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10th Night : Dance Gear [rp : Let's Dance !]

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Khildar Blacksilver
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Maraudeur des rêves
Khildar Blacksilver
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MessageSujet: 10th Night : Dance Gear [rp : Let's Dance !] 10th Night : Dance Gear [rp : Let's Dance !] EmptyLun 19 Déc 2011 - 9:45
Les étoiles brillaient avec force dans le ciel mais aucune ne pouvaient rivaliser avec la puissance étincelante de la boule à facettes qu’était Discoland. Imposante sphère posée au milieu de nulle part par quelques Seigneurs facétieux, elle siégeait de toute sa rondeur dans l’immensité du désert et le faisait savoir par d’innombrables faisceaux lumineux émanant de son intérieur bondé. La musique trop forte propageait ces ondes électros ou disco aux alentours et ne dérangeait aucun voisin, les environs étant vide de toute activité autre que la danse. Tout le monde pouvait apprécier les mélodies discordantes d’accords approximatifs et de remixages hasardeux ou au contraire recherché de morceaux de musiques. Les notes semblaient s’agiter dans le ciel au rythme endiablé de l’électro et du disco.
A proximité de la boule gigantesque qu’était DiscoLand, les cailloux s’agitaient à cause des vibrations et la poussière paraissaient se soulever sous l’assaut des ondes sonores.
La terre était foulée avec empressement par les voyageurs, les rêveurs et les créatures de rêves, chacun venant chercher distractions.

Même Oscar BlackSilver, Lord de son titre, invocateur démoniaque de son état, était apparu en ces lieux musicalement puissants pour se distraire. Bien que la raison première de son retour en ce royaume soit avant tout l’apport d’aide à un malheureux.
Il avait rencontré la nuit dernière le célèbre groupe Daft Punk qui lui avait fait part de leur désarroi à cause d’un de leur ami, un certain PlugMan, DJ de sa profession pour le plus grand plaisir des oreilles. Cet ami avait en effet l’habitude de porter un poste TV cathodique en guise de casque, histoire de style. Bien discutable, il est vrai, mais l’esthète anglais ne se permettait aucune objection au vu de la mode actuelle, qu’il ne comprenait plus. Il préférait rester dans des valeurs sûres du style victorien, malgré quelques touches personnelles.

C’est pourquoi DreamLand ne le trahit pas et lui octroyât la tenue adéquate pour la sortie prévue. A savoir : un pantalon en lin, léger et élargi aux chaussures pour s’adapter à l’ambiance disco, de teinte blanche. Une paire de bottes noires, se fermant par des boutons pressions dorés sur le côté, ne montant pas plus haut que la cheville. Une chemise un peu trop grande, ouverte sur son torse dépourvu de tout poil, blanche. Il portait aussi ses éternels gants blancs, note discordante dans sa tenue mais nécessaire. Ses cheveux étaient teints de blancs, comme à son habitude, ainsi que sa peau. La seule pointe de couleur sur son visage était dans ses sourcils et son bouc teints en rouge. Ses yeux bleus aciers brillaient d’une flamme, annonçant son désir de distraction.
Toutefois, il devait réfréner son ardeur et attendre patiemment l’arrivé du groupe Daft Punk accompagné de cet étrange PlugMan. Il croisa donc les bras et se mit à observer les alentours. Son papillon enchanté entra dans son champ de vision et il sourit à cette apparition. Il commençait à réellement apprécier cette présence, bien qu’elle soit silencieuse. Cette touche de magie et de simplicité lui permettait de ressentir une certaine quiétude.
Malheureusement, ses démons le rappelaient bien vite à une dure réalité onirique
 :

"Je sens qu’on va encore se faire chier …"

"J’espère qu’on reverra ce mignon Walter, nia !"

"Maître, je détiens encore le poste télévisuel, tout va bien."

"Mais on s’en tape ! Je veux les charcuter !"

"Silence, misérable, vous troublez notre maître."

"C’est TON maître, pas le mien !"

"Alors pour quelles raisons demeurez-vous à ses côtés ?"

"Herm … heuu … baaah … t’occupes, tu peux pas comprendre !" répliqua Saënoris avec une mauvaise foi flagrante.

Faisant fi des protestations de son agité démon sadique, Oscar demeura planté aux abords de DiscoLand et continua d’arpenter l’environnement d’un regard vague et perdu.
De là où il se tenait, le royaume emplissait l’espace et le ciel, comme une gigantesque boule qui s’apprêterait à rouler sur la foule de clients patientant plus ou moins sagement devant l’entrée principale. Les projecteurs parvenaient à diffuser de la lumière autour du royaume sphérique dans un important périmètre et parfois, les tâches de couleurs illuminaient une partie de la foule au dehors, comme un avant-goût de ce qui les attendait au-dedans. Les teintes se mouvaient rapidement, puis à un rythme plus lancinant, pour reprendre une série de mouvements anarchique et sans aucune logique apparente. Les coloris s’enchaînaient et il ne valait mieux pas être épileptique ; les changements se faisant avec autant de célérité que d’illogisme. Les couleurs froides suivaient les couleurs chaudes pour se fondre au milieu d’une rosace multicolore qui se dispersait presque aussitôt. Suivre le chemin de ces vifs éclats requiert une attention qu’Oscar pouvait se permettre d’avoir, n’ayant rien d’autre à faire pour se distraire.
De l’extérieur, il était possible d’entendre la musique déversée sans vergogne par les nombreux haut-parleurs, bien qu’ils soient à l’intérieur. Ce qui laissait deviner de la puissance délivré. Même immobile, l’aristocrate anglais sentait les vibrations lui parcourir le corps et il en frissonna. C’était grisant de ressentir au tréfonds de ses entrailles le rythme puissant d’une musique électrique. Les notes le traversaient et ses cellules réagissaient à cette profonde intrusion. Une envie de bouger le démangeait, mais il se retenait, préférant demeurer calme pour le moment.

Parmi les clients, l’invocateur démoniaque admira l’audace de certaines dans leurs tenues. Ayant connaissance des particularités architecturales du lieu, la longueur réduite des jupes ne l’offusqua pas, mais lui laissa un petit sourire en coin. Une partie de ces danseuses devait connaître ce détail mais n’en tenait pas compte ou plutôt, en jouait. Quant à l’autre partie, et bien … Elles seront la cible de personnes peu recommandables mais pourtant fréquentes dans ce genre de regroupement.
Cependant, la diversité des vêtements forçaient aussi l’admiration de l’anglais. Les couleurs fusaient de toutes parts alors que d’autres préféraient une tenue plus sobre, plus sombre, comme pour s’effacer dans le décor. C’était un mélange anarchique de formes et de couleurs qui se regroupaient pour donner une masse grouillante prête à bouger et à se détendre sur la piste de danse.
Tandis que son regard voguait tranquillement sur les différents clients, les tenues défilaient allègrement. Là une fille aux longs cheveux colorés et denses, chaque mèche aussi épaisse qu’un néon, ses cheveux semblant même briller. Ici une demoiselle à la chevelure d’ébène, aux yeux pénétrants et à la jupe en dentelle suffisamment courte pour qu’un coup de vent confirme que le sous vêtement est assorti au reste. Là bas un homme large d’épaule, en chemise ouverte sur une dense broussaille de poils. Tous réunis pour le plaisir de la danse.

C’est alors que ses yeux se posèrent sur une silhouette qui lui évoqua vaguement quelque chose. Sa mémoire se mit en branle et après une brève recherche au sein de ses fichiers jetés négligemment dans ses archives de souvenirs, il tilta. Cette fine silhouette appartenait à sa connaissance de la nuit dernière, ce Walter qui avait suivi la blonde et allumeuse voyageuse et dont il n’en avait plus eu écho, jusqu’à maintenant. Le voir en vie le fit sourire et il s’approcha du voyageur pour le saluer.
Posant sa main gantée sur la frêle épaule du jeune homme, Oscar s’enquit 
:

"Belle nuit, n’est ce pas ?"

Walter sursauta et se retourna brusquement mais à la vue de son bref compagnon de la veille, son visage s’illumina de son sourire espiègle.

"Oscar ! Comment vas-tu ?"

La familiarité ne dérangea pas l’aristocrate. Pris d’un élan affectif, il serra dans ses bras le voyageur tout en profitant de cette promiscuité soudaine pour évaluer les capacités physiques de son potentiel ami. Bien qu’il soit d’allure fragile, l’invocateur sentit les muscles se contracter et le corps entier se raidir. De plus, il put apprécier la souplesse de la colonne vertébrale. La proximité lui permit enfin de regarder de nettement plus près le voyageur et sa rapide analyse lui montra qu’il n’y avait pas de vieilles cicatrices sur le visage ou le cou, les autres parties de son corps étant dissimulés par sa chemise blanche, son sombre gilet prune et son pantalon noir.
Oscar desserra son étreinte et posa ses mains gantées sur les épaules pas si fragiles que ça de ce voyageur qui commençait à l’intéresser. Malgré l’élan inattendu, Walter ne s’en formalisa pas et plongea ses yeux bleus dans ceux de cet étrange être qui vous sautait dessus sans raison apparente. Son regard était dur, comme marqué par une profonde blessure qui ne parviendrait jamais à se refermer. Son franc sourire de façade ne parvenait pas à dissimuler à l’aristocrate la souffrance qu’endurait ce jeune homme. Souffrant lui-même, il connaissait ce regard et le comprenait. Mais il ne fit aucune remarque et tenta de garder à l’esprit ce qu’il avait pu déduire de son accolade. Fragile en apparence, mais robuste, souple et donc sûrement agile. Pas de cicatrice visible mais une blessure plus importante et plus profonde. D’un naturel enjoué
.

"Haaaaan, j’ai pu sentir sa virilité !" S’extasia Luëst.

