sortait de son sommeil agité. La musique ne s’était pas contentée de déplacer la main, elle avait entièrement réveillée le géant, condamnant ainsi les ennemis du rockeur à une mort certaine et pour le coup, définitive.

Ne pouvant détacher son regard de ce phénomène, Umbra restait statique. Ne pouvant enrayer la machine, arrêter cette lente résurrection, il se contentait de contempler cette puissance à l’état brute, à l’énergie de Non-Mort si dense, si délectable. Ce spectacle morbide l’attirait, le happait, tandis que dans tout son être mourrait toute envie de fuir ou même de combattre. Il voulait voir la suite, il devait observer avec le calme froid du chirurgien ce qui allait être sa Némésis, sa Rédemption. Lui, Umbra Cadaver, allait connaître enfin la douce quiétude de la mort. Faisant face au bulldozer de chair morte qui lui faisait face, Umbra resta stoïquement debout, telle une minuscule statue de bronze en passe d’être écrasé par la masse incroyablement dense d’une pluie de pierre.

L’être de chair, à qui les arbres désossés environnants auraient pu servir de cure-dent, avança d’un pas, puis d’un autre. Ce fut comme si l’enchantement se brisait, et Umbra fut enfin libre de ses mouvements, tandis qu’un murmure inaudible passait le seuil de ses lèvres :


« Trop lent… Vraiment trop lent… »

Puis, il disparut dans un éclat de lumière obscure, sous le regard étonné mais également déçu de John. Où avait bien pu se rendre le démon charognard ?
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MessageSujet: Re: Dreamland cache des trucs ! [Quête] Sam 15 Déc 2012 - 13:58
Le jeune homme se réveilla, l’esprit serein. Son dos le faisait souffrir car il s’était adossé contre ce qui semblait être une pierre tombale qui évoquait davantage l’ossature d’un squelette que la roche dont elle devait provenir. Tapotant joyeusement de ses doigts fins le sol près duquel pendait sa main droite, il esquissa un sourire béat ; il ne s’était jamais senti aussi bien de sa vie. Il se devait de partager son bonheur avec Rudolf.

*Attends, mais qui est ce Rudolf ?* pensa le jeune nécrophobe, tentant de rassembler ses pensées.

Il n’en savait rien, et était bien incapable de mettre un visage sur ce nom. Au lieu de ressentir de la frustration, il n’éprouva qu’une sensation de calme, d’apaisement ; tels des oiseaux de mauvais augure, ses doutes semblaient attendre le moment propice pour le submerger. Cela lui évoquait le calme avant la tempête, le repos avant l’éveil brutal, mais plus le temps s’écoulait, plus le jeune homme se sentait bien, reposé. Il n’avait aucune obligation, aucun devoir ; le repos était de prime importance.


Le plafond était un spectacle reposant, l’éclairage et l’obscurité y jouant un concerto ponctué de tons grisâtre et d’absences de couleur. Dans ce jeu d’ombre et de lumière semblait apparaître des soldats translucides et éphémères, menant un hypothétique et futile combat tandis qu’ils finissaient finalement happés par le camp adverse. Finalement, la bataille se conclut par la disparition totale du domaine lumineux au profit des ténèbres ; les yeux clos, la respiration régulière, Dante dormait du paisible sommeil du soudard.

Parsemant la forêt verdoyante qui semblait s’étirer à l’infini, des champignons longilignes et d’un rouge sain attestaient de sa luxuriance. D’autres types de plantes poussaient allégrement, de manière disparate, comme semées par un cultivateur désorienté et aveugle. Les arbres étaient tous d’une même variété, possédant un feuillage rougeâtre à faire pâlir d’envie le plus roux et le plus coquet des renards, tandis que leur tronc était d’un vert plutôt foncé, semblable à la couleur des jeunes pousses. Il n’avait pour ornement qu’une couronne de piquant, qui aurait dissuadé l’animal le plus brave et le plus borné de ce monde à s’y frotter. En effet, les épines étaient aussi affutés que les meilleures lames d’un forgeron émérite, et leurs longueurs n’étaient pas en reste. Près de ces arbres reposait une sorte de sarcophage, ornementée de roses noires, sur lequel on pouvait lire : « Ci-gît Perséphone, fille de Chiron ».

Une fumée d’un gris cendré s’échappait d’au-dessus des arbres : consumant chaque parcelle de végétation, quel que soit sa taille ou encore l’importance de ses défenses, un immense incendie progressait rapidement. Aucun obstacle ne gênait son avancée, il dévorait les champignons, léchant l’écorce des arbres avant de la croquer à pleines dents. Il ne finit par n’avoir plus aucun reste de vie dans ce qui avait été une forêt pleine de vie. Le feu consuma l’air puis s’éteignit, dévoilant la seule chose ayant subsisté : le sarcophage de Perséphone, dont les roses avaient un peu plus noircis. D’autres mots avaient pris la place des précédents, sur la plaque funéraire ; on pouvait y lire : « Ci-gît Perséphone et Umbra Cadaver, que la Vie a séparé mais que la Mort a réuni. ».


« Réveilles-toi ! »

Dante se leva, avec une désagréable impression de déjà-vu. Il se frotta les tempes, tentant vainement de se souvenir de quoi que ce soit. Mais sa mémoire s’était vidée tandis que le temps s’écoulait, telle une outre d’eau percée. Il ne parvenait pas à savoir ni qui il était, ni où il se trouvait, ni ce qu’il devait faire. La seule chose dont il était certain, c’est qu’il ne devait pas rester immobile, ou encore moins se rendormir. Il se mit donc à marcher, longeant les pierres de toutes formes et de toutes tailles qui jonchaient la pièce, héritages funéraires des guerriers d’antan, du moins c’était ce que pensait Dante en ce moment.

Passant une première porte, et se dirigeant vers les hauteurs, il finit enfin par mettre le pied à l’extérieur, sous la lumière de l’astre lunaire. Baigné dans les éclats argentés de cette lueur tant chérie, il finit par se remémorer de tout, de sa naissance à sa séparation avec Sabake, Fenraer et les autres. Se rappelant de l’objectif de sa quête, il marcha longuement, suivant la dense brume qui serpentait tel un gigantesque anaconda, menant sa proie jusqu’ au lieu de sa perdition.

C’est alors qu’il passait entre deux arbres que Dante heurta un mur invisible ; les pièges avaient remplis leur fonction : empêcher quiconque de s’échapper de la Crypte de l’Oubli. Longeant cette muraille surnaturelle afin de lui trouver un quelconque défaut, une ouverture par laquelle se faufiler, Dante finit par se rendre compte qu’il était emprisonné dans une sphère parfaite, sans la moindre aspérité. En effet, il avait tenté de passer au-dessus de sa cage en utilisant le « Faust »s walk », mais ce fut un échec total que même la douce quiétude apportée par la lune ne parvenait à relativiser.

