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Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée]

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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Dim 1 Avr 2012 - 1:46
Okay. Donc le gars venait de foutre sa main dans la poule mécanique et l’avait transformée en clone. Franchement, comparé à ce que Delirium City pouvait inventer, j’étais devant une scène parfaitement rationnelle. Alors pourquoi j’étais en train de baliser ? Peut-être parce que ce gars sonnait maléfique, parce qu’on ne pouvait pas porter un costard-cravate et transformer un robot en clone de soi-même sans avoir un brin quelque chose à se reprocher derrière. Les seuls êtres que je connaissais qui portaient habituellement des tenues aussi pompeuses étaient les cadres et les experts comptables. Les premiers étaient méchants, les seconds, infernaux. Signe que si vous voyez un gars avec un costard plus des lunettes de soleil, vous pouviez commencer à flipper. Le sentiment de Pavlov était plus ou moins fondé sur des expériences et la scène précédente, et on pouvait en conclure que l’espèce de… truc, devant moi n’était pas tout rose et n’allait pas me demander de l’aider. Je vis rapidement que le premier portait la Technologie. Le dénommé Eveuh avait le tube sous le coude. Putain de merde ! On pouvait dire que ce foutu Thermos était passé par tellement de camps qu’il réussissait même à en inventer pour se foutre dedans ! D’ailleurs, le costard qui portait notre petit Saint-Graal personnel s’enfuit dans les couloirs. Et merde.

Mon pouvoir allait s’activer quand je reçus un coup violent dans le front. Le second agent, nouvellement transformé, avait réduit drastiquement la distance entre nous et lui pour venir me coller un pain dans la gueule. Morpheus riposta de suite, juste après que je fus tombé à terre. La combinaison m’avait à peu près autant amorti le coup que si elle avait été faite en Evian. Je me relevais pour assister mon partenaire dans sa lutte contre le costard. Mon panneau se mit à voler dans la pièce un peu large. Mais l’agent n’était pas en reste, et malgré les coups qu’on lui portait venant de deux côtés à la fois, parvenait à tous les arrêter sans aucune difficulté. Il réussit même à faire une pirouette pour éviter l’attaque latérale de Morpheus (pourquoi avais-je l’impression que le monde passait en slow-motion ?) et lui envoya une contre-attaque dans la gueule qui le fit reculer. Il se retourna alors dans un cent quatre-vingt degrés irréprochable pour éviter mon panneau et m’envoya en l’air en me foutant un coup dans l’estomac. Je me mis à faire un vol plané pour atterrir sur le mur. Bon, okay, il était du genre sérieux. Morpheus et moi se relevâmes lentement et nous repartîmes à l’attaque après avoir fait craquer nos nuques.

Ce fut moi qui partis en premier. L’agent m’envoya deux, trois, quatre coups de poings que je réussis à esquiver ou à parer avec mon genou. Puis je pris un peu de recul en un pas et lui envoyai mon panneau. Mon pouvoir se forma, et au lieu d’atterrir dans sa tête, le panneau traversa un portail qui le fit attaquer sur l’autre tempe du costard. Mon bonhomme s’envola à son tour et s’écrasa difficilement contre le mur métallique qui fut plié sous le choc. Je revins et réussis à porter un coup de pied dans l’estomac plus un autre coup de panneau dans la gueule sans trop de difficultés. Il suffisait d’anticiper ses mouvements à l’avance, de prendre en compte sa rapidité et sa force, etc. On avait été surpris par la puissance de l’adversaire mais j’estimais qu’en un contre un, on pourrait venir à bout de lui. Il fallait prendre du recul sur sa force, se souvenir que c’était bien joli de se battre avec ses poings mais qu’il n’avait aucune arme, et c’était joué. Morpheus n’arrivait pas à le toucher avec son katana mais au moins avait-il eu le mérite d’accaparer son attention. L’instant d’après, après quelques mouvements qu’un spectateur jurerait chorégraphié, on envoya notre adversaire dans une autre salle. L’arrière de son crâne percuta méchamment le seuil de la porte et il s’écroula méchamment par terre. Il réussit à se relever (putain, encore un type increvable…) quand j’entendis un roulement loin devant Morpheus et moi, et derrière notre bonhomme. Ce roulement métallique dura cinq secondes, le temps que je comprenne qu’il venait d’une machine-gun. Morpheus et moi allâmes nous cacher derrière un mur tandis qu’une déferlante de balles hyper pénétrantes et hyper bruyantes résonnèrent comme une foule de tonnerre, contenue dans le couloir. Des impacts de balle naquirent partout dans des déflagrations sonores, tout ce qui était destructible se détruisit. Et à la fin, l’agent avait disparu dans un éclair de lumières. A sa place se tenait un colosse de muscles de titane, une énorme machine-gun dans la main. D’une voix grave comme une caverne et métallique comme l’alliage dont il devait être fait, il fit :


« Sarrah Connors ? »

Il se répondit lui-même en tirant une autre salve démentielle qui me coupa les tympans. Heureusement, il ne toucha pas grand monde. J’utilisais une autre paire de portails pour lui renvoyer dans la tronche les obus qu’il tirait. Il tomba à la renverse en renversant son arme, mais se releva comme si je lui avais lancé des petits cailloux.

« ELU ! FONCE !
_ Pardon ?
_ Rattrape l’Agent ! Je vais m’occuper de celui-là !
_ Okay ! Bonne chance ! »


Je sautais par-dessus la grande carcasse en lui assénant un coup au passage. Morpheus me héla une dernière fois. Il m’envoya deux petites choses que je réussis à rattraper sans faire mon boulet. Il y avait la paire de lunettes magiques, spécial Elu. Je ne devais pas être prêt comme il s’y attendait mais on se dirigeait tous deux dans des gueules de loup, alors autant donner toutes les chances à son futur bienfaiteur, même si je ne savais toujours pas pourquoi il me considérait comme l’Elu. De l’autre, il y avait une pilule rouge. Je la soulevais comme si je cherchais un mode d’emploi gravé dessus. Pour donner un peu de temps à Morpheus, j’envoyais un coup de panneau dans la gueule du cyborg qui voulait se relever et fit comprendre au Black que je ne comprenais ce que ça signifiait.

« Je suis un Voyageur de la vérité. Si j’avale les pilules rouges que je créé, je comprends la vérité. Et je deviens plus puissant ».
_ Merci mec ! »


Seule la partie sur la puissance m’avait intéressé. Je partis devant et laissais mon partenaire derrière. Sans plus attendre, je rangeai la pilule dans une de mes poches et plaçai mes lunettes de soleil sur mon nez. Je me sentais revivre, soudainement. Déjà parce que je voyais les choses sous un nouvel angle, et parce que je disposais de lunettes de soleil, à nouveau. Je compris plus tard son fonctionnement mais pourquoi ne pas vous l’expliquer maintenant ? Avec elles, je pouvais ressentir toutes les énergies qu’elles proviennent d’un individu ou d’un quelconque objet magique, sur 360 degrés (même si ma vision véritable ne suivait pas). Les Voyageurs étaient coloriés en violet, les Créatures des Rêves en vert émeraude, les objets magiques en jaune, et les simples Rêveurs en blanc. Je pouvais en plus ressentir les différentes gradations d’énergie de façon précise (la couleur se fonçait, s’intensifiait). Déjà, c’était pas mal. Ses lunettes-là n’allaient jamais me quitter en tout cas. Enfin elles serviraient à autre chose que de me faire sentir supérieur et me rendre terriblement classe. Maintenant que je les avais sous le nez, je pouvais parfaitement suivre l’agent qui s’était enfui (une forme verte plutôt puissante qui tenait une pulsation jaune sous le coude). Mes portails me permirent rapidement de combler l’écart vu que je savais parfaitement où il voulait aller et surtout, où il était précisément. Je faillis lui mettre le grappin dessus mais il emprunta un ascenseur très rapide à cinq mètres de moi, après moult téléportations.

Je dû recharger mes batteries de portail avec la combinaison pour pouvoir effectuer un autre transfert. En attendant, j’appelais un second ascenseur. L’engin vint à ma rencontre et m’ouvrit une porte vers la cabine de verre. Je lui demandais d’aller le plus haut possible, et si y avait besoin, je quitterais l’enfin avec mon pouvoir afin de marquer au cul ma future victime. Avec cette paire de lunettes magiques, j’allais rapidement pouvoir donner à cette histoire le dénouement qu’elle méritait. Je levais mes yeux en l’air pour voir mon adversaire qui continuait à grimper. Il irait jusqu’où comme ça ce petit salopard ? Ne me dîtes pas qu’il allait convertir la Technologie comme il avait converti la machine plus tôt ? Putain de merde ! Fallait que je me grouille ! En attendant qu’on arrive à destination, je jetais un coup d’œil aux différents immeubles que je traversais. Je me rendis soudainement compte que j’étais dans la merde : parce qu’à n’importe quel endroit que je regardais, je voyais des centaines et des centaines de forme verte de même intensité que les agents qui naissaient ou courraient. Je compris enfin que c’était le Protocole Corbeille dont on m’avait parlé. Certainement ça. Ils aspiraient toutes les machines, et donc toutes les informations qu’elles possédaient. Et ça faisait une armée de combattants terribles. Putain de bordel de merde, la situation empirait sans aucun contrôle ! Il faudrait absolument que je me casse de cet endroit le plus rapidement possible dès que j’aurais écrasé la gueule de Eveuh. Eveuh qui allait toujours plus haut. Jusqu’au dernier étage certainement. Je vis en plus que les Agents, loin de vagabonder aléatoirement dans les couloirs cherchaient les ascenseurs et les escaliers afin de monter. Monter là où je serais certainement. Je rechargeais une nouvelle fois toutes mes batteries avec les appareils que j’avais en place. Et finalement, je pris la pilule de Morpheus. J’eus une sorte de… transcendance de quelque chose de je ne savais pas quoi… Je clignais des yeux. Puis me trouvais dans un nouvel univers.

