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Café, femmes et braquages

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Trouble
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MessageSujet: Café, femmes et braquages Café, femmes et braquages EmptyMer 6 Avr 2011 - 19:46
-Commissariat de la Brigade des Mineurs- 10h37-

Trouble était assis à son bureau et traitait ses dossiers en cours avec le même sérieux irréprochable qu’il appliquait depuis des années : se balançant sur sa chaise, il avait posé ses deux pieds sur la table et tenait à bout de bras le dossier de la tentative d’enlèvement de Nikaïdo Hikari, mineure de son état. Son œil parcourait distraitement le document à la recherche d’une faute de frappe ou d’un lapsus qui aurait pu révéler quelques détails qu’il avait omis de signaler. Parmi ceux-ci figuraient la neutralisation des videurs de l’entrée -dont la faute revenait autant à Caîn et son impulsivité qu’à leur accoutrement commun incitant peu au sérieux-, l’utilisation d’un violence excessive contre les gardes du corps du kidnappeur –le simili « cocktail Molotov » qu’avait reçu l’un d’eux était présenté comme un accident de manipulation de sa part- et la fille que Trouble avait ouvertement draguée durant la soirée et qu’il avait perdu de vue sans avoir pu connaître son nom et son numéro de téléphone. Bon sang… Un si bon coup perdu à cause d’une erreur d’inattention ! En fait le détail qui le gênait vraiment dans ce rapport et qu’il ne pouvait occulter, c’était l’enlèvement de la cible, passant de kidnappeur à kidnappé, et par les mains d’une femme qui prétendait appartenir à la DGSE. De plus en plus étrange. Si Caîn, le seul témoin de la scène ne lui avait pas rapporté pour preuve le badge de la demoiselle (qu’il lui avait sûrement dérobé au passage), il ne l’aurait pas cru, et la hiérarchie non plus malheureusement. Trouble reposa le dossier et lança un regard au bureau de son collaborateur dans la réalité et ennemi dans le monde des rêves. C’est avec un calme imperturbable que la chaise vide lui rendit son regard blasé. Caîn n’aimait pas se présenter de bonne heure, apparemment. Pas étonnant qu’il ait été viré de l’armée. Il devait pourtant être très efficace là-bas puisque son dossier indiquait que l’élément déclencheur de sa radiation était « un fâcheux accident en laboratoire », et non son absentéisme. Trouble se pencha à nouveau en arrière et fixa d’un air ennuyé le plafond. Au milieu des plaques de faux plafond étaient disposé un petit miroir de la taille d’une carte à jouer, et qui était parfois assez utile lorsqu’on voulait vérifier que personne n’était présent dans les autres box, ou pour certaines parties de poker entre agents. Inutile de préciser qui l’avait mis là. Son regard s’y attarda et se rendit compte que les boxes des agents proches étaient vides. Le Mardi matin, à 10h37, tout le monde était soit en retard, soit sur le terrain, soit occupé à diverses activités peu recommandables. C’était l’heure à laquelle on ne trouvait personne dans la section « Spéciale » de la Brigade des Mineurs, ouverte l’année dernière.

Cette section regroupait tous les membres de la Brigade qui avaient les épaules pour les opérations un peu plus compliquée que la normale, comme les crimes, les prises d’otages, etc… Il n’y avait aucune spécialisation. Tant qu’un mineur (ou un individu de moins de vingt-deux ans) était impliqué dans une affaire, les membres de la « Spéciale » avaient le droit de « squatter » l’enquête et d’apporter leur aide aux policiers. Inutile de dire que les rapports sont parfois tendus. Les autres flics commençaient à peine à se rendre compte que la Section Spéciale de la Brigade des Mineurs regroupait des individus efficaces et parfois utiles. En théorie, il n’y avait aucun prérequis pour entrer dans la « Spéciale », et les agents pouvaient déposer leur candidature pour faire connaître leur intérêt, mais dans la pratique les agents étaient nommés en fonction de leurs états de service et de l’avis du Commissaire et de lui seul. Trouble n’y était rentré que depuis peu. Depuis que Caîn l’avait rejoint, en fait, car les agents de la « Spéciale » travaillent uniquement en duo. Ni plus, ni moins. A 10h37, les agents étaient soit déjà sur le terrain, soit chez eux en goûtant un peu au repos. C’était l’heure creuse. Dans la section, pas un chat ne rodait. Trouble enleva son chapeau et le posa sur la table. Avec l’air suspect du coupable préparant son coup, il se leva lentement et laissa ses yeux dépasser pile poil de la hauteur des box, puis effectua un tour complet sur lui-même. Personne. Satisfait, il se rassit lourdement sur sa chaise et reposa ses pieds sur la table. De l’une des nombreuses poches internes de sa veste, il tira un paquet de cigarettes. Il en sortit une qu’il porta à ses lèvres et entreprit de l’allumer avec le briquet qu’il tenait dans l’autre main.

-« Il est interdit de fumer dans les locaux, agent Paterson. »

Trouble sursauta, ce qui eut pour conséquence de faire tomber sa cigarette pas encore allumée dans sa tasse de café, et à son briquet de lui brûler les doigts. Comme il était toujours en suspension sur sa chaise lors des fait, et ajouté à cela le spasme nerveux qui le prit (cause et conséquence), il bascula en arrière avec sa chaise et ne dut sa survie qu’à un improbable réflexe qui lui fit agripper les parois de son box. Maugréant intérieurement, il essaya de garder tout le semblant de dignité qu’un homme qui vient d’être prit en flag’ peut avoir à sa disposition, et se remit d’aplomb en se massant les doigts. Ses yeux étaient revenus se poser sur l’homme qui se tenait en face de lui. Grand, mince, noir et portant des lunettes, il portait un imperméable comme un vieux flic des années soixante et son métier comme une malédiction qu’il était le seul à pouvoir endurer. Son regard était dur, changé par vingt années à traîner dehors tard le soir pour éloigner les dealers et ramener les gosses perdus chez eux. Son nom était Jack ‘O Soul, et il était le commissaire de la Brigade des Mineurs. Il était intransigeant et sombre, dévoué à son job et une des rares personnes dans la Brigade à appeler David par son Patronyme. Trouble lui fit son plus beau sourire. Il aurait pu vendre un frigo à un esquimau.
-« désolé, commissaire, je n’étais pas au courant. Je ferais attention, désormais. »

Seulement, le commissaire Soul n’était pas un esquimau, et n’avait pas besoin de réfrigérateur, sa voix était déjà aussi glaciale que la toundra.

-« C’est la cinquième fois que je vous y prends, agent Paterson. La dernière fois, c’était il y a deux jours, lors de votre changement de bureau. Si votre mémoire s’avère aussi courte que ça, il est possible que j’oublie également que ce changement a bien eu lieu. »

Pour toute réponse, Trouble déglutit et afficha un air gêné.

-« Mais ce n’est pas tant le mal que vous faites à votre santé qui m’amène. J’ai cru comprendre que vous étiez doté d’un certain talent en négociation ? »

-« J’ai plus d’une fois joué Don Juan et ma performance a été applaudie au Théâtre de la Comédie Française, monsieur ! » Lui répondis Trouble, tout fier.

A voir la manière dont ses sourcils surlignaient ses yeux, le commissaire n’avait pas l’air de trouver la référence professionnelle suffisante ou, dans le cas contraire, la blague amusante. On ne savait jamais vraiment si Trouble était sérieux ou s’il plaisantait.

-« Bon, on va dire que ça fera l’affaire. »Le commissaire posa quelques feuillets sur le bureau « le Dépot du Crédit Départemental, la banque D.C.D. près de la gare est actuellement en train de faire l’objet d’un braquage. D’après le rapport préliminaire, il semblerait que trois individus d’un âge plutôt tendre soient entrés avec des armes de fortune, puis attaqué les quelques gardes à portée pour leur prendre leurs armes. Un des caissiers a eu le temps d’appuyer sur l’alarme, fermant le coffre et prévenant la police. Ce qui devait être un vol rapide c’est tourné en prise d’otage. La banque est cernée par la police, les curieux, et, malheureusement, les médias. On vient juste d’identifier les braqueurs, et deux d’entre eux sont âgés de 17 et 18 ans respectivement, le troisième doit n’avoir que 22 ans à tout casser. La police locale, qui n’est pas habituée à gérer ce genre de situation, nous a demandé d’intervenir. C’est le moment de montrer que nous pouvons être d’une aide précieuse, lieutenant Paterson. Foncez là-bas, prenez la direction des opérations et démerdez-vous pour que je n’entende pas parler de gosses preneurs d’otages exécutés par la police aux journaux de vingt heures. Partez tout de suite… »

Le comissaire paru soudain se rendre compte de l’absence de son équipier.