Le jeune homme ne se découragea pas pour autant et s’assit en tailleur, se concentrant pleinement sur la précarité de sa situation. Les branches mortes ondulaient telle une horde de sectaires idolâtrant une entité surnaturelle, tandis que les tombes restaient immuables, le vent n’ayant aucune prise sur ces vestiges oniriques de multiples générations d’habitants de Dreamland. En contemplant ce paysage nocturne, calme et paisible, Dante comprit quelque chose ; il n’y avait pas de vent…

Du moins, Dante n’en percevait aucun indice auditif, comme olfactif. En effet, la sphère l’isolait complétement du monde extérieur, ce qui lui déplaisait fortement : il ne pouvait rester éternellement dans cette prison translucide, privé d’air. Il n’eut même pas la possibilité d’avoir l’ombre même d’une idée qu’une nouvelle inconnue faisait son apparition dans cette équation. Une sorte de portail finement ouvragé se dessina sur le sol, rassemblant la poussière, la terre en une sorte de vague peinture figurant le lien entre deux mondes distincts, et une créature formidable en sortit : c’était un colossal adversaire, d’une hauteur avoisinant les trois mètres. Ses bras et ses jambes, de la largeur du torse du jeune Nécromancien, semblaient grossièrement taillés dans une roche plutôt sombre. En effet, la créature évoquait le croisement curieux entre un ours caverneux et une sculpture préhistorique, dont les divers morceaux étaient reliés et « cimentés » avec une sorte de matière argileuse. Mais le golem ne participait manifestement pas à un concours de beauté et il entra rapidement en mouvement, attrapant Dante d’une main monstrueuse, comme s’il n’eut été qu’un fétu de paille.

Son immense mâchoire granuleuse s’élargit alors si soudainement que le jeune nécrophobe craignit de finir ses jours entre les dents du monstre, ces dernières semblaient d’ailleurs avoir servi de modèle pour les pierres tombales du cimetière.


« PER…SON…NNE…PAS…SSER… MA…RE…CA…GE ! PER…SON …NNE… ! » articula difficilement le golem, tandis qu’une bordée de graviers s’échappaient de sa gueule, filtrée tout de même par sa titanesque dentition.

Ne sachant que répondre à cette affirmation, Dante examina la situation : il se trouvait bloqué dans une position inconfortable, entravant partiellement sa respiration ce qui avait pour effet de réduire plus rapidement encore les réserves d’air de la pièce. Le seul moyen d’échappatoire qu’il avait, était donc de vaincre cet adversaire, ou du moins de desserrer la poigne de fer qui le maintenait dans un état d’impuissance. Ayant observé les jointures faites dans une matière proche de l’argile, il ne lui fallut toutefois pas plus de quelques secondes de réflexion pour s’aviser que, telle l’armure en plaques d’un antique chevalier, celle naturelle du golem n’avait pour faiblesse que les liaisons entre les différentes pièces. Pour se libérer, Dante devait donc trouver le moyen de délier ces différentes plaques rocheuses, afin que le golem perde le contrôle de sa main, il devait donc faire appel à un allié de précision. Fermant les yeux, il se laissa happer dans une sorte d’état second où l’intégralité de son esprit lui fut révéler. Il ne fallut au nécromancien astucieux qu’une dizaine de secondes de plus pour trouver ce qu’il cherchait. Le golem se contentait d’observer sa proie attentivement, évaluant sans doute l’identité et l’importance de la créature responsable de son éveil.

*Bon, ben ça va, grommela Noctis, je le sais que t’as besoin de moi, pas la peine de me forcer à sortir !*

*Je n’ai pas besoin de toi, j’ai besoin de tes capacités, nuance. Et tu n’as d’autres choix que de m’obéir si tu ne veux pas te retrouver sans hôte... * répondit le jeune homme, tentant de rétablir les rôles.

Un crâne plutôt jaunâtre se mit à flotter dans les airs, contemplant de ses orbites vides la situation malsaine dans laquelle était plongé son maître. Le golem tenta vainement de l’attraper avec sa main, mais Noctis se rua sur Dante, se posant sur le torse de ce dernier.

Obéissant aux injonctions soudaines de son invocation, Dante se mordit jusqu’à ce qu’une goutte vermeille perle de son doigt, et il traça une sorte de cercle concentrique autour de la mâchoire depuis longtemps inusité du crâne. Le cercle laissa place à un trou béant, dans lequel Dante enfonça son bras droit. L’ouverture se referma et le jeune homme eut de nouvelles sensations, un réseau de ramifications osseuses étant maintenant liés à chacun de ses doigts. Il y avait en tout cinq branches squelettiques, se divisant en plusieurs plus petites branches dont deux enserraient le poignet du nécrophobe. Chacune de ces tentacules étaient commandées par lui, d’un simple mouvement d’un de ces doigts. N’ayant pas encore pris l’habitude, il sectionna maladroitement la main du golem qui tomba à terre, tout en s’ouvrant telle une huître. Effectuant une roulade avant de se relever, il fit face à son adversaire. Ce dernier semblait déboussolé, captivé par la perte de sa main. Il n’avait toujours pas trouvé à quel espèce appartenait la créature, et avait été troublé de se voir dérangé dans sa réflexion par cette chose si inférieure, si inutile.

Posant l’épaisse pierre qui lui servait de bras sur les restes de sa « main », il parla un langage étrange, évoquant les crissements de roches lors d’un éboulement. La roche s’effrita en une sorte de pâte noirâtre, qui lui permit de ressouder son membre défaillant. Maintenant plus sur ses gardes, le nécromancien observait son manège avec attention, et une pointe d’inquiétude. Un golem magicien, et puis quoi encore ? Si Dante savait ne pas faire le poids dans un affrontement loyal, il misait tout sur une stratégie décisive qui consistait à délier chaque pièce composant le golem, jusqu’à ce qu’il soit dans l’incapacité de nuire.

Le combat pouvait commencer !


♦♦♦

Loin de là, un combat venait de s’achever par la fuite de l’un des belligérants. Décontenancé par la disparition d’Umbra, John Hudson, aussi appelé le Nécroguitariste, se sentait soudainement accablé de fatigue et de déception : il avait utilisé sa carte maîtresse dans le vide, sans parvenir à ne serait-ce qu’égratigner Umbra. Il aurait dû s’estimer satisfait d’avoir fait fuir l’indicible créature, mais il appréhendait déjà les explications qu’il allait devoir fournir à son plus grand fan pour l’avoir tiré de son sommeil presque millénaire. Tandis qu’il était plongé dans ses pensées et que le volume de la musique diminuait, une ombre sournoise se matérialisa dans un éclair de lumière noirâtre, dont la densité semblait cacher la douce pâleur de la lueur lunaire. L’individu éclata d’un rire effroyable, dont les tonalités résonnaient pleinement dans cet espace vide, que la musique seule de John emplissait.

« La partie est finie, John… » susurra l’ignoble créature, laissant son masque d’impassibilité habituelle s’étirer en un rictus triomphal.

Et ses tentacules noirâtres, qui emplissaient l’atmosphère d’une présence menaçante, fondirent sur le squelette de la même manière qu’une nuée de flèches. John disparaissant totalement sous la masse énorme d’appendices démoniaques, l’issue du combat ne faisait aucun doute. Alors que le Scavenger se détournait, quelque peu dépité d’une victoire facile, deux phénomènes se produisirent : la main du géant les jeta à terre tandis que ce dernier reprenait ses esprits, et la musique reprit, ayant des inflexions plus vives, plus menaçantes. Les tentacules noirs disparurent, tailladés par une centaine d’épines osseuses, qui se mouvaient selon le rythme des sons que produisait la guitare du Skull Rocker. Il enchainait des rifts endiablés à une vitesse folle, parvenant à saisir et à reproduire le vrombissement du tonnerre ainsi que le cri discordant d’une banshee. Ce n’était pas du Métal, ni même du Rock’n Roll ou même du Rock, c’était une symphonie sauvage si bestiale mais si étrangement entrainant que même le géant s’arrêta pour l’écouter, oubliant tout de sa fureur.