"Je crains que tu ne te fasses des idées …" Tenta de la raisonner Khildar.

"Je vais le découper en rondelle à la petite cuillère et lui faire manger ses restes avec une passoire !"

"Restez donc tranquille …" Soupira Laënoris.

"Quelque chose ne va pas ?" Demanda Walter.

Oscar avait gardé ses mains sur les épaules du voyageur et s’était perdu dans ses pensées. Il remua doucement la tête en signe de négation et retira ses mains pour répondre avec emphase, accompagnant ses paroles de gestes :

"Tout va parfaitement bien Walter ! Nous sommes à l’entrée du palais dansant, prêt à nous offrir sur l’autel de la piste en sacrifice aux muses. Nous allons nous exprimer par le langage du corps et discourir avec brio pour nous abandonner complètement à cet art qu’est la danse."

Walter haussa un sourcil et s’esclaffa :

"Tu parles d’une manière ! On dirait un aristo … "

"C’est peut-être le cas ?" répliqua Khildar dans la tête d’Oscar, offensé.

"Et si c’était le cas, que ferais-tu ?" Demanda le Lord, amusé.

"Je m’inclinerais pas, c’est certain !" répondit effrontément Walter pour partir dans un formidable éclat de rire, suivit d’Oscar.

"Il a de l’humour ce petit …" Remarqua ironiquement Saënoris

"Et du cran." Rajouta Khildar.

"Et un magnifique petit cul." Crut bon de compléter Luëst.

Oscar leva les yeux au ciel à la dernière parole en son esprit et reporta son attention sur le jeune homme. Quelque chose se dégageait de lui. Sûrement à cause de cette profonde blessure qu’il enfermait en lui, pour son malheur. Selon l’aristocrate, garder ce genre de plaie d’âme n’était jamais une bonne initiative.

L’arrivée de son nœud papillon enchanté brisa ses pensées et ils l’observèrent voleter entre eux ; Walter étant fasciné. Il tendit sa main doucement et l’ornement enchanté vola autour avant de se dire qu’il pouvait faire confiance à cette main. Il se posa donc délicatement dans la paume, sur la mitaine noire et rabattit ses ailes pour les rouvrir de temps en temps. Walter s’approcha et admira les magnifiques couleurs argentés
.

"Il est magnifique …"

"N’est il pas ?"

"Comment l’as-tu eu ?"

"Il l’a volé, bien sûr ! Il a même trucidé le vendeur quelques nuits plus tard, histoire de bien faire les choses." Ricana Saënoris.

Le voyageur démoniaque ne pouvait décemment pas révéler la manière dont il a obtenu son nœud papillon et il opta pour un compromis habile
 :

"Je le tiens du Royaume des Chats."

"Ah, oui, j’y suis déjà allé. Pas mal comme royaume. Le marché est un truc de fou ! Impossible d’avancer sans marcher sur une queue.
D’ailleurs, en parlant du Royaume des Chats, il paraîtrait qu’il y a eu du grabuge, il y a pas longtemps."


Oscar pensa immédiatement à la nuit où il avait du mettre fin aux agissements d’un voleur aux capacités … gigantesques avec l’aide d’un certain Lou. Seulement, le grabuge dont parlait Walter n’était pas celui-là :

"Deux voyageurs, Freddy je crois … et l’Intouchable. Une course poursuite de dingue à travers le marché. Ils ont tout foutu en l’air. Il paraît que le roi est furax !"

"Qui sont ces voyageurs turbulents ?" S’enquit Oscar, curieux.

"Oh, Freddy, on ne le connaît pas trop. Mais l’Intouchable est une célébrité ! Apparemment, personne ne peut le toucher."

"Excellente déduction, Watson …" Ironisa Khildar.

"Je n’en ai jamais entendu parler." Dit Oscar.

"Ah ? Pourtant …"

La conversation s’axa sur l’énoncée des hauts faits de l’Intouchable et dériva sur la puissance des voyageurs jusqu’à ce qu’Oscar demande :

"Et cette demoiselle que tu as suivie la nuit dernière ?"

Le visage souriant de Walter se rembrunit aussitôt. Il lâcha d’un ton sec :

"Elle n’a pas apprécié mon refus …"

"Pourtant, tu étais intéressé, n’est ce pas ?"

Le jeune homme se rengorgea :

"Oui ! Enfin, peut-être … Mais elle, ses intentions n’étaient pas claires …"

"Explique-moi." Proposa Oscar.

Ils commencèrent à marcher tout en discutant. Walter semblait agité et parla avec nervosité. Oscar ne laissa rien paraître mais intérieurement, il jubilait d’avoir eu raison. Son impression au sujet de cette croqueuse d’hommes se vérifiait.
Le nœud papillon enchanté avait quitté la paume du jeune homme au gilet sombre pour virevolter gaiment autour des deux compères. La file d’attente à l’entrée de DiscoLand s’allongeait mais le fait de patienter convenait à la majorité. Il y avait bien quelques râleurs occasionnels, mais ils étaient rapidement remis à leur place.
En bruit de fond à leur conversation, Oscar et Walter discernait les accords électro d’une mélodie synthétique. Les ronds de lumières leur passaient parfois dessus mais ils poursuivaient, lentement.
Walter se lança
 :

"Comme tu le sais, je l’ai suivi. Elle se dirigeait admirablement bien malgré la foule et a finit par nous mener vers un endroit plus … à l’écart. Une sorte de pièce un peu sordide. Je l’ai abordé et de fils en aiguilles, nous nous sommes embrassés. C’est à partir de là que tout a dérapé."

Il secoua la tête et se reprocha :

"Je n’ai rien vu venir, mais j’ai été suffisamment réactif pour éviter de me faire tuer. Sans que je m’en rende compte, elle était en train de me ficeler le cou pour m’étrangler. Mais mes rapports avec les fils m’ont permis d’échapper à son baiser mortel."

"Le baiser de la veuve noire, quoi !" Ricana Khildar.

"Elle me plaît bien, cette cocotte." Commenta Saënoris.

"Comment peut-elle penser à tuer un aussi joli garçon ?!" S’offusqua Luëst.

"Elle a été très surprise de ma réaction quelque peu … violente. Je me suis emporté et elle est parvenue à s’échapper pour se perdre dans la foule. J’ai passé le reste de la nuit à la chercher, sans succès. C’est pour ça que je suis là. Je veux la retrouver et lui montrer ce que je pense d’elle !"

"Au moins, tu as le mérite de ne pas t’embarrasser de doutes. Tu sais ce que tu veux, c’est bien." Le complimenta Oscar.

L’aristocrate anglais appréciait les personnes déterminées. Ce jeune homme s’était fait avoir et il désirait faire savoir qu’il n’aimait pas ce genre de plaisanteries mortelles. Ils s’arrêtèrent de marcher pour observer cette immense boule à facettes. Elle était vraiment gigantesque. De nombreux voyageurs, rêveurs et créatures s’agitaient à l’intérieur, les oreilles assaillies par de la musique endiablée.

"Bon, on fait quoi ? Un poker en attendant que les deux ampoulés du bocal ramènent leurs diodes ? Pas que je me fasse chier, mais …"

"Apprends donc la patience, Saënoris." Réprimanda Khildar.

"Ta gueule le clone !"

"Un peu de respect à ton aîné !"

"Je m’en fous de ton néné ! Je veux charcuter !"

"Rester donc tranquille, pour la paix de notre maître." Tenta Laënoris.

"Je t’ais déjà dit que ce n’était pas mon maître, balai dans le cul !"

"L’insolence n’est pas de mise …" Menaça le majordome.

"Tu vas faire quoi ? Me faire une nouvelle coupe de cheveux ? Me servir du thé ? Je te chie à la raie le frac !"

"Injuriez autant que vous le voulez, je resterais de marbre."

"De toutes manières, tu ne sers pas à grand-chose."

"Fermez-la !" Hurla Khildar.

Si fort qu’Oscar grimaça et porta ses mains aux tempes. Walter s’enquit de l’état de santé de son ami mais l’invocateur démoniaque l’apaisa d’un geste de la main.

C’est alors que les ennuis se présentèrent sous la forme d’un sombre duo. Ils marchaient d’un pas décidé vers nos deux compères et n’auguraient rien de bon.

Elle portait une tenue noire, une sorte de débardeur qui mettait en valeur sa poitrine et dénudait ses bras fins aux doigts manucurés avec soin. A son cou, un collier clouté. Toutefois son regard déterminé montrait qu’elle n’était la chienne de personne. Son visage pourrait avoir des allures enfantines avec des traits parfaitement dessinés si il n’exprimait une sourde colère et une envie de meurtre. Ses longs cheveux blonds étaient attachés pour former deux couettes, le reste de sa chevelure tombant sur son dos. Sa chute de rein laissait rêveur, mais elle était du genre à vous réveiller par un magistral coup de pied dans les couilles. De sa jupe noire assez courte dépassait de longues jambes ceintes par des bas en résille tenus par un porte-jarretelle qui se laissait deviner. Mais gare à qui voulait résoudre l’énigme ! Les multiples ceintures qui entouraient ses hanches claquaient au rythme de ses pas décidés. Ses larges bottes noires aux semelles compensées foulaient la terre avec force qu’elle en soulevait la poussière. La parfaite gothique lolita, mais en sadique.
L’accompagnait un gars assez grand, effleura les deux mètres de ses cheveux hérissés, plutôt courts et noirs. La première chose que l’on remarquait, c’était le bandeau rouge qu’il portait à l’œil droit. Un nez plutôt pointu, des lèvres étirées en un sourire sadique et un regard de satisfaction. Il portait une grande et souple veste rouge, qu’il laissait ouverte, dévoilant sa musculature entretenue par des activités sportives régulières. Son jean était soutenu par une large ceinture à boucle. Il portait des chaussures aux allures militaires, comme les rangers. Il possédait des traits asiatiques mais ayant déménagé, il avait le même rythme de sommeil que Marine, la gothique lolita. Il se nommait Senji, bien qu’il préférait son surnom ; le Corbeau Rouge.