-« Ou est Mr Sloph, actuellement ? »

-« Il est sur une piste, monsieur. A propos des dealeurs du quartier des affaires, monsieur. »

-« Mouais. Rappelez-le immédiatement. Les agents vont toujours par deux. »

-« On devrait l’accrocher au mur, cette devise. »

Ignorant superbement la dernière remarque de Trouble, le Commissaire repartit vaquer à ses occupations de commissaire : trier les dossiers, attribuer les missions, se faire engueuler par le commissaire Divisionnaire, le service comptable, sa femme, et accessoirement méditer sur la raison qui l’avait poussé à faire ce métier. L’agent Paterson, lui, avait d’autres chats à fouetter. Il se pencha pour ramasser son briquet et décrocha son téléphone tout en parcourant du regard les quelques fichiers qui parcouraient sa table. Ses doigts rentrèrent le numéro six de son répertoire et lancèrent l’appel tandis que ses yeux le renseignaient sur la vie passionnante de Adrian Temple, 22 ans, célibataire, plusieurs condamnations pour port d’arme illégal, agression, consommation de stupéfiants et exhibitionnisme sur la voie publique. Génial. Une sonnerie passa. Bordel, Caîn, il avait intérêt à ne pas être en train de prendre de l’avance sur l’extermination de Dreamland par les Tyranides quand Trouble était au boulot ! Francis Dantoise, 18 ans, célibataire, aucune condamnation, mais une présomption de meurtre et une autre de détention de stupéfiants. Apparemment un fou furieux avec un oncle dans le conseil municipal. Encore mieux. Une deuxième tonalité. C’était lui où sa sonnerie ressemblait beaucoup à « Over the Rainbow » ? Thomas Svenson, 17 ans, condamnation pour vol à l’étalage, présomption de détention de stupéfiants, porté disparu depuis trois mois, verdict de l’enquête : fugue. En voilà des parents qui seraient contents ! On a retrouvé leur fils dans un braquage de banque ! Troisième sonnerie… Il habite où, déjà, Caîn ? Il doit l’avoir rempli dans le formulaire de…
*Click*

-« Pas maintenant, Trouble, je suis sur une piste. »

Enfin !

-« J’en ai rien à foutre si ta piste à des yeux d’anges ou un corps à damner un saint, on a un braquage bien tendu sur les bras et le boss qui est partit pour se noyer dans le bourbon jusqu’à ce qu’on ait résolu le merdier. Tu finiras tes galipettes plus tard. Prends ta caisse et vient me chercher devant la Brigade, les agents ne vont pas sur les lieux d’un crime en tram. T’as trente secondes pour t’habiller. Ah… et, non, prends-pas ça, il y aura des caméras. Bonjour et désolé à la demoiselle.»

Comme c’était bon d’être dans la tête des autres, parfois… Trouble laissa à Caîn le soin de lancer une réplique s’il s’y sentait, puis raccrocha. Soudainement alerte, il se leva de sa chaise, attrapa son manteau et l’enfila d’un geste. Il rassembla les fichiers et les fourra sous son bras, puis s’empara de sa tasse de café et la vida d’un trait… avant de recracher le café froid et la cigarette à moitié dissoute dans la plante verte de son bureau. La pauvre n’allait pas tenir la semaine, à ce régime. Il attrapa un attaché-case gravé à son nom, qui contenait tout ce qu’il avait le droit d’emporter en mission et, dans un élan de générosité, prit également celui de Caîn (qu'il trouva d'ailleurs étrangement lourde). Son badge était à sa ceinture, ainsi que son tazer. Ignorant superbement le conseil qu’il avait donné à son associé à propos de la présence de caméras, il s’empara de son superbe couvre-chef et l’abattit sur ses cheveux dans un air de détermination et s’élança vers l’extérieur de la Brigade.

-« Il me faut une clope. »

[pour plus de commodité, on fera tout le RP ici, plutôt que de déplacer le sujet]

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MessageSujet: Re: Café, femmes et braquages Café, femmes et braquages EmptyDim 10 Avr 2011 - 22:33
Le réveil sonna une fois… Deux fois… Trois fois… Puis au moment même où il allait récidiver un violent revers du bras l’envoya valdinguer plus loin, réduisant sa misérable sonnerie au silence… Caîn ouvrit les yeux sur le plafond blanc de son appartement et soupira en passant sa main dans ses cheveux, ses nouveaux horaires étaient certes plus souples que les anciens mais après une petite période de chômage et de grasse matinée, il était toujours dur de reprendre le rythme. Quelque chose remua sur sa gauche, et le jeune homme regarda émerger une magnifique créature qui aurait pu être encore plus magnifique si elle n’avait pas les cheveux en bataille et un filet de bave au bout des lèvres. Mais passons les détails embarrassants et focalisons plutôt notre attention sur l’ensemble de la scène.

-« Fais moi un bisou petit inspecteur ^^ »

On ne refuse rien aux services secrets français surtout si elle est brune et qu’elle vous a tapé dans l’œil. En effet, Julia Riddle, membre de la DGSE (Direction Général de la Sécurité Extérieur) ou espion pour les intimes venait de s’asseoir tranquillement sur le matelas, simplement habillé d’une chemise emprunté au propriétaire de l’appartement, elle s’étira puis s’en alla vers la salle de bain, gratifiant Caîn d’un sourire qui se passe de commentaires. Celui-ci regarda l’heure sur son portable qui indiquait qui indiquait déjà 10h15 puis retomba lourdement sur son lit et rabattit l’un de ses bras sur son visage. Trouble attendrait bien encore ne peu avant de le rappeler à l’ordre, puis c’était calme ces temps-ci pour la brigade spéciale et son duo devait certainement finir de faire la paperasse dont Caîn avait horreur. Il expliquerait bien mieux au commissaire comment la cible de leur dernier suspect avait été enlevé devant leurs nez par la DGSE que Caîn. Celui-ci esquissa un sourire en pensant à la tête de ce bon vieux Jack si il savait que la « petite enquiquineuse » comme il l’appelait était en ce moment même dans la douche de son appartement. L’inspecteur se perdit alors dans ses pensées profitant au maximum de sa lenteur d’esprit matinale et de la chaleur de son lit. Le bruit de pas sur le parquet renseigna Caïn que sa charmante partenaire venait de revenir, elle était parfaitement habillé et semblait prête à partir au travail.

-« Tu n’aurais pas vu mon badge, j’en ai besoin pour rentrer à mon boulot ? »

Elle devait sans doute parler du badge que Caîn lui avait subtilisé un jour plus tôt pour affirmer ses dires et dont Trouble avait hérité par la suite. C’est donc avec toute franchise qu’il fit un grand « non » de la tête, fermant les yeux réduisant ainsi les possibilités de se faire griller.

-« Ah, ben tant pis, il me reste l’ancien, je pense que je pourrais passer avec celui là… »

-« Tu pars déjà ? »

-« C’est mon jour de repos, j’en ai pas eu depuis des mois, alors si tu penses que je vais partir laissant un très gentil inspecteur dans son lit tout seul, tu te mets le doigt dans l’œil. Mais tu as peut être des choses à faire ? »

Caîn regarda son portable qui indiquait maintenant 10h37, elle lui demandait de choisir entre Trouble et elle… Le choix le plus facile au monde pour Caîn, et ça apprendra à Trouble qui lui mettait des bâtons dans les roues à Dreamland.

-« Je penses qu’elles peuvent attendre ^^ »

L’inspecteur se redressa et attira la jeune femme contre lui, goûtant une nouvelle fois à ses douces lèvres, et parcourant sa taille avec ses doigts délicats. Soudain, une légère musique résonna à ses oreilles et il n’y fit pas plus attention qu’au pigeon sur sa fenêtre mais lorsque les premiers mots retentirent sous l’air de « Over the Rainbow », il se sépara de sa partenaire et attrapa son portable.

-« Pas maintenant Trouble, je suis sur une piste… »

-« J’en ai rien à foutre si ta piste à des yeux d’anges ou un corps à damner un saint, on a un braquage bien tendu sur les bras et le boss qui est partit pour se noyer dans le bourbon jusqu’à ce qu’on ait résolu le merdier. Tu finiras tes galipettes plus tard. Prends ta caisse et vient me chercher devant la Brigade, les agents ne vont pas sur les lieux d’un crime en tram. T’as trente secondes pour t’habiller.


Caîn soupira et tendit sa main vers son T-shirt et son pantalon qui pendait lamentablement le long du lit, Julia l’interrogea du regard et l’inspecteur de la brigade spéciale formula à voix basse avec ses lèvres le mot « braquage ». Aussitôt la jeune femme, sortit son téléphone portable et composa un numéro. Caîn se leva et ouvrit un placard composé d’un multiple choix de tenues ainsi que d’un tout aussi multiple choix d’armes non conventionnelles qui était pour la plupart retouché par les bons soins de notre ami Caîn. Celui-ci tendit la main vers un Beretta 92 à cartouches en caoutchouc mais la voix de son coéquipier résonna dans le combiné.