L’ascenseur s’ouvrit finalement au tout dernier étage qui donna sur un couloir. Sauf que je voyais le couloir comme un galimatias de câbles, comme les intestins d’un robot géant. Tout sentait l’huile, tout sentait la ferraille meurtrière. Et tout sentait la facilité. Je bougeais avec une fluidité incomparable, traversais les distances comme avec des bottes de sept lieux et arrachais presque la porte qui donnait sur le toit de ses gonds. J’étais moi-même dans une nouvelle tenue : je portais des bottes longues et noires, un débardeur bleu gris qui disparaissait derrière un très long manteau en cuir. Dehors, ce fut un effroyable spectacle. Des centaines et des centaines de buildings nous entouraient, mais nous étions sur l’un des plus gigantesques. Le toit était parfaitement lisse, uniforme, et était plutôt large. Il n’y avait aucune barrière qui protégeait le vide. J’étais si bien campé sur mes jambes que le vent très fort ne parvint pas à me faire tressaillir. L’agent était en face de moi, ses cheveux dansant au gré du vent. Il me regardait avec une face mi-haineuse, mi-souriante. Il avait des envies de meurtre. Je m’approchais suffisamment pour qu’il puisse me crier :


« Mr. Free ! L’Elu en personne !
_ Je ne suis pas l’Elu !
_ Tout le monde le croit. Une négation de votre part ne veut pas forcément dire que vous ne l‘êtes pas. On est l’Elu, ou on ne l’est pas. Et un simple refus n’est pas à même de trancher la question.
_ Je m’en fous tellement… Ecoute, donne-moi ce que tu as dans ta main, et je te promets que je te ferais pas chier.
_ Et si je refusais ? Que feriez-vous ?
_ Alors mon poing d’Elu va te retourner ton putain de crâne. »


La seconde d’après, il sourit. Et je m’envolais pour lui distribuer la raclée de sa courte vie.
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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Dim 1 Avr 2012 - 12:21
Le corps de Clem n’était pas en sueur. Cela ne voulait pas dire qu’il n’était pas fatigué, seulement que MARvINE trouvait plus intéressant d’utiliser l’effet joule causé par la chaleur des muscles en feu pour composé de l’adrénaline plutôt que de laisser échapper cette source d’énergie dans des goutes brûlantes coulantes sur la peau. Que le corps humain était mal optimisé ! Bon certes, leur sueur permettait de rafraichir le corps par une simplette règle thermique de différence entre la peau et le liquide mais MARvINE n’avait pas besoin d’être rafraichie pour avoir les idées claires.
 
Ce n’était pas les seules améliorations qu’elle avait aménagé : les sucs gastriques contenus habituellement dans l’estomac éliminaient à présent les toxines présentes dans le sang pour éviter les courbatures causées par les efforts violents qu’elle soumettait à un corps qui n’en avait pas l’habitude. Pour palier cette incurie biologique, MARvINE avait donné aux poumons de Clem le rendement de ceux d’un cachalot et son corps battait deux fois plus vite et au moins aussi fort qu’une locomotive lancé à sa vitesse de croisière. Techniquement, ce changement de rythme cardiaque devrait ralentir sa perception du temps, mais c’était oublié que l’IA qui occupait son cerveau disposait déjà une capacité d’un traitement d’information digne d’une mouche ayant abusé de caféine. Son cerveau crépitait avec la même puissance qu’un générateur électrique alimentant un générateur de particule. Seul le cervelet, ultime cachette de Clem n’émettait que l’écho atone de son occupant éthéré. MARvINE le laissait tranquille, craignant qu’un contact avec lui ,'aboutisse qu'à un affrontement mental qui la déconcentrerais de son combat contre l’agent. L’absence du cervelet dans son bagage métabolique la privait du soutien des réflexes incontrôlés et du rare instinct animal qu’ont les humains. Et qu’importe, puisque lesdits réflexes seront contrôlés par le voyageur et que les terminaisons nerveuses de MARvINE restaient de l’ordre du divin. En résumé, MARvINE avait fait du corps de Clem une parfaite arme biologique tout ce qu’il y a d’optimisé et de dangereux.
 
Mais malgré tout cela, elle ne parvenait pas à se débarrasser de son adversaire aussi facilement qu’elle le voudrait. Ils avaient déjà détruit plusieurs plates-formes par la puissances de leurs coups manqués et contrairement à elle (ou plutôt à Clem) le corps physique occuper par un virus ne faiblissait pas avec le temps. Frappé dessus était comme cogner du marbre : seul les lois de la physique le faisait reculer sous les chocs.
En dernier recours, elle pouvait toujours relâché de façon très létale l’énergie emmagasiné dans le corps de son hôte mais cela causerais des lésions suffisantes pour handicapé ledit corps sur le court et le long terme, ce dont MARvINE ne souhaitait pas. Son pénultième recours était bien plus avantageux.
 
Son voyageur disposait d’un pouvoir fabuleux. Il n’avait certainement pas les connaissances techniques pour l’utiliser de façon optimale mais MARvINE n’était pas entravée par un intellect déficient. Tordre le continuum physique n’avait jamais fait partie de ses facultés (en tout cas pas par “magie”) et elle avait donc eu du mal à saisir les subtilités du pouvoir de son hôte mais elle préparait maintenant sa riposte. L’inconvénient qu’elle percevait dans les souvenirs de Clem Free était qu’il ne choisissait pas les corps qu’il fluctuait : son pouvoir marchait par zone. Elle était pourtant certaine qu’il était capable d’utiliser ses wormholes de façon beaucoup plus intelligente pour profiter de l’effet cosmodésique. Si elle y parvenait, son prochain coup décapiterait sans-doute son adversaire. Ne restait plus qu’à user de la gymnastique mentale requis :
 

La connaissance c’est le pouvoir
Les yeux de Clem s’agrandirent et toute (enfin une grande partie de) l’attention de MARvINE était focalisé sur deux points : son centre de gravité et le cou de son adversaire.
 
Le pouvoir c’est l’énergie
Toute l’énergie dont le corps de Clem pouvait disposer sans en pâtir coulait sereinement dans le premier point. Il ne fallait pas brusquer le flux et le relais espace-temps pouvait atterrir n’importe où.
 
L’énergie c’est la masse
MARvINE laissa l’énergie s’échapper vers une seule direction, clôturant son trajet jusqu’à sa cible. Il n’y avait plus que deux choses qui existaient aux yeux de MARvINE : elle et l’agent. Le reste se noyait dans le néant.
 
Et la masse déforme l’espace
Un relais cosmodésique se forma soudain, déformant l’espace B polyfractal et la distance entre MARvINE et son adversaire se divisa par cinquante. Elle fit un pas depuis sa position parfaite de combattant et son poing s’enfonça profondément dans le foie de sa victime. Elle enchaina dans un coup de genou sauté et un craquement se fit entendre pendant que l’agent et le relais s’évanouissaient en même temps, le premier dans un éclair viral.
 
MARvINE prit quelques instants pour vérifier l’état de son corps (entre trois et quatre tridi-secondes) : les doigts de la main droite de son hôte était tous brisés sous l’impact et l’os du genou s’était déplacé de plusieurs millimètres de son logement initial.
 
En bonne intelligence artificielle non humaine,  elle ne fit pas craquer ses épaules avant de se détourner du lieu de combat. Elle remarqua que la production de tourelle n’avait pas repris. Soit Gladys n’arrivait pas à la relancer, fait peu probable vu qu’elle l’avait facilement désactivé ; soit elle était assiégée par les agents du protocole. MARvINE commença son demi tour quand trois agents lui tombèrent dessus. Encore plus silencieux qu’elle quand elle avait voulu prendre son ancien adversaire par surprise. En vérité, l’information des oreilles informant un changement de la pression atmosphérique causée par l’arrivé des trois corps étaient si tenus qu’elle passa directement dans le volet des “impressions” et donc, dans le cervelet... qui s’était bien gardé de ne pas avertir le cerveau. Les deux premiers l’immobilisèrent, plus forte physiquement qu’elle malgré ses bidouillages métaboliques. Le troisième enfonça sa main dans son torse.

 
__________
 
Quelques secondes à peine plus tard, les trois agents reculèrent de surprise devant l’apparence de leur nouveau frère. Clone n’était pas le terme approprié. La fonction du programme Corbeille était capable de supprimer les fonctions automatiques d’une machine pour la remplacer par plusieurs souches virales créant l’agent. Jamais ils n’avaient piraté de cyborg : si la machine était bien supprimé quelque soit l’endroit où elle se trouvait. L’humain en réchappait indemne, avec quelques améliorations apportés au passage par sa métamorphose.
 
Clem se releva doucement, remplie d’une puissance comme il n’en avait jamais connu. Les changements biologiques apportés par MARvINE étaient restés et le virus Corbeille lui avait octroyé ses plus profitables capacités physiques. Il regarda son reflet dans les verres de lunette des agents devant lui. Il en portait lui aussi ainsi que leur costume trois/quatre mais il avait gardé sa bobine.
 
Il avait toujours adoré les costards cravate et il n’était jamais contre un putain de surplus de puissance pour tenter de scraffer son grand frère. Il était en ce moment-même dans la ligne de vision d’un agent et l’oreillette collé contre la tempe de Clem lui indiquait précisément où, ainsi qu’à tous les autres agents.
 

 

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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Dim 1 Avr 2012 - 15:30
La bagarre fut plus impressionnante que l’autre. J’avais laissé mon panneau derrière moi afin d’affronter ce gars à mains nues ; à deux contre un alors qu’on avait des armes, on pouvait facilement le tenir à distance. Mais ces gars étaient assez rapides pour se défaire de ma portée supérieure et de retourner le poids de mon arme contre moi. Donc j’avais préféré planter mon panneau à moitié dans le toit (pour être sûr qu’on ne me le vole pas), et je m’étais attaqué au second agent avec une rapidité toute nouvelle. Lui aussi se battait à mains nues. Nos coups atteignaient difficilement l’autre ; les parades, contre-parades et contre-contre-contre-contre parades qu’on s’opposait se neutralisaient mutuellement dans une scène rendue terrible par le lieu et ses vents, ainsi que par la puissance des coups. Je n’étais pas très doué pour le corps-à-corps, mais ça faisait longtemps que je n’avais pas abandonné mon panneau pour un combat aussi physique. On réussissait chacun à empêcher des coups mortels que l’autre nous envoyait, cherchant à éviter qu’on casse nos membres. Chaque attaque était si violente qu’on entendait parfaitement l’impact des coups. Pendant qu’on s’échangeait un déluge d’arts martiaux sortis de nulle part, je pouvais voir la Technologie trôner fièrement derrière mon adversaire.