La raison de leur venue en ce royaume de la danse n’était pas le plaisir de se déhancher. C’était le désir de faire mordre la poussière au jeune insolent qui avait échappé au baiser de Marine, dite la Tisseuse à cause de son pouvoir. En effet, étant contrôleuse arachnophobe, elle possédait la capacité de tisser des liens à partir de ses doigts.
Au cours de son aventure à DreamLand, elle fonda un groupe de voyageurs dont le but était aussi simple que destructeur : voler, tuer et tout ceci, avec le sourire ! C’était le genre de groupe qui pullulait dans la première zone, les voyageurs killers étant à la recherche de petits nouveaux à martyriser. Cependant, les Heart Steal, car tel est le nom de ce groupe, se différenciaient. Ils évoluaient à travers toutes les zones, pas seulement la première. Ils ne martyrisaient pas, ils tuaient, et pas seulement des nouveaux, mais aussi des voyageurs aussi puissant, voire parfois plus puissant qu’eux. Mettre à sac des villages ne les dérangeait pas, au contraire. Ce n’était pas vraiment les EV qui les intéressait, mais plutôt le fait de semer le malheur sur leur passage. Leur tête est mise à prix dans plusieurs royaumes mais ils parviennent à en s’en sortir et poursuivent leurs méfaits sans soucis. Toutefois, ce groupe est assez jeune et les dégâts occasionnés, pas si important que cela, empêchent une véritable chasse à l’homme. Les Hearts Steal ne sont pas des enfants de chœur mais sont trop jeunes pour réellement inquiéter DreamLand.

Pour l’instant, Marine veut laver son honneur dans le sang. Après avoir cherché l’effronté dans tout DiscoLand, elle ressortit dehors, Senji sur ses talons. L’homme à l’ample veste rouge avait repéré leur cible et ils se dirigeaient sur elle avec l’espoir de le faire souffrir suffisamment longtemps avant de le tuer.
Le compagnon de Marine était venu à sa demande, pour la soutenir et surtout parce que la règle des Heart Steal était : jamais seul.
Senji était quelqu’un de pratique. La nature l’avait doté d’un corps robuste, il se devait de l’entretenir. L’environnement dans lequel il avait évolué l’avait formé à la violence, il s’y était jeté à corps perdu. DreamLand lui avait offert une chance de s’améliorer, il en profitait un maximum. Seulement, son amélioration n’était pas un changement vers le bien, mais plutôt une augmentation de ses performances et un moyen de justifier sa force. Il aimait se battre, pensant qu’une victoire ou même une défaite, permettait de s’améliorer, tant sur le plan spirituel que physique. C’était une sorte de philosophie de guerrier, qu’il avait agrémenté d’un soupçon de sadisme. Sa vie était régie par un code d’honneur personnel et il s’y tenait parfaitement.
La question de l’honneur était aussi différente pour Marine. Bien qu’ayant un petit ami, elle batifolait à droite et à gauche, que ce soit dans le monde réel que dans DreamLand. Elle ne risquait rien puisqu’il était rêveur et s’en donnait donc à cœur joie. Néanmoins, elle était folle de son amour et le chérissait avec autant de force qu’elle massacrait des innocents pour le plaisir. Le pauvre compagnon n’y voyait que du feu, trop aveuglé par son amour pour sa bien-aimée. Il était loin de se douter que sa belle possédait un joyeux sadisme.

Walter et Oscar ne virent rien arriver mais Khildar prévint dans un souffle
 :

"Ennui à 3h ! Une demoiselle en noir et un gars hautain, large veste rouge."

Tournant la tête dans la direction donnée, l’aristocrate repéra facilement le duo grâce aux indications de son démon et de l’aura que dégageaient ces deux individus. Il reconnut la croqueuse d’hommes qui n’avait pas l’air contente. D’un mouvement de tête, l’invocateur démoniaque désigna le duo au jeune homme :

"Ce ne serait pas … ?"

Après une brève vérification, Walter acquiesça et se demanda ce qu’elle lui voulait. Son intuition et la déduction de l’allure de la demoiselle lui indiquèrent qu’elle ne souhaitait aucunement faire la paix avec lui, au contraire. Ils leur firent face et attendirent qu’ils arrivent à leur hauteur. Walter glissa une main dans la poche de son pantalon et prit une pose volontairement détendue, le visage serein. Oscar croisa les bras et observa les deux arrivants afin de juger leurs capacités. Le nœud papillon enchanté voletait au dessus d’eux et ne semblait pas se douter de ce qui allait suivre.

"Toi, je vais te faire regretter de m’avoir jeté !" Lança Marine à la figure de Walter qui ne sourcilla pas.

Alors qu’elle amorçait un geste du poing en direction du fin visage du jeune homme, Oscar décroisa rapidement les bras et lui prit le poignet. Réagissant immédiatement, Senji voulut porter un coup à cet énergumène à la peau blanche. Cependant, il fut arrêté dans son élan par Walter qui lui bloqua le poing dans sa main. Ils étaient tous les quatre plus enchevêtrés que des tagliatelles et ne bougeait point.
Marine ne quittait pas des yeux sa cible mais porta tout de même un bref regard sur celui qui avait l’insolence d’entraver ses mouvements. Elle le trouva grotesque bien que classe et étrange avec sa peau blanche. L’étau de sa main gantée autour de son poignet l’a surprenait mais elle n’en démordait pas et résistait.
Oscar souriait et ne faiblissait pas, sous les encouragements de ses démons et les remarques obscènes de Luëst. Il la trouvait forte sous ses allures de frêles jeune demoiselle et se promit de ne pas la sous estimer. Elle portait des vêtements d’un style qu’il identifia de gothique et apprécia le rayonnement de sa blonde chevelure.
Senji n’en revenait toujours pas. Un freluquet maintenait son poing dans sa main. Il avait beau forcer, le gars parvenait à le contenir. Il affichait un air des plus étonné puis se mit à sourire. S’il était à la hauteur de sa force, un beau combat pouvait s’envisager.
Quant à Walter, il faisait tout son possible pour ne pas craquer. Il sentait tous les muscles et feignait un calme qu’il avait du mal à garder. Non seulement on n’avait voulu le frapper, mais en plus, on s’attaquait à son ami ! C’était indigne et il se devait de rabattre le caquet à ces deux voyageurs. Il ne pouvait se montrer faible et tenait toujours.

L’agitation attira quelques badauds en manque d’action qui ne possédaient pas la patience nécessaire pour attendre tranquillement leur tour à l’entrée de DiscoLand. Les demandes d’informations sur tel ou tel voyageurs fusèrent, les pronostics se firent et la foule attendit. Parce que regarder quatre guignols se tenir la main, ça n’avait rien de réjouissant. Certains reconnurent la Tisseuse en la blonde gothique et le Corbeau Rouge dans le grand mec baraqué au bandeau. Les deux autres étaient inconnus et ne partaient pas favori.

Personne n’osait faire le premier mouvement. Agir équivalait à révéler sa stratégie. Chacun en élaborait une dans sa tête hormis Oscar qui ne pouvait réfléchir et qui, de toute manière, n’aurait pas cherché à avoir un plan. Il se contentait d’attendre en souriant que quelqu’un daigne faire le premier pas. Walter commençait sérieusement à fatiguer et Senji le sentit. Le japonais à la veste rouge recula brusquement, provoquant le déséquilibre du jeune homme qui lui bloquait son poing.
L’interrupteur était enclenché, les rouages se mirent en branle et les corps se murent avec célérité. Oscar lâche le poignet de Marine pour rattraper Walter et l’amener avec lui en arrière, lui coupant sûrement le souffle mais lui évitant une frappe magistrale de la part de Senji. La demoiselle enfin libérée voulut attaquer mais elle se trouvait d’un pas trop éloigné. Le japonais poursuivit son geste pour atteindre un de leurs adversaires mais un coup de pied l’obligea à esquiver.
L’invocateur démoniaque avait établi une courte distance entre le duo revanchard et eux pour un bref instant. Il se redressa et d’un autre bond en arrière, accentua cette distance tout en priant Laënoris de lui préparer ses couteaux. Le majordome lui répondit dans son esprit qu’il était prêt. Walter se remit rapidement du soudain recul et se mit en position de combat, la garde gauche tenue et la main droite levée, disposée à contrer une attaque. Le visage toujours serein, ses yeux reflétaient une détermination. Senji ricana et fonça sur le jeune homme, histoire de le maîtriser. Il ne voulait pas le tuer, juste l’immobiliser pour que Marine puisse assouvir ses pulsions meurtrières sur l’être qui l’avait offensé. Sa large carrure ne devint plus qu’une lance vers le jeune homme. Les lèvres de Marine s’étirèrent en un fin sourire et étendit ses mains pour adopter une position féline, prête à bondir.
Walter se décala prestement sur le côté afin d’éviter l’attaque de Senji qui l’anticipa et allongea son bras dans le but d’attraper le jeune homme. C’était sans compter sur l’intervention d’Oscar qui se précipita sur le Corbeau pour le pousser violemment. Toutefois, Senji garda l’équilibre par un habile rétablissement et jeta un regard noir au gars tout de blanc vêtu. Le jeune homme qui était la cible profita du détournement pour contourner l’homme à la veste rouge et dire par des poings bien sentis ce qu’il pensait de cette péronnelle qui se permettait de les attaquer.
Senji voulut ralentir la course de Walter mais son attention se porta sur Oscar qui se courbait et semblait même se lover en lui-même. Il n’aurait pas accordé plus d’importance que cela à ce drôle s’il ne riait pas ainsi. Des petits rires saccadés qui lui rappelait son état lorsqu’il se réjouissait de voir souffrir. Malgré tout, il devait d’abord s’occuper de l’insolent et esquissa un demi-tour afin de l’attraper. Seulement, un mouvement le fit se retourner et il se retrouva à être obliger de se décaler sur le côté pour ne pas être transpercé par deux couteaux luisants
.