« Ah… et, non, prends pas ça, il y aura des caméras. Bonjour et désolé à la demoiselle.»

Machinalement, ses doigts se reportèrent sur un Taser de base qui pouvait faire pâlir une brute épaisse des quartiers chauds. Il se retourna et informa Julia que Trouble était « désolé », celle-ci tourna la tête et ne répondit pas… Génial, manquait plus que sa nouvelle copine se mette à bouder… L’inspecteur de la brigade spéciale se leva et enfila une veste noir tout simple puis accrocha son insigne à la ceinture et se dirigea vers sa partenaire nocturne.

-« Il a dit qu’il était désolé… »

-« Pas autant que moi, je viens d’avoir la permission de m’occuper de ce cas là, ça à peut être un lien avec mon affaire. »

Son affaire « top secret défense de la mort qui tue » n’était pas pour un sou mêlait à ce braquage de près ou de loin mais la jeune femme avait dû trouver les mots juste avec son patron pour que celui-ci la laisse y aller. Elle partit presque immédiatement d’ailleurs, lorsqu’une voiture noire semblable à celle de la dernière fois s’était arrêtée le long du trottoir. Caîn ferma la porte de son appartement à clé puis descendit les escaliers jusqu’au parking de l’immeuble où sa voiture l’attendait. Certes avec son salaire, il lui était difficile de conduire un bolide armé de deux sulfateuses à l’avant mais grâce à ses arrières de soldes il avait pu se payé une voiture dans ses goûts. Une BMW noire à quatre portes avait parfaitement fait l’affaire, il l’avait acheté à un vieux papi d’occasion qui lui ne l’avait presque jamais utilisé, une aubaine quoi.

Spoiler:
 

Lorsqu’il arriva à la brigade des mineurs, Trouble l’attendit dehors, la clope au bec, prêt à embarquer, mais Caîn prit soudain d’un sentiment de reproche baissa la vitre et avec un sourire innocent déclara :

-« On ne fume pas dans ma voiture, écrase moi ça ^^ »
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MessageSujet: Re: Café, femmes et braquages Café, femmes et braquages EmptyMer 27 Avr 2011 - 12:30
"Certains n'emploient les paroles que pour mieux déguiser leur pensées"
Voltaire.


Ninon le pigeon vivait une vie agréable, du moins, pour un pigeon. Il s’était toujours trouvé au bon endroit, au bon moment, et avait reçu plus de mie de pain et de pop-corn rance pour ses déjeuners que la plupart des oiseaux de la ville. Il était bien en chair, mais son poids ne gênait pas son vol. Il restait l’un des pigeons les plus rapides de la ville, voire de la région. Le quartier de la Comédie était son domaine, son fief. Il avait ses entrées sur tous les spots à graines, sur tous les bancs des parcs de la ville, auprès des fournisseurs les plus abondants et les plus réguliers. Lorsque son majestueux battement d’aile emplissait l’air, les autres pigeons savaient qu’IL arrivait, et s’écartaient respectueusement de Marie, 85 ans et fournisseuse d’excellence en mie de pain. Ninon se posait alors, et restait bien droit en traçant sa route jusqu’au banc, alors que les autres, tête baissée, lui laissaient la priorité à la nourriture. Il y avait toujours une ou deux fan respectueuses sur le côté qui lui faisait des avances. Ninon acceptait ou non, selon ses goûts du moment, puis, après un signe du bec empli de dignité, il prenait son envol pour rejoindre les cieux sous le regard empli d’admiration et d’envie de ses congénères. Il dégageait une aura de commandement qui inspirait le respect aux créatures de son poids et inférieur. On caquetait même, entre deux picorements, que Ninon avait, un jour, fait fuir un chat, libérant ainsi un spot mythique, celui de Marie, justement. Ninon était un beau spécimen de pigeon d’une vingtaine de centimètres de haut, son corps était paré de plumes lisses, sombres et striées d’argent. Sur son torse, une marque reconnaissable en forme d’étoile luisait d’un blanc immaculé. Pour l’instant, Ninon se tenait perché sur la corniche d’un bâtiment bien haut, imposant, et toisait la ville de son regard affuté. Ces derniers temps, il avait décidé de ne s’en prendre qu’aux proies les plus goûteuses, celles défendues par les Grands. Tout pigeon d’exception se devait d’avoir, au moins une fois, participé à un raid contre de la nourriture pour Grand, laissée sans surveillance ou peu protégée. Ninon, lui, était devenu un chasseur solitaire, qui n’avait pas peur de voler des bouts des sandwich abandonnés dans une assiette pendant que le Grand regardait ailleurs. Il baissa le regard, et cru discerner une cible. En bas, un Grand à tête pointue. C’était très rare. Dans une main, un de ces bâtonnets toxiques qui pouvaient tuer un pigeon adulte pour peu qu’il en respire la fumée ou qu’il le picore trop. Dans l’autre main, une moitié de croissant au beure. Ô joie ! Les croissants étaient la récompense ultime. Bien gras, pleins de beure, ils suffisaient à tenir plusieurs jours. Mais encore fallait-il être un pigeon d’élite pour réussir à s’en emparer. Les Grands qui les possédaient semblaient eux aussi apporter une grande attention à leur croissant, preuve de la qualité de cette nourriture. Mais Ninon n’était pas un pigeon d’élite, il était au-dessus !

Il décolla, effectua un petit vol stationnaire, puis, s’inspirant d’une technique ancestrale des faucons qu’il était le seul pigeon de la ville à maîtriser, il effectua un piqué très réussit qui lui fit prendre de la vitesse. Son objectif était plus loin devant, mais il venait après. Après avoir passé une quinzaine d’étages en chute libre, Nin effectua une violente torsion de ses ailes à peu prés à un mètre du sol et reprit une trajectoire presque horizontale, un peu remontante et qui se lançait droit vers le morceau de croissant que le Grand à tête pointue portait à sa bouche. N’importe quel autre pigeon aurait renoncé en cet instant, arguant plus tard qu’il n’y avait pas la place, pas le temps, et que cette cabriole était extrêmement dangereuse, mais pas Ninon. Lui n’y vit que l’occasion de réaliser une action encore plus intéressante. Il corrigea un peu sa trajectoire et replia ses ailes. Emporté par sa vitesse, il planta son bec dans le dernier bout de croissant et prit la tangente avant même que le Grand n’ai finit d’ouvrir la bouche. Après un petit tour d’honneur, Ninon ne put résister à l’envie de se poser devant lui, pour le narguer. Il déploya ses ailes, freina et posa ses deux pattes sur le béton. La bouche encore ouverte, le Grand le regardait, l’air à la fois surpris et énervé, puis son regard se fit tendu et sérieux. Lentement, il mit son bâton empoisonné à la bouche et se servit de sa main gauche désormais vide pour en tirer un étrange objet brillant. D’un claquement de doigt, il fit naître une flamme. Ninon ne broncha pas. Il avait déjà vu des Grands faire ainsi. Le Grand à la tête pointue mit le feu au bâton empoisonné sans le quitter de son regard perçant. Ninon voyait ses muscles se tendre. Peut-être s’apprêtait-il à fondre sur lui pour récupérer son déjeuner ? Aucune chance, le pigeon était trop rapide, et le Grand le savait. Alors qu’attendait-il ? Soudain, un énorme bruit de crissement se fit entendre et un mur de métal sortit de nulle part surgit à sa gauche et fonça sur Ninon en le percutant de toutes ses forces, l’envoyant violemment valdinguer quelques mètres plus loin.

Trouble observa le pigeon qui lui avait volé son déjeuner, et le vit faire un magnifique vol plané lorsque Caîn stoppa sa voiture toute neuve juste devant lui. La dernière bouchée de son déjeuner venait de partir en fumée. Il fut néanmoins surpris de voir que le pigeon n’était que gravement sonné. Ce dernier secoua la tête et, abandonnant son repas sur le bitume, s’enfuit à toutes ailes, non sans avoir lancé à Trouble un dernier regard de défi. Ce dernier tira un coup sur sa Lucky Strike et reporta son attention à Caîn, qui baissant la vitre en lui souriant de façon aussi hypocrite que sadique. La « piste » en question devait être plutôt jolie…

-« On ne fume pas dans ma voiture, écrase moi ça ^^ »

Personne ne le laissait jamais finir sa clope. Trouble contempla d’un air de détresse sa cigarette, puis la balança dans le caniveau d’un geste rapide, pour écourter sa souffrance. Il attrapa ses deux valises et les installa sur la banquette arrière, puis fit le tour pour s’installer du côté passager.
-« Elle devait vraiment avoir de beaux yeux… »

-« Ils étaient plus jolis que les tiens en tout cas... » Lui répondit Caîn d’un ton maussade.

