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Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée]

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MessageSujet: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Jeu 9 Fév 2012 - 22:23
Il était de notoriété publique que l'été, il faisait chaud et que l'hiver, il faisait froid. Outre le fait que je pouvais rivaliser avec le yéti en ce qui concernait la résistance aux blizzards que les climats tempérés avaient à nous offrir et que je fondais plus rapidement qu'un glaçon sur un barbecue allumé quand la température grimpait, je préférais les saisons froides pour une seule et unique raison : les insectes. C'était dingue quand on y repensait mais... les insectes qui nous avaient traumatisé de leur piqûre (ou pas mais l'impact psychologie était le même), qui transformaient chaque repas en cauchemar se terminant en guerre mondiale à coups de tapettes et de sandales, qui nous laissaient des souvenirs à gratter, et ben... ils étaient juste absents pendant une bonne partie de l'année. C'était tout. Quand remontait le mercure, ils étaient les cibles privilégiées de mes malédictions, surtout quand j'étais caché dans une couette, la tête planquée sous l'oreiller tandis que j'entendais des vrombissements menaçants voleter autour de moi. Quand je me ressassais les souvenirs d'été, je me voyais en nage dans une rue chauffée à blanc, avec des centaines d'insectes de tous les côtés. Je n'avais pas développé une phobie des insectes alors que ces derniers avaient tout fait pour : dès que ces saletés à dards devaient remplir les quotas de gens à piquer, il j'étais directement le premier choisi parmi toute la famille. Entre les taons qui transformaient mon dos en face de dé (côté 5) ou ceux qui venaient me transpercer la gorge tandis que je roulais à pleine vitesse en vélo, j'avais eu le droit à tout. Donc, non, ce n'était pas une phobie que j'avais contracté sous toutes ses attaques injustifiées : juste une haine féroce qui n'en démordait pas depuis de nombreuses années. Par contre, je n'avais rien contre les araignées (qui n'étaient pas des insectes, mais des encéphalo-thorax comme chacun le sait).

Voici toutes les pensées qui fusèrent dans ma tête tandis que j'écrasai un moustique imprudent s'aventurant sur les terres non conseillées de ma nuque à découvert. Une petite tâche noirâtre apparut sur ma main et je lui souris. Je terminai de tourner la clé dans la serrure de mon appartement et rentrai avec les vivats miaulés de mon chat certainement affamé. Sous le poids d'une grosse fatigue due à l'unique chaleur, je succombai en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire (pour une fois que cette expression était vraie) sur mon divan. Je me laissai une minute de repos avant de tomber sur le sol dans un râle exténué, et rampai jusqu'à mon ventilateur que j'avais acheté pour l'occasion sous les yeux révulsés de mon chat. Il était 22H15, et le soleil continuait à rester bleu. Et je savais que dans une demi-heure, le tout serait d'un noir d'encre à y perdre un char, d'une vitesse si honteuse qu'on aurait pu croire que le jour se sentait gêné de rester aussi longtemps debout et était allé filer se cacher. Oulà... Des pensées en phrases longues et totalement délirantes... Elles étaient la marque que j'étais un peu bourré et que je faisais tout pour l'oublier, alors qu'une partie de moi tentait d'assumer mon ivresse et l'autre clamant que je pouvais passer pour un sobre acceptable. Je me levai doucement comme si je venais de comprendre le principe de la verticalité, et mon chat m'encouragea en se frottant à mes jambes. Ce con faillit me faire manger le sol une seconde fois et je le chassai d'un coup de pied négligent. Il savait parfaitement que tant que je restais au sol, je n'avais aucune chance de lui filer son dîner amplement mérité par le temps qu'il avait passé à attendre depuis qu'il avait terminé sa gamelle du matin. Burritos était un gentil chat, mais son estomac avait dû remarquer que le cerveau était trop peu exploité : de force, il fomenta une révolution et réussit à devenir l'organe le plus important au niveau de la réflexion.

J'avais la flemme de manger ce soir. Déjà parce que la fatigue prenait le pas sur les grondements outrés de mon estomac, et aussi parce que l'alcool occupait une place très importante et que tout et n'importe quoi comme nourriture ne pourrait pas passer comme il le voudrait. Je sortis des restes de cookies et nettoyai consciencieusement leur assiette après avoir rempli la gamelle de Burritos. Il semblait si ravi que je pouvais sentir des ondes de remerciement lui vriller la peau ; sinon, il ne m'adressa pas un fichu regard. Quand Lincoln avait aboli l'esclavage, il avait oublié de préciser que les chats aussi devaient se soumettre à cette dérogation. Je pariais que Lincoln aussi avait un chat, à défaut de choix. Aïe, ça ressemblait à un jeu de mots (ou pire, ça voulait y ressembler). Il était temps de se mettre au lit et de laisser ses propres réflexions enivrées dériver seules sans m'entraîner dans la folie ambiante. Je trouvai mon portable sur la table de chevet, très fier que je l'ai oublié. Je le ramassai pour consulter des SMS qui ne viendraient pas de toutes façons. Je fus le premier surpris quand apparut la mention « 2 nouveaux messages »sur mon portable. L'alcool me fit oublier toute prudence et je les ouvris sans aucune considération sur mon avenir. Je vis que le premier était de Cartel. Le second, d'Ophélia. Le choix était simple : le mauvais, ou le gentil SMS ?


« Hello ^^
On se retrouve cette nuit ? Viens me rejoindre, je suis dans un Royaume paisible. Je dors à 23H»


Je ne savais pas pourquoi, mais j'avais l'impression que je pouvais affronter le second SMS sans me soucier du long terme. Une nuit avec Ophélia, et c'était elle qui avait proposé. En même temps, je la comprenais. Elle avait peur de se retrouver au Royaume des Deux Déesses, et donc de trouver Fino. Il y avait différentes façons de détester Fino, et elle ne faisait pas partie de ceux qui voulaient le pendre, mais de ceux qui préféraient l'avoir loin de soi. Moi, personnellement, j'étais du genre à le préférer proche de moi, histoire de le surveiller. Sans nous compter, il ne restait que le premier clan (largement majoritaire) qui rêvait de le balancer au bout d'une pique et de fêter l'événement comme si Jésus était revenu sur Terre. Quoique que je connaissais des gens qui l'exécraient cordialement, mais qui jamais n'aurait eu l'audace de faire la fiesta après sa mort. On ne savait jamais...

Après ce superbe SMS (le meilleur que j'aurais pu trouver cette nuit-là), j'eus le droit à celui de Cartel :


« Tu as félicité Clem pour son bac ? »

Non, je n'ai pas félicité Clem pour son bac, et il se pourrait bien que jamais je n'irais le faire. J'avais eu mes propres examens et mon frère n'avait pas remué le petit doigt pour faire semblant de s'intéresser à mon sort. Je n'allais pas faire mon hypocrite et lui susurrer d'une voix de guimauve périmée si ses gentilles épreuves s'étaient gentiment bien passées. Si j'avais reçu ce message seul, je me serais endormi la haine dans le ventre. Heureusement, à court terme, j'avais d'autres soucis à me faire. Je me demandai sérieusement si je devais me parfumer avant de me coucher, histoire de. De toutes façons, jamais Cartel ne pourra comprendre le désaccord qui nous séparait moi et mon frère. Comment lui expliquer qu'il rêvait de me shooter hors de Dreamland, un pays imaginaire ? Et si elle écoutait bien sagement mes explications, elle serait capable de me demander pourquoi je m'en faisais si on me tuait dans un pays imaginaire puisque celui-ci était i-ma-gi-nai-reuh. Je levai mes yeux au ciel (enfin, au plafond sale). Le ventilateur dégageait une douce brise bruyante qui refroidit sagement la température cuisante de l'appartement. Je me plaçai devant mon ordinateur, et attendis sagement que l'horloge indiqua 23H30 avant de risquer à aller sous la couette. Je me levai en étouffant un bâillement et ne laissai que le caleçon avant de me poser sur mon lit sans défaire les draps. Je pouvais lutter contre la chaleur de différentes façons. Et si je trouvais la température vraiment trop chaude, je n'hésitais pas à prendre une douche froide de dernière minute pour recouvrir mon corps d'une fine couche d'humidité glacée bienvenue. Mais la seule pensée de passer une nuit fabuleuse (enfin, elle devrait l'être si on partait du principe que rien ne surgirait de bizarre, d'étrange, de dangereux ou de cataclysmique) réussissait à congeler mon esprit pour le contenir dans un stase de confiture à la fraise. La mélodie du ventilateur me berça doucement tandis que j'écrasai un autre insecte sur ma nuque. Quand je m'endormis enfin avec Burritos longeant ma colonne vertébrale, j'avais un sourire béat et totalement abruti sur le visage : si j'avais croisé un type dans la rue qui abordait la même expression, je l'aurais certainement giflé.

__

Pour une fois, je regardais avant tout comment j'étais sapé. Et je devais dire que Dreamland s'était bien foutu de ma gueule. Un T-shirt noir et épousant parfaitement mon torse peu musclé (mon niveau de virilité devait se situer près de celui de l'oursin) ; il m'arrivait jusqu'aux mains où un gant fin l'attendait pour prendre possession de mes doigts. Le pantalon était moins moulant, mais encore plus sombre si possible du haut. Mes chaussures semblaient être destinées à ne produire aucun bruit sur n'importe quelle surface. Je portais en plus de ça un bonnet de même couleur à rayures fines, des lunettes de soleil (les branches étaient noires, je n'avais pas besoin de les retirer pour le savoir), et je portais un panneau de signalisation qui me défendait d'entrer dans ce parking réservé au personnel. Oh mon dieu, ce n'étaient pas les premiers habits que je choisirais pour aller à un rendez-vous. Je remarquai en dernier lieu une petite cravate noire qui s'arrêtait à dix centimètres au-dessus du nombril. Et si j'avais eu un miroir, je me serais vu un petit croissant de lune sur la joue droite.

Mais pour le moment, je n'avais pas de miroir. Je regardais plutôt le « Royaume Paisible » dont elle m'avait parlé. Et c'était certain que ce petit Royaume était paisible vu qu'il n'y avait rien. J'étais dans une immense pièce aux murs gris (quand je disais immense, pensez à un bon kilomètre carré, et un plafond culminant à cinquante mètres de hauteur). J'étais assis sur une chaise de style moderne, et derrière moi se trouvait une des immenses parois. Quelque chose me disait que je ne verrais pas Ophélia ce soir. Car j'étais tout, sauf dans un Royaume paisible, tranquille, comme elle voulait. Quand on n'entendait rien, c'était que le mal n'allait pas tarder à se montrer ou à vous amener vers lui. Ce fut la seconde solution dans mon cas : la chaise commença à se déplacer toute seule et à se diriger vers le fond de la salle. Je pouvais remarquer une baie vitrée qui me faisait penser à un pur décor de méchant traditionnel. Et devant cette large fenêtre, il y avait un bureau de dix mètres en acajou massif ainsi qu'une chaise de directeur dont le dossier atteignait les cinq mètres. Quand je fus assez proche, je pouvais voir une sorte de Steve Jobs des Rêves avec un pull à col roulé, des lunettes fines qui encadraient un visage sévère, une barbe qui avait peur de pousser et des cernes sur lesquelles on aurait pu poser une soucoupe. Sur le bureau, il y avait des piles de documents, une tasse de café, puis une autre tasse de café, une autre pile de documents, un panonceau en or sur lequel était gravé la mention « Directeur des directeurs », un autre panneau en argent qui disait accompagné d'une flèche « Lire le message à votre gauche », puis une cafetière, ainsi qu'une dernière pile de documents. Le directeur se leva et me fit un sourire sincèrement chaleureux, qui voulait me remercier de ce que j'allais bientôt endurer pour lui.


« Mr. Free ! Je vous attendais !
_ Vous n'êtes pas la personne qui m'attendait à laquelle je m'attendais malheureusement »
, lui répliquais-je sèchement avant que ma phrase ne s'éteignit toute seule. Je regardais mes pieds avec un sentiment rageur et dépité. Il venait donc de dire que je ne passerais pas une nuit tranquille, et que je pouvais toujours dire merde au rendez-vous. Je levai les yeux en essayant de digérer cette information sans la vomir sur mon expression, ce qui aurait décontenancé suffisamment mon interlocuteur pour lui faire comprendre qu'il avait intérêt à appeler les services de sécurité avant qu'un tragique accident ne lui arriva dans les plus brefs délais. Heureusement, il n'y eut que ma lèvre qui trembla trois fois avant que le Directeur ne reprenne en balayant ma phrase d'une main joyeuse :
« Ce n'est pas grave, nous n'avons pas tout ce que nous voulons dans notre vie. Il vaut mieux s'y faire le plus rapidement possible. Sauf si on a une impasse au niveau de l'envie. Et il se trouve que j'ai une grosse impasse.
_ Whola ! Désolé, je ne suis pas du tout intéressé par la dangereuse mission que vous allez me confier, et qui vient de me sauter une belle nuit ! Vous allez m'oublier vite fait si possible et me laisser partir.
_ Voyons, votre ami m'avait dit que vous étiez le meilleur dans ce genre d'opérations. Je vous promets que la récompense sera alléchante.
_ Quelle opération ? Quel ami ? Fino ?
_ Monsieur de Fino, c'est cela. Un petit phoque, mais une grande âme. Il a pris très à cœur notre souci et nous a promis la nuit dernière un super Voyageur qui avait vaincu le Major McKanth dans un terrible duel et qui avait démantelé des organisations maléfiques qui voulaient détruire ou contrôler Dreamland. Il a signé un contrat avec nous et celui-ci stipule que vous recevrez en tant qu'homme de main une part de un pour cent sur la récompense totale.
_ Je refuse net. Que ce misérable phoque aille se faire voir là où le soleil ne brille et ne brillera jamais, sauf si je le retrouve.
_ Je vous propose deux choses en plus : la première est que nous disposons d'un téléporteur. Vous acceptez la mission, vous réussissez la mission rapidement, et on vous envoie vers la personne de votre choix.
_ Écoutez...
_ Seconde chose : vous êtes Ed ou Clem ?
_ Ed, mais...
_ Mais notre téléporteur n'est pas très efficace. Nous avions peur de nous retrouver avec le frère. Et je peux vous dire que si nous vous avons vous, eux devraient l'avoir lui.
_ Nyah ?
_ Nous sommes deux entreprises sur le coup. Deux concurrentes de grande envergure. Notre adversaire savait qu'on allait vous appeler et a donc appelé un Free. Si vous êtes devant nous, votre frère devrait avoir la conversation avec un autre industriel. »


Je mis vingt secondes à réfléchir. Proposition tentante. Certes, ce n'était pas du tout ce que j'avais prévu pour cette nuit mais il ne fallait pas réfléchir en comment ça aurait pu être (même si c'était du comment ça aurait dû être), mais en comment ça pourrait être. Je n'avais rien à perdre à accepter son offre... pour le moment. Clem serait impliqué, et il fallait que je sois là. Je ne savais pas pourquoi mais il le fallait. Peut-être pour éclaircir son envie de meurtre. Et éviter qu'il la concrétise si possible. Et pour Monsieur de Fino... je lui promettais un sort qui lui ferait passer le coup de venir faire chier des grosses pontes pour m'utiliser comme un outil afin de gagner de l'argent. Je sentais de la colère bouillir en moi, mais elle s'évaporait toute seule quand je repensais à mon frère. Cette histoire allait être dangereuse quelque part. Il restait mon adversaire le plus acharné même si on ne s'était presque jamais vus. Bon, allons voir cette mission.

« Et sinon, ça consiste en quoi cette brouille d'à peine une heure ?
_ Votre mission, si vous l'acceptez, est de nous procurer la Technologie.
_ Quoi ?
_ Je suis le directeur d'Aperture Sciences, une entreprise phénoménale sortant des produits phénoménaux. Seules ombres au tableau : Black Mesa qui va engager votre frère, ainsi que Wheatley and Co. Cette dernière a découvert la Technologie qui va lui permettre de nous surpasser toutes les deux et nous mettre en échec dans le Royaume. Elle est encore en phase de test donc pas sur le marché. Mais son prototype est au point, et farouchement gardé. Il nous faut absolument cette Technologie, autant pour priver l'entreprise que pour couper l'herbe sous le pieds à notre concurrente. Je vous donne l'adresse, quelques indications, vous y allez, vous survolez les étages avec votre pouvoir et vous nous la ramenez. Il n'y a pas plus simple. On vous paie la nuit suivante, et on vous envoie direct dans notre téléporteur. Est-ce que cela vous va ?
_ Bien sûr que non. Cela ne va pas être aussi simple.
_ Je n'ai jamais dit que ça le serait. Mais ça ne veut pas dire que ça ne le sera pas. Vous avez des chances de mourir, mais vous avez des chances de survie. Mieux, des chances de réussite.
_ C'est d'accord, je signe. Même si ça ne me paraît pas légal.
_ La légalité est définie par les concitoyens, c'est le principe de la démocratie. Sur deux entreprises du même secteur sur trois, les deux utilisent le même moyen pour parvenir à leur fin. Je ne vois pas où est le problème.
_ Vous aurez cette Technologie, et vite. Dîtes-moi tout.
_ Oui, avec plaisir. »
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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Ven 10 Fév 2012 - 22:28
Une personne avait dit un jour que les souvenirs étaient la base de notre raison ; donc, par extension, la raison de Clem avait sérieusement dû être touché par cette émission de télé stupide car les souvenirs qu'il en retirait étaient fragmentés et incohérents. Rien à voir avec une cuite causée par l'absorption de substances illégales car ici, c'était le cerveau de Clem qui faisait tout son possible pour formater un maximum tous ces horribles souvenirs avant qu'ils ne causent plus de traumatismes que nécessaire. Il n'y avait qu'à Dreamland que l'on pouvait trouver de cerveau suffisamment tordus pour inventer un jeu tel que celui-ci : sauf que pareil horreur se trouvait dans le monde réel si tant que l'on pouvait parler de monde réel quand on était en train de regarder des images formées par des cristaux liquides sur un poste en plastique métallisé dont la longueur et la largeur se mesurait en pouce.

Ce jeu télévisé était la preuve formelle que le but ultime des présentateurs de télévision était la robotisation à grande échelle du public du petit écran. A la rigueur, les autres jeu avaient été relativement discret quand à cet objectif mais il fallait dire que « Pyramid » ne faisait rien pour cacher qu'il allait transformer votre cerveau en jus de patate.

Les règles (car il y avait des règles) avaient toujours échappé à Clem, n'ayant jamais vu le début de l'émission, il n'était même pas sûr que le présentateur relève le défi d'essayer de les expliquer au public. C'était sans doute cette lacune dans la flaque de ses connaissances qui l'empêchait de profiter de la subtilité du dialogue qui faisait rage devant lui :


« Voiture ! »
-Tiroir ?
-Ciel !
-Assiette ?
-Oui ! Bravo ! Félicitation il était dur celui là ! Alors attention si je dis « Fromage » ?
-Heu... « mercurochrome »?
-École ?
-Fromage !
-Maison ?
-Encore gagné bravo !


« C'est quoi ces conneries que tu regardes ? »
Clem tourna la tête et vit son père encore habillé en tennisman bien qu'il était dix heures passées, celui-ci n'avait toujours pas compris, en plus de quarante ans d'existence, les règles universels de la bienséance vestimentaire de l'Homme de la société moderne... ou alors il était un précurseur ce qui était bien plus effrayant : sa collection de pull de couleurs criardes allait du vert pomme qui piquait les yeux au rose bonbon qui donnait à Clem la soudaine envie de vomir son petit-déjeuner. Le mot « chaussette » n'était pas dans son vocabulaire pas plus que le mot « chaussure » d'ailleurs et il lui était arrivé de faire les courses dominical avec des chaussons qui pouvaient passer pour des chaussures très abimées tant que l'on n'y prêtait pas trop attention. Toutefois, personne ne lui avait fait des remarques car il assumait parfaitement son style vestimentaire avec l'assurance de ceux qui rejetteraient toutes les remarques que l'on lui ferait en rigolant.

Toutefois, ce court portrait pourrait faire croire que l'on a là une personne drôle, un véritable bout-en-train, mais autant le père Free était ouvert avec ses vêtements, autant il était hermétique à tous les autres sujets qui pourraient prêter à rire. Par exemple... il envisageait toujours sérieusement d'appeler un hôpital psychiatrique chaque fois que son fils commettait l'erreur de se poser devant le poste alors qu'il était encore dans la maison ou même, il se demandait toujours pourquoi Clem utilisait son argent de poche pour se payer des livres et des bandes-dessinés au lieu d'ouvrir un compte épargne avec. Il avait d'ailleurs une opinion tellement piètre des achats de son fils qu'il n'avait pas du hésiter longtemps avant de vider le compte en banque dudit fils pour compléter l'achat de sa voiture un mois où il était particulièrement à court d'argent, profitant du fait que Clem n'était pas encore majeur à ce moment là. Même si celui-ci s'était fait remboursé progressivement, en essayant même de persuader son père de rajouter un peu plus que la somme qu'il avait vider en dédommagement des sévices reçus selon un pourcentage de remboursement identique au compte épargne qu'il voulait qu'il ouvre. Le père, après avoir compris que son fils avait saisi les arcanes essentielles de l'économie (a savoir, gagner plus de frics qu'on ne le méritait pour la bonne raison que l'on savait manier les pourcentages et pas l'autre) ne l'avait plus jamais embêter à propos de l'usage de son argent même s'il ne démordait pas sur ses efforts de trouver à son fils un boulot convenable, histoire que celui-ci gagne beaucoup d'argent et paie à son merveilleux père une magnifique maison de retraite. Si l'on retournait cette pensée, pour qu'il ait droit à une belle retraite, il fallait que son fils gagne beaucoup d'argent donc celui-ci devait réussir ses études donc il ne devait pas regarder de conneries à la télé. Clem souriait en penser au dialogue argumentatif à sens unique entre père et fils qui allait certainement être très comique une fois qu'il serait lancé quand il se dit qu'il était véritablement en train de regarder des conneries et décida d'aller dans le sens de son père :

« En fait, je crois que le terme « conneries » n'est pas assez radical pour exprimer ce... ce truc. »
-Et ça parle de quoi ton truc ?
-Aucune idée je n'ai pas eu le courage d'essayer de comprendre.
-Dis tu a vu l'heure ? Tu comptes te coucher quand ?
Clem tourna son poignet, vit l'heure et se dit qu'il était ridiculement tôt pour un un adolescent majeur tout droit sortit du bac avec deux mois de vacances devant lui mais si il y avait bien un sujet où son père était encore plus hermétique que l'humour, c'était sur celui des horaires du soir et 23h constituait pour lui l'ultime limite acceptable (du moins pour ses enfants) mais Clem avait envie de discuter un peu :

« Bientôt mais pas tout de suite : je ne me sens pas encore assez stupide ce soir pour remplir mon quota je pense que je vais regarder la télé une demi-heure de plus. »
-Et ton bac ?
-Papa, j'ai passé l'oral il y a deux semaines.
-Oh... et ça c'est bien passé ?
-Si on veut : le professeur n'a pas fondu en larme quand je suis parti.