Quant à Umbra, il était pris dans un corps à corps fougueux avec John, utilisant contres et ripostes tout en psalmodiant une litanie latine qui semblait lier entre elles les lentes particules de poussière que ses mains faisaient apparaître en frôlant les aiguilles, ou plutôt les lames osseuses qui dansaient autour du squelette, entamant une danse magnifique, mais mortelle. La vitesse des deux combattants était telle que les particules restaient là, semblant figées dans le temps aux côtés de ces deux monstrueux adversaires. Nul ne semblait prendre l’avantage : bien que Cadaver détruisait une bonne partie des lames osseuses de son adversaire rien qu’en les touchant, il ne pouvait toutes les avoir et la quantité d’énergie que lui demandait la destruction instantanée d’une si grande concentration d’énergie de Non-Mort ne lui permettait pas d’étendre son pouvoir au reste de son corps. Il était bien évidemment un maître dans l’art du pugilat, et se déplaçait instantanément autour de sa cible, entrant et sortant du combat dans des flashs de lumière noirâtre. Mais le squelette était dans une frénésie telle qu’on ne pouvait même pas dire qu’il était sur la défensive : il repoussait inlassablement les assauts de son adversaire, une véritable armure constituée de lames osseuses l’entourant, et lui rendait coup pour coup, ses lames l’entourant telle une armée de guêpes d’acier.

Umbra savait très bien qu’à tout moment, en une seule attaque, il pouvait retourner la situation à son avantage. Mais il était épuisé et, bien que le nécroguitariste soit largement inférieur à sa puissance actuelle, il avait bénéficié du terrain et avait réussi à pousser l’ancien nécromancien dans ses derniers retranchements. Le manque d’énergie ne tarda pas à se faire sentir, et il n’y avait aucune faible source d’énergie, de Vie comme de Non-Mort, où il pourrait se ressourcer. Il avait depuis maintenant plusieurs minutes cessé ses assauts éclairs, ne voulant plus gaspiller son énergie pour rien. En habile musicien et en fine lame, John lui imposait son rythme, et cela se sentait. Pour un observateur attentif, le combat au corps à corps n’avait pas changé depuis son début. Pour un observateur avisé, il était déjà gagné pour Hudson, du moins si Cadaver ne parvenait pas à sortir du cercle meurtrier du guitariste. Le seul problème était qu’Umbra, blessé dans son orgueil, n’envisageait que deux solutions : vaincre en un coup, en utilisant une technique qui finirait d’épuiser l’énergie que contenait ce corps, forçant le charognard à migrer, ou alors le vaincre dans un combat au corps à corps, restant dans une attitude de défense jusqu’à ce que John commisse une erreur.


*Un guerrier qui ne se bat que pour ne pas perdre, ne risque pas de gagner…*

Cette phrase était subitement venue à l’esprit d’Umbra. Il se souvenait du Voyageur qui lui avait jadis dit, alors qu’ils affrontaient une cohorte de guerriers d’Eternalis. Il s’appelait Hadès, et était l’un des plus féroces guerriers de Chironheim. Selon lui, c’était l’une des seules faiblesses que possédait le Great Devourer : il se battait suivant une stratégie précise, ne prenant aucun risque, ne tentant jamais la chance. Ainsi, il pouvait donc gagner contre n’importe quel guerrier, sauf contre une seule sorte de belligérants : ses opposés les berserkers, ou du moins tout guerrier se concentrant uniquement sur l’attaque. Car la défense la plus ultime finira toujours par devoir renoncer face à l’offensive la plus violente, tel un château victime d’un siège incessant et dont les vivres s’amenuisent. Tout n’est plus alors qu’une question de temps…

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MessageSujet: Re: Dreamland cache des trucs ! [Quête] Mar 18 Déc 2012 - 16:37
Dante Di Stefano n’avait, pour le moment, suivi aucun cours d’arts-martiaux. Plutôt maladroit de nature, il se mouvait difficilement et n’esquivait les coups que lui assénait le golem que de justesse. Cependant, sa coopération à plusieurs reprises avec Rudolf avait gravée dans sa mémoire les techniques du déplacement, dont il avait fait un art. Si ses bras étaient constamment dans une position non adaptée, le déséquilibrant parfois, ses jambes restaient toujours dans une position parfaite, se chargeant de rééquilibrer l’ensemble. C’est ainsi que Dante se déplaçait, esquivant une droite par ci, une gauche par-là, reculant d’un bond en arrière pour éviter l’arrête saillante de la solide roche garnissant l’avant-bras du golem. La seule faiblesse de ce dernier résidait dans son apparente lenteur, qui l’empêchait d’atteindre Dante même si ce dernier était dans un état avancé de fatigue physique comme mentale.

En effet, le manque d’air faisait voir au jeune homme des rosaces de couleurs, qui dansaient devant ses yeux telles une nuée de papillons multicolores. Pourtant, il se concentrait sur sa respiration, sourd aux cris de fatigue que poussait tout son organisme : il espérait qu’en battant le golem, il désactiverait la barrière magique. C’est ainsi qu’après un saut de côté, il faisait basculer son poids sur sa jambe droite, tout en se tournant de biais, afin de balancer un crochet du droit ravageur qui, grâce aux épines osseuses composant sa main, transperçait les liens d’argile qui unissaient les membres du golem. Mais ce dernier n’avait qu’à poser la main sur le sol pour se régénérer, et le combat perdurait, Dante ne parvenant qu’à entraver faiblement l’avancée de sa propre échéance.

Ses bras lui semblaient aussi lourds que le plomb, ses jambes avaient perdu toute vigueur, sa tête tomba lourdement sur le côté, entraînant le reste de son corps dans sa chute. Dante était terrassé par la fatigue, mais aussi par son propre désespoir.


* Et ça se dit être un invocateur, mais ce n’est même pas capable de maîtriser sa propre invocation…* soupira Noctis, l’air toutefois amusé.

*Lâche-moi… expira mentalement Dante, dans un dernier sursaut de conscience. Je veux… dormir… *

* Certes, tu auras tout le loisir de dormir une fois que tu seras mort. Ciel et Terre ! Je n’aurais jamais cru devoir faire ça…*

Le golem asséna un violent coup ravageur de la paume de ses deux mains, afin d’exploser la tête du jeune nécromancien comme une tomate bien mûre, mais les tentacules épineuses issues du crâne de Noctis se déployèrent, enserrant le crâne de Dante dans une étreinte protectrice. L’os, bien que solide, trembla sous l’impact et quelques fissures apparurent.