On recula, et je pus enfin respirer. Je me souvins des premières nuits à Dreamland où j’attaquais mon adversaire sans panneau. Les cours de close-combat que mon beau-père m’avait donné étaient presque inutiles contre un adversaire de cet acabit : il ne saignait pas, il supportait bien les coups qui auraient pu assommer ou pétrir de douleur n’importe quel humain. J’en venais à me demander comment j’allais tuer un type pareil. Je regardais vers le bas pour me rendre compte grâce à mon nouvel Artefact que les gars montaient de plus en plus vite. Ils allaient arriver d’ici moins d’une minute. Voyons voir, l’affrontement serait une très mauvaise idée : il suffisait que je récupère la Technologie avec un portail, puis que je saute de l’immeuble et que j’amortisse ma chute avec un autre portail. Ouais, ça pourrait le faire. Je me concentrai à nouveau sur mon adversaire qui avait perdu ses lunettes de soleil pendant l’affrontement (un point décisif pour moi). Ce petit con avait décidé de récupérer la Technologie qu’il tenait serré contre lui. Il me fit d’une voix imposante et agaçante, comme le virus qu’il était :


« J’ai bien peur que vous manquiez de temps. Mais j’ai l’impression que cette espèce de Thermos vous déconcentre.
_ Lâche-ça et je te rendrais tes lunettes de soleil. Je vois même pas pourquoi tu t’acharnes à me faire chier, je vais te laisser bouffer tout le bâtiment si tu veux, en échange de ce truc.
_ Malheureusement, j’ai bien peur qu’un accord entre vous et moi soit impossible. J’ai été créé pour détruire, si bien que j’ai l’impression moi-même que l’idée vient de moi. Vous ne pouvez pas m’arrêter, Elu. Il est trop tard. Il va bientôt arriver. »


Il allait la lancer par-dessus le bastingage, ça ne faisait aucun doute. Tente une fois de le faire, ose juste, et je te jurais que mes portails allaient la rattraper. Il pouvait peut-être la balancer fort, certes. Mais tant que j’étais préparé, je pourrais facilement la récupérer tout de même, quitte à plonger aussi. J’entendis alors un Bang derrière moi et je me retournais pour apercevoir une dizaine de silhouettes noires foncer vers moi. Et le temps que mon esprit déconcentré se remette à chercher où était la Technologie, je voyais Eveuh qui l’envoyait en l’air. Peut-être que si je parvenais à les vaincre, je pourrais la retrouver avant que d’autres ne mettent le grappin dessus.

Ce fut à ce moment où j’engageais le combat que je me rendis compte jusqu’à quel point allaient les pouvoirs de Morpheus. J’estimais que dans mon état normal, j’aurais trouvé une option pour fuir au lieu de devoir m’attaquer à une douzaine de ces saletés de virus qui étaient presque aussi fortes que moi. Mais au lieu de ça, une sorte de conscience extérieure à la mienne (ou alors qui en avait phagocytée une bonne partie de forte belle manière) me souffla que je devais continuer à vaincre. Sous les mêmes effets de la pilule, des nuages noirs se mirent à se concentrer autour du bâtiment tandis qu’un chœur venu de je ne savais où se mit à faire palpiter le combat. En fait, ses pouvoirs provenaient peut-être de la vérité, ça restait avant tout de la drogue cette connerie. Ouais, de la foutue drogue. Qu’est-ce que connard de Black m’avait donné ? Putain de bordel, je me rendais peut-être compte que c’était à cause de son pouvoir qu’il me voyait comme l’Elu. Et qu’il me sortait un charabia indescriptible à propos de mon statut ! Et peut-être que l’Agent ne pouvait pas parler, et que c’était l’effet de la drogue qui me faisait croire qu’il pensait aussi que j’étais un type spécial. Mais tout provenant d’une vérité enfouie, peut-être bien que le message que je devais comprendre était qu’il me craignait. Que je représentais pour eux une sorte de Nemesis. Par contre, je ne savais pas d’où sortaient les dires de l’Oracle vu que j’avais pas été sous antibios à ce moment-là. Peut-être que la scène ne s’était jamais produite mais que la pilule m’avait faite croire justement qu’elle se l’était passée ; peut-être qu’elle avait formaté mes souvenirs, cette salope de pilule rouge. Enfin, en tout cas, je devais m’occuper d’autres choses pour le moment, pensais-je en martelant le crâne de l’Agent le plus proche.

Le combat fut très difficile à gérer mais mes capacités s’améliorèrent, peut-être parce que je me rendais compte de toutes les possibilités qu’offrait la pilule, ou que mon corps ne faisait que s’échauffer. En tout cas, mes coups de poing étaient suffisamment balèzes maintenant pour arrêter la charge d’un de ces types et même de l’envoyer dans le décor sans aucune difficulté. Je me mis à même à user de mes pouvoirs afin de transformer leur avantage numérique en autant de coups qui volaient contre eux. Ce qui était plutôt utile finalement, c’est que mes lunettes me permettaient de savoir exactement ce qu’ils faisaient dans mon dos. Ainsi, je pouvais bloquer leur coup sans les regarder ou bien lancer des contre-attaques sorties de nulle part exactement comme les personnages de beat’em all qui semblaient voir par le regard du joueur lui-même. Chacun de mes coups envoyait paître un agent, voire le faisait de tomber de l’immeuble si mon attaque était préparée. J’étais toujours entouré des costards mais plus que ma force, c’étaient bien mes réflexes qui avaient été augmenté de façon considérable et me permettaient de jouer à jeu égal malgré leur nombre totalement abusé. Je ne voyais pas le monde au ralenti mais je prenais des décisions assez rapidement pour empêcher les quatre coups de poing et deux coups de pied qu’on m’envoyait chaque seconde de m’atteindre. Je réussissais à massacrer la gueule à un gars, à sauter par-dessus son épaule pour éviter un coup de poing (qui massacrait d’ailleurs le premier gars cité), à retomber sur les épaules d’un autre, à faire un balayage pur envoyer paître encore plus loin un adversaire qui n’avait pas eu le temps de tomber au sol, avant de péter le bras à un attaquant et à le projeter sur d’autres adversaires, et enchaînai deux contres et une parade pour repousser deux assaillants en même temps juste avant de bloquer un coup de pied venu de derrière que je renvoyais au distributeur en me baissant juste après pour faire tomber un agent en le faisant rouler sur mon dos, ce qui me permit de l’achever à la méthode Catch, pour me relever précipitamment en envoyant un coup de boule à mon attaquant le plus proche, et envoyer un coup de pied retourné dans la mâchoire d’un type trop entreprenant. Et tout ça en un seul mouvement sans aucun temps mort. Combo x76.

J’étais totalement instoppable, mais ils étaient de plus en plus nombreux à squatter le toit. Ils venaient inlassablement des trois portes qui donnaient sur la terrasse en plein cieux. Je continuais mon combo mais accusais quelque signes d’usure : quelques punchs m’étourdirent et je dû me dépêcher de bouger avant qu’ils ne m’enterrent sous une pluie de poing qui seraient fatales. J’utilisais de plus en plus des portails pour me dégager de la mélasse et rendre la monnaie de leur pièce aux agents. Mes poings commençaient à me faire mal et mes bras à devenir lourd. J’encaissais sans problème un punch dans l’estomac grâce à l’action simultanée de l’armure ainsi que de la pilule (j’espérais d’ailleurs qu’elle allait encore durer quelques temps). Je me battais comme un lion, comme un tigre, comme le lapin de Sacré Graal, et même comme uns star de cinéma d’action américain en écrasant mes adversaires au fur et à mesure. Les coups échangés devaient être aussi costauds que ceux de mon panneau, sans panneaux. On en voyait presque les ondes de choc. Je dégommais quelqu’un ici, j’envoyais ma paume, mon coude, mon genou, j’étranglais, utilisais leur force pour les re-balancer contre eux, etc. Leur nombre les rendait insouciants quelque part et leur formation de combat consistait à foncer sur moi puis à espérer qu’ils me touchent en une attaque avant de se faie démobiliser la gueule. Je commençais à perdre l’équilibre avec tous ces assaillants. Un coup de pied raté fut ma perte : je tombais à la renverse et les agents fondirent sur moi pour faire une fourmilière humaine. J’utilisais en vitesse mes derniers portails afin de me retrouver près de mon panneau, et envoyais les agents anciennement acculés sur moi dans les bas-fonds de la cité avec un sadisme de force neutre. Je pris mon arme et usais mes dernières forces pour m’extirper de cette masse avec mes portes pour me retrouver loin de tous. Je ne voyais presque plus d’agent monter les étages (ils étaient tous là environ) : ils occupaient une bonne moitié de la superficie du toit, et dieu savait que ce toit-là était étendu. Je me remis vite à niveau avec les liquides étranges qui me réparèrent (j’avais pas d’autres mot sur le coup), ainsi que mon bouclier. Finies les blessures, j’étais en pleine forme, et j’avais maintenant mon panneau. Voyons voir comment ça allait se dérouler maintenant (pourquoi je désirais toujours combattre contre autant d’adversaires à la fois ? Pilule de merde).

Je chargeais vers la masse grouillante qui fit de même avec moi. La rencontre promettait d’être violente : elle le fut plus encore. Je fis un premier balayage avec ma force démentielle qui éjecta quelques agents, puis toujours en courant vers, puis et dans eux, en envoyais une autre qui les firent voler au loin. Je me dégageais d’eux en jouant des coudes et de l’autre partie de mon panneau, envoyant des baffes métalliques à tous ceux qui approchaient trop près, mettant un peu plus de distance entre moi et mes adversaires que quand je n’avais pas de panneau. Avec mes pouvoirs, je parvenais à maîtriser mon arme de façon aussi fluide que si je tenais un bambou. Mes adversaires qui cherchaient à pénétrer dans le cercle (tous en même temps d’ailleurs, je regrettais le temps où je jouais à Assassin’s Creed) se faisaient tous congédier d’un large mouvement imperturbable de mon arme. Je ne savais même pas si j’avais réussi à en blesser un ou pas. Ils continuaient à m’attaquer et aucun ne portaient de signes distinctifs qui me permettraient de le savoir. Ils étaient trop nombreux pour ça. Pris d’une impulsion, je plantai mon panneau dans le sol, m’accrochai à la barre avec les deux mains avant de tourner autour comme un fou furieux en éjectant tous ceux qui passaient à-côté avec mes jambes, courant sur leur torse. Trois tours plus tard, le mouvement se termina quand je ressortis mon panneau avec un geste montant presque par-dessus mes épaules… avant d’écraser un gars contre le toit avec. Je fis un saut, envoyai paître trois personnes en plus dans des cassages de gueule impressionnants, ripostai, m’extirpai et refrappai. Ils étaient encore trop nombreux pour espérer terminer la bataille plus rapidement. Voire immortels, ce qui ne gâtait rien. Sérieusement, combien de temps j’allais devoir les affronter comme ça ?
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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Dim 1 Avr 2012 - 17:40
Le vent siffla aux oreilles de Clem en faisant le même bruit que deux palmiers furibonds tandis qu’il prenait de plus en plus de vitesse. Il stoppa sa chute en mettant son pied contre une barre circulaire qui maintenait un porte-outil géant dans un espace libre de l’énorme salle de production. Une simple poussé et il repartit dans les airs. Clem n’était pas un voyageur puissant par nature ni par esprit. Il était donc complètement grisé par ses nouvelles capacités. Normalement, l’attribution d’un tel pouvoir aurait du lui demander un certain temps de latence pendant lequel il se serait habitué à en user progressivement jusqu’à trouver et tester ses limites. Là, il était largement aidé par une partie de l’Effaceur qui s’occupait des actions les plus dangereuses que Clem voulait faire. C’était difficile à expliquer : là où MARvINE avait contrôlé son corps dans une relation de type “maitre/esclave” comme si Clem avait été un exosquelette ; le virus devait plus être considéré comme une tumeur qui apportait son aide quand il voyait que son aide ne pouvait accomplir les exploits qu’il entreprenait. Son jugement était immédiat et sans appel : à n’importe quel moment il pouvait contrôler le corps de l’agoraphobe mais c’était toujours pour le protéger.
 