-« Je te crois sur parole. Bon, trace jusqu'à la banque D.C.D du centre ville, tu vois ou c'est? » L’ignora Trouble en ouvrant à nouveau la chemise qu’il avait sous son bras.

-« Ouais, c'est bon je vois, c'est quoi le topo? »

-« Trois allumés beaucoup trop jeunes pour être là on braqué une banque. Ya un mineur parmi eux, et c'est la première fois qu'on nous DEMANDE de venir. Le commissaire est sur les dents. ‘Sûr qu'il meurt d'envie d'y aller lui-même. Il y aura peut-être de la négociation à faire. En tout cas, on a cinquante otages et trois gamins difficiles. Rapidement, un fugueur paumé, un fils à papa complètement dingue et surprotégé et un meneur charismatique et drogué jusqu’à l’os. Je suppose que tu veux rien savoir d’autre?"

-« Hum... Si, ils ont quoi niveau armement??? Parce que s'il faut se frotter à des gamins armés de faux pistolets, j'y vais à la matraque. »

-« le boss préférerais justement que t'y ailles pas à la matraque. Ils doivent avoir… un fusil de chasse, deux couteaux de cuisines et les Sig Sauer des vigiles… Pff, c’est à se demander comment ils ont fait pour prendre la banque d’assaut.»

-"Un fusil de chasse et deux couteaux de cuisine... Les jeunes de nos jours ne savent plus quoi faire de leurs dix doigts, s'ils se défoulaient la nuit à Dreamland comme moi, il n'y aurait pas autant de problème ici."

Trouble préféra ne pas relever, car lui-même pensait comme son collègue. Dreamland était un monde de repos. S’il n’y avait pas de lois pour les rêveurs, c’était justement pour qu’ils puissent se détendre. Il ne s’opposait à Caîn que par principe, par ce qu’il fallait un ennemi, quelqu’un qui s’oppose à l’avancée du psychopathe en puissance qu’il devenait lorsque le carcan de la société ne le contenait plus et qu’il devait jouer ce rôle. Peut-être aussi par ce que les créatures des rêves qu’assassinait Caîn lui paraissaient très humaines sur le moment. En tout cas, il reconnaissait prendre du plaisir à ce battre avec lui, à se battre pour une bonne cause (ou pas). Trouble devait admettre que lui-même pouvait apparaître fou lorsqu’il se promenait à dreamland, et que cela le soulageait. Les lois de Dreamland qui restreignaient le défoulement des rêveurs et des Voyageurs avaient un impact sur le monde réel. Le braquage de la Direction du Crédit Départemental en était la preuve. En parlant de banque, ils étaient arrivés. L’agent de la Spéciale plissa les yeux sous les multiples éclats de lumière que lui renvoyaient les voitures de police situées en arc-de-cercle autour de la banque. C’était un grand édifice gris et morne, avec de larges vitres au rez-de-chaussée, qui s’étalait confortablement dans la rue, comme poussant les autres bâtiments pour se faire de la place. Un no man’s land d’une quinzaine de mètres la séparait du cercle de la police. Les forces de l’ordre sur place avaient établis des barrières sur la route et devant leurs voitures autant pour empêcher les passants de s’approcher que pour montrer aux cambrioleurs devenus preneurs d’otages qu’ils les prenaient au sérieux. Une camionnette bleu marine semblait tenir lieu de quartier général. Derrière se fatras de voitures de police, une deuxième barrière avait été mise en place pour empêcher les civils de se joindre aux forces de l’ordre, pour éviter un désordre total. Une armée de caméras postés derrière les barrières tentaient tant bien que mal de cadrer un officier de police sans doute gradé mais peu habitué à une telle publicité. Tandis que Caîn leur faisait franchir le premier barrage en se contentant d’appuyer son badge sur la vitre, Trouble pu lire sur les lèvres du gradé : « Attendons renforts… solution pacifique… situation sérieuse… » Puis deux ou trois journalistes moins cons que les autres se rendirent compte qu’une voiture en civil venait de franchir le barrage et qu’il s’agissait sûrement des « renforts » mentionnés plus haut. En moins de temps qu’il n’en faut pour dire : « merde, des journalistes !» l’armée de caméra et de micro se pressait contre les barrières et pointaient les deux agents de la Section Spéciale de la Brigade des Mineurs.

-« Merde, des journalistes ! »

Trouble pensa un instant à enlever son chapeau, puis se dit que ce n’était pas la peine. Ceux qui reconnaîtraient en lui l’officier de la Brigade des Mineurs jouissant d’une certaine réputation ne s’en offusqueraient pas, les autres pondraient de toute façon des articles minables, donc… Dans un claquement de porte et sous une pluie de question, lui et Caîn sortirent de la voiture. Ce dernier avait enfilé des lunettes de soleil, plus pour la classe que pour les rayons, pensa Trouble, puis le suivit le long de l’allée, ignorant avec superbe la pluie de question des journalistes.

-« De quelle brigade venez-vous ? »

-« Comment comptez-vous résoudre le problème ?

-« Combien y a-t’il d’otages là-dedans ?

-« C’est quoi ce chapeau, c’est une blague ?"


Etc…

Ils se séparèrent. Caîn alla parler avec le sous-officier qui se chargeait des barrières pour lui faire comprendre (avec ses mots à lui) que 15 mètres de plus, c’était beaucoup plus sûr (et puis ça éloignerait surtout les journalistes d’autant de mètres). Trouble fendit la foule et dirigea droit vers l’officier en service, qui semblait à la fois soulagé d’être déchargé de ses fonctions et inquiet concernant les réelles capacités de l’individu au chapeau qui s’élançait vers lui avec la souplesse d’un félin. Lorsqu’il fut à sa portée, il se présenta et parti avec lui vers le camion.

-« Lieutenant David Paterson, dit Trouble, je fais partie de la Section Spéciale de la Brigade des Mineurs, mon acolyte Caîn Sloph arrive bientôt, il est…(d’un coup d’œil en coin, Trouble vit Caîn aggriper le col d’un policier et lui gueuler les ordres)… occupé à gérer des questions de procédure. »

-« Je suis bien content que vous soyez arrivé, lieutenant, on avait bien besoin d’aide, ici. Les ravisseurs se sont enfermés à double-tour et ne communiquent plus depuis deux heures. On ne sait plus quoi faire, on craint qu’ils n’exécutent des otages par panique. C’est que certains semblent pour le moins déséquilibrés. Heuresement, votre troisième agent qui est arrivée un peu avant vous nous à obtenu les visuels des caméras… »

-« Attendez, quel troisième agent ? »

Le gradé ouvrit la porte du van. En fait, c’était plutôt une pièce mobile. Il y avait là une table dans le milieu, des chaises de part et d’autre et quelques ordinateurs pour beaucoup trop d’écrans, qui tapissaient les murs de la pièce. Assis au fond, sur l’ordinateur le plus puissant, une femme sirotait un café, puis se retourna vers lui en souriant. Trouble ne put s’empêcher d’écarquiller les yeux. Julia Riddle, membre de la Direction Générale des Services Etrangers, comme l’indiquait le badge que lui-même gardait dans sa poche. Le (faux) badge qu’elle arborait portait le même nom, mais la présentait comme consultante technique pour la Section Spéciale. Tout à coup, le café qu’avait avalé Trouble plus tôt dans la matinée commença à faire effet. Ses neurones e mirent à tourner à plein régime. S’il se trouvait à dreamland, ses oreilles auraient sûrement fait sortir de la fumée. Trouble était connu comme une des rares personnes au monde capable de réfléchir de manière non-linéaire, ce qui se traduisait parfois par un embrouillamini d’idées qui se chevauchaient et rebondissaient entre elles, souvent sans résultats. Elle n’avait rien à faire là, ce n’était pas son champ d’expertise. A moins qu’elle ne recherche son badge. Non, inutile, elle n’avait qu’à venir le voir en dehors du travail. Le verre de café était sûrement peu ragoûtant, pourquoi le buvait-elle quand même ? Pourquoi s’exposer ainsi ? Pour s’amuser ? Qui s’amusait à joindre une enquête à haut risque ? Droguée du travail ? Pas à ce point. Elle était venue et s’était présentée comme faisant partie de la maison comme si elle était sûre que personne n’allait la foutre dehors, comme si elle avait des alliés dans la place… Malgré sa tenue presque parfaite, quelques mèches rebelles et cernes lui indiquaient qu’elle venait sans doute de se lever. Cela expliquait le café, c’était vrai qu’il était immonde. Elle souriait comme si elle allait à un pique-nique. On ne va pas à un pique-nique tout seul… d’ailleurs, c’est une chemise d’homme qu’elle portait… Soudain, au beau milieu de cette vase brumeuse et indéfinissable que sont les réflexions de Trouble émergea une vérité. Une intuition quasi-divine. Bordel. Trouble se retourna et gueula à son acolyte qui revenait vers eux :

