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Premier arrivé dans la Major !

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Surnom : Le Ed Free
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MessageSujet: Premier arrivé dans la Major ! Jeu 7 Avr 2011 - 20:35
Le bruit fut assourdissant évidemment. Les deux portes coulissantes du bar faillirent sortir de leur gonds, et rendirent presque l'âme en se fracassant contre les murs. Depuis, un des volets ne cesserait plus de couiner. Je rentrai dans le bar très mal fréquenté avec la paresse d'un vieux lion qui pouvait encore tordre une nuque d'un coup de mâchoire. Une impression due à mon visage déterminé et au fait que je parvenais avec brio à retenir mes genoux de castagner. Tous les clients du bar avaient une gueule qui aurait fait pleurer un nourrisson. Surtout accompagnée d'un sourire. En même temps, ce foutu pub était un nid à vipères. Un des bars les plus mal fréquentés du Royaume, et un des Royaumes les plus mal fréquentés. Les clients de ce bar étaient donc passés par différents tamis afin d'éliminer ceux qui avaient encore un peu de once de gentillesse entre eux. De plus, il était mal éclairé, sentait la dope et n'était composé que de petites tables rondes avec en face de la porte, un comptoir. Dès mon troisième pas, je sus que tous les regards étaient fixés vers moi. Dès que le quatrième, j'entendis des couteaux sortir de leur étui. Très bien, au moins, je ne pouvais pas dire que c'était anormal. Même le barman (de forme humanoïde et le crâne tiré en arrière) me faisait un regard qui signifiait que j'avais intérêt à savoir éviter des bouteilles, parce que lui était un expert pour les lancer. Il frottait consciencieusement (comme le font tous les barmen) une énorme choppe qu'il ne réussissait qu'à rendre plus sale. Quand on se servait d'un mouchoir usagé aussi... Dès mon sixième pas, quelques personnes se levaient avec l'air patibulaire pour m'encercler. Puis des vagues de protestations balayaient la clientèle jusqu'à devenir un minuscule brouhaha, comme une houle de mer de galets.

« T'as rien à faire ici étranger.
_ Va te faire pendre.
_ Alors, on le tue tout de suite ou on finit notre bière ?
_ A mort le connard de Voyageur !
_ On le saigne !
_ FERMEZ-LA !!!
_ Qu'on...
_ TA GUEULE !!! JE TE FAIS BOUFFER TES COUILLES PAR LE CUL OU PAR LES OREILLES ??!! A MOINS QUE TU NE PREFERES LES DEUX EN MEME TEMPS !!! »


Comme un seul homme armé d'un coutelas, chacun regarda l'espèce de peluche en forme de phoque qui était juché sur mon épaule et qui était en train d'exploser ses cordes vocales. Des murmures de terreur plus tard et tout le monde se rassied très poliment et retourna vite à son verre de bière. Tout le monde connaissait Fino, mais les malfrats un peu mieux que les autres. Je me demandais ce qui me ferait le plus peur : l'avoir dans le camp d'en face ou connaître son passé... Les pires salopards de la terre étaient tranquillement en train de ravaler leur salive dès que je passais à-côté d'eux, avec le phoque sur mon épaule. Quelqu'un demanda l'addition, un autre voulait savoir s'il y avait un jeu de dominos, histoire de faire une petite partie tranquille sans embêter les nouveaux clients. Décidément, j'avais bien fait d'emmener le phoque. Pour une fois que sa mauvaise humeur permettait de canaliser une horde de criminels ivres, il valait mieux pas le laisser traîner au Royaume. Certainement l'intendant le plus dangereux des deux mondes. Grâce à lui, je pouvais éviter de distribuer quelques torgnoles généreuses tout en évitant de me faire tuer. Puis j'atteignis le comptoir. Je m'assieds à un tabouret, et mes voisins préféraient se décaler d'une chaise de moi. Fino se posa sur le comptoir. Il claqua la langue et le barman lui servit une énorme choppe mousseuse avec une paille à l'intérieur.

« C'est la maison qui offre.
_ Je le sais déjà, idiot. Pose les questions Ed, je dois siroter mon verre tranquillement. »


Le phoque se retourna. Chacun baissa la tête pour éviter ses yeux qui balayaient la salle. Qu'est-ce que Fino avait fait à ces types pour qu'ils se transforment en agneau rien qu'à sa présence ? Le proprio me tendit un généreux verre avec un sourire qui signifiait que finalement, il allait me servir avec la bouteille qu'il s'apprêtait tantôt à me lancer vu que j'étais finalement un gars très sympathique. Je le remerciai, pris une gorgée et m'éclaircis la voix.