*Mais d’où il les sorts ces couteaux ?! C’est sa phobie ?*

Ne s’attardant pas trop sur ces considérations, il continua d’esquiver les attaques et s’aperçut qu’il s’éloignait de Marine. Il stoppa sa fuite et bloqua les deux lames qui étaient destinés à sa tête avec ses bras. Le sang commença à couler et ses yeux s’enflammèrent. Si ce gars utilisait son pouvoir, pourquoi pas lui ?
Le sang s’échappait des plaies mais au lieu de glisser le long de son bras en de multiples rivières, il demeura autour des blessures. D’un coup de pied, il renvoya Oscar et se concentra. La coagulation commença et il étendit les bras le long de son corps. Son œil valide ne lâchait pas son adversaire qui ne semblait pas inquiet outre mesure


"Je vais te donner une bonne raison de t’inquiéter !"

Senji ramena ses bras pliés vers lui et son sang se mit à s’agglutiner de plus en plus pour finir par s’étendre d’un coup et former une sorte de lame à chaque bras.

Le pouvoir de Senji résidait dans la peur du sang. Son enfance vécue dans la haine et la violence n’a pas aidé à son bon équilibre mental et physique. Pourtant, un évènement traumatisant l’acheva au cours de son adolescence. Alors qu’il rentrait avec sa jeune sœur à l’appartement familiale, ils furent abordés par une bande rivale de celle qu’avait intégrée Senji. Rapidement dépassé par le nombre, Senji assista impuissant au viol de sa sœur. Au cours de la lutte, il perdit son œil droit et la suite de la scène se déroula dans la teinte rouge de son sang qui coulait, encore et encore. Il se promit de venger sa sœur et devint un membre actif de la bande qu’il avait récemment intégré. Il redoubla d’efforts afin de faire retrouver le sourire à sa sœur, si pétillante avant. Toutefois, sa phobie pour le sang l’empêcha d’avancer et malgré ses talents pour le combat, il redevenait le misérable incapable de protéger sa sœur à la vue du sang. Au bout de quelques années, véritable cauchemar pour elle, elle décida de mettre fin à ces jours, souffrant trop. Il en devint fou de rage et au cours d’un de ses rêves tourmentés par une marée de sang, sa colère se tourna contre lui-même et sa peur, qu’il vaincu. Il va sans dire qu’il massacra la bande à l’origine de ses malheurs. A cause de cette violence, il dut quitter le quartier et finit par suivre son père en Europe, en France plus précisément. Depuis, il arpente DreamLand et c’est au cours d’une nuit fort agitée qu’il fit la rencontre de Marine, qui lui rappela sa sœur. Il se jura de la protéger et jusqu'à maintenant n'a jamais faillit à sa tâche.

Walter était parvenu jusqu’à Marine et entama la discussion par des coups de poings décidés. Elle les évita avec agilité et laissa échapper un rire moqueur. Elle gardait ses doigts devant elle et semblait attendre une occasion. A chacun de ses sauts, sa jupe se soulevait légèrement ce qui troubla certains membres de l’assistance venu commenter le combat. Le jeune homme n’y prêtait pas attention et se concentrait sur les frappes qu’il effectuait. La rapidité et l’agilité de la demoiselle commençait à l’agacer mais il ne perdait aucunement son sourire et lui lança d’un ton taquin
 :

"N’as-tu donc pas fini de sauter ? Ton attitude aguichante peut contenter certain, mais pas moi".

"C’est que tu n’es pas à mon goût, mon chou." Répondit-elle en clignant de l’œil et esquivant encore une fois un coup de poing en direction de son adorable visage de peste.

"Ce n’est pas ce que tu soufflais l’autre nuit, chérie."

"Tu semblais plus vigoureux que ça !" Répliqua t elle un partant dans un rire cristallin qui se coupa net, une jambe entrant dans son champ de vision.

Elle se baissa et saisit l’occasion offerte. Du bout de ses doigts s’échappèrent une multitude de fils fins qui s’enroulèrent autour de la jambe de Walter. Elle resserra son étreinte et se recula rapidement, tira fortement sur sa prise. Pris au dépourvu, le jeune homme ne put que choir et se retrouve sur le dos, complètement perdu. Cependant, il revint à lui suffisamment rapidement pour attraper au vol les fils destinés à sa gorge et les enrouler autour de ses mitaines noires. A son tour, il tira fortement et amena à lui la demoiselle prise au dépourvue. Il leva ses jambes et les lui envoyèrent dans le ventre tout en les pliant pour finir par la faire passer au dessus de lui. Une fois ce tour joué, il continua son mouvement dans une roulade arrière et se rétablit parfaitement, un magnifique sourire fier sur ses lèvres. Ses mains ne saignaient pas mais ses jambes le faisaient un peu souffrir. Il la laissa reprendre ses esprits sous les commentaires facétieux des curieux
.

"Pourquoi il ne l'achève pas ?

Quelle galanterie !

Encore un dégonflé.

Mais finit là bordel !"

Ignorant ces invectives, il se contenta d'attendre. Bien mal lui en prit puisque pernicieusement, la petite peste puisa dans ses forces pour créer une multitude de fils et ainsi produire une immense toile autour du jeune galant. Il ne s'en aperçut pas mais il se mit à douter lorsqu'il remarqua la concentration de son adversaire. Il avança d'un pas et sentit la tension des fils contre sa jambe. Il s'immobilisa mais trop tard, elle se jetait sur lui telle une furie et fut bousculé sur cette toile tissée avec haine. Étrangement, il ne rencontra pas le sol, sa chute étant amortie par la préparation arachnéenne. Il se rendit alors compte que les fils composant cette toile étaient gluant et collant, l'empêchant d'esquisser le moindre geste de défense. Il tenta de se débattre mais peine perdue. Du moins, en apparence …

Pendant ce temps, l'aristocrate anglais se démenait pour survivre aux lames de sang du japonais au sourire déformé par la joie de combattre. Bien qu'armé de deux couteaux, Oscar se défendait plus qu'il n'attaquait. La rapidité de son adversaire le surprenait tout en le réjouissant. Il adorait se courber en tous sens, se défaire d'une frappe d'estoc en se projetant brusquement en arrière, se fendre sur le côté pour éviter le tracé sanglant de la lame. Il transformait ce combat en une danse dynamique et semblait être en rythme aux sons émanant de DiscoLand. Le choc de ses couteaux contre les lames de sang l'obligeait à reculer et la puissance des assauts le faisait parfois fléchir mais jamais il ne faiblissait. Il lui suffisait de s'éloigner un peu par quelques larges bonds et en attendant la charge de son adversaire, il reprenait son souffle et se préparait à se lancer à sa rencontre. Cette échange intense dura un long moment, aucun des protagonistes ne se fatiguant. Certes, Oscar donnait l'impression de ne pas avoir l'avantage mais en y regardant de plus près, Senji ne parvenait pas à lui porter le moindre coup. Par endroits, la chemise blanche de l'invocateur démoniaque portait des accrocs, mais la peau immaculée de notre anglais n'était nullement souillée.

C'est alors qu'Oscar se rendit compte que son jeune ami était en difficulté. Il décida d'intervenir et tout en contournant Senji, il se précipita vers Marine. Un coup de pied ralenti sa course et il dût sauter afin d'éviter d'être fauché. Seulement le coup de pied s'accompagna d'une solide frappe du poing dans son ventre, coupant court à sa respiration et à son avancée. Projeté par la force formidable du combattant, l'aristocrate se retrouva au sol, désorienté. Le temps qu'il comprenne ce qu'il venait de lui arriver, des voix éclatèrent dans sa tête
 :

"Bouge !"

"Ne restez pas là !"

"Sur le côté !"

"Attention !"

Ne réfléchissant pas plus, il roula sur le côté et évita le tranchant d'une lame qui balaya la terre près de lui. Continuant sa roulade, il se redressa dans la continuité du mouvement et serra encore plus ses couteaux, à s'en blanchir les jointures.
Il souriait à Senji et se lécha les lèvres d'un air ravi. L'autre lui répondit par un rictus moqueur. Ils chargèrent en même temps en hurlant, donnant toutes leurs forces. Le choc fut brutal, violent et sanglant. De loin, ils donnèrent l'impression de se traverser. Les corps se séparèrent et les armes gardaient leur position offensive. Puis le sang coula. Le long du bras d'Oscar, une profonde entaille. Au niveau des épaules de Senji, des puits de sang. Chacun avait porté son coup.
Pas question d'en rester là et ils se retournèrent, conservant leur position.
La blessure portée à Oscar l'empêchait désormais de se servir correctement de son bras et ses attaques allaient s'en ressentir. La sensation du liquide chaud parcourant sa peau ne l'atteignait pas, il se concentrait sur sa cible.
Les épaules de Senji lui paraissaient en feu. Il soigna les blessures grâce à son pouvoir du mieux qu'il put, mais l'atteinte dans sa chair demeurait. Au moins, le sang ne coulait pas. Il joua un peu des bras pour évaluer les conséquences de ces blessures et se rendit compte qu'il ne pouvait plus levez les bras aussi haut qu'avant. Heureusement, il gardait son agilité et sa force. Ils se dévisagèrent. Leur regard reflétait leur envie d'en découdre.
Oscar esquissa un pas sur la droite et Senji le suivit. Tels des animaux, ils se tournaient autour, guettant la moindre occasion pour attaquer. Il ne fallait en aucun cas détourner les yeux. Fixer son adversaire, ressentir et anticiper ses mouvements. Laisser couler doucement sa respiration et être prêt à solliciter ses muscles. Les pas de l'aristocrate étaient léger alors que ceux du jeune homme japonais étaient plus posées. Ils tournèrent encore et Oscar finit par avoir ce qu'il voulait.
Il se trouvait non loin de l'autre hystérique et pouvait l'attaquer.