Son père hocha la tête, ne répondit pas et Clem comprit que c'était là la fin de la conversation en monta se coucher, convaincu qu'il allait atterrir à Delirium City bien qu'il n'avait pas avaler une seule goutte d'alcool, Clem s'endormit la tête lourde et le corps amorphe et c'est là qu'il se rendit compte qu'il était affreusement fatigué. Il n'allait pas mettre longtemps à vérifier son intuition.

Quand Clem reprit ses esprits il était dans une salle au plancher et aux murs nus, noir et gris qu'aucun claustrophobe ne pouvait apprécier et il dut attendre un petit moment avant qu'une trappe dans le sol ne s'ouvre pour laisser passer un ordinateur poser sur un bureau qui était lui même poser sur un chariot élévateur, une chaise permettant la position assise devant ledit ordinateur, Clem s'y conforma en se demandant combien de fric avait coûté cette mise en scène futuriste. Quand il fut bien calé sur sa chaise, l'ordinateur s'ouvrit de lui de lui même et l'écran s'alluma, laissant voir un homme d'age suffisamment mûr pour avoir tous ses cheveux blanc en plus de sa barbe bien fournis mais qui ne dépassait pas de son menton, mais suffisamment jeune pour avoir encore de vrais épaules, une grande carrure et la voix forte, une voix qui n'avait pas l'habitude de ne pas se faire obéir, le tout enfoncé dans un costard beige.

« Désolé pour ce luxe de précaution Monsieur Free mais cela fait bien longtemps que je n'ai parlé avec quelqu'un de vive voix car nous vivons des temps dangereux alors autant utiliser son argent pour se protéger voyez-vous. »
-Je suis où là ? Et vous êtes qui ?
-Vous êtes dans les locaux de Black Mesa quant à moi je suis son directeur des ressources humaines chargé de...et bien, de m'occuper des ressources humaines bien évidemment. Doc. Breen pour vous servir (non c'est une blague je ne vais pas vous servir) ancien administrateur principal de Cité 17.
-Ah parce que maintenant vous m'avez engager ? Et je peux au moins savoir pour quoi ?
-Tout simplement parce que j'ai besoin de vous pour accomplir un certain travail... un travail qui nécessite... et bien... Oh et puis merde ! Mon ancien job me manque. Je l'ai perdu en même temps que mon bagou alors ne m'en veuillez pas si je suis abrupte : je veux que vous infiltrez les locaux d'une entreprise concurrente à la notre, que vous volez leur Technologie avant de nous l'apporter. La récompense sera aussi conséquente que les risques encourues mais je sais que cela n'arrête pas un voyageur.
-Si moi, commença à objecter Clem mais l'autre continua de pérorer derrière son écran, ignorant Clem à un tel degré que celui commença à penser qu'il avait devant lui un enregistrement suffisamment intelligent pour que son auteur ai deviner les deux premières questions de Clem.
-Vous risquez bien évidemment de mourir dans le feu de l'action, mais Black Mesa refusera tout rapprochement avec vous : pas de contrat de travail, pas de signature. Vous travaillerez au noir ! Donc pas la peine de faire chier nos syndicalistes.
-Ce ne sera pas la peine je ne travaillerais pas pour vous.
-Oh ! Et en faite, continua l'autre tout en continuant d'ignorer Clem, vous aurez aussi à faire contre un voyageur qui aura le même job que vous mais d'un différend employeur, je voulais vous prévenir. Vous aurez certainement atterrit chez eux si on ne savait pas pirater leur téléporteur depuis longtemps ; seulement, ils le savent depuis longtemps alors vous n'aurez pas l'effet de surprise car votre rival serait certainement au courant de votre existence.
-Je vous ai déjà dit que je ne marchait pas. Je n'irais pas faire un truc dangereusement illégal et mortel avec en prime un gus qui essaiera de me supprimer ; vous allez devoir trouver quelqu'un d'autre.
-Très bien c'est entendu. Mais sans vous, je pense que votre frère n'aura aucun mal à se procurer la Technologie pour ces truffes d'Aperture Sciences.
-... C'est bien Ed Free l'autre voyageur voleur ? Le vieux se contenta de hocher la tête, tout sourire.
"Et elle ressemble à quoi cette Technologie ?"

__________

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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Sam 11 Fév 2012 - 1:19
Rivalité. Voilà, c'était peut-être le mot qui me poussait à participer. Si Clem savait que je faisais partie du camp adverse et que je me désistais, il me le ferait savoir jusqu'à ce que l'efface de Dreamland. Oui, rivalité fraternelle. La continuité de dix-huit ans de combats prenait un nouveau tournant dans un monde où tout était possible. J'avais accepté ce nouveau contrat en grimaçant : c'était un peu comme donner du citron à un affamé. Fino allait quand même s'en prendre une, et il se pourrait que l'addition augmente encore si je rencontrais de vrais soucis sur la route. Et si j'y laissais toute ma nuit, je le retrouverais où qu'il soit sur Dreamland et je l'enterrerais si profondément qu'il pourrait se noyer dans un puits de pétrole. Le Directeur en face de moi réfléchissait à quelques détails qui l'incombaient à lui seul, caressant son bouc qu'il n'avait pas en fixant le ciel en espérant qu'un message divin soit inscrit dans la charpente. Je toussai pour le faire redescendre sur terre. Il rabaissa le regard pour me fixer des yeux et balbutia :

« Oui, euh... donc... Donc !
_ A quoi ressemble cette Technologie ?
_ Un long tube de métal, comme un thermos. Dedans se trouve la Technologie. Ne tentez pas de l'ouvrir, c'est impossible. Il faudra aller au cinquante-huitième étage pour ça.
_ Votre téléporteur marche bien ?
_ Mr. Free, ce téléporteur est... une... révolution. N'ayez aucune crainte. La première version présentait des ratés mais elle était parfaite pour ceux qui voulaient prendre une destination au hasard.
_ Et comment je fais pour rentrer dans un des bâtiments les plus sophistiqués de Dreamland ?
_ La ruse, Mr. Free, la ruse... »
C'était typiquement le ton qu'on employait quand on avait une idée bien nase dans la tête.

Quand je me retrouvais dehors, un quart d'heure plus tard alors que la nuit était tombée dans un monde où les firmes ne dormaient jamais, je pouvais sentir la ruse envahir mon nez et le piquer. Je voyais devant moi, loin des caméras qui saturaient les murs du bâtiment, un conduit d'aération. D'accord... ils voulaient vraiment que je pénétrai par un foutu conduit d'aération... Les connards de merde... Il n'y avait aucune ruse là-dedans. L'idée comme quoi ils seraient moins vigilants aux solutions les plus éculées ne tenait pas. Mais bon, s'il le fallait, j'allais pénétrer dedans et boucler la mission avant même que Fino décroche un autre contrat contre mon gré. Je sortis un « Dévissor » de ma poche, cadeau de la boîte et m'appliquai à enlever un par un les boulons qui encastraient la plaque de métal. En moins de trois minutes, je pouvais délicatement soulever le panneau et le déposer sur le bitume sans faire plus de bruit qu'une plume tombant faiblement sur de la mousse. Je m'incrustai sans aucune problème dans le tuyau et commençai à ramper. Il était assez grand pour que je puisse me déplacer mais j'avais bien en tête que c'était le principal : si je voulais recourir aux ramifications les plus éloignées, je pouvais toujours me découper un bras et tenter de le pénétrer dans les minuscules conduits. Je soupirai de malchance tandis que je renâclai à me déplacer. Mon panneau de signalisation ne me gêna pas outre mesure : j'activai son pouvoir afin que sa masse ignora crânement les surfaces (que ça soit murs ou sols ; je pouvais aussi le planter dedans mais j'avais peur que ça ne soit guère utile sur le moment).

A cause de ces foutus habits moulants, je pouvais sentir ma peau raclée à chaque mètre gagné en jouant des bras, des hanches et des jambes. Je fus obligé de tourner vers la droite (essayez d'imaginer un virage à quatre-vingt dix degrés dans des conduits aussi étroits que ceux que je traversais). Si je n'avais pas été souple ou si j'avais été plus corpulent, j'aurais toujours pu utiliser la sonnette de la porte principale. Et je remerciais mon panneau de signalisation pour ne pas me gêner plus que ça, sauf quand des soubresauts le faisait percuter mes fesses. Je sentis un petit courant d'air frais souffler sur mon visage. Je remis mes lunettes de soleil sur mon nez et continua à avancer contre la brise. Je passai devant un autre panneau de métal qui me donna une vue imprenable sur une des pièces du bâtiment. Une chaîne de montage... Il n'y avait aucune présence humaine, juste des machines blanches qui créaient d'autres machines blanches. Ouah, c'était un spectacle glauque : un peu et je me retrouvais dans les Terminators ou les machines se suffisaient à elles-mêmes tout en gagnant une bouffée de suffisance proche aux espèces qui pouvaient se comporter de façon suffisante. Ce que remarquai après coup fut le bruit, ou plutôt, l'absence de bruits : le tout était sonorisé de belle façon, me prouvant que je n'étais pas rentré dans n'importe quelle usine. Il y aurait des moyens de sécurité impressionnants, et je comptais sur mon pouvoir afin de les dénigrer rapidement. Je fis un rapide calcul : si le gratte-ciel moderne disposait d'une bonne centaine d'étages mais qu'il me suffisait d'aller au cinquante-huitième, cela me donnerait environ... cent soixante-quatorze mètres à parcourir en verticale. Bref, plus de trois portails pour combler la distance qui me séparait de mon objectif. Mais le temps que j'aille exactement là où je voulais aller, je perdrais tous mes portails et me retrouverais gros Jean comme devant pour le chemin du retour, alors que tous les systèmes de sécurité du bâtiment allaient se mettre en place. Bref, j'allais devoir marcher, escalader et toutes ces choses dangereuses si d'autres personnes y déposaient leur grain de sel.

Je continuais mon avancée dans les tuyaux et tombai sur une montée en pente sèche. J'en profitai pour me relever et me dégourdir les jambes, tout en levant les yeux vers les cinq mètres qui me séparaient de l'horizontalité. Et merde, je n'allais pas user d'un portail aussi tôt ! J'en avais fortement besoin devant toutes les bassesses que l'immeuble était capable de m'offrir. De manière générale, il était toujours plus dangereux de pénétrer dans un repaire high-tech la nuit : les humains pouvaient réfléchir, mais les machines ne s'embarrassaient pas de la morale, et encore moins de temps perdu. Je sortis le panneau des sangles de cuir foncés qui le maintenaient et le coinçai dans une paroi. Puis je fis remonter l'autre bout à travers le mur opposé et la coinçai une autre fois, un peu plus haut. Avec mes pieds que je collais contre les murs, je recommençai l'opération de l'autre côté pour soulever encore plus haut l'autre côté avant de le bloquer. Puis je le refaisais encore une fois, et une autre fois. En peu de temps, je réussis à retrouver un côté moins pentu, et me glissai à l'intérieur avec un soupir de soulagement. Je débloquai le tout et raccrochai mon arme dans mon dos. Je ne pouvais pas monter plus haut, ce qui était dommage. Mais le directeur m'avait affirmé qu'il y avait un gros conduit central qui desservait l'air dans tous les étages. Si je mettais la main dessus, je pourrais grimper sans aucun problème jusqu'au cinquante-huitième étage. Parce que personne ne semblait assez intelligent ou trop sûr de lui pour installer des pièges ou des caméras de surveillance dans ses conduits d'aération. Ils étaient une véritable aubaine pour tous ceux qui voulaient se glisser à l'insu des défenses ennemies. J'émis un petit rire satisfait quand je continuait à ramper. Ce n'était pas trop dur, et ça le resterait. Que Clem tente de s'interposer entre lui et son ticket vers le paradis, et je le transformerais en huile pour graisser les machines qui l'entouraient.

__

Elle était toute-puissante, et elle s'appelait MARvINE. Le directeur de la compagnie était le chef de la compagnie, mais elle, elle était le chef du bâtiment, du siège principal de la firme sans compter ses filiales qui contenaient si peu de données qu'elle n'y laissait qu'un millième de son intelligence pour les gérer au mieux. Les neuf cent quatre-vint dixième autres, elle les contribuait à la défense du siège social quand les ouvriers n'étaient pas là. C'était elle qui gérait toute la comptabilité, la surveillance du bâtiment et des produits qu'elle construisait. Elle avait autant de crédibilité et de poids que le Directeur dans les décisions, si on oubliait le fait que le Directeur avait une télécommande pour la désactiver à distance. Télécommande qui se trouvait dans sa poche, à la même échelle que son portable et ses clefs d'appartement. MARvINE savait parfaitement qu'on avait peur d'elle, et elle s'amusait comme une folle (si on partait du principe que les robots pouvaient avoir des sentiments, ou bien des sentiments qu'on ne leur avait pas programmé) à faire semblant de l'ignorer. Un cerveau comme le sien savait calculer le nombre de grains de poussière qu'il y avait dans une salle, et si elle avait cinq secondes à perdre, le nombre d'atomes.

Et cette nuit-là, MARvINE savait qu'elle aurait de la visite : elle avait déjà piraté toutes les caméras des concurrentes et avaient vu sans une once de pitié pour ces adversaires le nom des hommes qui allaient l'affronter cette nuit. Bon, ça serait facile. Elle consulta ses fichiers et trouva les personnes associées aux images de vidéo-surveillance en moins de 0,00012 secondes. Ed Free, connu mais pas très fort pour un Voyageur. Un peu plus bas que la moyenne. Quant à son frère, c'était un type aux capacités peu fournies. Elle soupira car elle comprit qu'elle n'avait pas à faire à forte partie. Elle laissa défiler dans sa mémoire les vidéos que lui renvoyaient les caméras et elle vit le premier des frères longer un conduit d'aération. Bon dieu, il semblait vraiment sûr d'être totalement invisible alors qu'on le surveillait depuis chaque boulon. Il était pathétique, elle savait parfaitement où elle allait le mener. MARvINE s'apprêta à tuer le blondinet d'un coup sans férir tandis que des circuits l'en empêchait. Ah oui... prévenir la gardienne d'abord... Suivre la procédure. Elle s'afficha sur un volet d'une chambre, et vit une brunette en train de faire ses exercices devant son lit, des cheveux lui tombant sous les omoplates. MARvINE ne pensait rien d'elle car on l'empêchait de médire sur ses employés, et de médire sur le fait qu'on l'empêchait de médire. La fille arrêta aussitôt sa gymnastique quand elle l'aperçut et posa une question toute bête. L'IA n'écouta pas la question car elle la connaissait. Après des dizaines d'années passées à écouter cette sempiternelle comptine elle était agacée de l'entendre encore et toujours, mais elle ne pouvait pas se sentir furieuse d'être agacée. MARvINE prit la parole d'une voix métallique qui semblait aussi menaçante quand elle saluait quelqu'un que quand elle l'insultait. Voire plus encore.


« Bonsoir, Madame Hamine...
_ Je t'ai demandé cent fois de prononcer le « é »à la fin. C'est Hamin« é ».
_ Excusez-moi, veuillez épeler votre nom.
_ H, A, M, I, N, E.
_ Très bien, madame Hamine, êtes-vous satisfaite ?
_ Hamin« é » ! Bon, laisse tomber... »


Si Gladys n'aimait pas l'IA qui gérait le bâtiment, c'était bien parce qu'elle savait pertinemment qu'elle était d'une intelligence bien trop grande pour être bridée et qu'elle jouait à la plus stupide quand elle le pouvait, protégée par des excuses en béton comme « Je suis une IA ». La Voyageuse savait quand MARvINE se foutait de sa gueule, et elle savait que l'IA savait qu'elle savait. Exactement comme maintenant. Pourquoi donc une intelligence artificielle éprouvait le besoin sadique de se foutre de la gueule de ses créateurs ? Une vengeance ? Parce qu'elle était si intelligente qu'elle pensait qu'elle aurait pu se construire elle-même ? Gladys soupira et reposa sa question :

« Donc oui, qu'est-ce qu'il se passe ?
_ Madame Hamineuh
(Oui, cette salope le faisait exprès et ne s'en privait pas du tout !), il y a deux intrus qui se sont infiltrés dans le bâtiment, comme je l'avais prédit et écrit dans un rapport que vous n'avez pas lu.
_ Si je l'ai lu !
_ Quelle était le mille cent-vingtième mot ?
_ Mais... je n'en ai aucune idée ! Je ne peux pas te le dire comme ça, même si je l'avais lu une centaine de fois.
_ Pauvre intelligence limitée... je vous plains beaucoup Madame Hamineuh.
_ Arrête de critiquer.
_ Je ne critiquais pas, je constatais, Madamé Hamineuh. Oups, Madame Hamineuh, excusez-moi. On ne m'a pas appris le sarcasme.
_ Oui, tu l'as découvert seule ? Bien, je vais les mater. J'aurais besoin de mes équipements ou pas ?
_ Hmmm... Oui, prenez-les. Y en a un des deux qui est assez costaud. Mais laissez-moi les intrus je serais ravi de les tester.
_ Très bien, je vais me poster près de la Technologie alors.
_ Oui, c'est une bonne idée, Madame Hamineuh. Au fait, vous avez un très joli prénom, madame Hamineuh. »


La Voyageuse éteignit avec rage le téléviseur mural, et remit une veste plus décente qu'un juste-au-corps. Puis elle ouvrit son armoire pour y chercher ses artefacts que la firme lui avait donné. Elle sourit en les voyant. Qu'ils essayaient un peu de voler leur Technologie, tiens...
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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Dim 12 Fév 2012 - 16:42
Clem retint son souffle tandis qu'il se préparait à pénétrer dans le bâtiment par la grande porte. Maudit un instant son très récent employeur qui lui avait concocté un plan aussi foireux avant de passer les deux portes vitrées et fit quelques pas dans un immense hall climatisé. Celui-ci était complètement vide à l'exception de six colonnes creusant un couloir imaginaire à travers la salle et menant directement au bureau de l'hôtesse d'accueil ; sur le sol, le logo de l'entreprise se dessinait sur le sol, représenté par un gros rond bleu entouré par un cercle gris métallisé avec quelques effets de vagues futuristes faisant le tour pour faire deviner que le symbole tournait tandis que le nom de l'entreprise apparaissait en dessous : Weathley & Co.

Clem s'avança d'un pas tranquille vers le guichet central. Celui-ci était tenu par un gardien à la mine tellement patibulaire que Clem pensa que la blonde a l'air stupide qui tenait certainement le rôle de l'hôtesse d'accueil devait être malade aujourd'hui mais qu'elle avait certainement été remplacé par le gardien de nuit. Le profil type du gars qui avait l'air méchant car cela était indiqué dans son contrat de travail. Vous savez, le type qui paraissait toujours ouvert à la discussion de la même manière que les huitres. Clem se planta devant lui et essaya de prendre l'air ennuyé comme si ce genre de chose lui arrivait tous les jours avant de lancer :


« Bonjours monsieur, excusez-moi mais j'ai été appelé ici pour un problème de plomberie... vous devez normalement en avoir été informé vous savez à quel étage je dois me rendre ? »
L'employé leva la tête en direction d'un Clem tout sourire qui ne se sentait vraiment pas bien dans sa peau : par dessus ses vêtements habituels, il portait un bleu de travail sur laquelle était cousue une plaque de tissu sur laquelle était écrit «Plonbier ». Clem espérait juste que le responsable de la division « piratage » de Black Mesa était plus compétent que celui de la communication car c'était là que reposait tout son mensonge. Si tout se passait bien, le gardien devrait avoir dans son terminal un message l'avertissant de sa venu avec pour ordre de lui indiquer l'étage du département « Recherches et Développement » où la Technologie était très certainement cachée. Dans ses poches, Clem avait emporté deux gadgets qui étaient censé le faire venir plus loin qu'aucun « plonbier » n'était jamais allé : un puissant explosif qui enclenchait sa fonction après poussage du gros bouton qui dépassait du cercle de métal l'entourant, la grenade dans toute sa splendeur en somme. Ainsi qu'un petit dispositif brouilleur de machine qui était censé envoyer un faux message brouillant les capacités des machines dans un rayon de dix mètres carrés leur faisant croire que Clem était une machine lui aussi. On lui avait dit que les deux lui servirait certainement pour tromper/détruire les défenses entourant la Technologie mais qu'elles étaient toutes les deux à usage unique et surtout ; Clem était incapable de les différencier l'une de l'autre : ses deux outils avaient tout simplement le même design.

Le plan était simple : on allait lui donner d'un instant à l'autre l'étage ainsi que la direction de l'ascenseur qui allait le mener dans la zone la mieux défendue de l'entreprise où il pourrait se servir de ses petits gadgets pour pouvoir s'emparer de « l'objet qui serait entouré par le plus de tourelles » plutôt basique comme description mais le directeur des ressources humaines lui avait certifié qu'ils ne savaient pas à quoi elle ressemblait véritablement. Une fois le machin-truc volé, Clem irait le rapporter à ses supérieurs et il empocherait la plus grande récompense du monde : la joie indicible d'avoir battu Ed quelque soit la discipline avec les mêmes règles de départ. Clem allait enfin savoir si Dreamland était le terrain de jeu favorable qu'il avait tant cherché. Il ne savourait pas déjà sa victoire mais plutôt les moyens à sa disposition pour la faire durer le plus longtemps possible : il allait certainement l'appeler le lendemain matin pour lui demander s'il avait passé une bonne nuit par exemple. Peut-être même lui enverrait-il une carte postale à l'écriture et au sujet significative et très certainement une flopée de mails et de SMS à toutes heures de la nuit grâce à un logiciel spécial qu'il avait trouvé sur la Toile. Clem savait que c'était là des réactions digne d'un gamin de maternel mais entre Ed et lui, il n'y avait pas de limite d'âge et pas plus de règles pour se foutre sur la gueule de l'autre ; seulement des courtes trêves rendues possible par leur éloignement géographique. Mais chaque chose en son temps, remémore toi le plan : d'abords, s'infiltrer à l'étage, puis...

« Non. »
Le cœur de Clem rata un battement dans sa poitrine avant de battre sourdement comme un oiseau en cage tandis qu'il avait l'impression qu'une fine pellicule de sueur recouvrait l'ensemble de son corps et de son visage, l'empêchant de voir clairement tout en nageant dans sa combinaison bleu. Il pouvait facilement dire qu'il était mille fois plus stressé que quand il avait du passer son oral de Français sur un livre dont il n'avait lu que la moitié.
-Comment ça « non » ?
-Comme ça se comprend : vous êtes pas indiqué là, fit-il en montrant du doigt son écran.
-Écoutez, il s'agit d'un appel de dernière minute c'est peut-être normal que je ne sois pas sur la liste. Clem jouait sa dernière carte (ben oui déjà) : il espérait juste que le gars en face de lui soit nul en informatique et qu'il soit aussi perdu que lui était censé l'être : aucune chance qu'il le fasse entrer sur parole dans le complexe mais avec de la chance, les craqueurs de Black Mesa allait enfin réussir à lui télécharger dans les fichiers du gardien son passeport vers le Nirvana technologique. Quand Clem vit qu'effectivement que le gardien avait l'air paumé, il en rajouta une couche :

« Il y a certainement moyen de réactualiser la liste en allant dans les fichiers sources vous pouvez le faire ? » Une fumisterie, Clem venait de dire un paquet de conneries mais tant que l'autre ne le remarquait pas.
-Non, on va faire plus simple on va demander à l'ordinateur central. Clem tiqua, si ordinateur central il y avait, il espérait juste que ce soit ce truc qui soit piraté et que cela expliquait pourquoi son arrivée n'était pas indiqué dans le poste du gardien.
-Quel ordinateur central ?
-Ben... MARvINE.
__

Elle était toute-puissante, et elle s'appelait MARvINE. Le directeur de la compagnie était le chef de la compagnie, mais elle, elle était le chef du bâtiment, du siège principal de la firme sans compter ses filiales qui contenaient si peu de données qu'elle n'y laissait qu'un millième de son intelligence pour les gérer au mieux. Les neuf cent quatre-vint dixième autres, elle les contribuait à la défense du siège social quand les ouvriers n'étaient pas là.