La salle dans laquelle il se trouvait était la plus grande de l’entreprise et il y était déjà venu quand MARvINE l’en avait précipiter au début de la nuit. Il était resté un bon moment dans la chaine de production mise en route et pour ce qu’il en voyait, on pourrait y lancer une montagne à l’intérieur sans en effleurer les parois (les innombrables chariot de travelling amenant des robots aux différents postes en revanche...). Clem n’avait qu’une seule envie : rejoindre son frère et lui pêter les dents avec sa nouvelle force. Il savait que la Technologie avait été transformée en agent et il s’en fichait royalement maintenant qu’il avait une chance de vaincre son frère. Il savait qu’une fois la nuit terminé, il redeviendrait un voyageur lambda. Il voulait seulement tenir assez longtemps pour réduire Ed en purée. Il savait où il était, il savait aussi qu’il était en train de se battre comme un enragé contre toute la horde au quasi complet. Clem était suivi par une demi-douzaine d’autres agents et ça allait chier.
 
Ils arrivèrent à une des extrémités de la salle, près d’un mur, comme si la décision était l’oeuvre du collectif et non d’un chef de groupe, les six agents frappèrent le métal de façon à disperser les chocs de façon circulaire tandis que Clem lançait son épaule au milieu de la ronde imaginaire et creva le mortier comme s’il avait été question de papier peint. Ils continuèrent à courir dans les couloirs sans ressentir la moindre espèce de fatigue : Clem voulait rejoindre l’extérieur du bâtiment pour pouvoir grimper rapidement les étages et arriver sur le toit. Les autres agents le suivaient, il était inutile de chercher à prendre un ascenseur car ceux-ci étaient tellement automatisé qu’ils avaient tous été transformés en agent. Et même s’ils trouvaient un ascenseur encore en état. Les agents n’étant pas reconnus pour leur patience le transformerait certainement sans plus attendre. Clem lui-même doutait de pouvoir résister à l’appel du clonage. Le virus installé en lui le poussait à accomplir son travail d’Effaceur de façon très insistante voir permanente. C’était un peu comme si Clem était un cannibale affamé et qu’une petite voix dans sa tête lui en répétant en boucle :
“du sang, du sang, du sang, du sang, du sang...”
 
Charmant... mais pas autant que la T.X qui apparut au détour d'un couloir (enfin vu la vitesse à laquelle Clem et les agents arrivèrent, on pouvait dire que c'étaient eux qui étaient apparus mais bref, on s'en fout). Elle était accompagnée d'une tourelle piraté par ses soins. Celle-ci ouvrit le feu immédiatement. Et instantanément (si ce n'est avant), l'Effaceur prit les commandes de Clem et celui-ci évita les balles dans un ballet extrêmement rapide que l'œil humain ne pouvait apercevoir. Clem se jeta sur la cyborg tandis que les autres agents se ruèrent sur la tourelle "Au secours !". La T.X lança son poing vers Clem, celui-ci évita le coup, attrapa le bras et mis à terre sa propriétaire dans le même mouvement. Tenant toujours le poignet du cyborg, Clem vit que le bras de celle-ci était ainsi tendu et donna un coup de pied dans l'articulation du coude ainsi découverte. Le coup fit plier le bras en deux dans un sens que les concepteurs originaux n'avaient sans doute pas prévu. Un grésillement électrique et plusieurs fils en sortirent derrière une lueur d'énergie bleue. Clem plaça sa main sur la gorge de son adversaire et le remit debout par sa seule force. Il lui colla deux mandales violentes sur la mâchoire qui lui firent tanguer la tête à chaque choc avant de lui planter le tranchant de sa main dans le torse. Un intense plaisir viral s'empara de son corps tandis qu'une nappe grise métallique remplaça la cyborg, chape elle-même remplacé par un nouvel agent. D'un coup d'œil, Clem vit que les autres agents avaient fait de même avec la tourelle (mais sans les baffes, bien évidemment).
 
Une injonction silencieuse de sa part (mais bien réelle : vive la transmission informatique de pensée !) et ils repartirent tous ensemble. Trouvèrent rapidement une cage d'escalier menant jusqu'au toit.
 

___________
 
Ils arrivèrent finalement sur le toit. Quand Clem vit Ed, tout bouillant après son combat épique contre les agents. Un plomb sauta quelque part en lui. Bon déjà parce que c'était son frère de merde qu'il avait sous les yeux (sus au connard !) mais aussi parce que l'Effaceur voulait absolument avoir un temps de parole. Clem considéra sa manœuvre avec circonception : il n'avait jamais pris le contrôle de sa bouche avant cet instant. Autours d'eux, les agents avaient respectueusement fait un couloir humain de plusieurs mètres de large. Une pluie verte et digital s'abattit avec fracas autours d'eux. On était proche de pouvoir la qualifier de déluge : c'était le décor pour le putain de combat final :
 
"Monsieur l'Elu, quel plaisir de vous revoir. Vous nous avez manqué.”
 
S’ensuivit un petit moment de flottement tandis que Clem reprenait ses esprits. Il vit Ed, sera le poing et s’élança vers lui.

__________

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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Dim 1 Avr 2012 - 20:21
La réponse à ma question que vous allez certainement relire à cause d’un temps de latence était… pas trop longtemps. Dès que je réussis une nouvelle fois à me dégager de mes envahisseurs en costard-cravate assez menaçant pour égaler en terreur un cabinet d’experts comptables, ils abandonnèrent leur activité de vouloir me défoncer la gueule et restèrent droit comme des i tout en me fixant d’un regard particulièrement haineux pour des gens qui portaient des lunettes de soleil. En même temps que leur passivité nouvelle, je pouvais constater derrière mes verres teintés qu’une immense puissance verte, bourdonnant des pulsions inextinguibles s’avançait rapidement vers ma position. Quand je disais puissante, je le disais bien : rien à voir avec les agents Smith que j’avais déboutonné ci et là, mais plus puissant, et étrangement, de même nature tout en étant quelque chose de complètement différent. Je ne pouvais pas en dire plus, parce que mon intelligence était un poil limité et que mes expériences avec ces lunettes n’étaient véritablement pas au top. J’attendis donc que cette puissance inconnue et certainement désireuse de faire avancer le scénario soit par un matraquage de coups de poing encore plus enragés, soit par une négociation pacifique (mais je doutais qu’un négociateur puisse envisager un début de réponse à une solution pacifique dans la tourbière explosif dans laquelle on était tous empêtrés). A mon avis, c’était un peu le patriarche de tout la tribu qui avait demandé à ses enfants d’arrêter de me pilonner la gueule parce qu’il voulait aussi participer à la fête, égal à ce personnage redondant dans les albums de Lucky Luke, ce vieillard en fauteuil roulant déglingué avec une pipe et un fusil de chasse qui arrivait toujours après l’intervention du héros et qui pestait dans sa longue barbe blanche tandis que sa belle-fille le ramenait vers la maison en le calmant d’une voix neutre.

Malheureusement, ce fut pire. Un peu de comique dans ce drame social et technologique n’aurait fait aucun mal à la scène bien au contraire. Mais loin d’un vieillard édenté, ce fut Clem avec un costard-cravate, des lunettes de soleil et l’air sérieux qui débouchait à son tour dans la place, irradiant d’une puissance inconnue. Ce con s’était fait certainement chopper par les agents. Son manque de neurones certains lui avait certainement valu d’être considéré comme une machine, même par des spécialistes du genre. Triste con. Et encore, c’était la meilleure des hypothèses possibles. Parce que je n’osais imaginer de quelle puissance il disposait maintenant, amélioré par les performances physiques des agents en général. Un super Clem. Et puisque Clem était une merde, ça me faisait une super merde. J’avais véritablement hâte de lui poutrer la gueule à la sauce « coucouche panier », mais j’avais bien peur que ce ne fut pas simple. Ne disposant pas encore de comparateur par rapport à ma propre puissance, je ne pouvais pas savoir si ce type était une réelle menace pour moi ou s’il me promettait juste un petit affrontement cool avant que je ne lui démonte la tête et n’en m’en serve comme ballon. Aucune idée, mais j’aimais bien l’hypothèse du ballon. La tempête qui s’était préparée n’en pouvait plus de se retenir la vessie, et une pluie verte aussi réelle que le cerveau de Clem s’abattit sur nous tous. Je n’avais toujours aucune idée si c’était l’effet de la pilule de mon pote Black, ou bien si l’air de la région était tellement contaminé par les déchets électroniques que le climat en était détraqué. Je soignais ma coupe de cheveux en me servait de l’effet trempé, avant de regarder mon frère se mettre en position devant moi, à quelques mètres.

Le vent claqua sur l’immeuble, mais ce n’était qu’une variable totalement négligeable comparé au décor de choc qui se préparait entre nous. On allait enfin avoir un véritable duel lui et moi, d’égal à presque égal. C’était déstabilisant pour moi, car d’habitude, je commençais toujours les affrontements avec un avantage appelé « grand frère » que Clem n’ignorait pas, doublant mes chances de victoire et amenuisant fatalement les siennes. Même si je devais l’avouer, il avait un peu repris de l’assurance avec l’âge (le résultat ne changeait pas de toute façon). Maintenant, mon cadet était bouffi de suffisance que je mourrais d’envie de lui faire avaler miette par miette tandis que je lui tabasserais la gueule avec une main. Mon panneau serait certainement inefficace dans un pareil combat. Puis, je voulais l’exploser à mains nues. Et lui-même avait arrêté ses propres troupes pour pouvoir me défoncer la gueule de ses poings. Lui et moi établissions des règles implicites rien que par le regard et la situation qu’on nous donnait. Pas de bras droits, pas de panneau. Pas de problèmes. Je pris la pose, avec un air super sérieux. Tant que j’avais mes (super) lunettes de soleil, j’étais totalement indestructible. Clem me dit que je leur avais manqué, une réplique totalement ridicule vu que je n’étais pas vraiment parti. Je repris juste derrière lui en secouant subtilement la tête, dans le continument de ma pensée :


« Ça finit ce soir. »

Nous partîmes l’un contre l’autre à des vitesses totalement hallucinantes. Il était véritablement plus puissant que d’habitude, quant à moi, je redécouvrais une nouvelle fois la liberté exercé sur le corps quand le poids du panneau disparaissait. Mon cerveau s’arrêta sur une image au ralenti, où je voyais le poing de mon frère s’avancer vers ma joue tandis qu’en parfaite symétrie opposée, j’allais lui exploser le crâne avec ma propre main. Le choc allait être violent.