*Merde ! Il va me falloir plusieurs séjours astraux pour réparer ça ! s’écria Noctis, maintenant furieux. Je te jure Dante que si tu ne récupère pas ton corps de suite, je te laisse à ton sort et je révoque notre contrat !*

Ce n’était bien entendu que du pur bluff, le contrat passé entre un invocateur et son invocation étant trop solide pour être renié aussi facilement. Mais cela Dante ne le savait pas… ce qui ne risquait pas de le déranger outre mesure, vu l’inconscience totale dans laquelle il était plongé. Alors que tout semblait perdu pour lui, et que le golem préparait un second coup dévastateur, quelque chose d’étrange se produisit…

Le visage de Dante s’illumina d’une lueur rougeâtre, qui émanait de ses yeux dans lesquels on pouvait lire une insondable et indicible folie. Se relevant rapidement, esquivant de justesse l’attaque portée par le golem qui passa à quelques centimètres à peine de sa tête, il fit remonter du tréfonds de son être un rire qui évoquait un effroyable mélange entre le rire d’une hyène et la mastication bruyante d’une goule en plein repas. Cela n’avait rien d’humain…

L’être de pierre resta toutefois imperturbable. Conscient que leur combat allait encore s’éterniser, et souhaitant rapidement se débarrasser de l’intrus afin de retourner dans son sommeil éternel, il récupéra une taille normale et créa un double de pierre. Les deux golems de taille humaine se ruèrent alors sur leur adversaire, à une vitesse bien plus élevée… grossière erreur. Le spectre ricanant les faisait face, le regard perdu dans le vague, une écume blanchâtre perlant au coin de ses lèvres, qui esquissaient un sourire débile. Alors que les deux golems se séparaient, l’un attaquant sur le flanc gauche tandis que le second sur le flanc droit, le possédé passa à l’attaque : s’arc-boutant en avant, il effectua une roulade avant, puis se releva et, se tournant vers sa droite, bascula rapidement son bras droit dont les épines s’allongèrent, fouettant puis taillant le premier golem en plusieurs morceaux. Continuant sa course, le second être rocheux ne put l’arrêter qu’en inversant le mouvement en se propulsant sur la paroi magique. Nouvelle erreur ! Cela eut pour effet de le propulser vers Dante, ce qui semblait être une bonne idée au premier abord. Mais le jeune nécromancien n’était plus lui-même, et avait une parfaite maîtrise de son corps et des capacités de Noctis. Baissant son centre de gravité, il se tourna vers le golem et, au dernier moment, fit pivoter sa main droite vers son ennemi, obligeant ce dernier à s’empaler dessus. Le crâne vola en éclat, mais le golem s’effondra, un trou béant dans la poitrine. Il ne tarda pas à avoir au côté de l’élémentaire gisant son jeune adversaire, qui s’effondra tel un pantin vidé de toute conscience.


♦♦♦

Au milieu du spectacle désolant d’un cimetière au clair de lune, deux formidables adversaires s’affrontaient. Le premier figurait une créature couverte de bandelettes, au sourire inquiétant, qui se battait avec la rage et la violence d’une créature acculée. Le seonc n’était plus qu’un amalgame d’ossements dont émergeaient une multitude de lames osseuses, certaines aussi minces que des shurikens voletaient dans les airs, tandis que d’autres aussi longues et acérées que des épées ou même des claymores fendaient l’air de leur présence tranchante. John Hudson, en véritable moissonneuse-batteuse, maintenait son adversaire dans un cercle mortellement infranchissable, dans un étau menaçant dont le Scavenger ne parvenait à s’extraire.

Alors qu’Umbra parai une nouvelle fois l’une des lames osseuses du nécroguitariste avec sa main droite, deux mains sortirent du sol et se refermèrent sur ses jambes. Momentanément décontenancé, l’ancien nécromancien regarda avec une stupeur morbide une seconde lame le transpercer de part en part. Bloqué dans un sarcophage osseux, il se laissa tomber contre l’épais cartilage qui constituait le torse du musicien, tandis qu’une sorte d’épais liquide noirâtre s’échappait, telle la sève d’un arbre, de la plaie mortelle que lui avait infligé le squelette.


« Enfin… enfin je tiens ma vengeance, vil créature… » murmura doucement John, ne pouvant se résoudre à prononcer à haute voix ces mots dont la sonorité, dont la réalité lui semblait si irréelle, si absurde.

Mais soudain, alors que se rapprochaient de la tête du vaincu une multitude d’armes osseuses faites pour couper, trancher, dépecer et mutiler, la peau et les bandelettes semblèrent se décomposer, se résorber et s’évanouirent dans l’air, dans une nuée de particules obscures.

Seul restait sur le sol du cimetière un John Hudson désabusé, ainsi que les deux mains qui enserraient les jambes d’Umbra à l’instant et qui étaient anormalement atrophiées comme si elles avaient perdus toute énergie…

Quelques mots, dont la provenance ne faisait aucun doute, résonnèrent dans l’esprit du squelette guitariste comme une promesse :


* Ton désir de vengeance causera ta perte, lors de notre prochaine rencontre…*

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MessageSujet: Re: Dreamland cache des trucs ! [Quête] Sam 22 Déc 2012 - 13:20
Dante se réveilla après plusieurs heures, peinant à se relever. A bien y penser, il passait beaucoup de temps à dormir, ce qui était plutôt étrange pour quelqu’un qui rêvait : l’idée qu’il puisse dormir dans un rêve soulevait dans l’esprit du jeune voyageur trop de questions à caractère philosophique pour qu’il puisse conserver un état d’esprit clair. Il se contenta donc de jeter un regard rapide aux alentours. Il se trouvait au milieu d’une sombre nature morte, constituée d’arbres dont les branches étaient aussi desséchées et blanches qu’un squelette sous le clair de lune.

Après une halte de quelques minutes sous l’un d’eux, où il entreprit quelques assouplissements musculaires et autres échauffements afin de préparer ses muscles à la longue marche qui l’attendait, il continua sa route, suivant le long chemin de brume. Au loin, après les marécages et les infectes tourbières, on apercevait des falaises escarpées dissimulant certainement un paradis perdu, une contrée sauvage inexplorée et inhospitalière. Il marcha ainsi une trentaine de minutes, avant de se retrouver devant un contraignant obstacle : la brume montait le long d’une falaise verticale. Mais le jeune homme ne se laissa pas démonter et invoqua Rudolf. Passant en Faust’s walk, il entreprit de grimper la falaise escarpée aussi facilement que s’il s’agissait d’une simple pente. Alors qu’il arrivait péniblement au bout de ses peines, il heurta de plein fouet ce qui semblait être une paroi de pierre. Les rochers qui bordaient la falaise s’animèrent soudain, formant un être de pierre dont la mâchoire rocheuse se craquela dans une difficile tentative de communication :


« PERSON…NE…POU…VOIR…PASSER ! »

Le jeune nécromancien se rappelait avoir perdu contre un ennemi de cet acabit. Rudolf lui avait raconté comment une étrange entité avait pris le contrôle de son corps, et l’avait sauvé, mais Dante pensait qu’il ne s’agissait que d’une ruse de Noctis qui devait avoir d’autres pouvoirs cachés. Il se méfiait donc du nécromancien déchu, ne souhaitant pas retomber entre ses griffes. Et puis, de toute manière, il ne pouvait renoncer au Faust’s walk dans un combat à flanc de falaise comme celui-ci. Il se prépara donc à se jeter sur le golem, dont il attendait la réaction. Celle-ci ne se fit pas attendre et le monticule vivant de pierre fit quelque chose que l’ingénieux voyageur n’avait pu prévoir.

Le golem ramassa une énorme pierre et la jeta dans la direction de l’invocateur.