-« Caîn ?! Tu as quelque chose à me dire ?!! »

Caîn prit un air l’innocent. Lorsque Caîn prend l’air innocent, il regarde en l’air et sifflote, persuadé que cette feinte datant du siècle dernier va marcher face au plus gros détecteur de mensonges que la nature ait inventé : le chapeau de Trouble. C’était donc ce qu’il pensait. Trouble soupira. Après tout, il n’avait rien contre un peu d’aide. Tandis que son ami embarquait à bord du camion, le lieutenant Paterson se présenta à sa compagne en ces termes :

-« Bonjour mademoiselle. Vous devez être la « piste » que suivait Caîn ce matin. Il a raison, vous avez vraiment de beaux yeux. Je suis Trouble, enchanté, oui, l'enfoiré qui vous a tiré du lit ce matin, oui^^. Je vois que nous nous entendons déjà très bien, il n'y a pas de raison pour que nous ne nous en sortions pas.»Puis il reprit un ton professionnel « Bon, qu’est-ce qu’on a sur les caméras ? »

Lui et Caîn se positionnèrent devant le mur d’écran alors que Julia y affichait le rendu des caméras du surveillance. Derrière eux, le flic leur demanda :

€-«Alors, vous en pensez quoi ? »
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MessageSujet: Re: Café, femmes et braquages Café, femmes et braquages EmptyLun 9 Mai 2011 - 12:48
La voiture bifurqua à gauche, puis dépassa un camion à vive allure, certes les deux petites lupiotes que Caîn venait d’installer devant le pare-brise servait à montrer l’origine de cette urgence aux usagés mais cette conduite sportive laissait tout de même son coéquipier dans un état de stress avancé… Ou alors, c’était tout simplement l’affaire d’aujourd’hui ou sa nuit à Dreamland, puis après tout Caîn n’en avait presque rien à cirer, il faisait son boulot le jour, s’endormait au côté d’une jeune femme splendide le soir et massacrer des gens en pagaille la nuit, vraiment, cette vie lui allait comme un gant. Caîn prit un virage en 4eme puis manqua de percuter un cyclomoteur, sa conduite était peut être le fait de son énervement matinal du à un braquage qui n’aurai pas pu tomber à un autre moment. Un piéton mal avisé s’écarta juste à temps du passage clouté où il s’était engagé, et leva le bras en signe de mécontentement, malgré cela, le lieutenant de la brigade Spéciale des mineurs ne ralentit pas pour autant. Son empressement était sûrement dû au fait de vouloir finir sa journée et de retrouver enfin Julia… Ou Dreamland, cela rester encore à débattre, puis de toutes façon, il avait la Loi de son côté et rien ne pouvait l’empêcher d’aller à cette vitesse, à part peut être un jeune homme suicidaire tentant de mettre fin à ses jours en sautant sous les roues de sa voiture, le plongeant ainsi dans une spirale de paperasses et de procédures interminables se soldant par le renvoie de lui-même pour faute grave et de son coéquipier pour complicité de faute grave… Non, cela ne pouvait pas arriver maintenant. Caîn tourna la tête vers la banquette arrière et remarqua les deux valises que Trouble avait délicatement posées sur le cuir moelleux de sa voiture. Au moins, Caîn avait son équipement et cette affaire serait vite réglée.

-« Caîn, attention au jeune homme suicidaire !!! »

L’officier de la Spéciale appuya comme jamais sur le frein et lorsque sa vitesse fut assez basse, il tira sur le frein à main d’un coup sec, gardant le cap sur le jeune homme qui avait fermé les yeux en plein milieu de la voie pour ne pas partir en tonneaux, la voiture se stoppa à quelques centimètres des jambes du jeune homme dans un crissement de pneus, et Caîn sortit de son véhicule, claquant la portière rageusement. Il s’approcha du jeune garçon qui devait avoir dans les vingt ans et qui se tenait droit au milieu de la route, les yeux fermés attendant patiemment la mort salutaire… Il aurait peut être mieux valu pour lui que Caîn le percute… L’officier de la brigade des mineurs lui décocha une sacrée droite, l’envoya dans un coma calculé et traîna ensuite le jeune homme inconscient sur le trottoir puis remonta dans sa voiture et repartit au quart de tour. Cet incident leur avait fait perdre un temps considérable, et les deux inspecteurs ne pouvaient pas se permettre d’avoir quoi que ça soit à se reprocher devant les caméras… Si vraiment, il y en avait. Caîn se demandait si Trouble n’avait pas dit ça pour éviter qu’il teste ses nouveaux prototypes, dont il achevait tout juste la finition. L’inspecteur de la Spéciale souffla un coup, relâchant un peu de son adrénaline accumulée depuis ce matin, cette journée allait être épuisante et il le savait d’avance mais il se faisait un plaisir de faire ce boulot. Il travaillait pour la sécurité et la protection des personnes autour de lui, il bossait contre la délinquance et le crime, il était peut être considéré comme un moins que rien mais cela faisait maintenant dix ans qu’il voué sa vie professionnelle à la sécurité des citoyens, et personne ne pourrait lui enlever la sensation de se battre pour les autres. Un sourire passa sur les lèvres du lieutenant de la Brigade des mineurs, alors qu’il stoppait sa voiture à côté d’une voiture de police qui formait avec plusieurs autres un premier cordon de sécurité, empêchant le personnel non autorisé à franchir ce marquage non conventionnel. L’officier de la Spéciale posa son badge contre la vitre et attendit l’autorisation du policier en poste, celui-ci les pria d’entrer après plusieurs secondes de vérification. Son regard se porta alors sur une armée de flash, de micros et de caméras, des journalistes et en grand nombre et cela, Caîn le fit remarquer à son coéquipier avec une simple phrase.

-« Merde, des journalistes… »

Caîn verrouilla son véhicule dont il venait de sortir puis emboîta le pas de Trouble qui avançait déjà vers une voiture comprenant un officier de police qui semblait être en grande conversation avec sa radio interne. Lorsqu’il remarqua un homme coiffé d’un chapeau aussi étrange que le dernier film qu’il avait vu, il tenta de sortir de sa voiture mais d’une main de fer, Caîn rabattit violemment la portière renvoyant le policier sur son siège avec des yeux ébahis qui purent scruter chaque recoin de la plaque que le lieutenant de la brigade des mineurs lui colla sur la vitre. Celui progressa encore quelques pas, ignorant l’air stupéfait de l’officier qu’il venait de remballer, et observa la scène, qui se composait de deux cordons de sécurité, le premier ne laissait aucun civil entrer et le deuxième était un no man’s land jusqu’à la banque, la distance ne dépassait pas une quinzaine de mètres, pourtant si les jeunes à l’intérieur du bâtiment ouvrait le feu, il n’aurait aucun mal à blesser voir même plus un officier courageux ou un bête journaliste… Caîn se dirigea donc vers le sous officier qui semblait diriger ce pitoyable cercle de protection, celui-ci semblait être au summum du stress pouvant être contenu par un être humain de base. Le lieutenant e la brigade des mineurs lui demanda de reculer le premier barrage de quinze mètres de plus, lui montrant sa plaque et donc son autorité supérieur mais le sous officier ne sembla pas être d’accord et il argumenta avec le fait que ses supérieurs à lui, lui avait demandait de les mettre là et ainsi de suite durant plusieurs secondes, jusqu’à ce que Caîn regarde en arrière et se fasse aveugler par une série de flash. Ces journalistes étaient aussi énervants qu’une nuée de moustique à un rendez vous important… Une idée traversa soudain l’esprit de l’officier de la Spéciale et il s’empara de son portable, feignant la conversation avec son supérieur.

-« Oui, chef… Quoi, le président de la république est en ce moment à la nouvelle brigade Spéciale de la lutte contre la délinquance, c’est une visite surprise et personne n’a été averti, même pas les journalistes… Les pauvres, ils n’auront qu’un pauvre braquage à se mettre sous la dent… Tuuuut…Tuuuuut. »

Inutile de dire que l’instant d’après le parking était pris d’assaut par les dizaines de journalistes et ceux-ci partait au quart de tour vers la brigade et ce bon vieux Jack… Caîn nota dans un coin de son esprit à faire ses excuses plus tard à son supérieur pour ce sale coup puis il reporta son attention sur le sous officier devant lui. Celui-ci n’avait toujours pas donné l’ordre de bouger les barrières et c’est donc dans un calme olympien que l’officier de la brigade des mineurs s’empara de son col d’uniforme pour lui faire comprendre qu’on ne pouvait discuter aucun de ses ordres. Après quelques instants, plusieurs policiers commençaient à déplacer les barrières puis le lieutenant de la Spéciale se dirigea vers le camion de surveillance électronique où il avait vu entrer son coéquipier quelques secondes auparavant. Il n’était encore qu’à quelques mètres lorsque la voix de son charmant et adoré Trouble émergea du véhicule.