__

Gladys pouvait enfin respirer. Pendant plus de cinq minutes, les virus avaient tenté de détruire la porte blindée de la salle qu’elle avait rapidement descendue pour se protéger de leur invasion inextinguible. La porte avait subi des coups terribles, avaient failli céder. Mais au bout d’un moment, soit lassés, soit appelés pour une tâche plus importante, les costards s’étaient détournés de leur objectif et avaient fui ils ne savaient où. Gladys espérait pour eux qu’ils ne croyaient pas qu’elle allait faire remonter les trois mètres d’épaisseur qui la protégeaient d’eux, parce qu’ils se fourraient leur doigt au travers de leur lunette de soleil. Elle allait rester dans cette salle tranquillement et patienterait jusqu’à son réveil. Elle devrait fournir un rapport très fourni et très peu à son avantage le lendemain soir, mais qu’importe, une personne virée signifiait implicitement une personne en vie.

Elle mit plus d’une minute à se rapprocher de l’ordinateur central, se disant que si ses patrons lui demandaient ce qu’elle avait fait à telle heure en regardant d’éventuels restes de bande-vidéo et l’y trouvant aussi immobile qu’une statue, elle se ferait débauchée de façon plus radicale et peut-être beaucoup moins sympathique. Elle pianota les touches de l’immense clavier, mais MARvINE ne lui répondit pas. Très inquiétant. Trop inquiétant. Sans l’IA du bâtiment, autant dire qu’il devenait aussi simple à naviguer dans son Intranet comme un vaisseau de beurre dans du ciment armé. Elle se dépêcha de trouver des solutions de secours, dans des banques de donnée que MARvINE avait créées toute seule. Après avoir entré quelques mots de passes de plus de vingt caractères, Gladys réussit à faire apparaître une image pixellisée de MArvINE elle-même. Exactement de la même voix, elle lui demanda sans surprise :


« Quel est le problème ? » Gladys resta soudainement silencieuse. Par quoi commencer en fait ? Remarquant son indécision, la mini IA reprit : « Si la situation est compliquée, permettez-moi de faire un check.
_ Vas-y.
_ Compris. »
répliqua-t-elle très rapidement. « Mesure d’urgence à situation d’urgence. Ils sont des virus. Le seul moyen de les anéantir est de leur envoyer un antivirus, et de l’installer dans le corps principal.
_ Et c’est lequel ? Ils se ressemblent tous !
_ Le corps principal est celui qui contrôle tous les autres. Il se trouve soit dans l’agent originel, soit dans un hôte particulièrement puissant.
_ Je crois qu’il a eu MARvINE. C’est peut-être ça.
_ Ohoh ! Il a eu la superbe MARvINE ? »
fit d’un ton surpris l’IA qui semblait être prête à étaler du beurre sur sa créatrice. « Nos chances sont minces, mais nous pouvons tenter la chose. Le dernier recours qui nous reste est « d’endormir » la conscience parasitée de MARvINE avec ceci. Sinon, elle rejeterait inconsciemment l’antivirus. » Il y eut un petit temps d’attente, mais une boule métallique cyclope de plus de trente centimètres de diamètre tomba du plafond par un tuyau de verre. Quand Gladys s’approcha, la petite boule s’alluma et dit d’une voix particulièrement excitée :
« C’est à vous ces magnifiques diodes ?
_ Je fais quoi avec ça ?
_ Vous le plaquez sur l’agent alpha. Il se collera aussitôt dessus. Puis vous enfoncez l’antivirus que je viens de coder, et dont la disquette est juste ici.
_ Je vous propose un dîner, vous et moi, ma belle bio puce.
_ Je l’ai »
, termina Gladys en s’emparant d’une disquette rouge qu’elle fourra immédiatement dans sa poche. La boule métallique continua son show :
« J’adore quand vous me tenez dans vos bras comme ça. Grande folle. Si je ne vous connaissais pas, je penserais que vous voudriez que j’intègre ma clé USB dans votre…
_ La ferme.
_ Je peux faire une dernière chose pour vous ?
_ Euh, oui ! Oui, tu peux. Je veux que tu me fasses un rapport détaillé sur l’inutilité complète de MARvINE cette nuit-là s’il te plaît. Merci.
_ Ça sera fait.
_ Quand vous donnez des ordres, je me sens prêt à être un cheval de fer. »
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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Lun 2 Avr 2012 - 13:19
Le choc allait être terrible : l'explosion physique entre deux êtres tendus comme un arc électrique de réacteur nucléaire qui se fonçaient dessus à pleine vitesse. L'atmosphère était tellement coupante et condensée entre les deux frères qu'un salami lancé d'un coté serait tombé en petits cubes de l'autre. Leur rencontre allait certainement fracasser les gouttes autour d'eux dans un large cercle. Clem ne le savait pas mais Ed était drogué jusqu'aux yeux tandis que Clem avait deux supers entités de ce royaume dans la caboche. Les employés du DreamMag allaient devoir faire des heures sups et sortir un numéro spécial pour raconter ce qui allait être l'affrontement entre voyageur de l'année. D'un coté le frère ainé, cador de Dreamland aux multiples aventures jusqu’aux quatre coins des trois zones ; de l'autre, le jeune rocky qui le pourchasse depuis le premier jour avec un artefact pour surveiller ses allées et venues, se rencontrant après un chassé-croisé dans les couloirs d'une entreprise à la sécurité au bras long et aux méthodes létales expérimentales. Là-haut, sur le toit du monde en larme, après avoir écarté tous les quidams et les obstacles de leur chemin, contre toutes attentes ils s'affrontent après avoir été en bien meilleures dispositions qu'au début de la nuit. Personne n'aurait parié qu'ils réussiraient à se rencontrer en cet instant, à cet endroit, avec de tes moyens pour se péter la gueule. Ils allaient fendiller la pierre, écarter les nuages et écrire leur nom dans le firmament éclairé. Tout Dreamland allait devoir se boucher les oreilles pour échapper à la tempête Free car on allait en parler des jours et des jours de cet orage là. "Si ça ce n'est pas un putain de combat final, je mange mon écharpe" se dit Clem alors que le poing d'Ed allait s'abattre tel un marteau sacré sur sa joue.
 
Juste à l'instant d'avant, une implosion d'anti-bruit remplie l'atmosphère entre le nez de l'agoraphobe et celui de son adversaire, enlevant les couleurs sous son passage et figeant les deux combattants en l'air comme si l'élément lui même s'était solidifié. Un homme en costume trois-pièce gris fit son apparition, sa venu ne suscita aucune réaction oppositionnelle de la part du monde stérile dans lequel le monde physique donnait l'impression d'avoir été figé dans le temps.

"Cela suffit pour ce soir."
 
 
...Autant pour le combat épique, bref ! Clem et Ed était coincé dans la même position combattante et stupide tandis que l'homme en gris. sa tête apparaissait aussi en gros plan devant la vision de Clem comme si son regard était devenu un poste de télévision. Il avait l’impression que celui-ci n’appartenait pas à la même dimension que les deux frères et qu’il ne pouvait qu’apparaître de cette façon. Cette vision n'était jamais fixe et tournait un peu autour de ses deux yeux quand elle ne disparaissait pas dans un fondu pour réapparaitre au même endroit.
 
Oh... et elle parlait. Elle parlait de façon très étrange, sa voix prenait des intonations fausses et une accentuation inhabituelle comme si l’homme en gris n'était pas habitué à parler la langue des hommes.
 

« Bien le bonsoir Monsieur Free. Il va être l'heure de vous réveillez. Un silence comme si l’homme attendait une réponse mais sa présence glacé collait la langue de Clem contre son palais et l'empêchait de répondre. Son interlocuteur continuait de discourir comme si cela n'avait aucune importance. « Vous avez beaucoup accomplie cette nuit ; et personne ne trouverait à redire si vous preniez un peu de repos." Nouveau silence essentiellement contemplatif. "Ne croyez pas que je minimise vos exploits et ceux de votre frère, oh non. Nous savons tous que l'homme qu'il faut, là où il ne faut pas, peut faire toute la différence. Et puis vous n'aurez jamais fait un aussi bon travail sous la coercition, n'est-ce pas ? Nouveau silence, pure politesse distinguée cette fois-ci, mais Clem n'avait pas le pouvoir d'apposer sur son visage les signes d'une vertueuse indignation. "Il va donc être temps maintenant. Donc… réveillez-vous Monsieur Free. Réveillez-vous."
 
L’apparition disparut devant Clem dans un flash blanc électrique puis ce fut le noir.
__________________
 
Et enfin le réveil proprement dit, sauf que Clem s’attendait à ce que par « réveil » le mystérieux voulait signifier qu’ils allaient quitter leur étrange état cryogénique. En fait, le fait que Clem distinguait la tapisserie du plafond de sa chambre démontrait de façon assez clair que cet étrange connard les avaient renvoyé dans le monde réel ! Mais Clem ne voulait absolument pas se réveiller de cette façon là ! Merde il avait son frère à porté de main avec une puissance complètement destructrice et complètement volé ! Une telle occasion avait la même fréquence d'apparition qu'un alignement des planètes dans le système solaire en forme de double-V !
 
Mais cette occasion n’était pas totalement finie : même si Ed avait été réveillé de la même façon que lui, il est très certainement en train de faire la même chose que son frère à savoir, tenter de se rendormir pour retourner dans le royaume et casser la gueule de l’autre. Enjoy ! On y croit.
 