Dante n’avait pas mille solutions, comme lors de sa rencontre avec Fenraer, il devait sauter et prendre appui sur le rocher, afin d’atterrir sur l’être rocheux. Prenant son élan, il se propulsa dans les airs… et s’écrasa lamentablement contre le rocher, ses jambes émettant un écœurant craquement. Heureusement, le virus de Non-Mort parcourait la partie inférieure de son corps, et régénéra les tissus tout en ressoudant les os, mais Dante était tout de même à plat ventre sur un rocher, à une hauteur de plusieurs dizaines de mètres. Rocher qui tombait en chute libre…

L’atterrissage fut moins douloureux que prévu. En effet, Dante s’écarta du rocher, préférant se rétablir sur ses jambes améliorées que subir la répercussion de l’onde de choc du rocher sur son ventre fragile. Il se démit les articulations entre ses tibias et ses péronés, et il dut attendre quelques minutes que cela se rétablisse… mais dut entretemps se jeter sur le côté pour esquiver une seconde pierre envoyée par le géant de roc. Regardant d’un oeil hagard les deux petits cratères qui l’environnaient, il se mit maladroitement sur ses jambes et tenta quelques pas.


* Ressaisissez-vous, maître. Votre adversaire n’est pas à prendre à la légère. * déclara Rudolf par télépathie.

Cela, Dante ne le savait que trop. Mais il ne pouvait pas s’empêcher d’avoir envie de tout abandonner, de se laisser tomber là et de mettre de côté chacun de ses soucis. Pourtant, il savait ce qui arriverait alors : sa conscience lui serait une nouvelle fois prise et il n’aurait plus son mot à dire, devenant juste un pantin, une enveloppe de chair entre les mains de son « sauveur ».

Il ne voulait plus ça ! C’était impensable ! Il était son propre maître et s’il venait à mourir en ce monde, ce serait en tant qu’homme libre et non comme un simple pion, dirigé par de puissantes entités.


*Non… Je ne laisserais plus quiconque disposer de ma volonté… Démon ou dieu, peu m’importe !* pensa pour lui-même Dante, sortant peu à peu de la lassitude dans laquelle il était plongé.

Levant la tête en direction de son adversaire, il prit de l’élan et courut agilement contre la paroi, esquivant lestement les rochers lancés à son encontre. Puis, prenant de plus en plus de la vitesse, il se rétablit agilement sur la terre ferme et, basculant en avant d’une roulade téméraire, passa entre l’arche de pierre que formaient les jambes de l’élémentaire de pierre. Ce dernier se retourna vivement, tout en balançant un gigantesque bras qui manqua Dante de justesse. Le jeune homme avait habilement changé d’invocation, passant du coq à l’âne, enfin de Rudolf à Noctis, qui apprécierait peu ce trait d’esprit animalier.

Il attendait ainsi son ennemi, sa Death’s Hand prête à l’action : elle avait montrée par le passé sa capacité à passer à travers la pierre et, comme tout le monde le sait, en se reconstituant les os se renforcent. C’était une donnée qu’étudiait Dante qui pensait ainsi transpercer le golem sans briser son arme épineuse.

Ignorant tout de la réflexion du nécromancien, le golem se jeta en avant, misant tout sur une attaque frontale que Dante n’aurait que le choix d’esquiver… s’il en était capable. Sans Rudolf, le voyageur savait très bien qu’il ne pouvait esquiver cette masse de pierre lancée à toute vitesse. Mais dans le court laps de temps qu’il restait avant l’impact, il campa fermement ses pieds dans le sol, s’accroupissant tandis qu’il tendait sa main droite comme un soldat utilisant un épieu afin d’arrêter la charge d’un sanglier sauvage. Fermant les yeux, l’invocateur ressentit une intense douleur dans ses bras, qui se répercuta jusque dans ses jambes… il lui semblait que tous les os de son corps s’était déplacés, provoquant ainsi une souffrance indicible. Pourtant il tint bon et, ouvrant les yeux, contempla le corps inerte de son ennemi, dont le torse hébergeait le même trou béant que celui de son comparse.

Tout son corps était enduit d’un sang riche et épais qui continuait de s’écouler, montrant ainsi la violence du choc subit. Dante serra les dents, se refusant à sombrer dans l’inconscience. Révoquant Noctis, il attendit plusieurs minutes d’avoir assez de force pour invoquer Rudolf, s’arc-boutant contre le corps inanimé de son prodigieux adversaire afin de ne pas gaspiller le peu de force qu’il lui restait. Une fois le rat cadavérique évoqué, il lui fallut plusieurs égratignures enduites de doses infimes de virus afin d’arrêter l’hémorragie et de reconstituer ses réserves sanguines. Quand il fut reposé, il reprit péniblement sa route, espérant ne pas retomber une nouvelle fois dans l’un des multiples pièges qui assuraient la protection des marécages du désespoir.

Il parvint finalement à une sorte de vaste jungle, dont les arbres étaient d’un vert profond qui témoignait d’une véritable vivacité, en contraste totale avec la désolation qu’était le cimetière. Pourtant les cadavres ne forment-ils pas un bon engrais ? La brume était plus épaisse. Elle entourait cette jungle d’un halo mystérieux, et l’on devinait plus qu’on ne voyait les lianes éparses qui cohabitaient avec les arbres.

Dante se décida enfin à pénétrer cet écrin de végétation, dont la luxuriance était comme une bouffée d’air frais pour cet amateur de nature et de vie. Se laissant pénétrer par le doux frémissement des feuilles produits par le passage du vent, il s’émerveilla de cette vie qui se développait sous la lumière lunaire. Pourtant, quelques ossements et autres restes humains calcinés incitèrent Dante à la prudence. Si la nature était d’une beauté sauvage, elle n’en était pas moins dangereuse, tout comme une rose et ses épines.

Il marcha donc longuement, luttant contre une végétation vivace dont le seul plaisir semblait de s’agripper à ses vêtements, rendant pénible chaque enjambée, chaque déplacement. Plus il avançait, plus la végétation se faisait dense, ce qui donnait à Dante un sentiment d’oppression, renforcée par la présence massive de brume. Pourtant, il n’y avait aucun signe notable de réanimation morbide, la brume étant à plusieurs centimètres au-dessus du sol. Un autre fait notable était sa chaleur, qui était plutôt élevé avec celle du cimetière.

Dante avait la désagréable impression de s’être perdu, incapable de se repérer dans cet océan grisâtre. De plus, la lumière de la lune était arrêtée par l’épais feuillage des arbres environnants, n’arrangeant pas la chose. C’est donc dans une forte obscurité que Dante perçut le soufflement rauque de la bête. Depuis son entrée dans cette jungle, il n’avait pas entendu le moindre bruit d’animaux, comme s’il n’y avait aucune faune vivante. Cela semblait expliquer l’exceptionnelle diversité de la flore, dont les effluves parfumés enchantaient ses narines.

Se rapprochant de la source de cet étrange bruit, qui évoquait presque la grave et profonde respiration d’un énorme crapaud, Dante découvrit deux choses : qu’il s’agissait d’une sorte d’énorme crapaud et qu’il était à l’origine des ennuis de tout le cimetière : la Brume. En effet, chaque pore composant la peau du batracien exsudait une fine fumée, et un nuage brumeux entourait donc la créature.

Dante semblait être arrivé au terme de sa quête. Mais devait-il pour autant tuer une créature vivante ?