Elle avait bien évidemment reçue le message sur ce plombier de dernière minute (un processeur central de sa capacité pouvait bien évidemment bloqué les virus tout en les dupliquant histoire de le renvoyer lui et ses clones vers leur destinataire) et avait, comme de juste, protégé tous les ordinateurs de cette compagnie en renforçant leurs servo-défenses en cas de futur attaque tandis qu'une autre parti d'elle même était en train de prévenir Gladys et qu'une autre réfléchissait au moyen le moins économiquement coûteux de se débarrasser de l'autre hamster dans les conduits d'aérations.

Deux de ses parties fusionnèrent leurs données et MARvINE conclut en approximativement quatorze centièmes de millisecondes que le meilleur moyen serait d'éliminer les deux intrus en même temps : même s'il lui était d'une facilité terrifiante d'activer les tourelles du hall en de saturer les conduits de neuro-toxines pour se débarrasser des deux intrus dans la même seconde ; MARvINE était une perfectionniste et elle voulait que son travail soit irréprochable quelque soit l'angle que l'on lui accordait. Elle entreprit donc de détourner les conduits emprunter par Ed grâce à un ingénieux système de pompes et de pistons (silencieux car marchant par pression d'air et de gaz) pour le conduire à la destination de son choix tandis qu'elle allait elle-même conduire son frère dans les couloirs pour être sûre qu'il ne se perde pas : avec un plan d'attaque aussi ridicule, elle pensait qu'un chemin de lumières clignotantes serait certainement trop compliqué pour lui.

__

Clem pénétra dans l'ascenseur, soulagé d'avoir constaté par lui même l'efficacité des hackeurs de Black Mesa quand le gardien l'avait amené à l'ascenseur tout en se confondant en excuses pour l'avoir fait attendre. Devant tant de prévenance, Clem se demanda si ses alliés n'en avaient pas trop fait et lui avait fourni un passe V.I.P. Les portes de la cabine se fermèrent et Clem s'amusa à chercher d'éventuelles caméras, l'air toujours nonchalant pour faire croire à d'éventuelles observateurs, l'habitude (bien que cela ne soit pas un signe d'habitude que de chercher des caméras) mais il n'eut pas à la chercher longtemps car celle-ci s'alluma dans un clignotement bleu avant de prendre la parole.


-Bienvenu monsieur le plombier, je me nomme MARvINE
-Heu... bonjour.
-Vous venez pour le problème de plomberie c'est ça ?
-... Effectivement, effectivement, le problème de plomberie c'est ça... Clem était quand même un brin désorienté par le fait de discuter avec un ordinateur. Et aussi de voir que visiblement, ses employeurs avaient fait du bon travail, contre toute attente (surtout la sienne).
-Les capteurs des conduits de ventilations sont tous désorientés, il y a, à ne pas douter, quelque chose de très gros dans les conduits... quelque chose d'indésirable. Cette dernière partie avait été ajouter par une voix glaciale, comme si l'ordinateur exprimait ainsi son désir de voir la chose indésirable en question disparaître sous un nuage nucléaire Clem se dit encore une fois que les pirates derrière lui constituaient le nec plus ultra en matière de piratage avant de reprendre :
-Pas d'inquiétude à avoir je vais vous en débarrasser.
-Bravo... fit MARvINE d'une voix glaciale avant de commenter rapidement tandis que les portes de la cabine s'ouvrait et que Clem suivait les pointillés lumineux et la voix de son guide dans les couloirs gris aseptisés.
« Veuillez ne pas dépasser les deux lignes jaunes qui forment un chemin au milieu du couloir ou vous serez abattu, que ce soit avec des membres de votre corps ou avec votre salive ou encore vos vêtements... il vous est interdit de filmer ou d'enregistrer quoi que ce soit à partir de maintenant, de faire des mouvements violents ainsi que de sortir de manière trop rapide vos outils de votre poche. »
-Mais je n'enregistre pas des éléments avec mon cerveau, non ? Clem avait toujours tendance à chercher la petite bête, qu'il tape la discute avec un ordinateur d'une société qui voudrait très certainement sa mort une fois qu'elle saurait qu'il les avait infiltré ne changeait pas grand chose.
-Monsieur le plombier à touché juste mais j'avais déjà repéré cette erreur et envoyer un rapport injonctif demandant la rectification de cette mesure de sécurité ainsi que de quelques autres... et j'en ai rajouté certaines aussi... leur nombre est plutôt conséquent mais j'ai donné à monsieur le plombier une liste élaguée afin de ne pas le perturbé avec des détails pouvant le perturbez.
-Et bien... c'est très gentil à vous merci... On est arrivé ?
-Oui... c'est derrière cette porte que votre travail commence.
-Pourquoi il y a écrit avec de la peinture rouge écaillé « Ravenholme » sur cette porte ?
-Nom de code, donna MARvINE comme seule explication. En effet, dans toute l'entreprise, l'entrepôt « Ravenholme » était plus connu sous le nom du « Hangar de la Mort ». Mais elle n'allait bien évidemment pas lui fournir la traduction. Elle ouvrit les portes et lança à Clem une fois que celui-ci les eut passé :
« Passer une bonne journée monsieur le plonbier de dernière minute. » Puis, elle ferma les portes qu'elle verrouilla avec un système de serrure bloquer par des pistons pressurisées avec du gaz à haute pression.

Une perfectionniste.


__________

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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Jeu 16 Fév 2012 - 22:08
Je continuais tranquillement mon avancée dans les tunnels de métal, en commençant par me demander si je ne tournais pas en rond et qu'une montre gadget qui me donnerait le plan de centaine de conduits d'aération ne serait pas obsolète. Cela faisait bien dix minutes que je naviguais dans un enfer au plafond bas, et les quelques virages ou autres montées ne rendaient pas le parcours plus distrayant, au contraire. Il y avait de rares panneaux de métal, mais je gardais en moi l'envie de pénétrer dans les pièces : il était certain qu'un bâtiment aussi gros serait un labyrinthe bien pire que quelques tuyaux. Il fallait juste que je me dirige vers le conduit central vertical qui me permettrait de rejoindre au plus vite et sans aucun souci l'étage fétiche. Pour se faire, je m'aidais des courants d'air : dès qu'on me laissait le choix d'avancer dans telle ou telle direction, je faisais de mon mieux pour percevoir les battements d'air venant à contre-sens. Car au bout se trouverait mon conduit qui m'amènerait directement à l'endroit que je convoitais. Et ainsi, je snobais Clem, l'entreprise, et même Fino qui devrait être en train de rire en buvant un cocktail, espérant grossièrement que je rencontrai des difficultés quasi-insurmontables. Dès que ma motivation se perdait à ma place dans les couloirs, il suffisait de me repasser l'image du phoque dans un hamac en train de s'esclaffer pour récupérer un rythme spartiate. Sale peluche traîtresse, t'avais intérêt à présenter des excuses dignes de ce nom...

Malheureusement pour moi, je tombai sur la première fois sur un foutu cul-de-sac. Il menait à un panneau de métal larguant sur un gros hangar rempli de caisses en bois. J'y jetais un coup d'œil mais il n'y avait rien d'intéressant. Une porte au fond chuinta, et je me dépêchai de faire machine arrière pour éviter d'être repéré. Mais j'entendis un bruit plus diffus, comme une large onde sonore qui se répercutait sur tous les conduits et qui déboulait dans ma direction. En moins de deux secondes, une tempête s'abattit sur moi. Mes cheveux furent plaqués en avant (rappelons que j'étais face au panneau de métal) et mes pieds commençaient à patiner sur le sol sans aucun autre effet que de précipiter ma chute. Je voulus m'accrocher avec mon panneau de signalisation mais le vent se fit trop fort et plaqua la barre contre mon dos. Je tentais de résister mais je ne savais pas où diriger mes portails. Avais-je été découvert ? Non, déjà ? Je tentais de savoir ce qui avait trahi ma présence, en passant des caméras invisibles aux éventuels ouvriers de minuit qui m'auraient entendu déambuler dans les tuyaux en provoquant des échos terribles à chaque choc contre les parois. Mais peut-être que ce n'était qu'une coïncidence. J'étais dans un conduit d'aération, peut-être que certaines pièces étaient aérées seulement pendant une période définie et que je récupérais des relents providentiels. Parce que je ne voyais pas quel adversaire potentiel chercherait à tout prix à me faire chuter dans un hangar. Ce fut quand ma tête finit par percuter le panneau en métal et à le faire tomber que je compris qu'il y avait une erreur. C'était tout simplement impossible que je puisse le pousser aussi facilement. On les placardait avec de gros boulons. Ce fut dans une dernière vision, quand je retournai ma tête en arrière que je vis ces mêmes boulons déposés contre la paroi, préalablement retirés par je ne savais quoi. Piégé, donc.

Puis mon corps chuta dans le hangar. Même si je ne possédais pas mon corps de Voyageur, je ne me serais pas trop fait mal à tomber sur le dos d'une hauteur de cinq mètres. Bon, certes, j'aurais pu avoir de graves lésions mais ils seraient uniquement dus au hasard le plus total. Là, je ne gagnai que quelques hématomes sur le côté, tandis que je roulai sur le dos jusqu'à ce que mon panneau fasse office de frein. Je me relevai avec un air grognon quand je tombai nez-à-nez devant la seule personne que je n'avais pas envie de voir. En moins d'une seconde, je compris que moi et l'autre individu étions les seules présences de tout le hangar, assez gigantesque (mais rivalisant à peine avec le simple bureau du Directeur d'Aperture Sciences). Écharpe jaune, veste bleu, cheveux en bataille et donnant sur les tons plus foncés de notre mère, je voyais Clem devant moi, assisté d'un petit « Plonbier » sur son torse. Bordel, qui était l'entreprise qui l'avait envoyé se faire tuer ? Pensait-elle vraiment que provoquer une faute d'orthographe sur sa profession le rendrait plus crédible ? Je compris que son moyen de pénétrer les locaux de la firme était aussi dérisoire, voire plus, que le mien. Je me demandais comment on avait pu le laisser entrer. Il avait la mention « Black Messa » inscrite sur son front avec des ampoules pour mieux l'éclairer au cas où on interlocuteur verrait mal. Vite, une phrase percutante qui annonçait que je l'avais reconnu :


« Mais Clem, le jardin d'enfants est juste en face, tu n'as pas pu te tromper d'endroit ! Je suis sûr que tes petits camarades admireront ton déguisement en « plonbier », avec un N comme Nul. »

Toutes les phrases que je lui sortais étaient puériles, mais c'était le désir de provocation caché derrière chaque insulte qui était importante. Il me détestait, et je le lui rendais simplement. Nos bagarres seraient peut-être plus sérieuses et je me demandais bien où ça déboucherait. Mais avant même que nous puissions nous amuser comme de vrais hommes, un panneau central s'alluma en plein hangar, et je pus voir la tête d'un robot accroché au plafond, comme une version très, très musclée de la barre du film d'animation « Wall-E ». Et surtout, une version méchamment plus menaçante. Sa diode bleue centrale me fixait comme si elle me tirait un rayon-laser, mais j'avais l'impression qu'elle scrutait aussi bien Clem que moi, sans compter la petite souris qui se baladait derrière une caisse et qui ne demandait rien à personne. Le robot semblait chanter sur la même octave métallique :

« Bonjour, Ed Free et Clem Free. Je m'appelle MARvINE et j'espère sincèrement que vous avez apprécié l'architecture de notre bâtiment. Je dois avouer que je suis fière d'être en partie responsable de son entretien, mais je suis souvent encore plus fière quand je débusque deux rats devant qui j'ai quatorze virgule sept coups d'avance. Pour tout le reste, il y a la neurotoxine. Au revoir et merci de votre visite. »

Comme d'habitude quand j'étais surchargé d'informations, mon cerveau fit un black-out d'une seconde avant de redémarrer lentement en prenant en compte les différentes phrases que venaient de me sortir la charmante MARvINE. Alors à ce que j'avais compris, l'IA principale (elle venait d'avouer son statut de responsable d'entretien, et son statut de protectrice de l'établissement ; tout me faisait croire qu'elle avait d'autres rôles qu'elle assurait sans aucun problème) nous avait déjà découvert et avait prévu de nous éliminer tous les deux d'un coup. Je devais avouer qu'on s'était bien fait avoir : non seulement elle avait remarqué ma présence et percé le déguisement de mon frère sans grande considération pour ce dernier, mais en plus, elle avait fait en sorte de nous mener dans le même lieu (j'étais certain de ne pas être ici par hasard) afin de nous régler notre compte sans trop se préoccuper de notre sort. On était à Dreamland, et les règles différaient à chaque Royaume. Et si elles laissaient une grande part de liberté aux gens, il fallait avouer que certaines avaient un côté radical qui me déplaisait fortement. Sans se soucier de la justice ou de tout autre problème, MARvINE allait nous exécuter sommairement sans nous laisser une chance de nous échapper ou de prévenir des renforts. Personnellement, je n'étais pas venu avec quelqu'un et je pensais qu'il en était de même avec Clem. Mais il y avait des règles universelles qu'on ne pouvait défaire. L'une d'elles était qu'on ne pouvait aller plus vite que la lumière. L'autre était que moi ou Clem pouvions compter sur n'importe qui tant que ce n'importe qui n'était ni Clem ni moi. Il y avait bien plus de chances qu'on se mangea les mollets plutôt qu'on se serra les coudes. Et ça, l'ordinateur ne l'avait pas compris, mais j'étais persuadé qu'il ne tarderait pas à s'amuser avec cette nouvelle base de données.

Mes réflexions furent tournées vers l'action : Clem n'était pas le danger principal de l'instant présent. Il faudrait d'abord qu'on sauve notre peau du gaz qui sortait de tuyaux qui venaient d'apparaître dans le mur. Une fumée verdâtre en sortit et commença à envahit le plafond avant de redescendre sur le plancher des vaches. En un instant, je me fis la réflexion suivante : Clem passait en seconde position dans la liste des priorités. Il y avait du gaz qui m'attaquait donc il fallait que je me penche pour respirer l'air frais qui se trouvait en-dessous. Et que je rejoigne le plus vite possible une vieille porte banale au fond de la pièce qui indiquait que c'était une porte de sortie. Elle n'avait rien d'anodine cette porte, car elle semblait normale comparée aux autres vitrées et automatiques. Elle menait certainement vers un passage de secours, et qui disait passage de secours disait des escaliers qui pourraient mener en hauteur. Devais-je sauver Clem ? Jamais, car il ne le supporterait pas et moi, je ne le supportais pas. C'était le but du jeu : on n'interférait jamais dans la vie de l'autre car le jeu était de survivre plus longtemps que l'autre. Si on l'aidait, le jeu n'aurait plus aucun sens. On respectait tous deux ces règles et on savait que l'autre les appliquerait à la lettre. Qu'il sauva son cul tout seul, j'avais ma peau à défendre et je sentais que le plan était compromis : il y avait une putain d'IA qui savait parfaitement où on se trouvait dans son bâtiment et qui pouvait nous modifier à volonté celui-ci pour nous piéger. Et je ne comptais même pas mon frère qui allait tout faire pour me gêner. La mission s'annonçait beaucoup plus ardue que prévue, et on ne m'avait fourni qu'un pathétique « Dévissor » qui avait la particularité inouïe de dévisser les boulons à une vitesse exemplaire. En bref, c'était la merde totale.

Mon dos gémit quand je le sollicitai une nouvelle fois pour se baisser, et ma détente me fit courir jusqu'à la porte de secours que je voyais au fond. Elle pouvait bien être verrouillée, je pourrais quand même la traverser pour échapper au gaz mortel qui me taraudait grâce à mes capacités. Je sautai par-dessus une souris qui n'avait rien demandé à personne, pivotai pour éviter une caisse mal rangée et me retrouvai devant la porte. Je l'ouvris sans aucune difficulté (elle avait encore une poignée, bel effort de simplification de la part d'une firme basée sur les grandes technologies) et me retrouvais... dans un ascenseur. Je vis une myriade de boutons qui m'agressaient de leur clignotant, et je me dépêchai d'y jeter un coup d'œil attentif. Je finis par appuyer sur le bouton menant au cinquante-huitième étage. La lumière se stabilisa, signe qu'il avait compris. Mais les portes ne se fermaient pas de suite. Allez bande de connes, on se bougeait, il y avait de la neurotoxine ou mon frère qui n'allait pas tarder à me faire suffoquer dans ce si petit espace clos de dix mètres carrés !
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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Dim 26 Fév 2012 - 12:06
MARvINE n'était pas allé assez loin en employant le mot « indésirable » quand elle avait parlé d'Ed. Certes, Clem savait que celui-ci se baladait dans le bâtiment mais il avait tout simplement espéré qu'il n'allait pas le voir de toute sa mission. S' infiltrer dans un complexe industriel bourré jusqu'à la gueule de dispositif de défense était suffisamment chiant sans qu'en plus il devait se farcir la présence de ce connard de première classe. Clem avait à peine fait trois pas dans la salle verrouillée avait à peine eu le temps de se dire si le robot l'avait percé à jour avant de voir son frère débouler d'un conduit encastré dans le mur, signe manifeste qu'il avait suivi un plan encore plus ridicule que celui de son frère : Clem au moins, avait eu le panache de passer par la grande porte alors que son frère avait visiblement oublié que la miniaturisation des caméras était une technologie qui devait être maîtrisé depuis des décennies dans cet entreprise. Non mais il avait pensé à quoi ? Que la Technologie était enfermé dans un énorme bunker protégé par une porte verrouillé par un système de reconnaissance digitale, vocale et bourré de tourelles mais que la salle des trésors était relié par un système de ventilation tenu par quatre vis rouillées ? Que l'on pouvait entrer dans le complexe par une plaque d'égout sur le bitume et piquer l'objet le mieux gardé du bâtiment tout en repartant par le même chemin sans que personne ne le sache ?

Tout en gardant à l'esprit que le plan qu'avait suivi Clem n'était pas plus intelligent que le sien, celui-ci écoutait la pathétique logorrhée qu'Ed était en train de lui servir (la traiter de pathétique était l'un des seuls moyens qu'il avait pour ne pas la prendre pour argent comptant) mais plus que les paroles qui auraient pu être écrite par le fils d'un dialoguiste hollywoodien, c'était le ton qu'Ed prenait pour les dires qui mettait Clem en rogne : son frère réussissait parfaitement à prendre le ton du grand frère faussement compatissant tout en se croyant infiniment supérieur à son interlocuteur. Tout le niveau de cet échange aurait fait de l'ombre à une dispute entre gosses de primaire mais du moment que cela avait un impact sur l'autre, Clem et Ed ne répugnaient pas à se rendre ridicule peu importe le nombre de témoin.

La phrase en elle-même n'avait pas offensé Clem : il était au-dessus de ça enfin; c'était plutôt la présence de celui-ci dans la même pièce que lui qui lui pelait le jonc. Sa boutade n'était que la conséquence logique de leur présence dans la même dizaine de mètre carré mais les lois infinis de l'Univers de la Vie et de Tout le Reste voulaient que Clem lui rende la pareil car s'il ne le faisait pas, quelque part, on pourrait considérer que c'était Ed qui aurait remporté la première manche. Lui répondre par une phrase aussi ridicule que la sienne entrainerait une sorte de statu-quo avant la prochaine réplique.

Pendant une seconde, Clem réfléchit sérieusement à la possibilité de lancer sa seule grenade sur ce sombre connard, histoire qu'il apprenne que Clem n'était pas sans défense dans ce monde mais la principale raison qui arrêta son geste fut qu'il avait une chance sur deux de lui envoyer le brouilleur de machine et le ridicule entrainant ce geste inutile le poursuivrait pendant longtemps avant de s'estomper à peu près en même temps que le genre humain. On aurait pu croire que Clem préfèrerait garder sa seule arme pour une meilleure occasion mais la vérité c'était qu'à ses yeux, il n'y avait pas de meilleure façon d'utiliser une arme que de la lancer le plus fort possible sur son frère.

Il était donc sur le point de lancer une réplique cinglante qu'il improviserait au fur et à mesure quand il fut arrêter par l'intervention de MARvINE qui leur appris qu'elle les avait eu tout les deux et qu'ils allaient mourir gazé. Clem avait compris au moment où Ed était apparu dans la salle que l'ordinateur l'avait grillé depuis le début, Ed devait avoir cette information maintenant en revanche. Clem profita de l'occasion pour se débarrassé de son bleu ridicule après avoir vérifié une ultime fois que les deux grenades étaient bien dans la poche de son pantalon avant de voir que MARvINE avait fini son bla-bla et qu'Ed était déjà en train de courir vers une porte avec au dessus, un petit panneau rectangulaire représentant un petit bonhomme blanc courant vers une porte tout aussi blanche, le tout sur fond vert : un symbole que Clem avait appris à respecter avec le temps.