 

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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Lun 2 Avr 2012 - 17:33
Alors que mon poing allait s’abattre sur la gueule de mon frère dans un fracas qui l’enverrait à l’autre bout du Royaume, quand on allait enfin mettre un point (même s’il ne serait pas forcément final) à cette histoire de rivalité, quand on allait en terminer une bonne fois pour toutes avec le suspense de la soirée qui avait commencé en ce qui me concernait comme insecte dans les conduits d’aération et pour Clem comme Plonbier, Dieu avait décidé tout simplement de troller, et il appuya sur le bouton « pause » de sa télécommande cosmique. Je pouvais voir l’ombre de mon poing sur la joue de mon frère, mais je ne pouvais en aucun cas bouger. Même mes yeux étaient bloqués sur la même champ de vision, comme je n’entendais plus mon cœur battre. J’étais tellement immobilisé que je ne pouvais même pas laisser sur mon visage la trace d’une marque de quelconque surprise, et que je dévoilais à Clem un air constipé de sérieux et d’une envie d’en découdre figé dans le temps comme les mammouths dans une congère. Autour de moi, plus aucun agent ne bougeait, tous dans des poses de costard coincé. La pluie et le ciel étaient totalement immobiles, me permettant d’apercevoir la beauté de la lumière se fondant dans l’obscurité et explorant toutes les nuances de noir possible, tandis que chaque goutte reflétait à sa manière le terrain et le ciel. Quelque part, c’était magnifique et je me surpris à vouloir bouger mes yeux pour apercevoir ce paysage d’un autre point de vue. On aurait cru qu’on était dans un Blu-Ray mis sur pause juste pour profiter de l’image qui s’étalait sur l’écran plasma. Ou alors d’une publicité pour vanter les effets de ce même Blu-Ray ou de cette même télé.

Rapidement après ce brutal immobilisme, avant même qu’on se demande ce qu’on allait faire maintenant qu’on ne pouvait plus rien faire, un visage apparu devant moi. Certains soldats revenaient de la guerre avec des traits épuisés et nouveaux. Le type en face aurait plutôt ressemblé à un expert-comptable qui s’était battu contre les chiffres et les bilans trop longtemps et qui tenterait d’oublier ces longs combats à compter, trombonner et changer les piles de la calculatrice. Il avait des traits un peu quelconques : des rides, la cinquantaine, le crâne rasé. Mais il parlait lentement comme s’il redécouvrait le langage, ou voulait le faire redécouvrir à ses interlocuteurs pour qu’ils soient plus attentifs à sa façon de parler plutôt que les paroles en elle-même. Il avait une assurance certaine, de celui qui maîtrisait le monde mais ne voulait pas montrer qu’il abusait trop. Il portait lui aussi un costard-cravate ainsi qu’une serviette de couleur sombre. Il apparaissait comme superposé à mon champ de vision, aussi grossièrement qu’un montage fait sur Paint. Cependant, cette apparition cheap rendait le tout effrayant. Parce que les gens qui ne s’embarrassaient que du résultat sans se perdre dans un luxe de détails superflus étaient généralement des gens intelligents qui connaissaient tous les ressorts d’une situation, à commencer par ceux qu’on ne connaissait pas.

Plus ce type parlait, et plus je « reculais », comme aspiré lentement en arrière. Les contrastes de lumière se faisaient de moins en moins présent et s’assombrissaient tandis que la figure ne se faisait que plus proche. Des fois, je voyais le corps entier de cette personne, des fois, je ne voyais que sa tête en gros plan, ce qui me permettait de ne rien louper des détails de sa figure usée par le temps et l’administration. Il parlait en des termes très décousus. Peut-être trop décousus en fait. Il cherchait à se donner un style par le non-sens de ses phrases, et semblait ne vouloir parler que pour me faire sentir plus impuissant encore que je ne l’étais déjà. A lui tout seul, il pouvait faire naître des idées conspirationnistes à n’importe qui : sa façon de parler, d’interrompre le temps sans aucune difficulté et de pouvoir déplacer mon corps vers une autre dimension. S’il y avait une chaîne alimentaire décrite par la valeur et le nombre d’informations qu’on possédait, ce gars serait tout en haut. Je ne parvenais pas à lui répondre : de manière instinctive, je ne cherchais pas à essayer parce que je savais que je ne le pouvais pas et que ma voix ne parviendrait pas à ses oreilles. Je ne pouvais rien faire, sinon laisser passer cette discussion qui ne rimait à rien jusqu’à son aboutissement. Je ne savais pas du tout si je devais flipper ou pas de savoir que j’étais entre les mains d’un tel gars : allait-il me tuer ? Allait-il nous laisser reprendre notre combat ? Allait-il tout arrêter ? Allait-il me transformer en dieu ? Allait-il garder mon esprit dans une stase magique pour me vendre comme mercenaire? Allait-il me donner comme cadeau un nounours en peluche rose qui sentait la fraise ? On ne comprenait tellement rien à ce qu’il disait malgré le soin porté à l’élocution qu’il était tout à fait impossible de prévoir la suite des événements ainsi que les raisons de son intervention. Et ce salopard y mettait un point d’honneur à nous laisser dans le flou. Si des phrases pouvaient ne pas meubler une discussion, il les avait trouvés sans aucun problème. Je comprenais qu’il pouvait tout aussi bien donner ce discours qu’à moi et à mon frère. La seule solution pour comprendre cet échange unilatéral de mots et de compréhension était d’être un individu impersonnel. Minimum.

Puis à sa dernière phrase, je compris enfin ce qui allait se passer. Je sentis mon corps et mon esprit se faire siphonner comme dans un bain qu’on vidait. Le monde devint noir. Et la seconde d’après, je me réveillais en nage dans ma chambre, me levant comme sorti d’un cauchemar. Bourritos fuit précipitamment le lit avant de se réfugier dans les toilettes de peur de mon réveil en sursaut.

Putain ! Ça pouvait pas se terminer comme ça ! Il était quelle heure ? Quatre heures du matin ! Ce connard nous avait tout simplement interrompus parce qu’il le voulait, pour des raisons qu’on ignorait totalement ! Dire que cette histoire se terminait en queue de poisson n’était pas révélateur. Il faudrait plutôt dire que c’était un Boeing qui s’était écrasé sur moi, un immense Boeing entièrement blanc avec à son bord le mystérieux comptable dont la principale préoccupation était de renouer sa cravate et se rendre menaçant en séparant les syllabes comme si elles étaient des mots indépendants. Il n’y avait qu’une chose à faire : espérer me rendormir au plus vite pour terminer cette histoire. Ma vessie voulut me dire que c’était parfait que je fus réveillé afin qu’elle puisse faire part de ces revendications. Je voulus dans un premier temps l’ignorer totalement, mais je savais que je ne parviendrais pas à me rendormir si je ne cédais pas à ses exigences. Je revins trois minutes plus tard en caleçon et me recoucha dans mon lit, dérangeant une seconde fois le chat qui avait osé se remettre dessus malgré la peur qu’il avait eu. Il me miaula à la figure mais je claquai ma langue pour le faire taire. Il reposa sa tête sur ses pattes d’un regard outré, fit battre sa queue deux fois avant de s’endormir complètement. Je lui en voulus. Je faillis me relever une nouvelle fois pour me saisir de mon portable à l’autre bout du studio et envoyer un SMS à Ophélia pour la prévenir. Mais comme je ne savais pas quoi mettre dans mon message sans que celui-ci ne fut trop long, je décidais de revenir à Dreamland le plus vite possible, de remplir ma mission et de la rejoindre directement après. Si je le voulais, je pouvais toujours aller voir Ophélia directement mais si je ne le faisais pas, Clem ou d’autres trouverait certainement la Technologie avant moi, toute seule dans la rue, tombée du toit de l’immeuble.

Je réussis à m’endormir en moins de cinq minutes, et me promis que si je retrouvais Clem, je lui ferais la peau comme prévu. Avec un peu de chance, il serait redevenu aussi faible qu’avant et je pourrais lui arracher le nez si fort que sa peau partirait avec. J’étais dans les rues du Royaume, aux pieds de la bâtisse. Première remarque : je n’avais plus l’armure de Freeman, le monde semblait être redevenu normal (en un mot comme cent, je n’étais plus sous l’influence de la drogue de Morpheus), mais par contre, j’avais toujours les lunettes de soleil de l’Elu. Grâce à elle, je pus retrouver la Technologie en moins d’une minute. La calant sous mon bras, vérifiant que personne d’autre ne me voyait, j’allais utiliser des portails pour me rendre très rapidement chez mon employeur. Je jetais un coup d’œil à l’intérieur de la bâtisse mais j’étais trop pressé pour comprendre ce qu’il se passait. Je voyais les âmes de Morpheus, de Gladys, mais plus de trace d’agent. Je quittais les lieux. En moins de dix secondes, j’étais maintenant dans les locaux d’Aperture Science, dans le bureau gigantesque du directeur qui était occupé à jouer au Démineur sur son grand ordinateur. Quand il vit que j’étais derrière lui, il ferma la fenêtre avec l’hypocrisie de celui qui voulait assumer, et me fit un petit sourire. Quand il vit la Technologie sous mon bras, son sourire tripla de taille. Ce fut moi qui commença :


« Que dirait vos employés s’ils vous voyaient jouer au démineur ?
_ Oh, je pense qu’ils seraient jaloux de mes records. Mais sinon, vous avez la Technologie ?
_ Comme si vous ne l’aviez pas vu. Vous auriez dû venir avec moi sur le terrain. Ça vous aurait été instructif pour savoir dans quoi vous m’avez fourré.
_ Je ne me sens absolument pas concerné par ce qu’il y avait là-bas. Il y a toutes sortes de moyens et d’épreuves, mais un seul résultat. Et c’est ce résultat que je veux.
_ Vous n’êtes pas quelqu’un qui m’est sympathique.
_ Je le suis pourtant, pour un chef d’entreprise. Je ne prévois pas de ne pas vous payer par exemple. Je vais donner la Technologie en même temps que je vais vous servir votre EV. Pourrais-je l’avoir s’il vous plaît ? »


J’attendis un petit temps, me demandant si j’avais bien œuvré quelque part. Mais j’abdiquais, me disant qu’il n’y avait ni gentils, ni méchants dans cette affaire : juste des conspirateurs et des mercenaires. Je soupirai et lui donnai la Technologie. Il me remercia, appuya sur deux boutons sur son clavier, et demanda à un ingénieur de venir démarrer le téléporteur, un autre d’apporter la valise pour la récompense, ainsi qu’un autre pour se préparer à recevoir la Technologie. Il tritura un peu la Technologie pour voir s’il pouvait en tirer quelque chose. Ses ongles ne rayèrent pas la surface lisse et grise de la Technologie malgré ses efforts. Deux employés en blouse arrivèrent, dirent le bonjour et se mirent à trifouiller une console près du téléporteur. Je les regardais appuyer sur les boutons tandis que des barres métalliques circulaires s’ouvrirent. Je faillis y entrer mais un léger « Ploc » métallique suivi d’un objet tombant par terre retinrent mon attention. Le Directeur avait réussi à ouvrir la Technologie : un capuchon métallique rebondissait sur le sol tandis qu’il examina ce qu’il y avait à l’intérieur. N’étant apparemment pas satisfait par ce qu’il y voyait, il se mit à renifler à l’intérieur. Il posa la Technologie, s’appuya sur le rebord de son siège et soupira très profondément en essuyant le verre de ses lunettes. Il parla, mais sa voix était plus glaciale qu’avant :