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MessageSujet: Re: Dreamland cache des trucs ! [Quête] Mer 26 Déc 2012 - 14:49
Dans la pénombre grandissante, Dante s’approchait calmement, pas après pas, de sa cible. Cette dernière était une sorte de gigantesque crapaud, parsemée de cratères plus ou moins grands qui laissaient échapper d’épaisses fumées. La main du jeune homme était étroitement enserrée dans les tentacules osseux de Noctis, lui assurant une frappe mortelle ; son ennemi n’aura pas le temps de souffrir…

Une épaisse barrière de fumée âcre le sépara soudainement du crapoteux. Un bruit flasque retentit alors, et Dante bascula en arrière tandis qu’une masse visqueuse aux pattes palmées lui tombait dessus. La gueule de la « proie » s’ouvrit alors, de profondes flammes rougeoyant derrière quelques fins volutes de fumée. Une goutte de salive tomba, puis une autre, brulant le visage de Dante comme s’il s’était agi d’huile bouillante.

Des intonations rauques et sifflantes, qui semblaient issues d’un dialecte inconnu de Dante, provoquèrent un changement chez son assaillant. Entre les pattes du gigantesque monstre, un modèle réduit s’approcha, à peine aussi grand qu’une rainette, et toisa Dante d’un regard inquisiteur.


« Qui es-tu ? Et que fais-tu en ces contrées, étranger ? Réponds-vite et réponds bien ou je laisse Nä’il disposer de toi à sa convenance » déclara le petit crapoteux, parlant avec une aisance déconcertante le langage commun.

Dante tenta de se redresser, mais renonça vite quand la pression exercée par la créature nommée Nä’il s’accentua. Reprenant son souffle, il désigna l’être qui l’écrasait :

« Ben moi, c’est Dante. C’est un mâle ou une femelle ?

- Nä’il est un mâle, pourquoi cette question ?

- Rien, j’étais juste curieux, c’est tout » acheva Dante, avec un sourire insolent sur le coin des lèvres.

Le Sage était sidéré. Il ne savait que penser de l’étranger : était-il particulièrement stupide ou juste essayait-il de le narguer ? Dans tous les cas, A’jad hésitait à s’en débarrasser. Peut-être pourrait-il se montrer utile et aider sa cause ?

« Répondez sérieusement, je vous prie, implora-t-il. Je n’ai aucun grief à votre égard et cela me serait déplorable que de devoir ramasser vos ossements fumants.

Ressentant encore de légers picotements de sa brulure sur la joue gauche, Dante voulait bien le croire.

- Très bien. Je vais donc vous répondre le plus sincèrement possible, commença le jeune nécromancien. Une brume s’échappe d’ici et réanime les morts-vivants, rompant ainsi la quiétude des habitants du cimetière ? J’ai donc été chargé de trouver la source du problème et de la neutraliser, si cela entrait dans mes capacités. Après avoir vu… Na’ayel, je crois, produire cette fumée, j’ai tenté de le neutraliser. Vous m’avez repéré et vous avez lancé une contre-attaque, me voici donc à votre merci.

- Des morts-vivants… une brume réanimatrice… Je dois dire que tout cela me semble réaliste, et je vais donc également vous raconter mon histoire en espérant que vous sussiez gré de m’accorder pleinement votre aide dans l’entreprise dans laquelle je compte m’aventurer.

Dante s’installa en tailleur, tandis que le Gardien se relevait et se postait devant lui, servant de promontoire au petit sage qui contait son histoire.

» Je me nomme A’jad et, jusqu’à quelques jours, je faisais partie des Sages de la tribu Heiln’ajim. Mais tout d’abords, autant vous expliquer la notion de sage. Les crapoteux, mon espèce, est une race composée de deux créature distinctes : les Sages et les Gardiens. Depuis la venue du prophète E’jad, on élit un Gardien à la naissance de chaque Sage, afin que les plus petites et les plus fragiles des crapoteux soient protégés. C’est ainsi que Nä’il et moi sommes liés. Alors qu’il cumule puissance brute et une force physique impressionnante, je me compose plutôt d’intelligence et de connaissance, maîtrisant parfaitement ma fumée. C’est donc ainsi que les Sages sont et resteront les guides de mon peuple.

» Mais récemment, un étrange individu couvert de bandages est arrivé dans notre village et a tué bon nombre de mes congénères. Des tentacules noirâtres d’une indicible puissance happaient les Gardiens et les vidaient de toute consistance. Nous ne pûmes rien faire…

» Après être rentré dans le palais feuillu de notre chef, le sage et éclairé Ein’jad, il disparut dans un éclair d’une noirceur telle que mes pauvres yeux en furent momentanément aveuglés, car situé à la droite du roi, j’avais assisté à toute la scène. Enfin, assisté, il avait juste susurré quelques mots à l’oreille d’Ein’jad avant de se volatiliser. Peu de temps après, ce dernier interdisait la Grande Distribution !

» Mais j’y pense, vous ne pouvez pas savoir ce qu’est la Grande Distribution ! Tous les jours, lorsque la lune est à son apogée, l’intégralité de la tribu se rassemble dans le Jardin Sacré et recrache toute la fumée qu’elle a créée. Cette dernière donne vie aux plantes qui s’élèvent alors et prennent des formes variées, selon la modulation de la fumée. C’est ainsi que sont créées nos habitations, par exemple, ou encore nos murailles végétales.

» Depuis son interdiction, notre fumée se perd dans la jungle et, d’après vos dires, vient troubler vos existences. Nous jouissons d’une mauvaise réputation, certes, et elle n’est pas usurpée ; il nous arrive fréquemment de dévorer les intrus. Mais nous respectons votre territoire, et il n’est donc pas normal que notre fumée vienne gêner notre cohabitation. Je ne souhaite pas voir une nuée d’étrangers comme vous débarquer ici afin de laisser libre cours à une vengeance vaine.

» C’est pourquoi, malgré les mauvaises bases sur lesquelles nous sommes partis, j’aurais besoin de votre aide : je souhaite reconquérir le village de ma tribu. Si nous y parvenons, je réinstaurerai la règle de la Grande Distribution et vous aurez mené à bien votre quête. Vous serez bien entendu récompenser par de l’Essence de vie, cela vous convient-il ?


- Je n’ai nullement besoin de récompense pour accomplir ma mission. Cela devrait répondre à votre question. Mais j’accepterais avec joie toute marque de reconnaissance. Cela dit, l’heure n’est pas venue. Je propose donc que vous me meniez jusqu’à votre village, et que vous m’expliquiez en route votre plan d’action. » répondit Dante, d’un ton ferme et sérieux.

La gravité de la situation avait rappelé à Dante l’importance de sa mission, ce qui expliquait son visage fermé et sa soudaine impassibilité. Il ne devait plus se comporter comme un gamin irresponsable ; il avait beau être dans un rêve, il n’en était pas moins un voyageur qui avait promis à ses amis de mener à bien cette mission. Et c’est ce qu’il allait fairet.

Il suivit donc naturellement le crapoteux à travers les arbres, utilisant le Faust’s walk afin de ne pas être distancé par les bonds de Nä’il. Parvenant à se maintenir au côté du Gardien, il observa le petit crapoteux verdâtre qui y était juché.

« Puisque je vais vous accompagner dans cette aventure périlleuse, autant m’indiquer quelle va être la procédure à suivre afin de réussir votre plan. » déclara le jeune homme, l’air plutôt crispé.