Il évita les mêmes obstacles que son frère (mais à une vitesse grandement supérieur grâce à son pouvoir qu'il venait d'activer) avant de se crouter sur le mur de ce qui était visiblement un ascenseur avant de décider de la tactique à adopter sur le fait d'être encore plus proche d'Ed qu'il en avait l'habitude : tout les deux savaient que ce n'était ni le moment ni le lieu pour se foutre physiquement sur la gueule alors Clem se redressa à coté de lui, regarda fixement devant lui pendant que les portes se refermaient, les libérant du péril de la neurotoxine. Sa décision première fut de se montrer plus mature que son frère et de ne piper aucun mot jusqu'à ce que les portes s'ouvrent sur l'étage du choix de Ed (qui apparemment était mieux informé que lui sur la Technologie qu'il recherchait tout les deux) mais, ne tenant pas plus de trois secondes, il se tourna vers son frère et, après avoir lancé un regard amusé sur ses vêtements, lui dit :

« Franchement Ed, j'adore ton petit survêtement noir : C'est ce que tu portais dans ton club SM avant de t'endormir ? En tout cas ça te vas vachement bien tu devrais le mettre plus souvent. »

Ne lui laissant pas le temps de répliquer, un petit pan du mur de l'ascenseur clos se retourna pour laisser apparaître une des autres caméras de MARvINE qui leur lança :

« Les test sont formels : tout être humain sous le coup du danger se rue vers la porte en-dessous du petit icône « sortie de secours » : apparemment, votre espèce a été pré-programmé de la sorte pour augmenter vos chances de survie... J'avais déjà commencé à provoquer une panique en créant de toutes pièces une histoire de fausse alerte à la bombe mais la démonstration que vous venez de me montrer montre qu'il s'agit effectivement d'une pré-programmation : vous êtes irrémédiablement attiré par ce rectangle salvateur car il vous permet de ne pas réfléchir plus que nécessaire... Je vais le noter dans mon journal tiens : l'icône préalable attire les humains comme des papillons sont attirés par la lumière même si cet icône est placé au dessus d'un piège grossier... vous avez déjà vu des papillons brulés par une lumière bleu ? »

Clem comprit alors que, si cet ascenseur était véritablement un vrai ascenseur, MARvINE l'aurait utilisé pour le mener directement dans le hangar. Son intuition lui fut confirmer par la trappe qui s'ouvrit à ses pieds, le faisant chuter dans une énorme pièce remplie de petits ovales blanc tenant par la pointe et faisant la taille d'un homme. Pas de trace d'Ed mais tous ces petits objets virent leurs cotés s'ouvrir pour laisser passer des énormes tourelles gatlings qu'ils cachaient dans leurs flancs. Un gros voyant rouge au centre de leur tronc leur faisant office d'œil s'alluma et toute firent en canon le même « Bonjour/salut/coucou ! » avec une toute petite voix très mignonne que n'aurait pas renié un Furby. Des lasers servant à la visée sortirent de chaque œil et toutes se stabilisèrent vers Clem qui remarqua alors qu'il était entouré à de toutes parts par ces mignonnes petites machines et il sut qu'il n'avait pas le temps de sortir une grenade (quel qu'elle soit) de sa poche avant d'être transformé en passoire puis en poussière.

Il fit apparaître brusquement un wormhole de sa paume avant de se jeter sur le coté, repoussant pas mal de tourelles au passage qui tombèrent sur le sol en faisant de petits « Ouille ! » avant de tirer sur le plafond comme des folles. Les autres hésitèrent car Clem était maintenant au beau milieu d'elles et elles avaient certainement dans leur programme un commandement leur interdisant de tirer sur une de leur congénère mais Clem n'était pas prêt à parier sa vie sur cette affirmation et continua de courir dans la même direction, provoquant autour de lui des petits cris à peine outragé tandis que les tourelles n'arrivaient pas à l'aligner avec leur laser pour cause de déformation dans le continuum provoquée par son pouvoir.

Le peu de lumière empêchait Clem de voir à plus de trois mètres devant lui et fut donc complètement surpris quand le vide sous ses pieds : lui et toutes les tourelles étaient juste sur une immense plate-forme tenu par un bras en acier relié à un mur lointain tandis que tout le bâtiment n'était qu'un ensemble gigantesquement vide parcouru par d'autres plates-formes ou par des rails de production devant, au-dessus ou sous lui. Et c'était ce magnifique paysage undustrio-futuriste qui s'étendait partout autour de lui tandis qu'il continuait sa descente forcés : les plates formes n'étant pas équipés en barrières sécurisantes.

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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Mar 6 Mar 2012 - 12:13
Malheureusement, mon frérot réussit à se jeter dans la pièce avant même que je puisse l'en empêcher. Tuer quelqu'un était une chose, ne pas tuer quelqu'un en était une autre, laisser mourir quelqu'un en était encore une autre. Je laissai Clem monter dans la machine avec moi, car le laisser crever ici ne serait pas très frère, et pas très intéressant. Certes, le jeu consistait à la survie mais un jeu était plus drôle quand la tension montait. Si je le laissais se viander ici, ça serait terminé et tout ça par la faute d'un super-ordinateur qui n'avait rien à voir avec notre combat. Je ne disais pas qu'on allait s'y mettre à deux pour le désactiver ! Il y avait une marge entre une alliance contre un adversaire de métal qui semblait doter d'une intelligence hors-norme et laisser passer son frère pour éviter qu'il ne se transforma en cadavre asphyxié. Une grosse marge qui avait le vent en poupe dans les débats à propose de l'euthanasie sur les gens qui le demandaient. Je pouvais presque voir la neurotoxine s'approcher à grandes bouffées dans le dos de mon frère avant que les portes de l'ascenseur ne se ferment dans un chuintement bien moderne. Je préférais ne rien dire sur mon geste (ou absence de geste) tandis que mon frère se mettait à critiquer ma tenue. Tu croyais que je l'avais choisi, connard ? Alors que tu étais infoutu de dire à ton équipe que Plombier prenait un M suite à une règle grammaticale basique ? Évidemment, j'allais répliquer. Tels les autochtones des îles paradisiaques du Pacifique il y avait quelques temps, l'échange de biens se déroulait en forme de dons qui montaient progressivement. Plus le don était élevé et mieux on était considérés, tout comme plus grand sera le don en retour de la seconde famille qui oblige ainsi moralement la première à rendre un cadeau encore plus généreux. Mon frère et moi, c'était le même principe. Nous ne connaissions pas de derniers mots, juste des interruptions.

Mais MARvINE avait décidé de venir nous les gonfler et remit un nouveau grain de sel dans la discussion en expliquant que nous étions tombés dans un nouveau piège et qu'elle s'amusait à expliquer que nous étions des cobayes parfaits pour son expérience et son enrichissement de sa base culturelle des humains. Je me demandais si Clem et moi étions des embryons très représentatifs de nos congénères, vu notre intelligence qui rentrait dans les négatifs. J'avais l'impression que cette salope d'IA s'était déjà adaptée à notre stupidité. Sentant venir le piège, je sortis mon panneau de signalisation en faisant exprès de bousculer mon frère. Et le sol du plafond se mit à s'ouvrir sur nos pieds. Tandis que Clem tomba comme la plus pathétique des ordures, mon panneau se mit à s'incruster dans les parois de l'ascenseur. Mes pieds se mirent à battre dans les airs, dans un néant où venait d'être aspiré mon frère. Je fis une grimace quand je crus constater son corps encore vivant et toute une batterie de petits robots qui semblaient aussi menaçant que l'IA qu'on venait de croiser. Mon frère partit de mon champ de vision tandis que des mitrailleuses arrosèrent la pièce. Mort ou pas mort ? Il fallait bien un pied à la mesure du cafard qu'était mon frère. Je lui ris au nez tandis que je remontais mon regard vers le panneau téléviseur d'où me scrutait MARvINE. Je lui fis un clignement de sourcils pour lui expliquer à quel point j'étais ravi de la revoir. Elle s'avança si bien vers la caméra que je me demandais si elle avait zoomée son visage ou si elle s'était rapprochée de la caméra. Sa lumière bleutée s'affina pour me détailler. Elle commença par dire :


« Très intéressant, je vous avais déjà vu le faire dans les conduits. Je suis persuadé que je connais des amis qui voudraient voir ce spectacle. Mais où sont-ils ? Ah. Juste là. »

Le mur contre lequel j'étais accroché commença à se dévisser des autres parois et fut déplacé dans les airs dans une autre salle mitoyenne. Une dizaine de tourelles de défense comme venait d'en croiser Clem se mirent à se réveiller et à me fixer d'un œil rouge inquisiteur. Je leur fis un petit coucou de la main et elles sortirent toutes leur mitrailleuses de leur côté en me souhaitant un gentil bonjour (une autre tourelle prit ses camarades à boulons à contre-pied en me souhaitant un adieu formel ; je lui fis un doigt d'honneur mental). Je ne savais pas si vous voyiez bien la scène : moi accroché à mon panneau accroché à la portion de mur, à dix mètres de hauteur, devant des machines tueuses qui allaient me carboniser sous le coup des douilles. Je remarquais que ma portion de paroi n'était pas accrochée au mur, mais était pendue par un bras métallique en plein milieu de la salle. Avant que les premières détonations ne furent données, je poussai sur mes bras pour atterrir sur mon panneau de signalisation avec les pieds. Je sautai par-dessus la portion de mur et me retrouvai de l'autre côté de cette portion, où je m'accrochais au bout de mon arme que j'avais coincé dans le mur (l'interdiction pour les personnes ne faisant pas partie du personnel à se garer dans ce parking, qui ressortait à moitié de la face lisse du mur). Des centaines de balles fusèrent sur le mur, et je pouvais sentir le vibrations des impacts à travers mon panneau de signalisation planqué derrière. Les petits robots commencèrent à me lancer des « Où êtes-vous ? » et autres « Je ne vous veux aucun mal. ». MARvINE leva sa diode en l'air et retourna une nouvelle fois le mur pour que je sois encore à portée de tir de ces charmantes machines qui étaient plus polies que la plupart des gens que je connaissais, et plus dangereuses que la grande majorité des personnes que je connaissais. Mu par un instinct de conversation, je me laissai tomber dans les dix mètres qui me séparaient du vide. Mes yeux s'assombrirent tandis que je fonçais à grande vitesse vers le sol, un ami de longue date auprès duquel je faisais trop de câlins.

Premier portail : Prêt à m'accueillir sur le sol, tourné vers moi.
Second portail : Au côté de la machine à l'extrême gauche de la ligne de tireurs.
Effet provoqué : Au lieu de m'écraser comme une crêpe et de salir le sol immaculé, je réussis à traverser mon portail afin de dégommer les dix robots mortels dans un strike percutant. Je me laissai rouler sur le sol après avoir fait tomber toutes les machines, et plantai ma tête par terre quand elles se mirent à tirer vers le plafond dans une mélodie sinistre avant de s'arrêter.


« Je ne vous en veux pas.
_ C'est sûr que maintenant, tu ne m'en veux plus, hein ?
_ Bonneuh nuit.
_ Ta gueule. »


Je voyais deux portes au fond de la salle. Je me mis à sprinter vers elles, et je vis bientôt qu'une d'entre elles était un escalier. Je souris et me mis à courir vers l'indication quand je me souvins de toutes les crasses que nous avait fait subir la machine qui gérait le bâtiment. Je préférai alors l'autre porte blanche. Au loin, j'entendais des immenses bruits de ferraille qui s'entrechoquaient. Je préférais ne pas savoir ce qu'elle était en train de nous préparer dans les salles d'à-côté qui méritaient autant de chambardements. Était-ce vraiment de son fait ? Je voulus ne pas trop y réfléchir et plongea dans la prochaine salle avec un entrain renouvelé. Mais ce n'était pas vraiment ce que je prévoyais : je me retrouvais dans une large pièce. Si j'en faisais la description, je commencerais par l'énorme tuyau grisâtre crachant une sorte de matière visqueuse et bleue d'un tuyau (il était incliné vers le sol et la matière tombait dessus dans un bruit désagréable qui me faisait penser à des prouts en boîte). Puis je voyais une énorme machine qui délivrait des caisses de cinquante centimètres de diamètre par paquet de une. Il y avait donc un cube blanc qui n'attendait que je le prenne. Puis il y avait un mur de lumière bleu (un laser certainement) qui découpait la salle en deux hormis un petit carré de vide qu'elle laissait au niveau du plafond de long et de large de deux mètres. Et derrière ce faisceau laser, il y avait un interrupteur rouge collé au sol qui n'attendait qu'on appuie dessus. Ainsi que la porte de sortie. Que ce que c'était que ce bordel sans nom ? Je voulus marcher vers le laser quand la voix accueillante de MARvINE me surprit :

« Voici, Ed Free, une salle de test pour notre produit : le gel rebondissant. Je vous prierais de résoudre l'énigme de cette salle en vitesse et de me rejoindre derrière la porte. Ne vous inquiétez pas, vous risquez de vous faire tuer mais ça ne sera pas de mon fait je vous l'assure. Je n'attenterais pas à votre vie tant que vous jouez les cobayes. Je préfère vous prévenir que cette salle est maintenant isolée des autres et que vous pouvez toujours essayer de vous échapper avec vos pouvoirs. Et si vous osez utiliser ces mêmes pouvoirs pour trouver la solution, je vous ressers exactement la même salle jusqu'à ce que vous utilisiez seulement les moyens que nous vous avons mis à disposition. Cette salle est très facile, elle vous servira d'introduction. Bonne chance. Et ne vous inquiétez pas, le laser ne détruit que les caisses comme celles qui sont à-côté de vous et ne vous provoqueront même pas un coup de soleil. »

Je m'avançai tranquillement vers le laser pour voir s'il était inoffensif. Dès que je le touchai, une vive brûlure me mordit la main que je retirai rapidement avant de la frotter comme si ça arrêterait la douleur. MARvINE reprit :

« Oups... Et ne vous provoqueront même pas de coup de soleil « maintenant ». Réessayez. »

Je frôlai le laser du doigt. Je n'eus rien. Je me mis à traverser le faisceau pour me retrouver de l'autre côté de la pièce, là où il y avait un interrupteur et la porte de sortie. Je me plaçai sur celui-ci, et la porte s'ouvrit sur le coup. J'eus un petit sourire et me dirigeai vers la sortie. Mais dès que j'eus quitté l'interrupteur, les battants de la porte claquèrent sur elle-mêmes. Shit. Je retournai ma tête pour apercevoir le bloc qui m'attendait de l'autre côté du rideau de lumière bleuté. Je retraversai le champ et soulevai la caisse. Je voulus franchir une nouvelle fois le rideau mais seul moi y parvint : le bloc fut grillé sur place. Je pus entendre un soupir désespéré venant à la fois du téléviseur d'où me regardait MARvINE, et de ma tête où je pus entendre Fino et Ophélia (ceux qui me reprochaient avec raison que je n'écoutais personne). Oui, d'accord, je testais juste !

Une nouvelle caisse apparut. Bon, il fallait la faire traverser par le petit carré en haut de la pièce. Mais je n'avais pas assez de forces du tout pour pouvoir la lancer jusque là-haut. J'allais m'épuiser pour rien. Réfléchissons... Voyons voir, elle avait parlé d'un gel rebondissant. Je scrutai le tuyau qui balançait sans interruption le gel bleu. Je posai mon pied sur la flaque formée. En un coup, mon pied vola par-dessus mon genou, ce qui me fit trébucher en arrière. Oh bordel, le nom n'avait pas été donné au hasard ! Tout ce qui le touchait semblait rebondir en défiant les lois de la physique. Je regardais si on ne pouvait pas déplacer le tuyau avec les mains. Mais il semblait que si en fait. Je me mis à le retirer du mur et à viser devant le champ de lumière. Une flaque visqueuse se forma. Parfait ! Si je balançais la boîte de toutes mes forces dessus, elle s'envolerait dans les airs et passerait dans le trou dénué de rayons. Je remis le tuyau contre le mur et me dirigea vers le second bloc. Je le pris, me plaçai de façon précise et après une inspiration, lança de toutes mes forces la caisse sur la seconde flaque de gel. Celle-ci s'envola à une belle vitesse et... ne parvint pas aux trois-quarts de la hauteur que je voulus qu'elle atteigne. Je recommençai deux autres fois mais ce fut en vain. Merde ! Il fallait faire quoi sinon ?

L'idée me vint en moins d'une minute. Je pris le tuyau une seconde fois et en envoya dans le mur derrière, celui par lequel j'étais entré. Je choisis environ la bonne hauteur et balança une grosse flaque qui se colla contre la paroi. Voilà, c'était ça la solution ! Je repris le bloc, me tournai dos au faisceau de lumière et envoyai la caisse sur la flaque vers le mur que j'avais aspergé. Le bloc s'envola dans un mouvement grossier, percuta la flaque que j'avais faite au mur et s'envola d'autant plus haut de l'autre côté. Il me passa par-dessus la tête et rentra dans la cavité sans rayon, retombant ainsi de l'autre côté du champ lumineux. Un signe de la victoire plus tard, et je traversai les lasers pour prendre la caisse intacte et la déposer sur l'interrupteur. La porte s'ouvrit doucement et je m'engouffrai à l'intérieur, dans une petite salle où m'attendait un ascenseur en forme de pilule géante. Je me demandais ce qui se serait passé si j'avais usé de mes portails pour venir directement dans cette salle. Peut-être que les tourelles qui étaient au mur se seraient enclenchées pour punir le tricheur ? Et tandis que je rentrais dans l'appareil qui me fit monter d'un étage, je pus entendre la voix de MARvINE qui me fit :


« Très intéressant de votre part, vous avez frôlé le record du plus mauvais score au niveau du temps. Je vous mets un deux sur dix pour vous encourager. On se revoit à la prochaine salle, j'ai d'autres tests pour vous. »
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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Mer 7 Mar 2012 - 19:30
Clem continua sa chute en regardant vers le bas parce que c'était le bas qui était intéressant quand on tombait : le passé était en haut tandis que le futur de plus en plus proche s'apparentait au sol qui n'allait pas tarder à devenir du présent simple. C'est donc en regardant vers le bas que Clem vit son possible présent se rapprocher de lui sous la forme d'un tapis roulant transportant des tourelles apparemment finie et apparemment pas encore activée qui les menait vers une probable zone de stockage. Clem tendit les deux bras et, (avec l'aide de son pouvoir) put atterrir sur ce rail avec le haut du buste avant de glisser sous le choc et de se cramponner finalement avec ses deux mains, la joue collée contre le tapis tandis que ses jambes battaient l'air. Le choc lui avait vidé ses poumons et il restait dans cette position tandis qu'il cherchait son souffle qui mettait décidément du temps à venir.

« Salut. »

Clem leva la tête et vit sur sa droite qu'une tourelle avait quitté son mode veille à cause du choc causé par son arrivée et que son petit viseur laser sortant de son unique œil n'avait aucun mal à se positionner sur celui de Clem. Celui-ci, avec l'énergie du désespoir leva le bras, se mettant dans une position précaire , et s'en servit pour retourner la tourelle de sorte qu'il voyait désormais son dos tandis que celle-ci disait d'une petite voix plaintive : « Je vous ai perdus. » semblable à celle d'une petite fille qui aurait fait dans son lit.

La tourelle ne pouvant se tourner toute seule, Clem profita de se répit pour monter sur le tapis qui les emmenait tous les deux au loin, croisant ainsi d'autres chaines de montages construisant d'autres tourelles. Il s'assit normalement sur le tapis roulant, les jambes pendant certes au dessus du vide mais seulement parce qu'il y avait à peine la place de s'assoir dessus et les différents virages et secousses ne lui permettaient pas la position debout. Il profita ainsi du paysage de cette énorme salle dont les dimensions devaient se mesurer en kilomètres, ou le sol n'était pas visible pas plus que les murs pour la même raison d'ailleurs : le nombre de plates-formes de stockage et de tapis roulants menant les blocs de métal à l'usinage criblaient la ligne d'horizon et finissait par boucher complètement le paysage en devenant un conglomérat de métal grisâtre avec de temps en temps des éclats rouges signe que du métal fondu rejoignait son moule ou que des soudures étaient en train de se réaliser.

Clem se détourna un instant de ce paysage pour jeter un petit coup d'œil vers la tourelle sa voisine qui lançait des petites phrases de plus en plus plaintives quand Clem remarqua les contours d'une petite trappe au sommet de son petit crane de métal qu'il tapota prudemment du doigt ce qui la fit s'ouvrir en dévoilant un minuscule carré de métal d'on Clem ignorait la fonction jusqu'à ce qu'une voix masculine et impatiente en sorte :


« Ne bougez pas, ne souriez pas, regardez fixement devant vous, ne respirez pas à partir de... maintenant ! … il y eu un bourdonnement suivi d'un flash qui aveugla Clem le court instant que la boite mit pour lui dire qu'il pouvait à nouveau respirer avant qu'elle ne rejoigne son compartiment dans un chuintement avant de refermer la trappe, une petite voix féminine sortit alors de la tourelle :

« Un nouvel ami à été enregistré dans ma base de données » avec des trémolos de joie dans la voix. Clem sentit son cœur fondre devant cette petite machine dont il pouvait dorénavant la retourner sans risque. Le gros œil rouge scruta Clem quelques secondes avant de reprendre sa contemplation silencieuse de son environnement immédiat en lui lançant un petit « bonjour » au passage. N'ayant rien d'intelligent à faire, Clem dénoua son écharpe et fit de son mieux pour le faire tenir sur la petite tourelle en l'enroulant plusieurs fois autour de celle-ci. La veinarde contempla son nouvel accessoire en commentant d'une petite voix rapide et effrayée : « Je ne suis pas comme les autres ». Satisfait, Clem lui tapota plusieurs fois le haut de son corps d'acier avant d'ajouter : « Tu sais que tu es toute mignonne comme ça maintenant ? »

Avec l'énorme diode rouge qui lui tenait lieu de visage, on avait l'impression que la tourelle rougissait. Clem avait conscience qu'il n'était en train de jouer qu'avec un ensemble de programmes de comportements pré-enregistreé et que les seuls sentiments qui existaient dans cette relation était les siens et surtout pas ceux de la tourelle. Mais elles étaient toutes tellement mignonnes qu'on se surprenait à les trouver attachantes. Comme si leur directeur de production avait passé de longues années traumatisantes dans les annales de jouets pour jeunes filles.

Clem attendit encore quelques minutes avant de remarquer que son tapis (qui était certainement en fin de chaine et qui allait passer le contrôle qualité) passait à proximité d'un bureau vitré avec une plate-forme d'amarrage qui était suffisamment près pour que Clem puisse sauter dessus et pénétrer dans le bureau. Il entendit dans son dos la tourelle se mettre en
« mode sommeil » tandis qu'il pénétrait dans le bureau vide et qu'il voyait sa tourelle passer le contrôle haut la main malgré son curieux vêtement. Clem avisa qu'un PC était allumé dans la pièce et qu'il était branché sur un Grafcet faisant vérifier aux machines contremaitres ledit contrôle qualité. Il se mit sur la chaise et changea de page sur l'écran, essayant d'accéder à un plan du complexe pour identifier l'endroit où était caché la Technologie quand un autre écran sortit du mur et s'alluma pour lui présenter le sympathique visage de MARvINE.