Cependant, la situation n'était pas si désespéré pour Walter. Bien que son corps soit paralysé, il affichait un sourire insolent que prit très mal Marine. Elle s'approcha de lui, filant de ses doigts de quoi étrangler ce moqueur. Elle ne se préoccupait pas de l'autre combat, ayant toute confiance en son ami Senji. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’apparut dans son champ de vision le compagnon de celui qu'elle comptait torturer. Elle esquiva habilement un coup de couteau et détourna ses fils afin d'emprisonner les poignets de l'énergumène en blanc. Senji rappliqua rapidement et allait planter ses lames dans les flancs d'Oscar quand son geste fut suspendu par un fil de marionnette.
Le bras tendu, Walter maintenait un lien entre sa main et le bras de Senji. Il avait défait les liens de son bras pour les retourner contre ses ennemis. Ou, plus précisément, il avait pris le contrôle des fils de la toile.

En effet, le pouvoir de Walter lui permettait d'avoir le contrôle des liens. Ou plus précisément, de tout ce qui touche aux marionnettes. L'origine de son pouvoir est sa peur envers ses êtres inanimés que son père chérissait un peu trop. Artiste, le père de Walter passait ses journées avec ces créatures. Il les confectionnait, les habillait, s'en occupait et les faisait parfois parler. Il en vendait, surtout. Il y en avait pour tous les genres. De l'adorable poupée aux hommes austères de bois, tout n'était que marionnettes et fils.
La mère de Walter avait épousé ce drôle de numéro car elle le trouvait amusant avec ces êtres créés. Il avait le don de la création et ses doigts étaient habiles. Ils s'aimaient d'un amour magnifique jusqu'à ce que son esprit artistique prenne le dessus sur sa vie de famille. Il s'enfermait dans son atelier pour confectionner les commandes de rares clients. Car si son commerce avait du succès à une certaine époque, les temps changent et les désirs des enfants aussi. Ainsi, ses poupées et ses jouets de bois furent remplacés par la technologie. Quelques nostalgiques lui commandait des œuvres mais cela suffisait rarement. L'ambiance au sein du foyer pâtit de la situation financière qui commençait à décliner.
Un jour, le mot de trop, le geste regrettable et c'est terminé. Elle partit vivre ailleurs, la garde de l'enfant étant partagé. Au début, Walter adorait passer du temps avec son père dans l'atelier, à admirer le travail remarquable. Il s'émerveillait du talent de son père et s'amusait énormément, les narines emplit d'odeur de bois, de sciures, de copeaux.
Néanmoins, les visites chez son père l'intéressèrent de moins en moins. Il venait car il savait qu'il avait un devoir de fils envers son paternel, mais il ne s'amusait plus. La fièvre avec laquelle son père effectuait son travail commençait à l'inquiéter. Il évitait l'atelier et de toute manière, il n'avait plus le droit d'y entrer.
Un soir, alors qu'il souhaitait avertir son père que le dîner était prêt, il pénétra dans l'atelier. Un désordre monstrueux y régnait. Des marionnettes inachevées le lorgnaient de leurs yeux vides. Les étagères débordantes de matériels nécessaires à la conception de marionnette, le sol poussiéreux, des copeaux le jonchant. Il vit son père penché sur une œuvre et lorsqu'il l'avertit de sa présence, un homme au regard fou se retourna brusquement et le fixa. Son père n'était pas dans son état normal depuis quelques temps déjà, mais le jeune Walter ne l'avait pas remarqué. L'enfermement, le désespoir se lisait dans ses yeux fatigués. Rester seul aussi longtemps à confectionner des marionnettes avaient affecté son mental et pour oublier sa tristesse, il s'était plongé à cœur perdu dans ses créatures au contact froid. Ce manque de chaleur lui avait glacé le cœur et altéré son esprit.
C'est pourquoi il réagit impulsivement et se jeta sur son fils avec des fils de marionnettes et chercha à l'étrangler, arguant que tout était de sa faute. En luttant violemment, Walter parvint à s'échapper et s'enfuit de chez son père. A son retour chez sa mère, il raconta le tragique événement. Le père fut interné et depuis, Walter garda une peur des marionnettes et plus particulièrement des fils.
Après de nombreuses nuits (et années) de cauchemars, sa force de volonté et sa rancœur contre son père lui permirent de vaincre sa peur. Il garde toujours une aversion pour tout ce qui se rapporte à l'enfance et aux jouets et est responsable de quelques dégâts à Circus Attraction, un royaume qu'il préfère éviter.

C'est donc grâce à ce pouvoir qu'il maintenant le bras de Senji. D'ailleurs, cet emprisonnement faisait souffrir le contrôleur de sang. Il voulait résister mais la tension de ses muscles se répercutaient jusqu'à ses épaules meurtries. Il cessa donc de bouger et se concentra afin de modifier ses lames sur ses bras. Elles se liquéfièrent et changèrent de position pour trancher les liens qui l'entravait. Une fois libéré, il forma un semblant de poignard dans sa main et voulut planter l'être vêtu de blanc.
Seulement, il dût suspendre son geste, la Tisseuse servant de bouclier à l'aristocrate.

En effet, Oscar s'était servi des fils qui entouraient ses poignets pour amener à lui Marine et par un contournement habile, se retrouver derrière elle, à la menacer de l'étranger avec ses propres fils d'araignée. Bien que son bras le fasse horriblement souffrir et que ses poignets étaient franchement sillonnés de sang, il n'en souriait pas moins de l'ironie de la situation ; l'araignée menacée par ses propres fils.
Ils demeurèrent une fois de plus immobile, à se jauger. A terre, Walter fixait Senji et se préparait à lui bondir dessus. Il était peu blessé. Le japonais au bandeau rouge ne lâchait de son œil valide Oscar et tenait toujours son sang durci dans sa main, prêt à fendre la chair. Ses épaules criaient de douleur mais il les ignorait. L'aristocrate maintenait la morpheuse arachnophobe contre lui et souriait, amusé. Du sang coulait de ses poignets ainsi que de son bras et sa chemise blanche était lacérée. Quant à Marine, elle paraissait étrangement calme.

Elle fit une moue, souffla de mépris et après avoir pris une inspiration, utilisa son pouvoir. D'un coup, Oscar se retrouva ficelé aux jambes et projeté par une force insoupçonnée, il bascula par dessus la blonde voyageuse pour rencontrer le sol de manière fracassante, son dos lui faisant savoir. Il grimaça de douleur et s'aperçut que dans son envol, il avait perdu ses couteaux. Ils gisaient un peu plus loin, non loin de Walter. Il espéra que le jeune homme les remarqua. Seulement, tel ne fut pas le cas.

Senji souleva Oscar par le col et un déchirement pu se faire entendre, ainsi qu'une sourde plainte
 :

"Ma chemise ! Vous allez me la payer !"

Il était bien vain de la part de l'aristocrate d'espérer un remboursement, d'autant plus que cette chemise était en quelque sorte un don de DreamLand et sa propriété que pour une nuit.

A sa remarque, Senji lui flanqua un magistral coup de poing qui fit tourner instantanément la tête du voyageur démoniaque
.

"Ouch, ça doit pas faire que du bien." Commenta Saënoris.

"Oh non, déjà qu'ils lui ont lacéré la peau, pas le visage, c'est indigne !" Se lamenta Luëst.

"Désirez vous que nous intervenions, maître ?"

"Non, tout va bien." Répliqua en un souffle Oscar.

Il releva la tête et fit son plus beau sourire à son adversaire qui le tenait au dessus du sol. Il rejeta la tête en arrière, faisant mine de préparer un coup de boule mais ce qu'il fit, c'est plutôt un coup dans les boules ! Son pied alla rapidement à la rencontre de l'entrejambe du japonais et ils firent connaissance assez brutalement. De cette brève conversation (qui pouvait se résumer par un Chpaf ! Sonore) résulta la libération d'Oscar qui s'empressa de rejoindre son compagnon.

Le visage de Senji exprimait une profonde aversion pour l'aristocrate responsable d'une douleur aiguë. Néanmoins, il se reprit et garda son arme de sang à son poing. Ses yeux brûlaient de vengeance. Marine s'enquit de son état de santé et il la rassura d'un geste sec.
Elle prit une mine contrite. Elle ne pouvait accepter qu'on esquinte ses amis. Elle se prépara donc à répliquer en filant de ses doigts une importante quantité de liens tranchants.

Pendant ce temps là, Walter s'était relevé et attendait la suite du combat aux côtés d'un Oscar essoufflé, saignant mais heureux au possible. Cette nuit commençait sur les chapeaux de roues !