-« Caîn ?!? Tu as quelques choses à me dire ?!? »

Le ton autoritaire de la phrase ne plus pas tout à fait au lieutenant de la brigade Spéciale mais lorsqu’il passa la tête dans l’ouverture du camion et qu’il aperçut Julia, il comprit alors la réaction de son collègue, néanmoins il n’avait aucune preuve de leur relation et l’officier prit donc un air totalement innocent… Qui ne l’était pas tant que ça à en juger par le regard que Trouble lui jeta. Celui-ci se présenta à sa compagne et le sale caractère de la demoiselle fit le reste, elle avait affaire à celui qui l’avait empêché de profiter de sa journée de repos et elle comptait bien lui faire payer un jour où l’autre. Julia montra finalement les enregistrements vidéo et les caméras de surveillances, un policier derrière eux leur demanda le plan qu’il allait mettre en place et Caîn commença à sourire voyant la topographie des lieux. Tous les otages sans exceptions étaient à terre et les seuls personnes debout semblaient être les preneurs d’otages, si cela tournaient mal, un feu nourris par les fenêtre pouvaient avoir raison des malfrats, mais cette idée ne traversa même pas l’esprit du lieutenant de la Spéciale, Caîn avait plutôt repéré la bouche d’aération qui semblait être au dessus du guichet numéro deux, et dans le dos des trois preneurs d’otages, un sourire passa sur son visage tandis qu’il se redressait, s’adressant à son coéquipier.

-« Ya un moyen pour que je passe par là et que j’arrive à couvert derrière le comptoir, il me faudrait tout de même une diversion ou plutôt un appui, sinon à trois contre un je n’aurais aucune chance avec mon Tazer. »

-« Je sais très bien que tu n’as pas qu’un Tazer sur toi, j’ai amené nos mallettes aussi. »

-« Il a une corde dans nos mallettes ? »

-« Non pourquoi ? »

-« Parce que la bouche d’aération est à quatre mètre du sol et qu’en atterrissant, je vais faire un très gros bruit en plus du risque de me casser une cheville. »

-« Ben, improvise ^^ »

Les deux coéquipiers se dirigèrent vers leur voiture et sortirent chacun une mallettes noires, Caîn ouvrit la sienne et son regard s’étala de plusieurs couteaux de lancers à un Walter P99 à munitions en caoutchouc, il rang a celui-ci dans son holster qu’il venait d’accrocher à sa jambe droite puis revêtit son gilet tactique où il installa plusieurs de ses couteaux de lancers au endroits appropriés. Il chargea son Tazer et le cala dans l’une des poches de son gilet avant de se retourner vers Trouble. Celui-ci était entrain de mettre un gilet par balles et semblait avoir la ferme intention de rentrer par la porte principale.

-« Tu sais qu’ils vont te demander de l’enlever… »
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MessageSujet: Re: Café, femmes et braquages Café, femmes et braquages EmptyDim 22 Mai 2011 - 12:42
"Une vie sans rêves, c'est comme une marionnette sans ficelles"
François Gervais.



-« Avec une petite diversion, il nous serait possible d’accéder aux bouches d’aération, mais à cause de la présence d’enfants parmi les otages, on ne pourra pas utiliser de gaz à effet rapide. Ceci dit, les braqueurs sont les seuls debout et ne sont que trois. Si je ne me trompe pas, ses vitres ne sont pas blindées, n’est-ce pas ? J’en étais sûr. Les banques aujourd’hui misent plus sur la pub que sur la sécurité. De plus, ils n’ont que peu d’armement. Donc, pour peu que vous ayez de bonnes armes, genre un Barret ou un Remington 700, il serait possible de poser des tireurs d’élite pour descendre les trois preneurs d’otages d’un coup… »

Caîn interrompit sa réflexion à voix haute quand il croisa le regard accusateur de Trouble qui signifiait « on ne butte pas les gosses, caîn », ou du moins ce fut ce que celui-ci voulu bien croire. En réalité, c’était le regard blasé de l’officier de police qui lui disait « vous pensez vraiment qu’on a des snipers et des fusils de précision ? » qui lui avait fait baisser les bras.

-« …ou sinon, on peut tenter une autre approche. Trouble ? »

Trouble s’éclaircit la voix et se rapprocha des écrans. Ce que Caîn avait observé, c’était la position des cibles, l’épaisseur des vitres et la disposition des lieux. Certaines habitudes ont la peau dure. Mais c’était bien pour ce genre de regard de militaire qu’il faisait partie de la Brigade. Enfin, Trouble pensait que c’était pour ça. Et, de toutes façons, personne ne lui dirait jamais vraiment POURQUOI lui et Caîn était rentrés, il en profitait donc pour inventer une raison à chaque fois. Enfin bref, Caîn avait fait un tour des lieux en survolant du regard les caméras/ Lui avait besoin de voir plus prêt. En réalité, il avait laissé Caîn commencer car ça lui laissait le temps de jauger la situation et d’établir un simili-profil. Après des années de théâtre, trouble avait comprit que tout le monde jouait un rôle. On pouvait profiler quelqu’un simplement en comprenant quel rôle il jouait et pourquoi il voulait le jouer. Son regard passa sur plusieurs caméras, dans le cadre desquels apparaissaient les ravisseurs. Il put donc les analyser sous tous les angles, bien que la qualité d’image soit médiocre. Andian Temple tenait son fusil de chasse de la main droite en l’appuyant sur son épaule et se mordillait légèrement les doigts de l’autre main. Il restait appuyé sur le contoir, repartait, puis revenait s’y appuyer. Derrière lui, le jeune Françis Dantoise semblait menacer un employé de lui ouvrir le coffre fort, en lui proposant comme alternative quelque chose qui semblait comprendre sa machette et un coup brutal dans une partie de son anatomie peu exposée au soleil. Le dernier type -Thomas quelque chose?- semblait garder des otages et ne cessait de faire les cents pas. Ça plus son dossier, ce fut suffisant pour Trouble. Il prit encore quelques secondes pour souffler puis commença :

-« Ce type, le plus âgé et qui tient le fusil de chasse… C’est leur leader. C’est un drogué notoire et passablement dérangé au naturel. C’est pourtant lui qui a monté le coup. S’il l’a fait avec aussi peut d’équipement et de préparation, on peut en déduire qu’il n’y n’a probablement pas prévu que les choses se passeraient ainsi. Il n’est pas particulièrement intelligent, mais il est assez charismatique pour pousser les autres à le suivre et lui faire confiance. Le râblé à coté de lui, avec les cheveux en pointes, c’est un suiveur et un sauvage. Il participe au casse pour le cash et pour l’action. C’est son lieutenant. Il panique sûrement à présent. Ils n’ont toujours pas réussit à ouvrir le coffre, ce qui veut dire que, pour l’instant, il n’a rien gagné, et qu’il est dans la merde. Mais il ne sait pas prendre de décisions, il espère juste que son leader a un plan. Le dernier au fond est terrorisé. C’est un fils à papa, il n’a clairement rien à faire là. Sous l’influence du Leader, il a voulu se la jouer « dark » et fuguer de chez lui, mais il ne veut pas faire de mal aux gens. Il a vraiment peur de ce qui pourrait leur arriver. Bon… Ils nous ont fait part de leurs exigences ? »

Le policier se pencha vers lui et lui montra un autre écran qui filmait la façade. Un énorme tag était fait à l’envers sur la vitre, avec des reprises maladroites. Il était marqué « Je veux parler à la Haute Autorité ». Trouble soupira d’un air blasé.

-« Il me faut une clope. »

Caîn intervint en lui montrant un autre écran.

-« Ya un moyen pour que je passe par là et que j’arrive à couvert derrière le comptoir, il me faudrait tout de même une diversion ou plutôt un appui, sinon à trois contre un je n’aurais aucune chance avec mon Tazer. »

Effectivement, la bouche d’aération était idéalement située, mais son accès ne pouvait se faire que depuis un des côtés de la banque. Caîn allait avoir besoin d’une diversion. Et, vu la stabilité mentale de deux des trois gars à l’intérieur, un feu d’artifice n’était pas au programme. Trouble n'aimaiat pas sa façon d'appuyer sur le mot "tazer", comme si c'était de sa faute si on ne pouvait pas tirer sur des gosses au M-16.
-« Je sais très bien que tu n’as pas qu’un Tazer sur toi, j’ai amené nos mallettes aussi. »

-« Il a une corde dans nos mallettes ? »

Merde. Trouble savait bien qu’il avait oublié quelque chose en faisant la sienne.