« Je cherche Freddy Les Griffes de la Nuit. Vous le connaissez tous : un psychopathe qui s'amuse à tuer les Rêveurs. La gueule défoncée, un vieux fripon pourri. Pas de lézard, hein ? C'est un client régulier. » Personne ne répondit et se regardait avec l'air de dire que c'était étrange car ce bar n'était pas ouvert aux criminels sans foi ni loi, qu'ils étaient gentils, et qu'il fallait éviter ce phoque du regard. « C'est la réponse gentiment ou méchamment. Et sachez que Fino joue le bon flic.
_ Ahah, veulent pas parler, on va voir ça. »


Il se déplaça en rampant sur le bar et trouva son premier voisin de gauche. Celui-ci était pétrifié de peur et regardait l'apparition immaculée s'approcher de lui. Même la Mort aurait été plus innocente. Malheureusement pour lui, il fit une terrible erreur : il laissa sa main sur le comptoir. Le pauvre gars cria quand Fino lui mordit un doigt jusqu'au sang. Puis le phoque se retourna vers l'assistance et fit :

« Oups, j'ai mordu le petit doigt de Monsieur. Où est Freddy ? » Personne ne répondit mais chacun était prêt à cracher le morceau. Fino chercha un autre doigt à mordre mais sa victime avait compris : elle tenait sa main sanguinolente à la portée de son visage. Il sanglotait. Le phoque poussa son verre qui s'abattit sur le flanc en déversant de l'alcool partout. Il intima à l'autre de ramasser son verre. Le type approcha sa main. Il hurla une seconde fois. « Maintenant, je lui ai mordu l'index. Où est Freddy ! »

Ce n'était plus une question, mais un ordre. Tous les visages commencèrent à prendre peur, et lentement à se retourner vers un coin de la pièce. Là, dans un ilot d'obscurité glaciale, un homme seul affalé sur une table comprit que ses potes l'avaient vendu. Il commença à ouvrir la bouche pour protester mais une main jaillit de nulle part et lui écrasa la tête sur la table. Ma main pour être précis, transportée par mon pouvoir. Je le saisissais par l'arrière du crâne et l'empêchait de beugler comme un âne. Y avait pas à dire, je commençais à avoir la classe furieuse. Je soulevai la tête de ma victime de ma poigne tandis qu'avec l'autre, je buvais quelques gorgées de ma chope. Je lançai un coup d'œil : c'était effectivement mon ami Freddy, connu pour avoir attaqué violemment puis tué quelques Rêveurs. Pas de doute, je le reconnaissais : visage complètement brûlée, affaires pourries. Je pouvais mirer ses longues griffes, qui faisait de lui un être renommée et craint. En soi, ce qu'il faisait n'était pas un crime trop grave. C'était comme creuser un trou dans le sable ; tôt ou tard, il serait rebouché par la marée ou bien par le vent. Mais certaines personnes n'aimaient pas ça : ce Freddy troublait l'ordre public à commettre des horreurs devant une foule de gens, et on le soupçonnait d'avoir déjà commis quelques bévues en s'attaquant « sans le faire exprès » à des créatures de Dreamland, voire à des Voyageurs. Dès que je sus qu'il était recherché, et puisque je n'avais rien à foutre en ce moment, j'étais parti à sa recherche. Accompagné de Fino qui avait le chic pour connaître les restaurants méritant quelques étoiles négatives. Après avoir parlé à quelques connaissances de Fino, on nous avait indiqué l'adresse du bar. Et on n'avait pas fait chou blanc. On tenait notre nase. Après ma frappe, son chapeau avait roulé sur le sol. Le Freddy essaya de se débattre. Il eut le droit à un autre coup sur la table. Ce qui restait de sa mâchoire finit par glapir :

« Chuis innocent ! J'ai rien fait !
_ Une défense pathétique. Tu es fait Freddy. Remballe tes griffes et suis-nous.
_ Sinon quoi ?
_ Sinon Fino va t'apprendre à bouffer tes doigts. Et m'est avis que ça sera plus compliqué avec toi qu'avec le crétin lambda. »