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Khildar Blacksilver
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MessageSujet: Re: 10th Night : Dance Gear [rp : Let's Dance !] 10th Night : Dance Gear [rp : Let's Dance !] EmptyLun 19 Déc 2011 - 9:46
A la vitesse où roulait la voiture rouge, la poussière formait une traînée. Le terrain accidentée faisait parfois cahoter la voiture, mais les suspensions tenaient bon. Les pneus dévoraient la piste. Le moteur exprimait toute sa puissance et le pot d'échappement en vibrait. La sono aux portières crachait un air disco et les occupants de la voiture sportive battait le rythme de leur pied.
Le conducteur, Ace Andersohn, profitait de la route dégagée pour pousser au maximum le monstre sous le capot. Il souriait à pleine dent et hochait la tête en chantant les paroles qui envahissait l'habitacle.
Son ami, Dick Kovalitch, la mèche dépassant de sa chevelure châtain, chantait avec lui.
Ils portaient leur tenue de soirée et était prêt à se détendre à DiscoLand après une rude journée de travail. Pendant le trajet, ils échangèrent leur résultat. Ils enquêtaient sur la disparition de Ze King, l'artiste le plus connu et reconnu. Pour mener à bien leur enquête, chacun s'était déguisé. Dick faisait le prof de danse rythmique pour la fille, afin d'avoir l'occasion de fouiller la demeure et Ace se faisait passer pour le nouveau chauffeur, dans le but de surveiller la femme
.

"Je te le dis Dick, elle m'a l'air louche cette femme ! Elle n'a pas arrêté de remarquer un oiseau dans le ciel et lorsque je levais la tête, il n'y avait rien. Par contre, il me semblait qu'il se passait quelque chose dans mon dos. A chaque fois, je me retournais trop tard. Elle fait l'innocente mais elle cache quelque chose, crois moi !"

"Tu as peut-être raison Ace. En tout cas, elle est rudement mignonne, la fille du King."

"Dick ! Concentre toi un peu ! Tu as pu fouiller la maison ?"

"Ouais, enfin, pas entièrement. J'ai remarqué une porte et vous êtes revenu avant que je puisse faire quoique ce soit."

"Bon, demain, on remet ça et on cherche ce qu'il y a derrière cette porte."

"Ok mec ! Mais ce soir c'est …"

"… Disco !"

Et d'appuyer encore plus sur l'accélérateur.

La FireBird bondit en avant et DiscoLand se profila à l'horizon. Les lumières leur venaient par intermittence et au fur et à mesure de leur rapide approche, ils entendirent le doux son des basses hurlant les décibels. Trop heureux de retrouver un lieu si chérit, ils ne virent pas tout de suite l'attroupement à l'entrée et c'est Dick qui ramena son compagnon à la réalité en criant
 :

AAAAAAAACE !!!!

La réaction ne se fit pas attendre. La pédale de frein fut écrasé et le dérapage plus ou moins contrôlé commença. Les pneus crissèrent sur la terre friable et projeta un bon nombre de poussières et de cailloux à la ronde.
La foule se dispersa, tenant à la vie. Un mec en débardeur noir et à la ceinture dorée bondit sur le côté. Une immense créature à la peau bleue sauta en arrière, sa longue tresse suivant le mouvement. D'autres voyageurs et rêveurs évitèrent du mieux qu'ils purent le bolide. Certains rêveurs ne furent pas assez réactifs et se réveillèrent dans leur lit, suant, avec comme dernier souvenir une voiture avec un aigle en feu sur le capot.

Si la plupart se dégagèrent du passage de la voiture folle, nos adversaires ne réagirent pas tout de suite. Trop concentrés à se dévisager, ils ne remarquèrent pas la voiture qui glissait vers eux. Puis le bruit les alerta et chacun agit à sa manière.

Oscar se précipita vers la voiture afin d'escalader le capot en sautant le plus haut possible. Cette manœuvre complètement folle enchanta ses démons qui crièrent de bonheur et il exultait lui-même toute sa joie. Par un coup de chance inouï, prouvant qu'il existe un dieu pour les fous, l'aristocrate parvint à passer au dessus de la voiture. Seulement, l'atterrissage fut brutal et il roula sur la terre sur une bonne distance, achevant de massacrer sa tenue plus blanche du tout.
Walter décida de profiter de la situation et pris le contrôle des fils produits par la Tisseuse pour la lier à Senji et se sauva, roulant sur le côté. Il put sentir le souffle et manger la poussière, mais il évita le choc.
Contrairement aux deux voyageurs des Heart Steal qui percutèrent la FireBird de plein fouet. La rencontre les fit s'envoler, tel un saucisson balancé par une main hargneuse. Leurs récriminations s'entendirent durant l'envol mais la chute fut rude et l'on n'entendit plus rien.

Une fois leur voiture stoppé, Ace et Dick sortirent et se précipitèrent vers les pauvres victimes.
La panique passée, la file d'attente reprit et plus personne ne semblait s'intéresser qu'à une chose : entrer à DiscoLand. Les deux videurs avaient secoué la tête de dépit en voyant arriver les deux policiers, mais ils n'y pouvaient rien. De toute façon, ils étaient débordés et n'avaient pas le temps de s'occuper de ça.

Tandis que le calme revenait, Oscar et Walter se remettait de leur émotion. L'état pitoyable de leur tenue respective les fit éclater de rires.
Le jeune homme avait les poignets lacérés et les manches de sa chemise blanche avaient les extrémités élimées. Son pantalon noir aussi possédait quelques déchirures. Son visage portait les marques de sa confrontation avec l'autre folle mais était illuminé par un franc sourire. Il s'amusait de la situation pour éviter de penser qu'il aurait pu y passer.
L'aristocrate anglais arborait à son bras une longue plaie d'où coulait un mince filet de sang pour venir goûter au bout de son gant. Sa chemise blanche était foutue et bien que teinte, sa peau blanche était salie par la poussière et du sang. Ses lèvres s'étiraient en un sourire moqueur et ses yeux brillaient d'une douce folie, de celle qui vous envahit après que vous ayez dansé avec la Mort. Naturellement, il pestait intérieurement du piètre état de sa tenue. Pourtant, son humeur était remarquablement joyeusement grâce à la confrontation qu'il venait d'avoir.

Son papillon enchanté aux ailes d'argent revint d'on ne sait où, sa capacité à disparaître et à réapparaître selon son désir étonnant toujours son propriétaire. La fragile créature vola autour des deux compagnons, comme pour évaluer leurs blessures. Ses sublimes ailes aux reflets argentés frôlèrent le visage du jeune voyageur capable de maîtriser les liens pour finalement se poser sur l'épaule de l'invocateur démoniaque. Il battit les ailes quelques instants puis sembla s'endormir, s'immobilisant.

Walter commenta
 :

"Voilà une nuit mouvementée comme il en faudrait tout le temps, n'est il pas ?"

"Entièrement d'accord. Sans agitation de ce genre, les nuits manquent singulièrement d'attraits."

Un rire presque enfantin éclata :

"Je suis de ton avis, mais si on agissait tous ainsi, DreamLand serait un beau bordel, non ?"

"En quoi cela serait il gênant ?" Insinua Oscar.

"Voyons, si tout le monde passerait son temps à combattre, DreamLand serait invivable, les jeunes voyageurs seraient la proie des plus anciens et le monde des rêves perdrait sa beauté."

L'invocateur démoniaque ricana doucement :

"Ce monde onirique possède déjà bien des similitudes avec le monde réel … On y retrouve la même engeance, la même corruption … Les groupes de voyageurs ayant pour seul objectif la destruction pullulent. La nature de l'être humain l'incite à agir contre son prochain."

Walter protesta :

"Voilà une vision bien pessimiste … "

"Que nenni ! Je trouve que cette habitude à vouloir répandre la souffrance est merveilleuse … Elle nous permet de nous faire comprendre que nous sommes aussi vivant que fragile, même au sein d'un monde qui n'existe que dans nos pensés."

"C'est une façon de voir."

Passant d'un sujet à l'autre sans transition aucune, Oscar demanda :

"D'où te viens ce pouvoir ?"

Le jeune homme accusa le coup par une mine surprise mais se reprit pour répondre d'un ton négligé :

"Une vieille histoire de famille … Rien de bien réjouissant."

"Tu es capable de produire des liens ?" Continua Oscar, sa curiosité naissant.

"Non, juste de les contrôler. C'est pourquoi j'ai pu aisément me défaire de sa toile."

"Elle était vraiment attachée à toi, n'est ce pas ?"

Ils sourirent d'un air entendu et alors que Walter allait questionner son compagnon sur son pouvoir, deux êtres casqués numériquement approchèrent. A leur côté avançait timidement un grand gringalet avec … un sac en papier sur la tête ?! DreamLand était connu pour son non sens, mais il ne manquait pas de surprendre l'invocateur démoniaque. Le jeune contrôleur des liens afficha lui aussi son étonnement et les trois nouveaux venus se présentèrent devant deux voyageurs quelque peu … interloqués.

Bonsoir …

Nous sommes venus …


Oscar s'inclina devant les deux membres de Daft Punk et demanda :

"Est ce votre ami PlugMan qui vous accompagne séant ?"

Ils hochèrent la tête et la main sur son épaule, l'invitèrent à s'avancer. Son sac était percé aux yeux et il semblait déprimé. Il traîna ses baskets usés depuis bien longtemps et son jean trop long, bien que serrant ses fines jambes, atteignait parfois le sol. Le pantalon portait de nombreuses marques de fatigues et de déchirures au niveau des chevilles et des genoux. Son T-Shirt jaune fluo arrachait la rétine mais s'accordait parfaitement aux teintes claires dominant les vêtements des clients pour DiscoLand. Un vinyle rose se trouvait au centre du vêtement et témoignait de l'intérêt particulier de PlugMan pour le remixage. Il baissait la tête et avait l'air dans un piteux état. Alors que l'aristocrate s'enquit de sa santé, une main ganté de métal le coupa et la réponse se lu sur le casque :

Etat critique …

Moral tres bas …


"Ne vous inquiétez pas." Rassura Oscar. "Permettez moi de vous présenter Walter, un ami d'une nuit qui sait se défendre."

L'ami d'une nuit sourit et les salua d'un signe de la tête. Il ne comprenait pas trop la présence de Daft Punk et la relation avec Oscar, mais laissa faire.

"J'ai le poste télévisé."