-« Non pourquoi ? »

-« Parce que la bouche d’aération est à quatre mètres du sol et qu’en atterrissant, je vais faire un très gros bruit en plus du risque de me casser une cheville. »

*vite, une excuse*

-« Ben, improvise ^^ »

En parlant d’improvisation… Caîn avait besoin d’une diversion. Une diversion… La Haute Autorité, hein ? Il ne parlait certainement pas d’HADOPI. Voilà peut-être une faille à exploiter pendant une négociation… Si négociation il y avait. Impossible d’établir le dialogue avec eux tant qu’ils le refusaient. Le leader du groupe semblait bien décidé à abattre un otage si quelqu’un se rapprochait trop de la banque. Il campait donc sur ses positions. La Haute Autorité...Une idée commença à germer dans l’esprit de David Paterson. C’était quelque chose de complètement fou, de dangereux et d’improbable, qu’aucun flic normal ne se risquerait à ne serais-ce que proposer. C’était donc pour lui un excellent plan. On ne l’avait pas admis dans la Spéciale pour qu’il sorte des plans réglementaires et efficaces, mais mettre à profit sa créativité, enfin il pensait. Trouble pouvait utiliser les théories conspirationistes dont était rempli l’esprit de leur leader. Oui, il en était capable, il le savait ! L’agent de la Spéciale sentait son passé d’acteur et sa fièvre créatrice s’emparer de lui. Tout ce qui lui manquait, c’était un moyen de communication avec eux. Son regard s’attarda un instant sur les écrans et ses yeux se posèrent sur la caméra filmant l’accueil, donc le dos de Temple. Soudain, il crut voir quelque chose.

-« hey, Julia, mettez-moi cette vidéo sur l’écran principal s’il vous plaît. Oui, vous me mettrez aussi quelque chose dans le cul, mais plus tard, d’accord ? On bosse là^^. Elle est gentille, cette petite… »

Sur le grand écran s’afficha alors l’image de la pauvre caméra. En effet, on y voyait le leader des braqueurs, Adrian Temple, de dos, mais on n’y voyait pas que ça. Par-dessus son épaule et la veste de mauvaise qualité qui la recouvrait, on apercevait également une télévision pour la salle d’attente, qui était orientée dans sa direction. C’était donc ça ! Bien sûr ! Il se servait de la télévision pour savoir ce qu’il se passait dehors ! Quelle chaîne était-il en train de regarder ? Trouble ne put voir l’émission, car la transmission était trop mauvaise. Il tourna sa tête avec appréhension vers Julia, s’attendant à un nouvel affrontement pour obtenir des renseignements, mais celle-ci l’avait devancée. Semblant redevenue sérieuse, elle comprit immédiatement où il voulait en venir. Après quelques minutes de clicks et de pianotages, elle réussit à lui obtenir l’information (comme dans tous les films et toutes les séries, pirater le site d’une banque ET du réseau de télévision national se résumera ici à un concours de pianotage sur le clavier. Notez tout de même que, nous, nous avons fait l’effort de rajouter la souris). Toujours en réponse à sa demande silencieuse, Julia afficha la chaîne que regardait Temple sur l’écran principal. Un reportage en direct de Metro News One sur le braquage de la banque D.C.D, qui devrait vraiment changer d’acronyme. Une reporter féminine détaillait « la mystérieuse arrivée de deux agents venus d’on ne sait où dans des costumes et qui semblaient prendre les choses en main. », mais Trouble ne fut pas sensible à la flatterie. En fait, il était beaucoup plus sensible à la voix que le micro rendait divinement bien et à la femme en question qui faisait ce reportage. Un petit encadré indiquait en bas de l’écran : « Robin Stinson ». Pour Trouble, c’était comme s’il y avait marqué à la place : « la fille que tu n’as pas réussi à revoir la dernière fois est, comme par hasard ici ! Coup du Destin !»

-« bien joué le Destin ! »

Trouble s’empara de son chapeau, et le baissa devant ses yeux pour éclipser son regard. Laissant là ses collègues, il fit un pas en dehors de la camionnette. Etrangement, le nombre de journalistes avait diminué de moitié. Trouble ne voyait que deux raisons à cela : soit un truc plus grave était arrivé – ce qui ne pourrait être qu’un attentat terroriste- soit quelqu’un les avait fait partir avec un beau mensonge. Espérant que la seconde solution soit la bonne, Trouble fit un geste aux caméras qui le braquaient, le visage toujours dissimulé, en cherchant la bonne. Lorsque la jeune femme le remarqua, elle le reconnu tout de suite et lui fit de grands signes de la main en sautillant sur elle-même. Il lui avait donc tant manqué que ça ? Trouble sourit pour lui-même. Tant mieux. A la suite d’une série de signes étranges signifiant « éteint ta caméra et je te laisse rentrer, j’ai besoin de toi et t’aura l’exclusivité en échange » (dans l’ordre, un rond avec les doigts, mettre les bras en croix, tendre deux doigts et les plier deux fois, un doigt tendu vers le sol et tournant en formant un cercle, puis un pouce levé et un sourire), à la suite d’une série de gestes étranges, donc, la reporter intima à son cameraman d’éteindre son appareil, puis passa sous la banderole. Certains policiers tentèrent de l’arrêter, mais Trouble les renvoya sur les autres reporters qui tentaient de faire pareil en créant un chaos général d’un ordre sec.

-« Bonjour Mr Paterson, ou devrais-je dire, Mr l’agent de la Section Spéciale Trouble ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que vous cachez bien votre jeu. Au fait, désolée de vous avoir laissé tomber la dernière fois, j’ai été appelée en urgence pour couvrir un ministre qui s’étouffait avec des petits fours… »

-« J’avoue avoir été un peu surpris de voir un portier qui tenait à me restituer mon chapeau, plutôt que la sublime créature que j’avais laissé… Pendant un instant, j’avais cru que vous étiez choquée par le type à qui j’avais foutu le feu. »

-« Vous avez mis le feu à quelqu’un ? »

*… merde...*

-« ^^’ Enfin bref, revenons-en à l’essentiel. Voici le deal : vous filmez ce que je veux que vous filmez pendant, disons, cinq minutes, puis vous aurez l’exclusivité sur ce qui se passera ensuite. Je peux d’ors et déjà vous dire qu’il y a des chances pour que vous puissiez rentrer dans la banque pour filmer l’action au plus prés. »

-« Intéressant, dites-moi en plus… »

Pour conserver le suspense et aussi par ce que ça prendra beaucoup de lignes à écrire, nous allons juste dire que Trouble expliqua son plan en présence du flic, de Caîn, de Julia et de Robin. Globalement, tout le monde était d’accord pour dire que c’était un excellent plan.

–«Non mais vous êtes malade ! Jamais ça ne marchera ! » s'écria Robin

–« C’est beaucoup trop risqué ! » Martela le policier

-« Vous avez beaucoup d’autres plans foireux comme ça en réserve, agent Paterson ? »


Globalement.

–« S’il a été promu à ce poste, c’est justement parce qu’il est capable de réussir ce genre de plans foireux… »

-« Merci Caîn. »

-« Et puis, si tu crèves, j’aurais ma diversion de toutes façons. »

-« j’apprécie ta franchise.^^' »

-«je m’oppose à ce plan ! Vous faites courir un trop grand risque à vous-mêmes, votre partenaire, et aux otages. »

-« Eh bien, malheureusement pour vous, vous nous avez confié la direction de l’opération, ce qui veut dire que nous sommes les plus gradés ici, et que nous prenons les décisions. »Trouble se tourna vers Robin « Au boulot, reporter. Mais avant.. »

Les deux coéquipiers se dirigèrent vers leur voiture et sortirent chacun une mallette noires, Caîn ouvrit la sienne et son regard s’étala de plusieurs couteaux de lancers à un Walter P99 à munitions en caoutchouc, il rangea celui-ci dans son holster qu’il venait d’accrocher à sa jambe droite puis revêtit son gilet tactique où il installa plusieurs de ses couteaux de lancers aux endroits appropriés. Il chargea son Tazer et le cala dans l’une des poches de son gilet avant de se retourner vers Trouble. Celui-ci était entrain de mettre un gilet par balles.

-« Tu sais qu’ils vont te demander de l’enlever… »

-« Ça aurait l’air louche si je n’en portait pas.»

La valise ouverte de Trouble comportait des trucs divers et variés. Parmi eux, une impressionnante collection de cravates, des (faux) badges de toutes les agences, y compris de grandes compagnies d’entretien, des scellés d’à peu près tous les services de police. Il y avait évidemment un revolver, avec lequel trouble n’avait jamais tiré en situation réelle. Une veste, un pantalon, des chaussures et un caleçon de rechange, et une minuscule boîte qui indiquait « kit de disparition : de la dinde aux voitures ». Trouble sortit son tazer et le posa dans la valise. Il se débarrassa également de son badge. Après avoir farfouillé, il en tira un pot de gel et une paire de lunettes de soleil, ainsi qu’une petite télécommande, avec deux boutons. Il ne lui fallut quelques minutes pour opérer une transformation. Enlever son chapeau, mettre un peu de gel, et changer d’attitude suffisaient. Sous son chapeau, Trouble avait les cheveux longs quand même.