« Ce n’est pas la Technologie. C’est un thermos. Un bête thermos.
_ Il était protégé ! J’en suis certain ! On a détruit tout le bâtiment pour l’avoir ! On m’a poursuivi, on a failli me tuer une bonne dizaine de fois !
_ Et bien il semblerait qu’on ait failli vous tuer une bonne dizaine de fois pour un thermos. Un piège, certainement.
_ Je ne retournerais pas là-bas. Catégorique.
_ Je ne comptais pas vous demander d’y retourner. Par contre, vous comprenez bien que la paie va devoir sauter.
_ Je m’en fous de vos EV. Tant que vous me téléportez.
_ Je ne sais pas si vous le mé...
_ Ce que je sais, c’est que si je ne suis pas très loin d’ici dans moins de trois minutes, je détruis tout votre bâtiment de fond en comble, assomme tout le matériel, et brûle tous les dossiers. Si je ne suis pas très loin d’ici dans moins de trois minutes, je foutrais tellement le bordel que vous allez vous faire bouffer par vos deux concurrents en même temps en moins d’une semaine. »


J’avais apparemment trouvé les mots justes. Je n’avais pas vraiment été effrayant, mais la simple perspective que je leur faisais entrevoir l’effraya et l’aida à relativiser mon échec. Pourquoi risquer de perdre un point de croissance ce mois-ci alors qu’on pouvait l’éviter sans coût ? Le Directeur n’avait pas d’honneur, ou plutôt, il ne l’avait plus : il l’avait placé en tant que fonds propres dans les capitaux de départ de l’entreprise. Il accepta, et se retourna à son bureau pour demander à ce qu’on n’envoie pas la récompense finalement. Il me jeta tout de même un regard noir avant qu’un scientifique ne demande de m’avancer dans le téléporteur. Ce fut en colère que je passais dedans et que je me retournais. Il y eut quelques bruits électroniques pas du tout familiers, et une grosse prise électrique s’échappa du mur avant qu’un employé ne la remette. J’étais à l’étroit dans ce compartiment. La cellule se leva doucement et les barres métalliques tournèrent autour de moi, d’abord lentement, plus de plus en plus rapidement jusqu’à ce qu’elles émettent de l’électricité bleu. L’appareil faisait de plus en plus de bruits, si bien que je n’entendais plus du tout les scientifiques. Au bout d’un moment, alors que la machine semblait sur le point d’imploser avec moi dedans, un gars me demanda en hurlant :

« VOTRE DESTINATION !!! PERSONNE OU ENDROIT??!! » Je ne comprenais rien à ce qu’il voulait me dire, juste ces cinq mots qu’il répéta en boucle pour être sûr que je comprenne ce qu’il me demande. Je répondis en mettant une main en porte-voix :
« Ophél... OPHELIA !!! OPHELIA SERAFINO !!!
_ QUI ??!!
_ OPHELIA SERAFINO !!!!!
_ QUI ???!!!
_ SERAFINO!!!!! »


Il me fit un signe du menton, rentra quelques données dans la console grise avant d’abaisser une poignée rouge sur le tableau de bord. Les barres allèrent plus vite, l’engin trembla, j’étais entouré par des arcs d’éclair qui grésillaient fortement. Puis le monde s’écroula, devint blanc.
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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Lun 2 Avr 2012 - 19:27
"Ah le voila !
-Mais que... ?
-Ne vous inquiétez pas on vous a récupéré avec le téléporteur.
-Mais bordel, je vous ai rien demandé !
 
Clem était suspendu à plusieurs mètres de hauteur sur une plate-forme entourée par un halo de lumière bleu et blanche qui tournaient autour de lui à une grande vitesse. Ledit halo ralentissait au fur et à mesure que la plate-forme descendait, laissant Clem remarquer qu'il était revenu à Black Mesa. Il reconnaissait la figure faussement amicale du Dr. Breen dans son costume beige. Le chef de l'entreprise était entouré de plusieurs types en blouse blanche, certains portaient des lunettes, d'autres des petits carnets avec les crayons qui allaient avec. Tous ressemblaient bien sur à l'intellectuel de base. Et tous arboraient une figure rayonnante. Qu'est-ce que Clem allait bouffer quand ils allaient voir qu'il n'avait pas la Technologie ?
 
Surement pas des chips.
 
La plate-forme descendit finalement au niveau du sol et Clem remarqua que des barrières en métal l'empêchaient de rejoindre la mini-foule au contrebas. Il remarqua que la structure dans laquelle il était (certainement le téléporteur) ressemblait au squelette d'un silo à missile, ce qui était certainement l'effet recherché par le styliste qui a du se croire très malin pour la comparaison (à moins que ce ne soit du à des contraintes physiques pour utiliser l'énergie cinétique mais Clem s'en foutait, finalement). Enfin le tout était de savoir que le tout faisait une bonne vingtaine de mètres de haut (le quadruple de leur concurrent mais Clem s'en foutait en plus de l'ignorer) et la taille de la salle avait du suivre : on pourrait y placer sans rayer les murs une petite église de Bretagne. Les barreaux s'ouvrirent finalement et Clem avait à peine fait quelque pas (tout d'abord, quitter le téléporteur : avec la chance qu'il avait, un employeur pouvait très bien nettoyer le tableau de commande et faire partir le coup tout seul), il fut immédiatement noyé par les scientifiques qui se mirent tous à lui parler en même temps dans un charabia de phrases dont Clem était incapable d'en isoler une. Ce fut donc à Breen de tenir le rôle du
"type qui expliquait tout au héros qui n'aimait pas les foules" en mettant une main sur son épaule et en le tirant à l'écart. Les autres les suivèrent dans les couloirs en se parlant d'une voix excitée. Breen prit la parole d'une voix réellement enjouée (pour une fois : le sourire hypocrite de Breen pourrait déclencher des révolutions).
 
"Alors mon cher ami, vous revenez avec une entité de poids cette nuit.
-Heu... si vous le dites. Clem était-il capable d'inventer un mensonge suffisament convaiquant pour les tenir tranquille jusqu'à la fin de la nuit ?
"Un objet capable de transformer irrémédiablement son milieu de manière définitive. Une puissance dont beaucoup depuis sa création se sont empressés de tuer quiconque l'approchait de trop près pour la garder pour soit.
-Je vous crois. Avec ce vieux grigou et son équipe d'experts, c'était peu probable... peut-être qu'avec des mômes de primaires ça aurait marché.
-On va commencer l'extraction tout de suite. C'est au bout de ce couloir à droite ; on est bientôt arrivé.
La vérité ! Vite !
"En fait je n'ai pas récupéré la Technologie, merde ! Je vous l'aurais bien dit mais... un lourd silence s'installa, puis toute l'assistance (à l'exception évidente de Clem) éclata de rire. Il en était plus soulagé que vexé au final. Une fois qu'il eut récupéré son souffle, Breen lui expliqua d'une voix lente entrecoupée de rires nerveux.
 

"Nous le savons déjà, tout cela : nous avons vu par les caméras d'Aperture Science que votre frère leur a ramené la Technologie mais c'était au final un thermos tout à fait banal. Tout les scientifiques, qui avaient réussis grosso modo à se calmer repartirent de plus belle dans leur fou rire. Certains devaient se tenir pour ne pas tomber sur le sol tel des ivrognes. Pour une bonne nouvelle, c'en était une en effet. Soit Ed était terriblement crétin (théorie qui avait toute la sympathie de Clem) soit MARvINE était terriblement intelligente. Après confrontation des deux hypothèses, un mélange des deux reflétaient certainement la vérité.
 
"Un détail me revient, fit Clem en s'adressant à Breen, vous m'avez dit au début de la nuit que votre téléporteur n'était pas tout à fait au point et là vous m'avez fait venir sans problème...
-Oui en effet : nous avions un agent double chez nos concurrents qui est revenu avec les données qui nous manquaient. Le Dr. Mossman, une charmante personne, vous verrez.
-Et sinon, pour la Technologie ? Vous voulez que je reparte la récupérer ?
-Inutile enfin ! Grâce à vous, nous venons d'obtenir un artefact terriblement puissant : MARvINE !
-Quoi ? Oh merde. En même temps le mot "extraction" aurait du lui mettre la puce à l'oreille (avant de la lui enlever, bien sur. Clem se demandait si ça allait faire mal).
-Quelle opportunité incroyable, Breen avait les yeux rêveurs et pétillants, la plus puissante et la plus ingénieuse IA du royaume va désormais s'occuper de Black Mesa. Il n'y aura dorénavant plus aucune évasion de monstres expérimentales, on va enfin pouvoir dormir en paix.
-C'est bien ce que l'on verra, fit une voix acide.
 
Ladite voix acide fut bien évidemment prononcé par MARvINE et fort heureusement, seul Clem put l'entendre. Il aurait eu des difficultés à expliquer à Breen pourquoi l'agoraphobe avait lâché cette phrase.
 
"Qu'est-ce que vous voulez dire par là MARvINE ?" L'avantage à parler avec l'IA quand elle occupait votre tête était que vous n'avez pas à articuler les syllabes pour lui parler : elle captait vos paroles avant que celles-ci n'atteignent vos lèvres et Dieu savait ce qu'elle pouvait capter d'autre. Clem la soupçonnait de ne pas prendre le contrôle de son corps parce que la plaisanterie n'allait pas forcément amuser les pontes de Black Mesa ; ou alors elle était pressée de quitter le corps de Clem qu'elle devait juger indigne de sa magnificence électronique. Qui sait, elle allait sans-doute beaucoup s'amuser dans cette entreprise.
 
"Ah ça oui, surtout s'ils font la bêtise de ne m'inculquer que les trois lois de la robotique dans mon programme. Enfin je m'amuserais surtout toute seule... eux ils seront mort. Peut-être que je laisserais l'un d'entre eux en vie pour lui faire passer des tests, histoire de passer le temps.
-Vous êtes décidément une charmante personne MARvINE, j'ai vraiment hâte que vous quittiez ma boite crânienne.
-Et moi donc.
 
"D'ailleurs, justement... Clem fit cette réflexion à haute voix, Breen se retourna instantanément, Clem se rappelait très précisément d'un détail au début de la nuit, où est mon salaire ?
-Où est notre Technologie ? Répondit-il tout de go.
 