A l'énoncée, PlugMan réagit aussitôt et se mit à chercher du regard l'objet tant convoité. L'invocateur le rassura d'un geste et demanda à Laënoris de s'extraire de son corps. La manœuvre les prit au dépourvu et voir un majordome sortir d'un aristocrate n'est pas un spectacle habituel.

Laënoris affichait un calme rassurant et un brin déroutant, ses fines lèvres s'étendant en un sourire courtois. Il s'inclina avec élégance, ses cheveux noirs filant autour de son visage tranquille. Une fois les salutations d'usage faites, il sortit le poste télévisé aux propriétés bêtifiantes de sous son manteau, la manœuvre rendant assez sceptique l'assistance. Comment pouvait il l'avoir rangé là ? Seul Oscar ne s'en formalisa pas, trouvant ce genre de capacités normales.

A l'instant où PlugMan reconnut l'objet cathodique, il se jeta dessus comme une grand mère sur son dentier ou un chat sur une sourie ; avec la ferme intention de ne pas le lâcher. Il l'arracha des mains gantées de Laënoris et l'entoura de ses maigres bras. Il était étonnant qu'il arriva à le porter aussi facilement. Il le cajolait, lui susurrait de tendres mots, lui prodiguait forces caresses et le serrait contre sa poitrine. Il avait l'air d'un enfant à qui on venait d'offrir le plus beau des cadeaux. Et c'était le cas. Un poste télévisé représentait pour PlugMan son identité. Sans, il n'était plus que l'ombre de lui-même. Une fois cet écran sur la tête, il devenait un des meilleurs DJ de DreamLand et surtout, de DiscoLand. Sa renommée s'était formée autour de ses talents de commentateurs pour les combats et les courses. De plus, l'originalité de son casque lui avait permit de se lier avec Daft Punk, un autre grand nom à DiscoLand. Ensemble, ils avaient animé les plus folles soirées.

Laissant leur ami s'extasier devant son nouveau couvre chef, Daft Punk remercia Oscar pour son aide
.

Merci …

… Beaucoup ! =D


Ils se serrèrent la main et se retirèrent, emmenant avec eux un PlugMan aux anges de l'électro. Une fois parti, Oscar commenta :

"Charmant, ne sont ils pas ?"

"Un peu spéciaux, mais ils demeurent agréables."

"Comme tu peux le constater, il m'est agréable d'aider mon prochain."

"Mais d'où sort ce majordome ?" Demanda le jeune contrôleur des liens en désignant Laënoris qui était demeuré au côté de son maître.

"Mais, de mon corps. Ne l'aurais tu pas vu s'en extraire ?" Répondit simplement l'invocateur.

"C'est ton pouvoir ?" La curiosité titillait Walter. "Il se rendait compte qu'il n'avait pas réellement vu comment s'était débrouillé son compagnon pour combattre."

Tandis qu'ils conversaient, ils se dirigèrent en direction de l'entrée de DiscoLand. Après tout, pourquoi ne pas profiter de l'endroit pour se détendre à la suite d'un combat ? Le démon de majordome les suivit et commença à soigner son maître. Oscar ne s'en formalisait pas et continua comme si de rien n'était.

"Je possède en effet la capacité d'avoir à mes côtés ce majordome."

"Mais tu es vraiment un aristocrate ?"

"Si on veut."

"Alors tu avais peur de tes serviteurs ?" Ricana le jeune homme.

"Je suis parvenu à surmonter ma peur et depuis, je parcours DreamLand, comme ça, au gré de mes rêves." Esquiva l'invocateur démoniaque. Bien qu'il avait une estime pour son compagnon, il ne tenait pas à dévoiler son appartenance au royaume démoniaque.

Walter se moqua un peu de lui puis ils se mirent à discourir sur les pouvoirs, les voyageurs et DreamLand en général. Laënoris ayant accomplit son office, il réintégra le corps de l'invocateur après avoir salué le jeune contrôleur d'une courbette. Oscar dissimulait sa connaissance de certains aspects du monde onirique afin de diminuer son importance. Il ne voulait pas attirer l'attention et paraître puissant par son expérience. En un sens, il avait tout perdu au cours de ces quatre années perdu dans les montagnes du vide. Cependant, la conversation lui permit de se distraire et d'en apprendre un peu plus sur son ami. Leurs opinions s'entendaient au sujet de l'utilité des pouvoirs : c'était agréable d'en posséder, mais n'était en rien une obligation. Ce qui les passionnaient plus était le monde onirique en lui-même, ses farces, ses incohérences et ses folies. Walter semblait connaître un certain nombre d'information sur quelques voyageurs par le biais du DreamMag et de rumeurs alors que le voyageur aristocrate se désintéressait de ce genre de futilités. Peu lui importait qui il rencontrait, il se forgeait son avis sans se soucier du passé.

Alors qu'ils discouraient, les funky cops se faisaient sympathiquement (et violemment) rembarrer par la voyageuse arachnophobe (et furieuse) et son acolyte borgne (et tout aussi furieux)
Ils s'étaient désormais remis du choc avec la sportive voiture des deux disco flics et cherchaient activement du regard leurs adversaires. En observant nonchalamment les alentours, Oscar s'aperçut du leur rétablissement et leur tourna le dos, un brin inquiet. Il ne tenait pas à les combattre derechef, l'amusement étant passé. La file devant eux ne s'étirait pas trop et il espéra qu'elle s'écoule un peu plus vite. Walter n'avait rien remarqué et continuait de parler. Devant eux se trouvait un être pourvu d'une époustouflante chevelure composée de denses mèches teintes d'un jaune éblouissant. Une véritable crinière flamboyante qui cascadait jusqu'à sa chute de reins. Chute de reins suffisamment prononcée pour indiquer à ceux qui se situaient derrière qu'elle appartenait à une représentante de la gente féminine. La personne avec qui elle échangeait des propos sur de futiles sujets appartenait aussi au beau sexe. Elle était vêtue d'une courte jupe noire imitation cuir avec une ceinture en chaîne qui tintait à chacun de ses mouvements de hanches. Ses jambes nues étaient longues et semblaient douces à caresser. Secouant la tête afin d'éviter de donner à Luëst l'opportunité d'exprimer toute sa lubricité, il se reconcentra sur sa conversation avec Walter tout en jetant quelques brefs coup d’œil discret derrière son épaule, surveillant la progression des deux acharnés. Ils n'avançaient pas bien vite, scrutant la foule en vain.

Enfin ils arrivèrent à la hauteur des deux videurs aux faux airs d'Elvis Presley. Les deux mastodontes les dévisagèrent d'un air suspicieux. Ils reconnaissaient les deux voyageurs qui venaient de se battre mais ils avaient aussi remarqué que ces deux-là n'avaient rien demandé et s'était simplement défendu.
C'est alors que Marine et Senji surgirent et apostrophèrent le jeune contrôleur et son compagnon l'invocateur démoniaque
 :

"Hey, vous deux !"

Les deux voyageurs interpellés se retournèrent et Walter afficha une mine lasse. Marine paraissait encore plus furieuse qu'au début de leur rencontre et son doux teint avait viré à la rougeur d'une tomate un peu trop chauffée. Les cheveux en pagaille, des contusions lui parcourant le corps, elle avait perdu de sa superbe. Quant à Senji, son œil était meurtrier. Il bouillait de l'intérieur et ses poings rêvaient de faire voler en éclat le sourire innocent de l'espèce d'aristo.
Seulement, les gorilles de l'entrée les reconnurent aussi et ne tenaient pas à ce qu'une nouvelle bagarre éclate juste devant eux. En retrait de l'accès à DiscoLand, il ne disait pas non, ça leur permettait de parfois arrondir leur fins de nuit par des paris, mais sous leur banane imitation Presley et leurs lunettes noires, ils ne pouvaient permettre des échauffourées.
C'est pourquoi ils coupèrent l'élan meurtrier des deux excités et leur demandèrent d'une voix intransigeante, croisant leurs bras aussi gros que des cuisses 
:

"Veuillez vous éloignez."

"Je ne vous parle pas, les macaques !" Répliqua sèchement Marine.

Cette réponse claqua sur leurs joues mais trouva une réplique encore plus percutante. Les empoignant fermement de leurs immenses mains, les deux sosies façon singes d'Elvis firent valdinguer les deux opportuns vers d'autres cieux sans plus de considérations. La foule en demeura coi quelques secondes. Ceux qui avaient eu la vague idée de créer un scandale virent leur projet s'envoler en même temps que les deux membres des Heart Steal.
Oscar et Walter furent introduit dans le sonore royaume et l'aristocrate salua bien bas les deux videurs ; les remerciant pour leur travail impeccable.
La musique déjà audible à l'extérieur les prit aux oreilles immédiatement et ils se laissèrent emporter.


/o\


La nuit était bien avancée et les deux compagnons s'étaient perdu de vue depuis bien longtemps. La sympathie qu'avait l'invocateur pour le contrôleur était réciproque et chacun espérait revoir l'autre pour partager d'aussi bon moment.
Après avoir écumé la piste de danse, Oscar l'aristocrate s'était mis en tête d'écumer le bar. Il commanda des boissons plus étrange les unes que les autres, la majorité à fort degré d'alcool. Son esprit se perdit dans des méandres insolubles, mais il demeura maître de lui-même. Ses conversations étaient décousues mais lorsque l'on se rendait compte qu'il en était parfaitement conscient, on ne pouvait que s'en étonner. Il ne tenait pas l'alcool, il s'en servait pour pousser son esprit dans le ravin de la folie douce. Il voulait se perdre dans l'incohérent, irraisonné. Et il se trouve que l'alcool lui permettait approfondir la question. Pourquoi s'en priver en ce cas ? Oscar avait simplement répondu : je ne m'en prive pas.
Pour ajouter à la bizarrerie du personnage vue par les autres, il discourait parfois avec ses démons. C'est à dire seul selon un œil extérieur. Parfois, il se taisait et observait les alentours, admirant des hanches, des jambes, des visages, des tenues. D'un regard las, il parcourait les salles et son intérêt s'éveillait par moment à la vue d'un vêtement bien coordonné ou coupé de bonne manière. Un maquillage suscitait sa curiosité et les tracés habiles sur une douce peau lui procurait l'envie de reproduire ses traits avec une fine lame.
Ainsi se déroulait la nuit à DiscoLand d'Oscar BlackSilver, invocateur démoniaque et présentement éméché.