-« T’y vas sans ton tazer, ni ton badge ? Il vont te massacrer, tu sais.»

-« La Haute Autorité n’a pas besoin d’armes. »

-« T’est vraiment prêt à tout pour prouver que t’est meilleur que moi… »

-« Je suis meilleur que toi. »

Il ferma sa valise et était devenu quelqu’un d’autre. Trouble retourna dans la camionnette pour peaufiner son rôle.

Spoiler:
 


Adrian Temple se mordilla le bout de son auriculaire et jeta un coup d’œil à l’extérieur. Il avait vu passer deux types bizarres tout à l’heure. Il en était sûr. La Haute Autorité ne pouvait rester sans rien faire quand quelqu’un les exposait ainsi au regard des médias. Son plan fonctionnait parfaitement. Derrière lui, François, ce jeune con psychopathe, était en train de tenter d’ouvrir le coffre et gueulait comme un goret, c’était saoulant, a force. On ne s’entendait plus réfléchir. Thomas essayais de calmer les otages, mais c’était une mauvaise idée de l’avoir assigné à ce poste. Il était encore trop gentil, il aurait des doutes. Et leur mission ne pouvait souffrir d’aucun doute. Si ses deux hommes commençaient à douter de lui, Temple était foutu.

-« Putain, Adrian, cet enculé me dit que ce foutu coffre ne s’ouvre qu’à partir du commissariat à trois blocs d’ici, qu’il l’a verrouillé avant de partir ! »

-« Heu.. Adrian ? ‘Yen a une qui veut pisser… »

-« PUTAIN, MAIS VOS GUEULES !! »

Ses deux acolytes se turent.

-« Je ne m’entend pas réfléchir. François, on s’en fiche du pognon, c’est secondaire. L’important, c’est qu’on va pouvoir montrer à tous ses moutons ceux qui les manipulent. Thomas, si elle veut pisser, elle a qu’à le faire ici, on ne se sépare pas. Ils vont bientôt passer à l’action, vous verrez… Tout ce qu’ils voulaient pas qu’on sache, ils vont devoir nous le dire, les fumiers, sinon on épelle leur nom avec le sang des otages… »

Il y eu un silence géné. On ne contrariait pas Adrian. Sous l’effet de la colle, c’était le plus instable. D’habitude, ils suivaient ses délires quand il avait trop fumé, mais là, c’était une situation sérieuse. Adrian était dangereux, mais il fallait lui dire. Ce fit François eu les couilles de lui dire.

-« Adrian… Tu trouves pas que c’est un peu taré tout ça ? J’veux dire, les conspirations, les gars qui te parlent pendant tes rêves, la Haute Autorité… On n’a aucune preuve que ça existe… »

Adrian se retourna. On pouvait lire la colère dans ses yeux, ainsi qu’un autre truc un peu plus flippant et fou. Soudainement, il colla un poing dans le ventre de François. Le délinquant se plia en deux sous la douleur, et Adrian l’attrapa à nouveau par le col. Il rapprocha son visage du sien.

-« Tu penses que je suis fou ? »Dit-il avec une mine de détraqué « Vas-y, dis-le, que ce soit clair… Allez, vas-y. Tu crois que je délire ? T’as pas vu ce qu’ils peuvent faire. Ils nous parlent pendant notre sommeil, je te dis… Ils ont même mis des puces dans notre corps pour toujours savoir où on est… Tu me crois pas ? Tu me crois pas ? »

Soudain, la télé, qui se faisait distante, se mit soudainement à émettre, avec un son plus fort que d’habitude. Adrian se positionna pour la voir. La caméra semblait cachée et la journaliste avançait avec précaution en chuchotant

-« Nous avons réussi à passer le cordon de sécurité, pour vous livrer en exclusivité des images sur les deux étranges personnes qui viennent d’arriver. »

La caméra tremblait et filmait presque au ras du sol. On voyait la reporter se rapprocher du camion-QG de la police sur place. Adrian n’en perdait pas une miette. Il avait même lâché François. La télé nous montrait, en cadrage presque amateur, une fenêtre du van, à travers laquelle on voyait deux types étranges assis sur une table dans le noir. Ils semblaient se ficher éperdument de ce qu’il se passe à l’extérieur. Le premier prit la parole.

-« Ils ont tagué ça sur la vitre. Ce ne sera pas un problème, on peut prétendre à un délire maniaque. »

L’autre sortit de sa poche une sorte de télécommande à deux boutons.

-« Dans le pire des cas, on peut les faire exploser avec la puce. »

Soudain, ce même type aux cheveux long se retourna vers la caméra, semblant repérer la reporter.

-« Hey ! Vous ! »

Il y eu une série d’images floues, comme si le caméraman essayait de s’enfuir, mais était rattrapé par une poigne puissante et traîné de force dans le van, puis la caméra s’éteignit. On retourna au présentateur, qui semblait aussi éberlué que les braqueurs par ce qu’ils venaient de voir. Adrian se tourna vers ses hommes.

-« Vous voyez ? Maintenant, c’est qui le fou ? File-moi ton téléphone. »




-"Vous croyez qu'ils ont mordu à l’hameçon?"

-"On va bientôt le savoir. Maintenant ta gueule, tu est une journaliste un peu trop curieuse qui risque de se retrouver dans la Seine avec un poids aux pieds."

La sonnerie retentit dans le van. Trouble était stoïque et dardait un regard d’acier sur Robin et le caméraman, ligotés à une chaise. L’officier de police décrocha. Quelqu’un avait apparemment appelé directement la police, puis l’appel avait été transféré vers lui. Il écouta quelques instants, blêmit, puis tendit le téléphone d’une main tremblant vers un Trouble imperturbable.
-« Allô. »

-« Je suis le chef des gars qui sont dans la banque. C’est vous le type de la Haute Autorité ? »

-« Cette information est au-delà de votre besoin de savoir. »

Intérieurement, Trouble jubilait. Il jouait tellement bien son rôle que même ses alliés commençaient à avoir peur de lui. Seul Caîn, qui le connaissait à Dreamland, le savait en train de bluffer. Pour jouer la Haute Autorité, Trouble avait plaqué ses cheveux et s’était évertué à prendre un air aussi pragmatique et sans cœur que possible. Presque une machine, mais avec un je-ne-sais quoi de condescendant, un homme qui méprisait les autres. Il était censé faire partie d’une agence gouvernementale qui n’existait pas et qui dominait tout. Si la Haute Autorité existait, Trouble en était le plus parfait représentant.
-« Besoin de savoir, mon cul ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire de puce et d’explosion ? Vous comptez nous faire exploser ?»

-« C’est une option. Une autre serait que vous vous rendiez et que vous nous disiez tout ce que vous savez. »

-« Nan, nan, nan, voilà ce qui va se passer : C’est VOUS qui allez-vous rendre, vous voyez. Si vous ne venez pas d’ici, disons, 5 minutes, j’exécute un otage. »

-« Allez-y. Leur vie n’est guère importante. »

-« Aha ! D’accord, changement de plan. Si vous ne venez pas tout de suite, et sans armes, je diffuse cette conversation que je viens d’enregistrer dans les médias. Option numéro deux : vous venez nous enlever nos puces et tout se passe bien. Ah ! et je veux que la journaliste vienne aussi, celle que vous détenez. »

Trouble s’arrêta un instant. Il ne voulait pas risque la vie de Robin, et l’officier de la Haute Autorité qu’il était ne voulait pas non plus de journaliste sur les lieux. Cependant, la règle dans ce genre de négociations, c’est de ne pas céder aux exigences de l’adversaire. Si Trouble disait qu’il était contre, le preneur d’otage ne lui laissait pas le choix. A l’inverse, s’il disait qu’il était d’accord, le type prendrait peur et se sentirait piégé, il se demanderait si la journaliste n’était pas un complice. Tout était possible avec les paranoïaques. Il ne pouvait que la faire venir. Il fallait laisser croire à ce type qu’il avait la main. En refusant de la faire venir, il l’obligerait à s’y rendre, mais il la désignerait comme son ennemi, et donc, comme quelqu'un sur qui les braqueurs éviterait de tirer.

-« C’est hors de question. »

-« Vous n’avez pas le choix. Rappelez-vous : vous ne savez pas quelles informations sur vous je pourrais bien détenir. »

Il raccrocha. Trouble débrancha le haut-parleur et regarda tout le monde. Ils le fixaient dans un silence gênant.

-« Caïn ? De combien de temps tu as besoin ?"

-« Je dirais entre cinq et dix minutes. Les conduits de ventilation sont un vrai dédale, mais Julia pourra m’aider à m’orienter. »

-« Alors allons-y. »