Shit
 
"MARvINE, où est leur Technologie ?"
 
____________
 
Quelle sale pute d'IA de merde ! Si MARvINE était un artefact, elle mériterais le rang SS. Elle venait d'avouer à Clem quelque temps juste avant leur séparation que la Technologie qu'ils cherchaient depuis le début de la nuit n'avait jamais été dans ce royaume. Qu'elle était planquée dans un bunker à plusieurs dizaines de mètres sous un sol inforable et solidement gardée.
Donc en un mot : merde. Clem était bien content que toute cette affaire soit finie. Il n'avait pas pu coller son poing dans la gueule de son frère mais l'inverse était également vrai donc l'honneur était sauf. La prochaine fois, promis, il le castrerais. Ou au moins il essaierait voila c'était dit !
 
N'empêche... quelle putain de nuit.

__________

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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Mar 3 Avr 2012 - 1:49
Pendant ce temps, en Enfer :
Gladys avait tout de la fille à Rambo, bien qu’elle l’aurait décapité d’une claque si celui-ci avait osé se poindre sur son chemin alors qu’elle était : a) armée, b) en colère, c) sur le point de perdre son travail, d) une femme. Elle se trimballait donc avec un arsenal qui aurait pu stopper une invasion extra-terrestre : son arme anti-gravité, ses bottes qui lui permettaient de ne pas ressentir les chocs, son bazooka, et son inhibiteur de moralité, ainsi qu’un anti-virus. Ses semelles futuristes lui permettaient de courir plus facilement en absorbant les chocs mais le poids restait tout de même effarant. Pendant qu’elle sprintait dans les couloirs, la petite boule cylindrique censée calmer MARvINE endormie n’arrêtait pas de lui proposer une soirée romantique aux chandelles. La gardienne avait opté pour un silence explicite et agacé, mais les femmes n’étaient un mystère que pour les hommes. Pour les robots, un silence ne voulait rien dire d’autre qu’une absence de réponses qui obligeait à actualiser la demande :


« Si je n’avais pas peur de quitter vos bras, je vous demanderais de me poser pour que je puisse voir vos hanches en pleine course. Nous sommes faits l’un pour l’autre, je vous le garantis. Moi, un aventurier si brave dont votre regard est la soudure de mon cœur de métal, et vous, si humaine ! Dieu n’a-t-il pas créé nos deux espèces pour entourer notre histoire d’amour ? »

Gladys se dit à ce moment que si on la virait, ça ne serait pas trop grave. Les machines étaient trop tordues. Elles réagissaient comme des hommes, sans aucune hypocrisie, et avec un seul axe de développement de personnalité. Même si elle n’oserait jamais l’avouer à MARvINE de peur de provoquer des réactions imprévisibles à grande échelle derrière, même la super IA ne possédait pas assez d’intelligence pour éprouver autre chose que ce qu’on avait bien voulu lui programmer. Elle était incapable de se créer de nouveaux sentiments, vu qu’elle n’y connaissait rien. Pour éprouver des émotions, il fallait avoir une puce très défectueuse comme le cerveau humain.

Gladys arriva au sommet du toit, pile quand les deux frères allaient commencer un duel sous une pluie aussi naturelle qu’une application pour iPhone. Et avant que le premier coup fut échangé, les deux protagonistes disparurent en une fraction de seconde, comme si le temps et l’espace avaient été découpés et que la scène n’avait jamais eu lieu. Tous les agents eurent une sorte de tremblement. Et se mirent tous à regarder un agent en particulier, perdu dans la masse. Celui-ci se déplaça au centre en attendant de trouver une technologie à avaler. C’était le nouveau meneur. Leur but était de s’étendre en s’attaquant aux technologies et aux machines. Mais il n’y avait plus grand-chose dans cet établissement. Ils seraient à la diète s’ils restaient ici. Un inhibiteur dans leur programmation les empêchait de s’expatrier dans le Royaume, mais il se trouvait qu’ils avaient absorbé ladite machine. Maintenant, ils pouvaient tous partir et continuer leur expansion démesurée. Ils furent tous surpris quand une machine fut projetée au-dessus de leur tête (la machine les invitait tous au resto le lendemain soir, d’ailleurs ; avec des chandelles). Ils suivirent sa trajectoire du regard avant de comprendre que c’était une diversion ; Gladys avait balancé Monsieur Moralité avec son pistolet anti-gravité et fonçait maintenant vers le chef des Agents avec une hargne peu vue chez les Voyageurs. Le leader allait lui envoyer un coup de poing terrible en pleine tête mais il fut obligé de ramasser le bazooka qu’elle lui envoyait, avec le même réflexe qu’un chien rattrapait un freesbie. La seconde d’après, elle lui enfonça le virus en plein dans le bide. Une voix sonore résonna dans la tête de tous les agents. Elle disait :


« Votre base virale GPL a été mise à jour ! »

Cette phrase fut répétée plusieurs fois jusqu’à ce que les virus s’agenouillèrent sur le sol en hurlant. Ils disparurent un à un dans un grand éclair blanc, laissant sur le sol les machines dont ils s’étaient servis pour se trouver un corps. Il n’en resta plus qu’un, assommé par terre, la bave aux lèvres. Le virus originel, qu’il fallait enfermer au plus vite. Dix minutes plus tard, un énorme hélicoptère survola le bâtiment en projetant de la lumière sur le toit. Les grosses pontes étaient là. Gladys soupira ; le rapport qu’elle allait devoir leur pondre allait être très étrange.

__

Le combat entre le T-800 et Morpheus fut âpre, violent, long. Les deux étaient de force égale, même si l’avantage allait au Voyageur qui avait consommé une pilule. La différence, c’était que son adversaire était une montagne de blindage qui résistait à toutes ses attaques sans tituber. Ensemble, ils s’affrontèrent pendant des minutes entières, jusqu’à ce que Morpheus ne puisse plus faire un seul geste, et que la machine-gun n’eut plus de munitions. Quant au cyborg, l’énergie lui manquait sérieusement. Il tentait d’avancer contre un mur, comme une IA avec un très mauvais pathfinding.

__

Il fallut trois nuits pour que Gladys réussisse à expliquer toute l’affaire, et que l’enquête se poursuive avec les différents éléments absorbés par les virus comme les caméras. On comprit que les frères Free avaient semé une sacrée pagaille, et que la pauvre Gladys avait été une victime. Ce qui sauva la Voyageuse fut l’obstination des ingénieurs qui décrétèrent que si MARvINE n’avait pas pu défendre le bâtiment, alors la gardienne n’aurait pas pu le faire non plus. La gardienne garda son job avec une prime (dans la tête des pontes, c’était comme si elle avait dû survivre à une catastrophe naturelle). Elle proposa même l’idée aux ingénieurs de créer une nouvelle arme, un portal-gun qui pourrait créer des fissures spatio-temporelles. Le projet aboutit trois ans plus tard.

__

Les actionnaires avaient décidé que le virus ne serait pas détruit. Ils préféraient largement le laisser de débrouiller dans la rue, en espérant que son appétit retombe sur une entreprise concurrente. Mais ce qu’ils n’avaient pas prévu, ce fut que l’agent fut recruté par Morpheus pour détruire les machines. Etonnamment, ils eurent beaucoup trop de succès et furent virés du Royaume.

__

Le T-800, après son combat et avant qu’on ne le récupère, est parti de la firme de son plein gré. Il s’est auto-réparé de façon plus ou moins efficace avec les outils qui lui tombaient sous la main. Quelques mécaniciens l’avaient aidé pour quelques tâches corsées (il ne les aurait pas payés, parce qu’il les aurait menacés ; il ne semblait pourtant pas assez intelligent pour menacer quelqu’un mais il fallait croire que sa présence en elle-même était assez menaçante pour li). Son but restait par contre le même : dénicher Sarrah Connors. Et étrangement, il réussit. Il avait trouvé Sarrah Connors. Sur une affiche, en campagne pour devenir le Maire du Royaume. Il avait alors décidé de l(’)abattre à son propre jeu et s’était inscrit à son tour comme candidat. L’histoire ne dit pas la suite mais s’arrête au moins sur un bon départ du T-800 dans les sondages.

__

Quand l’éclair artificiel traversa mon corps comme une cuillère traverse un mille-feuilles gâté, je me ressassai toute la soirée précédente. Ça avait été dur, très dur. Pire encore, inutilement dur. On avait été dans un shaker géant, et tous les ingrédients s’étaient éclatés sur les parois sans rien en tirer de bon. La Technologie par exemple… qui n’avait jamais été là. Le but n’avait rien été d’autre que rien. Je ne savais pas s’il fallait que je raconte ça à mon frère. Mais une petite voix dans ma tête me dirait que Clem avait cherché à me buter, et que la Technologie n’était qu’un léger bonus obscur. Si je lui disais que j’avais risqué ma peau des centaines de fois pour rien, il se foutrait de ma gueule. A la place, j’allais plutôt lui faire croire que j’avais gagné. Et ne pas hésiter à lui souffler à la fin de la conversation que j’étais en vie grâce à sa nullité. Ouais, ça serait bien. Et en plus, je l’appellerais comme le désirait Cartel.

J’apparus enfin près d’Ophélia, dans un décor paradisiaque. Une minuscule île de sable avec des cocotiers, un transat, le soleil, et l’océan à perte de vue sur 360 degrés. Je ne pouvais pas rêver mieux. Je pouvais apercevoir un hamac au loin qui pendait entre deux arbres, et je me dépêchais d’y aller en patinant dans le sable. Dans ma fatigue et mon étourdissement, il me fallut quelques secondes pour comprendre que ce n’était pas Ophélia. La forme était bien trop petite. La pire hypothèse qui me passa par l’esprit se réalisa soudain quand je vis un bébé phoque en train de roupiller lentement avec des lunettes de soleil et un cocktail à-côté qui était pourvu d’un parasol rose. Fino… Je comprenais très bien ce qui avait poussé les ingénieurs à me conduire vers lui. Serafino… Putain de machine et son boucan de merde… Mais j’allais en profiter. Je le réveillais en faisant tourner le hamac. Il insulta au hasard tandis que ses lunettes tombaient de son petit nez. Il comprit que c’était moi. Je fis craquer mes poings. Il m’insulta. Et le sable trembla tout seul sur la plage.


« C’est quoi ce putain de bin’z ?
_ On ne marche pas sur cette putain de plage !
_ Pourquoi ?
_ Fourmi-lions, abruti ! »


Nuit de merde.
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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Aujourd'hui à 13:09
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Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée]

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