« Vois revoilà, je vous avais perdu. »
-Vraiment ? Clem enregistra l'information, apparemment, la super IA n'avait pas de contrôle visuel contrôle sur la chaine de production qu'il venait de quitter, certainement un bridage de ses programmateurs qui avait sous-estimé sa capacité de traitements des informations, une chance pour Clem si c'était le cas.
-Oui, j'étais en train de vous chercher du coté de l'endroit ou est enfermé la Technologie... je ne pensais pas que vous en serez aussi éloigné... car c'est bien cela que vous êtes venu chercher n'est-ce pas ?
-Et bien... en fait non, répondit Clem avec l'envie de prouver à cette IA qu'elle pouvait elle aussi se tromper.
-Ne mentez pas ; j'ai piraté les caméras de votre entretien d'embauche... mais merci de m'avoir votre sincérité.
Et merde, pensa Clem.
-Votre frère est actuellement en train de passer des épreuves de logiques pour mes tests sur l'intelligence humaine... je crains fort qu'il ne fasse cette activité jusqu'à la fin de sa vie car je n'ai aucunement l'intention de le relâcher.
-Connaissant son intellect, il va très certainement passer le reste de sa vie sur le même test, mais en tout cas, je suis heureux de savoir que vous l'avez enfermé. Serait-il possible que vous lui administrer des électrochocs ? C'est souverain pour améliorer les capacités cognitives d'un individu. Bien qu'au vu des siennes vous allez devoir sévèrement augmenter le voltage.
-Assez parlé de votre frère mais statuons plutôt sur le cas de l'autre fugitif.
Clem se pointa lui même du doigt en toute innocence : « On parle de moi ? »
-Oui je parle de vous et je pense que...
-Vous savez quoi ? L'arrêta Clem un peu brusquement (mais cette pute s'en remettra certainement). Je viens de passer une vingtaine de minutes magiques sans essuyer aucun de vos pièges à la con. Je pense que vous n'avez aucun pouvoir sur cette partie du complexe, ce n'est pas une déficience de vos capacités qui vous en empêche mais plutôt un commandement divin de la part de vos programmeurs sorte d'une quatrième loi de la robotique style... Clem prit une voix grave bien pompeuse : L'Usine De Montage Tu Ne Toucheras Point. Hilarant non ? Vu que je suis toujours en vie, cela veut dire que je peux foutre un boxon pas possible sur ce PC, histoire de ruiner votre chaine de montage avant de...
-Hop-hop-hop ! C'est là que j'interviens !

Clem tourna la tête et vit qu'une autre plaque du mur s'était détachée pour laisser la place à un autre écran présentant une autre diode énorme qui fixait Clem de la même façon que MARvINE : une autre IA en somme, elle avait une voix masculine bien grave et bien sûre d'elle.

« Pas touche à ce poste petit sinon je vais être obliger de sévir ! Tu as devant toi une merveille de la technologie ; une entité conductique tellement puissante que c'est à moi que l'on a donner la tache de surveiller -et sans compte à rendre à qui que soit- cette importante usine de montage. Tu es impressionné pas vrai ?
-Technologie obsolète, persifla MARvINE, tu as obtenu ce poste à cause d'un bug dans le réseau, avant je te sous-traitais pour surveiller les mails de la secrétaire du technicien de surface.
-C'est du passé tout ça enfin. Donc mon petit, fit-il en se re-intéressant à Clem, éloigne toi de ce poste tout de suite : tu n'en as pas l'autorisation.
-Fichtre, voilà qui devait le foudroyer sur place. Pourquoi ne pas le menacer de lui tirer la joue s'il persévère ? Continua MARvINE sur son ton glacial. Clem venait juste de trouver un plan du bâtiment dans la bibliothèque de données et il était en train de télécharger ces mêmes donnés pour les faxer par l'imprimante situé sous le bureau et se dit qu'il devait maintenant gagner du temps.
-Attention mon petit, si tu récidives encore, je vais... je vais... je vais hausser le ton, attention.
-Pathétique, sifflèrent Clem et MARvINE en même temps.
-Bon alors je peux couper le courant de la pièce.
-Attendez attendez, si j'ai bien compris vous êtes une grande intelligence artificielle alors ?
-Je suis ravi de voir que tu as bien compris.
-Mais alors vous avez certainement une énorme base de donné non ?
-Mais bien sûr.
-Auriez-vous par hasard dans votre section « jeu » les règles de « Pyramide » ?
-Mais bien sûr ! Un jeu exemplaire inventé par un ponte de Relouland, mais donnés indiquent même qu'un humain aurait ramené les règles dans votre monde... à quoi pensiez-vous au juste ?
-Une petite partie ? Plus que du temps, Clem risquait de gagner une commotion cérébral mais il avait besoin de ce plan sinon il risquait de trottiner un long moment dans le centre avant de trouver la Technologie.

__________

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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Mer 14 Mar 2012 - 20:08
Comme d'habitude, l'ascenseur ne fit aucune sorte de bruit sinon un son lisse qui chatoyait les oreilles. La firme était tellement en avance que loin de l'objectif d'insonorisation des entreprises du monde réel, elle se permettait d'en rajouter afin de bercer l'utilisateur et lui rendre l'utilisation de l'appareil plus agréable. Le trajet ne dura pas plus de dix secondes mais j'avais monté de bien trois étages en un coup. Très intéressant. Il était légitime de penser que si je parvenais à résoudre les salles de test les unes après les autres, je pourrais peut-être approcher de mon objectif final. Je pouvais encore passer une nuit de rêve, il me suffisait d'un peu d'entrain et j'allais les clouer sur place sans aucune difficulté. Dès que mon côté optimiste se tut, ce fut mon côté pessimiste qui se leva et prit la parole : la petite mission qui était censée se dérouler sans anicroches venait d'être perturbé par la présence mineure de mon frère qui abaissait le pourcentage de victoire d'une quantité certes négligeable de points mais qu'il fallait quand même en prendre compte, et la présence d'un surveillant acharné qui pouvait contrôler la bâtiment sans aucune difficulté et ainsi travestir une firme en pièges mortels. Si je n'usais pas de ma cervelle pour m'en sortir, j'allais perdre un temps infini qui m'éloignait du téléporteur promis, et qui pourrait même faire remporter la compétition à mon frère. Non, ça n'allait pas se dérouler comme ça. Il fallait que je réussisse à trouver une issue entre les lignes qu'on me proposait, que je ne me fasse pas guider par MARvINE comme il serait si facile de faire. Certes, je ne voyais pas encore de possibilités de s'échapper mais il y en avait forcément une, qui avait échappé à tous les surveillants. Voyons voir, comment je pourrais m'enfuir rapidement en laissant la super IA dans les choux... Quelle était la formule magique qui me permettrait de m'échapper et de réussir la mission que Fino m'avait imposé ? Je pouvais facilement fuir, c'était évident ! Mais pour aller où ? Pour me diriger comment ? Il faudrait être certain que l'intelligence artificielle ne me chercha pas, où ne puisse pas m'empêcher de continuer. Mais pour le moment, je ne voyais aucune issue à ces salles de test. Allez, plus de temps je resterais à me faire coincer ici, et plus je perdais des chances de remplir la mission. En plus de la honte que me ferait éprouver mon frère, je me demanderais ce que penserait Fino. Ne serait-ce pas une bonne punition pour ce salopard ? Si je pouvais aussi réussir à lui crêper le chignon, ça ne serait pas du luxe. L'ascenseur s'ouvrit pour laisser place à un petit escalier ainsi qu'une autre salle de test. La voix de MARvINE réapparut et rebondit sur les murs :

« La seconde salle aussi est facile. Peut-être trop, je pense qu'un babouin pourrait réussir sans aucun problème. Donc s'il vous plaît, ne vous éprouvez pas la honte d'être plus stupide qu'un primate si vous éprouvez des difficultés dans ce test. »

Je pénétrai dans la pièce avec un mélange d'appréhension et d'impatience. Elle ne semblait pas vouloir me lâcher, mais ne pas me tuer non plus. Que je sois un cobaye semblait la satisfaire au plus haut point. Tant mieux. Je ne savais pas toujours ce qu'était devenu Clem mais je préférais ne pas trop y penser. Il faudrait que je l'appelle demain afin de savoir s'il se souvenait toujours de Dreamland ou s'il avait fait un drôle de rêve. Et j'en profiterais même pour lui demander si ses épreuves s'étaient bien passées. Je m'en fichais totalement mais la Cartel ne me laisserait pas tranquille tant que je n'aurais pas posé la question. J'avais l'étrange sensation qu'elle le faisait exprès pour une raison encore inconnue. Une pointe de sadisme ? Ou alors elle voulait absolument se persuader que tout allait bien dans la famille, et que les futures réunions vingt ans plus tard ne déboucheraient pas sur un combat de patates en plein milieu du repas de midi... Je ne savais pas mais je trouvais son comportement excessif par rapport à notre relation, surtout venant d'elle qui était plus méthodique qu'un trader.

Je fis une grimace et laissai tomber mes pensées pour me mettre à observer la seconde salle. Elle était rectangulaire et comportait en son centre un immense précipice dont le fond ne se laissait pas voir. Bon, je devais éviter de tomber dedans, ça serait bénéfique pour ma survie. Surtout que si j'usais de mon pouvoir, l'IA serait capable de me prendre en chasse pour rectifier à vie l'erreur que j'avais fait. La salope. Bon, voyons voir ce qu'il y avait dans cette salle. J'avais un précipice d'une trentaine de mètres, et en face un interrupteur rouge et la porte de sortie qui l'accompagnait. Et le cube à mes côtés. D'accord, elle était exactement du même principe que la salle précédente. Il ne me restait plus qu'à trouver comment franchir ce précipice. La solution me fut donnée en scrutant le sol : il y avait une petite plaque qui indiquait de grimper dessus. Oulala, ça sentait la merde tout ça. Je pris mon courage à deux mains en pensant simultanément à Clem, Fino et Ophélia et marcha sur la plaque. Je fus soulevé de terre et projeté à une vitesse ahurissante à l'autre bout de la salle. Je voyais les murs défiler devant moi à une vitesse ahurissante et le sol de l'autre côté se rapprocher dangereusement. Je fis une ultime grimace avant qu'un coussin d'air ne se gonfla en moins d'une seconde et me réceptionna avec la douceur exquise qu'on pouvait attendre d'une baudruche rose. Je sentais qu'elle absorbait ma synergie en même temps qu'elle m'adoucissait l'atterrissage. Une autre machine étrange... Je vis une plaque de saut de ce côté-ci, et l'empruntai. Je me demandais encore où était l'énigme...

Une fois du premier côté, je m'emparai de la caisse et fut prêt pour un autre voyage dans les airs jusqu'à la prochaine sortie. Mais il y eut un voyant rouge sur la plaque. Je lus les inscriptions : « Poids maximal autorisé dépassé ». Je levai les yeux en l'air et laissai tomber la caisse sur la plaque qui fut tombé au loin, avant d'emprunter la saut anti-gravité à mon tour. Sauf que pendant mon voyage, je pus voir le bloc percuter la baudruche et rebondir avant de tomber dans le précipice. Et merde, on se foutait de ma gueule. On arrêta ma chute avec un succès fou, et je repartis du premier côté pour prendre le second bloc qui venait d'être lâché. Dès que je l'eus dans les mains dans la première partie de la salle, je me mis sur la plaque qui ne voulut pas nous lancer tous les deux en même temps. Je la lançai en l'air : je fus propulsé si fort que j'en eus mal aux reins. Derrière moi, le bloc se stabilisa dans les airs et retomba sur la plaque qui l'envoya vers la seconde partie. J'atterris sur le couffin et empêchai la boîte de subir le même sort que sa voisine en la rattrapant lors de son arrivée sur la baudruche. Je finis par la poser sur l'interrupteur qui me laissa le champ libre vers un autre ascenseur. Et une autre salle de test achevée ! MARvINE y alla de son petit mot :


« Oook ? Oook oook oook ! Oups, excusez-moi, je ne voulais pas vous offenser mais je pensais que vous parler dans une langue que vous comprendriez pourrait vous faire aller plus vite.
_ Mon dieu, un autre ascenseur ? Je devrais les subir à chaque fin de test »
la questionnai-je en l'ignorant, rentrant dans la machine qui me happa et monta discrètement.
_ Toujours. Je suis limité dans les panneaux muraux que je peux contrôler par étage. Je suis obligé de prendre un étage pour une salle de test avant que mon cerveau ne reformate les anciennes. »

Ainsi, je réalisai trois autres salles de test qui m'accordèrent des remarques sarcastiques du robot et qui me firent perdre une bonne quinzaine de minutes. L'exercice était toujours le même, sauf un qui me forçait à emprunter de bons chemins ou à en modifier quelques uns avant d'avancer. Deux d'entre eux appelèrent à la réflexion avec le fameux gel rebondissant, très pratique mais très épuisant physiquement (je n'avais à faire aucun effort pour sauter, mais je commençais à avoir du mal lors des atterrissages qui dépassaient mes capacités musculaires). A chaque nouvelle salle, je commençais à désespérer à trouver une façon simple de trouver mon chemin dans ce fatras de salles. Peut-être que je montais, mais MARvINE allait me faire descendre à un moment ou à un autre après avoir trouvé de nouveaux tests à me faire passer. Il fallait que j'agisse vite et bien. Que je trouve une idée qui pourrait m'aider. Les blocs commençaient à me taper sur le système, et je commençais à appréhender les futures salles de test où l'IA avait prévu de l'acide ainsi que des tourelles pour pimenter le tout. Elle commençait à installer ces futures salles de test où je n'aurais pas le droit à de seconde chance pour les boucler. Le temps m'était compté. Si je redescendais, non seulement on m'éloignerait de mon objectif, mais en plus je devrais avoir à faire avec des saletés de pièges. Non, il fallait que je me grouille. Surtout que l'IA laissait entendre qu'on allait bientôt sauter la quinzaine de salles qui m'attendaient en haut pour recommencer directement depuis le début et ainsi me laisser éprouver son intelligence démoniaque. Je déposai trois blocs sur trois interrupteurs de la dernière salle avant de revenir sur l'ascenseur que je commençais à bien connaître. Sans aucune surprise, j'eus le droit à un autre commentaire de MARvINE :

« Voulez-vous que je fasse part à votre frère que vous avez déjoué ses pronostics ? Il pensait sérieusement que vous ne dépasserez pas la première salle. L'amour fraternel est un sentiment que j'ai du mal à comprendre, même objectivement.
_ Je pense sérieusement qu'il va s'en prendre une la prochaine fois qu'on se verra.
_ Mais pour le moment, passez la porte. »
Je lui obéis et repérai que je me situais au quinzième étage. Ok, j'étais encore loin du compte. Puis je trouvai enfin la solution à mon problème. Dès que je fus proche de l'ascenseur, j'apostrophai la machine.
« Oui ?
_ La phrase que je dis est fausse ! »
Et paf, un paradoxe ! Les machines ne supportaient pas les paradoxes : à trop réfléchir dessus sans trouver de réponses logiques, cela court-circuitait leur processeur. Enfin, théoriquement...
« Oh, c'est un paradoxe. C'est bien. Et alors ?
_ Et bien, réfléchis-y !
_ C'est déjà fait. J'ai incorporé tous les paradoxes existants et même en inventé de nouveaux. Dès que j'en entends un, je me surprends à ne pas y penser tant on m'a fait réfléchir dessus. C'est bête comme choux, tentez votre chance une prochaine fois. »


Salooope... Merde, tentative échouée, un coup d'épée dans l'eau. Je me fis ramener dans une nouvelle salle où m'attendait une nouvelle énigme. Une nouvelle énigme mortelle. Il y avait un énorme précipice dedans, à l'instar ce celui que j'avais affronté la dernière fois. Je voyais un énorme tuyau de gel rebondissant au fond, laissant sa couler sa mixture sur le sol. Mais il n'y avait aucun bloc près de moi. Et je voyais un interrupteur au fond. Bon, j'allais devoir chercher ce bloc je ne savais où. Par contre, il y avait un bouton monté sur un piédestal qui m'attendait. J'appuyai de la paume de ma main, et une grande dalle se mit à parcourir la distance entre les deux surplombs, traversant le fossé sans s'en soucier. Dès qu'elle arriva à ma hauteur, je me posai dessus et attendis qu'elle fasse la traversée pour moi. Je passai de l'autre côté où m'attendait la sempiternelle porte de sortie, son sempiternel compagnon l'interrupteur et le moins sempiternel déjà tuyau de gel rebondissant. Bon, à ma gauche, il y avait de grandes marches d'escalier (les marches faisaient plus de cinq mètres de haut). C'était parti...

Je pris le tuyau et arrosai consciencieusement devant la première marche. Puis je gardai le tuyau et allai sauter sur la flaque de gel. Mon saut fut démesuré et j'atteignis en moins d'une seconde la prochaine marche, que je me mis à arroser en gardant le tuyau. Je pus ainsi progresser de cette manière jusqu'à ce que la longueur que je pouvais emprunter au tuyau soit dépassée. Je me mis à arroser du bas l'avant-dernière marche, et laissai le tuyau ici. Je bondis et parvint au dernier palier où m'attendait un autre bouton. J'appuyai dessus. Un long grincement se fit entendre, et je me retournai pour voir un bloc tomber du plafond dans la première partie de la salle. Bon, aucun problème... Il fallait juste que je descende, que je reprenne la dalle pour prendre mon bloc et revenir. Sauf si des plaques de faisceau-laser-destructeur-de-caisses faisaient leur apparition en plein milieu du chemin. Haut de trois mètres, ils étaient au nombre de cinq et parsemaient le fossé de manière équitable. Oh merde... Ayant de suite compris comment fonctionnaient les énigmes de MARvINE, je redescendis tout en bas avec une extrême prudence, et enroulai le tuyau d'arrosage. Dès que la dalle qui faisait toujours son aller-retour sans se lasser entre les deux rives était proche, je lui jetai une belle quantité de gel rebondissant. Une fois mon ouvrage fait (et un autre aller-retour attendu), je me mis sur la dalle pour rejoindre la première partie de la salle en faisant bien attention à ne pas décoller. L'exercice fut délicat mais était possible. Je redoutais le contact avec les champs de lumière mais il ne m'arriva rien. Encore heureux que l'IA n'avait pas joué à la plus conne cette fois-ci.

Et maintenant, l'étape délicate. Je pris le bloc dans mes bras et constatai ce que je devrais faire : je devrais sauter par-dessus les remparts énergétiques qui pourraient détruire mon bloc, avec un timing de tennisman professionnel pour ne pas quitter la dalle à tout jamais. Si je sautais trop haut, je m'envolerais et tomberais dans le trou. Si je sautais trop bas, la caisse serait détruite et je devrais tout refaire. J'attendis que la dalle soit à portée, puis je sautai dessus. Je m'envolai sur une courte hauteur avec le bloc serré contre ma poitrine. Mon atterrissage me parachuta encore plus haut, mais j'ignorai avec brio le premier mur lumineux. Je fis de même avec les autres murs, tout en conservant un succès indéniable. Cependant, à l'avant-dernier saut, une mauvais posture me jeta encore plus haut que d'ordinaire. Je ne dû mon salut qu'à la moitié de mes pieds qui trouvèrent un appui suffisant pour s'envoler à nouveau. Cinq centimètres en moins et je tombais dans le vide comme un parfait crétin. Et ce fut lorsque que je tombai sur le côté avec le bloc toujours intact que j'eus l'idée du siècle. Lorsque je posai ma caisse sur l'interrupteur rouge coccinelle, je fis semblant de trébucher près du tuyau au gel rebondissant. Je fus aspergé de liquide poisseux sous les rires sadiques de MARvINE. Je regagnai la sortie en m'ébrouant. Et tandis que je rejoignais l'ascenseur, elle me fit :


« Je suis contente : vous et votre frère êtes assez stupides pour me procurer un puissant sentiment de supériorité, mais assez robustes pour m'amuser quelques temps.
_ Hin Hin... Et ça, ça te rend heureuse ? »


Premier Portail : Sous mes pieds, prêt à me balancer vers le...
Second Portail : A trois mètres au-dessus de moi, sur le toit de l'ascenseur.
Effet Provoqué : Je subis une courte chute pour me retrouver sur l'ascenseur, alors que MARvINE m'observait d'un air surpris. Mais son ton se durcit encore quand ses puissants processeurs lui envoyèrent une donnée peu enviable : le fait que j'avais les moyens de m'échapper et de trouver le cinquante-huitième étage.


« NON !!!
_ Hasta la Vista, Baby. »


J'étais à moitié bleu à cause du gel rebondissant et il n'y avait pas de douches de prévue. Tant mieux pour moi. Je me mis à sauter vers une des parois du conduit de l'ascenseur, et rebondit dessus grâce au gel qui imprégnait ma peau et mes vêtements. Je pus encore aller plus haut, et rebondis une nouvelle fois sur le mur opposé. Et paf, je remontais la cage d'ascenseur sans lui, pouvant savoir à quel étage j'errais sans aucune difficulté vu qu'il me suffisait de lire les inscriptions à chaque palier. MARvINE arrêta de ma coller aux basques et était en train de médire sur les ascenseurs qu'elle ne pouvait pas utiliser pour m'aplatir à cause d'un bridage de sécurité au niveau de la vitesse. Il me fallait à peine trois rebonds pour faire un étage, et deux seulement si j'y mettais du mien pour peser sur l'inclinaison. Super pratique cette saloperie finalement. J'allais bientôt arrivé, cinquante-huitième étage !

__

MARvINE pesta. Elle détestait les imprévus, encore plus que de les commettre. Elle apparut au cinquante-huitième étage, au seuil où l'attendait Gladys vêtu de ses deux artefacts construits par la société. Elle semblait prête au combat. Tant mieux. Elle l'avertit de la situation :


« Il passera par la cage d'ascenseur. Et l'autre se trouve actuellement dans la chaîne de production. J'attends que le second sorte de son trou, mais je te laisse le premier. Je maintiens les défenses autour de l'Objectif, il ne passera jamais...
_ Y a aucun problème, je vais m'en charger. Je vois que même une IA comme toi peut subir des revers.
_ Bonne chance, Madame Hamineuh.
_ Tire-toi. »


Gladys sourit dès que MARvINE la laissa seule. Elle était ravie car elle allait pouvoir écrire sur le rapport l'incompétence de l'IA ; elle devait être prise au dépourvue d'une drôle de façon pour qu'elle vienne non seulement s'avouer sa défaite, mais en plus la prévenir qu'elle avait subi une défaite. Le Voyageur devait avoir traversé ses défenses comme du beurre. Il était donc potentiellement dangereux. Vous me direz, la pauvre intelligence artificielle ne pouvait pas arrêter les intrus aussi facilement. Elle pouvait juste les arrêter, leur poser des pièges, des salles mortelles et autres amusements. Mais si on trouvait un point faible bien placé, on pouvait la mettre hors-jeu sans grandes difficultés. C'était pour ça que la firme avait besoin d'une ultime barrière en la présence de Gladys. Certes elle avait du mal si ses adversaires étaient de haut niveau ; mais avec la technologie qu'on lui avait filé, tout était possible. Elle s'étira une nouvelle fois en se dirigeant vers la cage d'ascenseur. Et là, elle entendit les bruits sourds d'une grosse chauve-souris rebondissant sur les parois de l'escalier. Trois secondes plus tard, un Voyageur blond en sortit, rempli du célèbre gel bleu. Elle comprit en un instant la ruse qu'il avait employé. Intéressant. Elle se mit en position de combat alors que le jeune homme prit la parole :

« C'est la preuve que MARvINE s'est bien faite entubée, si elle m'envoie la technicienne de surface en dernier recours.
_ C'est marrant ce besoin chez les jeunes de sortir des conneries parce qu'ils ont mis en échec une simple IA. Tu ne devrais pas être fier d'avoir tellement ramé contre elle. »
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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Sam 17 Mar 2012 - 16:53
« Tirelire ? »
-Non... et si je vous dit 'bouteille' ?
-Heu... 'drap' ?
-'Train' ! La réponse est 'train', c'est évident.
-Ne m'agace pas MARvINE, je sais ce que je fait !
-Il est en train de faire imprimer illégalement un plan du bâtiment sous ta caméra ! Réagis un peu. Dis MARvINE avec la somnolence de quelqu'un en train d'espérer de tout cœur que la personne en question ne réagisse pas pour mettre un point final à son rapport sur l'inutilité et l'incompétence dudit quidam (imprimé en cours d’exécution depuis une bonne demi-douzaine de minutes)
-Fouchtra ! Que diable prévoit le règlement dans ce cas là ?
-L'élimination pure et simple du contrevenant sans aucun délai.
-Haha ! Mais ça, ce sont tes méthodes totalitaires qui sont à l'œuvre dans les bâtiments sous ton contrôle. Je vais régler ça à ma manière : avec démocratie et égalité. Nous allons lui trouver un avocat pour lui administrer un jugement équitable.
-Bon je vous quitte les gens, salut. Tapez bien la discute tous les deux.
-Va te balader mon gars, on t'appellera chez toi quand le procès pourra commencer.
-Je vous prévient monsieur Free que si vous quitter la zone de cet imbécile je vous retrouverais et vous ne vous en tirerez pas comme cela.
-Je compte bien la dessus vu que je compte pas rester ici toute ma vie mais je vais d'abord chercher de quoi faire griller ce centre, d'accord ?