Durant toute la durée du trajet, A’jad dévoila son plan au Voyageur. C’était risqué, très risqué, mais Dante ne pouvait empêcher un frisson d’excitation de le parcourir…


♦♦♦

Au milieu de la vaste jungle des marécages de l’Oubli, les habitants d’une petite cité végétale nageaient dans la confusion la plus totale : un étranger était arrivé en ville. Il était porteur, disait-on, d’une missive émise par un seigneur d’un territoire voisin, et il venait s’entretenir avec le roi Ein’jad. C’est pourquoi tous les crapoteux cavalaient en direction du palais, dans l’espoir de glaner quelques informations sur cet évènement si peu commun. Mais les gardes, de solides Gardien en armure végétale, repoussaient les badauds avec leurs énormes pattes palmées.

A l’intérieur du palais, un jeune homme s’avançait lentement, se dirigeant vers le trône verdoyant de son auguste altesse. Ce dernier, un minuscule Sage d’un jaune criard, était juché à plus de deux mètres de hauteur. Le messager se démarquait nettement de son entourage : il n’avait rien de batracien et ressemblait plutôt à un Voyageur ; il avait les oreilles arrondies. Pas bien grand et plutôt mince, les plis de son habillage blanchâtre ne parvenaient même pas à donner le change en le faisant paraître plus musclé. A part une sorte de long pagne scindé en deux parties et d’un bleu foncé, rien d’autre ne dissimulait ses membres inférieurs. Cet accoutrement semblait suspect aux yeux de la garde royale, surtout qu’une bosse dans son habit inférieur trahissait la présence d’un objet insolite. Mais comme l’avait dit l’étranger au Sage qui l’avait mené jusqu’ici, il ne s’agissait ni plus ni moins que de la missive qu’il apportait. Se retrouvant donc face au roi, il mit un genou à terre ; le protocole ne semblait guère changer, contrairement aux rois ou même aux races.


« Que signifie ta présence ici, étranger ? tonna le roi d’une voix étrangement grave pour un être de cette taille. On m’a dit que tu apportais un message. De quel teneur est-il ?

- Il est assurément d’ordre diplomatique, Votre Majesté, répondit Dante, inclinant la tête de la manière qu’A’jad lui avait enseigné. La brume produite par votre peuple s’éloigne de vos frontières et trouble les terres de mon seigneur et maître. Il m’a donc envoyé ici afin de trouver une solution à cet épineux problème, solution que votre auguste sagesse devrait trouver. »

Tandis que Dante parlait, un nuage de fumée incolore s’échappait par volutes de sa poche. Elle était issue de la Dream Weed, une plante plutôt étrange qui permettait à un crapoteux d’émettre une fumée soporifique, dont seule l’ingestion d’une baie Gneu pouvait en prévenir les effets. Le nuage emplit toute la pièce, contournant l’ovale des ballons de feuilles suspendues à la toiture. Alors que Dante achevait sa phrase, la totalité de l’assemblée dormait déjà d’un sommeil profond. Il sortit donc de sa poche A’Jad, qui avait formé jusqu’à présent la bosse que Dante avait faite passée pour la missive, qui n’avait par ailleurs jamais existée.

Le souverain étant également assoupi, Dante et A’jad se rapprochèrent de lui afin d’accomplir leur but : le kidnapper. Alors que Dante tendait la main vers lui, une étrange impression de danger les fit reculer. Une sorte de tentacule noirâtre émana du minuscule souverain, et les yeux du crapoteux s’ouvrirent, formant deux fentes d’un rouge malfaisant. Sa peau étant dans des tons plus sombres, bien éloignés du jaune criard qu’il arborait précédemment. Il se releva de manière désarticulée comme un pantin, tandis que les coins de sa bouche se retroussaient en un sourire machiavélique.


« Vous avez endormi mon réceptacle… Beau travail, je peux maintenant me débarrasser de vous en toute impunité… »

La tentacule d’ombre se rétracta et fouetta l’air, coupant les cordes tenant chaque « cocon » de feuilles suspendues au plafond. Se brisant sur le sol, ils dégagèrent une épaisse fumée concentrée, qui s’insinua rapidement jusque dans les profondeurs obscures qu’auguraient les espaces qui parsemaient le sol grillagé. Une main squelettique déchira l’amalgame de bois et de lianes, sortant du sol non loin de Dante. Ce même spectacle se répétait dans toute la vaste pièce, la salle se remplissant d’une horde de mort-vivants assoiffés de chair fraiche ; Dante savait maintenant où étaient placés les restes des « intrus » qui avaient l’audace de parcourir cette jungle.

« Voici mes serviteurs ! Vous conviendrez qu’ils ne risquent pas de tomber de fatigue ! s’exclama le crapoteux, avant de croasser de manière burlesque.

- Je conviendrais surtout qu’il est temps pour toi de fermer ta gueule ! » s’écria impulsivement Dante, ignorant la foule exhumée pour foncer droit sur l’être couvert de pustules, sa main droite étirée en de multiples épines osseuses dont on devait l’apparition à Noctis.

Une meute de zombies se jeta en travers du chemin du jeune nécromancien. Les épines de sa main droite allèrent instinctivement se planter dans le sommet de leur crâne, laissant les faibles corps cadavériques s’affaisser sur eux-mêmes. Comme l’avait compris Dante lors de l’épisode du bar, le point faible de ces néfastes créatures résidaient dans leur cerveau.

Ein’jad, ou du moins l’être qui en avait pris le contrôle, dut convenir que son armée insensible à la fatigue ne l’était pas aux coups chirurgicaux du jeune invocateur. Comprenant que cette stratégie ne mènerait à rien, il fit quelque chose que n’avait pas prévu Dante : il déploya son appendice ténébreux tel un scorpion, épinglant l’un de ses cadavres animés. La cible se ratatina, puis il ne resta plus que quelques lambeaux de chairs tandis que le petit Sage enflait à vue d’œil.

La brume se densifia autour de Dante, entravant ses mouvements tout en l’empêchant de voir sa cible. Il contourna donc rapidement ce mur blanchâtre d’un leste pas de côté, et découvrit un spectacle terrifiant : le dernier cadavre était empalé à l’une des multiples tentacules qui émanaient du trône. Et sur ce dernier, une titanesque et indicible créature leur faisait face. Elle n’avait plus rien du minuscule batracien de jadis : haute de cinq bons mètres, constituée de muscles disproportionnés que la peau pustuleuse peinait tellement à envelopper qu’elle se déchirait par endroits, l’ancien roi contemplait Dante de son regard perfide. Le réseau de veines parcourant son corps était d’une épaisseur telle qu’on eût dit une dizaine de serpents gigantesques entourant une proie. Partout sur la peau, d’énormes pustules avaient poussée dont la forme évoquait étrangement les visages grimaçants des cadavres absorbés. De ces immondes monticules suintaient un liquide à l’odeur nauséabonde qui, gouttant sur le sol boiseux, était à l’origine de nombreuses vapeurs pestilentielles et empoisonnées.

Dante avait l’impression d’avoir pris une douche froide. Il avait du mal à empêcher ses jambes de s’entrechoquer et devait faire un effort intense pour ne pas laisser s’écouler son liquide urinal. La seule pensée lucide flottant dans l’étendue de jurons tels que
« Merde ! » ou « Putain ! » était « Réveilles-toi ! Pitié, réveilles-toi ! ». Il n’avait jamais ressenti un tel effroi auparavant, jamais. Devant lui se trouvait une colossale créature de cauchemar, que même dans ses fantasmes les plus horrifiants il n’aurait pu trouver.