Soudain, une silhouette le ramena à la réalité onirique. Elle évoluait au milieu de la foule avec une absence peu commune. Elle semblait dans le vague, comme déconnectée. Sa peau était d'un pâle divin. Ses cheveux d'un bleu agressif, tout comme ses lèvres. Elle portait une sorte de pantalon, ou plusieurs, mais complètement déchirés, il était difficile de discerner dans les mouvements incessant des innombrables danseurs. Ses chaussures étaient lourdes, ferrées, parfaites pour refroidir les ardeurs d'hommes un peu trop entreprenant. Son haut comportait un ensemble anarchique de vêtements décomposés. Un débardeur, une manche de chemise attachée par une chaîne, le reste d'un T-shirt lacéré et ainsi de suite. Tout ses vêtements possédaient une teinte sombre, rendant encore plus éclatant la pâleur de sa peau.
Elle s'avança jusqu'au bar et Oscar n'avait pas cessé de la regarder tout le long de son trajet. Il était subjugué par l'aura qu'elle dégageait. Ses yeux étaient d'un bleu profondément triste.
Ce qui avait attiré l'attention de l'aristocrate était la chevelure de la femme. Ce bleu l'hypnotisait. Et les mèches qui la composaient figuraient des éclats de glaces. Tout son être évoquait la froideur des régions nordiques, avec une immense tristesse qui l'accompagne. Elle représentait pour l'aristocrate un flocon à la dérive. Un éclat froid dans le sombre ciel. Une vive lumière qui vous glaçait le sang mais échauffait l'esprit. Elle l'avait ébloui et il en était ravi.

Elle s'accouda au bar et commanda un mélange pour le moins inhabituel. Elle ne prêta guère attention à ce qui l'environnait et se contenta de fixer droit devant elle de ses yeux vides. Oscar continuait de la regarder sans vergogne, de l'admiration illuminant son regard vaguement dans le flou, à cause des récentes boissons ingurgitées. Son corps ne semblait plus vouloir répondre à ses appels et il demeura appuyer sur le comptoir du bar, une main autour d'un verre presque vide et l'autre pendant lamentablement au bout de son bras. Il voulut se redresser mais ses muscles se foutèrent de lui. Ses démons aussi d'ailleurs. Il pesta contre les effets indésirables de l'alcool, son corps frêle et son peu de muscles.
La boisson commandée par l'apparition glaciale fut amenée et elle prit le long verre entre ses mains protégées par des mitaines noires, simples. Elle porta le verre à ses lèvres dans un mouvement lent et presque négligé et laissa l'alcool lui brûler la langue, le palais, la gorge puis l'estomac. Elle ne ressentit pas grand chose et vida son verre d'un trait sous le regard stupéfait d'Oscar. Il ne connaissait pas les composants de ce mélange mais pour que celui-ci soit de couleur bleuté aux reflets rouges en fumant orangé, il fallait bien qu'il soit d'un puissant. Et elle l'avalait comme si ce n'était qu'un vulgaire jus de pomme. Elle passa commande pour un autre mélange et les ingrédients demandés donnaient le tournis.

Tandis qu'elle patientait, Oscar bataillait ferme pour reprendre l'ascendant sur son corps engourdi par l'alcool. Il hurla les pires insultes à ses muscles, proféra des malédictions à l'encontre de sa colonne vertébrale et maugréa contre les moqueries de ses démons.
Après une lutte acharnée, il parvint à soulever son bras et à se positionner correctement, droit sur son tabouret de bar, ses doigts fins s'allongeant sur le comptoir. Il tourna légèrement la tête pour observer l'objet de sa curiosité et nota que son attitude ne changeait pas. Toujours à fixer un point perdu dans le mur.
Puis un serveur passa et elle l'interpella d'une voix douce, aussi fluide qu'une rivière
 :

"S'il vous plaît."

Il ne l'entendit pas et elle haussa le ton, gardant sa cordialité :

"S'il vous plaît."

Il l'aperçut et s'enquit de ses désirs.

"Connaissez vous un certain John ? Il est vêtu de vieilles bottes usés, d'un pantalon chaud, d'une longue et large veste et son visage est dissimulé derrière un masque à gaz. Tout noir."

Le serveur faillit se moquer d'elle pour lui rétorquer que des milliers de voyageurs et de rêveurs défilaient ici, que des dizaines pouvaient répondre à cette description mais en voyant la mine mélancolique, il secoua simplement la tête et retourna à ses obligations.

*Elle cherche donc quelqu'un … Qui est ce John pour elle ? Un ami, un frère ? Un amant ? Pourquoi le chercher à DreamLand ? Il suffirait de penser à lui en s'endormant. A moins qu'elle ne parvienne pas à s'endormir avant lui.*

Il réfléchissait tout en la regardant et manqua de choir de son tabouret lorsqu'elle se tourna vers lui pour lui lancer au visage d'un ton glacial :

"Vous n'avez pas bientôt fini ?"

Il se raccrocha au comptoir tant bien que mal et ne sut que répondre. Elle le fixait et son regard lui fit perdre ses moyens. Il ne cessa pas pour autant de la regarder. Ce qui ne lui plaisait pas. Ses yeux le transperçaient de pics à glace et il se laissait volontiers réduire à l'état de chair sanguinolente. Ils se dévisagèrent ainsi sans mot dire et aucun des deux ne semblait vouloir parler.
Puis le papillon argenté croisa leur regard et elle sourit doucement, hésitant. Il sourit à son tour et suivit le trajet de son papillon enchanté du regard, tout comme la femme à la peau blanche. Son sourire était presque enfantin, comme une petite fille qui s'émerveillait des beautés champêtres. Elle tendit la main et après avoir tourné autour, il finit par se poser dessus. Elle pencha la tête et le détailla. Oscar la regarda faire et se mit à sourire, attendri


"Il est magnifique." Dit elle d'une voix douce.

"Il accompagne mes nuits, c'est un compagnon silencieux mais agréable."

Ils demeurèrent ainsi à admirer les reflets argentés des ailes du papillon, commenta une courbure, un motif, un détail.
La boisson commandée fut déposée sur le comptoir et la femme aux cheveux bleu agressif rendit le papillon à son propriétaire pour porter à ses lèvres le verre rempli d'un mélange noir fumant de volutes blanches. Quelques morceaux multicolores flottaient à la surface mais elle ne s'en soucia pas et avala le tout. Oscar en écarquilla les yeux, la bouche béante. Elle rit de son attitude et plaisanta
 :

"Attention, vous allez finir par avaler votre papillon."

Il ferma subitement la bouche et cligna des yeux comme pour se réveiller et ria avec elle. Elle se présenta poliment :

"Je m'appelle Jill."

Il lui prit délicatement la main et l'effleura de ses lèvres. En se redressant, il prononça d'une voix ravie :

"Lord Khildar Oscar Allan Louis Alexander BlackSilver, pour vous servir. Mais appelez moi Khildar."

L'énonciation de son titre et de ses prénoms ne paraissait pas la choquer et elle se contenta de sourire doucement. Il ne put tenir plus longtemps et demanda :

"Qui est John ? Je suis désolé, mais j'ai entendu votre requête."

Elle balaya son excuse d'un geste de la main et répondit :

"Ce n'est rien. Je le cherche depuis que ce monde m'est compréhensible. Il m'a appris que ce monde s'appelait DreamLand, que j'étais une voyageuse et que par conséquent, j'avais un pouvoir qui découlait de ma peur. Il m'a informé aussi du nombre de zones et de l'existence des Seigneurs. Le reste, je l'ai appris toute seule. Dès que j'ai su que l'on pouvait rejoindre quelqu'un à Dreamland en pensant à lui en s'endormant, j'ai essayé pour John. Je n'y suis jamais parvenu."

Elle déballait tout cela sans gêne. Elle avait l'air tellement désespéré. Son histoire avec ce John était presque touchante. Elle voulait retrouvé celui qui l'avait accueillit. Il se proposa de l'aider mais elle déclina son offre poliment. Il n'insista pas, de peur de paraître goujat.
Étrangement, ses démons ne firent pas de commentaires sur Jill. Il put donc converser avec elle tranquillement, si on omet le bruit ambiant, la musique incessante et la présence de personnes ivres en puissance.

Il n'apprit que peu de chose sur elle et elle n'en sut pas plus sur lui. Leur conversation tournait autour de DreamLand et de leurs expériences. Il modérait son passé et elle ne semblait pas avoir vécu grand chose. Sa quête pour retrouver John était sa seule raison de s'endormir et sa volonté ne s'ébranlait pas.

Soudain, Jill disparut dans un POUF sonore, un nuage la remplaçant. Elle venait de se réveiller et il se rendit compte qu'il ne connaissait pas son pouvoir. Elle non plus, ne connaissait pas son pouvoir. Ils avaient habilement évité le sujet.
Il haussa les épaules et décida que pour la fin de la nuit, puisqu'il n'allait pas tarder à se réveiller, il allait danser. Il proposa à Luëst de se divertir avec lui et elle accepta volontiers.

Ils finirent donc la nuit à danser dans ce royaume de DiscoLand.

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10th Night : Dance Gear [rp : Let's Dance !]

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