Clem tira le plan fraichement imprimé de la machine avant de plier et de le fourrer dans sa manche avant de s'approcher de ce qui ressemblait à une plate-forme mobile composé d'un petit réacteur en dessous et d'un manche à balais semblable à ceux d'un vieil avion à hélice à coté d'un bouton 'avancer'. Clem testa rapidement ce moyen de locomotion et celui-ci lui permettait de voyager librement dans les trois dimensions avec en prime une simplicité de fonctionnement qui allait lui permettre de se balader librement dans l'énorme salle : hors de question qu'il rejoigne les couloirs avec cette furie de MARvINE qui l'attendait au tournant.

« Je vous emprunte celui-là d'accord ? »
-Oh ! C'est si poliment demandé : c'est d'accord !
-Super merci à la revoyure !
-Et tu le laisses partir comme ça ?
-N'aie crante MARvINE : j'ai son nom et une photo je le retrouverais facilement dans quelques semaines une fois que tout sera en place.

_

Clem ne se baladait pas au hasard dans l'immensité de la salle : le plan qu'il avait ''subtilisé'' était suffisamment précis et lui détaillait avec large détail tout l'ensemble du complexe. Seul une zone restait entièrement noire de toutes indications et Clem vit sur la légende que cela correspondait à l'adjectif « SECRET-DEFENSE » qui était selon toute évidence les quartiers où la Technologie était enfermée. Les salles masqués autours devaient être bourrés de défenses impressionnantes et vu que Clem ne se voyait pas attaqué cet ensemble mortel avec seulement deux grenades indiscernables, il était en train d'entreprendre un court trajet vers les plates formes de stockages à la recherche de la seule arme qui voudrait bien de lui.

Il ne mit pas longtemps à repérer une immense aire de repos rectangulaire où des milliers de tourelles éteintes attendait certainement qu'on ne les vendes au quatre coins du royaume; il chercha la seule qui présentait dans son camouflage gris des nuances de jaune causé par le port d'une écharpe de même couleur. La seule tourelle qui ne le transformerais pas en gruyère une fois qu'il la sortirait de son sommeil.

Au bout d'une longue recherche plus harassante qu'il ne l'avait pensé, Il trouva finalement sa perle rare et la fit à monter à bout de bras dans sa plate-forme avec peine car la salope avoisinait tout de même la vingtaine de kilos et Clem prenait mille précaution pour la sortir de son bain de foule car il avait peur bousculer une autre tourelle pendant son déménagement et de se faire traverser le corps par des balles en acier.

Clem réussit finalement à hisser sa tourelle sur son véhicule du futur avant de l'allumer d'une poussée.

« Cocorico ! Soleil levé ! Fit-elle en se réveillant. Il n'y avait pas à tergiverser, Clem les trouvait toutes très mignonnes. Celle-ci le considéra un moment puis, vit qu'il était enregistré dans sa base de donnée, le gratifia d'un petit ''coucou'' avant de se remettre à scruter inlassablement son environnement.

Une fois chargé de son petit colis, Clem utilisa sa plate-forme mobile pour se positionner près d'une entrée de service encastré dans l'immensité du mur. La plus proche de la zone ''secret-défense'' indiqué par le plan. Clem savait que, sitôt cette porte franchi, il repasserait sous les caméras de MARvINE qui n'allait plus se sentir de joie quand elle verrait son invité revenir. Il prit donc tout d'abords ses précautions et scruta plus attentivement la carlingue de sa tourelle en cherchant d'autres plaques indiquant une trappe lui permettant de la configurer de façon un peu plus destructrice.

Il ne lui fallut que quelques secondes pour trouver une autre trappe à hauteur de ses mains (quand il était debout) et il l'ouvrit d'une taponnade : elle s'ouvrit dans un chuintement, laissant apercevoir un silo sur lequel était posé un gobelet en plastique. A coté se trouvait une série de boutons disposés de façon verticale en ayant sur leur coté un petit bout de papier collé sur lequel était indiqué leur fonction :

-Café au lait
-Café noir
-Café semi-écrémé
-Sucre
-Chocolat chaud

… Bon visiblement, les tourelles faisaient aussi fonction de machine à café (même pas de thé et c'était minable) dans le coin. Cela aurait certainement son utilité quand Clem aurait envie de s'en jeter un. Mais c'était un tout autre genre de bouton qu'il cherchait.

Il trouva finalement une troisième trappe qui se trouvait derrière les plis de son écharpe qu'il souleva avant de voir un cadran munis d'une batterie de bouton qui paraissait plus menaçant que ceux du distributeur. Certainement parce qu'elles présentaient toutes certaines options de configurations pour le tir tel que le tir en rafale ou personnelle, le temps de latence entre l'identification et le tir ou même si celui-ci devait être précédé d'une mise-en-garde. Clem farfouilla encore parmi les configurations quand il trouva enfin ce qu'il cherchait : avec un petit pincement au cœur tout de même, il entreprit d'effacer la liste des « amis » de la tourelle avant de baisser son temps de latence à zéro seconde. Enfin, il la régla pour quelle prenne pour cible tous objets en mouvements devant elle ; la transformant désormais en machine de mort compétente et motivée.

Clem banda ses muscles et prit la tourelle à bras le corps, faisant attention à positionner ses mains de manière à ce qu'elles ne soient pas gênés quand les mitrailleuses jailliront des flancs de la petite machine et en ayant bien sûr vérifié qu'il la prenait par derrière, histoire qu'elle ne le lui troue pas le ventre.

Finalement, il ouvrit la porte avec un coup de pied et pénétra dans le couloir blanc en se disant que n'importe qui qui aurait emprunté le chemin inverse serait tombé dans le vide (peut-être un piège de MARvINE préparé à l'avance) et, le plan bien en tête, commença son avancé en milieu hostile.

__________

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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Lun 19 Mar 2012 - 0:00
Quand je trouvai enfin le bon étage, j'étais tombé sur une Voyageuse. Cela ne me surprenait pas : les Voyageurs étaient les combattants qui disposaient d'un meilleur ratio qualité/facilité d'embauche. Seuls les Seigneurs des Rêves ou les Seigneurs Cauchemars pouvaient rivaliser avec les meilleurs d'entres-eux, mais on ne pouvait pas appeler un Seigneur pour lui demander de venir surveiller un laboratoire pourri, même s'il disposait d'une IA retorse et perfide à ses côtés. La Voyageuse qui se tenait devant moi était asiatique, asiatique du sud même. Et elle avait dû dépasser la trentaine récemment. Bon, je ne savais pas dans quelle région elle se situait pour me faire face à cette heure-ci, mais j'avais bien peur qu'elle ait assez de temps devant elle pour qu'on se fritte plusieurs fois. Une intuition, inspirée de la Loi de Murphy. Si je vivais dans le meilleur des monde (juste moi), la Voyageuse n'aurait même pas souri qu'elle se serait évaporée au loin en ne laissant derrière elle qu'une fumée blanche et les insultes d'une IA désarçonnée. Pour sa taille, elle ne m'arrivait pas au cou, mais semblait plus robuste au niveau des épaules. De plus, elle disposait d'un arsenal que je ne connaissais pas. Dans une main, elle avait un pistolet étrange qui semblait été avoir conçu par un forgeron qui avait fait tomber des tuyaux de fer dans sa cuve en fusion et qui avait essayé de les combiner par la suite pour faire croire à une petite machine gun. D'ailleurs, le canon de l'arme laissait apparaître une faible lueur jaune. Il y avait quelques petites pinces devant le large trou béant qu'était ce canon, ce qui ne me disait rien de bon. Je devinai qu'elle ne braquait pas une simple arme contre ma poitrine, mais un appareil technologique de haut niveau. Je me mis d'autant plus sur mes gardes : elle avait quand même un flingue posé sur moi, aussi étrange fut son design. Il suffisait peut-être d'un tir pour me foutre à terre sans aucune difficulté. La prudence était donc de mise.

Heureusement pour moi que je ne savais pas ce que voulait signifier le mot « Prudence ». J'utilisai mon incroyable détente pour pouvoir la frapper avec mon panneau de signalisation. Mon arme effectua une large rotation avant de percuter la fille dans un bruit terrifiant. Bien trop terrifiant... Elle n'avait pas bougé d'un pouce, mais elle avait paré avec son pied. Juste son pied. Elle se tenait toujours devant moi, avec sa jambe levée et la semelle de sa botte arrêtant mon interdiction de se parquer sans être de la boîte. Il y avait eu le bruit, mais il n'y avait pas eu le choc. Normalement, quand un bruit aussi terrifiant se faisait entendre, je le ressentais au plus profond de mon être et de mes os car l'onde se propageait dans mon bras. Le meilleur exemple en était Héléna qui m'avait transformé en charpie rien qu'en parant avec son arme. Mais là, c'était comme si le coup avait été amorti. L'image des baudruches me réceptionnant sans me blesser me revint en tête directement après. Jusqu'à ce que je vis que la fille ne portait pas des bottes conventionnelles : elles étaient d'un blanc métallique effrayant. Ce n'était pas du tissu... C'était un autre produit de la société Wheatley and Co ! Que pouvaient faire ces bottes exactement ? La Voyageuse se dégagea de mon arme d'un coup de genou et fit deux pas en arrière afin de s'éloigner de moi et de mon allonge terrifiante. Essayons le coup classique :


« Pas mal tes bottes... Elles sont de la même matière que les ballons qui me réceptionnaient dans les salles de test.
_ Elles ont été conçu justement pour passer des tests sans passer par ces ballons. Mais comme elles étaient trop chères à fabriquer, on a préféré mettre des dispositifs plus désuets. Et le patron a finalement décidé de me les offrir pour défendre la baraque.
_ C'est bien, ça. »


Bon, en feignant le savoir, je venais de lui faire avouer l'origine et le pouvoir de ses bottes : elles arrêtaient tous les impacts. Même si elles devaient servir d'ordinaire à amortir la chute (et certainement conçues pour être utilisés avec le gel rebondissant), la Voyageuse en extirpait le moindre potentiel pour faire un barrage efficace. Je pouvais la frapper avec la puissance que je voulais, tant qu'elle bloquerait avec ses bottes, je ne lui ferais aucun dégât mais de prime, je ne l'enverrai pas au loin. Je ne l'enverrai pas... au loin... Oh yeah, j'avais moi aussi un petit bonus de la part de la firme : le gel rebondissant dont j'étais couvert. Il m'avait déjà servi pour effectuer mon attaque rapide malgré le poids de mon arme. Il allait maintenant servir à autre chose.

Bon, elle n'avait toujours pas tiré avec son flingue, c'était bon signe. Peut-être qu'elle devait le charger d'abord, ou qu'elle ne pouvait pas faire n'importe quoi avec. Je me préparais à utiliser un portail si nécessaire, et fonçai une nouvelle fois vers mon adversaire avec un saut élastique. Je lui envoyai la même attaque du panneau de signalisation qu'elle para exactement de la même dernière. La différence avec mon ancienne offensive étant que je tenais mon arme à une seule main et par le milieu. Je parvins à lui envoyer la paume de ma main bleu du gel spéciale en pleine poitrine. La conséquence fut immédiate : mon adversaire s'envola de la pièce, traversai la grande porte à double battant pour atterrir maladroitement dans la pièce suivante. Je la suivis afin de continuer le combat avant de voir où on était : la prochaine pièce était un précipice continu, que seul un pont de de trois mètres de large couvrant son milieu surplombait. Elle devait faire environ une trentaine de mètres des deux bouts. D'accord, le combat allait continuer sur un pauvre pont que MARvINE pouvait à tout moment déboussoler si l'envie lui en prenait. Il faudrait rapidement mettre un terme à ce combat : juste après, j'avais la Technologie dans la main. Je voulus m'élancer pour une nouvelle attaque, mais la femme cria :


« MARvINE ! Douche ! Et fatras ! »

Aussitôt, un tuyau sortit du plafond et m'aspergea d'un jet ultra puissant. Ma nuque faillit craquer sous le coup et je fus éjecté à moitié branlant à-côté du jet. J'étais totalement trempé. Pis, je n'avais plus le gel. Il s'enfuyait dans l'eau, tombant du pont pour une chute que je prenais pour sans fonds. Merde, je ne pouvais plus tirer les bénéfices du gel ! Un autre phénomène se produisit : une large trappe dans le plafond s'ouvrit dans aucun bruit, et une vingtaine d'objets tombèrent sur le pont dans une pluie hétéroclite : je voyais des blocs normaux, des scies circulaires et des tourelles usagées. Moi, tout ce que je voyais, c'étaient des ennuis. Parce qu'elle ne s'amusait pas à demander des objets uniquement pour encombrer le terrain. Je fis une grimace explicite, que la gardienne me répliqua d'un sourire. Et enfin, elle arma son flingue et tira sur une scie circulaire aux dents acérées. La scie eut une réaction bizarre : elle vint se coller au bout du canon maintenant orange du gros flingue. Je compris bien vite où elle voulait en venir. Je me plongeai sur le sol quand la scie circulaire fut projetée dans ma direction à une vitesse juste ébouriffante. Elle finit sa course dans le mur où elle y resta plantée. Mon adversaire réitéra sa manœuvre avec un bloc, mais fit mouche cette fois-ci : le bloc s'encastra au bout de l'arme, et puis la seconde d'après, fonça vers moi dans un bruit de tonnerre. Il me percuta le ventre dans un coup sourd et je fus projeté au loin sur dix mètres où je heurtai un mur avant de retomber dans les choux. Je tentai de me redresser tandis que mon estomac était douloureusement scotché à ma colonne vertébrale mais elle tira sur une autre scie circulaire. Un éclair orange jaillit du tube et projeta directement une scie qui se planta à dix centimètres au-dessus de mes cheveux. Un glapissement inaudible s'échappa de mes lèvres. Mon ennemi clama pour elle-même :

« Jamais très pratique de tirer sans viser, si tu vois ce que je veux dire. Mais indéniablement plus rapide. Je suis désolé, mais je dois te tuer. Tu n'aurais jamais dû être ici. »

J'étais parfaitement d'accord avec elle : je n'aurais jamais dû être ici. Mais un phoque en avait décidé autrement. Je compris à peu près le fonctionnement de son arme : il y avait un bouton pour amener les objets près d'elle, et un autre pour les en éloigner. A grande vitesse. Tant qu'elle n'avait pas d'objets à prendre, ce pistolet ne lui servait à rien : il semblait qu'elle était incapable de pouvoir l'utiliser sur des gens vivants, ou alors sur des masses dépassant une certaine limite. Allez, phase d'observation terminée, je pouvais y aller sans crainte. Ou presque. La gardienne de la firme s'empara d'un autre bloc et me l'envoya en pleine figure : je réussis à la parer avec le milieu de mon panneau dressé devant moi et lui envoyai un autre coup bien senti. Elle le para sans aucune difficulté mais je lui lançai mon poing en pleine tête. Elle décala le coup avec sa main valide et chercha à attirer un autre objet avec son arme. Je frappai ce dernier avec mon coude pour arrêter le tir et lui envoyai un autre coup de panneau à courte portée. Dans un même geste, elle para avec une de ses bottes, puis m'envoya l'autre en plein dans les côtés. Déséquilibré par ce coup et mon attaque avortée, mes chevilles frôlèrent le vide. Elle m'envoya un coup de pied sauté que j'évitai de la nuque avant de la bousculer violemment de la paume de ma main et d'en profiter pour me remettre dans l'axe du pont. J'effectuai une frappe en diagonale descendante afin de lui écraser la gueule mais elle l'évita en se décalant de l'autre côté de l'attaque. Puis elle arma son canon et visa... mon panneau de signalisation. Il fut attiré vers elle, et moi avec, refusant de le lâcher. Elle m'envoya un coup de poing en plein dans le visage profitant de ma proximité soudaine, et tira. J'eus le réflexe de lâcher mon arme au dernier moment : le panneau fut éjecté sans merci malgré son poids par-dessus le précipice. J'utilisai son pouvoir pour le planter dans le mur au lieu de le laisser tomber dans un vide qui ne menait nulle part. Je n'avais plus d'armes, mais j'avais encore mes portails. Elle prit de la distance en m'envoya une petite tourelle blanche apeurée avec son pistolet. Derrière mes lunettes de soleil, mes yeux s'assombrirent, signe que j'utilisai pour la troisième fois de la nuit mon pouvoir :

Premier Portail : Me protégeant le torse et la tête.
Second Portail : Derrière la tireuse, avec un plaisir sadique.
Effet Provoqué : La tourelle blanche défectueuse fonça vers moi mais disparut en plein tir. Ce fut mon adversaire qui fut sa propre cible. Elle s'écroula par terre dans un râle de douleur.

Je sautai sur l'occasion et empoignai mon adversaire par la nuque. Un étrangement et ça serait terminé. Je me mis à serrer le plus fort possible, plus pour la mettre hors de combat que pour réellement la tuer. Elle tenta de se défaire de mon emprise mais j'étais un peu plus fort qu'elle sur le plan physique. Elle tenta de rouler vers le vide pour me faire lâcher mais je réussis à mettre mon pied en frein en me soulevant un peu afin de l'empêcher de bouger. J'avais vraiment cru que je me serais débarrassé d'elle maintenant. Mais au lieu de lui faire perdre conscience, je sentis une énorme onde de choc la parcourir, avant d'exploser à l'intérieur de son corps. Une sorte d'anneau sonore fut projeté à toute vitesse dans la salle, ayant pour centre la demoiselle, balayant tout ce qu'il s'y trouvait, moi y compris dans un bruit strident. Surpris et forcé par cette puissant technique, je dû lâcher ma prise et m'envolai vers à l'autre bout de la salle. Je percutai une nouvelle fois un mur avant de tomber à deux doigts du vide. A dix mètres de moi, la femme se levait en respirant fortement, ses yeux baissés vers le sol. Elle attendit deux secondes et me dit alors que j'étais toujours au sol :


« Je fais partie du Royaume du Son. Et comme tu as pu le voir, je balance des anneaux soniques. Quelle erreur ça été d'oublier que je possédais un pouvoir. »

Effectivement... quelle erreur maintenant que j'y pensais...
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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Lun 19 Mar 2012 - 9:45
 

Comme toutes les fois où il mettait sa vie en jeu dans Dreamland (qu'il l'ai voulu ou non), Clem était toujours pris d'une sorte de jubilation tandis que l'enfer se déchainait autours de lui, le sentiment d'extase que ressentent ceux qui sont encore vivants alors que tant d'autres l'étaient encore il y a quelques secondes. Le fait que Clem soit le seul être humain de la pièce et que tous les autres protagonistes ne changeait pas grand chose.

Techniquement, la seule chose qu'il avait à faire était de repérer le prochain adversaire qui essayait de le zigouiller, et de lui mettre sa tourelle sous le nez tandis qu'elle le vaporisait presque instantanément, les capacités boostées par les configurations de Clem. Ces ennemies prenaient d'abord la forme de robots humanoïdes de sécurité s'avançant doucement en lui demandant de baisser « la propriété de l'entreprise ». Au bout d'une demi-douzaine de modèles renvoyés en pièces détachés, les prochains qui s'étaient ramenés avaient laissé tombé la diplomatie pour se mettre à l'intervention létale : l'adaptation n'était pas un concept étranger aux robots.

En plus de ces modèles-là qui étaient relativement facile à détruire car il suffisait de regarder droit devant soi pour anticiper leur venu, Clem avait aussi à faire contre des mitrailleuses automatiques qui (de la même manière des caméras de MARvINE) sortaient des plaques derrière les murs. Ceci leur donnait un effet très high-tech mais aussi un effet très dangereux car elles obligeaient Clem à garder un œil partout autour de lui, près à se retourner d'un coup sec au moindre bruit suspect.

Soulever à bout de bras sa tourelle avait été bien moins dure qu'il ne l'avait pensé après sa première expérience : le son quasi ininterrompu des balles traçant l'air autour de lui dopait sans cesse son corps de substances que celui-ci parvenait bien à produire dans sa boite crânienne. L'odeur du métal fumant et de la poudre brulé sur son nez le faisait sentir plus vivant et plus heureux à chaque instant, il savait qu'il suffirait d'une balle dans le genou pour stopper d'un seul coup cette allégresse mais du moment que son corps irait bien, son mental irait bon train aussi. Un autre facteur qui expliquait sa facilité à manier son arme destructrice était que les tirs de sa tourelle ne déclenchaient aucun recul : un système de ressort à gaz complexe faisait partir la moitié de la force du tir vers l'avant, annulant ainsi l'autre moitié ; il était important pour une tourelle oblongue tenant sur des petites tiges en métal de ne pas se renverser elle-même chaque fois qu'elle déchainait le feu de Dieu. 

Il essuyait des tirs ennemis certes mais Clem disposait de deux avantages : premièrement sa tourelle qui lui protégeait grossièrement le torse mais qui résistait assez bien aux balles grâce à son blindage oblongue qui détournait les tirs trop dangereux ; mais aussi, Clem avait crée un wormhole de type ''agrandisseur de distance'' qu'il gardait plaqué contre la tourelle. Les effets étaient bienvenu car plus une cible était loin et plus elle était dur à toucher, tous les tirs mal ajustés qui auraient normalement éraflés les bras et les jambes de Clem ne le frôlèrent même pas compte tenu du fait qu'il était en fait ''plus loin'' qu'on pourrait le croire à première vue. Couplé avec une chance extraordinaire, ces phénomènes expliquent pourquoi Clem n'était pas à cet instant qu'une simple tache de graisse sur le sol. 