J'avais compris le style des menaces. Elles avaient toutes l'air ridicules. Mais tant qu'on précisait que c'était Fino qui allait s'occuper de vous, on commençait à se sentir mal. Il suffisait de leur dire ce que je voulais en invoquant Fino. Comme ça, ils déballaient tout, je ne perdais pas de temps, et l'égo de Fino était satisfait. Après ma phrase, Freddy commença à grimacer et à se lamenter sur son sort. Je lui refis goûter la table pour lui faire comprendre que je n'étais pas genre à écouter des sornettes. Il leva ses petits yeux sur moi et me lança un regard haineux. Mais l'effet était raté. De un, ne jamais faire ce genre de regards sur un type qui avait des lunettes de soleil. On ne savait pas vraiment où chercher, et on n'était pas sûr qu'on était regardé. De deux, éviter de gâcher soi-même l'effet quand un phoque se retourne et vous lance des éclairs, vous contraignant à essayer de savoir si le bout d'émail sur la table était votre canine ou votre incisive. La bête était maîtrisée sans violence (sans violence signifiant ici, sans dommage collatéral). Je repris une gorgée de bière puante et déposai mon verre soigneusement. Je regardai Fino et il me répondit d'un battement de sourcil. On n'avait plus rien à faire ici, et la bière était dégueulasse. Pas besoin de la finir, on pouvait y aller et rendre cet infâme à la police des rêves. C'était déjà gagné, c'était dommage. J'avais toujours rêvé de participer à une bagarre de bistro.

« Ed Free. » C'était Freddy qui avait parlé. Je resserrai ma prise sur sa tête pour être sûr qu'il n'y avait pas d'entourloupe.
_ Oui Mini Grizzly, tu veux quoi ?
_ Tu savais... tu savais que tu étais passé dans la Major la nuit dernière ?
_ Bordel, c'est vrai ?! Mais c'est... AARRGGAAÏÏÏÏEUUHHhh ! »


Il était pas con. La seule nouvelle qui m'aurait distraite, il me l'avait sorti cash. Puis il en avait profité pour me taillader la main. Pas très professionnel. Maintenant, il se barrait de sa chaise et courut vers la sortie. Le temps que j'annulais mon portail pour en construire un autre, il était déjà hors de vue. Je fis sauter mon tabouret qui s'écrasa sur le sol et commençai à me diriger vers la sortie. Fino me beugla ce qui devait être un encouragement. Mais quel con j'étais ! Me faire avoir comme ça, j'étais vraiment le roi des cons ! Le roi des cons ! Mais cette fois-ci, je n'allais pas lui laisser savourer sa petite victoire longtemps. J'allais le courser. On n'échappait pas longtemps à quelqu'un qui pouvait franchir des dizaines de mètres en une fraction de secondes. J'étais bien prêt pour la course-poursuite quand je m'arrêtai juste devant la porte. Je tournais la tête vers une clientèle un peu abasourdie des derniers événements et lançai à la cantonade :

« C'est vrai ce qu'il dit ? Je suis vraiment dans la Major ? » J'attendis quelques secondes, et un éternuement, avant qu'un petit vieux à lunettes rondes et à verres épais me réponde :
_ Euh... oui. C'est bien vrai, c'est ici. Dans le DreamMag.
_ Super ! Yepeee ! »


Puis je me remis à courir, traversai la porte et continuai à poursuivre Freddy les Griffes de la Nuit. C'était l'affaire de quelques minutes. Ma main me faisait mal, mes cuisses supportaient mal l'effort violent mais j'allais l'exploser contre le mur si fort qu'il aurait à nouveau une tête normale. Freddy, tu étais déjà mort. Je poussai un hurlement de rage tandis que je le poursuivis dans les rues sombres de Macrophonopolis.

Dans le bar, Fino finit son verre et planta sa paille dans la bière que le Voyageur avait laissé derrière lui. Il n'était pas surpris par les débordements émotionnels de son coéquipier, aussi stupides soient-ils. Il prit une gorgée bruyante qui apaisa les discussions qui reprenaient. Il termina le verre quelques minutes plus tard, et dégustait quelques olives et cacahouètes qu'on lui avait généreusement fourni. Il était en train de se curer les dents avec un bout de bois quand le patron dit :


« Il fait souvent ça votre copain ? Il va le chopper ?
_ Rien à battre. C'est toujours la maison qui offre ?
_ On l'aimait pas non plus le Freddy, hein les gars ? »
Une vague d'affirmations vinrent accueillir sa question, et chacun commençait à débattre sur la noirceur de ce type, son comportement anti-social et les fois où il avait failli tuer quelqu'un.
« _ M'en fous. La maison se sent généreuse aujourd'hui n'est-ce pas ?
_ Toujours elle l'est la maison oh oui.
_ Alors qu'elle me ramène des olives fissa. »
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