Une langue bifide, énorme et atrophiée sortit de la gueule du monstre, goûtant le mets délicat qu’était le désespoir soudain du Voyageur, avant de le happer brusquement. Elle le rapprocha de la dentition impressionnante de ce qui fut Ein’jad, le faisant profiter d’une vue semblable à celle d’une rangée de pierres tombales. Un liquide jaune et sale coula le long de la jambe de Dante, réchauffant quelque peu cette dernière qui était glacée par la sueur froide provoquée par ce désespoir. Les lèvres de l’invocateur s’ouvrirent légèrement, dans un cri muet que son honneur, bien que souillé, se refusait à pousser. Il ne pouvait non plus se répugner à laisser un flot de paroles s’écouler de ses lèvres, car il en connaissait d’avance la teneur : une implore pitoyable et détestable, afin de sauver son existence.

A l’intérieur de l’esprit de Dante, que le désespoir avait isolé de ses invocations, plusieurs émotions s’entremêlaient. Il y avait tout d’abords ce désespoir profond, qui noyait tout le reste dans son ensemble noirâtre. Puis, une peur vive et inconditionnelle, presque pulsionnelle, qui pimentait le désespoir de son halo blanchâtre. Mais il y avait également, une rage impuissante, d’un rouge étincelant, qui couvait calmement, consumant doucement mais sûrement le reste des émotions de Dante. Puisant dans cette dernière, mais également dans sa peur et dans son désespoir afin d’en faire le fer de sa lance, le jeune homme releva fièrement la tête et, contemplant l’indicible bête dans sa pupille dilatée, articula haut et fort :


« Plutôt crever que de voir une seconde fois de plus ta sale face, fils de chienne ! »

Ce n’était guère élégant, mais le fait de prononcer ces mots orduriers sembla ragaillardir Dante, et lui permit de reprendre contact avec Noctis. Pouvant de nouveau bouger sa main droite, il utilisa les filaments osseux pour se cramponner à la langue en les enroulant autour, empêchant ainsi la créature de l’avaler tout rond. Bien entendu, elle pouvait l’avaler en même temps que sa langue, mais ce serait plutôt désagréable pour elle. Ce n’est que dans cette situation précaire qu’il se demanda où pouvait bien se trouver A’jad. Cherchant du regard la petite créature, il finit par la trouver en train de pousser entre les lèvres de l’un des gardes crapoteux l’une des baies si reconnaissables qu’ils avaient avalées ensemble auparavant, les fameuses baie gne. Il susurra ensuite quelques mots à l’orifice auditif de la créature, qui s’empressa de sortir dehors.

Dante ne comprit pas ce que préparait le Sage, mais il sut instinctivement qu’il lui fallait néanmoins du temps. Prenant son courage à deux mains, il entreprit de monter tout doucement le long de ce tube visqueux et rougeâtre, afin de se rapprocher petit à petit de la gueule du batracien. Sa manœuvre eut l’effet escompté : le batracien le forçat à lâcher prise et il se laissa tomber au sol. La créature avait décidé de le tuer autrement, et expira un profond nuage de fumée qui serpenta en direction du jeune homme. Ce dernier n’en avait guère peur… jusqu’à ce que la langue brumeuse devienne flamme et qu’il ne manque de peu de se faire carboniser.

Alors que la stupeur étourdissait Dante, un craquement retentit et la moitié du toit vola en éclat. Une sorte d’individu gigantesque composé de brume et d’une carcasse de bois attrapa le crapoteux mutant et l’enserra dans une étreinte digne d’un titan. Il semblait être le grand frère d’un des golems de pierre affrontés par Dante, bien qu’il paraisse étonnamment plus fragile. Il était manipulé, comme le comprit rapidement Dante, par la totalité du peuple des crapoteux, orchestré par A’jad. Ainsi immobilisé, le tyran ne pouvait se servir que de sa jambe et Dante s’efforçait d’esquiver cette dernière, sautant agilement de côté dès qu’il entendait le claquement qu’émettait l’appendice du crapoteux dans l’air. Ses tentacules noires enserraient le géant, cherchant la moindre once d’énergie à absorber.

Dante était pleinement concentré et cherchait un indice quant à la manière de triompher de ce formidable adversaire. Il s’était nourri de ses pantins morbides afin d’augmenter sa puissance, peut-être était-il possible d’inverser le processus. Contemplant une nouvelle fois avec dégoût les pustules personnifiés de l’écœurant batracien, il réalisa où se trouvait son point faible.


* Ils étaient juste là, devant moi, mais mon dégoût m’en détournait sans cesse… * pensa Dante, avec excitation.

Esquivant une nouvelle attaque d’un pas en avant, il se précipita sur la première pustule qu’il éclata avec sa Death’s hand, provoquant une pluie de pus, ainsi que la chute de la carcasse vide d’un cadavre. Les pustules évoquaient des bulles dans lesquelles les cadavres baignaient dans du formol. Dante s’acquittait de son travail avec une précision et une efficacité déconcertante, mettant toute sa rage, tout son dégoût de lui-même dans la bataille, éclatant pustule après pustule, tandis que l’énergie de Non-Mort quittait le crapoteux dans une hémorragie de pus.

Il ne resta plus finalement qu’un minuscule squelette baignant dans une flaque de pue et de chair putréfiée, tandis qu’une sorte de larve noirâtre s’éclipsait dans un flash de la même couleur. Autour du nécromancien couvert de liquide nauséabond, une foule de crapoteux l’acclamait, ayant pour une fois mise de côté leur xénophobie.


♦♦♦

Chose promise, chose due ; A’jad, qui était devenu le nouveau roi, offrit à Dante de l’essence de vie, une monnaie courante à ce qu’il paraissait parmi les habitants de Dreamland. Dante n’était pas resté assister à la reconstruction du palais royal, pressé qu’il était d’annoncer la bonne nouvelle à ses amis d’outre-tombe, et d’avoir des nouvelles de ses amis disparus.

Grâce à l’aide de Rudolf, il ne mit que deux heures à rejoindre le bar puisque la brume n’entravait plus ses mouvements. Il n’y avait qu’Omar Frakacé et son épouse. Le jeune Nécromancien leur conta rapidement les évènements qui avaient menés jusqu’à l’achèvement de sa quête. Ils se chargèrent donc de lui remettre le fruit de ses efforts que Dante accepta rapidement, effrayé à l’idée d’être réveillé avant de prendre des nouvelles de ses amis. Mais il fut rassuré sur ce dernier point par le squelette : Sabake et Fenraer s’étaient réveillés et se trouvait donc dans le monde réel ; Ozo et le géant avaient réquisitionné tous les clients du bar afin de reconstruire la maison de l’ami du clown.

Rasséréné à l’idée que ses amis étaient tous en bonne santé, Dante s’allongea sur une des tables, savourant pour une fois un moment de répit. La seule chose qu’il espérait était que ses amis se retrouveraient lavés comme par magie la prochaine fois qu’il se retrouverait à Dreamland.

Une brusque sonnerie de réveil interrompit le silence qui flottait dans le bar, et Dante rouvrit les yeux pour se retrouver dans sa chambre. S’étirant, il se prépara à passer une énième journée de solitude.


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Dreamland cache des trucs ! [Quête]

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