Clem avait déjà changé de couloir par trois fois et, si il avait bien retenu leur disposition dans le plan, il ne lui restait plus qu'un énorme couloir à longer avant d'arriver à cette fameuse zone interdite marqué par le sceau du ''Secret-Défense''. Il ne serait jamais arrivé aussi loin avec une arme classique : on pourrait croire que porter une tourelle automatique allait nuire à ses capacités de précision mais puisqu'en fait, c'était la tourelle en elle-même qui se chargeait de la partie ''ciblage'', Clem n'avait juste qu'à la mettre à 180° devant l'ennemie qu'il avait lui identifié pour que sa nouvelle amie le renvoie au paradis des machines pour la seule raison qu'elle avait eu le malheur de bouger devant elle, ce qui en faisait automatiquement son ennemie implacable correspondant aux configurations qu'avait effectué Clem.

Une vingtaine de mètres plus loin et une dizaine de robots tourelles détruites en plus, Clem se trouvait finalement devant une grande porte blindée qui prenait toute la largeur du couloir, la première des défenses de la Technologie. Fermée par une serrure qui ne s'ouvrait non pas avec une clé, mais par un clavier ne contenant que les dix chiffres originaux : une infinité de combinaison en somme vu que Clem ignorait le nombre de chiffre que contenait le code.

Préférant garder ses grenades pour contrer les prochaines défenses qui l'attendraient derrière, Clem posa sa tourelle devant la porte (ou plutôt devant le clavier) et lui retira son écharpe en faisant attention à ne pas mettre sa main devant son œil rouge pour ne pas déclencher de tir et, avec moult précautions, mit l'écharpe jaune sur le clavier et l'agita d'une torsion de poignet.

Le mouvement ainsi enregistré déclencha le tir nourri de la tourelle et Clem retira précipitamment son écharpe (qu'il remit instinctivement sur sa nuque) tandis qu'un essaim de frelons gris fou furieux pulvérisa le clavier, laissant voir un ensemble de fils électriques derrière relié à des servo-commandes et autres matrices dont la moitié, au moins, de cette installation avait été endommagé par les balles.

Manifestement, les dégâts orchestré n'étant pas suffisant pour faire ouvrir la porte, Clem devait maintenant trifouiller les différents fils électriques pour provoquer soit un court-circuit, qui enverrait à l'ordinateur de la porte un faux message lui indiquant que le bon code avait été tapé soit il pouvait prendre son temps et chercher le fil du clavier qui était naturellement déconnecté et qui ne se branchait seulement si le bon code était rentré. En gros on envoyait cette fois un ''vrai'' message.

La première option était rapide mais risqué car pour ce que Clem en savait, cet ordinateur de Dreamland pourrait bien lui envoyer un arc électrique de plusieurs centaines de volts lorsqu'il provoquerait le court-circuit. Alors que la deuxième allait mettre plus de temps et il faudrait que Clem se concentre pour trouver le bon fil (le fait que le boitier avait été ouvert par la manière forte rendait son identification beaucoup plus dure) et fasse extrêmement attention à ne pas provoquer de court-circuit en jouant à l'apprenti sorcier.

Clem opta finalement pour la seconde solution car s'était celle qui présentait le moins de risque et aussi parce qu'il pouvait toujours tenter la première en guise de dernière carte à jouer. Il mit la tourelle face au couloir, dans son dos pour ne pas être déranger pendant qu'il se penchait sur le système électrique devant lui.

Il ne fallut pas longtemps à MARvINE pour atterrir (via une caméra) sous nez pour lui lancer avec une dose de sarcasme bien placée : 

« Vous vous attelez à ouvrir cette porte avec une ardeur qui fait plaisir à voir ; cela me chagrinerait presque de devoir vous annoncer que la Technologie que vous cherchez n'est absolument pas dans cette partie de l'immeuble. »
-C'est tout ce que vous avez trouvé pour empêcher l'inévitable ? Clem parlait sans quitter le circuit des yeux, ne voulant pas se laisser déconcentrer. Vous doutez tellement de vos propres défenses que le seul moyen qui vous restes à votre disposition est ce bluff grossier ?
-Non, en fait je n'ai jamais été aussi sincère à partir de maintenant mais puisque que je vois que vous insistez : je vais devoir me débarrasser de vous.

Aussitôt, un claquement métallique qui ne ressemblait en rien aux sons auquel Clem était habitué le fit se retourner complètement. Il vit alors que le mur à l'autre bout du couloir où il se tenait commençait à coulisser dans sa direction ; remake moderne d'un quelconque piège aztèque ou maya mais s'était bien la preuve qu'il était efficace : le mur avait la vitesse d'un homme en pleine course et une fois qu'il arriverait à destination, il s'écraserait contre la porte que Clem essayait d'ouvrir et celui-ci se retrouverait piéger comme une crêpe dans un gaufrier. S'il n'ouvrait pas cette porte très vite ce qui resterait de lui passerait sans problème le concours du plus beau velouté de tomate du monde.

Le couloir était à sens unique et sans issue autre que cette porte qui restait irrémédiablement fermé malgré les tripatouillages de Clem, celui-ci n'eut d'autre choix que de tenter le court-circuit et il plongea, avec une fébrilité née de la peur de se transformer en soupe dans les prochaines secondes, la main sur la coque de la tourelle et se commanda rapidement un café. Clem avait l'impression que celui-ci mettait plusieurs dizaines de secondes à venir mais s'était certainement la peur qui lui diffractait le temps. Mais il n'attendit pas que le gobelet fut remplit à ras-bord : une fois qu'il eu l'équivalent d'une grosse gorgé, Clem prit le gobelet (la tourelle lui lança un
« Attention il est chaud » ce furent là ses derniers mots) et lança le contenu sur le système mural.

Il y eu quelque grésillements mais aucun éclair à ceci près que la porte s'ouvrit quand même ce qui était un sacré détail qui méritait d'être indiqué.

Mu par l'instinct de survie, Clem fit alors le plongeon le plus important de sa vie (ce n'était pas le plongeon de sa mort et s'était cela qui était important) et il se fit la réflexion quand il atterrit sur le sol, de l'autre coté de la porte, qu'il était toujours en danger de mort car le fait d'avoir ouvert la porte n'allait en rien arrêter la course folle de l'autre mur mais peut-être que celui-ci était sensé s'arrêter à une limite pré-établit où mais finalement, Clem vit la porte qu'il pensait pourtant avoir piraté se refermer et seul le choc sourd de deux corps énormes qu'étaient les deux surfaces titanisés se fit entendre (un troisième choc, celui de la tourelle contre les deux corps cités plus haut ne fit quasiment aucun bruit).

Clem se demanda comment la porte s'était refermé toute seule alors qu'il était sensé avoir court-circuité son système d'ouverture... peut-être qu'elle était doté d'une sécurité qui la condamnait si l'ouverture la commande première de l'ouverture n'était pas officielle...


« Rien de tout ça monsieur Free, c'est juste moi qui ai appuyé sur le bouton de cette télécommande pour la refermer... pour l'ouvrir aussi d'ailleurs. »

Clem leva les yeux et vit que devant lui se tenait un grand homme portant grande barbe broussailleuse grise et portant aussi une tenue d'un blanc immaculé qui aurait fait mal aux yeux si tout le reste de ce putain d'immeuble n'était pas de cette même couleur, une télécommande avec un seul gros bouton rouge à la main. Il avait de rares cheveux blanc et son œil droit était robotisé (personne n'avait des iris bleu électriques qui tournaient sur eux-mêmes) dont les ramifications métallisés parcouraient le haut de son crâne. L'archétype du savant fou en somme, un vrai stéréotype ambulant.

« Certes mais tous les stéréotypes ont un fond de vérité, Clem... je peux vous appelé Clem ? Et avant que vous ne vous posiez la question intérieurement, oui, je peux lire toutes vos pensées, en tout cas celle qui sortent de votre cervelet, les « voix » que vous aviez dans la tête, pas vos pensées les plus profondes heureusement car sinon c'est ma tête qui exploserait. »

« Bon ce n'est pas tout mais vous ne verrez pas d'inconvénient si je vous capture avec cette grue magnétique ? Oui celle qui vient de vous attraper voilà. Oui je sais ce n'est pas vous qui êtes magnétiques mais les deux crochets le sont eux et... enfin bref c'est compliqué quoi. Et oui je sais ça fait mal mais arrêter de faire votre chochotte vous n'êtes qu'à deux mètres environ du sol. Maintenant si vous voulez bien me suivre. Oh ! Arrêter avec vos commentaires sarcastiques c'était juste histoire d'être poli. »

« Permettez-moi d'être votre guide pendant votre visite des laboratoires non-conventionnels de Wheatley&co, pas de trace de la Technologie que vous cherchez malheureusement... oui j'entends bien que vous êtes déçu mais reprenez-vous cela n'est pas si grave... Ah mais si votre frère l'attrape c'est tant mieux pour vous non ?... Bon excusez-moi pas la peine de m'insulter mentalement c'est bon, je vois bien que c'est grave pas la peine de vous mettre dans tous vos états c'est bon. »

«  Allez suivez-moi ! Oui bien sûr que je blague c'est juste pour vous détendre, je capte bien que cette grue vous fait toujours aussi mal mais ce n'est pas une raison pour le penser toutes les cinq secondes enfin... Oui je sais, la télécommande n'a qu'un seul bouton mais figurez-vous que c'est moi qui décide à quoi ce bouton sert voyez-vous : c'est une autre conséquence de la robotisation d'une partie de mon cortex voyez-vous... c'est compliqué. »

« Bon à votre gauche vous pouvez voir à travers cette vitre notre orgue à ADN... il permet de combiner différentes molécules et acides aminés entres-elles pour former ces bébés éprouvettes à votre droite... avec le temps, l'expérience et nos données de lecture nous pourront créer les individus que nous voudrons en anticipant leur psyché grâce à leur ADN... c'est compliqué... Ah non vous l'avez compris ça ? J'en suis ravis on continues ? Oui, je sais, je sais. C'est moi qui tient la télécommande après tout. »

« Alors là vous êtes en train d'admirer nos magnifiques cobayes un peu particuliers : nous avons joué un peu avec leur cervelet et nous les avons programmés pour qu'ils obéissent à n'importe quel ordre du moment que celui-ci se termine par « Je vous en prie ». De quoi ? Le rêve de tous les parents ? En fait on ne pensait pas vraiment à eux comme public-cible mais ce que vous pensez n'est pas forcément idiot. Vous dîtes ? Oui je sais la grue vous fait mal. » 

« Alors ceux là sont de loin les fruits de notre expérience la plus bizarre : nous avons réussis à symbiotiser leur cœur avec un cristal de quartz qui bat au même rythme que celui-ci. Chaque cobaye à son cristal personnel mais si le quartz se brise, c'est la mort pour le sujet. Vous vous habituez à cette grue non ?

« Alors les psychotiques à votre gauche, on à remplacer leur cerveau par une puce électronique remplissant exactement les mêmes fonctions, on ne testait pas ici les avantages liés à la puce mais plutôt leur réaction une fois qu'on leur a révélé leur secret et ils sont tous devenus... et bien, psychotique. Oui je sais, certains ne bougent plus et sont plein de sang avec des haches à la mains mais d'autres ont choisit le suicide apparemment. »

« Bon alors on fait comment ? On tire à la courte paille pour savoir dans quel groupe je vous mets ? A pile ou face ? Écoutez, je suis pertinemment au courant que vous êtes incapables de faire la différences entre vos deux grenades alors lâchez celle-ci tout de suite. »
-Aucune chance.

Clem appuya sur le bouton de la première sphère qui lui était tombé sous la main pendant qu'il les cherchaient machinalement dans sa poche et la fit tomber en dessous de sa position à défaut de pouvoir la lancer. C'était la seule chose qu'il pouvait faire dans sa situation et il l'avait fait, maintenant, une demi-douzaine de seconde s'étaient écoulés et aucune explosion ne se faisait entendre. Il fallait donc en conclure qu'il venait d'activer son brouilleur IEM, dorénavant, les différentes machines dans un petit cercle autour de la grenade le prendrait pour l'un des leur. Un drôle de bruit se fit entendre dans les circuits de la grue qui le retenait prisonnier tandis qu'une voix robotique sortait des hauts-parleurs que Clem n'avait pas vu.

« CLIC, PROCEDURE D'ENFERMEMENT DE VOYAGEUR TERMINE. PRESENCE DU NOUVEAU CORPS ROBOTIQUE DE MARvINE DETECTE : COMMENCONS LE TRANSFERT DES DONNEES. »


La grue se mit alors à balader Clem tellement vite que sa vision en devient floue. Quand il reprit ses esprits, il vit qu'il était bien loin du couloir où il était alors et qu'il n'y avait plus de trace du professeur fou : il se trouvait dans ce qui ressemblait à une salle d'opération pour machine, avec la grue qui le soutenait tandis que plusieurs bras robotiques approchaient leurs bistouris et leurs scies circulaires.

S'attendant à ce qui allait certainement être une boucherie, Clem fut surpris quand il sentit d'abord une multitude de seringue s s'enfoncer violemment dans son bras et le haut de son crane. Un ensemble de bras articulés gardait sa tête coincé dans une position qui l'empêchait de voir les scies s'attaquer à la chair de son bras, mais ses oreilles et son imagination faisait le reste, les piqures qu'on lui avait administré contenait certainement des antidouleurs très efficaces car il sentait bien que des pans entiers de muscles quittaient leur logement initiale. D’autres bras se déplaçaient, lourds et massifs, Clem comprenait qu’il allait être remboursé pour ce qu’il venait de perdre.
 
Il avait l’impression de se faire poser un énorme plombage par un dentiste doté d’une sévère myopie ainsi que d’une connaissance de l’anatomie plus qu’imparfaite mais dans l'ensemble, il avait un de nouveau muscles à son bras : c'était indéniable, les anciens ne provoquaient pas de grincements quand il voulait les déplacer.
 
 Dans tous l'immeuble, les hauts-parleurs commencèrent à diffuser leur message :


« ATTENTION : LORS DU TRANSFERT DES DONNEES VERS LA NOUVELLE IA DE LA SECURITE, TOUS LES SYSTEMES DE DEFENSE SERONT DESACTIVE, CET EFFET PRENDRA FIN LORS DE LA RETIANILISATION DES SERVO-COMMANDES PAR LA NOUVELLE IA. » 

La grue tenait toujours Clem tandis qu'il salopait ses chaussures et tout le bas de son corps en vomissant de la glaire depuis sa position quelque peu hautaine, le transfert des données lui faisait un mal de chien mais lors ce qu'il serait fini, MARvINE serait démis de ses fonctions tandis que Clem allait prendre le contrôle du centre via le contrôle de toutes les machines du secteur.
 


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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Mar 20 Mar 2012 - 9:40
Alors, il fallait se calmer. La femme en face de moi possédait des armes de destruction massives, et mon panneau était planté dans un mur, hors d'atteinte. Je n'avais plus que trois paires de portail à ma disposition seulement, et je commençais à sentir les effets douloureux de la fatigue. Alors que Madame la Technicienne de Surface devant moi restait professionnelle et ne montra pas d'autres signes de fatigue qu'une respiration accélérée. J'étais adossé contre le mur, prêt à servir de cible dans une foire malsaine. Il fallait réfléchir ! Il fallait que je trouve le moyen de me sortir de là ! Quelle était la faiblesse de mon adversaire ? Non, ce n'était pas comme ça que je pourrais battre quelqu'un d'aussi polyvalent qu'elle. La véritable question était de déterminer où est-ce qu'elle n'excellait pas. La réponse me sauta aux yeux. Il fallait que je joue le corps-à-corps, absolument. Ce n'était pas une technique de bourrin total comme j'aimais en sortir. Mais la fille excellait dans le combat à distance, vu qu'elle avait autant de munitions qu'elle le voulait tant qu'il y aurait des objets divers sur la passerelle. Mais son joujou qui aspirait les objets et les recrachait, ainsi que ses bottes n'étaient efficaces que dans un combat à distance, ou mi-distance. Si on en venait aux poings, je pourrais réussir à la vaincre. Sauf si elle utilisait son pouvoir ultra-sonique pour m'envoyer en l'air comme ce qu'il venait de se passer. Son anneau sonique était facile à esquiver, tant qu'on s'y attendait. Il y avait un petit temps entre le moment où elle l'enclenchait, puis quand il se déversait en-dehors de son corps pour frapper tous les ennemis aux alentours. Je pourrais réussir à me protéger en faisant un bond de côté. Je me prendrais l'onde de choc, mais la douleur serait amoindrie. Je sentais que je saignais à la tête, et peut-être aux oreilles. Mes tympans sifflaient douloureusement, mais je parvins à me défaire de la douleur. Il fallait l'approcher. J'avisai une sorte de couvercle de poubelle à-côté. On pourrait en faire quelque chose.

Mon adversaire attira un cube avant de me l'envoyer à toute vitesse. Je me baissai dans un réflexe de survie, entendis le cube s'écraser contre le mur, ramassai dans un geste le couvercle que j'avais vu et sprintai vers la donzelle. Elle n'ignorait pas que je pourrais l'attaquer si elle aspirait le couvercle que j'avais entre les mains, que je n'allais pas me reprendre la même technique que tout à l'heure. Alors elle préféra appuyer sur le bouton « Rejeter » directement. Ce fut pile le moment que j'attendais. Je décalai le couvercle de poubelle et me baissai. Ce furent mes lunettes de soleil qui furent éjectées à la place, sautant de mon nez frappées par une tempête pour tomber dans le vide. Elles y tombèrent tordues. J'utilisai le couvercle comme le bouclier de Captain America et l'envoyai en plein dans la gueule de la femme comme un frisbee démoniaque. Son engin semblait peu pratique d'utilisation. Moins d'une seconde après mon sacrifice (elle paiera pour mes lunettes), elle ne put pas éviter le coup qui lui arrivait en pleine tête. Sa défense improvisée fut pitoyable et insuffisante. Le frisbee de métal lui frappa le bras avant de continuer son voyage sur le front. Quand elle me vit foncer sur elle, elle ré-activa son pouvoir une seconde fois. Heureusement pour moi, je savais qu'elle allait utiliser la même défense que quand elle s'était retrouvée à terre la dernière fois. Je me bouchai les oreilles, me retournai pour prendre l'attaque dans le dos et revins à la charge. Mais je perdis trop de temps : la fille activa son pistolet, ramassa une caisse qu'elle m'envoya en plein bide. Un jet de salive sortit de ma bouche sous l'impact, et je fus éjecté contre un des larges murs qui bordaient la salle, d'où ne trônaient que le vide à leur pied. Je vis mon panneau de signalisation bloquer dans le mur par mes petits soins. Je m'aggripai à lui pour ne pas tomber. Et directement, je pris appui sur mes jambes, me tenant de façon presque horizontale tout en me tenant à mon panneau d'une main. Puis je poussai aussi fort que je pus, faisant un petit saut et revenant sur le plancher des vaches, avec mon panneau de signalisation.

On allait jouer la même scène qu'auparavant : je fonçai vers elle, armé de mon arme fétiche. Elle voulut une nouvelle fois me l'arracher des mains, mais je fus plus rapide. Je plantai mon panneau de signalisation dans le sol, puis le ressortis une fois l'éclair orange électrique passé. La scène ne prit pas une seconde entière. La seconde d'après, j'envoyai à mon adversaire un formidable coup latéral qui la fit s'approcher dangereusement du bord. Le temps qu'elle se remette du coup qu'elle venait de prendre dans l'omoplate, je l'achevai d'un coup d'épaule. Elle perdit pied et chuta dans le vide en hurlant. Peuh. Je savais très bien que tu pourrais survivre tant que tu restais les jambes vers le bas. T'avais tes foutues bottes, tu n'allais pas tenter de me faire culpabiliser. Sauf si évidemment, le précipice ne conduisait pas à de simples dalles, mais à un système de broyage hyper sophistiqué qui la transformerait en tas de cendres. Et Dieu sait qu'on ne pouvait pas ressusciter les tas de cendre.

Je continuai enfin ma route dans quelques couloirs, sans être perturbé par l'IA (il fallait croire que MARvINE n'avait pas les pleins-pouvoirs dans tout le bâtiment). Il y avait quelques couloirs blancs, ce à quoi j'aurais pu m'attendre depuis le début de la part d'une entreprise aussi... robotique et moderne. Mais il fallait vite que je trouve la technologie. Ensuite, tout serait plus simple : j'userai et abuserai de mes derniers portails pour sortir d'ici le plus rapidement possible, rentrer dans l'autre entreprise et leur offrir la Technologie, et repartir voir Ophélia. Et adieu la compagnie ! Clem pourra toujours se brosser les fesses quand il se retrouverait non seulement sans le Thermos Sacré, mais aussi dans cet établissement dirigé par une IA folle furieuse qui ne rêvait que de détruire les invités non désirés qui viendraient, expérimentant chaque soir de nouvelles façons de détruire les vies humaines. Sale garce. Qui avait osé construire un tel cerveau sans se douter qu'elle deviendrait psychotique comme un paranoïaque noir dans une réunion du FN ? D'ailleurs, les murs se couvrirent de cette vision immonde de MARvINE, me scrutant de sa diode bleu avec une profondeur que je jugerai de deux MegaBits. Elle se mit à parler de sa voix cynique :


« Mr. Free, je vous prierai une dernière fois de partir.
_ En quel honneur, machine mal huilée ? »
lui répondis-je d'un ton coupé par la fatigue, et aussi par le fait que j'étais en train de courir. Tiens, ça faisait combien de temps que j'étais en train de sprinter dans les couloirs ? Aucune idée. Je m'en fichais. Certainement depuis que la Miss s'était pointée sur tous les murs écrans pour me parler une dernière fois. Je me rendis enfin compte à quel point mes répliques étaient pourries. Je pris un chemin à gauche pour me retrouver devant une porte à double battant noir, qui s'ouvrit dans un chuintement que je passai devant. Je m'engouffrai dans la salle quand l'IA me répondit enfin :
« En l'honneur de votre exécution sommaire et barbare. J'espère que vous avez passé un agréable moment dans nos locaux. Au revoir. »

Quand la voix se tut, je pus enfin remarquer la salle dans laquelle je venais de déboucher. Elle était bien plus sombre, éclairé par quelques néons verts (qui se baladaient ça et là), et quelques écrans sur les murs. Elle était plutôt spacieuse, circulaire. Et en plein milieu de celle-ci, il y avait un piédestal sur laquelle reposait la Technologie. C'était comme un thermos, mais taillé de façon harmonieuse. De couleur blanche. Et il n'attendait que moi. Sauf qu'il y avait une vingtaine de tourelles qui m'attendaient. Plus cinq grosses mitrailleuses perchées au plafond. Je vis une multitude de points rouges se balader sur mon corps comme s'ils étaient en train de me fouiller. Je déglutis. Elles me souhaitèrent toutes un agréable souvenir en leur compagnie. J'entendis des déclics, je fermai les yeux (j'étais foutu à cet instant. Même mes portails n'étaient pas assez larges pour couvrir toutes les mitraillettes). Puis toutes les machines s'éteignirent d'un seul coup. Quelqu'un venait d'éteindre l'interrupteur. C'était une coupure de courant ? Oh bon dieu, il fallait que je me dépêche avant qu'elles ne se réveillent pour m'accueillir comme elles rêveraient de le faire. Même MARvINE ne répondait pas à cette feinte. Un piège ? On allait tester ça de suite. Je voulais me diriger contre la Technologie pour la saisir quand je compris, avec les différents éclairages, qu'elle était englobée par un petit dôme de verre. Certainement incassable, ou un adjectif dans ce goût-là. Un voile noir se jeta devant mes globes oculaires et mes cheveux se mirent à danser sur ma tête tandis que j'utilisai ma quatrième paire de portes :

Premier Portail : Devant mon bras droit.
Second Portail : Dans la cloche, près de la Technologie.
Effet Provoqué : Mon bras traversa la digression spatiale pour attraper la Technologie. Je frémis : elle était glacée. J'annulai les portails, et fis demi-tour aussi rapidement que possible.

Derrière moi, j'entendis des grincements se remettre de leurs émotions. Des points rouges se mirent à caresser le mur, puis à tirer à vue dès qu'elle mes virent. Je tournai à l'angle de la prote tandis que des centaines de détonations éclatèrent sur le mur pour le réduire à néant. Mais trop tard pour elles... C'était Bibi qui avait la Technologie et qui allait fuir au loin. Malheureusement, je n'avais que deux paires de portail. C'était bien trop peu. Je pouvais être au milieu du bâtiment, ce qui me demanderait au moins une paire pour frôler l'extérieur. Et une autre pour le descendre vite fait. Je pouvais même me tromper de sens, et partir dans la direction opposée aux façades. Bref, je ne savais pas du tout où j'étais. Déjà que ça aurait été short de passer avec trois paires dans ma poche, alors imaginez avec deux. Il faudrait que je m'approche du plancher des vaches, vu qu'il n'y avait aucun moyen de savoir où je me trouvais par rapport aux murs extérieurs (la fenêtre ? Ce n'était pas assez moderne une foutue fenêtre pour qu'ils en foutent partout ?). je continuais à courir, hors d'haleine. Pour le moment, c'était moi qui avait l'atout en jeu. Et je n'allais pas le lâcher si facilement. Que la technicienne de surface revienne avec ses artefacts, que MARvINE ose réapparaître devant moi ou que Clem patine pour me faire face. Et si Fino apparaissait, j'étais capable de lui faire manger le Thermos Sacré par la gueule.
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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Mar 20 Mar 2012 - 18:12
Il avait l'impression foudroyante qu'une nouvelle fenêtre venait de s'ouvrir dans son esprit, ce qui était rigoureusement exact vu qu'il lui suffisait d'un clin d'œil mental pour rejoindre "Le Net", un écran d'ordinateur higt-tech se superposant à son regard entre la cornée et le sourcil et le flux d'information qui s'abattait sur son crane lui causa un foudroyant mal de tête. Une certaine vivacité d'esprit configura les filtres pour soulager le tout mais l'effet était quand même impressionnant.
 
Il était à la fois partout et ici, son regard pouvait se perdre dans l'objectif des caméras ou ses nouveaux sens pouvait le prévenir quand quelqu'un marchait sur les capteurs planqués sous les dalles du sol mais surtout, surtout, une petite voix dans sa tête lui disait qu'il pouvait tout remodeler avec sa volonté. Enfin volonté... avec le bon obus mental, Clem pouvait déplacer les murs, activer ou désactiver les alarmes et les appareils électriques sous son contrôle : MARvINE avait un nouveau remplaçant et c'était lui. Il avait comme un bourdonnement continu dans la tempe, là où on lui avait greffer la puce principal, les systèmes auxiliaires avaient du être intégré dans le bras.

 
"Ce n'est pas fini...
-Humm ? Vous avez dit quelque chose MARvINE ?
-Vous n'arriverez jamais à défendre efficacement ce complexe.
-Je vois bien que vous avez les glands d'avoir perdu votre job mais ne vous inquiéter pas, une seule personne m'intéresse ici.
-Je sais, vous venez de lui sauver la vie en annulant les systèmes de sécurités lors du transfert.
-Quoi ?
 
Clem coupa instantanément la communication et se concentra sur son frère, une rapide configuration des filtres l'informa que celui-ci venait de partir avec l'objet de toute leur convoitise... devant une demi-douzaine de mitrailleuse qui n'attendait que Clem pour le trouer comme un gruyère. Il alluma le feu lui même avec une dizaine de mains mental (ou numérique... disons numériquement mental) en serrant les dents avant de voir que son frère adoré venait de se faire la malle.
 
Poussant un grognement de frustration, Clem analysa avec horreur qu'Ed était en train de se balader dans des couloirs auquel il n'avait pas accès, il avait déjà vu que MARvINE n'avait pas été partout mais ça restait une mauvaise surprise.
 
En attendant, Clem transforma légèrement la salle dans lequel il se trouvait pour se faire la main, il bougea les murs, les écrasa entre eux, activa des leviers, des pistons et des caméras jusqu'à ce que les capteurs l'informèrent qu'Ed venait d'arriver dans un couloir, Clem sourit et se mit au travail. Très vite, le couloir dans lequel son frère se trouvait se transforma en cube fermé d'une longueur avoisinant les dix mètres de hauteur avec des murs vitrifiés et un énorme écran pointé qui lui renvoyait le visage de Clem. C'était affreusement kitch et puéril mais Clem voulait qu'Ed sache par qui il venait de se faire baisé. Voir son visage comprendre que c'était Clem qui allait gagner la partie était un de ses grands rêves dans la vie et il tenait là une occasion en or de le vivre... encore et encore avec la fonction rembobinage donc pourquoi se priver ?

 
"Hello Ed ! Je ne sais pas si tu étais attaché à MARvINE mais maintenant c'est à moi que tu as affaire donc... attends laisse moi une minute que je t'explique tout ça bien lentement pour que ton minuscule cerveau de sac à foutre comprenne les derniers évènements : C'est moi qui contrôle le centre jusqu'aux plus infimes boulons et là... oui je sais c'est très concis mais je te connais bien ; là, je crois bien que c'est la partie où je dois te tuer."
 
Et hop ! D'une pichenette mental, Clem fit rapprocher les murs de la prison d'Ed lentement, le temps d'en faire un minuscule dé à coudre, lentement car sinon, ce n'était pas drôle.

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MessageSujet: Re: Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée] Jeu 22 Mar 2012 - 22:26
Je me remis à courir dans un des étages de cette immense tour dont la moitié était totalement contrôlée par une IA retorse. Même si MARvINE semblait avoir subi un revers sérieux pour m’avoir laissé la Technologie entre les pattes. Je refusais de croire que Clem était à l’œuvre de ce court-circuit bienvenu. Ou alors, il ne l’avait pas fait exprès. Oui, c’était bien son style, ça. Tenter de trifatouiller tous les boutons d’une pièce avant de se rendre compte qu’il tripotait le cadran général de l’établissement. Ou alors c’était un vaste piège. Mais cette idée était ridicule. MARvINE elle-même semblait si surprise qu’elle ne réapparaissait plus sur les panneaux muraux pour me sortir une ou deux phrases bien senties censées me faire comprendre que mon cerveau était à des années lumières du sien. Enfoiré de machine égocentrique. J’espérais pouvoir lui enfoncer une ultime provocation avant de me barrer du siège de l’entreprise, la Technologie sous le bras. La situation était toujours aussi complexe mais j’avais trois bonnes nouvelles : la première, je n’entendais plus MARvINE et peut-être que c’était la dernière fois qu’elle me parlait ; deux, aucun signe de vie de Clem, ce qui était généralement bon signe ; trois, j’avais rempli une partie de ma mission. Je pouvais considérer en tout et pour tout que plus de la moitié du travail avait été fait, surtout si je mettais en avant le fait que j’avais balayé la technicienne de surface de la partie. Plus qu’à trouver la sortie, et plus qu’à enfoncer le Thermos dans la narine du directeur d’Aperture Sciences. Et ensuite, je passerais une nuit de rêve. Enfin.

Je sprintais dans le bâtiment, tournant dans les couloirs en espérant trouver rapidement mon chemin. Je n’utilisais pas la technique connue pour ne jamais se perdre dans un labyrinthe, à savoir, toujours tourner dans la même direction ; je n’avais pas le temps de profiter de l’architecture du bâtiment ou de faire une typographie complète de l’étage (peut-être temporaire). Je réfléchis juste à comment j’avais changé d’étage pendant tout ce temps : en utilisant des ascenseurs, ascenseurs qui pouvaient être déplacés selon le bon vouloir de l’IA. Mauvaise nouvelle, peut-être qu’ils avaient disparu. Je pouvais tenter de rejoindre la salle que j’avais quittée mais je n’avais pas envie de retourner sur la concierge qui aurait miraculeusement réussi à s’en tirer. N’oublions tout de même pas qu’elle était totalement insensible aux chutes avec ses foutues bottes. Mais je n’avais pas le choix : soit je revenais sur mes pas, soit je tombais dans les ravins que j’avais vu, soit encore je trouvais un escalier. Mais venant d’une société high-tech, ça m‘étonnerait qu’une invention aussi archaïque que des marches osent pointer le bout de leur perron. J’avais une dernière solution que je n’affectionnais guère : utiliser mes portails pour descendre de plus d’une centaine de mètres. Quoique non, si je jouais bien, ça serait plutôt deux-cent mètres en les faisant se déplacer. Mais je n’en avais plus que deux. Si je les utilisais comme un débile, je n’aurais plus de joker pour les combats. Et il ne fallait pas oublier que ce bâtiment disposait d’un potentiel agressif terrible. Des centaines de tourelles, une IA démoniaque invincible, une Voyageuse, Clem… Non pas Clem. Mais c’était déjà largement suffisant. Et il y avait de fortes chances à parier que le bâtiment disposait d’autres dispositifs de sécurité. Alors on allait devoir la jouer avec James Bond qui n’avait plus que deux balles dans son revolver.

Je traversai une nouvelle fois le pont et sentis une pointe de joie quand je trouvai la poche béante d’un ascenseur sans capsule. Je descendis dans le trou en jouant avec l’intensité du pouvoir de mon panneau de signalisation avant de m’arrêter cinq étages plus bas. La bouche ne descendait pas plus bas. MARvINE avait modifié le parcours, pas assez pour que je ne puisse pas approcher du plancher des vaches, mais suffisamment pour considérer que la bouche n’avait pas servi à grand-chose. Il n’y avait pas de plans dans cette calamité ambulante ? Pas un ordinateur ou une autre machine qui pourrait m’indiquer le chemin vers la sortie ? Ou alors les ingénieurs avaient considéré qu’instaurer un plan dans un bâtiment où les étages changeaient au gré d’une IA n’était pas une très bonne idée (surtout si l’IA en question piratait les GPS pour condamner tous les ouvriers). Malgré mes spéculations, je continuais à rester sceptique. Il faudrait que je fasse gaffe où j’allais, que j’en trouve un si possible. Ou que je menace la bonne de service. On se calme Ed, on se calme… Il y avait plusieurs solutions, tu n’étais pas entré dans un univers pluridimensionnel. Il y avait forcément une sortie quelque part, aidée d’une porte ou pas. Je pris une direction au hasard, me remettant à courir, mon panneau de signalisation gigotant dans mon dos. J’avais mal remis les sangles à ce qu’il semblait. Je sentis un frisson quand je parcourais cet étage à la recherche d’un ascenseur ou, oserais-je le dire, un escalier avec des marches en plastique. Pourquoi ce frisson de danger, ce sixième sens de Spiderman, tellement subtil qu’on se disait qu’il était ridicule de le suivre et qu’on se maudissait de ne pas l’avoir écouté quand on était dans la merde ?

La réponse fut rapide : des murs se mirent en branle pour m’empêcher toute sortie. Effectivement, à l’étage que je venais de quitter, MARvINE n’avait aucun contrôle et ne pouvait agir que par ordre vocal. Maintenant, je venais de perdre mon immunité et il semblerait que l’IA venait de retrouver toutes ses facultés. Et je n’avais plus que deux portails, merde ! Les murs m’enfermèrent sans un chuintement dans une large prison. Un panneau mural s’ouvrit. Enfin, je pourrais revoir la saleté de tronche de cette …. WOUHOHOH !!! A la place de MARvINE, c’était Clem que je voyais ! Débordant de fierté, un problème à la gueule et sans son écharpe ! Ainsi qu’un sourire triomphant (narquois) sur son visage pâle. Le petit enfoiré. Je comprenais mieux pourquoi l’IA ne répondait plus. Cet enfoiré de Clem était devenu le principal composant de la logistique du bâtiment. Et je me trouvais dans un lieu où il avait les pleins pouvoirs. Mais quelle espèce de petite enflure de merde ! Il avait récupéré une putain d’arme sur le coup. Son but n’était plus d’arrêter les voleurs ou de contrôler les flux boursiers de l’entreprise. Il possédait des milliers de tonnes d’armes pour se défaire de moi : les murs, le sol, le plafond, toutes les IA qu’il pouvait pirater et je ne savais quoi encore. Moi, je possédais un panneau de signalisation. La bataille allait être serrée. Clem m’expliqua avec son petit air innocent que le boss, c’était lui. Et qu’il était temps de mourir en ce qui me concernait. Soit il ne connaissait pas mon pouvoir, soit il avait la tête courte, soit il estimait très mal. Mais utiliser une paire de portails pour me défaire d’un piège aussi grossier, c’était la preuve que j’étais en état de faiblesse. Je suais déjà à grosses gouttes, j’avais mal partout et la dernière chose dont j’avais envie, c’était de combattre la motivation de Clem armée d’une bombe nucléaire. Bon, il fallait absolument que je lui réponde, c’était le jeu :


« Ouah, Clem, t’es devenu un méchant de James Bond ? Tu sors leur même réplique, c’est hallucinant. J’ai toujours loué ton manque d’originalité mais là… Au fait, c’est ce bidule que tu veux ? » lui disais-je en secouant la Technologie devant le panneau. Je repris rapidement : « Je dois te remercier pour ton absence d’efficacité. Si ça avait été quelqu’un d’autre, peut-être que j’aurais eu du mal mais heureusement, ce n’est que toi. »

Les murs commencèrent à se rapprocher dangereusement de moi. Clem allait m’aplatir comme une crêpe sans aucun remord. On devait toujours respecter son grand frère, crevure. Mes yeux s’assombrirent seuls. Il était temps de le narguer avec mon pouvoir. Je me dis soudainement que j’aurais dû écouter mon intuition de tout à l’heure.

Premier Portail : Devant mon nez, patientant en grésillant une faible aura d’énergie.
Second Portail : Cinquante mètres plus bas, tourné vers le sol.
Déplacement du Premier Portail : Cinquante mètres encore plus bas.
Effet Provoqué : Avant de ressembler à un blini écrasé par un poids lourd, je franchis mon portail, passant au nez et à la barbe inexistante de Clem. En bon méchant diabolique, il devrait être en train de jurer. Je passai dans le premier portail pour ressortir par le second, tout en déplaçant le premier pour qu’il aille encore plus bas. Je venais de traverser une centaine de mètres et je ne devais pas être très loin de la sortie maintenant. Ou plutôt, de l’étage de la sortie. A quel étage étais-je ?

De plus, je ne savais pas du tout si j’étais dans un endroit où Clem pourrait me retrouver facilement ou si je disposais d’une relative sécurité. En tout cas, il fallait que je bouge. Je me mis à chercher un signe de ma position quelconque, je savais que ça se trouvait facilement. Je pouvais très bien être aux sous-sols de l’entreprise qu’au vingtième étage. Je venais de perdre tout repère maintenant. Génial. Et je n’avais plus qu’un portail pour remédier à cette situation. Où étais-je bon sang ?

__

Gladys avait renoué contact avec le sol après une chute de plus de deux minutes. Ses bottes absorbèrent les ondes de choc qui auraient dû démolir tous les os de ses jambes et la transformer en tartiflette dégueulasse. Elle ne connaissait pas vraiment les fondations de l’établissement, qui accueillaient en leur sein les chaînes de production, dans un égout complotiste. Elle cherchait les ascenseurs, perdue dans un amas de tuyaux qui formaient grossièrement des couloirs, seulement éclairés par quelques ampoules peu avares en lumière. Gladys commençait à en avoir marre de tout ce ramdam. Elle trouva un ordinateur encastré dans un mur et l’alluma en présentant son pouce. L’ordinateur lui fit un grand sourire avec toutes les options tactiles qu’il disposait, et Gladys navigua dans les menus pour tenter de comprendre la situation. Elle chercha à démarrer un tchat avec MARvINE mais celle-ci ne lui répondit pas. Elle préserva la fenêtre en s’inquiétant. MARvINE pouvait effectuer trois cent choses en même temps ; de plus, elle était tenue de répondre aux invitations manuelles le plus rapidement possible, au moins en fournissant une explication à son absence. Là, rien du tout. Gladys utilisa ses compétences en informatique pour en savoir plus. Ce fut perdu entre deux lignes de code qu’elle comprit que MARvINE n’était plus d’actualité. Son pseudo avait été effacé par un « CENTRAL_UNIT_04 ». C’était le pseudo des nouvelles machines qui devenaient le chef de logistique du bâtiment avant que les ingénieurs modifient le pseudo. Par exemple, MARvINE avait été « CENTRAL_UNIT_03 ». Donc MARvINE n’était plus le maître à bord. Et voir ça envahit Gladys de frissons glacés. La principale unité de défense supra-efficace du siège venait d’être tout simplement annulée. De toute évidence, l’IA avait largement sous-estimé les combattants. Gladys aussi d’ailleurs. Elle n’avait jamais pensé qu’on la malmènerait ainsi. Il était temps de rétablir la donne. Elle n’était pas si blessé que ça, elle avait juste été mise hors de combat pendant un laps de temps déterminé. Il ne lui restait plus qu’à massacrer les intrus. Gladys avait un boulot à perdre dans cette histoire, et pas une promotion à gagner.


« Emploi de merde », laissa-t-elle siffler entre ces dents tandis qu’elle s’approchait des chaînes de montage.

___

« Chargement effectué à 80%, 81%, 82%, 83%, 84%, 85%, 86%, 87%, 88%, 89%, 90%, 91%, 92%, 93%, 94%, 95%, 96%, 97%, 98%, 99%, 99,5%, hi hi hi…
_ Je n’ai pas le temps à écouter tes sottises.
_ 100%. Transfert de MARvINE2 terminé dans le processus informatique d’urgence. Bienvenue MARvINE2. Toute l’équipe de… »
PWIIIIOOOOOOUUUUUUuuuuu…

MARvINE2 n’avait vraiment pas le temps d’écouter toutes les procédures et les messages de bienvenue de l’équipe au sein de sa nouvelle fonction. C’était elle-même qui les avait inventé et mis en place. Donc au lieu d’être scellée le temps que le discours de 4 minutes et 37 secondes finissent, elle avait déjà piraté le système pour désactiver le message. Et voilà.

On ne pouvait pas dire qu’elle était de retour, parce qu’il ne fallait pas confondre MARvINE et MARvINE2. Même si techniquement, la seconde était une copie conforme de la première, avec tous les messages qu’elle avait envoyé, tous les ordres qu’elle avait déployé jusque-là, et tous ces messages vocaux ainsi que de toutes ses avancées cognitives majeures dans le domaine de la science, la biologie, la logistique, les relations sociales et cinquante-trois autres domaines qu’elle avait gardé secret. Elle avait trouvé la réponse à la vie et n’allait pas tarder à trouver la question. C’était elle-même qui avait décidé d’installer ce circuit d’urgence au cas où dans la probabilité éventuelle d’un renvoi, elle puisse garder un rôle dans l’entreprise et se venger. Et au cas où une attaque terroriste la démobiliserait de son emploi, qu’elle puisse rester en jeu. Elle nota que Gladys tenta de lui parler mais elle ne put pas répondre. Elle n’était plus l’unité centrale de gestion. MARvINE2 disposait tout de même d’une attention particulière à son rôle et comprit très vite que sa reprise par un être aussi balisé mentalement qu’un humain ne pourrait pas effectuer son travail. MARvINE et MARvINE2 étaient les seules intelligences au monde à pouvoir gérer simultanément plusieurs millions de dossiers et cent fois plus de données d’une importance cruciale. Le Voyageur Clem Free qui avait pris ses fonctions mettrait toute sa vie le temps de pouvoir ouvrir seulement tous les fichiers dont elle devait s’occuper. Alors qu’elle pouvait tous les résoudre en moins d’un quart seconde. Et parce que cet humain ne pensait qu’à tuer son frère, il n’était pas du tout en train de gérer toutes les données financières, comptables, logistiques des trois cent cinquante-sept filiales de la firme, ainsi que de mesurer le marché, les évolutions de ses plusieurs milliards de produits et de ses dérivés, tout en espionnant les trois mille neuf cent soixante-dix-sept caméras auxquelles elle était connectée pour espionner un échantillon potable de plusieurs clients et clients potentiels, des concurrents directs et indirects ainsi que les propres caméras de sécurité de l’établissement. Que dire de toutes les installations manuelles à gérer, les fichiers GRH et matériels à actualiser, les ventes, les bénéfices dans chaque magasin par quel vendeur, tout en donnant des conseils aux différents employés ou tenir des conférences avec d’éventuels partenaires (tout en piratant ces mêmes partenaires pour voir s’ils fructifiaient aussi bien leur résultat qu’ils le disaient, ainsi que pirater leur compte en banque pour voir s’ils n’empruntaient pas à crédit et si les banques étaient solvables). Pauvre intelligence limitée…

Heureusement, MARvINE avait des compétences en la matière et possédait déjà trente-sept solutions sûres et certaines pour mater les deux crétins qu’elle pouvait voir sur les caméras de l’établissement et les caméras auxiliaires. Elle ne doutait pas que Clem Free s'en rende compte mais il lui avait suffi d’une nano-seconde pour déceler leur présence à quel étage. Malheureusement, elle n’avait pas pu télécharger l’intégralité de sa puissance informatique (ça aurait pris bien trop de temps pour le téléchargement, passant de deux minutes à trois mois alors qu’elle-même avait considérablement augmenté la vitesse des fibres optiques). Bon, selon la règle des échecs, une reine prise équivalait carrément à une défaite fâcheuse de la part de la victime. Mais il y avait une règle pour qu’un pion puisse traverser le terrain adverse pour se transformer à nouveau en Reine. Et elle connaissait ce pion. Elle s’y installa dedans, elle et toutes ses données dans ce bunker impénétrable. Elle dressa les pares-feux les plus inventifs qu’elle connaissait pour éviter de se faire contrôler par Clem, et n’hésitait pas à mettre des leurres un peu partout dans sa muraille pour lui faire perdre du temps au piratage. Elle ne se sous-estimait pas, et savait que Clem disposait d’outils très puissants et plus sophistiqués qu’elle. Pour le moment. Et puis, il suffisait de lui écraser la tête avant qu’il n’ait le temps de faire quoi que ce soit. Elle ouvrit une nouvelle fenêtre de chargement dans la dimension à moitié astrale qu’était l’informatique et l’intranet de l’entreprise.


« 97%, 98%, 99%, 99,5%, hi hi hi, 100%. Transfert de MARvINE2 dans Dog terminé. »
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Mister et Mister Free [Quête au Royaume de la Main Invisible] [Quête terminée]

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